• Avec un taux de 5.5 % en 2012 et une prévision de 4.9 % pour 2013 la croissance du PIB a amorcé une tendance à la baisse. Cette contre-performance résulte principalement de la faible évolution du secteur pétrolier et d’une moindre contribution du BTP et des services.

     

  • L’équilibre budgétaire atteint en 2012 marque une amélioration considérable dans la gestion des ressources publiques. Mais il demeure fragile en raison de l’importance des investissements publics en cours d'exécution.

  • Les importantes recettes drainées par l’exploitation des hydrocarbures sont à l’origine des changements structurels profonds que connait la Guinée équatoriale depuis plus de vingt ans, notamment pour ce qui est de la construction et du développement des infrastructures de base. En revanche, le niveau du développement humain et de l’emploi situe le pays très en dessous de ses potentialités économiques et financières.

Vue d'ensemble

La croissance du produit intérieur brut (PIB) de la Guinée équatoriale a marqué un recul en 2012, s’établissant à 5.5 %, contre 7.7 % en 2011, en raison d’une diminution de la production dans le complexe pétrolier Ceiba-Okoumé, arrivés à maturité, partiellement compensée par l’exploitation des nouveaux champs d’Aseng. Les principaux moteurs de la croissance ont été le pétrole et le gaz ainsi que les produits manufacturés, les services et le bâtiment et les travaux publics (BTP) ayant apporté une moindre contribution.

Les perspectives de croissance pour 2013 et 2014 devraient confirmer cette tendance baissière. Sont prévus des taux de 4.9 % en 2013 négatif en 2014. La diminution tendancielle de la production de pétrole brut explique ce recul. Le gaz naturel représente toutefois une alternative sérieuse qui pourrait permettre au pays de compenser la baisse de la production pétrolière, à condition que la productivité de ses exploitations soit accrue.

La politique monétaire s’est donnée pour but, en 2012, de contrecarrer les effets de la hausse des liquidités dans l'économie afin de parvenir à une stabilité des prix. Cet objectif a été largement atteint comme en témoigne le niveau moyen des prix des produits alimentaires et des carburants. L’inflation a ainsi pu être contenue. Selon les dernières estimations de la Direction générale des statistiques et comptes nationaux, l’indice général des prix à la consommation (IPC) s’est établi à 4.5 % en 2012, grâce à la diminution relative des prix de plusieurs services comme les transports, l’éducation, les télécommunications. L’inflation devrait rester modérée durant les deux années à venir avec des prévisions de 3.1 % en 2013 et de 3.5 % en 2014. Mais à condition que les prix des biens de consommation soient maitrisés et que soit poursuivie la politique de soutien des prix des biens de première nécessité et des carburants à la pompe.La politique budgétaire menée en 2012 vise à équilibrer les finances publiques. L'équilibre du budget en 2012 et 2013 traduit, en outre, la volonté du gouvernement d'améliorer la discipline budgétaire. Pour 2012, un excédent estimé à 6 % du PIB a été dégagé. Mais cet équilibre est fragile en raison du niveau élevé des investissements publics en cours d'exécution, estimés à 9 000 milliards XAF (Franc CFA BEAC). Dans l’hypothèse où les dépenses d’investissement seraient maitrisées, les projections budgétaires tablent sur une amélioration de l’excédent en 2013 (6.3 %) qui reculerait à 3.5 % en 2014.

La Guinée équatoriale a subi de profondes mutations économiques et sociales depuis la découverte du pétrole au milieu des années 90. D’un pays pauvre à vocation agricole, elle est devenue le premier producteur de pétrole de la zone franc. Les recettes pétrolières ont contribué à améliorer les infrastructures de base : routes, écoles, hôpitaux, logements sociaux. Mais, s’agissant du développement humain, la situation du pays est en deçà de ses potentialités économiques et financières avec un taux de pauvreté élevé (plus de 60 %), un accès limité à l’eau potable et à l’assainissement et la prédominance de maladies contagieuses. Le taux de chômage est également élevé, surtout parmi la population jeune qui n’a pas bénéficié pleinement des offres d’emplois locaux, en particulier dans le secteur des hydrocarbures.

La stabilité politique et économique de la Guinée équatoriale et sa richesse en ressources naturelles suscitent un intérêt croissant de la part des entreprises étrangères, en particulier pour exploiter les gisements d'hydrocarbures. Cette situation ouvre de bonnes perspectives à moyen terme, notamment pour les projets liés à l'exploitation des réserves de gaz naturel. Utiliser efficacement les revenus financiers considérables qui en découlent pour diversifier son économie est le principal défi que doit relever le pays.

 

Figure 1: Taux de croissance du PIB réel 2013 (C)

Tableau 1 : Indicateurs Macroéconomiques

 2011201220132014
Taux de croissance du PIB réel7.75.54.9-2
Taux de croissance du PIB réel par habitant5.23.32.7-4.2
Inflation IPC4.84.53.13.5
Balance budgétaire % PIB0.966.33.5
Balance courante % PIB-63.52-1

Développements récents et perspectives

Tableau 2 : PIB par secteur (en pourcentage du PIB)

 20072011
Agriculture, sylviculture et pêche--
Agriculture, chasse, sylviculture et pêche21.3
Construction3.15.7
Electricité, gaz et eau0.50.7
Electricité, eau et assainissement--
Extractions--
Finance, assurance et solidarité sociale--
Finance, immobilier et services aux entreprises0.30.8
Services des administrations publiques--
Produit intérieur brut aux prix de base / au coût des facteurs100100
Industries manufacturières0.10.1
Mines91.789.4
Autres services0.30.3
Administration publique et services personnels--
Administration publique, éducation, santé et travaux sociaux, services communautaires, sociaux et personnels1.10.9
Administration publique, éducation, santé et travaux sociaux, services communautaires, sociaux et personnels--
Services sociaux--
Transports, entreposages et communications0.10.1
Transport, communications et information--
Vente en gros et de détail, hôtels et restaurants0.70.7
Vente en gros et de détail, immobilier--

Les résultats économiques décevants enregistrés en 2012 s’expliquent par la faible progression de la production d’hydrocarbures (notamment celle du gaz), la baisse des cours mondiaux du bois, l’évolution moins favorable du secteur du BTP et le ralentissement de l’activité dans les branches commerce, restaurants, hôtels et autres services.

La production pétrolière en 2012 s’est établie à des niveaux légèrement supérieurs à ceux de 2011, selon les dernières statistiques : 110.2 millions de barils au 31 décembre 2012, contre 102.2 millions de barils un an plus tôt, soit une hausse de 7.9 %, en deçà des prévisions initiales qui tablaient sur une croissance de 10.5 %. La mise en exploitation en novembre 2011 par la compagnie Noble Energy du nouveau champ d’Aseng a permis de compenser le tassement de la production des gisements de

exploité par Amerada Hess, d’Alba (Marathon), de Zafiro, de Jade et Serpentina (ExxonMobil), dont certains puits ont atteint la maturité.

Selon les données de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), la production de pétrole brut des principales compagnies opérant dans l’exploitation des gisements a chuté. ExxonMobil a vu sa production (qui représente 38.36 % de la production totale) diminuer de 12.65 % à fin septembre 2012 ; la production de Marathon (14.7 % de la production totale) a régressé de 10.9 %, celle d’Amerada Hess (28.38 % de la production) de 18.4 %. En revanche, la production de Noble Energy (20.5 % de la production totale) a progressé de 21 % en 2012.

Le pétrole et le gaz ainsi que les produits manufacturés ont contribué à la croissance pour près de 90%. Le dynamisme du secteur du BTP se confirme avec une contribution à la croissance de 5.2 %, malgré la diminution des investissements publics. Plusieurs projets sont en cours d’achèvement et la capitale Malabo a des allures de grand chantier avec la construction de bâtiments, notamment des logements sociaux.

A l’instar du BTP, la contribution des services au PIB progresse en 2012. Il s’agit d’une amélioration par rapport à 2011, ce secteur demeurant important en termes d’emploi et de transfert technologique. La branche énergie a, quant à elle, contribué pour environ 1 % à la formation du PIB avec la mise en service de la centrale hydroélectrique de Djibloho dans la région continentale et de la nouvelle centrale à gaz de Malabo. Afin de mieux profiter de cette nouvelle offre énergétique, des travaux de modernisation des réseaux électriques de la plupart des grandes villes sont en cours.

Enfin, l’apport à la croissance des cultures vivrières, y compris les cultures d’exportation comme le cacao et le café, et de la pêche est demeuré modeste, s’établissant à environ 1.2 % du PIB. Bien que la Guinée équatoriale possède une forêt très dense, notamment sur la partie continentale, la contribution de la sylviculture à la formation du PIB est restée négligeable en 2012 (moins de 0.5 %), à cause, d’une part, de la réduction des commandes en provenance de l’extérieur et, d’autre part, de la loi forestière de 2008 interdisant l’exportation du bois en grume qui oblige à installer sur place des unités de transformation du bois.

La structure de la demande globale reflète la dépendance de l’économie équato-guinéenne aux hydrocarbures. Ainsi, les investissements n’ont contribué à la croissance que de 2 % en 2012, 1.4 % provenant des investissements privés et seulement 0.6 % du secteur public. La réduction de la contribution des investissements publics s’explique par la fin des chantiers de construction de grande envergure comme les édifices pour l’accueil du sommet de l’Union africaine (UA) et de la Coupe d’Afrique des nations de football, mais également l’achèvement d’autres travaux d’infrastructures de base tels que le barrage hydroélectrique de Djibloho et les lignes à haute tension pour le transport électrique dans la région continentale.

La consommation globale pèse positivement sur la croissance de 23.1 % en 2012. La consommation privée a contribué au PIB à hauteur de 22.9 % en 2012, suite à la demande croissante des ménages en équipements et fournitures du fait de l’augmentation progressive de leur niveau de vie.

Enfin, la demande extérieure a diminué en 2012, apportant une contribution négative de 19.6 % au PIB, dont 16.3 % pour les importations. La baisse du volume des importations résulte principalement d’une diminution des importations du secteur public.

Politiques macroéconomiques

Politique budgétaire

La loi de finances de 2012 et la politique budgétaire qui en a résulté se sont inscrites dans les grandes orientations des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) ainsi que dans les priorités définies par le document cadre de la 2e Conférence économique nationale : doter le pays des infrastructures de base nécessaires pour le développement et faire de la Guinée équatoriale un pays émergent à l’horizon 2020.

Les recettes fiscales totales recouvrées à la fin de 2012 ont légèrement augmenté par rapport à 2011 grâce aux rentrées provenant de l’exploitation des hydrocarbures. Cette progression s’explique par les niveaux très élevés des prix du pétrole. Les recettes non pétrolières ont, pour leur part, stagné malgré les efforts du gouvernement pour mettre de l’ordre dans l’administration des impôts. L’entrée en application de la nouvelle loi sur la fiscalité douanière et l’instauration progressive de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) ne semblent pas avoir donné les effets escomptés sur le total des recettes. On s’attend à une baisse graduelle des recettes pétrolières pour 2013 et 2014, à moins que des découvertes de gisements ne viennent renforcer la capacité productive du pays.

Les dépenses publiques, notamment des dépenses en capital, ont connu une baisse importante. Cette régression s’explique par le ralentissement des investissements dans les infrastructures routières et dans la construction de grands édifices publics. Elle répond à une politique volontaire de réduction de la pression sur les investissements publics après des années de construction massive d’infrastructures de base.

Les dépenses en biens et services ont légèrement diminué en 2012 sous l’effet d’un meilleur contrôle des dépenses des administrations publiques en équipements et en entretien. Elles devraient se stabiliser à 2 % du PIB pour 2013 et 2014 grâce, notamment, à la maîtrise des dépenses d’achat de carburant et d’entretien des bâtiments publics.

Au total, la gestion des finances publiques en 2012 s’est soldée par un excédent budgétaire global de 6 % du PIB, contre 0.9 % du PIB en 2011. Cet excédent devrait perdurer en 2013 et 2014 à condition que soit maintenue une gestion rigoureuse des dépenses publiques.

Tableau 3 : Opérations financières de l'état (pourcentage du PIB)

 200920102011201220132014
Recettes totales (avec dons)45.530.230.831.631.630.2
Recettes fiscales1.91.71.51.51.51.6
Recettes pétrolières38.227.228.629.429.428
Dons------
Dépenses totales (et prêts nets) (a)49.335.329.925.625.326.7
Dépenses courantes66.45.454.84.9
Sans les intérêts66.15.14.44.44.4
Salaires1.21.10.90.70.80.8
Intérêts0.10.30.30.50.50.5
Solde primaire-3.8-4.91.26.56.74
Solde global-3.8-5.10.966.33.5

Politique monétaire

La Guinée équatoriale est membre de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (Cemac). La BEAC définit et met en œuvre la politique monétaire des six États membres de la Cemac, dont les principaux critères de convergence portent sur la stabilité du taux d’inflation (inférieur à 3 %), un solde budgétaire de base rapporté au PIB nominal positif ou équilibré, un endettement intérieur et extérieur inférieur à 70 % du PIB et une non accumulation des arriérés sur le paiement de la dette intérieure et extérieure.

La situation monétaire en 2012 s’est caractérisée par une amélioration de la position extérieure globale de la Guinée équatoriale et une hausse de la plupart des agrégats monétaires au sens large. Cette situation devrait se prolonger en 2013 et 2014 selon les dernières projections de la BEAC. La masse monétaire (M2) s’est orientée à la hausse de 45.1 %, renforçant le caractère liquide de l’économie de la Guinée équatoriale. Selon les dernières estimations de la BEAC, ce flux est réparti entre 88 % de disponibilités monétaires et 12 % de quasi-monnaie.

Après une année 2011 caractérisée par une forte demande de produits alimentaires suite à l’organisation de nombreux événements, dont le sommet de l’UA à Malabo et l’organisation, avec le Gabon, de la Coupe d’Afrique des nations de football, la situation semble s’être stabilisée en 2012. Selon les dernières estimations de la Direction générale de statistiques et comptes nationaux, l’indice général des prix à la consommation (IPC) a légèrement baissé pour atteindre 4.5 %, contre 4.8 % en 2011, malgré l’augmentation des soldes des militaires intervenue en juin 2012, qui pouvait atteindre 100 % selon le grade, et risquait d’alimenter les tensions inflationnistes dans le pays.

La tendance à la baisse du taux d’inflation devrait se confirmer en 2013 et 2014. Il avoisinerait 3 % sous l’effet d’un retour de la stabilité des prix à la consommation, et d’une augmentation de la production des cultures de subsistance favorisée par la diminution des prix des transports, des télécommunications et des services.

Coopération économique, intégration régionale et commerce

La situation monétaire de la Guinée équatoriale en 2012 s’est également caractérisée par une amélioration de la position extérieure globale et une hausse de la plupart des agrégats monétaires. Comparativement à la même période de 2011 les avoirs extérieurs enregistrent une forte augmentation (34 %), conséquence de l’augmentation des exportations, notamment celles liées aux hydrocarbures, de la bonne tenue des cours du pétrole brut sur les marchés internationaux et du rythme soutenu des rapatriements des recettes pétrolières.

La position extérieure du pays repose sur une étroite base d’exportations concentrée sur les ressources naturelles, en particulier le pétrole et le gaz naturel. Ces produits sont très sensibles aux chocs subis par les termes de l’échange. La balance commerciale a dégagé un excédent qui est passé de 37.8 % du PIB en 2011 à 40.5 % en 2012. La part des exportations dans la formation du PIB a diminué de 2 % en 2012. Une baisse plus significative de 4.6 % a été enregistrée pour les importations

Le déficit de la balance des services s’est amélioré pour atteindre 11.4 % du PIB en 2012 contre un déficit de 13.5 % du PIB un an plus tôt, en ligne avec les investissements des entreprises de production de gaz ainsi que des sous-traitants du secteur pétrolier. En revanche, le déficit de la balance des revenus s’est accentué, sous l’effet d’une hausse du niveau des rémunérations des capitaux privés du secteur des hydrocarbures. Par ailleurs, le solde déficitaire des transferts courants s’est établi à 0.6 % en 2012 contre un déficit proche de 0.7 % en 2011, en raison principalement des sous-traitants du secteur pétrolier.

Le solde global de la balance des paiements est excédentaire de 3.5 % du PIB en 2012 contre un déficit de 6 % du PIB en 2011. Le solde du compte courant devrait rester excédentaire en 2013 mais avec le risque d’un retour à un cycle de déficit à l’horizon 2014 si les capacités de production des hydrocarbures ne retrouvaient pas leur niveau habituel.

La Guinée équatoriale cherche à s'imposer comme centre régional du transport et du commerce dans la région de l’Afrique centrale. Pour ce faire, elle a nettement amélioré ses installations portuaires et aéroportuaires. À titre d’exemple, le port de Malabo a été agrandi pour accueillir de grands navires et des porte-conteneurs dont la capacité actuelle permet de contenir 10 000 conteneurs. À terme, le port de la capitale pourrait jouer un rôle d’escale pour les navires en provenance d’Asie, d’Amérique et d'Europe se dirigeant vers l'ouest et le centre du continent africain.

Étant membre de la Cemac, la Guinée équatoriale a entamé une série de réformes de son système fiscal douanier. Elle a en particulier mis en application le tarif extérieur commun (TEC) qui comporte quatre taux pour quatre catégories de marchandises : un droit de 5 % prélevé sur les biens de première nécessité, de 10 % sur les biens d'équipement et les intrants, de 20 % sur les biens intermédiaires et de 30 % sur les biens de consommation. Des efforts sont encore nécessaires pour assurer la libre circulation des personnes et des biens. Les autorités cherchent à accélérer et à moderniser les procédures de dédouanement, mais ces efforts se heurtent à une application arbitraire de la loi et à la fraude fiscale.

Tableau 4 : Comptes courants (en pourcentage du PIB)

 2004200920102011201220132014
Balance commerciale5923.931.237.840.540.336.5
Exportations de biens (f.o.b.)89.269.87071.769.968.966.1
Importations de biens (f.o.b.)30.14638.833.929.328.529.6
Services-23.9-14.7-14.2-13.5-11.4-11.1-11.1
Revenu des facteurs-55.9-26-36.6-29.5-25-26.6-25.8
Transferts courants-0.9-0.9-0.9-0.7-0.6-0.6-0.6
Solde des comptes courants-21.6-17.7-20.5-63.52-1

Politique de la dette

La dette publique à la fin de 2011 est estimée à 4.7 % du PIB et devrait rester inférieure à 10 % du PIB en 2012. La dette extérieure a été principalement contractée auprès de créanciers bilatéraux pour 83 % du stock total de la dette. Le service de la dette reste minime. Il devrait se stabiliser à 0.8 % du PIB en 2012, soit le même niveau qu’en 2011. Aucun arriéré n’est signalé, ce qui reflète les efforts des pouvoirs publics pour utiliser la manne pétrolière à l’apurement des arriérés de la dette extérieure et intérieure.

Un faible ratio d'endettement, d’importantes réserves de change et des recettes pétrolières considérables sont autant de facteurs concourant à la bonne soutenabilité de la dette de la Guinée équatoriale qui ne devrait pas être menacée à moyen terme.

La dernière analyse de viabilité de la dette (AVD) effectuée en mars 2010 – en utilisant le modèle de pays à revenu intermédiaire – démontre aussi que la dette extérieure du pays resterait bien en deçà des critères de convergence de la Cemac de 70 % du PIB dans tous les scénarios possibles. De plus, le gouvernement a l'intention d'augmenter ses capacités de gestion de la dette, en se dotant des outils nécessaires en termes de méthodes de gestion ainsi qu’en développant la formation du personnel chargé du suivi et du contrôle.

La Guinée équatoriale n’a pas encore achevé la mise au point d’un système de comptabilisation adéquat de la dette. Les données relatives à la dette publique sont disponibles mais pas de manière suivie. L’efficacité et la capacité d’analyse de la toute récente unité de gestion de la dette demeurent encore faibles. Les documents comptables de la dette publique ne se présentent pas toujours en format électronique et la procédure de remboursement de la dette pourrait être mieux coordonnée avec les autres procédures du ministère des Finances, ce qui réduirait des retards de paiements.

La gestion de la dette relève de la responsabilité du fonds d’amortissement de la dette publique, chargé de la comptabilité de toutes les obligations financières de l’État ainsi que des opérations de remboursement de la dette. Les autorités sont déterminées à mettre en place une stratégie appropriée en matière d’endettement et à améliorer les capacités de gestion de la dette. À cet effet, une assistance technique a été sollicitée auprès de la Banque mondiale.





Figure 2 : Part de l'encours de la dette extérieure dans le PIB et ratio du service de la dette sur les exportations 2013

Gouvernance économique et politique

Secteur privé

Le climat des affaires en Guinée équatoriale demeure en deçà des attentes au regard de la richesse du pays et des opportunités de développement du secteur privé. La conférence internationale organisée à la fin 2011 consacrée à la mise en place d’un plan d’industrialisation du pays à l’horizon 2020 constitue un tournant majeur. Cette instance a en effet souligné le rôle de l’investissement privé hors pétrole comme source alternative de financement ayant la même importance que l’investissement public. Le plan d’industrialisation prévoit notamment d’accorder une place de choix au secteur privé, national et étranger, pour soutenir l’effort de diversification de l’économie. Divers secteurs sont ciblés par ce plan, notamment le pétrole et le gaz, l’industrie pétrochimique, l’agroalimentaire et l’industrie du bâtiment (cimenteries et briqueteries). Le gouvernement semble déterminé à suivre les recommandations de la conférence qui devrait connaître en 2013 une seconde édition pour débattre des modalités de financement du plan d'industrialisation par des ressources issues du secteur privé national et étranger.

S’agissant du climat des affaires, la situation aurait tendance à se dégrader. Le rapport Doing Business 2013 de la Banque mondiale classe la Guinée équatoriale au 162rang (sur 185 pays). Elle perd trois places par rapport à son classement de 2012. La situation s’est notamment détériorée pour la création d’entreprises ou l’obtention de prêts et l’octroi de permis de construire. L’unique point positif noté par le rapport concerne l’amélioration du raccordement à l’électricité.

Mais créer une entreprise prend en moyenne 135 jours, nécessite 18 démarches, pour un coût de 12 % du revenu par habitant. Les coûts de main-d'œuvre sont relativement élevés par rapport aux pays voisins, le système fiscal n'est pas transparent et pas appliqué de manière uniforme, les taxes douanières sont élevées. Le pays figure, en outre, à la dernière place du classement pour les modalités de fermeture d'une entreprise. Les actifs de sociétés en faillite ne sont pas redéployés rapidement et efficacement pour d'autres usages.

Si les pouvoirs publics s’efforcent d’accueillir favorablement les investissements étrangers, la bureaucratie, l’opacité des réglementations, le sous-développement du marché du travail et la faible qualification de la main-d’œuvre locale sont autant d’obstacles au développement d’un secteur privé compétitif en Guinée équatoriale.

Secteur financier

Bien qu’étroit et relativement sous-développé, le système financier en Guinée équatoriale est généralement solide. Il est largement dominé par le secteur bancaire qui a connu une expansion ces dernières années en raison de la forte croissance économique et de l’augmentation rapide de la liquidité. La différence entre les prêts et les dépôts demeure élevée, bien que les taux débiteurs réels bancaires se soient réduits du fait d’un environnement plus concurrentiel. Les crédits sont constitués de prêts à court terme accordés aux entrepreneurs sous contrat avec l’État et aux projets d'infrastructures publiques, créant ainsi une source potentielle de vulnérabilité. En 2012, le système bancaire reste liquide et la qualité du portefeuille bancaire, évalué par la Commission bancaire de l'Afrique centrale, est saine. Il est composé de quatre banques, dont trois filiales de banques internationales. Deux nouvelles banques, non encore opérationnelles, devraient entrer sur le marché en 2013.

Les indicateurs de solidité financière montrent une réduction des créances douteuses (en-dessous de 5 %) ainsi que l’augmentation du rendement sur actifs et fonds propres. Malgré la libéralisation du secteur bancaire, le coût du financement reste élevé, reflétant le manque de concurrence. En plus des frais considérables prélevés sur les prêts, les taux d'intérêt appliqués aux entreprises privées s’élèvent à environ 15 % alors que le coût du refinancement bancaire est de l’ordre de 4 %. Avec un tel modèle d'entreprise à haut rendement et à faible risque, les banques sont peu enclines à financer les entreprises locales qui ne sont pas impliquées dans les marchés publics. La plupart des entreprises multinationales du pétrole et du gaz obtiennent leur financement de sources étrangères.

La position du pays s’est détériorée pour l'accès au crédit. Il est passé, selon le rapport Doing Business, de la 97e à la 104e place de 2012 à 2013. L'accès du secteur privé aux services financiers, y compris au microfinancement, est encore limité et l’octroi de prêts concentré sur les projets d'infrastructures publiques. Le système bancaire ne joue pas encore un rôle d'intermédiation suffisante pour le secteur privé et s’appuie beaucoup trop sur les prêts à court terme. Les coûts élevés de financement et l'accès limité aux instruments de crédit entravent les activités entrepreneuriales.

L'accès de la population aux services bancaires est limité et peu de ménages ont des comptes bancaires. Les systèmes de paiement ne sont pas bien développés et sont concentrés dans les deux grandes villes du pays, Malabo et Bata. En outre, les services de paiement par les guichets automatiques sont peu nombreux et l’utilisation des chèques très limitée. Mais, en raison de la présence de quelques banques internationales qui gèrent de grandes quantités de transferts internationaux pour l'État et les compagnies pétrolières, le système de paiement automatique pourrait se développer rapidement, à condition de mieux ouvrir le marché national à la concurrence et de favoriser l’ouverture d’agences bancaires sur le territoire national.

 

Gestion du secteur public, institutions et réformes

L'environnement général de la gestion du secteur public est caractérisé par un accès limité à l’information, une mauvaise gouvernance ainsi que par la faiblesse et l’opacité des procédures en matière de gestion des finances publiques. À cela s’ajoute la faiblesse des moyens institutionnels, en particulier l’insuffisance de personnel qualifié pour conduire les politiques et les programmes de mise en œuvre des réformes. Bien que certaines réformes soient prévues dans le processus budgétaire (la rationalisation des procédures budgétaires, de meilleurs classification et enregistrement des dépenses publiques, l'édition de manuels), l'amélioration des systèmes d’informatisation et de collecte de données n’a pas été engagée.

La réduction de la corruption reste un défi majeur pour le pays. Selon le rapport de Transparency International (TI) 2012, la Guinée équatoriale est classée 163e sur 176 pays pour l’indice de la perception de la corruption soit un score de 2 sur 10 (10 étant le plus transparent). Selon TI, la corruption est endémique dans le secteur public et il y a un manque de transparence dans le secteur pétrolier. Le score du pays selon le Open Budget Index de l'International Budget Partnership était de 0 sur 100 en 2012, soit le même score qu'en 2010. En novembre 2011, a été approuvée par référendum à une large majorité une réforme constitutionnelle instaurant notamment le cadre juridique d’une Cour nationale des comptes.

 

Gestion des ressources naturelles et environnement

La gestion des ressources naturelles constitue un autre défi auquel est confronté le pays. Le retard dans l’obtention de la validation de sa candidature comme membre de l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (EITI) est dû à la lenteur dans l’application des règles de transparence dans la production, la commercialisation et l’utilisation des recettes pétrolières.

Le pays est riche en forêts. Ces dernières couvrent environ 2.2 millions d’hectares, soit la quasi-totalité de la superficie du pays. La création accélérée d’infrastructures a précipité le déboisement qui vient s’ajouter à la dégradation des terres et aux conséquences de la chasse d’animaux sauvages pour la consommation humaine.

Les législations relatives à la gestion des ressources forestières ont beaucoup évolué depuis l’indépendance du pays. La loi sur le secteur forestier de juillet 1997 a par exemple divisé les forêts en deux catégories, les forêts productives et les forêts de conservation. Ces législations visent à préserver la nature mais, en pratique, un flou considérable entoure l’octroi des concessions aux sociétés appelées à opérer dans le pays. Faute d’un personnel de terrain suffisant l’État ne peut pas contrôler convenablement les activités d’exploitation forestière ni réaliser un inventaire des ressources de la forêt. Bien que le pays ait ratifié le Protocole de Kyoto, l’État ne veille pas suffisamment au respect de ses engagements par tous les acteurs économiques, notamment les sociétés pétrolières off-shore. Les émissions de gaz à effet de serre (GES) du pays étaient estimées à 4.815 kilo/tonnes en 2008. Encore cette estimation ne tient-elle pas compte des émissions causées par la déforestation et la dégradation des terres.

 

 

Contexte politique

L’année 2012 a été marquée par l’entrée en fonction d’un nouveau gouvernement. L’opposition a dénoncé l’attribution de ministères à des proches parents du président de la République. Ce remaniement est intervenu après l'adoption, en novembre, par 97.7 % des voix (selon les chiffres officiels contestés par l'opposition) d'une réforme constitutionnelle prévoyant la limitation à deux le nombre de mandats présidentiels, la création d'un poste de vice-président et de quatre organismes : la Chambre des sénateurs, la Cour des Comptes, le Conseil d'État et le Conseil pour le développement économique et social et défenseur du peuple. Le texte de la constitution ne précise pas si le président actuel devra quitter son poste en 2016, au terme de son mandat actuel, ou si la limitation des mandats n'interviendra qu'à partir de l'adoption de la réforme.

Par ailleurs, la capitale Malabo a accueilli le sommet des pays ACP (Afrique Caraïbes Pacifique) en décembre 2012, auquel ont pris part la plupart des mandataires des pays membres, tous les chefs d’États de la zone Cemac et ceux d’autres pays africains. Le thème de ce 7e sommet de l'APC était : « L’avenir du groupe ACP dans un monde changeant : des challenges et des opportunités ». À cette occasion, les participants ont traité de thèmes relatifs à l’environnement : changements climatiques, sécurité alimentaire, développement rural et développement durable.

 

Contexte social et développement humain

Développement des ressources humaines

Les progrès réalisés dans le domaine du développement humain ne reflètent nullement les potentialités économiques du pays. Par comparaison avec d’autres pays beaucoup moins riches en ressources naturelles, comme le Cap-Vert, l’écart est flagrant. En 2012, l’indice de développement humain était en Guinée équatoriale de 0.554 et le pays occupait la 136e place, sur un total de 187 pays, avec un revenu national brut par habitant de 21 715 USD (constants de 2005) en 2012.

L’accès aux services de santé est limité (44 et 53 % respectivement en milieu rural et urbain), tout comme l’accès à l’éducation de base (60 %). La prévalence du VIH/sida est importante, frappant environ 3 % de la population. Dans le secteur de la santé, le gouvernement a repris à son compte les programmes relatifs au VIH/sida et au paludisme en s’appuyant sur la coopération internationale. Les hôpitaux publics disposent de stocks suffisants pour fournir gratuitement des médicaments antirétroviraux et antipaludéens. Dans ce domaine, le pays doit continuer à mettre en place des mécanismes de suivi, de sensibilisation et d’éducation.

Les politiques d'éducation et les institutions actuelles représentent un frein à la croissance économique. Le système éducatif est particulièrement inefficace. Seul un élève sur deux termine l'école primaire. La faiblesse relative du taux brut de scolarisation dans le primaire (80 %) ajoutée au taux de redoublement élevé (24 % des élèves) fait douter de la capacité du pays à atteindre les OMD de l'éducation primaire universelle d'ici 2015. L'amélioration de la qualité de l’enseignement, notamment de l'enseignement primaire, doit être complétée par des mesures comme l’instauration de bourses, l’introduction de cantines scolaires, la construction d’un plus grand nombre d’écoles dans les milieux ruraux les plus éloignés, ne serait-ce que pour accroître la présence des enfants de familles à faible revenu. Une profonde réforme de la formation professionnelle est en cours. Elle prévoit la construction de quatre nouveaux centres et une révision des programmes en vue de les adapter aux besoins du marché du travail.

Réduction de la pauvreté, protection sociale et travail

La réduction de la pauvreté constitue un autre défi pour la Guinée équatoriale, d’autant qu’elle dispose d’importantes ressources financières. Selon les données de la 2e Conférence économique nationale, la population vivant en dessous du seuil de pauvreté (2 USD par jour) atteignait 76.8 % du total en 2007. La pauvreté touchait 79 % de la population rurale ; dans les principaux centres urbains, comme Malabo et Bata, elle était, respectivement, de 70 % et 62 %.

La tendance serait à la baisse. Les allocations aux secteurs sociaux, notamment ces dernières années dans le domaine de la santé, ont été fortement augmentées et une volonté publique est affichée pour mieux prendre en charge les populations défavorisées.

La création d’emplois représente une autre difficulté. Le gouvernement a lancé un programme ambitieux d’investissements publics dans les infrastructures. En novembre 2011, la Conférence nationale sur l’industrialisation a affirmé la nécessité de diversifier la production afin de pouvoir créer des emplois dans les secteurs de production et augmenter les revenus des Équato-Guinéens. Pour ce faire, l’amélioration de l’enseignement universitaire et de l’apprentissage professionnel est indispensable comme l’accès aux technologies de l’information et de la communication (TIC).

Très peu de filets de sécurité existent pour protéger les groupes vulnérables. Le système de protection sociale se limite à la couverture des salariés du secteur public et exclut de ce fait la majorité des travailleurs, qui opèrent dans le secteur informel. Quelques programmes de protection sociale ont commencé à être mis en place, mais leur financement et leur champ d’application restent limités.

La Guinée équatoriale participe volontairement depuis 2009 à l’examen périodique universel sur la situation des droits de l’homme. Elle a mis en pratique les recommandations qui en sont issues avec l’appui du Centre sous-régional des droits de l’homme et de la démocratie en Afrique centrale et du bureau du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Des progrès sont accomplis en matière de liberté d’expression comme tend à le montrer le nombre d’autorisations accordées à la presse étrangère pour couvrir les événements à l’intérieur du pays et l’ouverture progressive du champ audiovisuel. Toutefois, selon le rapport d’Amnesty international en 2012, la liberté d’expression demeure restreinte, la presse étant sous le contrôle strict de l’État.

Égalité hommes-femmes

Malgré la parité des droits et des chances garantis par le droit national, les femmes sont encore désavantagées par rapport aux hommes en termes d’accès aux postes de responsabilité, dans le travail comme dans l’enseignement. La Constitution établit clairement l'égalité entre les sexes, mais beaucoup reste à faire pour la réaliser, notamment dans les zones rurales.

Le nouveau gouvernement (y compris les postes de vice-ministres et de secrétaires généraux de ministères) ne compte en 2012 que 11 % de femmes. La Guinée équatoriale a assuré la parité de l'accès à l'enseignement primaire, mais les garçons sont presque deux fois plus nombreux que les filles à s'inscrire dans le secondaire. Il existe toujours des disparités entre les provinces quant au nombre de femmes n’ayant jamais fréquenté l'école. Près de 20 % des femmes dans la province centrale Centro Sur sont dans ce cas, mais seulement 3 % des femmes de Bioko Norte.

L'activité économique est dominée par les hommes ; les femmes sont plus fortement touchées par la précarité. Une personne sur trois vit avec moins de 2 USD par jour, et les deux-tiers de cette population sont des femmes. Il n'existe aucune discrimination légale contre les femmes en matière de propriété foncière ou dans l'accès aux prêts bancaires, mais la situation de fait révèle clairement une forme de discrimination structurelle. Le pays a ratifié la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (Cedaw). Cependant, les faibles niveaux d'instruction et les taux élevés d'analphabétisme parmi les femmes ne leur permettent pas de bénéficier de leurs droits.

Analyse thématique : Transformation structurelle et ressources naturelles

La Guinée équatoriale est un pays très riche en ressources naturelles : pétrole, gaz, mines et forêt. La principale est le pétrole brut avec des réserves prouvées estimées en 2011 à 1.8 milliard de barils, suivie du gaz naturel et surtout du méthanol avec des réserves de 396 millions de mètres cubes.

Ce nouveau statut économique du pays date de 1991, quand le champ de pétrole condensé Alba fut découvert, au large de Bioko. L’intérêt économique de ces découvertes a été confirmé en 1994, avec une hausse considérable de la production qui a permis une augmentation sans précédent des recettes du pays. La Guinée équatoriale est devenue le troisième producteur de pétrole d’Afrique subsaharienne derrière le Nigéria et l’Angola. Elle détient le record sur le continent pour le nombre de barils produits par habitant. La production de pétrole et de gaz, portée par trois grands gisements offshore (Zafiro, Alba, Ceiba), lui a permis d'atteindre une croissance économique à deux chiffres depuis une dizaine d'années (en 2001 sa croissance fut de 70 %), et de devenir l'un des plus grands bénéficiaires en Afrique des investissements étrangers.

Tiré par le pétrole, le PIB du pays a ainsi enregistré une croissance annuelle moyenne de 60 % entre 1993 et 2012. Induite par l’augmentation de la production pétrolière, puis plus récemment par celle du gaz et la flambée du prix du baril, la croissance a entraîné une hausse importante du revenu brut par habitant, estimé à 21 715 USD en parité de pouvoir d’achat, selon les dernières statistiques de 2011. De nombreuses compagnies pétrolières offshore opèrent en Guinée équatoriale, et en premier lieu, les compagnies américaines comme ExxonMobil, Marathon, Amerada Hess, Chevron-Texaco. L’État a attribué des autorisations d’exploration à des compagnies non américaines telles que : China Petroleum & Chemical Corporation (Chine), Petrobras (Brésil), Repsol (Espagne), Atlas Petroleum (Nigéria) et Petronas (Malaisie). Cette diversification permet au pays de se doter des technologies diverses afin de mieux exploiter son potentiel énergétique.

La Guinée équatoriale dispose d’importantes ressources forestières, principale richesse naturelle d’exportation avant la découverte du pétrole et du gaz. Depuis le début des années 2000, la production a chuté considérablement à cause de la crise de la filière bois sur le marché mondial et d’une certaine anarchie dans l’octroi et la gestion des concessions. Fin 2010, seulement 20 % du bois arraché était exploité sur place, le reste étant exporté dans son état brut. Afin de préserver le patrimoine national en forêt, les autorités ont limité les périmètres d’exploitation, de 1.2 million d’hectares en 1994 à 400 000 hectares en 2011, et réduit le nombre d’entreprises autorisées à opérer, de 52 en 1994 à une quinzaine en 2011.

Les recettes considérables générées par l’exploitation des hydrocarbures sont à l’origine des changements structurels importants observés depuis les années 90. Le pays est entré dans une phase de modernisation sans précèdent en termes d’infrastructures de base comme les routes, les aéroports, les installations sociales et économiques, ce qui a permis d’attirer d’importants investissements directs étrangers (IDE).

La coopération avec de nouveaux partenaires, principalement la Chine, rendue possible par les revenus tirés de la manne pétrolière a conduit à la réalisation de projets d’infrastructures de grande envergure comme la nouvelle ville Malabo-II, la construction de plusieurs milliers de logements sociaux à Malabo et à Bata, l’édification du parlement de la Cemac et l’achèvement des axes routiers reliant les différentes régions du pays, notamment la partie continentale.

En revanche, en termes de développement humain, le pays ne semble en mesure d’atteindre aucun des huit OMD. Cette carence illustre l’inefficacité du modèle économique et social adopté depuis la découverte du pétrole. La Guinée équatoriale présente un cas d’école du syndrome hollandais, en dépit des tentatives de diversification de l’économie opérées à travers l’instauration des plans de développement à long et moyen termes (vision du pays à l’horizon 2020) ou l’organisation de conférences, comme celle qui s’est tenue en 2011 consacrée au programme d’industrialisation. Mais ces tentatives restent à l’état de projets faute d’une mise en œuvre assortie des moyens nécessaires, sur le plan financier et humain, pour garantir leur réussite.

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