• Tout en continuant d’enregistrer de bons résultats la croissance du produit intérieur brut (PIB) des Seychelles se ralentira légèrement en 2012, en partie à cause de la crise financière en Europe et du recul du tourisme qui en résultera. La croissance devrait se redresser en 2013.

  • Tout en continuant d’enregistrer de bons résultats la croissance du produit intérieur brut (PIB) des Seychelles se ralentira légèrement en 2012, en partie à cause de la crise financière en Europe et du recul du tourisme qui en résultera. La croissance devrait se redresser en 2013.

  • Le chômage des jeunes est assez peu élevé aux Seychelles. Les programmes en faveur de l’emploi des jeunes ont été globalement couronnés de succès. Toutefois des difficultés demeurent, principalement s’agissant de l’attitude des jeunes vis à vis du travail ainsi que des effets de l’abus de stupéfiants sur les capacités d’insertion professionnelle.

Vue d'ensemble

En 2011 le produit intérieur brut (PIB) réel des Seychelles a augmenté, selon les estimations, de 5 %, un taux inférieur aux 6.7 % enregistrés en 2010 mais supérieur aux prévisions établies en début d’année. Ce meilleur résultat qu’attendu est la conséquence de l’augmentation de 11 % du nombre de touristes et de l’effet positif des réformes économiques mises en œuvre. Le recul de la croissance par rapport à 2010 s’explique par la baisse des investissements directs étrangers (IDE) ainsi que par l’augmentation des prix des produits pétroliers et alimentaires. Le tourisme devant continuer à être, en 2012/13, le principal moteur de la croissance, celle-ci devrait continuer à se ralentir en 2012 à 4 % si la crise financière en Europe, d’où proviennent environ 70 % des touristes, se poursuit. Une inflation et des taux d’intérêt en hausse, conjugués à la poursuite de l’assainissent budgétaire, pèseront aussi sur la demande intérieure. À partir de 2013 la croissance du PIB devrait atteindre 5 % grâce à un environnement économique international plus favorable, aux réformes de structures en cours, à l’augmentation des investissements et aux dépenses de consommation.

Après la réélection du président James Michel, le gouvernement a poursuivi une politique budgétaire de réduction de la dette publique, conformément au programme de réformes soutenu par le Fonds monétaire international (FMI), et présentera encore des budgets en excédent en 2012 et 2013. L’introduction de la taxe à la valeur ajoutée (TVA) prévue en 2012 est en bonne voie et un nouveau projet de loi sur les finances publiques a été approuvé en 2011 par le gouvernement. Des progrès continuent à être accomplis pour améliorer le cadre réglementaire du climat des investissements. Des amendements à la loi sur les institutions financières ont apporté une base légale à de nouveaux produits financiers, renforcé la concurrence et réduit le rôle de l’État dans le secteur financier. A récemment été élaborée la stratégie de développement durable des Seychelles (SSDS) 2011-20. La mise au point d’un nouveau plan national de développement est prévue dans le courant de 2012. Le taux de chômage des jeunes est assez bas aux Seychelles grâce à une offre d’emplois généralement suffisante. Des programmes de formation sont proposés par les autorités pour améliorer les qualifications et les informations pour la recherche d’emplois sont facilement accessibles. Toutefois, un certain laissez-faire dans l’attitude des jeunes Seychellois vis-à-vis du choix d’un emploi et les effets de l’abus de stupéfiants provoquent des réticences pour l’embauche des demandeurs d’un premier emploi et incitent à accorder la préférence aux expatriés.

Figure 1 : Taux de croissance du PIB réel (Orientale)

Tableau 1 : Indicateurs macro-économiques 2012

 2010201120122013
Taux de croissance du PIB réel6.7545
Taux de croissance du PIB réel par habitant6.24.63.74.8
Inflation IPC-2.42.53.53.7
Balance budgétaire % PIB2.53.82.80.8
Balance courante % PIB-22.7-21.8-24.6-27.9

Développements récents et perspectives

Tableau 2 : PIB par Secteur (en pourcentage du PIB)

 20062010
Agriculture, foresterie, pêche et chasse3.42.7
Agriculture, élevage, sylviculture et pêche--
dont agriculture--
Mines et extraction00
dont pétrole--
Industries manufacturières10.38.9
Electricité, gaz et eau2.11.6
Electricité, eau et assainissement--
Construction6.35.5
Vente en gros et de détail, hôtels et restaurants18.830.3
dont hôtels et restaurants11.520.7
Transports, entreposages et communications18.212.1
Transport et stockage, information et communication--
Finance, immobilier et services aux entreprises18.523.9
Intermédiation financière, services immobiliers, services aux entreprises et autres services--
Services des administrations publiques--
Administration publique et défense, sécurité sociale, éducation, santé et travaux sociaux--
Administration publique, éducation, santé13.38.9
Administration publique, éducation, santé et autres services sociaux et personnels--
Autres services communautaires, sociaux et personnels--
Autres services9.16
Produit intérieur brut aux prix de base / au coût des facteurs100100
Vente en gros et de détail, hôtels et restaurants--

Selon les estimations, l’économie des Seychelles a connu en 2011 une croissance de 5%, inférieure à celle de 2010 (6.7 %) mais supérieure aux prévisions établies en début d’année. L’augmentation de 11 % du nombre de touristes – un nouveau record avec 190 000 visiteurs – et l’effet positif des réformes de structures expliquent ce résultat meilleur que prévu. De plus, la production de conserves de thon, principal produit d’exportation du pays, a augmenté de 7.6 % au premier semestre de 2011 par rapport au premier semestre de 2010. Néanmoins, la croissance a été inférieure à ce qu’elle avait été en 2010 en raison de la baisse des IDE et de l’impact des hausses des produits alimentaires et pétroliers. Ces hausses et la lente dépréciation de la roupie (SCR) ont eu de fortes répercussions sur le coût de la vie. Après la déflation en 2010, l’inflation a augmenté en moyenne en 2011 de 2.5 %. Le renchérissement des prix des produits alimentaires et pétroliers a, d’autre part, contribué à creuser sensiblement le déficit du compte courant qui a atteint 21.8 % du PIB en 2011.

Contribuant pour 25 % au PIB et pour 37 % à l’emploi, le tourisme restera le principal moteur de la croissance en 2012/13. La crise financière devant se poursuivre en Europe en 2012, et les trois quarts des visiteurs des Seychelles venant de ce continent, on s’attend donc à ce que la croissance du PIB recule à 4 % en 2012. L’inflation et les taux d’intérêt en hausse ainsi que la poursuite de l’assainissement budgétaire pèseront également sur la demande intérieure. La baisse des ressources halieutiques et l’insécurité grandissante dans la partie occidentale de l’océan Indien provoquée par les pirates somaliens ralentiront la production de conserves de thon. Au cours du premier semestre 2011, la pêche industrielle a baissé de 15 % sur la même période de 2010. Le tonnage de poissons transbordé ou déchargé aux Seychelles a baissé de 16 % en 2011. Facteur aggravant : les pêcheurs seychellois hésitent à sortir en mer par crainte d’être attaqués par des pirates, avec pour conséquence une réduction des tonnages de la pêche artisanale et semi-industrielle.

Avec un environnement économique international plus favorable, les réformes de structures en cours, l’augmentation des investissements, notamment pour les infrastructures, et les dépenses de consommation grâce aux ressources libérées par la restructuration réussie de la dette, la croissance du PIB devrait atteindre 5 % en 2013. Afin de sauvegarder la croissance et de réduire sa vulnérabilité aux chocs économiques extérieurs les Seychelles devront diversifier leurs marchés émetteurs de tourisme. Ainsi, Etihad Airlines (après Emirates et Qatar Airways) est la troisième compagnie aérienne du Proche-Orient à desservir les Seychelles, ce qui permettra, avec d’autres compagnies asiatiques et africaines, d’accroitre encore le nombre de touristes originaires de ces marchés, qui représentent déjà 22 % des visiteurs.

Les réformes en cours dans le secteur financier devraient permettre d’améliorer la compétitivité et l’éventail des produits disponibles et renforcer l’activité du secteur privé. Par exemple, la concurrence et la transparence accrues dans le secteur bancaire – la caisse d’épargne des Seychelles (Seychelles Savings Bank – SSB) a été partiellement privatisée en 2011 – sont des pas positifs en vue de renforcer la fourniture de services financiers et diversifier l’économie. En plus des investissements substantiels en faveur du tourisme, des projets sont en cours pour la construction d’un nouveau dépôt de carburants pour les industries de la pêche et l’acquisition de pêcheries pour encourager des activités apportant une valeur ajoutée dans ce secteur. D’autre part, le câble à fibre optique sous-marin entre les Seychelles et la Tanzanie sera terminé en 2012 ce qui devrait fortement aider à diversifier les bases de l’économie et ouvrir de nouvelles perspectives pour la croissance.

Les Seychelles ont poursuivi en 2011 la mise en œuvre de réformes importantes, conformément au programme soutenu par le FMI. Le gouvernement a conduit une politique budgétaire, avec un excédent de 3.8 % du PIB, conforme à son objectif de réduction de la dette publique et de la dette à garantie publique, et continuera d’afficher des excédents en 2012 et 2013. Ainsi, fin septembre 2011 le stock total de la dette publique et à garantie publique est tombé à 82 % du PIB, ce qui est compatible avec le programme du FMI prévoyant un taux de 75 % en 2012. La roupie flotte toujours librement et est restée stable, ce qui reflète la confiance mise dans le programme de réformes aux Seychelles et permet la reconstitution de réserves de change, qui étaient de 268 millions de dollars (USD) à la fin 2011, équivalent à 2.4 mois de couverture des d’importations.

Au plan législatif, l’introduction de la TVA prévue au milieu de l’année 2012 est en bonne voie et une nouvelle loi sur la gestion des douanes (Customs Management Act) a été soumise à l’Assemblée nationale. Un nouveau projet de loi sur les finances publiques incluant des pratiques budgétaires révisées et un contrôle renforcé a été approuvé par le gouvernement en 2011. Des progrès continuent d’être accomplis dans l’amélioration du cadre réglementaire pour le climat des investissements. La suppression du régime trop complexe des incitations fiscales non discrétionnaires est en cours et le cadre des investissements est désormais clarifié avec la promulgation de la loi de 2010 sur les investissements aux Seychelles. Des amendements à la loi sur les institutions financières ont apporté une base légale aux nouveaux produits financiers, dynamisé la concurrence, réduit le risque de défaut de paiement en créant une agence d’évaluation du crédit, attribué à la Banque centrale des Seychelles (CBS) des pouvoirs supplémentaires et restreint le rôle de l’État en prévoyant la restructuration ou la privatisation des institutions financière publiques.

Après avoir conduit avec succès le second plan de gestion de l’environnement des Seychelles (EMPS) le gouvernement vient d’adopter une nouvelle stratégie de développement durable (Seychelles Sustainable Development Strategy - SSDS) 2011-20. Ce document précise les priorités nationales en la matière autour de 13 champs thématiques, dont l’énergie et les transports, les changements climatiques, la biodiversité, l’éducation pour un développement durable, social et humain, ainsi qu’une feuille de route pour les mener à bien. Enfin, les réformes prioritaires des pouvoirs publics se concentrant sur la stabilisation macroéconomique après la crise de 2008, le mémorandum sur les politiques économique et financière (Memorandum of Economic and Financial Policies - (MEFP) précise les priorités de la stratégie de développement de l’État. Sorti de la phase de redressement après la crise, le gouvernement va adopter dans le courant de 2012 un plan de développement national plus classique qui dégagera des priorités permettant d’aller de l’avant.

Politiques macroéconomiques

Politique budgétaire

Le gouvernement a poursuivi en 2011 une politique budgétaire conforme à ses objectifs d’assainissement et de réduction de la dette publique. L’excédent budgétaire en 2011 a toutefois  été inférieur à ce qui avait été prévu, à 3.8 % du PIB, à cause de l’instauration d’un fonds de stabilisation des prix destiné à prémunir les ménages contre les effets de la flambée des cours mondiaux et du soutien financier temporaire apporté à la compagnie Air Seychelles. Des décaissements au fonds de stabilisation ont été plafonnés en 2011 à hauteur de 0.4 % du PIB et l’aide à Air Seychelles, de l’ordre de 0.7 % du PIB, se poursuivra jusqu’à ce que le plan de restructuration de la compagnie soit achevé. Ces deux opérations ont été surveillées de près pour s’assurer de la maitrise du budget. Les Seychelles devraient continuer à dégager un excédent budgétaire, de 2.8 % en 2012 et de 0.8 % en 2013, qui permettra un remboursement supplémentaire de la dette et aussi d’accroitre les crédits pour l’amélioration si nécessaire des infrastructures.

Les dépenses publiques devraient être supérieures en 2011 de 6 % à ce que prévoyait le budget en raison de dépenses supplémentaires de la part des ministères et de l’administration et de transferts imprévus comme ceux ayant bénéficié à Air Seychelles. Toutefois, d’importants progrès dans la gestion des arriérés de paiements assureront une meilleure crédibilité aux dépenses budgétaires à l’avenir. Des progrès seront également réalisés dans la gestion de la trésorerie et dans la rationalisation des organismes publics.

À la suite de l’introduction de la retenue à la source de l’impôt sur le revenu en juillet 2010, le taux de cet impôt a été harmonisé pour les employés seychellois et expatriés. L’introduction de la TVA prévue au milieu de 2012 est en bonne voie et une nouvelle loi sur la gestion des douanes a été soumise à l’Assemblée nationale. Une commission chargée de la réforme des douanes a été nommée en avril 2011 pour mener à bien sa mise en œuvre. Ces réformes permettront d’élargir la base de l’impôt, d’en simplifier les mécanismes et de le rendre plus juste et plus équitable.

D’ores et déjà des résultats positifs sont patents : en août 2011 la collecte annuelle des recettes dépassait de 17 % le montant atteint à la même époque en 2010 et on prévoyait, pour l’ensemble de l’année 2011, une collecte de 5 % supérieure aux prévisions initiales. Bien que, à cause des importantes réformes fiscales, la croissance des recettes devrait, selon les prévisions, se ralentir en 2012/13, ces réformes doperont au bout du compte l’activité économique et contribueront à installer les finances publiques sur une assise durable dans le moyen terme.

Tableau 3 : Opérations financières de l'Etat (en pourcentage du PIB)

 200320062007200820092010201120122013
Recettes totales (avec dons)40.844.032.231.837.235.439.139.739.9
Recettes fiscales28.224.423.823.82930.431.432.433.4
Recettes pétrolières---------
Dons0.21.30.23.54.10.93.63.22.4
Dépenses totales (et prêts nets) (a)34.940.940.938.33232.835.336.939
Dépenses courantes3333.836.327.529.127.524.224.224
Sans les intérêts28.326.529.720.619.921.421.321.421.4
Salaires1513.510.27.66.765.65.65.5
Intérêts4.77.26.66.99.16.12.92.82.6
Solde primaire1.910.3-2.125.38.710.912.815.1
Solde global10.63.1-8.70.514.38.76.75.63.4

Politique monétaire

L’inflation s’est accélérée pour atteindre, en termes annuels, 2.9 % en août 2011, le taux le plus élevé depuis presque deux ans, après être repassée au dessus de zéro en mars 2011. Elle devrait atteindre en moyenne annuelle 2.5 % en 2011 et continuerait d’augmenter en 2012/13, poussée par la hausse des prix des produits alimentaires et pétroliers, l’accroissement de la demande intérieure, favorisée par les baisses d’impôts, et la dépréciation de la roupie, qui renchérit les prix à l’importation. En conséquence de la hausse de l’inflation, la banque centrale a relevé le minimum de réserves obligatoires sur les dépôts des banques commerciales de 300 points de base jusqu’à 13 %, à partir du 1er avril sur les dépôts en monnaie locale, et du 30 juin sur les dépôts en monnaie étrangère. En outre, les dépôts du fonds de sécurité sociale sur les banques commerciales ont été progressivement transférés à la banque centrale pour aider au contrôle des liquidités. Les taux d’intérêt ont augmenté, le taux des bons du Trésor à 91 jours passant de 0.4 % en mars à 5.1 % en juin pour demeurer à ce niveau  jusqu’à la fin de 2011.

La position extérieure des Seychelles a été soumise à de nombreuses pressions, en particulier durant le second semestre de 2011. La demande accrue de devises étrangères s’est traduite par une dépréciation de la roupie de 4.7 %, 7.9 % et 7.4 %, respectivement contre le dollar, l’euro et la livre sterling. Elle devrait continuer à se déprécier en 2012 vis à vis les principales monnaies, sans que se reproduisent toutefois les brusques fluctuations enregistrées après son libre flottement en octobre 2008, ce qui témoigne de la confiance mise dans le programme de réformes entrepris aux Seychelles et de la reconstitution des réserves de change. Ces dernières devaient s’élever à environ 268 millions USD à la fin de 2011, niveau équivalent à 2.4 mois de couverture des importations.

La Banque centrale et le ministère des Finances conjuguent leurs efforts pour améliorer la gestion de la liquidité. Un calendrier des émissions hebdomadaires des bons du Trésor est rendu public quatre semaines à l’avance de manière à informer le marché de la quantité d’effets devant être émis. Cette initiative a amélioré la prévisibilité des marchés obligataires et facilité la gestion des liquidités par les banques. Les autorités restent impliquées dans le système de taux de changes flottants. La Banque centrale n’intervient sur le marché des devises que pour éliminer une volatilité excessive, pour assurer les conditions d’un marché ordonné et, si besoin est, pour constituer des réserves de change en cohérence avec ses objectifs.

Coopération économique, intégration régionale et commerce

Les Seychelles sont membres du Marché commun d’Afrique australe et d’Afrique orientale (COMESA), de la Communauté pour le développement de l’Afrique australe (CDAA) et de la Commission de l’Océan indien (IOC). Elles président cette dernière depuis octobre 2011. En outre, les Seychelles soutiennent la création d’un marché unique pour les 26 membres du COMESA, de la CDAA et de la Communauté d’Afrique de l’est (CAE). Elles sont également membres de la Commission de l’Océan indien pour le thon. Un accord triennal pour la pêche du thon conclu entre les Seychelles et l’Union européenne (UE) est maintenant opérationnel. Les Seychelles sont aussi partie prenante dans les efforts pour combattre la piraterie. Elles ont constitué une cour régionale spécifique, avec le soutien de l’Organisation des Nations unies (ONU), pour poursuivre en justice les pirates.

Les autorités restent attachées à une politique commerciale libérale. Le régime des tarifs des importations est presque intégralement libéral puisque 94 % des lignes tarifaires sont fixées à zéro. Celles qui ne le sont pas, comme les carburants, l’alcool, le tabac et les véhicules à moteur, subissent des droits d’importation qui ont été abaissés d’une moyenne de 28.3 % (tous produits) en 2005 à 8 % en 2011. Les Seychelles sont également engagées dans un processus d’adhésion à l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

En 2011, les principales exportations de marchandises ont été les conserves de thon (95 % de la valeur du total des exportations), la farine de poisson, les poissons frais et surgelés. Les marchés prioritaires pour les conserves de thon sont le Royaume Uni, la France et l’Italie. Les carburants, le matériel mécanique et de transports, les produits alimentaires, les animaux vivants et les biens manufacturés constituent les principales importations. Les Seychelles importent en priorité des Émirats arabes unis, d’Afrique du sud, d’Inde et du Royaume Uni. Pour 2011, en pourcentage du PIB, le déficit de la balance des paiements a reculé, selon les estimations, à 21.8 % contre 22.7 % en 2010, mais devrait se creuser en 2012 et 2013 en raison du recul attendu des exportations, de conserves de thon en particulier, et du ralentissement du flux touristique.

Tableau 4 : Comptes courants (en pourcentage du PIB)

 200320062007200820092010201120122013
Balance commerciale-10.5-28.5-41.6-42.1-35.8-35-35.6-40-44.9
Exportations de biens (f.o.b.)33.841.238.545.551.341.547.945.343.5
Importations de biens (f.o.b.)44.369.780.187.687.176.583.585.388.4
Services14.315.316.425.625.816.617.218.619.6
Revenu des facteurs-5.1-4.3-6.6-7.1-5.6-7-4-3.8-3.2
Transferts courants1.54.32.93.45.72.60.70.60.6
Solde des comptes courants0.2-13.1-28.9-20.2-9.9-22.7-21.8-24.6-27.9

Politique de la dette

Le gouvernement a poursuivi en 2011 une politique budgétaire en ligne avec ses objectifs de réduction de la dette. Des excédents budgétaires continueront à être dégagés en 2011-13, mais plus réduits, de manière à pouvoir rembourser un montant supplémentaire de la dette, conformément à la stratégie de gestion de la dette conduite sur la période 2010-12. A la fin du troisième trimestre 2011 le stock total de la dette publique et à garantie publique s’élevait à 798 millions USD, contre 789 millions un an plus tôt. Le stock total de la dette s’est réduit faiblement à 82 % du PIB (contre 84.3 % un an plus tôt), ce qui est conforme aux prévisions du programme du FMI : 75 % en 2012. En gros, 57 % de cette dette est étrangère, 43% interne.

En dépit de la délivrance en 2011 de garanties publiques au crédit intérieur destiné à Air Seychelles et des obligations émises par la Banque de développement des Seychelles et d’un environnement macroéconomique moins favorable, le total de la dette publique devait encore se réduire à 76.2 % du PIB à la fin 2011. Toutefois, en contrepartie, la restructuration d’Air Seychelles pourrait prendre plus de temps que prévu, et sa situation financière continuer à se détériorer, avec pour conséquence que les pertes quasi budgétaires viennent contrarier les objectifs gouvernementaux de réduction de la dette.

La restructuration de la dette extérieure est désormais proche de son point d’achèvement. Avec l’Allemagne, les Seychelles ont signé en avril 2011 un accord pour restructurer la dette d’un montant de 3.4 millions d’euros (EUR) sur une période de 49 ans, conformément à l’accord de 2009 avec le Club de Paris. En avril 2011 également, la Chine a accepté de restructurer la dette d’un montant de 27 millions USD, avec un remboursement sur 20 ans dont un délai de grâce de 10 ans. Les négociations avec Abou Dhabi pour une restructuration des prêts sont dans leur phase finale. L’Inde est désormais le seul créditeur bilatéral important non membre du Club de Paris avec lequel les discussions se poursuivent sur les encours de créances. Au plan commercial, un accord bilatéral doit encore être conclu avec un seul créditeur, l’Eban sud-africaine. L’agence de notation financière Fitch a relevé à B en février 2011 la note des Seychelles, avec une perspective de stabilité, ce qui reflète la bonne exécution du programme du FMI pour la seconde année consécutive ainsi que les progrès remarquables accomplis dans la restructuration de la dette publique.

Figure 2 : Part de l’encours de la dette extérieure dans le PIB et ratio du service de la dette sur les exportations (en pourcentage)

Gouvernance économique et politique

Secteur privé

En dépit des mesures prises récemment pour améliorer le climat des affaires, un certain nombre d’obstacles subsistent. Selon le rapport Doing Business 2012 de la Banque mondiale, les Seychelles sont tombées de la 95e à la 103e place (dans les deux cas sur 183 pays) sur l’indice de la facilité de faire des affaires.

Les étapes juridiques et administratives pour déclarer et enregistrer une nouvelle entreprise sont longues : 39 jours en moyenne, et coûteuses : 16 % du revenu par habitant en moyenne. Les Seychelles sont encore plus mal classées (166e sur 183) pour les facilités d’obtention de prêts par une entreprise. En revanche le transfert de propriété et l’obtention d’un permis de construire sont des démarches relativement faciles à accomplir. Les Seychelles occupent, selon ces critères, respectivement la 63e et la 54e place. En outre l’autorité seychelloise de délivrance des licences (Seychelles Licensing Authority –SLA) a introduit en novembre 2011 d’importants changements dans la procédure de délivrance des licences. La plupart des licences d’exploitation et des licences commerciales sont désormais valables pour cinq ans au lieu de un an, ce qui améliorera le climat de confiance. Les droits ont également été revus pour se conformer aux dispositions du Licenciant Act de 2010 et ne porteront plus que sur le coût administratif de la délivrance des licences.

La compétitivité du secteur privé est entravée par plusieurs goulets d’étranglement dans les infrastructures : techniques de l’information et de la communication (TIC) insuffisantes, approvisionnement en eau potable également insuffisant, fourniture d’énergie coûteuse et limitée. Dans deux domaines, toutefois, les Seychelles réussissent très bien : le paiement des impôts et le commerce transfrontalier, qui les placent respectivement au 16e et au 33e rang dans le rapport 2012 Doing Business. Plusieurs importantes réformes intervenues en 2011 en matière d’impôts ont permis de poursuivre la modernisation et l’élargissement du système fiscal.

Des progrès se poursuivent aussi dans l’amélioration du cadre réglementaire du climat de l’investissement. Le système très compliqué des incitations fiscales non discrétionnaires continue à être simplifié et le cadre des investissements a été clarifié avec la promulgation du Seychelles Investment Act de 2010. Les procédures d’embauche et de licenciement ont aussi été simplifiées tant pour les travailleurs nationaux qu’étrangers. Ainsi le bureau de l’immigration intervient comme guichet unique pour le traitement du permis de travail rémunéré. Du chemin reste cependant à faire pour réduire le nombre de démarches et la durée de l’exécution des contrats.

Secteur financier

Les autorités ont adopté une approche multisectorielle pour renforcer le secteur financier et réduire le rôle de l’État. Approuvés par le gouvernement en juin 2011 des amendements au Financial Institutions Act ont apporté une base légale aux nouveaux produits financiers, dopé la concurrence, réduit le risque de défaut de paiement en créant une agence d’évaluation du crédit et ouvert la voie à la restructuration ou à la privatisation des institutions financière publiques. Ainsi, en mai 2011, l’État a lancé le processus de cession de la Seychelles Savings Bank(SSB) en proposant 40 % des actions au public avec priorité accordée aux employés de la banque et aux détenteurs d’un compte. La surveillance prudentielle se poursuit et s’oriente vers un cadre de vérification axé sur les risques. Dans ce contexte, la Banque centrale a exigé des banques de présenter les plans d’affaire désormais sur une base annuelle fin 2011. Les institutions financière publiques non bancaires, comme la Development Bank of Seychelles (DBS) et la Houssina Finance Compagnie (HFC) sont également surveillées de plus près et réformées. La Banque centrale veut aussi encourager à la constitution d’un secteur de l’assurance puissant et efficace, inspirant confiance aux assurés.

Composé de six banques commerciales, le secteur bancaire domine le secteur financier. Quatre de ces banques : Barclays Bank, Mauritius Commercial Bank, Habib Bank et Bank of Baroda sont étrangères. Les deux autres sont des établissements anciennement propriétés de l’État dont le capital a été restructuré : Nouvobanq, détenu pour 78 % par l’État et pour 22 % par la Standard Chartered Bank, et la SSB. Du côté de l’épargne contractuelle on trouve deux compagnies d’assurance et un fonds de pension. Le secteur délocalisé comprend une banque nationale avec une licence, 48 prestataires de services aux entreprises et 2 compagnies d’assurance. Il n’existe ni société de placement, ni fonds mutuel. Les autorités envisagent la création d’une bourse des valeurs pour développer les marchés de capitaux. Elles ont décidé de réintroduire des obligations d’État sur le marché national. Accroitre la transparence et la concurrence dans le secteur bancaire et créer de nouveaux instruments à long terme sont des initiatives judicieuses pour amplifier le rôle du secteur privé en élargissant l’offre de services financiers.

Gestion du secteur public, institutions et réformes

Les bons résultats d’ensemble des Seychelles en matière de gouvernance sont soulignés par sa 4e place, sur 53 pays africains, dans le classement sur la gouvernance africaine établi par l’indice Mo Ibrahim. Toutefois, à la rubrique : « gestion publique » elles tombent à la 35e place : la réforme du secteur public engagé par les autorités n’a donc pas encore porté ses fruits.

La gestion des finances publiques est renforcée par la mise en œuvre d’un ambitieux plan d’action. La récente évaluation des dépenses publiques et de la responsabilité financière, achevée en mars 2011, montre que les efforts de réforme conduits depuis trois ans ont amélioré les résultats de manière importante sur presque tous les points faibles de la gestion des finances publiques. Un nouveau projet de loi sur les finances publiques a été approuvé par le gouvernement à la fin de 2011. Il prend en compte les pratiques budgétaires révisées et un contrôle renforcé. La documentation budgétaire, en particulier pour l’année fiscale 2011, a pu bénéficier du nouveau document de Stratégie et perspectives budgétaires préparé par le ministère des Finances. La budgétisation à moyen terme basée sur les politiques publiques sera introduite à titre expérimental dans la préparation du budget 2012 pour l’éducation et la santé.

En termes de services rendus, les Seychelles ont de bons résultats. Selon les indicateurs mondiaux de la gouvernance établis en 2010 par la Banque mondiale elles figurent parmi les 40 % de pays du haut du tableau pour la rubrique : « efficacité des pouvoirs publics ». Au plan des statistiques, les autorités sont en passe de se conformer aux normes spéciales de diffusion des données (SDDS) du FMI et au manuel du FMI sur la balance des paiements et la position des investissements internationaux, dit « BPM6 ».

Le gouvernement seychellois poursuit également sa politique de réforme des entreprises publiques. En 2011, parmi les principales actions menées pour renforcer le contrôle de ces entreprises, citons une nouvelle politique pour officialiser les critères de sélection des dirigeants et aligner leurs rémunérations sur le niveau de responsabilités et le travail accompli. Des allégations de corruption dans le secteur public ont porté sur le manque de transparence dans les opérations de privatisation et les attributions de terrains appartenant à l’État.

Gestion des ressources naturelles et environnement

Les Seychelles sont considérées comme un pionnier dans la protection et la conservation de l’environnement. Elles sont signataires de la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique (CDB). En 2011 le gouvernement a décidé la protection de nouvelles zones dans l’archipel si bien que la moitié (50.59 %) du territoire des Seychelles sera protégée par la loi.

En 1990 fut lancé le premier plan de gestion de l’environnement des Seychelles (EMPS) sur la période 1990-2000. A cet effet le ministère de l’Environnement a créé un service de coordination de l’EMPS, supervisé par un comité de pilotage multisectoriels. S’y ajoutent un certain nombre d’agences et d’administrations spécialisées dont : Marine Parks Authority, Seychelles Fishing Authority et la Public Utilities Corporation chargée d’assurer l’accès à l’eau potable et aux services d’assainissement.

En 1994 le gouvernement a adopté la loi sur la protection de l’environnement, qui, entre autres, prévoit des études d’évaluation d’impact sur l’environnement et accorde les autorisations pour des projets et des actions précis. En 1997 fut créé le ministère de l’environnement qui s’assure de la prise en compte des questions d’environnement dans les décisions de l’ensemble des membres du gouvernement.

Un nouveau plan de gestion de l’environnement a été lancé pour la période 2000-10 pour, à la fois, consolider les résultats antérieurement obtenus et répondre aux nouveaux défis soulevés par l’urbanisation croissante des principales iles granitiques. Ce second plan ayant été mené à bien, une nouvelle stratégie de développement durable (Seychelles Sustainable Development Strategy – SSDS) a été récemment élaborée et approuvée pour la période 2011-20. Elle fixe des priorités nationales pour le développement durable autour de 13 champs thématiques, dont l’énergie et les transports, le changement climatique, la biodiversité et le développement humain.

Contexte politique

Des élections présidentielle et législatives ont été organisées en 2011. En mai, le président sortant James Michel, du parti du peuple (appelé aussi le parti Lepep) a été réélu pour un second mandat de cinq ans. Il a recueilli 55 % des voix contre 41 % à son principal concurrent, Wavel Ramkalawan, du parti national seychellois (SNP).

En octobre les élections législatives se sont soldées par une victoire retentissante du parti du peuple, largement en raison du boycottage du scrutin par les deux principales formatons de l’opposition, le SNP et le plus petit New Democratic Party. En conséquence de ce boycottage la participation est tombée à 50.6 %, contre 83.8 % aux législatives de 2007, et aucun membre de l’opposition n’a été élu dans la nouvelle assemblée, ce qui met en cause sa légitimité démocratique. Un nouveau parti : le Popular Democratic Movement (PDM) avait été constitué un mois avant les élections législatives par des dissidents du SNP. Mais, faute d’avoir obtenu le seuil de 10 % des voix (il n’en a recueilli que 7.4 %), il n’a obtenu aucun siège.

Ce boycottage fut lancé pour mettre en cause la composition et l’objectivité de la première commission électorale indépendante créée aux Seychelles, qui avait prêté serment en août 2011. La commission avait été constituée dans le but de renforcer la démocratie constitutionnelle et d’assurer un processus électoral plus démocratique à la suite des protestations des partis de l’opposition qui avaient considéré que l’élection présidentielle n’avait été ni libre, ni régulière.

Le parti du peuple a donc remporté à la fois la présidentielle et les législatives et de nouvelles élections ne sont pas prévues aux Seychelles avant 2016.

Contexte social et développement humain

Développement des ressources humaines

Aux Seychelles, l’enseignement est gratuit et obligatoire pendant dix ans, ou jusqu’à l’âge de 16 ans. Le pays a atteint depuis longtemps le deuxième objectif du millénaire pour le développement (OMD) avec un taux de scolarisation dans le primaire proche de 100 % et de 94 % dans le secondaire. Le ministère de l’Éducation a lancé un plan de réforme en 2009/10 sur des aspects clés du système éducatif. Le but est de promouvoir un enseignement de grande qualité et la mise en valeur des ressources humaines pour répondre aux besoins nationaux de développement. De plus, le gouvernement a approuvé en 2011 un cadre d’action pour l’éducation de la petite enfance (Early Childhood Care and Education -ECCE), document de politique multisectorielle destiné à toutes les parties concernées par le sujet.

L’État est aux Seychelles le principal fournisseur de soins de santé. La fourniture de ces soins s’appuie sur la Constitution de la République et la Déclaration sur la politique en de santé (Heath Policy Déclaration) qui proclament les principes des droits fondamentaux de l’homme : un accès équitable, garanti et gratuit pour tous aux services de santé de base. Les dépenses publiques de santé constituent une large part du budget (12 % en 2011). En conséquence les Seychelles ont brillamment atteint les indicateurs de soins de santé et sont en voie de réaliser les OMD relatifs à la réduction de la mortalité infantile et à l’amélioration de la santé des mères. En 2006 le taux de couverture vaccinale était de 100 % pour la tuberculose (BCG), la diphtérie (DPT3), la poliomyélite (OPV3) et la rougeole. Compte tenu de ces taux élevés, les maladies évitables par la vaccination ont disparu de l’ile et les taux de mortalité néo-natale et des enfants de moins de 5 ans étaient respectivement en 2009 de 6.13 et 9.5 pour 1 000 naissances vivantes. Le taux de mortalité pour les moins de 5 ans est l’un des plus bas du monde, très en dessous de la moyenne mondiale de 60 pour 1 000. L’espérance de vie en 2009 s’établissait à 73 ans (77 ans pour les femmes, 68 ans pour les hommes), donc supérieure à la moyenne mondiale de 68 ans.

Les programmes de prévention, de traitement, de soins et de soutien pour les maladies liées au HIV/SIDA sont une préoccupation nationale. Les chiffres pour 2010 de l’ONUSIDA montrent que 100 % des personnes ayant besoin d’être traités contre la tuberculose et le SIDA le sont aux Seychelles. Les autorités doivent préparer une suite à la stratégie nationale sur le HIV/SIDA qui portait sur la période 2005-09.

Réduction de la pauvreté, protection sociale et travail

Depuis les années 1990 les Seychelles ont assuré des niveaux de vie élevés à la population et un développement social. En 2010 le pays avait le second PIB le plus élevé par habitant en Afrique, derrière la Guinée équatoriale (qui est exportateur de pétrole), et figure parmi les neuf pays à revenu intermédiaire supérieur ; il se trouve en tête pour le développement humain. Sur l’indice mondial de développement humain (IDH) des Nations Unies les Seychelles occupaient en 2009 la 57e place, se situant au même niveau que beaucoup de pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE).

Le secteur social et les programmes de bien être social occupent une place importante fans le budget 2011. Ces programmes concernent principalement la santé, l’éducation, les services sociaux, le logement, le développement local, les programmes sociaux gouvernementaux, les allocations et les programmes du Fonds de sécurité sociale (SSF), ainsi que les transferts vers les organismes publics remplissant une fonction sociale. Les crédits alloués aux secteurs de la santé et de l’éducation représentent 27 % du budget. Les Seychelles ont par conséquent déjà atteint la plupart des objectifs des OMD. L’accès à l’éducation et aux services de santé, l’eau potable et l’assainissement pour tous ont contribué à la réduction de la pauvreté, à l’intégration sociale et à un niveau de vie élevé. D’autres indicateurs clés comme l’espérance de vie, le taux d’alphabétisation des adultes, le taux de croissance de la population et l’égalité entre les sexes se comparent avantageusement à la situation dans les pays développés.

En raison de la hausse des prix alimentaires et pétroliers en 2011 le gouvernement a créé un fonds de stabilisation doté d’un capital de départ de 120 millions SCR. Ce fonds doit s’assurer que, en cas de brusques fluctuations des prix, les autorités soient capables d’en atténuer les effets, d’ajuster progressivement les prix et de préserver au moins partiellement les ménages de ses effets. De plus le budget 2011 a affecté 65 Millions SCR, soit environ 1.5 % des crédits, aux filets de protection sociale. Une réforme approfondie du système fiscal a également été lancée pour élargir la base de l’impôt et le rendre plus simple et plus équitable.

Les Seychelles ne disposent pas d’un seuil national comme instrument de mesure de la pauvreté. Toutefois la dernière enquête sur les revenus et les dépenses des ménages effectuée en 2006/07 apporte quelques données pouvant être utilisées pour évaluer la pauvreté. Selon cette enquête le seuil de pauvreté alimentaire, élément fondamental de la survie, est de 38.9 SCR par jour et par habitant. Si l’on applique ce minimum aux données de l’enquête des ménages, environ 18 % d’entre eux peuvent être considérés comme vivant en dessous du seuil de pauvreté alimentaire. Pour remédier à cette situation le gouvernement a créé à la fin de 2008 la Social Welfare Agency (SWA) afin de mieux cibler, à travers un système d’aide sociale fondé sur les ressources effectives, les dépenses des ménages étant le plus dans le besoin. Pour rendre le système opérationnel une enquête sur les conditions de vie a été conduite en 2011 et a permis d’actualiser le niveau réel de pauvreté et de vulnérabilité. L’approche envisagée est de protéger les plus défavorisés par une assistance en argent et, au-delà des transferts financiers, de procurer également une assistance sous forme d’incitations au travail. Des programmes de formation sont déjà proposés aux chômeurs et aux employés quittant la fonction publique par le système de départ volontaire.

En dépit de résultats appréciables, le trafic de stupéfiants, l’abus de drogue et d’alcool et la violence domestique menacent le tissu social de la société seychelloise. Au début de 2011 le président de la République a lancé un programme de renaissance sociale pour répondre à fléaux.

Égalité hommes-femmes

La Constitution proclame le principe de non-discrimination et garantit des droits égaux et une protection égale aux hommes et aux femmes. Les Seychelles ont signé et ratifié les principales conventions relatives à la discrimination, en particulier la Convention pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes. Le soutien des pouvoirs publics à la promotion féminine a débouché sur quelques résultats positifs. Par exemple la parité dans l’enseignement primaire a été réalisée. Et, dans l’enseignement secondaire et supérieur, les filles sont actuellement plus nombreuses que les garçons. Les autorités sont d’ailleurs préoccupées par la moindre réussite des garçons dans le second cycle et le supérieur. La consommation abusive de drogues et d’alcool, notamment chez les hommes, et leur niveau sanitaire inférieur représentent des sujets d’inquiétude.

En dépit de la protection juridique dont elles bénéficient les femmes continuent à être très désavantagées dans la vie domestique et publique du fait des attentes de la société et des stéréotypes. Ainsi, avec 44 % de femmes membres du Parlement les Seychelles se trouvent en dessous de l’objectif de 50 % fixé par l’Unité africaine. On constate, d’autre part, une tendance à la hausse de la violence domestique à caractère sexiste. Le Tribunal de la famille a enregistré une augmentation de 55 % du nombre de cas de violence conjugale en 2006/09. La présentation en avril 2010 d’un plan d’action biennal destiné à mettre un terme à la violence sexiste a marqué une étape importante dans les efforts pour enrayer cette tendance.

Analyse thématique : Promouvoir l’emploi des jeunes

La tranche d’âge 15-24 ans représente 16% du total de la population des Seychelles. 80% des jeunes sont soit des « salariés réguliers » soit « à l’école ou en formation ». Ce statut professionnel est à peu près le même chez les hommes et chez les femmes.

L’examen approfondi de la situation des « salariés réguliers », des « demandeurs d’emplois » et de ceux qui ne se trouvent pas dans des programmes d’emploi, d’éducation ou de formation fournit des résultats intéressants. 60% de ceux ayant emploi régulier et 40% de ceux qui, sans emploi en recherchent un activement, disposent d’une qualification professionnelle. Alors que 24% seulement de ceux qui sont sans emploi, ne sont ni dans un établissement scolaire, ni en formation ont une telle qualification. Ces résultats soulignent l’importance de la formation professionnelle dans les perspectives d’emploi ainsi que les besoins de l’économie des Seychelles pour des compétences précises. Par exemple 35 % des jeunes ayant un emploi travaillent dans les secteurs du bâtiment et des travaux publics (BTP) et les services hôteliers et de la restauration. De plus il existe peu de différence (environ 2 %) dans chaque métier entre la proportion de jeunes ayant une qualification et ceux dotés d’un niveau universitaire.

Il existe un grand nombre d‘initiatives aux Seychelles pour favoriser l’emploi des jeunes, en particulier deux programmes destinés à placer les participants en position d’acquérir une formation et de l’expérience sur le tas. Le premier, appelé programme d’acquisition des compétences (Skills Acquisition Programme – SAP) s’adresse aux 15-20 ans qui ont quitté l’enseignement secondaire ; le second, qui vise au renforcement des compétences (Skills Development Programme – SDP), s’adresse aux élèves de second cycle qui n’ont pas accédé à l’enseignement supérieur ou bien, plus âgés, ont changé d’emploi ou d’orientation. Les deux programmes sont gérés par le département de l’emploi au sein du ministère de l’Éducation, de l’emploi et des ressources humaines. Les participants reçoivent une allocation mensuelle, payée intégralement par l’État dans le cas du SDP, pour 60 % par l’État et 40 % par l’employeur dans le cas du SAP. Le SAP a remporté un grand succès au cours des six dernières années. En revanche le SDP n’a obtenu que de maigres résultats en 2010, sa première année d’application, en raison du taux élevé d’abandons (45 %). Les autorités mobilisent actuellement des partenaires clés : le Conseil national de la jeunesse, le département du développement social, les collectivités locales, les agences privées de l’emploi, le National Human Resource Development Council (NHRDC) et trois importants employeurs pour essayer de mettre en place un programme plus efficace.

Deux autres programmes étatiques s’adressent aux étudiants du secondaire et leur offrent l’occasion d’acquérir une meilleure compréhension des perspectives d’emploi postscolaires. Il s’agit de la Careers Week, gérée par le ministère de l’Éducation et le Holiday Programme, géré par le Conseil national de la jeunesse. Chaque année, la Careers Week confronte les lycéens à leurs futurs emplois et les employeurs à un salon de l’emploi. Le Holiday Programme place 40 à 50 lycéens en fin d’études dans différentes organismes pendant dix jours au cours des trois périodes de vacances de l’année. Ce programme a malheureusement une portée limitée.

L’enseignement public est gratuit aux Seychelles de l’école primaire jusqu’au supérieur où les étudiants perçoivent une allocation mensuelle. En conséquence moins de 0.5 % des jeunes seychellois ne sont jamais allés à l’école, 47 % de l’ensemble des jeunes ont au moins fréquenté l’enseignement secondaire et 44 %disposent au moins d’une formation professionnelle. Bien que ces chiffres soient impressionnants, ils ne peuvent masquer l’attention insuffisamment portée à une adéquation entre les formations et les besoins de l’économie.

Aussi le système éducatif est-il en cours de réforme pour : (i) accroître son efficacité et mieux préparer les élèves à un travail, et (ii) revoir l’enseignement postsecondaire (particulièrement la formation professionnelle) pour mieux l’adapter aux besoins de l’économie. Un projet de loi sur l’enseignement supérieur récemment soumis au gouvernement prévoit la création d’une commission chargée de gérer l’enseignement post secondaire et de l’associer plus étroitement au département de l’emploi. Il prévoit aussi la création du Labour Market Information System (LMIS). Il sera chargé de centraliser toutes les sources d’informations sur le marché du travail et contribuera à la fois à évaluer ses lacunes et à planifier ses besoins. Le LMIS sera par la suite associé au futur Educational Management Information System (EMIS), ces deux organismes devant travailler ensemble à une meilleure adéquation entre le système éducatif et les attentes de l’économie. Enfin, à partir de 2012, une filière de formation technique et professionnelle sera introduite  en fin de second cycle qui permettra aux lycéens de choisir soit de poursuivre un enseignement général, soit de suivre la voie tehnique et porofessionnelle. Pour l’avenir, avec le nouveau câble sous-marin de fibre optique installé en 2012 et les perspectives de découverte du pétrole, une politique de la science et de la technologie est en gestation qui viendra renforcer l’importance des mathématiques et des disciplines scientifiques dans le système éducatif.

Le chômage des jeunes est relativement peu élevé aux Seychelles. Suffisamment d’emplois sont offerts, la meilleure illustration étant que 23 % des emplois sont actuellement occupés par des étrangers. Un certain nombre de programmes de formation sont proposés par l’Ètat pour améliorer les formations. Les informations sur les offres d’emploi sont facilement accessibles à travers les médias et les agences privées de l’emploi. Toutefois des difficultés subsistent qui se concentrent principalement sur : (i) l’attitude et l’état d’esprit des jeunes seychellois, sélectifs sur les types de travaux qu’ils sont prêts à effectuer et qui ont tendance à préférer dépendre de leur famille ou de l’aide sociale ; (ii) l’effet de l’abus de drogues qui rend les jeunes incapables de trouver un emploi ou inaptes à un travail permanent. Un vaste programme de renouveau social a été lancé pour insuffler aux jeunes la fierté de travailler dur pour l’avenir de leur pays.

Carte du pays

Grande carte de pays

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