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Analyse thématique : Transformation structurelle et ressources naturelles

Auteurs: Gérard Bizimana, Glenda Gallardo, Lauréline Pla

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  • La baisse de ses recettes pétrolières a fait entrer le pays dans une phase de récession. La croissance a été négative (-1.4 %) en 2013, et elle devrait le rester en 2014 (-1.8 % selon les prévisions).
  • Les autorités ont maintenu un niveau élevé de dépenses d’investissement (37.9 % du PIB), creusant un déficit budgétaire équivalant à 7.5 % du PIB en 2013.
  • Les recettes du secteur des hydrocarbures ont permis ces dernières années un développement rapide des infrastructures de base, mais cette dynamique ne s’est accompagnée ni d’un
    processus de diversification de l’économie, ni d’une amélioration notable des conditions de vie
    de la population.

L’économie de la République de Guinée équatoriale (RGE) est entrée en 2013 dans une phase de récession, affichant un taux de croissance négatif du PIB estimé à -1.4 % en 2013, après une croissance de 5.3 % en 2012. Les performances économiques du pays devraient encore se dégrader en 2014 et 2015, avec des taux decroissance négatifs (-1.8 % et -8.5 % respectivement). Dans une économie largement dominée par le secteur des hydrocarbures, cette phase de récession résulte de la diminution de la production de gaz et de pétrole, et de la baisse des recettes pétrolières.

La croissance de l’économie hors-hydrocarbures a été largement tirée par les investissements publics réalisés par les autorités en faveur du développement et de l’amélioration des infrastructures de base telles que les routes, les ports et les aéroports. Les dépenses publiques en capital ont connu une constante évolution à la hausse ces dernières années et cette tendance devrait se poursuivre en 2014 et 2015 en dépit de la baisse des recettes pétrolières amorcée en 2012. Le solde budgétaire se détériore donc. Il a enregistré un déficit équivalant à 7.5 % du PIB en 2013, contre 5.4 % en 2012. Le déficit devrait encore s’aggraver pour représenter 11.4 % du PIB en 2014 puis 12.8 % en 2015, selon les prévisions.

La découverte dans les années 90 d’importants gisements de pétrole et de gaz et leur mise en exploitation avait impulsé une forte croissance économique qui a permis l’élévation très rapide du revenu par habitant, estiméà 29 940 USD en 2013. Si les recettes tirées de l’exploitation des hydrocarbures ont permis le développement rapide des infrastructures de base au cours de la période récente, la dynamique de croissance ne s’est pas encore accompagnée d’un processus de diversification de l’économie, et les conditions de vie de la population ne s’améliorent que très lentement. L’Indice de développement humain s’établit à 0.554 en 2013, plaçant la Guinée équatoriale à la 136e place mondiale sur un total de 187 pays, alors qu’elle occupe le 59e rang dans le monde en termes de PIB par tête. Le secteur des hydrocarbures représente actuellement près de 90 % du PIB et la quasi-totalité des exportations du pays tandis que l’agriculture, principale source de revenus des Équatoguinéens, se limite à une agriculture de subsistance et ne couvre que 30 % des besoins du pays.

Conscient de la nécessité de rendre la croissance plus inclusive et d’élargir ses bases, les autorités ont élaboré un Plan national de développement économique et social (PNDES) visant à faire de la Guinée équatoriale une économie émergente en 2020. La première phase (2008-12) de ce plan était centrée sur le développement des infrastructures de transport, du réseau électrique et des bâtiments publics (hôpitaux, écoles) au prix d’importantes dépenses en capital financées par les recettes tirées des hydrocarbures. La seconde phase du plan, amorcée en 2013, prévoit de maintenir le niveau élevé d’investissement public dans le domaine des infrastructures tout en ciblant le développement de cinq secteurs prioritaires qui offrent au pays des avantages comparatifs inexploités et qui sont potentiellement créateurs de richesses et d’emplois. Il s’agit de l’agriculture et de l’élevage, de la pêche, de la pétrochimie et des mines, du tourisme et des services financiers. Dans ces secteurs, les autorités souhaitent améliorer le climat des affaires en vue d’attirer les investissements étrangers et monter en gamme dans les chaînes de valeur mondiales (CVM).

Tableau 1 : Indicateurs Macroéconomiques

 20122013(e)2014(p)2015(p)
Croissance du PIB5.3-1.4-1.8-8.5
Taux de croissance du PIB réel par habitant2.5-4.2-4.5-11.2
Inflation3.455.85.2
Solde budgétaire (% PIB)-5.4-7.5-11.4-12.8
Compte courant (% PIB)-12.6-7.9-10.8-0.5

Source : Données des administrations nationales ; calculs des auteurs pour les estimations (e) et les prévisions (p).

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