• Après un recul de 0.4 % en 2009 puis un rebond à 6.6 % en 2010, la croissance économique a ralenti à 3.8 % en 2011. Cette évolution reflète les modestes performances des activités agricoles et minières, en raison des fortes inondations dans le Nord du pays ainsi que des mouvements sociaux et de la faible demande de ressources minérales liée à l’atonie de l’économie mondiale.

  • Comme les autorités poursuivent leur politique budgétaire expansionniste visant à protéger l’économie des graves répercussions de la récession mondiale, le déficit budgétaire de la Namibie devrait rester élevé, avoisinant en moyenne 6.5 % du PIB entre 2011/12 et 2012/13. Inférieur au seuil de 30 % du PIB, l’endettement public reste viable, même s’il s’est creusé ces dernières années.

  • D’après l’enquête 2008 sur la population active, le pays connaîtrait un taux de chômage officiel élevé (51.2 %) tandis que 83.6 % des 15-19 ans sont sans emploi. Les jeunes peinent à gérer la transition entre le milieu scolaire et la vie professionnelle, une difficulté dans une large mesure imputable au système éducatif, qui n’impartit pas les compétences demandées sur le marché du travail.

Vue d'ensemble

L’économie namibienne a marqué le pas en 2011, son taux de croissance reculant à 3.8 %, contre 6.6 % en 2010 – une évolution qui s’explique par les faibles performances des activités minières et agricoles. Les perspectives à moyen terme restent toutefois favorables et la croissance du produit intérieur brut (PIB) devrait continuer de s’affermir pour atteindre une moyenne de 4.2 % sur 2012 et 2013, tirée par la construction, l’agriculture et l’élevage, l’industrie et l’extraction minière.

Après plusieurs années d’excédent budgétaire à mettre au compte de politiques macroéconomiques prudentes, la situation s’est nettement détériorée du fait de la crise économique mondiale et des politiques de relance menées pour soutenir la croissance. Le budget 2011/12 prévoit, pour la quatrième année consécutive, la poursuite de ces politiques, avec la mise en œuvre d’un programme d’intervention ciblée de trois ans pour l’emploi et la croissance économique, le TIPEEG (Targeted Intervention Programme for Employment and Economic Growth). D’un coût total de 14.7 milliards de dollars namibiens (NAD), ce programme a pour objectif de créer et maintenir 104 000 emplois. Le déficit budgétaire devrait donc se creuser pour atteindre en moyenne près de 6.5 % du PIB entre 2011/12 et 2012/13. Il est financé par l’emprunt intérieur et la dette extérieure. Si la dette namibienne s’est alourdie ces dernières années, son niveau reste inférieur au seuil de 30 % du PIB et demeure supportable malgré la politique d’expansion budgétaire.

Les perspectives à moyen terme de la Namibie, jusqu’ici favorables, sont menacées par plusieurs risques, notamment un ralentissement marqué de l’économie mondiale dû à la crise de la dette souveraine dans la zone euro et une réduction structurelle des recettes de l’Union douanière d’Afrique australe (SACU). Elles sont également assombries par les grands problèmes endémiques du pays que sont la pauvreté, le chômage et les inégalités.

La Namibie est confrontée à un taux de chômage officiel élevé (51.2 % en moyenne et 80 % parmi les 15-19 ans). Le chômage des jeunes est essentiellement imputable au système éducatif, qui ne les dote pas des compétences demandées sur le marché du travail. Le secteur de l’éducation représente pourtant le premier poste de dépenses publiques. La Namibie n’a pas de politique de l’emploi mais a mis en place plusieurs programmes destinés aux jeunes et notamment un service national de la jeunesse (National Youth Service – NYS), chargé à la fois de leur offrir une formation professionnelle pour acquérir les compétences indispensables et de les aider à créer leur entreprise.

Figure 1 : Taux de croissance du PIB réel (Australe)

Tableau 1 : Indicateurs macro-économiques 2012

 2010201120122013
Taux de croissance du PIB réel6.64.94.74.2
Taux de croissance du PIB réel par habitant4.83.132.5
Inflation IPC4.556.55.5
Balance budgétaire % PIB-1.4-5.7-9-4.7
Balance courante % PIB2-1.43.22.3

Développements récents et perspectives

Tableau 2 : PIB par Secteur (en pourcentage du PIB)

 20062010
Agriculture, foresterie, pêche et chasse10.57.4
Agriculture, élevage, sylviculture et pêche--
dont agriculture--
Mines et extraction13.39.6
dont pétrole--
Industries manufacturières15.615.8
Electricité, gaz et eau22.8
Electricité, eau et assainissement--
Construction3.74.4
Vente en gros et de détail, hôtels et restaurants13.714.9
dont hôtels et restaurants--
Transports, entreposages et communications5.15.8
Transport et stockage, information et communication--
Finance, immobilier et services aux entreprises26.528.7
Intermédiation financière, services immobiliers, services aux entreprises et autres services--
Services des administrations publiques8.99.7
Administration publique et défense, sécurité sociale, éducation, santé et travaux sociaux--
Administration publique, éducation, santé--
Administration publique, éducation, santé et autres services sociaux et personnels--
Autres services communautaires, sociaux et personnels--
Autres services0.80.8
Produit intérieur brut aux prix de base / au coût des facteurs100100
Vente en gros et de détail, hôtels et restaurants--

Après s’être contractée de 0.4 % en 2009 du fait de la crise économique mondiale, la croissance de la Namibie a retrouvé son dynamisme pour s’établir à 6.6 % en 2010. Ce nouvel élan est dû aux mesures d’incitation mises en œuvre par l’État depuis 2009 et au cours élevé des produits de base, tiré par la hausse de la demande mondiale de ressources minérales. La croissance du PIB réel devrait se tasser à 3.8 % en 2011. Ce recul est imputable aux faibles performances du secteur agricole, qui a subi de fortes inondations dans le Nord du pays, et du secteur minier, touché par des mouvements sociaux et par la baisse de la demande provoquée par l’état de l’économie mondiale, plus affaiblie que prévu par la crise de la dette dans la zone euro.

Le secteur agricole et forestier (hors pêche et chasse), qui avait participé à hauteur de 4.1 % à la croissance du PIB en 2010, a enregistré des performances médiocres en 2010 et 2011, n’augmentant que de respectivement 0.4 et 0.7 %. L’élevage, clé de voûte du secteur, représente plus de la moitié de la production agricole mais a souffert du ralentissement des exportations de bétail lié à des soupçons de fièvre aphteuse dans certaines régions. Les cultures, en particulier celle du mahangu (millet perlé), ont pâti des inondations dans les régions du Nord et du Nord-est. En revanche, la production de maïs dans les programmes d’irrigation a été peu touchée par ces inondations. L’accès à la terre demeure l’un des principaux défis que la Namibie doit relever pour stimuler la productivité agricole.

Après une forte reprise en 2010, le secteur des mines et des carrières devrait reculer de 17.3 % en 2011. Cette baisse traduit essentiellement une chute brutale de l’extraction de diamants due à des mouvements sociaux et à l’appauvrissement des gisements. De son côté, la production devrait arriver en fin de course en 2015 et nécessite de lourds investissements pour être prolongée jusqu’en 2050. D’après les estimations, d’autres activités d’extraction ont également enregistré une baisse sensible : pour l’uranium, ce recul s’explique par les pluies abondantes et une chute des cours, plombés par la remise en cause des programmes nucléaires dans certains pays après la catastrophe de Fukushima au Japon. La Namibie est le quatrième producteur mondial d’uranium et, à terme, ce métal devrait supplanter le diamant au premier rang des exportations namibiennes, puisque la demande croissante de la Chine et de l’Inde tire les prix vers le haut. L’achèvement de la troisième phase d’extension de la mine Langer Heinrich devrait également se traduire par une augmentation de la production. Le secteur des mines et des carrières ressortait à 9.6 % du PIB en 2010, contre 9.9 % en 2000, et a représenté plus de la moitié des exportations du pays en 2010.

L’industrie manufacturière a progressé de 3.3 % en 2011, contre 9.1 % en 2010. Ces résultats médiocres sont en partie imputables à la croissance atone de la production de minerais à enrichir et à la contre-performance des cimenteries d’Ohoronga, après l’embargo décrété par l’Angola sur le ciment namibien. En 2010, l’industrie manufacturière a contribué au PIB à hauteur de 15.8 %, contre 11.7 % en 2000.

Le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) a enregistré en 2011 une croissance estimée à 8.0 %, tirée essentiellement par l’essor des activités de construction soutenues par le déploiement du TIPEEG. Instauré par l’État en mars 2011, ce programme se donne pour objectif de réduire le fort taux de chômage namibien (51.2 %) grâce à la création et au maintien de 104 000 emplois. D’un coût de 14.6 milliards NAD, il doit s’étaler sur une période de trois ans à compter de l’exercice 2011/12 et passe par des dépenses d’infrastructures et des campagnes de travaux publics orientées vers l’agriculture, le tourisme, le transport, l’assainissement et le logement. Ce programme pourrait créer un nombre considérable d’emplois directs et indirects, notamment pour les jeunes non qualifiés, sachant que la majorité des chômeurs appartiennent au segment des jeunes et des personnes non qualifiées. En moyenne, au cours des dix dernières années, le BTP a enregistré une croissance à deux chiffres et sa contribution au PIB a doublé, passant de 2 % en 2000 à 4 % en 2010.

Sur la période 2000-10, le secteur tertiaire représentait en moyenne près de 55 % du PIB. En 2011, il a continué d’enregistrer une forte croissance, de 5.9 %. Le commerce de gros et de détail s’est nettement renforcé, progressant de 8.8 % en 2011 contre 7.9 % en 2010. Ces performances sont essentiellement à mettre au compte de l’augmentation des salaires des fonctionnaires et de taux d’intérêts favorables en 2011. La banque centrale a décidé de maintenir son taux de prise en pension à 6.0 % en 2011 pour favoriser la demande intérieure et soutenir la croissance. Comme le reste de l’économie, le secteur des transports et des communications s’est tassé en 2011, avec une croissance estimée à 4.7 % seulement, contre 7.4 % en 2010. Les raisons en sont le déclin de l’activité économique nationale et, notamment, de l’extraction minière et de l’industrie du ciment. Quant à la fragilité persistante de l’économie mondiale, elle a durement frappé le secteur touristique, comme en témoignent les chiffres de l’hôtellerie et de la restauration : la contraction est estimée à 5.0 % en 2011, un léger mieux par rapport à la baisse de 8.2 % enregistrée en 2010.

Sur le front des dépenses, après un recul de 3.2 % en 2010, la consommation privée a enregistré une hausse modérée, estimée à 1.7 % pour 2011. L’endettement des ménages et le niveau du chômage, exacerbés par les pertes d’emploi pendant la récession de 2009, continuent de peser sur les dépenses des familles. Les investissements publics ont encore augmenté de 15 % sous l’effet de la politique de relance menée par l’État.

Les perspectives à moyen terme restent favorables puisque la croissance du PIB devrait continuer de remonter pour s’établir à environ 4.2 % par an en 2012 et 2013. Cette reprise devrait être alimentée par une activité plus soutenue dans l’agriculture et l’élevage grâce au développement de l’irrigation et aux programmes d’intervention de l’État visant à accroître la capacité de production du secteur. Elle sera également tirée par l’accroissement de l’activité minière dû à une production d’uranium plus importante du fait du rebond du cours des matières premières et de la découverte de nouvelles ressources minérales. En revanche, la production de diamants risque de diminuer à cause de l’épuisement des ressources. Le secteur manufacturier devrait également enregistrer une forte croissance tirée par l’augmentation de la production de boissons après les extensions et les rénovations d’usines entamées en 2011, par la reprise des exportations de ciment vers l’Angola et par la création d’un nouvel élevage de poulets qui permettra de répondre à la demande intérieure de poulets à griller. Enfin, le budget de l’État devrait augmenter en 2012 pour financer les activités de construction prévues par le TIPPEG.

Des menaces pèsent cependant sur ces perspectives favorables : elles tiennent à un important ralentissement de l’économie mondiale dû à la crise de la dette souveraine dans la zone euro et aux problèmes budgétaires des États-Unis, ainsi qu’à une baisse structurelle des recettes de la SACU. Les perspectives de croissance de la Namibie sont également assombries par les grands problèmes que sont la pauvreté, le taux de chômage élevé et les inégalités, ainsi que par le manque d’infrastructures. Le pays doit donc encore, s’il veut renforcer ses perspectives de croissance à moyen terme, développer des moteurs plus puissants pour une croissance créatrice d’emplois et bénéfique pour l’ensemble de la population.

Politiques macroéconomiques

Politique budgétaire

En tant que membre de l’Aire monétaire commune (CMA), la Namibie doit garantir la stabilité macroéconomique du pays par sa politique budgétaire et ses réformes structurelles. C’est pourquoi les autorités ont continué de mener une politique axée sur la croissance économique et le maintien d’un budget viable. Pour protéger l’économie des répercussions de la crise économique mondiale, l’État a pris en temps utile des mesures d’incitation qui ont favorisé la reprise. Toutefois, après trois années consécutives d’excédent budgétaire, la politique de relance a provoqué un déficit qui s’est creusé au cours des deux dernières années. Le budget 2011/12 prévoit la poursuite de cette stratégie pour la quatrième année consécutive et le gouvernement prend des mesures audacieuses visant à créer et maintenir 104 000 emplois dans le cadre du TIPEEG. D’un coût de 14.7 milliards NAD, ce programme doit s’étaler sur une période de trois ans à compter de l’exercice 2011/12.

Les recettes de l’État devraient enregistrer une augmentation modérée de 0.7 point en 2011/12, pour atteindre 26.0 % du PIB. À cause du niveau important des dépenses (34.6 % du PIB), le déficit budgétaire devrait rester élevé, à près de 6.5 % du PIB, entre 2011/12 et 2012/13. Il devrait être financé par l’emprunt intérieur et, dans une moindre mesure, par la dette extérieure. À cet égard, l’euro-obligation souveraine de 500 millions de dollars américains (USD) sur 10 ans émise par l’État sur le marché international le 27 octobre 2011 a été un succès. À moyen terme, le budget de la Namibie risque fort d’être confronté à une baisse des recettes de la SACU, qui représentaient jusqu’ici un tiers environ des rentrées. Cette baisse serait due au ralentissement de l’économie sud-africaine, à une conjoncture mondiale en berne et à la possible remise en cause de la formule de répartition des fonds de la SACU.

Les impôts qui, représentent 94 % des recettes totales (26.8 % du PIB) pour 2011/12, demeurent la principale source de revenu pour l’État. Ils se répartissent essentiellement entre les impôts sur les revenus et les bénéfices (42 %), suivis par les recettes douanières, la Namibie étant membre de la SACU (33 %), et des taxes intérieures sur les biens et les services, notamment la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) (23 %). La Namibie a l’un des taux d’imposition les plus élevés de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) : les revenus sont imposés à hauteur de 37 %, les sociétés de 35 % et la TVA est de 15 %. L’État cherche à étoffer les recettes qui ne proviennent pas de la SACU, notamment en améliorant la discipline pour le paiement de la TVA, en renforçant les contrôles fiscaux et en élargissant l’assiette de la taxe sur les minéraux.

De manière générale, l’administration fiscale est efficace et, ces dernières années, la Namibie a poursuivi l’élargissement de son assiette. Un système intégré de gestion des impôts destiné à simplifier l’administration fiscale est en cours de développement. Par ailleurs, l’État a entrepris un bilan des politiques fiscales, et notamment de l’administration fiscale, afin d’optimiser le recouvrement des recettes et de trouver d’autres sources de revenus.

Tableau 3 : Opérations financières de l'Etat (en pourcentage du PIB)

 200320062007200820092010201120122013
Recettes totales (avec dons)29.227.231.431.931.831.227.328.127.6
Recettes fiscales2624.928.329.628.828.925.32625.5
Recettes pétrolières---------
Dons0.10.10.10.10.10.30.30.30.3
Dépenses totales (et prêts nets) (a)31.827.427.327.73032.534.934.633.9
Dépenses courantes26.52422.121.823.225.52726.124.9
Sans les intérêts23.921.519.919.921.423.725.424.723.8
Salaires13.112.211.110.410.311.712.812.412.2
Intérêts2.52.52.31.91.91.91.61.31.1
Solde primaire02.36.46.13.60.5-6.1-5.2-5.3
Solde global-2.5-0.24.14.21.8-1.4-7.6-6.5-6.4

Politique monétaire

La Namibie étant membre de la CMA, sa politique monétaire est de faible portée. Dans un pays où circulent à la fois des dollars namibiens et des rands sud-africains, ce système à deux devises restreint les instruments monétaires disponibles et le principal levier à la disposition de la Banque de Namibie (Bank of Namibia – BoN) consiste à maintenir un taux de prise en pension différent de celui de la banque centrale d’Afrique du Sud (South African Reserve Bank – SARB). Pour éviter que l’excès de liquidités n’aggrave les tensions inflationnistes et/ou ne réduise la contrepartie or et devises, la BoN tente d’orienter la politique monétaire de façon à maintenir l’ancrage des monnaies et de garantir ce faisant un bon équilibre des réserves de change.

L’inflation annuelle a reculé de 8.7 % en 2009 à 4.5 % en 2010, suivant la tendance enregistrée en Afrique du Sud d’où proviennent les deux tiers environ des importations namibiennes. Des tensions inflationnistes ont commencé à se développer et l’inflation s’est accentuée pour atteindre respectivement 6.1 et 6.0 % en glissement annuel en octobre et novembre 2011. À l’origine de cette montée de l’inflation, comme en Afrique du Sud, la hausse du prix des denrées alimentaires et des carburants qui s’est traduite par une augmentation du coût du transport. En 2011 et 2012, l’inflation devrait se maintenir respectivement aux alentours de 5.0 et 6.0 %. La BoN a décidé de maintenir son taux de prise en pension à 6.0 % au troisième trimestre 2011. La faible inflation généralement observée lui a donc permis de mener une politique d’accompagnement monétaire qui favorise encore davantage la demande intérieure afin de soutenir la croissance.

Coopération économique, intégration régionale et commerce

L’adhésion de la Namibie à trois groupements régionaux et traités commerciaux – à savoir la CMA, la SACU et la SADC – témoigne de l’importance qu’elle accorde à l’intégration régionale. Le marché intérieur étant restreint, cela lui permet d’accéder à un marché régional de plus de 350 millions d’habitants. C’est aussi un moyen d’élargir et de diversifier ses débouchés d’exportation. L’adhésion à la CMA, qui régit les politiques monétaires et de change de la Namibie, a facilité sa percée sur les marchés monétaire et financier sud-africains. Elle lui a aussi permis de bénéficier de transferts de fonds illimités, sans coûts de transaction, qui ont favorisé les échanges transfrontaliers avec les autres pays membres. La Namibie a signé et ratifié les principaux protocoles et traités d’intégration et de coopération économiques.

Avec des échanges qui représentaient 95 % du PIB en 2010, la Namibie est une économie particulièrement ouverte. Sa politique commerciale est dictée dans une large mesure par son appartenance à la SACU. Les tarifs douaniers sont globalement en recul en raison des traités commerciaux qui prévoient constamment de nouvelles réductions. Environ 80 % des exportations namibiennes sont couvertes par un accord de libre-échange. En novembre 2007, le pays a signé avec l’Union européenne (UE) un accord de partenariat économique (APE) provisoire, bien que les négociations en vue d’un accord complet se soient enlisées. L’UE a fixé à janvier 2014 la date limite de signature de l’APE par la Namibie, faute de quoi celle-ci devra renoncer à accéder en franchise de droits et de quotas aux marchés des 27 pays de l’UE pour ses exportations de bœuf, de poisson et de raisin notamment. De leur côté, les autorités souhaitent résoudre les problèmes de concurrence déloyale avant de conclure les négociations. Les procédures douanières ont été simplifiées, ce qui a permis d’accélérer le dédouanement et le traitement des cargaisons.

Tableau 4 : Comptes courants (en pourcentage du PIB)

 200320062007200820092010201120122013
Balance commerciale-12.51.2-2.3-0.8-8.8-6.2-6.5-5.1-4.5
Exportations de biens (f.o.b.)3533.243.947.139.937.73840.640.3
Importations de biens (f.o.b.)47.53246.247.948.743.844.645.844.8
Services3.41.21-0.70.80.91.11.31.3
Revenu des facteurs4.1-0.5-1.2-3.1-1.7-4.6-3.5-4-3.7
Transferts courants9.811.91213.414.911.94.96.35.8
Solde des comptes courants4.913.89.48.85.22-4-1.4-1

Politique de la dette

En 2005, le Conseil des ministres a approuvé la stratégie de gestion de la dette souveraine qui oriente la politique de la dette du pays. Cela a marqué une étape importante dans l’amélioration de la gestion de l’endettement. Globalement, cette stratégie a pour objectif de maintenir la dette publique à un niveau supportable et sans trop de risques pour la viabilité du budget. À cet égard, l’État mène une politique extrêmement prudente, puisque la dette ne doit pas dépasser 35 % du PIB. Face à la crise économique mondiale, les autorités ont décidé de relever le ratio dette publique/PIB de 25 à 35 % pour pouvoir mettre en œuvre des mesures anticycliques destinées à protéger l’économie des effets du ralentissement économique mondial. Malgré la politique de relance, le niveau d’endettement de la Namibie reste supportable, et bien en deçà du seuil fixé. Le montant total de la dette publique, dont seulement 4.3 % est étrangère, devrait atteindre 27.4 % du PIB en 2011/12, contre 14 % en 2010/11.

Figure 2 : Part de l’encours de la dette extérieure dans le PIB et ratio du service de la dette sur les exportations (en pourcentage)

Gouvernance économique et politique

Secteur privé

La Namibie s’est fixé pour priorité d’améliorer l’environnement des affaires. Dans la droite ligne de la loi sur les investissements étrangers de 1993 (Foreign Investment Act), l’attractivité de la Namibie pour les investisseurs est garantie par un cadre législatif et réglementaire favorable, un régime qui favorise la concurrence et un faible taux de criminalité. Dans le rapport Doing Business 2012 de la Banque mondiale, la Namibie reste parmi les pays d’Afrique les mieux classés bien qu’elle ait reculé de la 74e en 2011 à la 78e place en 2012. Elle occupe le sixième rang des pays subsahariens, les seuls membres de la SADC à la devancer étant Maurice (23e), l’Afrique du Sud (35e) et le Botswana (54e). Les principaux obstacles aux affaires tiennent à la lourdeur des procédures administratives : il faut 39 jours et sept procédures pour enregistrer une propriété et 66 jours pour créer une entreprise. Par ailleurs, le transfert de propriété est onéreux pour les entreprises. L’État a pris un certain nombre de mesures pour améliorer le climat général des affaires. Il a entrepris d’automatiser le système d’enregistrement des propriétés afin d’accélérer la procédure et de réduire la paperasserie, et il a construit deux parcs industriels, une zone franche pour l’industrie d’exportation et trois parcs d’activités de petite et moyenne importance.

Avec 12 procédures et 139 jours de délais pour traiter un permis de construire, la Namibie est plutôt mieux lotie que les autres pays d’Afrique subsaharienne. Le paiement des impôts se fait en 37 versements annuels et prend 375 heures, mais le taux d’imposition ne représente que 9.8 % des bénéfices. Bien que l’État intervienne peu sur le marché des produits, les échanges avec l’étranger sont plutôt plus difficiles que dans les autres pays de la SACU. Selon le rapport Doing Business 2012, la Namibie dispose d’un mécanisme efficace pour régler les cas d’insolvabilité. Une loi sur les sociétés (Companies Act) favorise la transparence et protège les droits des actionnaires.

En matière d’embauche, le droit du travail est assez souple. En revanche, l’association des employeurs (Employers’ Association) se plaint régulièrement de la difficulté de licencier des salariés et de l’abondance des congés prévus par la loi (congés annuels, congés pour raisons familiales impérieuses et congés de maternité). La lourdeur des procédures administratives pour obtenir un permis de travail pour les salariés étrangers représente aussi un obstacle aux investissements. Après l’indépendance, le pays a adopté un cadre libéral de relations professionnelles, conforme à la stratégie d’attraction des investissements directs étrangers destinée à alimenter la croissance et à créer des emplois.

Secteur financier

La Namibie possède un système financier parmi les plus sophistiqués, les plus diversifiés et les plus avancés d’Afrique. Selon le rapport 2011/12 sur la compétitivité mondiale, son secteur bancaire est sain et stable, ce qui la place au septième rang des pays africains. En janvier 2010, la BoN a pu adopter le cadre Bâle II, qui fixe le niveau de fonds propres réglementaires. À partir de là, tous les établissements bancaires namibiens ont mis en œuvre l’approche standard de mesure et de calcul des exigences de fonds propres pour les risques de crédit, opérationnels et de marché. Les banques commerciales demeurent solides, correctement capitalisées, rentables et résistantes aux chocs, y compris face aux problèmes actuels des marchés financiers européens. En 2010, le ratio de fonds propres pour le secteur bancaire était de 15.3 %, contre 15.0 % en 2009. Dans le même temps, le rendement de l’actif et le rendement des capitaux propres sont passés respectivement de 2.1 à 2.5 % et de 20.4 à 25.1 %. Fin décembre 2010, le taux de prêts improductifs du secteur bancaire s’établissait à 2.0 %, en progrès par rapport aux 2.7 % enregistrés en 2009. La réglementation du secteur financier est globalement équilibrée et la Namibie a pu se conformer aux nouveaux standards mondiaux en adoptant des lois et des normes compatibles avec les bonnes pratiques établies au niveau international, notamment la loi sur la veille financière (Financial Intelligence Act), la loi sur la prévention du crime organisé (Prevention of Organized Crime Act) et le projet de loi sur la lutte contre le financement du terrorisme (Combating the Financing of Terrorism Bill).

Le système financier namibien se compose de quatre banques commerciales, de quatre établissements financiers spécialisés et d’établissements non bancaires, notamment des compagnies d’assurances, des fonds de pension et des intermédiaires plus modestes comme les agents de change et les fonds de trésorerie, sans oublier la Bourse namibienne. Détenant près de 40 % de l’actif, le système financier est dominé par les banques. Dans le secteur bancaire, les intérêts étrangers ont toujours été prédominants, la plupart des établissements appartenant à des sociétés-mères sud-africaines. En 2010, l’actif des banques représentait au total les deux tiers du PIB environ, au-dessus de la moyenne africaine. Depuis 2008, les taux du marché monétaire ont tendance à baisser : le taux prêteur nominal moyen et celui de rémunération des dépôts ont reculé respectivement à 9.01 et 4.41 % en décembre 2011 et l’écart entre les deux taux s’est réduit. En écho, le crédit dans le secteur privé s’est légèrement relevé de 10.8 % pour atteindre, fin 2010, 40.3 milliards NAD, soit environ 50 % du PIB. Le ratio prêts/dépôts a reculé à 90.4 % fin 2010, contre 94.3 % l’année précédente, ce qui signifie que les établissements bancaires ont continué d’être financés par les dépôts de base.

En dépit de ces résultats, on peut regretter qu’une grande part de la population n’ait pas accès aux services financiers. Selon l’enquête menée par FinScope en 2007, 51.7 % des Namibiens sont exclus des services financiers officiels. La faible densité de population, qui entraîne des frais d’exploitation élevés, est un obstacle à la viabilité de nombreuses formes de microfinance. Pour élargir l’accès aux services financiers, la BoN a pris, dans le cadre de la stratégie adoptée par le Conseil des ministres en mai 2011 (Namibia Financial Sector Strategy 2010-20), un certain nombre de mesures afin de permettre à de nouveaux acteurs de développer des services et des produits financiers adéquats et de rendre le microcrédit plus accessible. Elle prévoit d’entamer en 2012 la rédaction d’un nouveau projet de loi qui créerait un cadre réglementaire pour les banques de deuxième niveau, spécialisées dans la microfinance et plus particulièrement orientées vers les populations à faible revenu.

Gestion du secteur public, institutions et réformes

En matière de gouvernance, la Namibie se classe systématiquement dans le peloton de tête des pays d’Afrique subsaharienne. Ses institutions sont démocratiques et fonctionnent correctement, la liberté de la presse et l’État de droit sont respectés, ce qui a permis de garantir la paix et la sécurité. Le pouvoir judiciaire est indépendant et les règles de responsabilité et de transparence sont globalement respectées. En général, le pays obtient une note d’au moins 4 sur 5 dans les différentes catégories de l’évaluation des politiques et des institutions (CPIA) du Groupe de la Banque mondiale, à l’exception des droits de propriété et des règles de gouvernance. Le gouvernement met l’accent sur la neutralité politique et l’impartialité de la fonction publique. Aucun organisme public n’est véritablement touché par une corruption endémique. Les frais de personnel du secteur public sont estimés à environ 11 % du PIB en 2011/12 : c’est mieux que dans la plupart des pays de la SACU, où ils s’élevaient en moyenne à 10.6 % pour la période 1997-2004. Les fonctionnaires namibiens sont relativement bien payés par rapport à ceux d’autres pays d’Afrique. Ils ont obtenu en 2010 une augmentation de salaire de 24 % étalée sur 2009 et 2010 (12 % par an) et de 10 % en 2011, un niveau bien supérieur à l’inflation.

L’existence d’un organisme indépendant de contrôle et de lutte contre la corruption et l’impartialité de l’appareil judiciaire contribuent au faible niveau de corruption observé dans le pays. Dans l’indice 2010 de perception de la corruption de Transparency International, la Namibie se classe au 56e rang mondial (sur 178 pays), en léger progrès par rapport à 2009 où elle occupait la 57e place. Au niveau de l’Afrique australe et de l’Afrique subsaharienne, elle occupe respectivement le 4e et le 6e rang des pays les moins corrompus, après le Botswana, Maurice, le Cap-Vert, les Seychelles et l’Afrique du Sud. Des institutions de contrôle fonctionnent ou sont en cours de consolidation. Le Comité des comptes publics (Public Accounts Committee – PAC) a été très actif en 2010 et 2011 et des enquêtes publiques ont mis en lumière de graves manquements à la bonne gouvernance dans différents services et organismes de l’État. Le PAC semble prendre son rôle de plus en plus au sérieux. L’indépendance du bureau du Vérificateur général va être encore renforcée par une nouvelle loi, l’Audit Bill, qui a déjà franchi plusieurs étapes du processus législatif. La modernisation du système de passation des marchés publics est également en cours, avec l’approbation par le Conseil des ministres en 2011, de la nouvelle loi sur la commission d’adjudication qui doit remplacer une loi de 1996, la Tender Board Act, maintenant dépassée. La Constitution a été amendée en 2010 pour intégrer des mesures de lutte anti-corruption obligeant l’État à « mettre en place les mesures administratives et législative nécessaires pour empêcher et combattre la corruption ». Aux termes de cet amendement, la Commission de lutte contre la corruption, instaurée en vertu de la loi anti-corruption de 2003, s’inscrit désormais dans le cadre constitutionnel. Depuis 2010, cette institution est donc protégée par la Constitution.

Gestion des ressources naturelles et environnement

La Namibie possède de multiples ressources naturelles, notamment des diamants, de l’uranium, du plomb, de l’or, du cuivre, du zinc, des poissons et autres produits halieutiques, du bétail et du gaz naturel – sans oublier des paysages aussi spectaculaires que variés, ainsi qu’une flore et une faune sauvages très riches. Ces ressources représentent une véritable richesse pour le pays : l’État peut s’appuyer sur elles pour assurer une croissance économique et un développement durables qui permettront à leur tour d’améliorer les conditions de vie de la population. Face aux menaces qui pèsent sur l’environnement et sur le climat, l’État répond donc par des politiques publiques et des stratégies qui devraient lui permettre de tirer parti de ce potentiel. La Namibie a signé un grand nombre de conventions sur l’environnement, et notamment sur la biodiversité, le changement climatique, la désertification et les déchets dangereux. Elle est également signataire du Protocole de la SADC sur les systèmes de cours d’eau en commun, qui a pour objectif d’encourager une utilisation intégrée, équitable et efficace des ressources en eau communes de la région. Ces conventions et protocoles sont mis en œuvre dans le cadre de la politique d’évaluation environnementale (Environmental Assessment Policy) de 1994 et de la loi sur la gestion de l’environnement (Environmental Management Act) de 1998. À la suite de l’adoption par le parlement, en 2008, de la loi sur la gestion et l’évaluation de l’environnement (Environmental Management and Assessment Act), la politique nationale sur le changement climatique a été approuvée en 2011 et des consultations sont déjà en cours pour élaborer une stratégie et un plan d’action destinés à prendre le problème à bras le corps. Un partenariat national pilote pour un programme de gestion durable des terres visant à améliorer la prise en charge des problèmes écologiques a également été instauré et va entrer en action. Enfin, un office national en charge du changement climatique, placé sous l’égide du ministère de l’Environnement et du Tourisme, a été créé.

Contexte politique

Depuis son indépendance en 1990, intervenue après des années de lutte contre la domination de l’Afrique du Sud, la Namibie jouit d’une bonne stabilité politique. Le président Hifikepunye Pohamba a été réélu pour un second et ultime quinquennat en novembre 2009 avec 76.4 % des suffrages. Son parti, la Swapo (South West Africa People’s Organization), a obtenu 74 % des voix aux législatives, conservant ainsi sa majorité de deux tiers au parlement. Le principal parti d’opposition a obtenu 11.3 % des suffrages. Bien que les missions d’observation africaines aient qualifié le scrutin de « globalement libre, équitable et pacifique, à l’exception d’incidents mineurs et isolés », 13 des 16 partis d’opposition ayant pris part aux élections présidentielle et législatives en ont contesté les résultats devant les tribunaux. Toutefois, la demande d’annulation des résultats et de recomptage des voix a été rejetée par la Haute cour un an plus tard, en février 2011. Le rapport Freedom in the World 2011 publié par Freedom House accorde à la Namibie une note de 2 (sur une échelle de 1 à 7, 1 représentant le niveau de liberté le plus élevé) et la classe parmi les pays « libres » jouissant d’un jeu politique ouvert, d’un climat de respect des libertés individuelles, d’une vie civique importante et libre et de médias indépendants.

Contexte social et développement humain

Développement des ressources humaines

Les bonnes performances de la Namibie sur le front de la croissance économique et de la stabilisation macroéconomique n’ont pas entraîné de réduction sensible de la pauvreté, du chômage et des inégalités. Avec un revenu par habitant d’environ 4 650 USD en 2010, la Namibie se classe parmi les pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure. Bien que son indice de Gini ait reculé de 0.63 en 2003/04 à 0.58 en 2009/10, la Namibie reste l’un des pays au monde où les inégalités de revenu sont les plus marquées. Les fortes inégalités sont essentiellement imputables à l’héritage de la colonisation et de l’apartheid, qui excluaient la majeure partie de la population de l’éducation, du travail, des ressources et du capital. En 2008, sur une population de 2 millions d’habitants, 33 % vivaient avec moins de 1 USD par jour.

L’impossibilité, pour une grande partie des Namibiens, d’accéder à un enseignement supérieur, l’inadéquation des compétences et les effets de la crise économique mondiale ont entraîné une hausse du chômage, passé de 36.7 % en 2004 à 51.2 % en 2010. Un sommet sur la création d’emplois, organisé par les pouvoirs publics en septembre 2010, a conclu au rôle prépondérant de l’agriculture, de l’agro-alimentaire, des services et des petites et moyennes entreprises (PME) aussi bien dans le développement rural que dans la création d’emplois. Pour répondre aux grands enjeux politiques que sont l’accélération de la croissance, la création d’emplois, la réduction de la pauvreté, la diminution des inégalités et l’amélioration du niveau de vie, le gouvernement a instauré le TIPEEG.

Jugé prioritaire, le secteur de l’éducation reçoit la part la plus importante du budget de l’État (environ 22 % en 2011/12). Sur le budget global, 10 % environ sont alloués à l’enseignement primaire et 2.3 % à l’enseignement secondaire. L’enseignement supérieur bénéficie également de fonds (3.5 % pour la durée du cadre de dépenses à moyen terme [CDMT], contre 2.8 % pour les dix dernières années). Les investissements déjà réalisés ont permis quelques avancées, les taux nets de scolarisation en primaire et dans le secondaire étant respectivement passés de 92.3 à 98.3 % et de 52.6 à 54.8 % entre 2007 et 2009. Le taux de poursuite des études au niveau des 5e, 8e et 11e années de scolarité a également augmenté, bien que modestement. Malgré la priorité qui lui est accordée, la qualité de l’éducation reste médiocre, comme en témoignent les résultats des élèves en mathématiques et en anglais. Pour aider les établissements secondaires et supérieurs à fournir les compétences dont a besoin l’économie, les autorités ont mis en place un programme d’amélioration du secteur de l’éducation et de la formation (Education and Training Sector Improvement Programme – ETSIP). Il a pour objectif de renforcer le développement des compétences utiles et demandées à travers l’amélioration du système d’enseignement professionnel et l’augmentation des investissements dans l’éducation et les ressources humaines. Pour améliorer l’efficacité des dépenses consacrées au secteur de l’éducation, les autorités se conforment aux recommandations de la revue des dépenses publiques pour ce secteur.

La Namibie possède un bon système de santé, mais il est soumis à rude épreuve par le VIH/sida. C’est l’un des cinq pays au monde les plus touchés par le virus, avec un taux d’incidence de 18.8 % en 2010, en recul par rapport à 2006 (19.9 %). La Namibie possède un programme efficace d’accès aux antirétroviraux (ARV) qui, en 2009, a couvert plus de 80 % des quelque 77 000 personnes nécessitant un traitement de ce type. Les actions entreprises par le gouvernement pour faire face à l’épidémie de VIH/sida, notamment le programme de traitement ARV, reçoit le soutien de partenaires au développement, en particulier du Fonds mondial de lutte contre le sida et du plan d’aide d’urgence des États-Unis à la lutte contre le sida (US President’s Emergency Plan for AIDS Relief – PEPFAR), dont les contributions se sont élevées à 377 millions NAD en 2011/12.

La Namibie a fait quelques progrès dans la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). La parité garçons-filles a été atteinte en 2008 dans l’enseignement primaire et devrait l’être avant 2015 dans l’enseignement secondaire et tertiaire. Le pays semble en passe de réaliser les cibles relatives à la population en situation d’extrême pauvreté. Pour l’OMD sur l’environnement, la Namibie a accompli de grands progrès dans la gestion de la biodiversité et la protection de l’environnement. En revanche, elle semble mal partie pour atteindre les cibles portant sur la réduction de la mortalité infantile et maternelle.

Réduction de la pauvreté, protection sociale et travail

Avec la mise en œuvre du CDMT depuis 2001/02, le gouvernement a pu suivre l’évolution des dépenses destinées aux populations pauvres et vulnérables, mais aussi s’attaquer aux inégalités. Depuis l’indépendance, il s’est toujours opposé à toute réduction du budget de la protection sociale. Il a mis en œuvre des politiques d’éducation et de santé pour tous, qui ont reçu, comme d’autres services sociaux, une large part des dépenses publiques. Les secteurs de l’éducation et de la santé ont obtenu respectivement 22 et 8.8 % du budget total en 2011/12, contre 22.4 et 9.0 % en 2010/11. Les sommes allouées à la santé sont supérieures à celles du ministère de la Défense (8.3 %). Les autres secteurs prioritaires sont les aides sociales, notamment pour les personnes âgées, les orphelins et les enfants vulnérables, les familles d’accueil et les anciens combattants.

Dans le cadre de la CMA, la Namibie s’est engagée à mettre en œuvre un système d’imposition progressif, qui est donc plutôt favorable aux tranches à faible revenu. Ces dernières années, le gouvernement a pris plusieurs mesures fiscales destinées à atténuer les effets de la crise économique mondiale sur les plus pauvres. Les salaires de tous les fonctionnaires ont été augmentés de 10 % en 2011/12. La loi sur l’impôt sur le revenu (Income Tax Act) a été amendée en 2008/09 et 2009/10 pour créer un taux de TVA de 0 % sur les produits de base qui représentent l’essentiel des dépenses de consommation des pauvres, notamment l’huile de cuisson et de friture, le pain, les haricots, le lait frais, sans oublier les services médicaux et paramédicaux. Le seuil individuel de l’impôt sur le revenu a également été relevé en 2009/10 de 36 000 à 40 000 NAD. En 2011/12 toutefois, le gouvernement s’est abstenu d’utiliser la politique fiscale comme instrument de redistribution des richesses. Cela peut s’expliquer par les difficultés budgétaires auxquelles le pays doit faire face, parmi lesquelles l’adaptation nécessaire à la réduction structurelle des recettes de la SACU et le creusement du déficit budgétaire dû aux mesures anticycliques adoptées.

La Namibie a mis en œuvre des programmes libéraux de protection sociale pour améliorer la protection et le bien-être des catégories de population les plus vulnérables et marginalisées, et notamment pour les personnes âgées, les jeunes, les handicapés, les anciens combattants et les orphelins. En 2011/12, les sommes allouées à ces programmes représentent 4.4 % du budget total. En 2010, 91 % des personnes âgées bénéficiaient d’une aide sociale. Sur un total de 33 221 demandes, 3 127 anciens combattants ont obtenu une aide sociale mensuelle de 2 200 NAD. Le gouvernement prévoit que les prestations concerneront 98 % des orphelins et des enfants vulnérables à l’horizon 2013/14.

Égalité hommes-femmes

La Namibie a fait de nets progrès sur la voie de l’égalité entre les sexes et de l’autonomisation des femmes. Selon le Rapport sur le développement humain (RDH) 2011 du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), l’indice d’inégalité de genre (IIG) s’établit à 0.466 et la Namibie se classe au 84e rang sur 138 pays, en recul par rapport au RDH 2010, qui la plaçait au 72e rang avec un indice de 0.615. La Namibie est en deuxième position par rapport aux autres pays de la SADC, elle a ratifié la plupart des conventions internationales et la nouvelle version de sa politique nationale sur le genre (National Gender Policy) est soumise au processus législatif. Malgré les avancées en faveur des femmes et en dépit des lois et des efforts des autorités pour s’attaquer au problème, les violences sexistes restent monnaie courante. De plus, le manque de connaissances sur les droits que reconnaît la loi ainsi que les pratiques informelles sont un obstacle à l’évolution juridique. À cela s’ajoute un taux de chômage, facteur de pauvreté, particulièrement élevé chez les femmes : leur taux d’activité était de 53.5 % en 2008, contre 63.6 % pour les hommes, selon le RDH 2010.

Pour améliorer l’égalité entre les sexes, la Namibie a soumis au processus législatif la nouvelle version de sa politique nationale sur la question. L’objectif est, entre autres, d’harmoniser le droit coutumier avec la Constitution namibienne, en réformant la législation sur le mariage et en rendant obligatoire l’enregistrement des mariages coutumiers afin de mieux protéger les droits patrimoniaux des femmes. La Namibie a signé différentes conventions internationales, y compris la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), et promulgué différentes lois, notamment sur l’égalité des personnes mariées (Married Persons Equality Act), sur la lutte contre le viol (Combating of Rape Act) et contre les violences domestiques (Domestic Violence Act). En 2009, elle a été l’un des premiers pays à ratifier le Protocole de la SADC sur le genre de 2008. Elle a également élaboré un plan d’action national pour l’égalité hommes-femmes (National Gender Action Plan).

Analyse thématique : Promouvoir l’emploi des jeunes

Selon l’enquête 2008 sur la population active, la Namibie est confrontée à un fort taux de chômage officiel, même si le chiffre de 51.2 % est parfois discuté. Ce qui ne fait aucun doute en revanche, c’est que les jeunes sont les plus touchés par ce chômage et que, parmi eux, les femmes ont le plus de mal à trouver un emploi. Si l’on se base sur la définition du chômage global, qui inclut les personnes sans emploi mais qui ne recherchent pas activement un travail, 83.6 % des jeunes de 15 à 19 ans sont au chômage. Dans cette tranche d’âge, 89.1 % des femmes sont sans emploi, contre 78.2 % des hommes. Par ailleurs, les jeunes ruraux sont moins favorisés que les urbains : en zone rurale, 93.3 % des femmes et 80.4 % des hommes étaient au chômage, contre respectivement 81.4 et 74.3 % en zone urbaine. Le taux de chômage diminue à mesure que l’âge augmente : 72.7 % des femmes de 20 à 24 ans sont officiellement au chômage, contre 60.8 % dans la tranche de 25 à 29 ans. Pour les hommes, ces chiffres sont respectivement de 61.6 et 44.8 %. Les chiffres du chômage montrent que le passage de l’école au monde du travail se fait difficilement. Ce problème est, en grande partie, à mettre au compte du système éducatif, qui n’apporte pas les compétences exigées sur le marché du travail, bien que le ministère de l’Éducation ait reçu d’année en année la part la plus importante (environ 22 %) du budget de l’État. L’un des principaux défauts du système tient à l’absence d’enseignement pratique dans les écoles primaires et secondaires et à la capacité limitée des centres d’enseignement professionnel. Avec le programme ETSIP, qui a pour objectif de développer les compétences utiles et recherchées à travers le système de formation professionnelle, le ministère de l’Éducation a commencé à s’attaquer aux lacunes du système éducatif à l’origine des piètres résultats enregistrés. Normalement, les jeunes devraient désormais être mieux armés pour le monde du travail. Le gouvernement a fixé au 1er avril 2013 la mise en place d’un prélèvement destiné à financer des cours dans les centres de formation professionnelle et en entreprise afin de résoudre le problème du manque de compétences.

Si la Namibie n’a pas instauré de politique de l’emploi, elle a mis en place plusieurs programmes destinés aux jeunes. En 2005, le gouvernement a créé un ministère de la Jeunesse et, en vertu de la loi de 2005 sur le service national de la jeunesse (National Youth Service Act), a aussi créé le NYS, dont l’objectif est de dispenser aux jeunes une formation professionnelle qui leur permette d’acquérir les compétences indispensables. Le NYS prend en charge 2 700 jeunes environ. La majorité d’entre eux sont intégrés aux services de sécurité, les autres travaillent dans l’agriculture, l’aquaculture, la santé et l’hôtellerie. Le NYS gère également un dispositif national de crédit pour les jeunes (National Youth Credit Scheme), dont ont déjà bénéficié quelque 5 000 jeunes de 18 à 35 ans. Associé à une banque commerciale locale, ce dispositif fournit un fonds de garantie qui couvre jusqu’à 90 % des sommes demandées. Ces initiatives ont pour but d’aider les jeunes à créer leur entreprise. Pour le conseil national de la jeunesse (National Youth Council), organisme autonome qui coordonne 46 organisations membres, le manque de garantie et les difficultés d’obtention d’un financement constituent les principaux obstacles à l’intégration des jeunes dans le monde des affaires. Ce constat l’a poussé à créer le programme de crédit pour les jeunes entrepreneurs (Credit for Youth in Business), dont bénéficient environ 200 personnes. Ce programme exige toutefois une contribution financière de la part du bénéficiaire, censée renforcer la viabilité du projet. Les syndicats, de leur côté, se sont rendu compte que le problème de l’emploi des jeunes requérait une attention particulière et l’un des deux organismes de tutelle prévoit de créer un poste dédié à cette problématique.

La sortie officielle, mi-2010, de l’enquête 2008 sur la population active a placé la question du chômage en tête des priorités du gouvernement. Celui-ci a convoqué fin 2010 un sommet sur l’emploi et a demandé que le programme TIPEEG soit mis en œuvre pour la durée du CDMT, qui va de 2011/12 à 2013/14. Le TIPEEG répond à deux objectifs : créer et maintenir environ 104 000 emplois sur les trois ans et stimuler la croissance économique intérieure dans un contexte d’incertitude concernant la reprise mondiale. L’agriculture est l’un des secteurs ciblés par le TIPEEG et les jeunes devraient être parmi les principaux bénéficiaires du programme de débroussaillage destiné à lutter contre l’envahissement du bush et à accroître la capacité de production des exploitations agricoles.

Si le droit du travail est censé s’appliquer indifféremment à toutes les tranches d’âges, le Labour Act est considéré par certains comme un obstacle à la création d’emplois dans la mesure où il complique les licenciements et peut donc dissuader les employeurs de recruter le personnel dont ils auraient besoin. On peut raisonnablement penser que ce problème risque de toucher avant tout les nouveaux venus sur le marché du travail, qui n’ont ni références, ni expérience. Actuellement, le gouvernement donne effet à un projet de loi, l’Employment Service Bill, qui oblige les entreprises à fournir au ministère des informations sur les postes à pourvoir, de façon que les personnes en recherche d’emploi puissent être mises en relation avec la société en question. Certains craignent toutefois que cette procédure ait pour seules conséquences d’augmenter la paperasserie et de décourager les employeurs potentiels. Si des postes restent vacants, ce n’est pas tant à cause du manque d’information que de l’absence de compétences adaptées.

Carte du pays

Grande carte de pays

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