Finances publiques
Le solde budgétaire des pays exportateurs nets de pétrole (dons compris) a affiché en 2008 un excédent équivalant à 6.1 pour cent du PIB, contre 4 pour cent en 2007, essentiellement grâce à l’envolée des cours du pétrole mais aussi à des augmentations de production dans certains d’entre eux (ce n’a été le cas ni de l’Algérie, ni de la Libye ni du Nigeria). Le groupe des pays importateurs nets de pétrole a vu son déficit global se creuser en 2008 à l’équivalent de 1.8 pour cent du PIB (contre 0.3 pour cent en 2007). Cette aggravation du déficit dans les pays importateurs nets de pétrole reflète l’augmentation des subventions aux carburants, aux engrais et aux denrées alimentaires dans de nombreux pays qui ont tenté d’atténuer les retombées sur le consommateur du renchérissement des importations. La poursuite d’une gestion macro-économique globalement saine et le maintien d’un niveau élevé de dons – dont une partie sous forme d’allégements de dette – ont évité un creusement plus marqué des déficits. Les prévisions pour 2009 diffèrent radicalement pour les deux groupes de pays. Les pays importateurs nets de pétrole devraient voir leur déficit moyen s’aggraver à 2.7 pour cent, par suite notamment d’une baisse des rentrées fiscales liée au ralentissement de la croissance du PIB. Dans les pays exportateurs nets de pétrole en revanche, l’excédent affiché en 2008 devrait se transformer en un déficit massif, équivalent à 7.5 pour cent du PIB, ce repli étant en grande partie provoqué par la baisse des cours (et de la production dans certains pays). Des améliorations sont attendues dans les deux groupes en 2010. Les prévisions pour les dépenses publiques dans les pays exportateurs de pétrole tablent sur un financement de cet important déficit par les excédents accumulés auparavant. Mais ces pays devront continuer à investir dans des projets de diversification de leur économie, afin de réduire leur dépendance vis-à-vis du secteur pétrolier. Pour les pays importateurs de pétrole, moins riches, les allégements de dette et autres formes de soutien des institutions financières internationales et de leurs partenaires au développement bilatéraux seront particulièrement importants pour tenter de conserver une croissance positive du PIB pendant la récession mondiale actuelle. Là où l’inflation a franchi la barre des 10 pour cent, la monétisation du creusement prévu des déficits risque de se révéler délicate. De toute évidence, la plupart des pays africains doivent améliorer la mobilisation des ressources intérieures – un impératif qui fait progressivement son chemin.




