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Analyse thématique : Transformation structurelle et ressources naturelles

Auteur: Tankien Dayo

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En 2013, le Burkina Faso a subi les effets du faible niveau des cours de l’or sur le marché international. Malgré une conjoncture économique défavorable, le taux de croissance économique réel est resté fort (6.9 %), mais en baisse par rapport à 2012 où il a atteint 9 %. L’agriculture et les mines demeurent les principaux secteurs moteurs de la croissance économique en 2013.

• La faible capacité d’absorption des dépenses d’investissements publics reste la principale faiblesse du système national de gestion des finances publiques. Cette situation constitue une contrainte à l’accélération du rythme de croissance économique et compromet les chances du pays dans l’atteinte des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) en 2015.

• Le Burkina Faso participe faiblement aux chaînes de valeur mondiales. Les principaux obstacles sont notamment l’accès aux infrastructures transnationales, l’accès et la fiabilité de l’énergie ainsi que la disponibilité d’une main-d’oeuvre qualifiée. Pour améliorer sa participation aux chaînes de valeur mondiales, le pays devra mettre enplace de manière cohérente une stratégie qui cible le développement des chaînes devaleur.

L’activité économique au Burkina Faso est demeurée dynamique en 2013 malgré une croissance moins forte que l’année précédente. En effet, la croissance économique devrait se situer à 6.9 % en 2013 contre 9 % en 2012. Le repli de la croissance en 2013 s’explique par la baisse de l’activité minière en liaison avec le faible niveau des cours de l’or sur le marché international. En termes de perspectives de croissance économique en 2014, le pays devrait maintenir un rythme de croissance forte, de 7 %. Les principaux secteurs moteurs de la croissance économique sont l’agriculture et les mines. Le secteur agricole pourrait profiter des mesures à gains rapides, concernant notamment l’accès aux intrants et aux matériels agricoles. Le secteur minier devrait connaître un essor en 2014, notamment grâce à l’augmentation de la production d’or.

Les pressions inflationnistes devraient se réduire avec la baisse des prix des produits alimentaires grâce aux boutiques témoins mises en place par les pouvoirs publics sur tout le territoire national pour la distribution de produits de grande consommation à des prix accessibles aux populations à faible revenu. Elles devraient ainsi demeurer en dessous de la norme communautaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) de 3 % en2014 et 2015.

Le pays met en oeuvre un vaste programme d’infrastructures dans le cadre de sa stratégie decroissance accélérée et de développement durable (SCADD). Dans le domaine des infrastructures, les réalisations portent sur les travaux de construction (bâtiments, routes) dans le cadre des festivités de l’indépendance du pays et le bitumage des routes (Dédougou-Nouna-Frontière duMali, Ziniaré-Zitenga, Boromo-Sakoinsé). Il y a également le projet de construction de l’aéroport de Donsin qui se poursuit. Les grands travaux pour la réalisation des pistes d’atterrissage devraient commencer en 2014 et le chantier devrait être totalement achevé en 2017. Les pouvoirs publics ont également poursuivi la mise en oeuvre de grands programmes de développement de pôles de croissance dont notamment ceux de Bagré, du Sourou et de Samandéni. La faible capacité d’absorption des investissements publics étant une contrainte importante, le pays devrait réformer tout le travail de préparation et d’exécution des projets d’investissement en vue d’améliorer leurs résultats.

Au plan politique, le climat social est resté tendu en 2013 à cause de la volonté politique des autorités en place de réviser la constitution du pays pour permettre au président actuel debriguer un 5e mandat mais également en raison de la cherté de la vie.Les dernières élections couplées (législatives et municipales) de décembre 2012 s’étaient déroulées sans heurts majeurs et l’on s’attendait à une normalisation du climat socio-politique en 2013, après la grave crise sociale de 2011. Cela n’a pas été le cas : l’adoption en mai 2013 d’une loi pour la création d’un Sénat a été suivie de vives tensions marquées par des marches de protestation, organisées par certains partis politiques de l’opposition et des associations et mouvements de la société civile.

Pour apaiser le climat social, le gouvernement a ralenti le processus de création du Sénat, et apris en septembre 2013 des mesures sociales pour faire face à la vie chère. Toutefois, les pouvoirs publics entendent procéder à la mise en place effective du Sénat et à la révision de l’article 37 de la Constitution sur la limitation du nombre de mandats. La perspective de la prochaine élection présidentielle de 2015 constitue donc une période à risque pour le pays. Le principal défi au plan politique sera donc de réussir une transition politique apaisée en 2015.

Tableau 1 : Indicateurs Macroéconomiques

 20122013(e)2014(p)2015(p)
Croissance du PIB96.976.3
Taux de croissance du PIB réel par habitant6.14.14.23.5
Inflation3.82.11.71.9
Solde budgétaire (% PIB)-3.1-3.2-3.6-4.7
Compte courant (% PIB)-0.8-0.7-1.5-1.4

Source : Données des administrations nationales ; calculs des auteurs pour les estimations (e) et les prévisions (p).

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