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Analyse thématique : Transformation structurelle et ressources naturelles

Auteurs: Jean Marie Vianey Dabire, Simplice Zouhon Bi

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  • En légère progression sur 2012 (1.9 %), la croissance économique en 2013 est restée faible (2.6 %), tirée surtout par le secteur minier, mais devrait s'améliorer en 2014 et en 2015, avec des taux de 3.7 % et 5.4 % à la faveur de la normalisation progressive de la situation politique du pays.
  • Madagascar a franchi une étape vers la sortie de la crise politique qui dure depuis cinq ans avec l'organisation des élections présidentielle et législatives au dernier trimestre de 2013, ouvrant la voie à la reconnaissance internationale et à la relance du développement économique et social.
  • La participation du pays aux chaînes de valeurs mondiales reste limitée, malgré ses nombreux atouts au niveau du tourisme, de la zone franche des entreprises du textile, des services liés aux TIC, sans compter ses ressources naturelles dans les secteurs agricole et minier.

La crise politique que traverse Madagascar depuis 2009 continue d'affecter négativement ses résultats économiques et sociaux. Bien qu'en amélioration sur les 1.9 % enregistrés en 2012, avec 2.6 % la croissance en 2013 est restée faible si on la compare à la croissance démographique (2.8 %) et à la croissance économique moyenne de l'Afrique subsaharienne estimée à 5.1 % par le Fonds monétaire international (FMI). Elle a été tirée par les industries extractives, l'agro-industrie, le secteur bancaire, les transports, l'élevage et la pêche. La stabilité macroéconomique a été préservée au prix d'ajustements budgétaires drastiques ayant affecté à la fois la capacité de l'État à assurer les services de base et la relance économique.

Le déficit budgétaire s'est ainsi creusé à 3 % du produit intérieur brut (PIB) contre 1.3 % en 2012. Le déficit du solde courant a été contenu à 8.8 % du PIB, proche de son niveau de 2012 (8.3 % du PIB). Enfin, l'inflation a progressé à 6.9 %, contre 5.8 % en 2012. Dans l'hypothèse d'une normalisation politique consécutive aux élections présidentielle et législatives de décembre 2013, la croissance devrait s'améliorer en 2014 et 2015, tirée essentiellement par l'agriculture, l'agro-industrie, les industries extractives, le tourisme et le bâtiment et les travaux publics (BTP). Les prévisions tablent sur des taux, respectivement, de 3.7 % et de 5.4 %.

La faiblesse de la croissance et sa mauvaise répartition n'ont pas permis d'améliorer les conditions de vie de la grande majorité des Malgaches, compromettant ainsi l'atteinte des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) en 2015. Selon l'enquête nationale de suivi des OMD 2012/13, plus de 70 % de la population (dont 77 % en milieu rural) vit en dessous du seuil national de pauvreté. Le taux de sous-emploi reste particulièrement élevé chez les jeunes et les emplois précaires se sont généralisés avec la crise, touchant près de 81 % des travailleurs, notamment les femmes en milieu rural.

Enfin, bien que les chaînes de valeurs mondiales (CVM) représentent une chance pour le développement du pays, sa participation à celles-ci se limite à la production brute de produits d'exportation et à la vente aux consommateurs de produits importés. Le pays possède pourtant de nombreux atouts avec le tourisme, la zone franche des entreprises du textile, les services liés aux technologies de l'information et de la communication (TIC), sans compter ses ressources naturelles dans les secteurs agricole et minier. Pour favoriser sa pleine participation aux CVM, Madagascar devrait rompre avec les crises politiques cycliques, lutter efficacement contre la corruption et développer le capital humain et les infrastructures.

Tableau 1 : Indicateurs Macroéconomiques

 20122013(e)2014(p)2015(p)
Croissance du PIB1.92.63.75.4
Taux de croissance du PIB réel par habitant-0.9-0.20.92.6
Inflation5.86.97.26.2
Solde budgétaire (% PIB)-1.3-3-3.1-1.5
Compte courant (% PIB)-8.3-8.8-7.5-7.7

Source : Données des administrations nationales ; calculs des auteurs pour les estimations (e) et les prévisions (p).

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