En 2008, la balance des opérations courantes de l’Afrique a affiché un excédent moyen équivalant à 3.3 pour cent du PIB, contre 2.2 pour cent en 2007. Ce chiffre global masque toutefois de profonds écarts entre pays. Les pays exportateurs nets de pétrole ont obtenu en 2008 un excédent commercial de 10.7 pour cent (un léger mieux par rapport aux 8.9 pour cent en 2007) alors que les pays importateurs nets ont connu un déficit commercial moyen conséquent, à 7.1 pour cent du PIB (contre 5.4 pour cent en 2007), à comparer à la moyenne de 1.6 pour cent observée sur la période 2000-05. Dans ce dernier groupe, seuls 7 pays sur 40 ont réussi à redresser sensiblement leur balance courante (Burundi, Cameroun, Guinée, Liberia, Mali, Tchad et Swaziland). Les excédents commerciaux des pays exportateurs nets de pétrole devraient céder la place à des déficits de 3.5 et 2.4 pour cent du PIB en 2009 et 2010, sous l’effet de la baisse des prix et de la production de pétrole (dans les pays africains de l’OPEP). Parallèlement, le déficit actuel moyen des pays importateurs nets devrait s’améliorer en 2009, le tassement du prix des importations étant supérieur aux réductions de prix des exportations. La situation devrait à nouveau se détériorer légèrement en 2010, la reprise économique s’accompagnant d’un regain des importations.

D’une manière générale, la balance des paiements de l’Afrique a bénéficié ces dernières années de l’accroissement des IDE et de la réduction sensible du service de la dette dans de nombreux pays PPTE (cf. section précédente). Pourtant, avec l’aggravation rapide des déficits courants liée à la récession mondiale, qui grignote les réserves internationales, les pays africains se tournent de plus en plus vers le FMI pour parer à une crise des parités des devises.