• L’année 2011 a été marquée par la poursuite de la crise politique à Madagascar qui continue d’avoir des répercussions sur la situation économique et sociale du pays. Le pays a donc enregistré une faible croissance du PIB en 2011, estimée à 0.6 %. Cependant, les prévisions indiquent que le rythme de la croissance devrait s’accélérer en 2012 (2.4 %) et 2013 (4.5 %).

  • La crise politique a également freiné, voire arrêté la plupart des réformes du secteur public. Cependant, grâce à la poursuite de la politique d’austérité budgétaire, le déficit budgétaire a été contenu à 1.3 % du PIB en 2011 et devrait rester au même niveau en 2012.

  • L’emploi des jeunes reste une préoccupation majeure avec un taux de chômage des moins de 25 ans de 5.9 % contre un taux global de 3.8 %. Le chômage touche plus les jeunes en milieu urbain (8.9 %) que rural (3.9 %). Cependant, ces faibles taux dissimulent en réalité un taux de sous-emploi qui est plus explosif. Le pays dispose d’un programme national de soutien à l’emploi mais l’instabilité politique et institutionnelle actuelle n’a pas permis d’atteindre les résultats escomptés.

Vue d'ensemble

L’année 2011 a été marquée par la poursuite de la crise politique à Madagascar. Cette crise continue d’avoir des répercussions sur la situation économique et sociale du pays. La hausse des prix du pétrole et des denrées alimentaires, combinée à une mauvaise pluviométrie a eu également un impact sur l’activité économique en 2011. Ainsi, la croissance du PIB réel a atteint 0.6 %, taux proche de celui de l’année 2010 (0.5 %). Le rythme de la croissance devrait s’accélérer en 2012 et 2013 pour s’établir respectivement à 2.4 % et à 4.5 %. Cette évolution serait liée d’une part, aux perspectives de sortie de crise politique qui se dessinent à la faveur de la signature le 17 septembre 2011 de la feuille de sortie de crise, et d’autre part, au dynamisme du secteur minier. Toutefois, la persistance de la crise économique actuelle dans la zone euro pourrait compromettre cette dynamique. En effet, l’affaiblissement de la demande européenne des produits malgaches et la hausse du chômage en Europe, pourraient affecter les exportations vers ce continent et le secteur touristique malgache.

Par ailleurs, grâce à la poursuite de la politique d’austérité budgétaire, le déficit budgétaire a été contenu à 1.3 % du PIB en 2011 et devrait rester au même niveau en 2012. La variation annuelle des prix à la consommation s’est établie à 9.5 % en 2011, ce niveau élevé est imputable surtout au renchérissement des prix des produits alimentaires et du pétrole. Le déficit du compte courant s’est amélioré à 3.4 % du PIB, contre 9.7 % en 2010. Cette amélioration résulte d’une reprise des exportations des biens alors que les importations des biens ont reculé, en raison de la baisse de l’activité économique. Les années 2012 et 2013 connaîtront une légère dégradation du solde courant dont le déficit devrait passer respectivement à 4.4 % et à 4.7 %, liée à la reprise progressive des importations de biens consécutive à la normalisation de la situation politique du pays.

Les faibles performances de l’économie malgache depuis le début de la crise politique se sont traduites par une forte détérioration des conditions de vie des populations. En effet, selon l’enquête périodique auprès des ménages de 2010, 76 % des Malgaches étaient considérés comme pauvres en 2010 alors qu’ils n’étaient que de 68 % en 2005. Le virus de l’immunodéficience humaine/syndrome d’immunodéficience acquise (VIH/SIDA) demeure le seul domaine pour lequel les objectifs du millénaire pour le développement (OMD) seront désormais atteints.

Selon cette même enquête, la situation du marché du travail à Madagascar se caractérise par un chômage relativement faible (3.8 %) et par un taux de sous‐emploi très élevé (67.2 %) à cause de l’inadéquation de l’emploi ou de la durée du travail. Les jeunes sont les plus concernés par les phénomènes de chômage et de sous-emploi. Madagascar dispose d’une politique nationale de l’emploi (PNE) dont la mise en œuvre se fait à travers un programme national de soutien à l’emploi (PNSE).

Toutefois, l’instabilité politique et institutionnelle actuelle n’a pas permis d’atteindre les résultats escomptés. Ainsi, les mesures concrètes visant à favoriser l’entrée des jeunes sur le marché du travail sont mal connues et leur évaluation n’est pas toujours aisée par manque de données statistiques. L’inadéquation entre la formation acquise et les compétences exigées notamment par les entreprises du secteur privé constitue un problème majeur et le système de recherche d’emplois n’est pas efficient. Compte tenu de l’importance de la jeunesse au sein de la population, la promotion de l’emploi des jeunes devrait constituer une préoccupation majeure des autorités malgaches. Dans ce contexte, au sortir de la crise politique, une priorité devrait être donnée à la mise en place de programmes spécifiques de soutien à l’emploi des jeunes.

Figure 1 : Taux de croissance du PIB réel (Australe)

Tableau 1 : Indicateurs macro-économiques 2012

 2010201120122013
Taux de croissance du PIB réel0.51.61.93
Taux de croissance du PIB réel par habitant-2.40.50.81.9
Inflation IPC9.29.86.410.4
Balance budgétaire % PIB-0.9-1.7-3.1-3
Balance courante % PIB-9.7-6.9-8.3-7.6

Développements récents et perspectives

Tableau 2 : PIB par Secteur (en pourcentage du PIB)

 20062010
Agriculture, foresterie, pêche et chasse27.528
Agriculture, élevage, sylviculture et pêche--
dont agriculture--
Mines et extraction0.20.2
dont pétrole--
Industries manufacturières14.68.7
Electricité, gaz et eau3.73.9
Electricité, eau et assainissement--
Construction1.21.3
Vente en gros et de détail, hôtels et restaurants19.521
dont hôtels et restaurants--
Transports, entreposages et communications10.511
Transport et stockage, information et communication--
Finance, immobilier et services aux entreprises1.11.7
Intermédiation financière, services immobiliers, services aux entreprises et autres services--
Services des administrations publiques7.26.9
Administration publique et défense, sécurité sociale, éducation, santé et travaux sociaux--
Administration publique, éducation, santé--
Administration publique, éducation, santé et autres services sociaux et personnels--
Autres services communautaires, sociaux et personnels--
Autres services14.517.3
Produit intérieur brut aux prix de base / au coût des facteurs100100
Vente en gros et de détail, hôtels et restaurants--

Le taux de croissance du PIB est estimé à 0.6 % en 2011, en quasi-stagnation par rapport à son niveau en 2010 qui était de 0.5 %. La croissance a été tirée en 2011 essentiellement par les secteurs secondaire et tertiaire qui ont progressé respectivement de 2.7 % et de 2.1 % par rapport à 2010.  La croissance du secteur primaire a été négative (-2.3 %), liée surtout à la contreperformance du secteur agricole, qui s’explique par les conditions pluviométriques défavorables et les perturbations cycloniques récurrentes. Le secteur minier reste l’un des principaux moteurs de la croissance en 2011 : le taux de croissance des industries extractives a atteint 25.9 %. Les branches du secteur secondaire les plus performantes ont été les industries des boissons, du papier et alimentaire. Au niveau du secteur tertiaire, celles-ci sont constituées  des banques, des télécommunications et du transport, soutenu par l’activité touristique. En effet, l’année 2011 a été marquée par une reprise de l’activité touristique1 avec 225 055 touristes en 2011 contre 196 052 en 2010, soit une hausse de 14.8 %.

Du côté de la demande, l’investissement global s’est contracté à 14.9 % du PIB en 2011 contre 18.8 % en 2010, sous le double effet du recul de l’aide au développement et de la fin de la phase de construction et d’installation des grands projets miniers. En termes réels, cette baisse est de 11.2 % par rapport à l’année écoulée et a touché autant l’investissement public (-8 %) que privé (-12 %). En volume, la consommation totale a connu une faible augmentation de 1.1% en 2011 par rapport à 2010. Cette hausse a toutefois été plus importante pour la consommation privée (+1.2 %) que publique (+0.7 %). Rapportée au PIB, la consommation totale s’est établie à 93% en 2011, en baisse de 2.7 points de pourcentage par rapport à 2010. Cette chute est liée surtout au recul de la consommation privée qui est passée de 86.3 % du PIB en 2010 à 83.6 % du PIB en 2011. La consommation publique quant à elle est restée stable à 9.5 % du PIB, contre 9.4 % en 2010.

La signature de la feuille de route de sortie de crise politique le 17 septembre 2011 et le dynamisme du secteur minier devraient avoir des effets positifs sur la croissance qui devrait atteindre en 2012 et 2013 respectivement 2.4 % et 4.5 %. L’année 2012 ne marquera pas encore le retour complet de l’aide extérieure.2 Toutefois, si l’organisation des élections législatives et présidentielle se déroule de façon transparente et sans contestation possible comme prévu en 2012, alors l’année 2013 sera marquée par un retour plus accentué de l’aide extérieure qui finance environ 70 % de l’investissement public, ce qui créera également un environnement plus propice aux activités du secteur privé.

Le secteur minier restera le principal moteur de la croissance en 2012 et 2013 avec l’entrée en production du plus grand projet minier du pays (Ambatovy). Le secteur tertiaire bénéficiera de la relance du secteur touristique. Enfin, les performances de l'agriculture devraient rester modestes en 2012 et 2013 au regard des perturbations pluviométriques et cycloniques fréquentes. 

Du côté de la demande, l’investissement total progressera à 2.2 % en 2012, puis à 8.6 % en 2013. Elle représentera 14.5 % en 2012 et 14.4 % en 2013 du PIB. Avec les dépenses liées à l’organisation des élections en 2012 estimées à 45 milliards MGA (22.5 millions USD) et celles consécutives à la normalisation de l’activité économique en 2013, la consommation totale devrait croitre en volume de 1.3 % en 2012 et de 4.1 % en 2013. Elle devrait s’établir à 93.7 % du PIB.

Politiques macroéconomiques

Politique budgétaire

Dans un contexte de réduction des financements extérieurs directs au gouvernement, les autorités malgaches ont poursuivi en 2011, la mise en œuvre de la politique d’austérité budgétaire, qui a néanmoins contribué à accroître légèrement le déficit budgétaire à 1.3 % du PIB, contre 0.9 % du PIB en 2010. La loi de finances 2011 a accordé une priorité aux ministères en charge des Finances, de l’Éducation nationale, de la Santé, de la Décentralisation et de l’Agriculture qui totalisent environ 60 % des dotations budgétaires.

Compte tenu de la chute de l’aide extérieure et du ralentissement de l’activité économique, les recettes totales se sont contractées à 12.2 % du PIB en 2011, alors qu’elles atteignaient 13.3 % du PIB en 2010. 93.4 % des recettes budgétaires prévues ont été collectées fin 2011, 96% pour les recettes fiscales et 36.3% pour les recettes non fiscales. Les dépenses totales se sont élevées à 13.5 % du PIB (contre 14.1 % du PIB en 2010). En raison des contraintes budgétaires, la priorité a été donnée à l’exécution des dépenses courantes (10.2 % du PIB) au détriment des dépenses d’investissement (3.3 % du PIB). En effet, le taux d’engagement moyen des dépenses du budget général s’est élevé à 89.3 % fin 2011 dont 70.2 % pour les dépenses d’investissement. Le renchérissement du prix du pétrole sur le marché mondial a contraint le gouvernement à consentir aux sociétés pétrolières des subventions3 d’un montant de 33.7 millions USD (représentant 0.4 % du PIB) afin de maintenir inchangés les prix à la pompe. Ces sommes n’ont toutefois pas été versées en totalité au cours de l’année, ce qui a fragilisé la situation financière de beaucoup de sociétés pétrolières. Le financement du déficit budgétaire en 2011 a été assuré grâce aux déboursements des projets en cours et au recours au système bancaire notamment sous forme de bons du Trésor par adjudication.

Le projet de loi de finances 2012 prévoit la poursuite de la politique d’austérité avec des mesures d’allègement fiscal pour favoriser les investissements dans la production d’énergie renouvelable. La reprise de l’aide restera partielle et limitée à l’appui de l’organisation des élections. De ce fait, les recettes totales et dons sont estimés à 12.4 % du PIB, alors que les dépenses totales compteront pour 13.7 % du PIB. Le déficit budgétaire sera du même ordre que celui de 2011 (1.3 % du PIB). L’année 2013 devrait marquer le retour du pays à la normalité constitutionnelle. Elle devrait enregistrer de ce fait, un accroissement tant des recettes que des dépenses, qui devraient représenter respectivement 13.1 % et 14.3 % du PIB. Le solde budgétaire serait ainsi déficitaire de l'ordre de 1.2 % du PIB.

Tableau 3 : Opérations financières de l'Etat (en pourcentage du PIB)

 200320062007200820092010201120122013
Recettes totales (avec dons)15.459.11617.612.313.312.212.413.1
Recettes fiscales1010.711.41310.710.89.99.89.7
Recettes pétrolières---------
Dons5.147.94.34.31.110.91.11.9
Dépenses totales (et prêts nets) (a)19.621.418.719.514.814.113.513.714.3
Dépenses courantes11.411.21110.910.510.110.210.410.9
Sans les intérêts9.28.89.910.19.79.39.49.59.7
Salaires5.45.05.24.74.85.25.25.45.6
Intérêts2.22.41.10.80.80.80.80.91.2
Solde primaire-240.0-1.6-1.2-1.8-0.1-0.4-0.40
Solde global-4.237.6-2.7-1.9-2.5-0.9-1.3-1.3-1.2

Politique monétaire

Madagascar n’appartient à aucune union monétaire. La Banque centrale de Madagascar (BCM) a pour mission officielle de veiller à la stabilité interne et externe de la monnaie. Malgré la crise actuelle, la monnaie nationale s’est maintenue dans une relative stabilité par rapport aux principales devises grâce aux interventions de la BCM. Ainsi, l’euro s’est échangé en moyenne en 2011 contre 2 815.07 Madagascar Ariary et le dollar américain (USD) contre 2 025.06 Madagascar Ariary (MGA). L’année 2011 a été caractérisée également par une accélération de l’expansion des agrégats monétaires. La masse monétaire M3 a enregistré une hausse de 13.5 % suite au gonflement des avoirs extérieurs nets qui ont atteint un niveau record de 1.1 milliards USD en décembre 2011, correspondant à environ quatre mois d’importations. Malgré la crise, les crédits à l’économie ont progressé en moyenne de 7 %, tirés surtout par les crédits à moyen et long termes. La BCM a maintenu inchangé son taux directeur à 9.5 % depuis août 2009.

En variation annuelle, l’indice des prix à la consommation a augmenté de 9.5 % en 2011. La hausse des prix a été plus importante pour les produits locaux (+7.5 %), que les produits importés (+5.5 %) et les produits semi-importés (+3.4 %). Le prix des produits alimentaires a augmenté d’environ 9 % en 2011, dont 9.7 %, pour le riz, contraignant le gouvernement à en importer pour résorber le déficit d’offre. L’inflation attribuée aux produits énergétiques a atteint 7.8 %, reflétant l’évolution du prix du brut sur le marché mondial.

Pour 2012 et 2013, les autorités malgaches comptent poursuivre la mise en œuvre de politiques budgétaire et monétaire prudentes, ce qui devrait permettre de ramener l’inflation à respectivement 8.3 % et 8.2 %.

Coopération économique, intégration régionale et commerce

Madagascar est membre de plusieurs organisations régionales : le marché commun de l’Afrique de l’Est et australe (COMESA), la Communauté pour le développement de l’Afrique australe (SADC) et la Commission de l’Océan Indien (COI). Le commerce avec ces différentes organisations reste peu développé.4 En effet, en 2010, la valeur des exportations de Madagascar vers la COMESA, la SADC et la COI représentait respectivement 4.6 %, 5.85 % et 3.33 % de ses exportations totales. Au cours de la même année, les importations provenant de la COMESA, la SADC et la COI ont représenté respectivement 5.21 %, 11.04 % et 3.22 % de ses importations totales. Madagascar a fait des progrès récents en matière de facilitation douanière et commerciale, qui ont été attestés dans le rapport de la Banque mondiale Doing Business 2011 par un gain de huit places au niveau de l’indicateur relatif à la facilitation du commerce transfrontalier. Cette performance s’explique notamment par l’amélioration de la communication et de la coordination entre la douane et les opérateurs des terminaux portuaires. Les délais de dédouanement sont ainsi passés de sept jours en 2010 à trois jours en 2011.

L’année 2011 a été marquée par une amélioration importante du solde courant, son déficit étant passé de 9.7 % du PIB en 2010 à 3.4 % du PIB. Cette amélioration devrait se maintenir plus ou moins en 2012 et en 2013, avec un déficit respectivement de 4.4 % et 4.7 %. En 2011, l’amélioration notée est imputable aux exportations de biens qui ont progressé en volume de 4.2 % pour s’établir à 16.1 % du PIB, malgré la crise. Les principaux produits d’exportations5 en 2011 sont les biens alimentaires, les minerais et les crevettes. Les exportations de ces produits ont rapporté en valeur, respectivement environ 352.9 millions USD, 198.4 millions USD et 66.7 millions USD. Les importations ont par contre reculé en volume de 0.8 % pour s’établir à  22.8 % du PIB. Les principaux produits importés en 2011 sont : le riz pour une valeur de 85.6 millions USD, les produits pétroliers pour 595.5 millions USD représentant environ 7 % du PIB, le sucre pour 78.2 millions USD et les biens alimentaires qui ont coûté 294.9 millions USD (3.4 % du PIB). Les importations des biens d’équipement et de ciment ont quant à elles connu, en valeur, respectivement un recul de 39.6 % et de 15.9 %, en lien avec la fin de la phase de construction des grands projets d’investissements notamment dans le secteur minier. De ce fait, le déficit de la balance commerciale s’est amélioré en passant de 12.3 % du PIB en 2010 à 6.7 % en 2011. En 2012 puis en 2013, le déficit commercial augmentera légèrement avant de se stabiliser, s’établissant à 7.3% du PIB pour les deux années consécutives.


Le déficit de la balance des services a légèrement régressé s’établissant à 0.8 % du PIB en 2011 contre 1.1 % en 2010, grâce à une bonne tenue des exportations de services de transports et de voyages. Il en est de même de la balance des transferts courants dont le déficit a été contenu à 4.6 % du PIB en 2011, en réduction de 0.3 points de pourcentage par rapport à 2010, grâce aux transferts privés dont les organisations non gouvernementales (ONG). Les investissements directs étrangers (IDE) sont évalués à 438.7 millions de droits de tirage spéciaux (DTS) en 2011 alors qu’ils étaient de 486.6 millions de DTS en 2010, soit une réduction de près de 10 %. Cette situation est en rapport avec la fin des grands investissements dans le secteur minier. La branche « industries extractives » demeure la plus attractive pour les IDE (environ 80 % du total). Les autres secteurs pourvoyeurs d’IDE en 2011 sont : les activités financières, le bâtiment et travaux publics (BTP) ainsi que la distribution pétrolière. En 2010, les IDE provenaient essentiellement du Canada (30.3 %), du Japon (21.5 %), de la Corée du Sud (20.6 %), de la France (9.1 %), de la Chine (7.6 %). La Chine et la Corée du Sud qui sont des partenaires émergents totalisaient donc près du tiers des IDE en 2010.

Tableau 4 : Comptes courants (en pourcentage du PIB)

 200320062007200820092010201120122013
Balance commerciale-3.5-10.2-13.6-20.2-19.5-12.3-6.7-7.3-7.3
Exportations de biens (f.o.b.)17.217.516.813.912.312.316.114.713.7
Importations de biens (f.o.b.)20.727.730.534.131.824.622.82220.9
Services-5.5-2.2-2.4-4.1-4.2-1.1-0.8-0.9-0.9
Revenu des facteurs-1.5-1.5-0.8-0.5-1.1-1.2-0.5-0.6-0.5
Transferts courants5.53.84.94.33.64.94.64.53.9
Solde des comptes courants-4.9-10.0-11.9-20.6-21.1-9.7-3.4-4.4-4.7

Politique de la dette

Depuis le début de la crise, les possibilités de contracter de nouvelles dettes auprès des donneurs traditionnels ont été limitées, ce qui explique que le stock de la dette publique soit resté relativement faible. En effet, l’encours de la dette extérieure est estimé en juin 2011 à 1 401.12 millions DTS, soit 19.7 % du PIB (contre 24.9 % en 2010). Malgré la crise, le pays honore régulièrement le service de la dette extérieure qui s’est élevé 174.65 milliards MGA fin 2011, soit environ 61.26 millions USD. En ce qui concerne la dette intérieure, la situation exacte des arriérés  intérieurs à fin 2011 n’est pas connue. Toutefois, selon le groupement des entreprises de Madagascar (GEM), les arriérés de l’État vis-à-vis des entreprises6 (provenant essentiellement des arriérés de remboursement de TVA) sont estimés à 7 milliards MGA (3.4 millions USD) à fin août 2011. Le poids de la dette publique devrait rester relativement faible sur la période 2012-2013.

 

Figure 2 : Part de l’encours de la dette extérieure dans le PIB et ratio du service de la dette sur les exportations (en pourcentage)

Gouvernance économique et politique

Secteur privé

Malgré l’incertitude politique et économique dans lequel se trouve le pays depuis 2009, Madagascar a fait quelques progrès récents en matière d’amélioration de l’environnement des affaires. Le pays a ainsi progressé de sept places dans le rapport Doing Business 2012, en passant de la 144ème à la 137ème place sur 183 pays classés. Le meilleur score a été obtenu en matière de création d’entreprises où le pays s’est classé au 20ème rang (contre un rang de 70ème dans le rapport précédent), soit un gain spectaculaire de 50 places. L’action entreprise par le gouvernement a été la suppression du capital minimum nécessaire dans la création des sociétés à responsabilité limitée (SARL). Cette mesure n’a toutefois pas eu d’impact sur la création des SARL car leur nombre7 a plutôt baissé de près de 4 % en 2011 par rapport à 2010. Néanmoins, le nombre d’entreprises nouvellement créées a augmenté de 48.2 %, passant de 13 977 en 2010 à 20 710 en 2011. Les entreprises individuelles ont représenté plus de la moitié (52.1 %) et près de 21.6 % d’entre elles sont localisées dans la capitale, Antananarivo. Malgré ces quelques progrès en matière de création d’entreprises, le climat des investissements demeure encore difficile à Madagascar. Des contraintes importantes existent en matière d’accès à l’électricité en raison des délestages fréquents et, selon Doing Business, dans les domaines d’exécution des contrats, de fermeture d’entreprises, d’enregistrement de la propriété et d’obtention de permis de construire.

Secteur financier

Le secteur financier malgache est constitué de 11 banques, 7 établissements financiers et 29 institutions de micro-finance dont 3 sont en attente de levée des mesures suspensives. Seules deux banques (Bank of Africa et BFV-Société Générale) sont relativement bien implantées à l’intérieur du pays. Les marchés financiers comprennent le marché monétaire (échanges interbancaires et open market) et le marché des bons du Trésor par adjudication. Le taux directeur de la BCM est resté inchangé à 9.5 % depuis août 2009 et le taux moyen pondéré global des bons du Trésor par adjudication est stable : 9.65 % en juin 2011 contre 9.6 % en décembre 2010.

La crise politique et économique a affecté la qualité du portefeuille des banques. La proportion des prêts non performants (PNP) et le niveau du capital à risque sont modérés mais en hausse. De ce fait, les crédits douteux et litigieux bruts ont augmenté,8 s’établissant à 13.8 % des crédits bruts fin juin 2011 alors qu’ils étaient de 11.9 % en 2010. Le taux de bancarisation reste faible et ressort à environ 5 % et le taux de pénétration des institutions de micro-finance (IMF) à 12 %. 

Gestion du secteur public, institutions et réformes

Du fait de la crise, plusieurs réformes visant le développement du secteur privé ont été ralenties voire stoppées et l’État contrôle ou dispose encore des parts dans le capital de plusieurs entreprises opérant dans des secteurs tels que l’énergie, les télécommunications, l’agro-industrie et le transport aérien. Par ailleurs, dans le cadre des engagements pris par le gouvernement en août 2011 pour faire face aux problèmes socio-économiques des populations, l’État a eu recours à des mesures d’importation directe de produits tels que le riz, le sucre, l’huile et la farine, ce qui ne rassure guère les opérateurs privés intervenant dans ces domaines. Au regard des multiples problèmes auxquels est confronté le secteur privé, les organisations professionnelles ont ébauché à l’endroit des autorités une feuille de route économique intégrant des mesures de court et moyen terme.9

Au niveau des finances publiques, les autorités ont continué la mise en œuvre du budget programme, des réformes relatives aux marchés publics, au contrôle hiérarchisé des dépenses et des mesures de renforcement des régies de recettes. Toutefois, la revue des dépenses publiques réalisée par la Banque mondiale en septembre 2011 a mis à nu plusieurs insuffisances touchant notamment la mobilisation des recettes, la couverture du budget, la chaîne de la dépense, la nomenclature budgétaire, le système de contrôle et le budget d’investissement. L’étude a préconisé plusieurs axes de réformes qui alimenteront le dialogue sur les réformes de finances publiques entre le gouvernement et les partenaires dès que les conditions seront à nouveau réunies.

Gestion des ressources naturelles et environnement

Madagascar dispose d’une des plus grandes biodiversités au monde avec un patrimoine naturel considérable. Cependant, ce patrimoine naturel est menacé notamment par la déforestation et la dégradation des espaces naturels. C’est le cas notamment de l’exploitation et des exportations illicites du bois de rose. Les rondins de bois de rose et de bois d’ébène saisis par le ministère de l’Environnement seraient évalués à environ 30 000 et ceux en possession des opérateurs autour de 200 000. Face à l’ampleur de ce désastre, le gouvernement malgache avait déjà pris en mars 2010 des mesures pour bannir toute exportation de bois de rose. En août 2011, des mesures complémentaires ont été prises, en particulier, la saisine de tous les rondins déjà coupés et l’inscription des bois de rose et des bois d’ébène à l’annexe III de la Convention internationale sur le commerce des espèces en danger (CITES). L’année 2012 sera consacrée à la vente des rondins saisis selon un processus qui devrait être transparent. Les ressources naturelles de Madagascar sont aussi menacées par le changement climatique. Situé dans le bassin du Sud-ouest de l’Océan Indien, l’une des grandes zones de formation de cyclones du monde, Madagascar est sujet aux cyclones, auxquels s’ajoutent les inondations et la sécheresse.

Au regard du potentiel du pays en ressources naturelles et notamment minières, une attention particulière doit être accordée à la gestion judicieuse des rentrées fiscales provenant de l’exploitation de ces ressources au bénéfice de toute la population. Dans ce sens, Madagascar a adhéré à l’initiative de transparence pour les industries extractives (ITIE) et a accédé au statut de pays candidat en février 2008. Cette adhésion a été suspendue en octobre 2011 jusqu’au retour à la normalisation de la situation politique. Il faut noter que le montant des paiements effectués par les entreprises des industries extractives10 auprès de l'État s'élevait à 251.9 milliards MGA (soit environ 132 millions USD représentant 1.5 % du PIB) pour la période de 2007 à mi-2010, selon le rapport d’audit publié par le Secrétariat exécutif de l’ITIE. Les données plus récentes ne sont pas encore disponibles. Par ailleurs, le montant budgétisé des recettes non fiscales au titre des ministères en charge de la pêche, des mines et de l’environnement est estimé à environ 7.9 millions USD en 2011, soit 0.1 % du PIB. Les recettes budgétaires générées par l’exploitation des ressources naturelles restent donc encore faibles à Madagascar mais des progrès importants devraient être constatés dans ce domaine au cours des prochaines années.

Contexte politique

Après plusieurs tentatives infructueuses de règlement de la crise politique, une nouvelle dynamique semble enclenchée depuis la signature officielle par la quasi-totalité11 des groupes politiques malgaches, de la feuille de route pour la sortie de crise politique à Madagascar, le 17 septembre 2011, grâce aux efforts de médiation de la SADC. Des avancées significatives ont été notées dans la mise en œuvre de la feuille de la route, dont notamment : (i) la nomination d’un Premier ministre de consensus en octobre 2011 ; (ii) la formation d’un gouvernement de transition et d’union nationale en novembre 2011 ; (iii) l’élargissement des deux chambres du Parlement de transition en décembre 2011. Après la désignation en février 2012 des membres de la Commission électorale nationale indépendante pour la transition, l’organisation des élections législatives et présidentielle se fera avec le soutien des Nations Unies et de l’Organisation internationale de la francophonie en décembre 2012 au plus tard. Au vu de ces avancées, certaines institutions12 du pays ont déjà fait des pas importants vers la reconnaissance internationale du gouvernement de transition. Toutefois, seule l’organisation des élections législatives et présidentielle de façon crédible et transparente, permettra de mettre fin définitivement à la crise politique et au pays de réintégrer le concert des nations et de bénéficier ainsi d’une reconnaissance entière de la part des partenaires internationaux.

Contexte social et développement humain

Développement des ressources humaines

La crise politique et économique a contribué à détériorer davantage les conditions de vie des populations. Selon l’enquête périodique auprès des ménages de 2010, près de 76 % (dont 82.2 % en milieu rural) des Malgaches sont considérés comme pauvres en 2010, alors qu’ils étaient 68 % en 2005. Si en 2008, le pays pouvait espérer la réalisation de trois OMD à l’horizon 2015, le VIH/SIDA13 demeure le seul domaine où les OMD seront désormais atteints.

La durée de la crise politique fragilise le système national de santé et sa capacité à répondre aux besoins des populations. Ainsi, le taux de mortalité infantile et celui des moins de cinq ans demeurent élevés : ils étaient en 2010 respectivement de 61 pour mille et de 92.8 pour mille au regard des cibles OMD qui sont respectivement de 31 pour mille et de 56 pour mille à l’horizon 2015. Par ailleurs, le taux de mortalité maternelle est de 498 pour 100 000 naissances vivantes, alors que la cible des OMD est de 127 pour 100 000 naissances vivantes. Compte tenu des contraintes budgétaires importantes14 et de l’insuffisance des ressources humaines, près de 214 centres de santé ont été fermés en janvier 2011. Tous ces facteurs sont à l’origine de la résurgence de certaines maladies autrefois maîtrisées et/ou éradiquées comme la peste, la rage et la poliomyélite. La Banque africaine de développement (BafD) a accordé en janvier 2012 un don d’urgence d’un million de dollars pour appuyer les campagnes de vaccination contre ces trois maladies.

En matière d’éducation, même si le pays semble en bonne voie pour l’accès universel car le taux net de scolarisation était de 73.4 % en 2010, la préoccupation majeure demeure la faible qualité de l’enseignement. En effet, le taux d’achèvement au primaire était de 66 % en 2010, loin de la norme de 100 % requise dans le cadre des OMD. Les restrictions budgétaires15 au niveau du ministère ont fragilisé le fonctionnement du système scolaire et augmenté de 30 % le budget que les ménages consacrent à l’éducation. Pour la rentrée 2011-2012, près de 400 000 enfants n’ont pas pu aller à l’école, alors qu’une baisse des inscriptions de 4.6 % avait déjà été enregistrée lors de la rentrée 2009-2010 dans les écoles primaires en milieu urbain.

Enfin, en matière d’eau potable et assainissement, les taux de desserte sont seulement de 42 % pour l’eau potable et de 48 % pour l’assainissement en 2010, alors que les cibles des OMD sont respectivement de 65 % et 71 %.

Réduction de la pauvreté, protection sociale et travail

En l’absence d’une politique nationale claire en cette période de crise, les ressources sont allouées en fonction des priorités définies par le pouvoir de transition. Ainsi, dans la loi de finances 2011, les secteurs dits prioritaires comme la santé, l'éducation et la sécurité alimentaire ont reçu environ 37 % des dotations budgétaires. Pour l’année 2012, les secteurs prioritaires retenus en 2011 ont été élargis au renforcement de la sécurité des biens et des personnes, au soutien à la production agricole et au développement du secteur de l’énergie. Ces secteurs ont perçu environ 40 % du budget général.

Pour atténuer les effets de la crise sociopolitique sur les couches les plus vulnérables de la population, divers programmes de protection sociale ont été mis en place au niveau national, mais avec une couverture largement limitée. En août 2011, le gouvernement avait annoncé une série de mesures touchant à la fois à la santé, à l’éducation et à la sécurité alimentaire. En matière d’éducation, il s’agissait d’assurer la gratuité des frais d’inscription dans l’enseignement supérieur et technique et la dotation de kits scolaires dans les écoles publiques. Dans le domaine de la santé, les mesures gouvernementales recouvraient la gratuité des soins et de médicaments dans les hôpitaux publics, l’allègement des coûts des opérations chirurgicales par le biais des subventions et la fourniture des médicaments les plus courants. Les autres mesures annoncées par le gouvernement concernaient la prise en charge des sans-abris, l’approvisionnement en eau des familles les plus démunies, et le maintien des subventions des sociétés pétrolières pour éviter la hausse des prix des carburants. Il est difficile aujourd’hui d’apprécier la mise en œuvre de toutes ces mesures, en l’absence d’un bilan périodique établi par le gouvernement. Toutefois, au regard des contraintes budgétaires fortes en 2011 et en 2012, beaucoup de ces mesures risquent de demeurer de simples intentions.   

Outre le gouvernement, les agences du système des Nations Unies mènent également sur le terrain diverses activités combinant transferts ciblés d'argent et/ou de nourriture, fourniture d’aliments fortifiés pour les femmes et les enfants.

 

Égalité hommes-femmes

Madagascar fait des efforts notables en matière de promotion de l’égalité entre les hommes et les femmes notamment en matière du campagne global Education Pour Tous, de l’UNESCO, comparativement à la plupart des pays de l’Afrique subsaharienne. Ainsi en 2010, le rapport filles/garçons dans l’enseignement primaire était de 97.5 % contre 92 % en Afrique subsaharienne. Dans l’enseignement secondaire, ce rapport était de 94.2 % contre 79 % en Afrique subsaharienne. La cible des OMD pour ces deux indicateurs est de 100 % à l’horizon 2015. Bien que les soins prénataux soient gratuits, le taux de couverture contraceptive et le taux d’accouchement assisté par du personnel qualifié restent faibles, surtout en milieu rural, de respectivement de 26.10 % et 43.9 % en 2010, selon les données de l’enquête démographique et de santé IV.

Si sur le plan légal, les femmes ont les mêmes droits que les hommes, cette égalité de traitement n’est pas toujours respectée et des pratiques discriminatoires à l’égard des femmes perdurent. C’est pourquoi le gouvernement a lancé depuis 2000 une politique de promotion de la femme pour lutter contre ces pratiques, mais la difficulté réside dans la mise en œuvre effective de cette politique. La participation des femmes aux activités économiques reste majoritairement informelle et leur représentation dans les institutions de l’État reste limitée.

Analyse thématique : Promouvoir l’emploi des jeunes

La population malgache est essentiellement jeune. Les moins de 20 ans représentent la moitié de la population. Selon les données de l’enquête périodique auprès des ménages16 de 2010, la situation du marché du travail à Madagascar se caractérise par un chômage relativement faible (3.8 %), mais surtout par un taux de sous‐emploi très élevé du fait de l’inadéquation de l’emploi (42.2%) ou de la durée du travail (25%). Il en résulte que plus de 70% de la population active sont soit au chômage, soit en situation de sous-emploi. Selon cette étude, les jeunes actifs âgés de 15 à 24 ans représentent 27.4% de la population active. Les jeunes actifs urbains sont estimés à 28 % contre 25 % pour les jeunes ruraux. Les jeunes sont aussi les plus touchés par le chômage. Le taux de chômage des moins de 25 ans est de 5.9 % contre 3.8 % au niveau national. Le chômage touche plus les jeunes en milieu urbain (8.9 %) que rural (3.9 %). 

La crise financière internationale, combinée avec la crise politique nationale, aurait généré environ 336 000 pertes d’emplois (dont 84.7 % dans les industries, les services et les infrastructures) et rendu vulnérables environ 90 % des emplois, selon l’Organisation internationale du travail (OIT).

Madagascar dispose d’une politique nationale de l’emploi (PNE) dont la mise en œuvre se fait à travers un programme national de soutien à l’emploi (PNSE) couvrant la période 2007-2011. La PNE et le PNSE ont défini trois axes stratégiques prioritaires qui recouvrent : le développement local des compétences, notamment le renforcement de l’employabilité des groupes vulnérables, la dynamisation des secteurs générateurs d’emploi et l’amélioration du cadre légal et institutionnel. L’emploi des jeunes est également pris en compte dans le programme pays pour le travail décent (PPTD), dans les stratégies régionales de promotion de l’emploi (SRPE) pour deux régions (Vatovavy Fitovinany et Atsimo Andrefana). Plusieurs structures17 gouvernementales sont concernées par l’emploi des jeunes.

Au niveau gouvernemental, les mesures initiées par le Ministère de la Fonction Publique, du Travail et des Lois Sociales (MFPTLS) pour favoriser l’entrée des jeunes sur le marché du travail concernent entre autres : (i) le renforcement des services centraux en matière d’assistance dans la recherche d’emploi ; (ii) le renforcement des services régionaux de l’emploi et de la formation professionnelle ; (iii) la recherche des conventions de partenariat pour les apprentis ; (iv) la mise en œuvre du système d’informations et de conseil en matière d’orientation professionnelle et de l’emploi ; (v) des showroom déjà effectués dans quatre provinces ; (vi) la formation en technique de recherche d’emploi et la formation professionnelle initiale/continue ; (vii) l’appui technique à l’élaboration des projets d’activités génératrices d’emploi /revenu. L'évaluation de ces mesures n’est pas toujours aisée par manque de données.

Quelques initiatives ponctuelles en matière de soutien aux jeunes entrepreneurs et de formation des compétences peuvent être relevées. Le programme de soutien aux petites entreprises rurales et aux économies régionales (PROSPERER Madagascar) mis en place en 2008, vise notamment à appuyer le développement des petits métiers non agricoles en zones rurales et à toucher 21 000 micro-entreprises rurales (MER). Ce programme propose un apprentissage des métiers aux jeunes qui veulent créer ou trouver un emploi. Enfin, le système des Nations Unies a également développé des initiatives18 dans le domaine de l’emploi des jeunes comme : (i) la tenue des salons de l’emploi (Analamanga, Antsiranana, Mahajanga), avec l’appui de la OIT, (ii) la mise en place de 4 dispositifs d’information, d’orientation et d’accompagnement des personnes et entreprises victimes de la crise et exclues, en matière d’emploi et d’auto-emploi à Antananarivo-ville, Mahitsy, Toliary-ville et Saint Augustin (Toliary II), initiés par le PNUD.

L’inadéquation entre la formation acquise et la compétence requise constitue un problème majeur pour l’emploi des jeunes. L’enseignement général de base et universitaire, l’enseignement technique et la formation professionnelle publics19 produisent des diplômés qui ne correspondent pas toujours aux besoins du marché du travail. A titre d’exemple, près de 94 % des diplômés de l’enseignement supérieur en 2009 relevaient des filières de l’éducation, des lettres, des sciences sociales, des sciences et de la santé. Les filières de l’ingénierie et des industries de production ou de transformation n’ont formé qu’environ 4 % des diplômés, alors que ces profils sont en général beaucoup sollicités par le secteur privé.

Une étude effectuée en 2011 par l’Agence française du développement (AFD)20 identifie les secteurs suivants comme porteurs à Madagascar : le tourisme, l’agriculture et agro-industries, les NTIC, le transport et le BTP. La même étude relève que les filières de l’agriculture et du tourisme, considérés comme prioritaires au regard du potentiel d’emplois qu’ils regorgent ne comptaient que 500 étudiants. La même observation est faite pour le secteur du BTP qui manque structurellement d’employés qualifiés. Dans ces conditions, les difficultés de recrutement s’avèrent exacerbées dans les secteurs non considérés comme stratégiques, ou prioritaires, amenant certaines grandes entreprises à prendre des initiatives de création d’établissements de formation répondant aux profils recherchés. Par ailleurs, l’intervention des professionnels sur les méthodes d’enseignement dans le secondaire et le supérieur est encore faible.

Enfin, dans la mesure où le secteur formel n’a pas la capacité d’absorption suffisante de nombreux jeunes moins qualifiés, le secteur informel reste donc un lieu incontournable de l’insertion et de la professionnalisation. La crise actuelle à Madagascar renforce la prolifération du secteur informel par le développement du sous-emploi et des conditions de travail indécentes dont les jeunes constituent les principales victimes.

Du côté de la demande, l’insuffisance de création d’emplois pour absorber le flux de demandeurs d’emploi constitue un obstacle majeur, tout comme la déficience des flux d’informations entre chômeurs et recruteurs. L’embauche des jeunes demandeurs d'emploi à Madagascar dépend moins des différents coûts y afférents21 et du niveau actuel du salaire minimum légal. Les employeurs sont très réticents à embaucher des demandeurs d'emploi sans expérience professionnelle ou des primo-demandeurs d'emploi sur les contrats à long terme. Etant donné le nombre accru des nouveaux arrivants sur le marché de travail22 les initiatives des entreprises en faveur des nouveaux diplômés ou des stagiaires sont largement insuffisantes.

Des programmes basiques pour promouvoir l’emploi des jeunes existent, mais leur couverture est faible. Le système de recherche de l’emploi souffre de beaucoup de déficiences. L’étude de l’AFD a relevé l’absence d’un dispositif d’appui à l’insertion professionnelle. De ce fait, il revient souvent aux jeunes eux-mêmes d’engager les démarches de recherche d’emploi. Les quelques salons de l’emploi organisés dans le pays ne ciblent que les jeunes diplômés. Entre 25 et 50 % des jeunes chercheurs d'emploi ont la possibilité de s'inscrire à une agence pour l’emploi. Des cabinets de recrutement privés, qui fournissent une assistance dans la recherche d'emploi des jeunes, touchent moins de 10 % des jeunes. Enfin, il faut noter qu’aucun système d’allocations chômage n’existe à Madagascar.

Compte tenu de l’importance de la jeunesse au sein de la population, la promotion de l’emploi des jeunes devrait constituer une préoccupation majeure des autorités malgaches. Dans ce sens, les mesures suivantes sont préconisées.23 A court terme, il importe de : (i) mettre fin rapidement à la crise politique pour stopper la destruction de nouveaux emplois ; (ii) mettre en place, au sortir de la crise, des programmes spécifiques de soutien à l’emploi des jeunes, recouvrant la formation professionnelle, l’aide à la recherche d’emplois, l’appui à l’insertion, à la réinsertion et à la reconversion professionnelle, l’accès au crédit pour l’auto-emploi. A moyen terme, il est recommandé de : (i) repenser le système éducatif et de formation pour renforcer le lien avec l’emploi ; (ii) mettre en place un véritable programme de relance économique ciblant les secteurs qui ont le plus été affectés par la double crise, tout en accordant une attention particulière aux PME/PMI.

Carte du pays

Grande carte de pays

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