Zimbabwe
Depuis la mise en place du gouvernement d’union nationale en février 2009, le Zimbabwe, dont la base économique était peu solide, se redresse. La croissance a ralenti entre 2010 et 2012 en raison d’incohérences dans l’action publique et d’incertitudes politiques, ce qui démontre que, s’il est relativement aisé d’enclencher une relance, la maintenir nécessite des politiques publiques cohérentes qui s’attaquent aux obstacles entravant la croissance.
La réglementation associée au programme d’autonomisation économique et le délabrement de l’infrastructure continueront de peser sur l’économie.
Bien qu’il n’existe pas de données récentes sur l’emploi, on estime que le chômage, en particulier parmi les jeunes, ne cesse d’augmenter.
Vue d'ensemble
La croissance du produit intérieur brut (PIB) réel du Zimbabwe a ralenti à 6.8 % en 2011, alors qu’elle ressortait à 9.0 % en 2010, et elle devrait encore se tasser, à 4.4 %, en 2012, avant de se redresser à 5.5 % en 2013.
Cette croissance morose témoigne des difficultés auxquelles est confrontée l’économie : les sources de capitaux sont limitées et leur coût élevé, des incertitudes découlent des incohérences dans la politique publique, en particulier concernant les règlements sur l’autonomisation économique et sur l’indigénisation, les infrastructures sont délabrées, les technologies et équipements obsolètes, les pannes des machines fréquentes, ainsi que les coupures d’eau et d’électricité. À ces difficultés viennent s’ajouter des dissensions parmi les partenaires du gouvernement d’union nationale au sujet de la nouvelle constitution, du référendum visant à l’adopter, de même que des élections nationales prochaines.
Bien que le gouvernement opère suivant un principe de budget de trésorerie, le solde budgétaire pour 2011, estimé à ‑3.2 % du PIB, est en amélioration par rapport au niveau de ‑4.3 % enregistré en 2010. Les projections pour 2012 et 2013 sont du même ordre, respectivement à ‑2.8 % et -3.0 %. On estime que l’inflation s’est établie à 5.3 % en 2011, contre 3.1 % en 2010. Elle devrait monter à 6.5 % en 2012 et à 6.7 % en 2013. Les évolutions inflationnistes à court et moyen terme continueront de dépendre des taux de change dollar américain/rand, de l’évolution de l’inflation en Afrique du Sud, des cours internationaux du pétrole et des frais associés aux services d’utilité publique locaux.
Dernières estimations officielles en date, celles de l’Enquête sur la population active de 2004 indiquaient un taux de chômage de 9.3 %. Selon les projections, en l’absence de chiffres officiels récents, il aurait augmenté depuis la dernière enquête officielle. En 2004, les chômeurs étaient majoritairement des jeunes de 15 à 24 ans, représentant près de 60 % des personnes sans emploi. En juin 2010, le gouvernement d’union nationale a adopté le Cadre de la politique nationale de l’emploi au Zimbabwe (Zimbabwe National Employment Policy Framework – ZiNEPF), qui comporte des initiatives pour l’emploi des jeunes visant à remédier au taux élevé de chômage des jeunes.
Tableau 1 : Indicateurs macro-économiques 2012
| 2010 | 2011 | 2012 | 2013 | |
|---|---|---|---|---|
| Taux de croissance du PIB réel | 9 | 10.6 | 4.4 | 5 |
| Taux de croissance du PIB réel par habitant | 8.2 | 9.2 | 3.1 | 3.3 |
| Inflation IPC | 3.1 | 3.9 | 5.1 | 5.7 |
| Balance budgétaire % PIB | -4.3 | -3.4 | -4 | -3.9 |
| Balance courante % PIB | -19.7 | -38.7 | -35.3 | -33.1 |
Développements récents et perspectives
Tableau 2 : PIB par Secteur (en pourcentage du PIB)
| 2006 | 2011 | |
|---|---|---|
| Agriculture, foresterie, pêche et chasse | 15.6 | 19.8 |
| Agriculture, élevage, sylviculture et pêche | - | - |
| dont agriculture | - | - |
| Mines et extraction | 24 | 14.9 |
| dont pétrole | - | - |
| Industries manufacturières | 28.4 | 15.1 |
| Electricité, gaz et eau | 2.7 | 4.9 |
| Electricité, eau et assainissement | - | - |
| Construction | 1.5 | 1.5 |
| Vente en gros et de détail, hôtels et restaurants | 17 | 10.6 |
| dont hôtels et restaurants | - | - |
| Transports, entreposages et communications | 2.1 | 14.3 |
| Transport et stockage, information et communication | - | - |
| Finance, immobilier et services aux entreprises | 4.1 | 5.9 |
| Intermédiation financière, services immobiliers, services aux entreprises et autres services | - | - |
| Services des administrations publiques | - | - |
| Administration publique et défense, sécurité sociale, éducation, santé et travaux sociaux | - | - |
| Administration publique, éducation, santé | 0.7 | 3 |
| Administration publique, éducation, santé et autres services sociaux et personnels | - | - |
| Autres services communautaires, sociaux et personnels | - | - |
| Autres services | 3.7 | 10.1 |
| Produit intérieur brut aux prix de base / au coût des facteurs | 100 | 100 |
| Vente en gros et de détail, hôtels et restaurants | - | - |
Partie d’un faible niveau en 2007/08, la croissance économique du Zimbabwe continue de progresser, même si la reprise reste fragile. La croissance réelle du PIB est tirée par des secteurs tels que l’agriculture, les activités minières, l’industrie manufacturière et le transport. Pour sa part, l’agriculture bénéficie des bons résultats des filières du tabac, du maïs, du sucre et du coton. Cependant, en 2012, la production agricole devrait pâtir des pluies tardives et des retards dans la distribution des intrants. Le secteur minier, quant à lui, continue de profiter du redressement des cours internationaux des matières premières.
Selon les estimations, le taux d’utilisation des capacités dans le secteur manufacturier à la fin du premier semestre 2011 était en amélioration, à 57.2 %, contre 43.7 % en 2010. Il devrait atteindre près de 59 % en 2012. Toutefois, l’utilisation des capacités est limitée par la rareté et le coût des capitaux, une fourniture d’eau et d’électricité erratique, le coût élevé des services d’utilité publique, le délabrement des infrastructures, l’obsolescence des technologies et les pannes fréquentes des équipements.
D’après le rapport Doing Business 2012 de la Banque mondiale, le Zimbabwe a chuté du 168e rang en 2011 au 171e rang en 2012 sur 183 pays. Ce recul s’explique par la persistance de risques de repli de l’activité économique. Le Rapport sur la compétitivité dans le monde du Forum économique mondial montre que le Zimbabwe a légèrement progressé dans l’indice, passant de la 136e place sur 139 pays en 2010/11 à la 132e place sur 142 pays en 2011/12.
En décembre 2010, le gouvernement a mis en place un guichet unique pour l’investissement, qui devrait ramener le délai d’enregistrement des entreprises de plus de 50 jours à 11 jours. Bien que nécessaire, cette amélioration n’a eu qu’un impact minime sur l’environnement des affaires, puisque d’autres risques et difficultés persistent.
Les finances publiques restent déficitaires, en pourcentage du PIB. Alors que le solde primaire affiche un petit excédent depuis 2008, hormis en 2010, le déficit du solde global, quoique léger, persiste. Les dépenses sont pour l’essentiel des dépenses courantes, évinçant de fait les dépenses en capital pourtant cruciales pour la reprise à moyen et long terme et la croissance.
Aussi bien la balance commerciale que le solde des comptes courants devraient continuer de se dégrader à moyen terme à cause de la hausse des importations.
Politiques macroéconomiques
Politique budgétaire
Conformément au principe de budget de trésorerie associé au régime multidevises, les dépenses totales sont largement restées dans les limites des ressources disponibles ; on les estime à 2.89 milliards de dollars (USD). Les chiffres observés pour le budget de l’État 2011 montrent que les recettes totales se sont élevées à 2.92 milliards USD, alors que les projections budgétaires pour le budget 2011 étaient de 2.7 milliards USD. Conjuguée à de bonnes performances économiques, l’amélioration de l’administration des recettes a permis à celles-ci de passer de 933.6 millions USD en 2009 à 2.34 milliards USD en 2010, puis à 2.92 milliards USD en 2011. Dans les recettes totales de 2011, la part des impôts sur le revenu et sur les bénéfices s’est montée à 45.2 millions USD. Globalement, à 911.7 millions USD, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) a été le plus gros contributeur aux recettes brutes en 2011 (34 %). Parmi les autres grands contributeurs, on peut citer l’impôt sur les personnes physiques via le système de retenue à la source (587.6 millions USD, soit 22 %), les droits de douane (332.9 millions USD), l’impôt sur les sociétés (296.4 millions USD) et les droits d’accise (306.6 millions USD).
L’espace budgétaire reste profondément limité par le faible engagement de la part des partenaires au développement du pays, par le manque de transparence en ce qui concerne les recettes minières, en particulier celles issues de l’exploitation des mines de diamants, et par l’orientation excessivement consommatrice du budget, avec 63 % des recettes consacrées à la masse salariale en 2011. Selon les bonnes pratiques internationales, la masse salariale ne doit pas dépasser 30 % du budget total ou 10 % du PIB. Or, à ce jour, aucune mesure n’a été adoptée pour la maîtriser ; on déplore notamment que l’audit sur la masse salariale et les compétences n’ait pas été suivi d’effets, que des postes vacants non critiques n’aient pas été gelés et qu’une rationalisation générale fasse défaut.
Le budget tient peu compte des priorités d’action publique, en raison de l’espace budgétaire très restreint qui ne permet que les dépenses récurrentes, notamment celles relatives à la masse salariale ; par conséquent, la priorité est accordée aux objectifs à court terme. Les pouvoirs publics ont présenté un document de stratégie budgétaire en août 2011 afin d’élargir la participation et de promouvoir le débat sur les priorités nationales pour le budget 2012. Comme indiqué dans ce document, l’alignement des dépenses sur les priorités nationales et les plans stratégiques des ministères n’est pas encore effectif, d’où la nécessité d’un consensus sur ces priorités. La principale difficulté de la politique budgétaire consiste à réorienter l’axe du budget, passant d’un objectif de stabilisation à un objectif de développement inclusif.
Le ministère des Finances a souligné que l’absence de système de gestion financière efficace est une lacune majeure, si bien que l’enjeu est aujourd’hui de mettre en œuvre un système de gestion publique axée sur les résultats. Le gouvernement s’attache à renforcer les capacités de gestion et la responsabilisation dans la gestion des ressources publiques. Alors que la loi sur la gestion des finances publiques impose au ministère des Finances de soumettre des rapports mensuels et trimestriels au Parlement, jusque fin 2011, il n’a fourni que des rapports trimestriels.
Tableau 3 : Opérations financières de l'Etat (en pourcentage du PIB)
| 2003 | 2007 | 2008 | 2009 | 2010 | 2011 | 2012 | 2013 | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Recettes totales (avec dons) | 25 | 3.6 | 2.5 | 16.8 | 14.1 | 17 | 18.3 | 18.7 |
| Recettes fiscales | 24 | 3.4 | 2.5 | 15.2 | 12.9 | 16.2 | 17.6 | 17.9 |
| Recettes pétrolières | - | - | - | - | - | - | - | - |
| Dons | 0.1 | 0 | 0 | 0.7 | 0.4 | 0 | 0 | 0 |
| Dépenses totales (et prêts nets) (a) | 25.3 | 6.8 | 4.9 | 18.5 | 18.4 | 20.2 | 21.1 | 21.8 |
| Dépenses courantes | 22.3 | 5.4 | 4.6 | 17.7 | 15.7 | 16.6 | 16.9 | 16.8 |
| Sans les intérêts | 21.1 | 3.2 | 2 | 14.8 | 11.9 | 12.6 | 12.3 | 12.2 |
| Salaires | 9.6 | 1.6 | 1 | 8.8 | 7 | 7.2 | 7 | 6.7 |
| Intérêts | 1.3 | 2.2 | 2.7 | 2.9 | 3.8 | 4.1 | 4.6 | 4.6 |
| Solde primaire | 2 | -1 | 0.3 | 0.8 | 2.7 | 3.5 | 4.2 | 4.9 |
| Solde global | 1 | -3.2 | 0.3 | 1.3 | -0.5 | 0.8 | 1.8 | 1.6 |
Politique monétaire
Début février 2009, le Zimbabwe a adopté un régime multidevises, une stratégie qui signifie dans les faits que le gouvernement n’a plus la maîtrise de la politique monétaire. Par conséquent, aucun changement significatif n’est intervenu dans la politique monétaire entre 2010 et 2011. Le budget de l’État 2012 a alloué 100 millions USD à la Banque centrale du Zimbabwe (RBZ) pour sa fonction de prêteur en dernier ressort. Il s’agit là d’un pas en avant considérable, mais il faut encore simplifier les conditions d’accès des banques à cette facilité. En raison de la rigidité des conditions, les banques n’ont pas pu accéder aux 7 millions USD alloués en 2011. Les banques doivent notamment fournir un titre de propriété immobilière pour un simple prêt à très court terme (un « crédit de soudure »).
Dans le secteur bancaire, le taux nominal des prêts reste généralement élevé à cause de la pénurie de liquidité au sein de l’économie, en plus d’une forte demande de crédit. C’est aussi ce qui explique les rendements élevés exigés par les bailleurs de fonds pour rémunérer le profil de risque élevé du pays. D’après la RBZ, fin octobre 2011, les taux des prêts nominaux déclarés par les banques étaient compris entre 8 % et 32 %. Le taux débiteur moyen pondéré a augmenté marginalement : 13.2 % en novembre 2011, contre 13.1 % en octobre 2011.
Cette situation est paradoxale compte tenu de la faiblesse des taux d’intérêt créditeurs et des coûts de transaction et frais bancaires relativement élevés. Les taux créditeurs se sont maintenus à un niveau bas, car les déposants ont laissé des soldes bancaires inactifs en l’absence d’autres solutions d’investissement à court terme à rendement élevé. En conséquence, les taux d’épargne et des dépôts à vue sont restés constants, entre 0.1 % et 17.0 %, en 2011. Le niveau des taux d’intérêt à court terme est largement faussé du fait que ce n’est pas la banque centrale qui dirige les opérations de marché.
La masse monétaire au sens large (M3), dans sa nouvelle définition (l’équivalent de l’ensemble des dépôts dans le système bancaire), avait gonflé de 41.7 % sur une base annuelle en novembre 2011, contre 49.3 % en octobre 2011. Totalisant 2.3 milliards USD en novembre 2010, les dépôts nominaux détenus par les banques ont augmenté de 958.2 millions USD, sous l’effet, notamment, de la croissance de l’activité économique et d’une plus grande confiance dans le secteur bancaire. Le total des dépôts a conservé sa tendance haussière, progressant de 1.3 % en novembre 2011, à 3.25 milliards USD (contre 3.21 milliards USD en octobre 2011). Les dépôts à court terme, à savoir les dépôts à vue, d’épargne et de moins de 30 jours, constituaient 89.3 % du total des dépôts en novembre 2011, les dépôts à long terme ne représentant, pour leur part, que 10.7 %.
De 2.83 millions USD en octobre 2011, le total des crédits accordés par le secteur bancaire est passé à 2.88 millions USD en novembre 2011, soit une hausse de 1.6 %. Sur une base annuelle, les prêts bancaires sont passés de 1.56 million USD en novembre 2010 à 2.88 millions en novembre 2011, soit une hausse de 84.3 %. Le ratio avances/dépôts a progressé, de 86.8 % en octobre 2011 à 87.3 % en novembre 2011. Étant donné le fort risque de liquidité, plus de 70 % des crédits du secteur bancaire sont accordés pour une durée inférieure à 12 mois. La poursuite du renouvellement des prêts, conjuguée aux facilités de crédit permanentes, telles que les découverts autorisés, a protégé l’économie des éventuelles répercussions négatives des prêts à court terme. Les principaux bénéficiaires des prêts et avances ont été les entreprises du secteur de la distribution (21.9 %), le secteur de l’agriculture (20.6 %), le secteur manufacturier (17.8 %) et les ménages (12.4 %).
Coopération économique, intégration régionale et commerce
Le Zimbabwe est membre de la Communauté pour le développement de l’Afrique australe (SADC) et du Marché commun d’Afrique australe et d’Afrique orientale (Comesa). Il négocie un nouvel Accord de partenariat économique (APE) avec l’Union européenne dans le cadre du groupe Afrique orientale et australe (AfOA). Ses relations avec les pays occidentaux étant tendues, le pays cherche de plus en plus à renforcer ses relations avec l’Est.
Le compte courant est désormais entièrement libéralisé, ce qui permet à des intermédiaires agréés de traiter toutes les transactions d’importation sans avoir besoin d’une autorisation de change préalable. En 2011, les importations se sont montées à 6.28 milliards USD, soit une hausse de 148 % par rapport aux 2.53 milliards USD enregistrés en 2010. L’augmentation des paiements en devises est imputable à la dépendance chronique aux biens et services importés, en raison d’une faible production nationale, qui s’explique par les turbulences politiques et économiques. Les exportations ont totalisé 3.67 milliards USD en 2011, quelque 65 % au-dessus du niveau de 2010 (2.22 milliards USD). Le secteur minier reste prépondérant dans les exportations (66.0 % du total), suivi par le tabac (18.9 %), l’agriculture (9.4 %), l’industrie manufacturière (5.1 %) et l’horticulture (0.3 %). Ainsi, les activités minières, l’agriculture et le tabac combinés totalisent 94.3 % des exportations.
En ce qui concerne les importations, l’Afrique du Sud est toujours le principal partenaire commercial : elle a fourni 48 % des importations du pays en 2011, contre 41 % en 2010 ; viennent ensuite le Royaume-Uni, à 11 % (contre 6 % en 2010), l’Inde et la Chine, à 5 % (contre, respectivement, 1 et 4 % en 2010), les États-Unis et Maurice, à 4 % (contre, respectivement, 2 % et 4 % en 2010). Pour ce qui est des investissements transfrontaliers, les sorties totales de capitaux sont ressorties à 265 000 USD, alors qu’elles s’étaient établies à 18.1 millions USD en 2010. Ce recul abrupt peut s’expliquer par l’amélioration du climat de confiance après l’instauration du régime multidevises.
Tableau 4 : Comptes courants (en pourcentage du PIB)
| 2003 | 2007 | 2008 | 2009 | 2010 | 2011 | 2012 | 2013 | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Balance commerciale | -2 | -5.2 | -18.6 | -27.6 | -19 | -28.2 | -28.7 | -31 |
| Exportations de biens (f.o.b.) | 26.7 | 32.1 | 31.8 | 27.8 | 36 | 39 | 36.4 | 34.8 |
| Importations de biens (f.o.b.) | 28.7 | 37.3 | 50.4 | 55.4 | 55 | 67.2 | 65.1 | 65.8 |
| Services | -3.5 | -2.5 | -4 | -4.6 | -4.7 | -3.6 | -2.2 | -1.3 |
| Revenu des facteurs | -3.1 | -4.3 | -4.3 | -3.5 | -2.1 | -2.1 | -1.9 | -1.8 |
| Transferts courants | 2.7 | 7.8 | 12 | 16 | 6.1 | 8.4 | 8.3 | 7.4 |
| Solde des comptes courants | -5.8 | -4.3 | -14.9 | -19.7 | -19.7 | -25.5 | -24.5 | -26.8 |
Politique de la dette
La dette publique extérieure du Zimbabwe a atteint 7.15 milliards USD au 31 décembre 2011. Le 16 novembre 2010, les autorités zimbabwéennes ont autorisé la Stratégie d’accélération de l’apurement des arriérés et du remboursement de la dette du Zimbabwe (Zimbabwe Accelerated Arrears, Debt and Development Strategy – ZAADS), dont le principal objectif est de faire intervenir tous les créanciers ainsi que la communauté internationale pour l’apurement des arriérés, un programme complet d’allègement de la dette et la mobilisation de nouveaux financements. Des avancées significatives ont d’ores et déjà été réalisées grâce au bureau de gestion de l’aide et de la dette du Zimbabwe (Zimbabwe Aid and Debt Management Office – Zadmo), qui coordonne la mise en œuvre de la stratégie de gestion de la dette. Le Zadmo est en train de valider une base de données sur la dette publique et sur la dette garantie par l’État avec l’aide de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) et de l’Institut de gestion macroéconomique et financière de l’Afrique orientale et australe (Macroeconomic and Financial Management Institute of Eastern and Southern Africa – MEFMI). Les pouvoirs publics ayant entrepris un rapprochement pour déterminer la situation d’endettement exacte du pays, l’encours de la dette extérieure totale ne sera pas actualisé avant l’achèvement de ce rapprochement.
Le budget 2011 tablait sur une aide se montant à 500 millions USD. Cependant, sur le premier semestre de l’année, 118.3 millions USD supplémentaires ont été promis, si bien que l’aide des donneurs est ressortie à 618.3 millions USD. Cette aide ciblait des programmes dans les domaines de la santé, de l’agriculture, de l’eau et de l’assainissement, de la protection sociale, de l’assistance technique et de la gouvernance. Fin juillet 2011, un total de 142.5 millions USD avait été décaissé. Par comparaison, en 2010, les donneurs s’étaient engagés sur un montant de 600 millions USD. Selon les estimations, les entrées d’investissements directs étrangers (IDE) se sont chiffrées à 125 millions USD en 2011, soit une légère augmentation par rapport aux 123 millions USD enregistrés en 2010.
Figure 2 : Part de l’encours de la dette extérieure dans le PIB et ratio du service de la dette sur les exportations (en pourcentage)
Gouvernance économique et politique
Secteur privé
L’environnement macroéconomique au Zimbabwe reste incertain, l’horizon étant assombri par les risques associés à l’affaiblissement du gouvernement d’union nationale. D’après le rapport Doing Business 2012 de la Banque mondiale, le Zimbabwe est descendu de la 168e place en 2011 à la 171e place en 2012 sur 183 pays. Le manque de clarté et les incertitudes liées à l’action publique, notamment en ce qui concerne les lois sur l’indigénisation et l’autonomisation économique, ont pesé sur les investissements. De profondes dissensions sont apparues au sein du gouvernement sur ces questions, ainsi que sur des points en suspens de l’Accord politique global (APG) ayant trait aux réformes de la gouvernance, des médias et de la sécurité, au règlement de la question foncière, à la finalisation de la nouvelle constitution, avec un référendum sur cette dernière, ainsi qu’aux élections nationales.
En décembre 2010, le Zimbabwe a lancé un guichet unique pour l’investissement, sous les auspices de l’Agence zimbabwéenne de promotion des investissements (Zimbabwe Investment Authority – ZIA). Celle-ci réunit sous un même toit plusieurs institutions cruciales, telles que le bureau des actes notariés, la Banque centrale du Zimbabwe, le ministère des Mines, l’autorité zimbabwéenne pour la fourniture d’électricité (Zimbabwe Electricity Supply Authority – Zesa), l’Agence de gestion de l’environnement (Environmental Management Authority – EMA), les autorités locales et le département de l’immigration. Elle a pour mission d’accélérer les procédures à suivre par un investisseur pour la création d’une entreprise au Zimbabwe. Le guichet unique est un moyen de faciliter l’investissement, de rationaliser et de simplifier les formalités, par exemple pour l’enregistrement d’une entreprise, l’obtention de permis de séjour, la fiscalité et le dédouanement, l’accès à des espaces de bureaux, l’accès aux biens collectifs (eau, électricité, télécommunications), et de satisfaire toute autre exigence des investisseurs, dans le but d’accélérer les opérations et d’en réduire les coûts au Zimbabwe.
Secteur financier
Au 13 janvier 2012, le Zimbabwe comptait 27 institutions bancaires, 16 sociétés de gestion d’actifs et 145 institutions de microfinance. Au 31 décembre 2011, 20 des 27 institutions bancaires respectaient les exigences de fonds propres, et la totalité des sociétés de gestion d’actifs s’y conformait (minimum de 500 000 USD pour ces dernières).
Bien que le secteur financier reste généralement solide, plusieurs facteurs sont source de risques, notamment la volatilité des dépôts à court terme, l’absence de marché interbancaire actif, l’inefficacité de la fonction de prêteur en dernier ressort, la pénurie de liquidité du marché, les transactions reposant sur la trésorerie et l’accès limité à des lignes de crédit extérieures. Pour permettre aux banques qui ne sont pas en conformité d’atteindre le niveau de fonds propres obligatoires et pour renforcer la solidité du secteur financier, les pouvoirs publics préconisent des fusions entre banques.
On estime que 70 % de la population n’a pas accès aux services bancaires. Afin d’accroître l’inclusion bancaire, les banques ont mis en place des services bancaires mobiles en s’associant aux prestataires de services de téléphonie mobile.
Gestion du secteur public, institutions et réformes
La coordination et la réactivité de la politique publique demeurent problématiques, surtout dans le contexte des réformes exigées par la SADC visant à assurer des élections libres et régulières, d’autant que les partis politiques se préparent dans la perspective d’élections en 2012. On observe toujours une multiplicité de ministères, dont les mandats peuvent se chevaucher. Ainsi, les ministères socio-économiques, tel celui qui englobe l’emploi des jeunes, l’autonomisation économique et l’indigénisation, ont une influence économique significative, reléguant parfois au second plan les ministères chargés des aspects strictement économiques.
Comme l’a révélé l’audit sur la masse salariale et les compétences dans le secteur public, les pratiques d’embauche ne tiennent pas compte des tableaux des effectifs détaillés, ce qui indique que certaines branches de la fonction publique manquent de personnel tandis que d’autres sont pléthoriques. Au 1er janvier 2010, plus de 35 000 nominations ont été décidées sans financement adéquat, dont certaines n’ont pas de désignation, ou aucune correspondante dans les tableaux des effectifs détaillés. En conséquence, il est crucial de restaurer la confiance dans le système d’embauche et de rémunération, mais aussi d’engager un débat inclusif sur les mesures permettant de rétribuer et de maintenir le personnel dans les branches où les compétences font défaut, branches essentielles pour un cadre de politique publique à moyen terme sur la rémunération et l’emploi. À l’heure actuelle, les écarts de salaires entre les différents grades sont faibles ; il est donc important que le gouvernement élargisse la fourchette des rémunérations de ses agents afin de pouvoir récompenser les compétences et l’expérience.
L’audit a également fait apparaître que, fin 2009, 48 % des fonctionnaires étaient en poste depuis moins de cinq ans, que 31 % ont moins de 30 ans et les deux tiers, moins de 40 ans. Bien que le gouvernement ait adopté un système de gestion en fonction des performances, celui-ci n’est pas systématiquement appliqué. La dépolitisation nécessaire de la fonction publique reste un sujet sensible.
Pour résoudre ces problèmes, le Zimbabwe reçoit de la Banque mondiale, du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) et de la Banque africaine de développement une aide visant à améliorer la transparence et la reddition de comptes concernant l’utilisation des deniers publics grâce à la refonte du système de gestion des finances publiques (SGFP).
Gestion des ressources naturelles et environnement
Même si l’on ne connaît pas précisément l’état de l’environnement au Zimbabwe, le dernier rapport sur ce sujet ayant été publié en 1998, le pays est aujourd’hui confronté à un certain nombre de problèmes environnementaux, notamment : la déforestation et le pâturage excessif, en particulier dans les zones communales et les zones de réinstallation ; l’érosion sociale consécutive à la déforestation et aux mauvaises pratiques agricoles ; la pollution et l’épuisement des ressources naturelles, et le recul de la biodiversité. Cette situation est exacerbée par le fait qu’environ 70 % de la population vit en zone rurale, dont elle exploite les ressources naturelles pour obtenir des denrées alimentaires, des hydrocarbures ou d’autres ressources visant à satisfaire ses besoins élémentaires. Une telle exploitation conduit inévitablement à une dégradation de l’environnement et à une perte de biodiversité.
La protection et l’utilisation durable des ressources naturelles, ainsi que la gestion de la pollution, restent à la traîne, et ne sont sans doute pas considérées comme des priorités. D’autant que, vu la grande pauvreté qui règne dans le pays, les questions de survie prennent le pas sur celles de l’environnement. La qualité de l’air et de l’eau, la gestion durable des ressources hydriques, la gestion des déchets, la conservation et la gestion des ressources naturelles exigent encore de l’attention.
Le ministère de l’Environnement et de la Gestion des ressources naturelles est chargé de définir et de mettre en œuvre la politique environnementale. Il a aussi pour mission d’assurer la coordination avec les autres ministères, parties prenantes et agences compétents pour les questions environnementales. Cependant, l’unité qui définit les politiques et qui assure la coordination au sein de ce ministère ne dispose pas des capacités nécessaires (financements et capacités techniques) pour faire face au nombre croissant de problèmes environnementaux.
Organisme parapublic créé en 2002 par la loi relative à la gestion de l’environnement, l’Agence pour la gestion de l’environnement (Environmental Management Agency – EMA) a pour mission de veiller au développement durable et à la protection de l’environnement du Zimbabwe. Bien que le pays ait pris des engagements pour une gestion saine de son environnement, il se heurte à de nombreux obstacles, dont l’insuffisance de ressources (humaines, techniques et financières) pour mettre en œuvre et faire respecter les politiques publiques et règlements pour un environnement sain. Par manque de budget, l’EMA ne réussit pas à sensibiliser suffisamment aux questions de conservation de l’environnement.
Un certain nombre de projets environnementaux ont été lancés au Zimbabwe par des organisations non gouvernementales (ONG), telles que le groupe de travail pour la conservation du Zimbabwe (Zimbabwe Conservation Task Force – ZCTF), le Programme de gestion des zones communales pour la préservation des ressources indigènes (Communal Areas Management Programme for Indigenous Resources – Campfire), la Zambezi Society et la Wildlife and Environment Zimbabwe (WEZ). Cependant, ces ONG travaillent essentiellement au niveau local, dans les districts, et souvent, les composantes environnementales découlent de programmes plus larges concernant le développement et les moyens de subsistance.
Contexte politique
Après la formation du gouvernement d’union nationale, les progrès dans la mise en œuvre de l’Accord politique global (APG) sont en demi-teinte. Les grands partis politiques ne parviennent pas à s’accorder sur des questions cruciales, telles que les réformes du secteur de la sécurité, la reconstitution de la commission électorale, la réforme des médias, la finalisation de la nouvelle constitution, ainsi que le référendum pour son adoption, ou la feuille de route pour les élections. Ces dissensions imposent au médiateur, l’Afrique du Sud, de s’employer plus activement à réconcilier des positions divergentes. Les parties à l’APG sont toutes d’avis que le gouvernement d’union nationale ne fonctionne pas conformément à l’accord, en raison de divergences d’opinions et donc de désaccords sur la feuille de route qui permettrait la tenue d’élections libres et régulières. Un désaccord persiste entre les principaux partis électoraux quant à la date des prochaines élections, l’Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF) insistant pour qu’elles se tiennent immédiatement, sans recours à la nouvelle constitution, tandis que le Mouvement pour un changement démocratique (MDC) exige qu’elles se déroulent après la finalisation de la nouvelle constitution et des réformes sur la gouvernance, le secteur de la sécurité et les élections.
Selon le MDC, suivre la feuille de route aiderait largement à résoudre les problèmes de violence, et garantirait des élections libres et régulières. À cause de ces divergences de vues, les relations entre les parties à l’AGP sont tendues. Bien que le Zanu-PF tienne à ce que les élections se déroulent en 2012, aucun financement n’a été prévu pour ce poste dans le budget 2012, et les réformes nécessaires à la réduction de la violence et à des élections libres et régulières pourraient ne pas aboutir à court terme. Le médiateur de la SADC, à savoir le Président de l’Afrique du Sud, a été saisi pour réconcilier les parties à l’AGP, sur la base d’un consensus sur la feuille de route conduisant aux élections.
Analyse thématique : Promouvoir l’emploi des jeunes
La dernière enquête officielle sur le chômage est l’Enquête sur la population active, qui remonte à 2004 ; elle évaluait le taux de chômage à 9.3 %. Malgré l’absence de données officielles récentes, on estime que le chômage a progressé au fil des ans. La majorité des chômeurs était composée de jeunes de 15 à 24 ans : 62.1 % en 1994, 65.0 % en 1999, 67.5 % en 2002 et 59.6 % en 2004.
Dans le contexte d’un niveau de chômage structurel élevé et de pauvreté endémique, le gouvernement d’union nationale a adopté en juin 2010 le Cadre de la politique nationale de l’emploi au Zimbabwe (Zimbabwe National Employment Policy Framework – ZiNEPF), qui comporte des initiatives pour l’emploi des jeunes. Ce cadre d’action a été élaboré au moyen d’un processus consultatif auquel ont participé les principales parties prenantes, dont le Congrès des syndicats du Zimbabwe (Zimbabwe Congress of Trade Unions – ZCTU), la Confédération des employeurs du Zimbabwe (Employers’ Confederation of Zimbabwe – Emcoz), le Conseil national de la jeunesse (Zimbabwe Youth Council) et l’Association nationale des organisations non gouvernementales (National Association of Non-Governmental Organisations – Nango). La participation de l’État à l’élaboration du ZiNEPF a été coordonnée par le ministère du Travail et des Services sociaux, ainsi que par le ministère du Développement de la jeunesse, de l’Indigénisation et de l’Autonomisation.
Le ZiNEPF se donne pour objectif général de promouvoir et garantir un emploi décent durable, véritable, productif et librement choisi pour tous, dans des conditions de liberté, d’équité, de sécurité et de dignité humaine. Il s’efforce d’intégrer les objectifs d’emploi dans tous les cadres de politique publique (macroéconomique, budgétaire, monétaire et sectoriels), de favoriser la croissance dans les secteurs à forte intensité de main-d’œuvre, de faciliter le passage du secteur informel au secteur formel, de promouvoir le développement des petites et moyennes entreprises et leur intégration dans les chaînes de valeur et les systèmes des (grandes) entreprises établies, ainsi que la mise à profit des économies d’échelle grâce à la création de grappes d’activités, d’améliorer la qualité de l’offre de main-d’œuvre (employabilité) et de mieux coordonner les activités des différents secteurs et agences.
Afin de faciliter l’application du ZiNEPF, le Forum de négociation tripartite, qui associe le gouvernement, les employeurs et les travailleurs, a lancé le 20 mai 2011, avec le soutien de l’OIT, un Forum de l’emploi, lequel entend surveiller la mise en œuvre des mesures du ZiNEPF. L’une des missions principales du Forum de l’emploi consiste à organiser chaque année un sommet sur l’emploi, lors duquel sera présenté un rapport d’avancement sur la mise en œuvre.
La Politique nationale pour la jeunesse (National Youth Policy) a été révisée en 2010 par le ministère du Développement de la jeunesse, de l’Indigénisation et de l’Autonomisation, conformément au ZiNEPF et à la Charte africaine de la jeunesse. Un plan d’action a été élaboré pour en faciliter la mise en œuvre. Le projet de soutien à l’emploi des jeunes et d’emploi pour les jeunes chômeurs et marginalisés (Youth Employment Support, Jobs for the Unemployed and Marginalized Young People – YES-JUMP) a été adopté en avril 2009 par l’État et les partenaires sociaux, avec l’aide de l’OIT. Ce projet a d’ores et déjà créé 1 018 emplois à Gokwe South, Goromonzi et Norton.
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Contexte social et développement humain
Développement des ressources humaines
Dans le sillage de la formation du gouvernement d’union nationale, le Zimbabwe a enregistré des évolutions positives dans les domaines de la santé et de l’éducation, notamment dans la prévention et le traitement du VIH/sida, de la tuberculose et du paludisme. Ainsi, les écoles et les hôpitaux qui avaient fermé leurs portes ou réduit leur fonctionnement ont rouvert ou relancé leurs activités. L’aide des donneurs axée sur l’assistance humanitaire a largement facilité ces améliorations.
En 2011, les partenaires au développement se sont engagés à décaisser 618.3 millions USD au profit de l’assistance humanitaire, ciblant les programmes de santé, d’éducation et de protection sociale, mais aussi l’agriculture, l’énergie, l’eau et l’assainissement ainsi que la gouvernance. Toutefois, cette aide est extrabudgétaire. Bien que n’étant pas inscrits au budget et donc non contrôlés par le gouvernement à strictement parler, les investissements des partenaires au développement dans les secteurs sociaux du Zimbabwe, financés par un mécanisme de mise en commun de fonds (par exemple, dans le cadre des fonds de transition pour l’éducation et la santé (Education and Health Transition Funds) initiés par l’Unicef, promeuvent la programmation, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation conjoints. Plusieurs fonds opérationnels au Zimbabwe relèvent de l’Unicef : la deuxième phase du Plan d’action national en faveur des orphelins et des enfants vulnérables (2011-15), déployé avec le soutien du Fonds pour la protection de l’enfance ; le Fonds de transition pour l’éducation II (Education Transition Fund II) ; et le Fonds de transition pour la santé (Health Transition Fund).
La part du budget allouée à l’éducation est passée de 12.3 % en 2010 à 22.8 % en 2011 et 25.1 % en 2012. De même, celle allouée à la santé a été portée de 7.0 % en 2010 à 9.3 % en 2011 et 8.6 % en 2012. Les sommes affectées au secteur de l’eau ont augmenté, de 0.1 % en 2010 à 1.4 % en 2011 et 1.8 % en 2012.
Réduction de la pauvreté, protection sociale et travail
L’équité dans l’utilisation des ressources publiques demeure problématique ; en fait, ce problème s’aggrave puisque la proportion des recettes absorbée par la rémunération des fonctionnaires (63.0 % en 2011, contre 44.7 % en 2010) laisse peu de marge pour d’autres dépenses récurrentes. L’absence de stratégie claire de lutte contre la pauvreté, et d’intégration de ce type de priorités dans le budget, exacerbée par une planification budgétaire axée sur le court terme, explique pourquoi si peu de ressources publiques sont orientées vers la lutte contre la pauvreté. Et, sans données actualisées sur la pauvreté (la dernière enquête datant de 2003), il est quasiment impossible de cibler les catégories de personnes marginalisées et vulnérables.
Les filets de protection sociale cherchent avant tout à aider les orphelins et les enfants vulnérables à accéder à l’éducation grâce au module d’assistance à l’éducation de base (Basic Education Assistance Module – BEAM). Il y a encore peu de temps, deux systèmes de protection sociale parallèles coexistaient, l’un coordonné par des partenaires sous la houlette de l’Unicef, l’autre placé sous la responsabilité du gouvernement. Le second ne disposait pas de ressources suffisantes et de faibles capacités administratives en compromettaient l’existence. Des efforts sont actuellement déployés pour fusionner ces deux systèmes.
Le Zimbabwe a ratifié les huit conventions fondamentales de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur les droits et principes fondamentaux au travail. Alors que le cadre de réglementation du marché du travail a été adapté conformément aux meilleures pratiques internationales, la majeure partie de la population active n’est pas concernée par ces règles, puisque quatre emplois sur cinq se trouvent dans le secteur informel. Vu l’effondrement du secteur formel et l’essor du secteur informel, ainsi que le déficit massif de travail « décent » qui s’est ensuivi, rares sont les travailleurs qui jouissent des droits garantis dans les conventions ratifiées.
Compte tenu de l’ampleur de la pauvreté et de la dilution des institutions, les initiatives communautaires ont perdu en efficacité au fil du temps. Les programmes de pensions de retraite et d’allocations de vieillesse ont souffert de la période d’hyperinflation, et commencent à peine à se redresser. Bien que la pension de retraite minimale ait été relevée de 25 USD en 2009 à 40 USD en 2011 puis à 60 USD en 2012, elle demeure insuffisante. En outre, les fonds de pension ne couvrent pas l’ensemble des employés, mais uniquement ceux du secteur formel.
Égalité hommes-femmes
Bien que le cadre législatif et institutionnel visant à promouvoir l’égalité entre les sexes (par exemple, la politique nationale sur le genre, National Gender Policy, de 2004) soit en place et que le gouvernement ait ratifié plusieurs conventions internationales et régionales pour l’élimination de la discrimination fondée sur le genre, les inégalités homme-femme persistent. En effet, ces cadres n’ont pas donné lieu à des plans d’action concrets, en raison d’allocations budgétaires et de dotations en personnel insuffisantes. Si la parité est effective en ce qui concerne les inscriptions des garçons et des filles dans le primaire, les inégalités augmentent parallèlement au niveau d’instruction. C’est dans le domaine de l’accès aux ressources économiques et productives, tels les actifs fonciers et le crédit, que les inégalités homme-femme sont les plus grandes, sous l’influence de la culture et de la religion. En conséquence, malgré des avancées significatives sur le plan législatif, les inégalités entre les femmes et les hommes sont multiples.
Comme la plupart des autres pays en développement, le Zimbabwe est encore loin d’avoir réalisé les Objectifs du Millénaire pour le développement. D’après le Rapport sur le développement humain 2011, 17.9 % des sièges parlementaires y sont détenus par des femmes, et 48.8 % des femmes sont parvenues au moins jusqu’au niveau d’enseignement secondaire, contre 62.0 % des hommes. Le taux d’activité des femmes est de 60.0 %, contre 74.3 % pour les hommes. En outre, pour 100 000 naissances vivantes dans le pays, 790 femmes meurent des suites de leur grossesse. Le taux de fécondité des adolescentes est de 64.6 pour 1 000 naissances vivantes.