• Après un taux de croissance estimé à 5.0 % en 2012, les perspectives pour 2013 et 2014 sont favorables, grâce aux réformes et aux investissements, autour de 5.3 % et 5.5 %.

  • Certaines contraintes plombent toujours l’environnement des affaires, en matière de création d’entreprises et de régime foncier notamment.

  • Le Togo œuvre pour mettre son industrie extractive en conformite avec les normes internationales en 2013 et améliorer la gestion durable des ressources naturelles.

Vue d'ensemble

L’économie togolaise est dominée par le secteur primaire, qui a contribué au PIB à hauteur de 38 % en 2012, devant le secteur tertiaire (23 %) et le secteur secondaire (21 %). Avec une part dans le PIB de 27 %, l’agriculture demeure le pilier de l’activité. Estimée à 5.0 % en 2012, la croissance s’explique par les performances des secteurs primaire et secondaire, notamment dans les filières du coton et des phosphates ainsi que dans le bâtiment et les travaux publics (BTP). La contribution de ces deux secteurs à la croissance réelle s’est établie à 4.1 % en 2012 (respectivement 1.6 et 2.5 %), contre 2.8 % en 2011 (respectivement 1.9 et 0.9 %). La poursuite du programme d’investissements publics, entre autres dans les infrastructures routières, combinée à la relance des secteurs des phosphates et du coton, devrait soutenir la croissance en 2013 et 2014, qui pourrait atteindre respectivement 5.3 et 5.5 %.

En 2012, le gouvernement a privilégié les investissements et l’amélioration du cadre macroéconomique. Malgré des recettes fiscales en hausse (+4.2 % par rapport à 2011), la pression fiscale, estimée à 16.9 %, demeure inférieure à la norme communautaire, dont le seuil est fixé à 17 % par l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Le déficit du solde global s’est creusé, passant de -1.2 % en 2011 à -3.1 % en 2012. Le taux d’inflation, qui devrait s’établir à 2.3 % en 2012 – sous le plafond communautaire de 3 % – s’explique par le recul, estimé à 4.5 %, du prix des services de communication.

Sur le front politique, la sérénité qui entourera la tenue des élections législatives, initialement prévues pour fin 2012 et reportées à 2013, sera un facteur déterminant pour l’apaisement du pays.

La population demeure très jeune, les moins de 25 ans représentant 60 % de la population totale, avec des taux de chômage et de sous-emploi particulièrement élevés chez les jeunes (respectivement 8.1 et 20.5 %). Si des progrès ont été réalisés vis-à-vis des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), nombre d’entre eux ne seront probablement pas atteints d’ici 2015. L’avancée la plus remarquable concerne l’éducation primaire pour tous, le taux net de scolarisation (TNS) en primaire étant passé de 74.6 % en 2006 à 81.8 % en 2011. La pauvreté a reculé de 3 points de pourcentage sur la même période, mais la hausse de l’extrême pauvreté, dont le taux est passé de 28.6 à 30.4 %, appelle à une croissance qui soit davantage pro-pauvres.

Sur le plan de la gestion des ressources naturelles, les réformes liées à la Société nouvelle des phosphates du Togo (SNPT), créée en 2009, commencent à donner des résultats : la production s’est accrue de 28.4 % en 2012. L’amélioration de la gouvernance dans le secteur cotonnier a également favorisé un bond de 49.4 % de la production en 2012. Le clinker et le ciment ne sont pas en reste, avec un taux de croissance annuel supérieur à 5 %.

Figure 1: Taux de croissance du PIB réel 2013 (O)

Tableau 1 : Indicateurs Macroéconomiques

 2011201220132014
Taux de croissance du PIB réel4.955.35.5
Taux de croissance du PIB réel par habitant2.82.93.23.4
Inflation IPC3.62.32.42.7
Balance budgétaire % PIB-1.2-3.1-3.6-3.9
Balance courante % PIB-6.4-6.2-3.9-4.7

Développements récents et perspectives

Tableau 2 : PIB par secteur (en pourcentage du PIB)

 20072012
Agriculture, sylviculture et pêche--
Agriculture, chasse, sylviculture et pêche40.346.2
Construction4.13.8
Electricité, gaz et eau3.53.5
Electricité, eau et assainissement--
Extractions--
Finance, assurance et solidarité sociale--
Finance, immobilier et services aux entreprises6.65.1
Services des administrations publiques--
Produit intérieur brut aux prix de base / au coût des facteurs100100
Industries manufacturières10.28.2
Mines2.94.4
Autres services1.41.5
Administration publique et services personnels--
Administration publique, éducation, santé et travaux sociaux, services communautaires, sociaux et personnels88.2
Administration publique, éducation, santé et travaux sociaux, services communautaires, sociaux et personnels--
Services sociaux--
Transports, entreposages et communications10.59.6
Transport, communications et information--
Vente en gros et de détail, hôtels et restaurants12.59.5
Vente en gros et de détail, immobilier--

Après 15 ans de stagnation économique (1990-2005) liée à des troubles sociopolitiques, le Togo a réussi depuis 2007 à se placer sur un sentier de croissance continue : le PIB réel devrait progresser de 5.0 % en 2012, contre 4.0 et 4.9 % en 2010 et 2011. L’abondance des ressources minières et un climat propice à l’agriculture expliquent le potentiel du pays. Les politiques contracycliques mises en œuvre par le gouvernement ont en outre permis de soutenir le secteur agricole et d’instaurer un cadre macroéconomique relativement stable, caractérisé par un niveau d’inflation modéré (2.3 %) – même si l’on note une dégradation de l’équilibre budgétaire en 2012 (-3.1 %).

Les estimations pour 2012 montrent que l’économie du Togo a bénéficié de la croissance réelle de l’ensemble des secteurs même si, avec un taux de progression de 4.1 % en 2012, le secteur primaire a fait un peu moins bien qu’en 2011 (5.1 %). Les investissements dans le BTP et les industries extractives ainsi que les réformes engagées dans le secteur minier ont pour leur part contribué à la sensible amélioration de la performance du secteur secondaire en 2012, avec un taux de croissance estimé à 13.0 % (contre 4.5 % en 2011). La croissance du secteur tertiaire s’est elle aussi accélérée, de 1.0 % en 2011 à 4.6 % en 2012, un résultat à porter notamment au crédit de la restructuration du système bancaire, de la reprise du commerce et de la réduction des coûts de communication.

L’économie togolaise reste dominée par le secteur primaire, dont le poids dans le PIB est estimé à 38.1 % du PIB en 2012, devant le tertiaire (23.4 %) et le secondaire (20.7 %). L’agriculture y occupe toujours une place de choix, à 27.7 % du PIB en 2012, renforcée par son fort potentiel : seuls 45 % des 3.4 millions d’hectares de terres cultivables sont actuellement exploités et la diversité du climat dont jouit le pays ouvre un large éventail d’options. La faible productivité des activités agricoles freine néanmoins l’essor du secteur, liée à la petite taille des exploitations agricoles, la faible mécanisation des moyens de production, une piètre maîtrise des systèmes d’irrigation, l’enclavement des zones rurales et les obstacles pour accéder à la propriété foncière.

Les efforts de restructuration de la filière cotonnière, notamment à travers la création de la Nouvelle société cotonnière du Togo (NSCT) en 2009, détenue à 40 % par les producteurs, ont contribué à un accroissement significatif de la production, de 161.3 %, entre 2008 et 2011. Cette tendance s’est confirmée en 2012, avec un gain supérieur à 40 %. La filière café-cacao connaît en revanche un déclin continu depuis 20 ans, qui s’explique par la baisse des cours internationaux, le vieillissement des plantations et le manque d’entretien – sans oublier les aléas climatiques.

La contribution du secteur secondaire à la croissance réelle s’est accrue en 2012, à 2.5 % (contre 0.9 % en 2011). Les industries extractives, dominées par les filières des phosphates et du clinker, apportent une contribution au PIB de 4.4 % et enregistrent une croissance réelle de 15.8 %. La création de la SNPT et l’élaboration d’une nouvelle stratégie de relance ont redonné des couleurs à la filière phosphates en 2012, avec une contribution de 1.5 % au PIB et une croissance réelle de 20.0 %. Les efforts du gouvernement pour améliorer le réseau routier urbain et les pistes rurales ont en outre favorisé la progression du BTP en 2012, à 3.8 % du PIB. Le développement des télécommunications, grâce à la baisse des prix liée aux réformes engagées et au raccordement en 2012 du Togo au réseau mondial de fibre optique, à travers le WACS (West Africa Cable System), a également profité à la croissance.

Grâce à ces améliorations du cadre macroéconomique et au dynamisme dont font preuve certains secteurs clés, les prévisions tablent sur un taux de croissance de respectivement 5.3 et 5.5 % en 2013 et en 2014. Elles se fondent également sur la poursuite des réformes visant à relancer l’activité économique ainsi que sur la mise en place d’une Stratégie de croissance accélérée et de promotion de l’emploi (SCAPE 2013-17).

Le secteur primaire devrait croître de 4.1 % en 2013 et 4.0 % en 2014, sous l’effet surtout de la bonne performance des cultures de rente, avec une progression estimée de 12.2 et 20.7 % en 2013 et 2014. Le secteur secondaire ne sera pas en reste, les prévisions tablant sur une hausse de respectivement 10.5 et 9.8 %, imputable aux industries extractives (23.8 % en 2013 et 18.4 % en 2014) et au BTP (7.5 % en 2013 et 14.4 % en 2014). Quant au secteur tertiaire, il devrait gagner 4.8 % en 2013 et 6.1 % en 2014, porté par le développement des services dans les banques et les assurances (15.5 et 13.9 % respectivement en 2013 et 2014) lié aux restructurations du secteur bancaire.

Le Togo est structurellement dépendant des apports de capitaux extérieurs, la demande intérieure étant supérieure au PIB sans interruption depuis les années 90. Sur la période 2008-11, la part de la consommation s’est élevée à près de 97 % du PIB en moyenne (dont environ 87 % pour la consommation privée). En 2012, elle devrait représenter 95.5 % du PIB, avec des taux respectifs de 83.6 et 11.9 % pour la consommation privée et la consommation publique. Un reflux devrait s’amorcer en 2013, à 92.6 %, lié au recul de la consommation privée (estimée à 81.2 % du PIB), la consommation publique restant stable, à 11.4 %. La part des investissements dans le PIB s’est accrue entre 2008 et 2012, de 17.8 à 19.8 %, tirée par l’investissement public (qui est passé de 4.7 à 10.1 % sur la même période) tandis que l’investissement privé affichait une tendance inverse (de 13.1 à 9.8 %). Les prévisions pour 2013 et 2014 tablent sur une stabilisation des investissements, autour de 20 % du PIB.

Politiques macroéconomiques

Politique budgétaire

Évaluées à 22.2 % du PIB en 2012 (contre 23 % en 2011), les recettes de l’État ont légèrement diminué. La pression fiscale, estimée à 16.9 %, est en légère hausse par rapport à 2011 (16.7 %) mais toujours inférieure au seuil de 17 % fixé par l’Uemoa. La situation ne devrait guère évoluer en 2013 et 2014, à respectivement 16.6 et 16.5 %. Les dons reçus par le Togo ont diminué en 2012, à 3.8 % du PIB, contre 4.9 % en 2011, et ce reflux devrait se poursuivre en 2013 (3.3 %), avant un léger mieux en 2014 (3.5 %).

Le ratio masse salariale/recettes fiscales est passé de 35.9 % en 2011 à 34.3 % en 2012, des niveaux proches de la norme communautaire de l’Uemoa de 35 %. Les efforts du gouvernement pour rationaliser la masse salariale et maîtriser les effectifs de la fonction publique devraient entretenir cette tendance à la baisse, avec une part estimée des salaires dans le PIB de 5.5 % en 2013 et de 5.3 % en 2014, contre 5.8 % en 2012.

Les dépenses courantes et les prêts nets sont estimés à 25.3 % du PIB en 2012, en légère augmentation par rapport aux 24.2 % de 2011. Cela s’explique par la hausse des dépenses courantes, à 16.7 % du PIB en 2012 (contre 15.9 % en 2011). Ce résultat, conjugué au léger repli des recettes fiscales (dons compris), contribue à creuser le déficit du solde global à -3.1 % du PIB en 2012, contre -1.2 % en 2011.

La loi des finances de 2013 prévoit une augmentation du budget de plus de 200 milliards XOF (franc CFA BCEAO) par rapport à 2012, avec des prévisions de recettes et de dépenses de respectivement 779.8 milliards et 786.4 milliards XOF. Les secteurs prioritaires se verront allouer 49.1 % du budget, répartis comme suit : 19.4 % pour les infrastructures routières, 13.8 % pour l’éducation, 6.6 % pour l’agriculture, 5.9 % pour la santé, 1.7 % pour l’eau et l’assainissement et 1.7 % pour le programme d’investissement public.

Tableau 3 : Opérations financières de l'état (pourcentage du PIB)

 200920102011201220132014
Recettes totales (avec dons)21.222.92322.221.321.5
Recettes fiscales15.315.716.716.916.616.5
Recettes pétrolières------
Dons4.344.93.83.33.5
Dépenses totales (et prêts nets) (a)21.822.624.225.32525.4
Dépenses courantes15.714.715.916.716.316.6
Sans les intérêts14.813.715.215.715.615.9
Salaires6.35.365.85.55.3
Intérêts0.910.70.90.70.7
Solde primaire0.31.3-0.5-2.2-2.9-3.3
Solde global-0.60.3-1.2-3.1-3.6-3.9

Politique monétaire

Les conditions monétaires au sein de l’Uemoa ont été marquées en 2012 par une baisse de 25 points de base des taux directeurs de la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Les principaux agrégats monétaires du Togo respectent les normes de l’Uemoa et l’intermédiation financière semble se renforcer avec la restructuration du système bancaire, qui a par ailleurs conduit à une hausse des dépôts de 11.4 % entre 2011 et 2012. La masse monétaire progresse, avec un taux évalué à 11.4 % en 2012, mais dans des proportions moindres qu’en 2011 (20.3 %). Le crédit intérieur a augmenté de 12.9 % par rapport à 2011 et les crédits à l’économie de 17.2 %. Quant au taux de couverture des importations, il est ressorti à 4.5 mois, pour une norme communautaire de 6 mois.

Attisée par la hausse du prix des carburants, de l’électricité et des denrées alimentaires importées, l’inflation – qui était de 1.4 % en 2010 – est passée à 3.6 % en 2011, un niveau légèrement supérieur à la norme communautaire de l’Uemoa fixée à 3.0 %. La baisse du prix des services de communication (estimée à 4.5 %) a néanmoins permis un net redressement, qui se traduit par un taux de 2.6 % en 2012. La tendance devrait se maintenir en 2013 et 2014, à respectivement 2.4 et 2.7 %.

Le marché financier est embryonnaire. Le Togo ne compte qu’une seule entreprise cotée (Ecobank Togo) à la Bourse régionale des valeurs mobilières. L’État, premier acteur togolais sur le marché régional, émet des obligations depuis 2006 et des bons du Trésor depuis 2008. Comparativement aux émissions de l’ensemble des États de l’Uemoa au titre de l’année 2012, le Togo occupe la 6e place, avec 88 milliards XOF sur un total de 1 409 milliards XOF (bons et obligations).

Coopération économique, intégration régionale et commerce

Le Togo a signé et ratifié la quasi-totalité des accords et protocoles relatifs en la matière, notamment avec l’Organisation mondiale du commerce (OMC), l’Union européenne (UE) pour les pays ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique), la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et l’Uemoa. Sa politique commerciale est en grande partie déterminée par les accords régionaux, notamment avec la Cedeao et l’Uemoa, qui défendent l’une et l’autre un libre-échange entre États membres pour doper leurs activités économiques respectives. Le Togo a franchi un grand pas à cet égard en adoptant le tarif extérieur commun (TEC) de l’union douanière qui lie l’Uemoa et la Cedeao.

Les échanges extérieurs ont été relativement stables ces dernières années, la balance commerciale restant négative, du fait surtout de l’importance des importations de biens d’équipement, d’énergie et de denrées alimentaires. Il y a toutefois eu un léger mieux en 2012, avec un solde déficitaire de 12.6 % du PIB (contre 13.4 % en 2011), qui s’explique par la reprise des exportations de phosphates et de coton (ces dernières ayant grimpé de 111.9 %). Parallèlement, les importations ont progressé en 2012, représentant 44.4 % du PIB, contre 43.3 % en 2011.

La balance commerciale devrait poursuivre son redressement en 2013, pour s’établir à -11.0 % du PIB, avant de repiquer à nouveau en 2014, à -11.5 % du PIB. La réduction du déficit commercial devrait se traduire par une amélioration du déficit des comptes courants en 2013, le solde s’établissant à -3.9 % du PIB, contre -6.2 % en 2012 et -6.4 % du PIB en 2011.

Tableau 4 : Comptes courants (en pourcentage du PIB)

 2004200920102011201220132014
Balance commerciale-13-13-14.3-13.4-12.6-11-11.5
Exportations de biens (f.o.b.)3128.530.829.931.832.933
Importations de biens (f.o.b.)44.141.645.143.344.443.944.5
Services-4.6-2.6-2.5-2.6-2.7-2.2-1.9
Revenu des facteurs-1.7-0.6-0.7-0.6-0.500.1
Transferts courants8.710.611.210.29.69.38.6
Solde des comptes courants-10.6-5.6-6.3-6.4-6.2-3.9-4.7

Politique de la dette

En atteignant en décembre 2010 le point d’achèvement de l’Initiative pour les pays pauvres très endettés (PPTE), le pays a bénéficié au titre de l’Initiative d’allégement de la dette multilatérale (IADM) d’un effacement de dette de 95 % vis-à-vis de ses créanciers du Club de Paris (soit 308.4 milliards XOF) et d’une annulation d’environ 357 milliards XOF par la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement (BAfD). La dette extérieure, qui ressortait à 51.6 % du PIB en 2009, a pu ainsi être ramenée à 16.6 % fin 2010 et à 14.2 % fin 2011 – une situation qui a contribué à restaurer la solvabilité de l’État et la soutenabilité de l’endettement extérieur. Fin 2012, la dette extérieure devrait représenter 20.4 % du PIB.

La dette intérieure constituait environ 66.7 % de la dette publique à fin 2010 et 68.1 % à fin 2011. Avec le remboursement d’environ 14.7 milliards XOF fin 2012, elle ne devrait plus atteindre que 22.6 % du PIB en 2012, contre 30.4 % en 2011.

Ces allégements ont permis de réduire sensiblement la dette publique du pays, qui est passée de 84.5 % du PIB fin 2009 à 46.7 % fin 2010 et à 44.4 % fin 2011. En décembre 2012, elle ne devrait plus représenter que 43 % du PIB. Les prévisions tablent sur une stabilisation du volume de la dette publique en deçà de la barre des 40 %, sous l’effet conjugué du recul de la dette intérieure en 2013 et 2014 (à respectivement 16.7 et 12.4 % du PIB) et de la dette extérieure (à respectivement 21.1 et 24 %).

Figure 2 : Part de l'encours de la dette extérieure dans le PIB et ratio du service de la dette sur les exportations 2013

Gouvernance économique et politique

Secteur privé

Depuis 2011, le Togo favorise la création d’entreprises : il a réduit les frais d’enregistrement et remplacé la présentation obligatoire d’un extrait de casier judiciaire par une déclaration sur l’honneur lors de l’immatriculation. L’opérationnalisation du Centre de formalités des entreprises (ou guichet unique pour la création des entreprises) en 2011 a aussi permis de diminuer de plus de moitié le nombre de jours requis pour créer légalement une entreprise (de 84 jours en 2010 à 38 jours en 2013), avec seulement six procédures, contre une moyenne pour l’Afrique subsaharienne de huit procédures et de 34 jours. Ces avancées ont fait gagner au pays cinq places dans le classement 2013 du rapport Doing Business de la Banque mondiale, au 156e rang sur 183 pays (contre 161e dans l’édition 2012).

Malgré les progrès obtenus en matière de création d’entreprises et d’insolvabilité, certaines contraintes continuent néanmoins de plomber l’environnement des affaires. Le nombre total de jours pour transférer une propriété est de 295, contre une moyenne de 65 jours en Afrique subsaharienne, 33 jours en Afrique du Nord et au Moyen-Orient et 26 jours dans les pays de l’OCDE. Le Togo détient le record des pays africains dans ce domaine. De même, les frais légaux d’enregistrement du titre de propriété restent très élevés (12.5 % de la valeur du bien, contre 9.4 % en Afrique subsaharienne et 4.5 % dans les pays de l’OCDE).

Une révision des dispositions légales et réglementaires régissant le régime foncier et l’accès à la terre – qui remontent à 1906 et étaient adaptées à un environnement exclusivement rural – est prévue dans la Scape 2013-17. Début janvier 2013, des états généraux ont été ouverts à Lomé pour tenir compte de l’urbanisation de la société et introduire la sécurité juridique de l’investissement privé et des transactions. Le processus de réforme devrait aboutir à l’adoption d’un nouveau code foncier et à l’installation d’un guichet unique du titre foncier avant fin 2017.

Le Togo se classe se classe au 167rang pour le paiement des impôts. Pour améliorer ces performances et offrir des services de meilleure qualité aux contribuables, le parlement a adopté en décembre 2012 une loi qui regroupe les administrations des douanes et des impôts au sein d’une structure publique unique et autonome, l’Office togolais des recettes (OTR). Il s’agit là d’une réforme novatrice dans les pays francophones d’Afrique de l’Ouest mais qui a déjà fait ses preuves ailleurs, notamment au Ghana.

Secteur financier

Fin juin 2012, les 11 banques et les 2 établissements financiers qui constituent le réseau bancaire offraient un maillage de 157 agences. Les dépôts à la Poste (8,3 milliards XOF) et dans les banques (629.3 milliards XOF) progressent de respectivement 6.6 et 3.5 % par rapport à fin décembre 2011. Les taux directeurs varient entre 3.5 et 4.5 % et les taux créditeurs des banques oscillent autour de 10 %.

La croissance du crédit, régulière depuis 2009, est encourageante. Le ratio crédit au secteur non gouvernemental/PIB est en constante progression : de 25.8 % en 2010, il devrait atteindre 27.2 % en 2013, sachant que le ratio crédits au secteur non gouvernemental/dépôts bancaires se maintiendra autour de 70 %. Toutefois, l’édition 2013 du rapport Doing Business signale une légère dégradation de l’obtention des prêts, le Togo rétrogradant de deux places, au 129e rang. Son score reste inférieur à la moyenne de l’Afrique subsaharienne.

Au 30 juin 2011, les 83 institutions de microfinance (IMF) opérant au Togo touchaient plus de 969 000 bénéficiaires directs et comptaient 400 000 emprunteurs actifs, dont 20 % de micro et petites entreprises (MPE). L’encours total de crédit à cette même date s’élève à plus de 76.8 milliards XOF et l’encours d’épargne à près de 95.8 milliards XOF. Les prêts octroyés par les IMF représentent 16.3 % du total des prêts bancaires, tandis que les dépôts représentent 15.3 % du total. L’expansion rapide du secteur a incité les autorités à renforcer le cadre de surveillance – même si la Scape 2013-17 se donne comme objectif d’accroître le taux de pénétration de la microfinance de 30.2 % en 2011 à 48 % en 2017.

En 2006, le système bancaire togolais était presque totalement insolvable du fait de l’accumulation de prêts improductifs, notamment aux entreprises publiques, durant la crise sociopolitique antérieure. Fin 2008, l’État a entièrement recapitalisé les cinq plus grosses banques du pays, pour un coût de 87.9 milliards XOF, soit 6.2 % du PIB. L’assainissement financier des banques publiques et la mesure de relèvement du capital social minimum ont porté leurs fruits. Le ratio Cooke (rapport entre le montant des fonds propres et celui des encours de crédit dans l’ensemble du système bancaire) est passé de -4.1 % en 2008 à 12.0 % en 2009 puis à 14.4 % en 2010 et 13.3 % à fin juin 2012. Fin décembre 2012, la privatisation de trois établissements publics était toujours en instance : la Banque togolaise pour le commerce et l’industrie (BTCI), la Banque internationale pour l’Afrique au Togo (BIA-Togo) et l’Union togolaise de banque (UTB). La forte présence de l’État dans l’actionnariat des banques ne va pas sans risques.

Gestion du secteur public, institutions et réformes

Depuis 2009, la création d’institutions de contrôle externe, comme la Cour des comptes, et le renforcement de l’Inspection générale des finances et de l’Inspection générale de l’État constituent une avancée importante dans le processus de lutte contre la corruption. À ce jour toutefois, ni le Parlement ni le Conseil des ministres n’ont prévu de session sur les rapports relatifs aux comptes de gestion de l’État. En 2012, l’indice de corruption du Togo s’est amélioré, avec un indice de 3.0, contre 2.8 en 2009 et 2.4 en 2010 et 2011. Bien qu’il gagne 15 places dans le dernier rapport de Transparency International, passant du 143e rang en 2011 au 128e en 2012, le Togo est toujours perçu comme un pays corrompu.

Fin 2011, le gouvernement a lancé une vaste opération de recensement des agents de la fonction publique (50 498 ont été dénombrés), afin de constituer un fichier physique unique qui devrait servir de base au fichier électronique de référence. L’exercice a permis d’engager un processus pour rationaliser les effectifs, maîtriser la masse salariale et assainir les finances publiques. L’objectif est de redéfinir et clarifier les missions de l’État, notamment avec la révision du cadre juridique de la fonction publique, la mise en place d’une administration électronique et un mécanisme de coordination de l’action gouvernementale. Le gouvernement a adopté en novembre 2012 le projet de loi portant création d’un nouveau statut général de la fonction publique (qui remplacer celui en vigueur depuis 1969) et attend son adoption par le parlement. Une augmentation du ratio masse salariale/dépenses courantes est prévue dans la Scape 2013-17 : estimé à 35 % en 2012, ce ratio devrait évoluer progressivement pour atteindre 41 % en 2017.

Dans le secteur des télécommunications, les différents reports pour l’octroi d’une licence à un troisième opérateur retardent l’apparition d’une véritable concurrence et la diversification de l’offre des services mobiles. L’État envisage par ailleurs d’ouvrir le capital du groupe Togo Telecom.

Gestion des ressources naturelles et environnement

Malgré ses abondantes ressources hydriques, le niveau d’accès à l’eau potable reste faible : le taux de desserte à l’échelle du pays est passé de 34 % en 2007 à 42 % en 2012, en deçà des cibles des OMD fixées à 49 % en 2011 et 75 % en 2015. En milieu urbain, la distribution est l’apanage d’une entreprise publique, la Société togolaise des eaux (TdE), qui a du mal à étendre ses réseaux et connaît des difficultés financières critiques. Résultat, l’accès s’est dégradé, tombant de 39 % en 2007 à 34 % en 2011. Dans les zones rurales et semi-urbaines en revanche, où la distribution incombe à la Direction générale de l’eau et de l’assainissement (DGEA), la situation s’est améliorée, avec des taux passant de respectivement 30 à 47 % entre 2007 et 2011 en milieu rural et de 29 à 35 % en milieu semi-urbain sur la même période.

La proportion de la population ayant accès à un système d’assainissement amélioré a progressé, de 31.7 % en 2006 à 34.9 % en 2011. La faiblesse du taux de couverture en latrines (11.7 % en 2010) s’explique par le recul de la construction de toilettes publiques depuis 2009 (3 004 unités avaient été édifiées cette année-là contre seulement 563 en 2011).

La pression extrême sur les ressources naturelles du pays – corrélée à l’accentuation de l’extrême pauvreté en zones rurales – se traduit par un déboisement, évalué à 15 000 hectares par an et dont le taux est passé entre 2005 et 2011 de 4.5 à 5.5 %. Le littoral n’est guère mieux loti (rejets humains et industriels, eaux usées, etc.), qui connaît une forte érosion. La gouvernance du secteur s’améliore pourtant depuis quelque temps, sous l’effet de l’actualisation de la politique nationale de l’environnement, afin de tenir compte des défis émergents (catastrophes naturelles et changements climatiques), de l’adoption d’une stratégie nationale de développement durable et du déploiement d’une stratégie de développement des énergies renouvelables. L’Agence nationale de gestion de l’environnement (NGE), opérationnelle depuis 2011, a en outre apporté une valeur ajoutée dans la systématisation des évaluations environnementales. L’absence de normes sur le rejet des déchets et le manque de suivi des plans de gestion environnementale compliquent toujours néanmoins la maîtrise des pollutions à tous les niveaux. Au regard des tendances actuelles, l’atteinte de l’OMD relatif à l’environnement en 2015 semble compromise.

Contexte politique

La refonte du paysage politique en 2012 a été source de tensions et de débats animés. Le Rassemblement du peuple togolais (RPT), le parti au pouvoir créé en 1969, a été dissous en avril 2012 pour céder la place à une nouvelle formation, l’Union pour la République (UNIR). Les 50 députés du RPT se sont constitués en Groupe majorité parlementaire (GMP) et ont réussi à conserver la majorité obtenue par le RPT aux législatives d’octobre 2007 (l’Assemblée nationale comptant 81 sièges). Face aux enjeux des législatives prévues en 2012 mais reportées à une date ultérieure, six partis d’opposition se sont rassemblés en août 2012 au sein de la coalition Arc-en-ciel. Pour des motifs similaires, le Collectif sauvons le Togo (CST), constitué de sept partis d’opposition et d’organisations de la société civile, a organisé des manifestations qui ont souvent dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre.

Dans cette nouvelle configuration politique, le gouvernement a engagé des négociations avec l’opposition sur les réformes institutionnelles et constitutionnelles, afin de déterminer la durée du mandat présidentiel et de procéder au découpage de la carte électorale. La sérénité entourant la tenue des futures élections législatives sera un facteur déterminant pour l’apaisement du pays.

Contexte social et développement humain

Développement des ressources humaines

La démographie galopante du Togo et la grande jeunesse de sa population, estimée à 6.3 millions d’habitants en 2011, prouvent que la fécondité reste élevée, même si l’on constate une tendance à la baisse. À 2.8 % par an en moyenne, le taux de croissance de la population équivaut à un doublement tous les 25 ans. Les citadins (60.3 %) sont plus nombreux que les ruraux (47.8 %). Les moins de 15 ans représentent 42 % de la population et les moins de 25 ans, 60 %. La population compte 51.4 % de femmes et la taille moyenne des ménages est de 5.1 personnes. Cette structure démographique souligne l’urgence d’investir dans l’éducation, la santé, l’autonomisation des femmes et la création d’emplois.

L’instauration en 2008 de la gratuité de l’école primaire publique et la mise en place des cantines scolaires pour les enfants les plus démunis ont entraîné une augmentation du TNS dans le primaire et le secondaire entre 2006 et 2011, de respectivement 74.6 à 81.8 % et de 34.4 à 41.0 %. Le secteur de l’éducation doit désormais œuvrer sur le front de la qualité, de l’équité et de l’équilibre de la pyramide éducative, avec notamment le développement de l’enseignement technique et supérieur, les parents pauvres du système actuel. Le gouvernement s’est fixé pour objectif de porter le TNS en primaire à 89 % en 2013 et 91 % en 2014. Une dotation de l’ordre de 22.8 % du budget de l’État devrait être accordée à l’éducation et à la formation pour la mise en œuvre du plan sectoriel de l’éducation, adopté en 2010.

Le secteur de la santé a souffert d’une réduction budgétaire en 2010, de 22.5 % (dont 33.6 % ont affecté le budget d’investissement). Le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans n’a pratiquement pas évolué sur la période récente, passant de 123 pour 1 000 en 2006 à 124 pour 1 000 en 2010. Le taux de mortalité infantile est également resté stationnaire, autour de 78 pour 1 000. En revanche, grâce à la gratuité des antirétroviraux et au renforcement de la prise en charge des personnes malades, le taux de prévalence du VIH/sida, qui était de 6 % en 2003, s’est stabilisé à 3 % depuis 2006.

Réduction de la pauvreté, protection sociale et travail

Les résultats du Questionnaire unifié sur les indicateurs de base du bien-être (Quibb) 2011 montrent que l’incidence de la pauvreté a reculé de 3 points de pourcentage entre 2006 et 2011, passant de 61.7 à 58.7 %. Bien que ce reflux touche autant les ruraux que les citadins, la pauvreté demeure surtout un phénomène rural, avec 73 % de la population rurale en dessous du seuil de pauvreté. Le taux d’extrême pauvreté a légèrement augmenté sur la même période, de 28.6 à 30.4 %, signe que la que la croissance n’est pas pro-pauvres. Cette aggravation de l’extrême pauvreté s’est logiquement accompagnée d’une hausse des inégalités, l’indice de Gini passant de 0.361 à 0.393.

Seuls 4 % de la population bénéficient d’une protection sociale, essentiellement les salariés des secteurs public et privé formels. La création de l’Institut national d’assurance-maladie (INAM) est un progrès indéniable mais sa couverture reste limitée aux agents de l’État.

La législation sur le travail interdit à toute personne de moins de 15 ans de travailler. Or, l’Enquête nationale sur le travail des enfants montre qu’environ 58.1 % des enfants âgés de 5 à 17 ans sont économiquement occupés et que 56.9 % d’entre eux sont astreints aux pires formes de travail. La durée légale de travail est fixée à 40 heures par semaine, sauf dans le secteur agricole où elle est étendue à 48 heures. Depuis 2008, le salaire minimum interprofessionnel garanti et le salaire minimum agricole garanti ont été réévalués à 28 000 XOF.

Le pays fait face à un taux cumulé de sous-emploi et de chômage d’environ 30 % (respectivement 22.8 et 6.5 %) en 2011, qui touchent particulièrement les jeunes (20.5 % sont en situation de sous-emploi et 8.1 % sont au chômage). Le gouvernement a donc fait de l’emploi et de l’inclusion sociale l’axe 2 de la Scape.

Égalité hommes-femmes

Les efforts réalisés en faveur de l’éducation pour tous ont permis d’accroître le ratio filles/garçons dans le primaire, de 0.92 en 2006 à 0.97 en 2011. Le taux d’abandon en primaire reste néanmoins très élevé, à 8.9 % pour les garçons et 10.6 % pour les filles. Dans le secondaire, le TNS des filles (38.2 %) est inférieur à celui des garçons (50.8 %) et, globalement, les femmes sont moins alphabétisées que les hommes (52.4 contre 76.9 %).

Les femmes continuent d’occuper très peu d’emplois dans le secteur moderne non agricole et la proportion de femmes salariées du public (2.2 %) est inférieure à celle des hommes (8.6 %). De plus, la proportion de chômeurs est deux fois supérieure chez les femmes (9.0 %) que chez les hommes (4.3 %).

Faute de mesures incitatives pour favoriser la représentation paritaire, les femmes occupent 12.5 % de sièges au Parlement de 2008 à 2012. Ce constat place le Togo loin de la moyenne mondiale de présence féminine dans les instances législatives, de 19 %. La représentation féminine dans les instances décisionnelles est également faible, puisqu’elles ne sont que 26.7 % au gouvernement et que le corps préfectoral ne compte aucune femme parmi ses 35 membres.

Le gouvernement a toutefois franchi un pas important, en abolissant l’excision le 29 novembre 2012 et en soumettant au Parlement, en décembre 2012, un projet de loi accordant la parité hommes/femmes dans les fonctions électives.

Analyse thématique : Transformation structurelle et ressources naturelles

Le Togo compte parmi les plus grands producteurs de phosphate d’Afrique. Il possède d’importantes réserves de minerai de fer et de vastes gisements de marbre et de roches calcaires. L’activité minière y a débuté en 1961, avec l’exploitation industrielle des phosphates qui constituaient, à cette époque, la principale ressource naturelle du pays. En 1989, la production atteignait 3.3 millions de tonnes, justifiant pleinement le rôle de poumon de l’économie de l’Office togolais des phosphates (OTP). Mais celui-ci n’a pas consacré les bénéfices retirés de cette activité ni les concours bancaires très importants obtenus à l’entretien et au renouvellement du matériel indispensable à l’exploitation. Résultat, l’absence d’un outil performant de production et la gabegie ont poussé la société vers la quasi-faillite – et la production a chuté à 750 000 tonnes en 2007.

En 2001, dans le cadre des réformes d’ajustement structurel, la gestion de l’OTP est confiée à l’International Fertilizer Group (IFG-Togo), une entité détenue à parité par le gouvernement togolais et le groupe Brifco Limited. Ce partenariat public/privé n’est pas une réussite. À la suite d’un conflit entre l’État togolais et la société franco-tunisienne Holding Brifco, l’IFG et l’OTP sont dissous en 2007. La même année, le gouvernement créé une société d’État, la SNPT. Il mène en parallèle un audit stratégique et élabore un plan d’affaires, associés à une nouvelle stratégie de relance de la filière. Les réformes commencent à porter leurs fruits, le niveau de production étant porté à 865 616 tonnes en 2011 puis à 1.1 million de tonnes en 2012.

Le Togo exploite également le calcaire, avec l’installation d’une usine de fabrication de clinker (1 200 550 tonnes en 2011), le marbre (dont la production n’a pas encore véritablement commencé) et le fer (environ 100 000 tonnes en 2012). La décision, en 1996, de privatiser la filière clinker et ciment et les avantages liés à la zone franche, créée en 1989, ont dopé la production, avec un taux de croissance annuel supérieur à 5 %.

La société ENI Togo, qui a obtenu un permis de recherche et d’exploration du pétrole offshore en octobre 2010, a commencé ses prospections. Le gouvernement a par ailleurs octroyé sept permis de recherche pour l’or, le diamant, le manganèse, le nickel, le zinc, la bauxite et le platine.

Outre ces ressources minières, le pays produit du coton (79 000 tonnes en 2011), du maïs et du riz. À l’instar des phosphates, le secteur cotonnier a souffert de la mauvaise gouvernance et de la vétusté des infrastructures et des équipements de production, entraînant une chute de la production entre 1999 et 2009, de 187 000 à 28 000 tonnes. Toutefois, la dissolution de la société publique Sotoco et la création d’une société mixte, la NSCT, détenue à 40 % par la Fédération des producteurs de coton, conjuguées à l’instauration d’un mécanisme transparent et concerté de fixation des prix du coton graine et au renforcement des groupements de producteurs ont permis de renforcer sensiblement la production, qui a atteint 118 055 tonnes en 2012.

La production de café et de cacao a fortement décliné au cours des 20 dernières années, sous l’effet de la chute des prix internationaux, du manque d’approvisionnement en intrants adéquats et de l’absence d’encadrement des producteurs. En revanche, grâce à une bonne politique de subvention des intrants, la production de maïs et de riz a fortement augmenté entre 1980 et 2011, passant de 139 000 à 651 000 tonnes pour le maïs et de 15 000 à 112 000 tonnes pour le riz.

La structure de production du pays a beaucoup évolué en 20 ans, tant du point de vue de la composition par produits que par la destination des exportations. Les phosphates, qui étaient le socle de l’économie togolaise depuis les années 70 et qui ont contribué à plus de la moitié des recettes d’exportation en 1989, ont été dépassés pour la première fois par le coton en 1995, qui restera le premier produit d’exportation jusqu’en 2001. Dès 2002, les exportations cumulées de clinker et de ciment s’adjugent la première place, avec 27 %, les phosphates et le coton étant tombés à respectivement 15 et 14 %. Ces résultats s’expliquent par la montée en puissance de la production de clinker, qui a atteint 1.18 million de tonnes en 1999 à la suite de la privatisation – et de la modernisation – des Ciments de l’Afrique de l’Ouest (Cimao).

Le gouvernement a pris ces dernières années des mesures encourageantes pour assurer une gestion plus durable des ressources naturelles.  Ainsi, la loi du 5 mai 2011 contraint tout exploitant de ressources minérales à contribuer au développement local. Le pays a en outre souscrit aux critères de transparence, en devenant pays candidat à l’Initiative pour la transparence des industries extractives (EITI) le 20 octobre 2010. La date butoir pour devenir pays conforme est fixée à mai 2013, ce qui oblige les autorités à mettre en place leur plan d’action détaillé.

Par ailleurs, le cadre juridique de l’environnement a nettement progressé depuis 2006, notamment grâce à l’adoption de textes qui stipulent que tous les projets d’exploitation minière, de niveau industriel ou semi-industriel, doivent être systématiquement précédés d’une étude d’impact environnemental et social, sanctionnée par la délivrance d’un certificat de conformité environnementale. Le cadre réglementaire existant (code minier) reste néanmoins inadapté et ne permet pas de tirer un bénéfice réel de l’activité d’extraction (ainsi, les redevances au km2 sont de 150 XOF pour la prospection et de 2 250 XOF pour la recherche).

À travers la Scape, le gouvernement s’est engagé à entreprendre de véritables actions de promotion du secteur minier, notamment en valorisant son potentiel par le biais de capitaux privés et en engageant des réformes institutionnelles et structurelles approfondies dans le secteur des industries extractives. Le réexamen du code minier et la revue de ses textes d’application en vue d’attirer des investissements à grande échelle ainsi que l’élaboration d’une politique minière sont d’ores et déjà en cours. Enfin, les autorités souhaitent mettre à disposition des relevés géologiques et des données géophysiques actualisés et introduire une nouvelle fiscalité minière.

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