La gouvernance politique
L’année 2010 aura été marquée par une recrudescence des manifestations populaires, signe de l’ampleur des revendications, économiques et autres, d’une grande partie de la population africaine. Mais c’est aussi une année où la violence a reflué. L’indicateur PEA des violences non étatiques en 2010 a perdu 40 % par rapport à son niveau de 2009. Qui plus est et malgré l’augmentation du nombre des manifestations, les autorités restent sur la tendance d'une plus grande modération, déjà observée en 2009 – ils font moins appel à la violence et à des mesures de répression politique (interdictions de la presse et des manifestations, etc.) – et sont nettement moins agressifs qu’en 2008. Freedom House continue pourtant de classer 20 pays africains dans la catégorie des pays « non libres ».
Des élections ont été organisées dans 13 pays en 2010. L’apogée de cette année électorale a été atteint avec le scrutin présidentiel qui s'est paisiblement déroulé en Guinée, mettant fin à une crise constitutionnelle provoquée par le coup d’État de 2008. Les perspectives d’une nouvelle guerre civile en Côte d’Ivoire à la suite d'un scrutin présidentiel contesté ont marqué le point bas de 2010.
Le premier trimestre 2011 a été l’un des plus agités de toute l’histoire africaine. En Tunisie et en Égypte, des révoltes populaires pacifiques ont conduit au reversement de gouvernements autoritaires au pouvoir depuis des années. La Libye voisine s’est enfoncée dans une guerre civile qui a provoqué une intervention militaire de forces internationales. Personne ne peut vraiment dire comment la situation va évoluer dans ces trois pays et chez leurs voisins, ni quelles répercussions ces événements auront en dehors de l’Afrique du Nord. L’année 2011 verra un nombre record d’élections se dérouler en Afrique, avec 28 scrutins nationaux dans 20 pays. L’un des événements électoraux majeurs s'est déroulé en janvier, au Soudan, où s'est tenu régulièrement un referendum en faveur de la partition du Nord et du Sud du pays, prévue en juillet 2011.
Ce chapitre prend les événements du début de 2011 pour décrire le paysage politique de l'Afrique en 2010. L'analyse est basée sur un ensemble de données couvrant les tension civiles sur une période de 15 ans (sous la forme de grèves, de manifestations et de victimes de la violence par des acteurs non-gouvernementaux) et les réponses du gouvernement (sous la forme de violence, arrestations, interdictions, couvre-feux, états d'urgence et mesures de répression, ainsi que la levée de l'interdiction, la libération de prisonniers politiques et d'autres mesures d'assouplissement) dans 25 pays africains1 (voir la section sur la méthodologie de l'annexe statistique pour plus de détails). L'analyse se fonde également sur les mesures de liberté et démocratie de Freedom House et Reporters sans frontières.



