• Le Sénégal a enregistré une croissance du PIB estimée à 4% en 2011 et cette dynamique devrait se poursuivre dans les prochaines années où les projections sont de l’ordre de 4,2% pour 2012 et 4.7% pour 2013. Cette croissance a été essentiellement soutenue par la consommation privée, elle-même soutenue par les transferts des migrants Sénégalais à l’étranger, ainsi que le secteur industriel et celui des services.

  • Les échéances électorales  ont  constitué un défi majeur pour la démocratie sénégalaise d’autant plus qu’elles ont été marquées par des divergences quant à la validité de la candidature du président sortant, divergences traduites par des soulèvements populaires dont les répercussions pouvait entraver la paix sociale,  les activités économiques et hypothéquer la croissance économique des prochaines années. Mais le bon déroulement de l’élection présidentielle pourrait apaiser ces craintes.

  • Le chômage reste un problème crucial, en particulier pour les jeunes dont le taux  d’emploi est d’environ 25% inférieur à celui des adultes. Pour le moment, les initiatives de l’Etat et de ses partenaires au développement n’ont pas encore abouti aux résultats escomptés en termes de nombre et de qualité d’emplois destinés aux jeunes.

Vue d'ensemble

La dynamique de reprise s’est légèrement ralentie  en 2011, avec un taux de croissance estimé à 4%, notamment du fait des délestages électriques persistants jusqu’à fin septembre. La croissance est projetée à 4,2% en 2012 et 4,7% en 2013. Ces perspectives reposent sur la mise en œuvre du Programme du gouvernement, avec l’appui de l’Instrument de politique économique (ISPE-II) 2010-2013. Les principaux programmes d’investissements  le sous-tendant concernent le secteur de l’énergie dans le cadre du Plan de restructuration et de relance du secteur de l’énergie (Plan TAKKAL) et du secteur routier, avec la poursuite des travaux de l’autoroute à péage. Toutefois, les incertitudes nées des perspectives électorales du premier semestre 2012 peuvent influencer négativement la mise en œuvre de l’ISPE-II notamment la réforme du secteur de l’énergie et le programme d’infrastructures routières.  Cette inquiétude pourrait être levée du fait de l’issue  pacifique de l’élection présidentielle.

La hausse continue du déficit budgétaire qui atteindrait 6,7% du PIB en 2013 et du niveau des dépenses publiques qui friserait le seuil de 30% du PIB en 2013 appelle à mettre davantage l’accent sur leur qualité. C’est à cette fin  que la directive émise en 2009 par l’UEMOA instituant les budgets de programmes a été transposée dans la législation nationale en 2011. L’avènement de budgets de l’Etat axés sur les résultats appelle la mise en œuvre de mesures tendant à renforcer l’imputabilité des performances, la qualité des dépenses ainsi que la responsabilité et la transparence financière. A cet égard, la mise en œuvre des réformes nécessaires pourrait  être facilitée par la nouvelle légitimité de l’équipe dirigeante qui serait issue des élections présidentielle et législative du premier semestre 2012. Aussi, ces échéances électorales auront-elles constitué un défi pour la démocratie sénégalaise, d’autant qu’elles ont été marquées par des divergences sur la validité de la candidature du président sortant à un troisième mandat de sept ans. Au surplus, elles se sont tenues à une période où le pays gagnerait à mobiliser toutes ses potentialités, à commencer par sa jeunesse au service de l’atteinte des Objectifs de Millénaire pour le Développement (OMD) et de la préparation de l’émergence économique.

S’agissant de la promotion de l’emploi des jeunes, sur la base des résultats mitigés des actions entreprises au cours des années 2000, le gouvernement a annoncé en 2011 de nouvelles initiatives avec la mise en place d’un Haut conseil de l’emploi et de la formation, l’adoption d’une nouvelle politique de l’emploi et la fusion des fonds et structures de promotion  de l’emploi des jeunes pour de meilleures performances à l’avenir en matière d’adéquation formation/emploi, insertion dans le marché du travail et dans la société.

Figure 1 : Taux de croissance du PIB réel (Occidentale)

Tableau 1 : Indicateurs macro-économiques 2012

 2010201120122013
Taux de croissance du PIB réel4.12.13.74.3
Taux de croissance du PIB réel par habitant1.4-0.51.11.7
Inflation IPC1.23.42.51.6
Balance budgétaire % PIB-5.2-6.6-7-7.9
Balance courante % PIB-6.1-7.7-8.6-9.3

Développements récents et perspectives

Tableau 2 : PIB par Secteur (en pourcentage du PIB)

 20062011
Agriculture, foresterie, pêche et chasse1517.4
Agriculture, élevage, sylviculture et pêche--
dont agriculture--
Mines et extraction1.22.2
dont pétrole--
Industries manufacturières14.414
Electricité, gaz et eau2.73.1
Electricité, eau et assainissement--
Construction5.54.4
Vente en gros et de détail, hôtels et restaurants20.919.6
dont hôtels et restaurants--
Transports, entreposages et communications12.411.6
Transport et stockage, information et communication--
Finance, immobilier et services aux entreprises1312.7
Intermédiation financière, services immobiliers, services aux entreprises et autres services--
Services des administrations publiques77.1
Administration publique et défense, sécurité sociale, éducation, santé et travaux sociaux--
Administration publique, éducation, santé--
Administration publique, éducation, santé et autres services sociaux et personnels--
Autres services communautaires, sociaux et personnels--
Autres services7.87.9
Produit intérieur brut aux prix de base / au coût des facteurs100100
Vente en gros et de détail, hôtels et restaurants--

Le secteur primaire a contribué pour 17.4% du PIB en 2011 et cette tendance devrait se poursuivre en 2012 et 2013. Cette contribution a été principalement tirée par l’agriculture (8,20%), l’élevage et la chasse (4,22%). Son taux de croissance a amorcé une tendance baissière et passera de 4,5% en 2011 à une valeur projetée à 3,5% en 2012. Cette situation est due à un déficit pluviométrique et confirme que la contribution du secteur primaire  au PIB reste tributaire des chocs exogènes.

Le secteur secondaire a contribué à hauteur de 21% en 2011, avec une projection identique en 2012 et 2013. Cette part a été portée en 2011 par les sous-secteurs de la construction (environ 4%) et de la transformation de viande et de poisson (environ 3%). En 2012 et 2013, ces sous-secteurs devraient être déterminants dans la contribution du secteur au PIB. Du point de vue de sa dynamique, la reprise s’est poursuivie en 2011 malgré un léger ralentissement (5% en 2011 contre 5,5% en 2010), imputable notamment à la persistance des difficultés dans le secteur de l’électricité. La croissance est projetée à 6,4% en 2012.

Le secteur tertiaire, y compris l’administration publique, a contribué pour plus de 60% du PIB et il doit son dynamisme en 2011 aux sous-secteurs  du commerce, des transports, postes et télécommunications et des autres services. Cette tendance devrait se poursuivre en 2012 et 2013. La croissance du secteur a été estimée à 3,8% en 2011, avec une projection de 4,3% en 2012, du fait de la reprise des activités de Sénégal Airlines.

Il ressort de cette analyse de l’offre que la croissance économique ne repose pas encore sur une base suffisamment large. Ainsi, en 2011, la contribution du tertiaire (commerce, transport/postes et télécommunications et autres services) a représenté plus de la moitié du PIB et cette tendance devrait se poursuivre en 2012 et 2013. Cette situation révèle les efforts importants que le Sénégal doit réaliser pour disposer d’un appareil  productif diversifié, en vue de concrétiser son rêve de pays émergent dans une décennie. Les contours de cette émergence ont été esquissés dans le Document de politique économique et sociale (DPES) ou DSRP de troisième génération pour la période 2011-2015, validé  en fin 2011.  Ce document met l’accent sur les secteurs de l’énergie, des infrastructures routières, de l’agriculture et des secteurs sociaux. Toutefois, le rétablissement de la fourniture fiable de l’énergie électrique comme facteur de vigueur additionnelle de l’activité interne n’est pas à l’abri de  contrecoups des incertitudes associées aux élections de 2012.  

Politiques macroéconomiques

Politique budgétaire

Au cours des années 2010-2011, la politique budgétaire a été expansionniste par la demande avec la poursuite des travaux d’infrastructures routières (autoroute à péage) et le début de la mise en œuvre des mesures d’urgence dans le secteur de l’énergie (Plan Takkal).  Pour la période 2012-2013, le gouvernement s’engage à travers l’ISPEII à concilier la maîtrise de l’inflation, la viabilité de la dette publique et le développement des infrastructures. Le déficit budgétaire attendu serait de 6,3% en 2012 et 6,7% en 2013 contre des prévisions modulables (revisables en cours d'année)  dans le programme avec le  FMI respectivement 5,6% et 4,7%.

Du point de vue de la mobilisation des recettes, pour l’essentiel, les recettes fiscales sont générées par les impôts indirects intérieurs (75% de TVA et 25% de droits de port). Le taux de pression fiscale devrait progresser autour de 20% (norme CEDEAO) en 2010-2013, restant ainsi au-dessus de 17% (norme UEMOA). Pour élargir l’assiette et accroître la marge de manœuvre budgétaire en 2012, le gouvernement a instauré en 2011 de nouveaux impôts sur les appels téléphoniques, sur les produits des mines et carrières, ainsi que sur les ventes de ciment. Le produit total de ces mesures est estimé à 0,8% du PIB. Bien que contribuant à l’objectif d’amélioration des recettes, ces mesures augmenteraient le coût des affaires au Sénégal, au détriment des perspectives d’emploi et de croissance. L’élargissement de l’assiette se poursuivra avec une réforme fiscale qui devrait entrer en vigueur en 2013  avec un nouveau texte régissant la TVA, une réforme de l’impôt sur le revenu des personnes physiques, une révision de la fiscalité sur le secteur financier et les télécommunications et l’identification des dépenses fiscales à abroger.

Le total des dépenses et prêts nets frisait les 30% en 2011. L’évaluation PEFA 2011 répartit les 84% des dépenses ordonnancées entre cinq secteurs : dépenses de souveraineté (31%), éducation (30%), infrastructures, habitat et énergie (11%), santé et social (9%), agriculture et environnement (5%). La part des secteurs sociaux (éducation et santé) a augmenté dans les dépenses ordonnancées de 2008 à 2010. Cette évaluation révèle également que les performances dans la gestion des finances publiques sont restées modestes par rapport à la précédente de 2007 et des efforts  restent à fournir principalement dans quatre domaines : (i) la classification du budget, (ii) une préparation participative du projet de budget, (iii) la prévisibilité des fonds pour l’engagement des dépenses, (iv) le suivi et la gestion de la trésorerie, des dettes et des garanties. Les écarts entre prévisions et réalisations des dépenses seraient également importants (12,7% en 2010). Aussi,  avec le vote des lois de règlement des gestions 2008 à 2010 en février 2012, le parlement devrait-il désormais examiner pendant la même session des projets de loi de règlement (de l’année N-1) et de finances (de l’année N+1) dûment préparés en termes de processus, de contenu, de présentation et de gestion axée sur les résultats.

Tableau 3 : Opérations financières de l'Etat (en pourcentage du PIB)

 200320062007200820092010201120122013
Recettes totales (avec dons)2021.422.821.521.62222.522.622.9
Recettes fiscales171919.318.11818.819.519.720
Recettes pétrolières---------
Dons1.91.52.42.332.52.42.32.3
Dépenses totales (et prêts nets) (a)21.627.526.526.326.827.227.828.929.7
Dépenses courantes13.317.11616.316.715.616.216.516.3
Sans les intérêts12.216.215.515.715.914.714.915.114.9
Salaires5.15.96.15.866.26.26.36.3
Intérêts1.10.90.50.60.80.91.31.41.4
Solde primaire-0.5-5.2-3.2-4.1-4.4-4.2-4-4.9-5.3
Solde global-1.6-6.1-3.8-4.8-5.2-5.2-5.3-6.3-6.7

Politique monétaire

Pour renforcer l’indépendance de la BCEAO et mieux tenir compte des préoccupations du secteur privé, une réforme institutionnelle est entrée en vigueur le 1er avril 2010. Depuis cette date, la formulation de la politique monétaire est confiée au Comité de politique monétaire, présidé par le gouverneur de la BCEAO, mission auparavant partagée entre le Conseil des Ministres, le Conseil d'Administration et le gouverneur. Le Conseil d’administration récupère la gestion de l’Institut d’émission assisté d’un comité d’audit. Le Comité national du crédit de chaque Etat membre accueille les principales organisations socioprofessionnelles du pays et devient un Conseil qui émet des avis sur les conditions de fonctionnement du système bancaire.

Au cours des années 2010 et 2011, le taux minimum de soumission aux adjudications est resté à 3,25% et celui du guichet de prêt marginal à 4,25%. La tendance baissière du taux d’intérêt réel s’est poursuivie en 2011 en dépit des poussées inflationnistes. Enfin, le marché monétaire s‘est développé, avec l’introduction des opérations à une semaine et à un mois. Les adjudications hebdomadaires sur le marché monétaire de l’UEMOA sont passées de 210 milliards en janvier 2011 à 400 milliards entre le 14 et le 20 février 2012 ; toutefois, cela pourrait aussi être le signe d’un assèchement de la liquidité des banques, notamment celle des banques sénégalaises qui ont levé 52,8% des 130 milliards échangés sur le marché interbancaire en février 2012 avec un taux d’intérêt moyen qui passe de 4,12% à 4, 49% de janvier à février 2012. Sur le front de l’inflation, les pressions se sont accrues en 2011.  L’Indice des prix à la consommation a augmenté de plus de 3% avant de s’inscrire à la baisse en fin d’année 2011 et il devrait rester inférieur à ce seuil en 2012 et 2013.

Au titre de la surveillance multilatérale, tous les critères de convergence de premier rang ont été respectés en 2011, à l’exception de celui relatif au solde budgétaire de base rapporté au PIB nominal. Concernant les critères de second rang, seul celui relatif au solde extérieur courant, hors dons, rapporté au PIB n’a pas été respecté en 2011.

Coopération économique, intégration régionale et commerce

Sur l’année 2011, les exportations totales sont estimées à 16,8%  du PIB contre 34,7% pour les importations, confirmant ainsi la tendance structurellement déficitaire de la balance commerciale (18% du PIB). Cette tendance devrait se poursuivre en 2012 et 2013, avec une balance commerciale projetée à 18,7%. Quant au solde du compte courant, il est estimé à -8,7% du PIB en 2011 et projeté respectivement à -9,1% en 2012 et -9,8% en 2013.  Il devrait être financé principalement par les transferts de capitaux publics (dons) et privés (investissements de portefeuille et IDE).     

Selon les statistiques de l’ANSD, l’Europe reste en 2010 le premier fournisseur du Sénégal avec 48% des importations sénégalaises; tandis que l’Afrique demeure le premier client avec 51,3% des exportations sénégalaises. Malgré la crise des dettes publiques, les échanges avec les principaux pays européens touchés (Italie, Grèce, Espagne, Irlande et Portugal) et la France se sont accrus de 22,3% pour les exportations du Sénégal et de 7,1% pour les importations. De même, les échanges avec les partenaires émergents (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), sont en hausse, avec une balance commerciale excédentaire en faveur du Sénégal. Ainsi, les exportations sénégalaises sont passées de 11,4% en 2010 à 33% en 2011 et les importations de 8% en 2010 à 14,9% en 2011. Parmi les BRICS, l’Inde est le premier client du Sénégal avec 10,56% des exportations de biens et 2,69% des importations; la Chine est le premier fournisseur avec des ventes de biens de 378,8 milliards FCFA en 2011. Le Sénégal continue de diversifier ses partenaires dans ses échanges extérieurs. Devant l’importance des pertes de recettes que pourrait occasionner l’Accord de partenariat économique (APE) prévu  dans l’Accord de Cotonou, le Sénégal a sollicité une meilleure prise en compte de la dimension développement dans les négociations avec l’Union européenne. ll convient enfin de rappeler que le Sénégal a en charge le volet infrastructures du NEPAD, institution dont il fait le plaidoyer auprès du G8 et du G20. De même, une nouvelle cellule a été créée en juillet 2010 au Ministère de l’Economie et des Finances en charge des dossiers d’intégration, comme le suivi des  181 produits devant figurer dans la 5ème bande de la CEDEAO au taux de 35%.

Tableau 4 : Comptes courants (en pourcentage du PIB)

 200320062007200820092010201120122013
Balance commerciale-11.8-17.3-22-25.4-15.9-15.4-18-18.7-18.7
Exportations de biens (f.o.b.)18.317.214.816.516.417.116.816.115.3
Importations de biens (f.o.b.)30.134.536.941.932.332.434.734.834
Services-0.3-0.4-0.3-0.9-1-1-1.3-1.3-1.2
Revenu des facteurs-2-0.7-0.7-0.4-1.3-0.9-1.1-1.2-1.1
Transferts courants7.79.611.412.611.511.211.71211.2
Solde des comptes courants-6.4-8.7-11.6-14.1-6.7-6.1-8.7-9.1-9.8

Politique de la dette

En 2011, le Sénégal a poursuivi la diversification de ses instruments de dette en termes de concessionnalité, de maturité et de taux d’intérêt à travers des émissions de titres sur le marché régional et international. Une émission de titres de finance islamique (sukuk) devrait aussi avoir lieu en 2012. L’encours de la dette intérieure est estimé à 6,9% du PIB en 2010 et projeté à 8,2% du PIB en 2012. Parallèlement, l’encours de la dette extérieure qui pèse 27,5% du PIB  en 2010 atteindrait 31,5% du PIB en 2012.

La tendance haussière de la dette publique totale, après les annulations obtenues dans le cadre de l’IADM en 2006, s’explique par le financement extérieur des importants programmes d’investissements publics et le financement contracté sur le marché international en 2009 et en 2011. Toutefois, en 2011 et 2012, le service de la dette publique extérieure ne représenterait respectivement que 15,5% et 10,5% des recettes budgétaires ; 12,8% et 8,6% des exportations de biens et services contre les plafonds respectifs de 30% et 20% retenus dans le cadre de l’analyse de la viabilité de la dette. Le Sénégal continue donc de présenter un faible risque de surendettement. Le gouvernement privilégie le financement concessionnel et ne contracte ni ne garantit des emprunts extérieurs à des conditions non concessionnelles. Pour renforcer l’attention accordée à la viabilité de la dette, le gouvernement a retenu de suivre au plus près l’objectif de solde budgétaire global dans le suivi du Programme ISPEII.

Une nouvelle direction de la dette publique a été créée en avril 2011, en charge de : i) la gestion du portefeuille de la dette publique intérieure et extérieure, ii) l’émission et le remboursement de la dette, iii) la gestion de la dette rétrocédée et éventuellement des garanties accordées aux entreprises publiques et privées et iv) l’établissement de contacts réguliers avec les investisseurs potentiels au titre de la dette publique. L’organigramme et les manuels de procédures de cette nouvelle direction ont déjà été adoptés et approuvés. Elle est devenue opérationnelle en janvier 2012. Enfin, le gouvernement s’est engagé dans le Programme ISPEII à préparer en 2012 une nouvelle stratégie de gestion de la dette à moyen terme. Cette stratégie passera en revue les caractéristiques du portefeuille d’encours de la dette existante, examinera les perspectives de financement à moyen terme, étudiera les diverses options de financement envisageables, identifiera les risques, mènera les tests de résistance et proposera les modalités de mise en œuvre de la stratégie.

Figure 2 : Part de l’encours de la dette extérieure dans le PIB et ratio du service de la dette sur les exportations (en pourcentage)

Gouvernance économique et politique

Secteur privé

Le Sénégal est passé de la 157ème place en 2011 à la 154ème place en 2012 selon le classement du rapport  Doing business de la Banque mondiale. Une partie de cette amélioration pourrait provenir  des réformes initiées par le Conseil présidentiel de l’Investissement (CPI) et mises en œuvre par le gouvernement et l’APIX en matière de création d’entreprise, de commerce transfrontalier, avec principalement un programme de modernisation, d’expansion  et de compétitivité comprenant, entre autres, i) la réduction du temps d’attente des navires en rade extérieure à la suite de l’augmentation des capacités de stockage, et ii) le dragage du chenal d’accès et l’extension du 3eme terminal en conteneurs en zone nord pour pouvoir accueillir les navires de 4ème et 6ème générations. Enfin, vient d’être lancée en février 2012 une nouvelle version du système de dédouanement permettant l’automatisation de l’ensemble des procédures douanières depuis le pré-dédouanement jusqu’à l’enlèvement des marchandises.

Pour atteindre son ambition d’un environnement des affaires de standard international, des efforts restent à fournir entre autres sur l’accès à l’électricité, le paiement des impôts et l’octroi du permis de construire. En 2011, la mise en place du Plan TAKKAL a permis à travers le Fonds de soutien au secteur de l’énergie (FSE) :      (i) d’apurer une bonne partie des arriérés de paiements de la Société nationale d’électricité du Sénégal (SENELEC)  de 34 milliards de franc CFA  à fin septembre, (ii) de sécuriser l’approvisionnement de la SENELEC en combustibles à partir de juillet, et (iii) de baisser le coût  de ses importations de fuel d’au moins 5 milliards de franc CFA sur le second semestre 2011. Le Plan Takkal prévoit à partir de 2012, de renforcer les capacités de production par la réhabilitation des centrales et la mise à niveau des réseaux de transport et de distribution de l’électricité.

Concernant le paiement des impôts, le gouvernement, avec l’appui du FMI a engagé une vaste réforme de la fiscalité, en vue d’un nouveau code des impôts qui devrait entrer en vigueur en 2013. La réforme élargira l’assiette imposable en réduisant les dépenses fiscales, et de façon plus générale, elle rendra le système plus efficace, en améliorant les processus de paiement des impôts. S’agissant de l’octroi du permis de construire, le gouvernement envisage des mesures  pour réduire les entraves dans les opérations d’investissement, notamment la généralisation de la mise en place des guichets uniques dans les mairies pour instruire les demandes d’autorisation de construire.

Secteur financier

Le système financier sénégalais comptait dix-neuf banques et deux établissements financiers en 2010. Le total du bilan agrégé du système a augmenté de 12,5% en 2010 et s’élevait à 3021 milliards FCFA à la suite de la forte progression des dépôts collectés auprès de la clientèle, qui atteignent 2281 milliards FCFA. Les marges de 24,4% en moyenne dégagées sur les activités de prêt et les opérations sur titres ont soutenu une amélioration du produit net bancaire de 6% et du résultat d’exploitation de 23,3%. Le coefficient net d’exploitation est tombé à 68,9% an 2010 du fait d’une hausse de 12% des frais généraux ; toutefois, le coefficient de rentabilité bancaire est passé à 12,4% en 2010. Le secteur de la micro finance comptait treize institutions financières décentralisées fin décembre 2009, pour environ 1,3 million de bénéficiaires directs. Les dépôts du secteur s’élevaient à 122,3 milliards FCFA, soit 6% des dépôts à vue collectés par le système bancaire. L’encours des crédits était estimé à 142,2 milliards FCFA, soit 8% du total des crédits bancaires. Les créances en souffrance se sont élevées à 5,6 milliards FCFA, représentant 3,9% des encours bruts. Au niveau du marché financier, les indices de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BVRM), ont évolué à la baisse au 2ème trimestre 2011 sous l’effet de l’évolution défavorable des cours dans tous les secteurs à l’exception de l’agriculture. La capitalisation boursière totale a également baissé de 6,2% pour se fixer à 3 891,3 milliards FCFA à fin juin 2011 après une hausse de 5,6% observée au trimestre précédent.

Selon les tests de résistance des banques sénégalaises, réalisées par la direction nationale de la BCEAO en fin mars 2011, la liquidité et les fonds propres, récemment renforcés par le relèvement du capital minimum, restent adéquats pour faire face à toute éventualité de détérioration du portefeuille bancaire. Toutefois, des risques persistent sur la concentration sectorielle, notamment sur les secteurs dépendant des cours sur le marché international et sur les effets de contagion des crises affectant les sociétés mères de certaines banques à capitaux étrangers. Pour y parer, il est préconisé la poursuite des efforts de diversification du portefeuille bancaire et l’accélération de la mise en place du fonds de garantie des dépôts dans l’UEMOA.

Gestion du secteur public, institutions et réformes

L’évaluation PEFA conduite en 2011 a noté avec satisfaction les réformes menées dans le système de gestion des finances publiques. Elle a recommandé la poursuite des efforts dans l’application des directives de l’UEMOA pour corriger certaines faiblesses du système de gestion des finances publiques. La transposition desdites directives s’est achevée en 2011. Pour améliorer la trésorerie, le gouvernement prévoie en 2012 l’établissement d’un compte unique du Trésor. Pour accroître la transparence de la gestion des ressources budgétaires, les autorités sénégalaises promettent à partir de 2013 de soumettre régulièrement la loi de règlement du budget de l’exercice précédent à la Cour des Comptes et au parlement et ce en conformité avec la réglementation en vigueur.

Concernant la gouvernance, le gouvernement a initié en 2011 un projet de réforme de la Cour des Comptes, visant  à renforcer son indépendance et son autonomie ainsi qu’à simplifier les procédures de contrôle  des différentes chambres. En matière de marché public, le gouvernement en relation avec la société civile, a conduit l’exercice de révision du code des marchés publics de 2011. Concernant les audits, les rapports ayant relevé des problèmes de gestion n’ont pas fait l’objet de traitement par la justice. En outre, les règlements régissant les conflits d’intérêts et les normes éthiques existent mais les défaillances du système judiciaire atténuent l’impact des décisions prises. Enfin, la commission nationale de lutte contre la corruption, la non transparence et la concussion n’a pas encore de pouvoir d’auto-saisine. 

S’agissant du secteur de l’eau, la réforme de 2ème génération sous forme d’affermage (partenariat public/privé) entre l’agence de patrimoine et la Société de distribution des eaux  (SDE), opérateur privé, arrive à expiration en 2013. L’étude engagée en 2009 pour une réforme de 3ème génération a été interrompue en 2010.

Concernant l’accès à l’information, les pouvoirs publics publient par des canaux appropriés des informations pertinentes comme par exemple la publication des appels d’offre des marchés publics en ligne et sur les journaux à grand tirage. En outre, les rapports d’audits de marchés publics de 2009 ont été publiés. La retransmission des débats parlementaires à la radio et à la télévision permet à la population de suivre l’examen du projet de la loi des finances.

Gestion des ressources naturelles et environnement

La lettre de politique sectorielle (2009-2015) vise à intégrer les principes de développement durable dans les politiques nationales et à inverser la tendance actuelle à la dégradation continue de l’environnement et des ressources naturelles à travers des projets, des budgets-programmes et un cadre de dépenses à moyen terme sectoriel (CDSMT). Dans le cadre du suivi de la mise en œuvre du nouveau DPES (2011-2015), trois des 53 indicateurs retenus concernent le secteur de l’environnement (ratio reboisement et régénération sur déboisement; quantité de biomasse végétales ravagées par les feux de brousse par an en tonnes; proportion de plans de gestion environnementale mis en œuvre et suivis).

Selon la revue 2010 du DSRPII, élaborée en 2011 par les autorités sénégalaises avec l’appui des partenaires techniques et financiers, le ratio reboisement et déboisement s’est établi à 0,96 en 2010 contre 0,78 en 2009. Ce résultat est imputable aux efforts consentis à travers les activités de reconstitution, de reforestation, de conservation et de protection des ressources forestières, de la faune et de son habitat avec 15373 hectares de régénération naturelle assistée, 19455 hectares de terres reboisées, 3881 hectares de terres mises en défenses, 2500 km de plantations linéaires et 3047 km de pare-feu entretenus. Concernant le suivi des plans de gestion environnementale et sociale (PGES), sur les 152 existants, 46 ont été effectivement suivi en 2010, dépassant ainsi la cible de 30%. Enfin, en matière de suivi de feu de brousse, la quantité de biomasse brulée s’est établie à 7 436 577 tonnes en 2010 contre 19 578 382 tonnes en 2009.

Enfin, le gouvernement a donné, début février 2012, son accord d’adhésion à  l’Initiative de la transparence dans les industries extractives (EITI) de la Banque mondiale, ce qui devrait permettre au pays de bénéficier à terme des opportunités qu’offre ladite initiative afin de permettre aux populations locales de tirer le plus grand parti de l’exploitation des ressources minières.

Contexte politique

L’année 2011 a été marquée par la préparation des élections, l’interprétation des dispositions constitutionnelles sur l’éligibilité à la magistrature suprême, les manifestations contre les délestages et la vie chère et la recrudescence des incidents en Casamance. Concernant la préparation des élections, il a été procédé à l’audit du fichier électoral sur financement des partenaires techniques et financiers (USAID, l’Union européenne et l’Allemagne). S’agissant de l’interprétation des dispositions constitutionnelles sur l’éligibilité à la magistrature suprême, le débat politique s’est cristallisé en 2011 et début 2012 sur la candidature du Président sortant à l’élection présidentielle du 26 février 2012. Ainsi, à la suite du retrait par le gouvernement du projet de loi sur la réforme constitutionnelle qui était en cours d’examen à l’Assemblée nationale le 23 juin 2011 pour l’institution d’un ticket présidentiel et l’élimination du second tour, a été constitué le Mouvement du 23 juin 2011 (M23) comprenant les partis de l’opposition, la jeunesse, la société civile et certains leaders religieux. La principale revendication du M23 portait sur l’inconstitutionnalité de la candidature du Président sortant.

Sur le front de la paix et de la sécurité intérieure, il a été noté courant 2011 une fronde sociale qui s’est manifestée par de violentes manifestions contre les coupures d’électricité et la cherté de la vie ainsi que la recrudescence des incidents en Casamance entre les forces armées régulières et les groupes armés du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC). Il convient d’indiquer que les prix des produits pétroliers ont augmenté suite à la décision du gouvernement de rétablir le système de vérité des prix à la pompe en avril 2011. Il s’y ajoute les grèves dans les secteurs des transports, de l’éducation et des hydrocarbures.

En définitive, le climat politique est resté suspendu à deux événements : i) aux résultats du second tour de l’élection présidentielle du 25 mars 2012 et ii) à la suite donnée aux appels persistants à la paix, de la part, notamment, des chefs religieux et d’associations de femmes en marge de la campagne électorale, y compris en direction des élections législatives prévues le 17 juin 2012. La victoire l’opposant et ancien Premier ministre Macky Sall et l’acceptation de sa défaite par le président sortant Abdoulaye Wade devraient toutefois apaiser les tensions politiques.

Contexte social et développement humain

Développement des ressources humaines

Les politiques d’éducation et de santé continuent de faire l’objet d’une attention particulière. Selon les données de la première loi de finances rectificative de 2011, l’éducation a représenté environ 18,5% du budget total et la santé environ 5% du budget total.

Dans le secteur de la santé, les résultats sont en progrès. Selon les résultats préliminaires de la cinquième édition de l’enquête démographique et de santé (EDS-V), la couverture vaccinale a augmenté en passant de 59% en 2005 à 63% en 2011 pour tous les antigènes. Le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans a sensiblement baissé en passant de 121‰ en 2005 à 72‰ en 2011. La proportion de naissances ayant eu lieu dans un établissement de santé a augmenté en passant de 62% en 2005 à 73% en 2011. La prévalence contraceptive est restée autour de 12%. L’utilisation de la contraception est plus élevée en milieu urbain (21%) qu’en milieu rural (6,5%). Par ailleurs, les progrès ont été consolidés en matière de lutte contre le VIH/SIDA, le paludisme et la tuberculose. Cependant, l’EDS-V révèle une tendance à la détérioration de la situation nutritionnelle des enfants par rapport à 2005. En outre, le secteur de la santé a été affecté par les dysfonctionnements liés à la rétention de l’information sanitaire des données (de routine) en 2011. Le secteur privé a contribué aux résultats positifs susmentionnés à travers l’offre de soins avec un réseau de 43 cliniques privées, 5 hôpitaux et plusieurs laboratoires d’analyses médicales.

Dans le secteur de l’éducation, le nombre d’inscriptions d’élèves et d’étudiants s’est accru. Le taux brut de scolarisation s’est établi à 94,4% en 2010 contre 92,5% en 2009. En revanche, le taux d’achèvement dans l’élémentaire a plutôt baissé en 2010 en se fixant à 59,1% contre 59,6% en 2009. Le secteur privé a contribué aux résultats susmentionnés. Il est actif dans tous les niveaux d’enseignements au Sénégal avec un réseau de plusieurs établissements.

D’après la revue des dépenses publiques de la Banque mondiale de 2011, l’accroissement de l’offre d’éducation a été la principale cause de l’extension de l’accès à l’école. Mais le taux de rétention serait faible et en baisse : un enfant entrant en première année du cycle primaire a environ 58% de chances d’atteindre le CM2 (cinquième et dernière année de l'école primaire, 32% de chances d’atteindre la 3ème et 21% la terminale avec les conditions de rétention de 2009. L’accroissement du taux d’achèvement est à peine de 1 point de pourcentage entre 2005 et 2009.

Réduction de la pauvreté, protection sociale et travail

Au chapitre de l’égalité dans l’utilisation des ressources publiques, l’allocation des ressources en 2011 s’est inscrite dans la perspective de la réalisation des objectifs de la stratégie de développement du Gouvernement. A cette fin, les crédits d’investissements ont été alloués pour 49% aux infrastructures d’accompagnement et à l’aménagement du territoire, 29% des crédits ont été alloués aux secteurs sociaux de base et 19% à la modernisation du secteur agricole et le développement du secteur rural. Toutefois, selon les résultats de la revue des dépenses publiques, les dépenses publiques de santé sont réparties largement en faveur des régions plus riches (Dakar et Saint-Louis), alors que les régions pauvres sont faiblement dotées (Louga, Tambacounda, Ziguinchor). Les dépenses de santé publiques sont régressives pour tous les niveaux de soins. En outre, le niveau de financement public reste faible pour la réalisation des OMD santé et devant la cible de 12% du PIB.

Selon les résultats de la revue globale des dépenses publiques (Banque mondiale, juin 2011), la part du secteur de l’éducation a été de 23,8% en moyenne annuelle sur la période 2007-2009 dans les dépenses publiques hors service de la dette et dépenses en capital sur ressources extérieures. Toutefois, les résultats de la revue des dépenses publiques du secteur de l’éducation de 2010, ont aussi révélé une inégalité dans la répartition des ressources entre les régions, la région de Dakar étant la plus favorisée. Dans les régions de Kolda, Louga et Tambacounda, les écoles à cycle incomplet représentent respectivement 71,2%, 77,8% et 85,3% du nombre total d’écoles primaires contre 13,50% dans la région de Dakar.

Sur le plan de la protection sociale, l’expérimentation de nouveaux programmes de filets sociaux a permis de faire passer le nombre de ménages vulnérables bénéficiaires d’allocations de ressources à 1080 en 2010, mais, sans atteindre l’objectif de 1500 initialement fixé. Cependant, ces réalisations n’intègrent pas le Programme de transferts monétaires lancé en 2010 avec l’appui du Programme alimentaire mondial (PAM) qui a touché 9200 sur les 10000 ménages vulnérables ciblés dans la banlieue de Dakar. De même, le Projet de transferts monétaires (NETS) de la Cellule de Lutte contre la Malnutrition a bénéficié à 21986 mères d’enfants sur un objectif de 23238. D’autres programmes ont offert en 2009/2010 une bourse à 5218 orphelins et enfants vulnérables à cause du SIDA issus de milieux défavorisés.

Ces programmes viennent atténuer les insuffisances reconnues du système formel de protection sociale, limité aux salariés du secteur moderne et donc à moins de 20% de la population. Seuls 16,6% de la population âgée de plus de 65 ans reçoivent une pension de retraite. En complément, le Plan Sésame cible cette population mais pourrait rencontrer des contraintes de viabilité. Plus généralement, moins de 20% de la population est couvert par l’assurance santé ; ce qui justifie les initiatives communautaires de promotion de mutuelles de santé. Enfin, seuls 13,3% des enfants de moins de 15 ans bénéficient d’allocations familiales, un déficit que les cantines scolaires contribuent à atténuer.

La mise en œuvre de la stratégie nationale de protection sociale en 2011-2015 appelle le renforcement et la réforme de la sécurité sociale, l’extension de la couverture de la protection sociale, la prévention et la gestion des risques et catastrophes. En appui, la nouvelle politique de l’emploi, notamment des jeunes, prévoit des mesures visant a améliorer le fonctionnement du marché du travail, à travers la mise en place des textes règlementaires prévus pour rendre le code du travail de 1997 pleinement opérationnel dans la lettre et l’esprit des réformes introduites.

Égalité hommes-femmes

En matière de genre, les textes constitutionnels et ou légaux confèrent des droits égaux aux deux sexes. Selon le rapport du PNUD 2010, environ 29% des sièges parlementaires sont détenus par des femmes et 11% des femmes ont atteint le cycle secondaire. La représentation des femmes dans le gouvernement est d’environ 24%. Outre, la Stratégie nationale pour l’égalité et l’équité de genre adoptée en 2005 et le plan de mise en œuvre élaboré en 2009, la loi sur la parité votée en 2010, marque une étape importante dans l’amélioration de la représentation des femmes dans les instances de décisions. En effet, la loi sur la parité devrait améliorer significativement la représentation des femmes notamment dans les fonctions électives. La parité est déjà réalisée au niveau de l’enseignement primaire. Les prochaines échéances électorales de 2012 (notamment législative et sénatoriale) seront l’occasion de traduire dans les faits la mise en application de cette loi sur la parité.

Analyse thématique : Promouvoir l’emploi des jeunes

La nouvelle Politique nationale de l’Emploi (NPE) adoptée en 2011, couvrant la période 2011-2015, repose sur cinq piliers à savoir : i) la promotion de l’emploi dans les politiques économiques et les réformes structurelles ; ii) l’appui à la promotion de l’emploi dans les secteurs économiques traditionnels ; iii) le développement des programmes publics spécifiques de création d’emplois ; iv) l’amélioration et le développement des relations entre la formation et l’emploi dans les secteurs économiques et v) le renforcement des capacités du Ministère de l’emploi et l’amélioration du système de gestion des marchés de travail donne à la promotion de l’emploi des jeunes une place centrale. Les objectifs spécifiques poursuivis par la NPE sont : (i) la promotion de l’emploi des jeunes; (ii) une meilleure gestion et l’employabilité de la main d’œuvre ; (iii) le renforcement de l’efficacité et de la transparence du marché de l’emploi ; (iv) la promotion de l’emploi indépendant en milieu rural et urbain ; et (v) l’amélioration des conditions de vie des travailleurs. Ces objectifs sont traduits en programmes dont la mise en place (i) de régimes fiscaux et financiers plus favorables aux branches d’activité économique et aux projets d’investissements plus créateurs d’emplois décents et (ii) d’un système de préférence plus favorable à l’utilisation de la main d’œuvre.

La promotion de l’emploi des jeunes dans la NPE a pris en compte les principales initiatives du Gouvernement, de la société civile et des partenaires techniques et financiers au titre des fonds et institutions de promotion de l’emploi des jeunes au cours des dix dernières années. Une fusion desdits fonds et institutions est en cours de préparation pour donner une nouvelle impulsion de l’action de l’Etat et de ses partenaires dans ce domaine dans le cadre de la NPE.

Concernant la transition Ecole/vie active, il convient d’indiquer que le Ministère de l’éducation nationale dispose d’un centre national d’orientation scolaire et professionnelle et d’une direction de la planification et la réforme de l’éducation (DPRE). Cette dernière dispose d’un Plan d’action dénommé « éducation qualifiante des Jeunes et des adultes (EQJA) » qui vise à renforcer les compétences professionnelles et les qualifications des jeunes et réduire l’analphabétisme des adultes, pour l’amélioration de leurs opportunités d’emploi en milieu rural et urbain. Du côté du Ministère de l’Emploi, une direction et une agence prennent en charge la transition. Ainsi, la Direction de l’emploi dispose d’un service de la main d’œuvre qui recense les offres d’emplois; le système d’information sur le marché de l’emploi (SIME) réalise les recensements, enquêtes nationales et études sur les demandeurs d’emploi, les travailleurs, notamment journaliers, les diplômés d’études supérieures, d’enseignement technique et de formation professionnelle. L’Agence nationale pour l’Emploi des Jeunes (ANEJ) assiste les jeunes à la recherche d’un emploi, d’une formation ou d’un conseil professionnel. Il y a aussi des initiatives privées pour aider les jeunes dans la recherche du premier emploi. Concernant la formation professionnelle, l’Office national pour la formation professionnelle (ONFP), le Fonds national pour le développement de l’éducation et de la formation professionnelle (FONDEF) et la Convention Etat-Employeurs pour la promotion de l’emploi des jeunes (CNEE) soutiennent la formation professionnelle de courte durée, notamment pour les artisans et les associations, la formation continue en fonction des besoins des entreprises, l’apprentissage et la formation à la création d'entreprises, d’adaptation ou de requalification.

S’agissant spécifiquement des enfants âgés de 9 à 14 ans qui ne vont pas à l’école ou sortent prématurément du circuit scolaire, ils fréquentent les écoles communautaires ou non conventionnelles (écoles coraniques, écoles de la rue) gérées par des organisations non-formelles sous la supervision du système éducatif. Plusieurs partenaires techniques et financiers tels que l’UNICEF et l’USAID appuient des programmes d’insertion de jeunes déscolarisés ayant fréquenté les écoles coraniques dans le système éducatif formel ou le marché du travail. La France, à travers l’Agence française de développement (AFD) appuie la mise en place de centres de formation professionnelle et d’apprentissage en transformation alimentaire, construction, travaux publics et portuaires. Les ONG et le secteur privé jouent également un rôle de plus en plus important dans l’apport de compétences professionnelles, notamment dans les disciplines pour lesquelles les cours nécessitent peu d' équipements, en collaboration avec les structures de formation.

Les initiatives de l’Etat et de ses partenaires intérieurs et extérieurs n’ont pas encore donné les résultats escomptés en termes de nombre et de qualité des emplois créés pour les jeunes. Ces dernières années, l’emploi formel stagne au profit du secteur informel qui est estimé fournir entre 80% et 97% des emplois occupés, notamment les emplois nouveaux. Ainsi, les jeunes de 15 à 24 ans trouvent un emploi dans des entreprises de type familial ou individuel en activité dans l’agriculture et dans le commerce et les services urbains. En outre, la population jeune inactive a tendance à augmenter en passant de 32% à 35% sur la période 2001-2005 pour laquelle des statistiques sont disponibles. Par ailleurs, les emplois salariés représentent 80% de l’emploi des jeunes ayant un niveau d’études secondaires ; dix fois plus que ceux qui n’ont aucune éducation. Quant à l’enquête YouthMap de l’USAID 2011, elle souligne que le taux d’alphabétisation des jeunes est passé de 38% en 1985-94 à 51% en 2005-2008; toutefois, la qualité de l’instruction aurait notablement baissé, restant souvent théorique. La même enquête indique que les qualifications les plus importantes du point de vue du secteur privé sénégalais sont l’expérience, les compétences professionnelles, le savoir-faire fonctionnel et les diplômes.

Le poids démographique des jeunes fait de leur insertion dans le marché du travail un défi. A cet égard, la mise en adéquation des profils des compétences et de l’emploi amène l’Etat et ses partenaires à davantage mettre l’accent sur un système d’éducation et de formation tourné vers la satisfaction des besoins présents et futurs du marché du travail tout en contribuant au développement de l’esprit d’entreprise et du sens de l’initiative et de l’innovation. Au regard des résultats d’enquêtes susvisées et des objectifs des politiques publiques, il s’agirait d’intégrer le renforcement des qualifications (expérience, compétences professionnelles, savoir-faire fonctionnel et formation de base) des jeunes dans les stratégies de développement agricole et urbain. La mise en cohérence des politiques publiques et de la politique d’emploi, notamment l’emploi des jeunes, devrait être la clé de la réussite de la nouvelle politique nationale adoptée en 2011 et du Haut conseil de l’emploi et de la formation installé également en 2011 sous l’autorité du Premier Ministre.

Carte du pays

Grande carte de pays

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