Une volonté politique, une vision et de ladétermination au plus haut niveau de l’État sont lesconditions indispensables à la formulation et à la miseen oeuvre de politiques de DCTP. Les réformes ontsouvent commencé par recadrer l’ETFP dans uneréforme globale de l’éducation. Ainsi au Ghana en2006, la présidence a créé une commission surl’éducation, et le parlement a adopté une loi portantcréation d’un conseil de l’ETFP. Ce texte insistait surle double objectif assigné au conseil : délivrer aux

citoyens des compétences monnayables sur le marchédu travail et assurer une formation fondée sur les besoinsdes industriels et l’esprit d’entreprise. Ce conseil devracoordonner l’offre de formations aux compétencestechniques et professionnelles dans le secteur formel etinformel, mais aussi harmoniser les stratégies dedéveloppement des compétences des différentsministères. Le Sénégal a suivi une démarche similaire.

La majorité des pays africains engagés dans uneréforme ont formulé – ou sont en passe de le faire –une politique sectorielle et un plan d’action pour leDCTP (qui reprend les différents objectifs affichés)tout en alignant la stratégie sur les ressources humaineset financières disponibles. À ce stade, les pays doiventimpérativement construire et renforcer leurs proprescapacités à formuler des politiques de réforme, et nonseulement leurs capacités à mettre en oeuvre despolitiques soutenues par les donneurs.

Certains pays ont progressé, qui ont instauré desagences spécifiquement chargées de la formation etavec pour mission centrale de développer les capacitésnationales – c’est le cas de la régie de la formation duBotswana (Botswana Training Authority – BOTA) ou dela régie de la formation et de l’enseignement techniquede la Tanzanie (Vocational Education and TrainingAuthority – VETA). Pourtant, dans la plupart des cas,on a du mal à identifier l’autorité de tutelle. Ainsi enTanzanie, les relations entre la VETA et le ministère del’Éducation et de la Formation professionnelles ne sontpas claires. Ailleurs, le ministère compétent ou l’agencechargée de la formation ne peut pas prendre de décisionsou contrôler l’allocation des ressources. Enfin, lescapacités administratives des ministères sont parfoisréduites. Sans institution capable de faire avancer le pland’action, la mise en oeuvre risque de s’avérer délicate.Pour répondre à l’évolution des besoins de l’économieen termes de compétences et anticiper les progrèstechnologiques et industriels, les régies doivent acquérirune plus grande indépendance vis-à-vis de leur ministèrede tutelle. Pour réussir et perdurer, les réformes del’enseignement et de la formation professionnels doiventpouvoir compter sur des politiques conçues, formuléeset mises en oeuvre avec un maximum d’appropriationdans le pays. Il faut aussi que l’instance responsable duDCTP ait un mandat clair et le pouvoir de décisionsur les ressources.

 

 

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