• La croissance de l’économie sud-africaine a été, selon les estimations, de 3.1 % en 2011, en hausse par rapport à 2010 (2.9 %). Elle devrait se ralentir à 2.8 % en 2012 à cause de la faiblesse persistante de l’économie mondiale et des handicaps structurels internes.

  • La réglementation des affaires reste favorable bien que les moyens insuffisants du secteur public et les divisions profondes au sein de la coalition au pouvoir sur l’orientation de la politique gouvernementale présentent des risques potentiels à moyen terme.

  • En dépit d’une politique globale comportant des mesures de protection sociale en vue d’éradiquer l’extrême pauvreté et la faim, la pauvreté et les inégalités demeurent à un niveau élevé. L’Afrique du Sud est toujours l’une des sociétés les plus inégalitaires au monde.

Vue d'ensemble

Selon les estimations, le produit intérieur brut (PIB) de l’Afrique du Sud a progressé de 3.1 % en 2011 contre 2.9 % en 2010. La croissance devrait se ralentir à 2.8 % en 2012 à cause des handicaps structurels internes et de la fragile reprise de l’économie mondiale. Sous réserve que cette reprise se confirme et que la crise budgétaire et financière de la zone euro trouve une solution ordonnée, la croissance du PIB devrait s’élever à 3.6 % en 2013.

Le déficit budgétaire est passé de 4.2 % en 2010 à 4.8 % en 2011 et devrait retomber à 4.4 % en 2012. Le taux des prises en pension de la Banque centrale s’est maintenu à 5.5 %, le plus bas depuis trente ans, tout au long de 2011. Le taux d’inflation en termes annuels a été de 5.0 % en 2011. Il devrait, selon les prévisions, s’élever à 6.2 % en 2012 avant de revenir à 5.4 % en 2013.

La consommation a connu un taux de croissance de 3.5 % et les investissements ont progressé de 5.2 % en 2011 (estimations). L’investissement direct étranger (IDE) en Afrique du Sud s’est élevé à 4.5 milliards de dollars (USD) en 2011 contre 1.2 milliard en 2010. La dépense intérieure s’étant améliorée en prévision d’une croissance de la formation de capital fixe en 2013, la forte teneur en importations de l’Afrique du Sud devrait augmenter et exercer une pression sur sa balance commerciale durant les deux prochaines années. Conjointement avec des sorties accrues dans les services, les revenus et les transferts courants, cette évolution creusera probablement le déficit de la balance des opérations courantes qui passerait à 3.9 % en 2012, puis à 4.3 % en 2013.

Comptant pour environ 21 % de la dette publique extérieure, les emprunts extérieurs des entreprises publiques, destinés à financer l’amélioration des infrastructures et la mise en œuvre de nouveaux projets, ont provoqué une importante augmentation de la dette extérieure au cours de l’année budgétaire 2010/11 par rapport au précédent exercice. Cependant, les indicateurs de la charge de la dette ne font apparaître aucun risque de difficultés pour le service de la dette à court terme. La dette extérieure se situe à moins de 10 % du total de la dette publique et l’État peut emprunter localement avec une relative facilité.

Le taux de chômage est tombé à 23.9 % à la fin 2011 contre 25.0 % au troisième trimestre. Environ 1 million d’emplois a été détruit entre le quatrième trimestre 2008 et le troisième trimestre 2010. Mais, dans une évolution positive, 365 000 emplois ont été créés en 2011. La stratégie globale du gouvernement contre le chômage figure dans le New Growth Path (NGP) avec pour objectif la création de 5 millions d’emplois en dix ans. Un projet de Plan national de développement : Vision pour 2030, préparé par la Commission nationale de planification, est actuellement soumis à un débat public.

Figure 1 : Taux de croissance du PIB réel (Australe)

Tableau 1 : Indicateurs macro-économiques 2012

 2010201120122013
Taux de croissance du PIB réel2.93.12.83.6
Taux de croissance du PIB réel par habitant2.12.42.23.1
Inflation IPC4.356.25.4
Balance budgétaire % PIB-4.2-4.8-4.4-4.2
Balance courante % PIB-2.8-3.1-3.9-4.3

Développements récents et perspectives

Tableau 2 : PIB par Secteur (en pourcentage du PIB)

 20062011
Agriculture, foresterie, pêche et chasse2.92.4
Agriculture, élevage, sylviculture et pêche--
dont agriculture--
Mines et extraction8.49.8
dont pétrole--
Industries manufacturières17.513.4
Electricité, gaz et eau2.32.9
Electricité, eau et assainissement--
Construction2.94.5
Vente en gros et de détail, hôtels et restaurants13.714.5
dont hôtels et restaurants--
Transports, entreposages et communications9.88.2
Transport et stockage, information et communication--
Finance, immobilier et services aux entreprises21.621.2
Intermédiation financière, services immobiliers, services aux entreprises et autres services--
Services des administrations publiques--
Administration publique et défense, sécurité sociale, éducation, santé et travaux sociaux--
Administration publique, éducation, santé14.616.3
Administration publique, éducation, santé et autres services sociaux et personnels--
Autres services communautaires, sociaux et personnels--
Autres services6.26.9
Produit intérieur brut aux prix de base / au coût des facteurs100100
Vente en gros et de détail, hôtels et restaurants--

Selon les estimations, la croissance du PIB a augmenté de 3.1 % en 2011 contre 2.9 % en 2010. Elle a été freinée par des grèves, notamment dans les mines et les industries manufacturières, et les conséquences du ralentissement mondial sur les exportations, mais a été soutenue par les dépenses publiques et les dépenses des ménages, ainsi que par la formation de capital fixe.

En 2012, la croissance du PIB réel devrait se ralentir à 2.8 %, mais elle connaîtrait un certain rebond à 3.6 % en 2013. Son accélération suppose une reprise de l’économie mondiale en 2012 et un règlement approprié de la crise de la dette souveraine qui frappe l’Union européenne (UE).

L’augmentation de la valeur ajoutée en volume dans le secteur minier a connu un ralentissement à 0.2 % en 2011 à cause des grèves, des accidents, des problèmes logistiques, de l’entretien des usines, des hausses des tarifs de l’électricité et des augmentations de salaire supérieures au taux d’inflation. Les productions de charbon, d’or et de minerai de manganèse ont baissé, celles des produits industriels et du platine ont fléchi en raison de la diminution de la demande mondiale. Les incertitudes pesant sur l’économie internationale, une monnaie forte, le rand (ZAF), et des insuffisances dans les secteurs des transports et de l’énergie offrent de médiocres perspectives au secteur minier.

Dans le secteur agricole dans son ensemble, la valeur ajoutée en volume s’est contractée à 0.4 % en 2011. Les rendements des cultures n’ont pas réussi à égaler la récolte exceptionnelle de 2010, en partie à cause des inondations du début de l’année. Le modeste gain de production est venu des productions animales et des grandes cultures. La production de maïs, en particulier, a été à nouveau importante durant la saison 2010/11 pour atteindre 10.6 millions de tonnes, un chiffre néanmoins inférieur aux 12.8 millions de tonnes enregistrés la saison précédente.

Le secteur manufacturier a progressé de 2.4 % en 2011, mais est resté très en deçà du taux de croissance de 5.4 % de 2010. Ce secteur avait pris un excellent départ au premier trimestre avec une croissance de la valeur ajoutée en volume de 12.8 % en glissement trimestriel (taux annualisé). Mais l’activité a ensuite chuté, victime de l’affaiblissement de la demande mondiale et d’une perte de compétitivité résultant de l’appréciation du rand durant le premier semestre 2011. La demande en bâtiments résidentiels et non résidentiels a baissé, mais le secteur de la construction civile a progressé, tiré par les investissements dans le secteur public. Au total, le bâtiment et les travaux publics (BTP) ont progressé d’un faible 0.8 % en 2011, dans le sillage de la croissance ralentie de seulement 0.9 % en 2010. En 2009, le BTP avait connu une forte expansion de 7.9 % grâce aux dépenses d’infrastructures pour la Coupe du monde de football organisée dans le pays en 2010.

À l’exception des services à la personne, les composantes du secteur tertiaire ont connu une croissance supérieure à celle du PIB global avec, en tête, le commerce, les opérations publiques et financières, en dépit de conditions moins favorables dans le secteur bancaire. Le commerce automobile a également contribué à la croissance grâce à une forte demande de la part des ménages et au secteur de la location de voitures. Les transports ont subi un ralentissement d’activité, mais le secteur des communications a maintenu sa croissance soutenue, avec un taux de 3.3 %. Enfin, les administrations publiques ont enregistré en 2011 un taux de croissance de 3.9 %.

Ensemble, les dépenses des ménages et des administrations publiques ont progressé de 3.5 % en 2011 tandis que la croissance des investissements est estimée à 5.2 %. Pour la consommation privée, la croissance est estimée en 2011 à 3.4 %, tirée par les dépenses de biens de consommation durables, comme les automobiles et les ordinateurs, et les services liés aux loisirs et au divertissement.

Les dépenses dans les services ont également progressé, en particulier pour les communications. En revanche, en raison des fortes hausses de prix, les dépenses en produits alimentaires, carburants et autres biens de consommation courante des ménages ont connu une faible progression. La consommation privée devrait ralentir à 1.2 % en 2012 avant de se redresser à 2.2 % en 2013. La progression de la consommation publique devrait être faible, à 0.7 % en 2012 et 2013. L’IDE a atteint 4.5 milliards USD en 2011 contre 1.2 milliard USD en 2010, la Chine et les États-Unis étant les principaux investisseurs.

La formation brute de capital fixe est estimée avoir augmenté de 5.2 % en 2011, un redressement remarquable après la contraction de 1.6 % de 2010. Les entreprises publiques et privées et les administrations publiques ont toutes contribué à ce redressement. Selon les estimations, l’investissement privé a progressé de 5 % en 2011. Le rythme des investissements a été particulièrement soutenu dans l’agriculture, les communications, le stockage et les transports. En raison des capacités de production inutilisées et d’une demande insuffisante, à la fois à l’intérieur et à l’étranger, les investissements privés devraient ralentir à 4 % en 2012, avant une forte reprise à 8 % en 2013.

La formation brute de capital des administrations publiques a augmenté de 5.5 % en 2011 selon les estimations. Les entreprises détenues par l’État ont notablement augmenté leurs investissements. Le secteur électrique a investi dans des véhicules, des machines, des équipements pour les centrales de Medupi, Kusile et Ingula. La société de transports Transnet a investi dans les machines, les équipements et le BTP pour son nouveau pipeline multiproduit. En 2012, la formation brute de capital des administrations publiques devrait ralentir à 4.5 % avant de se redresser en 2013 avec une prévision de croissance de 8.5 %.

Politiques macroéconomiques

Politique budgétaire

Deux ans avant la récession de 2009, l’Afrique du Sud avait adopté une politique budgétaire anticyclique favorisant l’augmentation de la dépense publique pendant les périodes de ralentissement économique, et inversement. La politique budgétaire est par conséquent devenue expansionniste à partir de 2009 et l’est restée compte tenu de la faiblesse persistante de l’économie mondiale et du fragile redressement intérieur. En gros, la politique budgétaire de l’Afrique du Sud est guidée par trois principes : la soutenabilité de la dette publique à long terme, la politique anticyclique, l’équité entre générations.

Les investissements dans les infrastructures de réseau (énergie, technologies de l’information et de la communication et transports) se situant au cœur des projets publics de développement, les dépenses du secteur public pour les infrastructures ont atteint 7.5 % du PIB au premier semestre de 2011 et devraient s’élever à 7.8 % du PIB au cours des deux prochaines années, pour progressivement reculer par la suite. La grande majorité des investissements en infrastructures ont été lancés par des entreprises d’État, en particulier Eskom (électricité) et Transet (transports). La revalorisation des traitements des fonctionnaires et les augmentations d’effectifs ont porté la masse salariale dans la fonction publique à 12 % du PIB, soit 42 % des recettes publiques contre 31 % en 2008. C’est la composante des dépenses courantes qui a augmenté le plus vite.

Le déficit budgétaire a fortement reculé. Il est passé de 6.3 % du PIB durant l’exercice 2009/10 à 4.2 % en 2010/11 en raison principalement de la modération de la croissance des dépenses ne portant pas intérêt et d’une amélioration, modeste, des recettes fiscales. En 2011/12, le déficit budgétaire devrait se creuser légèrement, à 4.8 % du PIB. La croissance des dépenses publiques, soutenue par un flux plus élevé de règlements, avec les transferts et les subventions, excédera en effet la faible augmentation de la collecte des impôts. Le déficit devrait se réduire légèrement à 4.4 % en 2012/13 et à 4.2 % en 2013/14, principalement du fait de la modération de la croissance des dépenses primaires. Le déficit primaire s’est fortement réduit : de 4.0 % en 2009/10, il est tombé à 1.8 % en 2010/11. Le total des recettes fiscales pour 2012/13 est estimé à 905 milliards ZAF, soit 27.4 % du PIB, alors que le total des dépenses publiques atteindrait, pour le même exercice, 1 100 milliards ZAF, soit 32 % du PIB. En 2012 et 2013, on s’attend à ce que la politique budgétaire soit modérément expansionniste.

Tableau 3 : Opérations financières de l'Etat (en pourcentage du PIB)

 200320062007200820092010201120122013
Recettes totales (avec dons)23.226.32729.727.227.527.727.828
Recettes fiscales22.725.726.425.923.423.823.924.124.3
Recettes pétrolières---------
Dons000000000
Dépenses totales (et prêts nets) (a)25.525.72630.633.531.732.532.232.3
Dépenses courantes25.925.726.128.2312930.13029.8
Sans les intérêts22322.823.525.928.626.627.627.327
Salaires9.38.48.59.210.211.211.610.610.3
Intérêts3.62.92.52.42.32.42.62.72.9
Solde primaire1.33.53.51.5-4-1.8-2.2-1.6-1.4
Solde global-2.30.60.9-0.9-6.3-4.2-4.8-4.4-4.2

Politique monétaire

En moyenne annuelle, l’inflation des prix à la consommation, à 5 %, est restée en 2011 à l’intérieur de l’objectif visé, entre 3 % et 6 %. Toutefois, en novembre et en décembre, l’indice des prix a dépassé la limite supérieure de la fourchette, s’établissant à 6.1 %. Les hausses de prix de la nourriture, des boissons non alcoolisées et des transports sont les principales responsables de cette augmentation. L’inflation sous-jacente s’est maintenue autour de 3.9 %. Aussi bien les prix contrôlés que les prix non contrôlés gérés par les décideurs politiques se sont maintenus très au-delà de l’objectif pendant presque deux ans : en glissement annuel, ils s’établissaient respectivement en novembre 2011 à 16.1 % et 8.2 %. Selon les prévisions, l’inflation devrait, à 6.2 %, se maintenir au-dessus de la limite supérieure durant toute l’année 2012 avant de redescendre à l’intérieur de la fourchette en 2013, à 5.4 %.

Une réduction de 150 points de base du taux des prises en pension a porté le taux directeur de la Banque centrale à 5.5 %, son niveau le plus bas depuis trente ans, et donné une impulsion supplémentaire à l’économie en 2011. En termes réels, le taux des prises en pension s’est maintenu à 1.2 % en 2010 avant de tomber à 0.5 % en 2011. L’Afrique du Sud a adopté un système de taux de change flottant. Un brusque retournement de tendance dans les flux de capitaux depuis le second semestre 2011 et une aversion accrue aux risques de la part des investisseurs envers les marchés émergents ont conduit à une progressive dépréciation du rand à partir du troisième trimestre 2011, faisant peser une menace supplémentaire d’accélération de l’inflation.

En dépit de taux d’intérêt historiquement bas, la demande de crédit dans le secteur privé est restée modérée. Elle a progressé de 6 % en glissement annuel en novembre 2011, contre 5 % en janvier 2010, tandis que la masse monétaire (M 3) a reculé de 8.2 % en janvier à 7.26 % en octobre 2011. Les investissements dans le secteur privé auraient augmenté, selon les prévisions, de 5 % en 2011, loin des 12 % enregistrés en 2010.

Compte tenu des sombres prévisions pour la croissance, et les autres principaux indicateurs macroéconomiques : l’emploi, les investissements et les exportations, devant continuer à se situer bien en deçà de leurs niveaux d’avant la crise, un resserrement prématuré de la politique monétaire pourrait nuire à la reprise. La poursuite de l’actuelle politique monétaire en 2012 et 2013 est donc indispensable pour rétablir l’investissement privé et la consommation, facteurs incontournables de la croissance durable et de la création d’emplois. Au vu d’une déclaration du Comité de politique monétaire de janvier 2012, il est peu probable que le taux des prises en pension soit abaissé en 2012, sauf dans le cas où une forte détérioration de la conjoncture internationale viendrait manifestement affecter la croissance.

Coopération économique, intégration régionale et commerce

Le glissement de la puissance économique mondiale vers les pays en développement doit conduire la politique commerciale de l’Afrique du Sud à s’appuyer sur une intégration fonctionnelle approfondie dans la région, sur le continent africain et avec les économies émergentes, en particulier les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), qu’elle a rejoints en 2011.

La physionomie du commerce extérieur sud-africain a profondément évolué. À la fin 2010, 36 % des exportations de l’Afrique du Sud étaient destinées à l’Asie, 27 % à l’UE et 18 % à l’Afrique subsaharienne. Les exportations de produits manufacturés vers l’Asie et l’Afrique ont fortement augmenté, contrairement à celles destinées à l’Amérique et à l’Europe. En 2011, une dépréciation du rand pondérée en fonction des échanges, de 17 %, a permis d’améliorer la compétitivité internationale en augmentant de 3.3 % au troisième trimestre 2011 la valeur des exportations de marchandises. En parallèle, les importations ont augmenté de 4.6 % au cours du même trimestre, dopées par l’augmentation de la demande intérieure en biens de consommation et en capital.

Selon les estimations, le déficit de la balance commerciale s’est établi à 0.8 % du PIB en 2011 contre 1.0 % en 2010. Pour l’avenir, les importations devraient continuer à s’accroître si la dépense intérieure augmente, et en particulier s’il se produit un redressement des investissements fixes en 2013 avec pour conséquence une pression sur la balance commerciale dans les deux prochaines années. Si l’on ajoute à cela des sorties croissantes dans les services, revenus et transferts courants, le déficit de la balance du compte courant devrait atteindre au minimum 3.9 % en 2012 et 4.3 % en 2013.

L’IDE, principalement dans l’exploitation minière et le commerce de détail, s’est élevé à 4.5 milliards USD en 2011 contre 1.2 milliard en 2010. La chute de 70 % de l’IDE en 2010 s’explique par le choix des investisseurs de se tourner vers d’autres pays africains riches en ressources et/ou bénéficiant d’un marché intérieur plus vaste.

Tableau 4 : Comptes courants (en pourcentage du PIB)

 200320062007200820092010201120122013
Balance commerciale2.1-1.7-2-1.60.110.80.90.3
Exportations de biens (f.o.b.)22.925.326.531.123.223.524.325.124
Importations de biens (f.o.b.)20.827.028.532.723.122.523.524.323.8
Services0.2-0.8-0.9-1.5-1-1.2-1.2-1.5-1.5
Revenu des facteurs-2.7-2.0-3.4-3.3-2.2-2-2.2-2.5-2.4
Transferts courants-0.6-0.9-0.8-0.8-0.9-0.6-0.5-0.8-0.8
Solde des comptes courants-1-5.4-7.2-7.2-4-2.8-3.1-3.9-4.3

Politique de la dette

Bien que la dette publique ait fortement augmenté en 2011, la soutenabilité de la dette demeure solide. Entre le premier et le troisième trimestre de 2011, le stock de la dette intérieure est passé de 878 milliards ZAF à 966 milliards ZAF. Elle représente 89.5 % du total de la dette publique intérieure, le solde provenant de la dette publique extérieure. Celle-ci a atteint 113 milliards ZAF à la fin du troisième trimestre, principalement à cause de la faiblesse de la monnaie. En raison de la liquidité et de la rentabilité des marchés monétaire et financier du pays, l’emprunt intérieur, avec une combinaison de bons du Trésor et d’obligations à revenu fixe ou indexées sur l’inflation, constitue la principale source de financement du déficit.

La dette extérieure est passée de 25.6 % du PIB en juin 2010 à 28.5 % du PIB fin juin 2011. L’encours de la dette extérieure exprimé en rands est passé de 94 milliards USD fin décembre 2010 à 111 milliards USD fin juin 2011, principalement en raison de la dépréciation de la monnaie. 45 % de la dette extérieure est publique, le reste étant détenu par le secteur privé. L’emprunt extérieur par des sociétés publiques, qui détiennent environ 21 % de la dette publique extérieure pour financer l’amélioration et la construction d’infrastructures, a abouti à une forte augmentation des emprunts à l’étranger en 2011 par rapport à l’année précédente. Fin mars 2011, l’encours de la dette extérieure des sociétés publiques s’élevait à 10.5 milliards USD contre 5.3 milliards USD en mars 2010. Le niveau actuel de l’endettement extérieur par le secteur public et le secteur privé est cependant très inférieur au seuil de soutenabilité de 40 % recommandé par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale.

Le total brut de la dette publique, c'est-à-dire de la dette intérieure et de la dette extérieure, est passé de 139 milliards USD (35.4 % du PIB) à la fin mars 2011 à 175 milliards USD, soit 1 100 milliards ZAF (37.3 % du PIB), à la fin septembre 2011. Néanmoins, aucune menace pour le service de la dette n’apparaît dans les indicateurs de la charge de la dette. La dette extérieure se situe en dessous de 10 % du total de la dette publique et l’État est en mesure de mobiliser de la dette publique et à garantie publique en monnaie nationale avec une relative facilité. Le total net de la dette publique atteindra, selon les prévisions, 1 350 milliards ZAF (175.5 milliards USD), ou 36 % du PIB, à la fin de l’exercice 2012/13, et s’élèvera à 1 540 milliards ZAF, ou 38.5 % du PIB, à la fin de l’exercice 2014/15.

Figure 2 : Part de l’encours de la dette extérieure dans le PIB et ratio du service de la dette sur les exportations (en pourcentage)

Gouvernance économique et politique

Secteur privé

La réglementation des affaires en Afrique du Sud est considérée comme l’une des plus favorables sur le continent africain. Le rapport Doing Business 2012 de la Banque mondiale classe l’Afrique du Sud au 35e rang. En 2011, le pays a mis en œuvre une nouvelle loi sur les sociétés qui a éliminé l’obligation d’enregistrer le nom d’une entreprise, autrement dit l’obligation de soumettre le nom envisagé à une approbation réglementaire, et a simplifié les procédures d’enregistrement. Les obstacles, anciens et récents, à la création et à la légalisation des microentreprises sont, en revanche, nombreux : restrictions au financement, criminalité, difficultés d’accès à la terre et aux transports. Mais trois facteurs principaux pénalisent le climat des affaires dans le secteur formel : l’inefficacité de l’administration, le manque de qualification de la main-d’œuvre et une règlementation du travail considérée par certains comme contraignante.

La réglementation du marché des produits est jugée assez pesante, en partie du fait de la présence d’un nombre important d’entreprises parapubliques en position de quasi-monopoles. Selon le rapport Doing Business 2012, le commerce transfrontalier est l’un des plus difficiles de la région et l’Afrique du Sud occupe à ce sujet la 144e place sur 183 pays. En revanche, pour ce qui est du règlement des impôts, le pays présente de bons résultats, avec 9 paiements d’impôts et 200 heures par an, alors que la moyenne dans la région est de 28 paiements et 210 heures. De bons résultats sont aussi enregistrés pour l’octroi des permis de construire qui nécessite 13 procédures et un délai de 127 jours, alors que la moyenne dans la région est de 17 procédures et 288 jours.

Certains considèrent la législation sud-africaine sur le travail comme excessivement rigide pour l’embauche et le licenciement des travailleurs. Selon le rapport 2011/12 de Global Competitiveness, le salaire minimum d’un travailleur âgé de 19 ans et le ratio salaire minimum/valeur ajoutée sont presque trois fois supérieurs à la moyenne constatée dans les autres pays BRICS. La propriété foncière privée est garantie, mais le modèle actuel de redistribution des terres de gré à gré s’est révélé inefficace pour transférer une proportion importante de terres aux catégories de la population historiquement défavorisées.

Secteur financier

Le secteur financier en Afrique du Sud est étoffé. Il comprend 17 banques, deux banques mutuelles, de nombreux agences et bureaux de banques étrangères, des institutions non bancaires (dont des institutions de financement du développement, ou DFI, détenues par l’État), de plus petites institutions intermédiaires et la Bourse de Johannesburg qui, en 2011, se place au 18e rang mondial par son importance. Le secteur bancaire a résisté aux chocs et est sorti à peu près indemne de la crise bien qu’il doive faire face actuellement à une faible demande de crédits et à des coûts accrus. Les banques nationales sont déjà capitalisées au-delà des niveaux prévus par les nouveaux accords de Bâle III. Elles opèrent avec un ratio moyen d’adéquation des fonds de 15 %, ou de 12 % pour les capitaux Tier 1 – qui comprend les capitaux des actions ordinaires émises et des bénéfices non distribués – très au-dessus du minimum prudentiel exigé de 10 % d’adéquation des fonds propres. Pour autant, elles n’atteignent pas actuellement les nouvelles normes de liquidité mondiales. À cause de la mollesse de la reprise économique, les prêts non productifs représentaient 5.5 % des prêts bruts en novembre 2011, mais devraient se stabiliser à ce niveau.

À la suite de la réduction de 650 points de base du taux directeur entre 2008 et 2010, le taux préférentiel est tombé à 9 % en 2011, alors que le taux d’épargne moyen offert par cinq grandes banques était de 5.34 % l’an, soit un écart dans les taux d’intérêt de 4.66 % à la fin 2011. Le ratio bancaire de prêts sur les dépôts a reculé à 93 % en juin 2011 contre 100 % en mars 2008, procurant une confortable protection contre les pressions sur les liquidités.

En dépit du haut niveau de développement du secteur financier, 37 % des 33 millions d’adultes sud-africains n’avaient pas accès aux services bancaires en 2010. La majorité des entreprises du secteur informel accèdent difficilement au financement officiel. Des filières alternatives de financement des petites et moyennes entreprises (PME) ont été créées par les pouvoirs publics, telles que la fourniture de garanties de crédit aux banques commerciales qui acceptent de prêter aux petites entreprises et des prêts directs par des organismes spécialisés dans le financement des PME. Trois agences étatiques de soutien au développement intervenant dans les secteurs de la microentreprise et des PME devaient fusionner en un organisme unique pour devenir en avril 2012 une filiale de la plus grande DFI du pays, Industrial Development Corporation.

Gestion du secteur public, institutions et réformes

Le régime juridique de l’Afrique du Sud assure une protection efficace du droit de propriété et les droits contractuels sont respectés et appliqués. Les lois et règlements relatifs aux entreprises et aux individus sont normalement mis en œuvre. Les investisseurs nationaux et étrangers sont autorisés à intervenir dans tous les secteurs de l’économie sans aucune discrimination. Les transferts de propriété foncière aux populations historiquement désavantagées restent lents. Une nouvelle législation sur les ventes de gré à gré a été présentée en 2011 et devait entrer en vigueur en 2012.

En décembre 2011, le ministère du Commerce et de l’Industrie a publié un projet d’amendement à la loi d’autonomisation économique des Noirs (Broad-Based Black Economic Empowerment, B-BBEE) en vue d’aligner le texte existant sur une législation connexe et de prévoir l’installation d’une commission chargée de contrôler et d’évaluer les interventions dans ce domaine à l‘échelle du territoire. Le projet propose aussi d’alourdir les pénalités contre les entreprises pratiquant le prête-nom, autrement dit prétendant faussement qu’un Noir occupe un poste à responsabilités dans l’entreprise, et autres violations de la loi.

Faute de personnel compétent et de moyens suffisants pour gérer les recettes, les autorités locales se heurtent à de nombreux obstacles pour fournir les services essentiels. En décembre 2011, le gouvernement a placé cinq districts de la province du Limpopo et plusieurs autres dans deux autres provinces sous administration directe de l’autorité centrale en raison d’insuffisances dans la gestion financière. Le recrutement de fonctionnaires repose, dans la mesure du possible, sur le mérite. Mais les services publics sont confrontés au dilemme politique de corriger les déséquilibres raciaux instaurés sous l’apartheid tout en évitant d’affaiblir la puissance publique et de miner sa confiance et sa crédibilité.

Pour combattre la corruption, des mesures ont été prises par les pouvoirs publics, en particulier une politique en matière de conflits d’intérêts. Toutefois, la perception de la corruption augmente dans le pays. Et, selon le rapport 2011 de Transparency International, l’Afrique du Sud est tombée entre 2010 et 2011 de la 54e à la 64e place (sur 183 pays) sur le baromètre mondial de la corruption.

Gestion des ressources naturelles et environnement

Dans le cadre d’une gestion d’ensemble de la politique de l’environnement, le gouvernement a approuvé en octobre 2011 une réponse nationale aux changements climatiques s’efforçant de concilier les objectifs de création d’emplois et de croissance économique avec la viabilité environnementale et la réduction des émissions de gaz à effet de serre. L’objectif est d’abaisser les émissions de CO2 de 34 % au cours des dix prochaines années en imposant des quotas aux plus gros pollueurs.

En 1990, l’Afrique du Sud a adhéré à la Convention de Vienne pour la protection de la couche d’ozone et au Protocole de Montréal sur les substances qui appauvrissent la couche d’ozone. Le ministère de l’Environnement met en œuvre actuellement une stratégie nationale pour éliminer les substances détruisant la couche d’ozone.

Des progrès ont été accomplis par l’Afrique du Sud en direction du 7e objectif du Millénaire pour le développement (OMD), relatif à l’environnement, en particulier en réduisant de moitié la proportion de personnes n’ayant pas accès à l’eau potable. Il est toutefois improbable qu’elle respecte le calendrier pour assurer la viabilité environnementale. Le pays accuse en effet un retard dans de nombreux domaines, comme le niveau des émissions de CO2, la surexploitation des réserves de poissons, l’accès à un assainissement minimum et l’existence d’une large population dans des logements de fortune. Environ 1.2 million de ménages vivent actuellement dans des lotissements sauvages. Par ailleurs, les moyens de contrôle de la qualité et du débit de l’eau, de la qualité de l’air, de la déforestation et d’autres formes de dégradation du sol sont inadaptés. D’importants investissements pour renforcer les systèmes de contrôle de l’environnement sont donc indispensables.

La surface du sol occupée par la forêt, indicateur-clé pour la viabilité environnementale, est de 36.6 %, mais la forêt indigène ne compte que pour 0.4 % du total des terres, le reste des essences ayant été planté à partir de 1880. L’Afrique du Sud manque d’eau et sa conservation équitable est cruciale.

Contexte politique

La participation de 57.7 % aux élections municipales de mai 2011 a été la plus élevée depuis le premier scrutin de ce type organisé en 2000. Le Congrès national africain (ANC) reste prédominant, avec 62 % des voix, bien que son score ait baissé dans plusieurs provinces. La capacité des pouvoirs publics, tant au plan local que national, de fournir les services sociaux de base comme l’eau et l’assainissement, constitue un enjeu majeur. La fourniture de ces services a été un facteur déterminant dans le succès de petits partis aux élections municipales.

En décembre 2011, l’ANC a déposé un projet de loi sur la protection de l’information (Protection of Information Bill, PIB) à la chambre basse du Parlement en dépit d’une forte opposition de la part d’organisations de la société civile, des médias et des syndicats, qui ont vu dans ce projet une menace pour la démocratie. Le texte devait faire l’objet d’amendements au début de 2012 avant de devenir une loi dans le courant de l’année.

En novembre 2011, le remuant président controversé de la Ligue de la jeunesse de l’ANC, Julius Malema, a été suspendu de ses fonctions pour cinq ans pour des actes jugés préjudiciables au parti et au pays. En mars 2012, la suspension a été transformée en exclusion du parti, Julius Malema ayant fait appel de cette première décision. Les craintes que cette exclusion n’accroisse les divisions à l'intérieur du parti ne se sont pas vérifiées, mais des désaccords politiques importants subsistent toutefois au sein de l'ANC comme parmi ses partenaires de la coalition, le Congrès des syndicats sud-africains (COSATU) et le parti communiste sud-africain. On s’attend à ce que ces désaccords surgissent au premier plan lors du congrès de l’ANC, en juin 2012.

Contexte social et développement humain

Développement des ressources humaines

L’Afrique du Sud dispose des politiques et des moyens nécessaires pour améliorer les indicateurs de ressources humaines, mais il lui manque une capacité de mise en œuvre pour traduire ces politiques en résultats durables à grande échelle, comme le souligne la baisse très lente de la mortalité des enfants de moins de 5 ans et de la mortalité maternelle. Des progrès notables ont pourtant été accomplis dans la lutte contre la malnutrition, la transmission du VIH de la mère à l’enfant ainsi que dans la couverture nationale des vaccinations et l’accès à des soins gratuits. Le taux de transmission du VIH de la mère à l’enfant est ainsi tombé de 8.5 % en 2009 à 3.5 % en 2010.

L’Afrique du Sud a en effet élargi la gamme de ses initiatives contre le VIH/Sida avec les conseils et dépistages volontaires fournis dans plus de 95 % des établissements de santé, la distribution de préservatifs, l’accroissement de la fourniture de traitements antirétroviraux et l’introduction en 2008 de bithérapies pour la prévention de la transmission de la maladie de la mère à l’enfant. Bien que mettant en œuvre le plus vaste programme de thérapies antirétrovirales au monde, l’Afrique du Sud n’a pas encore atteint l’objectif d’un accès universel à ces traitements. Il semble donc peu probable qu’elle atteigne le 6e OMD, prévoyant un arrêt et un renversement de tendance en 2015 dans la diffusion du VIH et de la tuberculose.

Le paludisme n’est pas une maladie endémique en Afrique du Sud et ne constitue donc pas un risque majeur pour la santé, sauf dans certaines zones des provinces du Limpopo, du Mpumalanga et du KwaZulu-Natal. Le taux de décès dus au paludisme se situe à un très bas niveau, entre 4 et 10 pour mille en 2009.

L’OMD prévoyant avant 2015 l’accès à l’enseignement primaire a été réalisé pour les enfants jusqu’à l’âge de 13 ans – soit environ 30 % de la population sud-africaine. Le taux de scolarisation des enfants entre 7 et 13 ans était en 2009 de 98.4 % pour les garçons et de 98.8 % pour les filles. Quant au taux d’alphabétisation, il est passé de 88 % en 1999 à 91 % en 2009.

Réduction de la pauvreté, protection sociale et travail

Identifier les catégories les plus vulnérables et les plus pauvres et mettre en œuvre un programme global de sécurité sociale combinant un soutien au revenu et un régime de salaire social : telle est la stratégie des pouvoirs publics contre la pauvreté. En 2011, les prestations sociales ont été versées à 15.2 millions de Sud-africains contre 2.5 millions en 1998. La hausse des prestations ces dernières années s’explique par le relèvement à 18 ans de l’âge auquel les enfants peuvent en bénéficier. En 2010/11, 10.9 % du budget total, soit 3.4 % du PIB, a été affecté aux prestations sociales. Les crédits pour l’éducation, les centres médicaux et hôpitaux et l’aide au logement sont passés de 10 % du PIB en 2006 à 15 % en 2009.

La politique active conduite pour réduire la pauvreté a permis de faire tomber la proportion des personnes vivant avec moins de 1 dollar par jour de 11.5 % en 1994 à 5.0 % en 2010. L’Afrique du Sud a ainsi réduit de plus de moitié la population vivant dans un état d’extrême pauvreté et réalisé le 1er OMD. La réduction de la pauvreté pour des niveaux de revenus plus élevés, comme 2.50 dollars par jour, est plus lente.

Dans une approche globale de la lutte contre l’extrême pauvreté et la faim, un système de filets sociaux a été mis en place. La gratuité de l’école a été étendue en 2010 des 40 % d’enfants les plus pauvres aux 60 % les plus pauvres et bénéficie désormais à 8 millions d’élèves dans 20 000 établissements. De plus, 2.8 millions et 11.5 millions de logements ont bénéficié, respectivement, de services d’eau et de services d’électricité gratuits durant l’année budgétaire 2008. L’Afrique du Sud reste pourtant l’une des sociétés les plus inégalitaires au monde. Selon un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), le coefficient de Gini sur la distribution des revenus des ménages est passé de 0.66 au début des années 1990 à 0.7 à la fin des années 2000.

Depuis 1994, l’Afrique du Sud a ratifié douze conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT), dont la convention 182 sur les pires formes de travail des enfants et sept autres proclamant le caractère fondamental du respect des droits de l’Homme au travail. De nombreuses lois ont été votées pour conformer le pays à la plupart de ces conventions et faire en sorte qu’elles soient appliquées.

En raison de handicaps structurels, la création d’emplois a pris du retard sur la reprise économique entamée en 2010. Au plus fort de la récession, entre le quatrième trimestre 2008 et le troisième trimestre 2010, l’économie a perdu 1 million d’emplois et le taux de chômage est passé de 21.9 % à 25.3 %. Le chômage des jeunes a également augmenté entre 2008 et 2010, de 45.5 % à 50.5 %. Grâce à la reprise, entre le dernier trimestre de 2010 et le dernier trimestre de 2011, 515 000 emplois ont été créés, soit la moitié des emplois détruits durant les sept mois précédents

Égalité hommes-femmes

L’Afrique du Sud a fait des progrès importants dans la lutte contre les inégalités en matière de santé et d’éducation. Au cours de l’année budgétaire 2010/11, la base des soins prénatals était assurée dans 79.4 % des établissements de santé publique. Un projet d’amendement à la loi sur la santé nationale a été adopté en janvier 2011 pour rendre effectives les normes fondamentales et les appliquer. Des progrès ont également été accomplis dans la scolarisation des filles dans le secondaire ; en 2009, le ratio de scolarisation des filles par rapport aux garçons était de 104.8 %. Des progrès ont aussi été constatés dans l’enseignement supérieur

La proportion de femmes dans les emplois salariés non agricoles s’est légèrement accru au cours des dernières années, passant de 44 % en 2005 à 45 % en 2010. En revanche, si la pauvreté a été divisée par deux pour les deux sexes, la part des femmes vivant avec moins de 1 dollar par jour est plus élevée que celle des hommes. Environ 70 % des entreprises du secteur informel sont possédés et/ou dirigés par des femmes.

L’Afrique du Sud a signé et ratifié la Convention pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, ainsi que plusieurs instruments, traités et conventions internationaux sur les droits de l’Homme. De nombreuses lois pour protéger la femme contre la violence et les abus ont également été adoptées. Les violences contre les femmes demeurent cependant à un niveau très élevé. La représentation des femmes est passée de 27.8 % en 1994 à 44.0 % en 2009 au Parlement sud-africain, de 25.4 % à 42.4 % dans les assemblées provinciales et s’établit à 40.0 % dans les instances locales.

Analyse thématique : Promouvoir l’emploi des jeunes

Le taux de chômage en Afrique du Sud était de 24.9 % en 2011, supérieur aux 22.8 % enregistrés en 2008, à la veille de la récession. Chez les jeunes, le taux de chômage est deux fois supérieur à la moyenne nationale. De 45.5 % en 2008, il est passé à 50.5 % en 2010. Une enquête effectuée par l’institut de statistiques sud-africain dresse le tableau suivant du chômage des jeunes dans le pays :

  • 42 % des moins de 30 ans sont au chômage contre un taux de 17 % pour les adultes de plus de 30 ans.
  • Seulement 1 sur 8 (13 %) des moins de 25 ans en âge de travailler occupe un emploi, contre 40 % dans la plupart des économies émergentes.
  • Les jeunes chômeurs sont dans l’ensemble moins qualifiés et moins expérimentés : 86% d’entre eux n’ont pas suivi d’études poussées ou supérieures, et les deux tiers n’ont jamais travaillé.

Le chômage des jeunes s’est aggravé avec la récession économique de 2008-09. Les jeunes ont été les victimes à 40 % du million d’emplois disparus entre le dernier trimestre de 2008 et le troisième trimestre de 2010. Chez les jeunes travailleurs âgés de 15-24 ans, le niveau d’emploi a chuté de 21.8 % (soit 355 000 emplois) comparé à une baisse totale de 6.4 %. Mais le taux de chômage au cours du quatrième trimestre de 2011 a reculé à 23.9 % contre 25.0 % au trimestre précédent, confirmant l’espoir d’une reprise effective.

Son haut niveau de chômage, en général et chez les jeunes, singularise l’Afrique du Sud parmi les pays ayant un niveau de développement économique comparable. Seulement 40 % des jeunes en âge de travailler ont un emploi, alors qu’ils sont 65 % au Brésil, 71 % en Chine et 55 % en Inde. La moyenne dans les pays émergents est de 56 %.

Au début de 2011, le gouvernement a publié un document de travail intitulé Confronting Youth Unemployment : Policy Options for South Africa qui recense les facteurs responsables du haut niveau de chômage chez les jeunes. Parmi ces facteurs figure le bas niveau d’éducation et de formation qui a pour résultat un décalage entre l’offre de travail et les emplois disponibles. Ce constat débouche sur une situation paradoxale : le chômage se maintient à un niveau élevé, mais la pénurie de main-d’œuvre qualifiée a conduit le gouvernement à lancer en 2010 un programme ambitieux pour chercher à attirer temporairement 50 000 travailleurs étrangers par an. Toutefois, selon un rapport au Parlement du ministère du Travail et de l’Industrie, seulement 2 497 visas avaient été délivrés à la mi-2011, ce qui sous-entend la persistance du décalage entre les offres d’emplois et les qualifications.

En dehors de cette pénurie de qualifications, le manque d’expérience professionnelle est également un facteur de nature à boucher les perspectives d’emploi pour les jeunes. Une récente étude du Trésor public a montré que la probabilité de trouver un emploi dans les six mois augmente avec l’âge : un chômeur âgé de 18 à 24 ans a environ 11 % de chances de trouver un emploi dans ce laps de temps, contre 22 % de chances pour un demandeur d’emploi âgé de 25 à 54 ans, l’écart s’expliquant principalement par l’expérience professionnelle.

La stratégie globale des autorités contre le chômage figure dans le NGP publié en 2010 par le ministère du Développement économique. L’objectif est la création de 5 millions d’emplois d’ici à 2020 dans les infrastructures et le logement, l’agriculture et l’industrie agroalimentaire, le tourisme, l’économie verte, etc. Des politiques ont été lancées pour stimuler la demande de travail par une accélération de la croissance économique, améliorer l’offre de travail par un meilleur système d’éducation et de formation professionnelle, et renforcer le marché du travail pour assurer une véritable interface entre les employeurs et les demandeurs d’emploi.

L’accent a été mis sur les initiatives en faveur de l’offre de main-d’œuvre. Une prime à l’emploi des jeunes a été proposée pour encourager les employeurs à embaucher de jeunes travailleurs qui ne l’auraient pas été en raison de leur manque d’expérience. L’expérience et la formation acquises durant la période où le travail est subventionné devraient améliorer les perspectives de carrière à long terme pour les bénéficiaires. Une partie des syndicats craint toutefois que cette procédure ait un effet négatif pour les travailleurs qualifiés, les entreprises risquant d’embaucher des jeunes au rabais pour économiser sur les salaires. Des négociations se sont ouvertes entre le gouvernement et les syndicats à ce sujet. Un fonds de 9 milliards ZAF (environ 1 milliard USD) en faveur de l’emploi a aussi été proposé pour soutenir les projets susceptibles de créer un très grand nombre d’emplois, en particulier pour les jeunes. À moyen terme, entre 50 000 et 100 000 emplois pourraient être créés. Les programmes de travaux publics sont élargis. Il s’agit principalement de développement des infrastructures, mais aussi de projets sociaux, environnementaux et communautaires lancés par plusieurs départements ministériels, des municipalités et des « organisations partenaires ». Le but est de créer environ 800 000 emplois à court terme entre 2011 et 2012. Ce programme est complété par le Community Work Programme, une initiative pilote destinée à fournir un « filet de sécurité de l’emploi ».

Pour assurer leur succès, ces interventions devront tirer les leçons des expériences précédentes. Le fonds de la jeunesse Umsobomvu, par exemple, en vigueur de 2001 à 2009 avant d’être remplacé par l’Agence nationale de développement de la jeunesse, a créé un nombre d’emplois bien en deçà du nombre de jeunes auxquels il apportait de l’aide. Les jeunes bénéficiant des services de conseil à l’emploi avaient augmenté de 16.2 % durant la période, alors que le nombre d’emplois créés et/ou aidés avait baissé de 6.6 %.

Quant aux initiatives pour la demande de travail, le ministère du Développement économique a signé en 2011 de nombreux accords avec l’industrie, les autorités et les syndicats, visant entre autres à développer des formations susceptibles de créer de l’emploi. Le ministère collabore aussi avec le ministère du Commerce et de l’Industrie pour renforcer financièrement les PME et leur apporter d’autres formes d’aide. L’économie sud-africaine est dominée par de grandes entreprises et le soutien aux PME est jugé essentiel pour compléter le potentiel de création d’emplois de ces sociétés.

Concernant le marché du travail, le ministère du Travail cherche à étendre au plan national ses services pour l’inscription des demandeurs d’emploi et les possibilités de stages, le placement des candidats, les programmes de formation et l’information sur les perspectives professionnelles. Un débat sur la législation du travail est en cours au sein du gouvernement et parmi les partenaires de la coalition au pouvoir. Certains la jugent trop rigide et lui attribuent la responsabilité du haut niveau de chômage parce que les entreprises seraient réticentes à embaucher des travailleurs sans avoir suffisamment de liberté pour les licencier. Le projet de Plan national de développement : Vision 2030 propose une série de réformes du marché du travail pour faciliter la création rapide d’emplois en améliorant la compétitivité internationale du pays.

Carte du pays

Grande carte de pays

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