Paix et sécurité
Selon l’Institut Heidelberg de recherche sur les conflits internationaux (HIIK), le nombre de conflits en Afrique (Afrique subsaharienne et Maghreb) est resté stable, au nombre de 89. Il s’agit pour l’essentiel de conflits autour des ressources naturelles et, dans une moindre mesure, de conflits de nature politique sur un plan national et régional. Pour autant, le nombre de conflits très violents est passé de neuf à douze en 2008, mettant ainsi fin à une tendance à la décrue de l’intensité des violences ces dernières années. La dégradation de la situation au Tchad a entraîné son reclassement parmi les pays en guerre, au même titre que le Soudan pour le conflit au Darfour et la Somalie. Dans ce dernier cas, le retrait des troupes éthiopiennes au début de l’année 2009 n’a pas entraîné d’améliorations visibles, et les heurts entre le GFT et les groupes loyaux à l’Union des tribunaux islamiques se poursuivent. Résultat, l’Afrique est désormais la région du monde ayant le plus de guerres (conflits très violents) sur son territoire, même si elle se classe toujours en deuxième position, derrière l’Asie et l’Océanie, pour le nombre de conflits en cours.
Comme par le passé, l’Afrique subsaharienne détient le palmarès en nombre d’opérations de maintien de la paix des Nations unies pour l’année 2008 (dix sur un total de 17) : Burundi, Côte d’Ivoire, Éthiopie/Érythrée, Liberia, RCA/Tchad, RDC, Sahara occidental, Sierra Leone, Soudan (Sud) et Soudan (Darfour). En 2008, la mission des Nations unies en Éthiopie et en Érythrée (Minuee) a pris fin, malgré les regains de tension en 2007 autour du tracé frontalier. Si aucune nouvelle mission n’a été déployée, la Mission conjointe des Nations unies et de l’UA au Darfour (Unamid), approuvée en décembre 2007, est devenue opérationnelle en 2008. Cette initiative illustre la concrétisation de l’objectif des Nations Unies de renforcer la coopération avec les organisations multilatérales et régionales. Mais les opérations de maintien de la paix n’ont pas eu d’impact tangible. Devant l’instabilité croissante en RDC, le Conseil de sécurité des Nations unies a décidé de renforcer sa mission en RDC (la Monuc), avec l’envoi d’un nouveau contingent de 3 000 soldats.
Très active en 2007, avec le lancement de plusieurs initiatives régionales, l’UA aura limité ses interventions en 2008 à deux missions – la nouvelle mission de l’UA en Somalie (Amisom) et la mission mixte ONU-UA au Soudan. Des observateurs de l’UA restent déployés le long de la frontière entre la RDC et le Rwanda, aux côtés d’observateurs des Nations unies et des deux parties, ainsi qu’au sud Soudan. Des officiers de liaison de l’UA basés à Asmara et Addis Abeba participent au contrôle de la zone temporaire de sécurité entre les deux pays. La dégradation de la situation en Somalie a conduit en février 2008 le Conseil de sécurité des Nations unies à prolonger l’Amisom de six mois. En mars, des troupes de l’UA ont aidé les autorités comoriennes à rétablir le contrôle sur l’île dissidente d’Anjouan.
Les efforts visant à rendre opérationnelle l’Architecture africaine de paix et de sécurité (Apsa), lancée à Durban en 2002, se poursuivent : la consultation annuelle entre la Commission de l’UA, les membres du Conseil de paix et de sécurité de l’UA (CPS), les mécanismes régionaux de prévention, de gestion et de résolution des conflits, des représentants du G8, de l’UE, des Nations unies et d’autres partenaires, s’est déroulée en juin 2008 à Addis Abeba. L’avancement du programme de maintien de la paix et de la sécurité de l’UA a fait l’objet d’une évaluation et le Conseil des sages a été officialisé en décembre 2007. Fin janvier 2008, un protocole d’entente sur la coopération pour la paix et la sécurité a été signé entre l’UA et les mécanismes régionaux de prévention, de gestion et de résolution des conflits.
Dans le cadre du volet de renforcement des capacités de la Facilité de soutien à la paix pour l’Afrique (FSPA), mise en place par l’UE à la demande de l’UA, un certain nombre de mécanismes régionaux ont déjà déployé des officiers de liaison avec l’UA à Addis Abeba. En outre, l’initiative européenne de renforcement des capacités africaines de maintien de la paix (Euro-Recamp) a été lancée en novembre 2008 par l’UE pour assurer la formation de cadres civils et militaires africains membres de la Force africaine d’intervention (FAI), afin de remédier à un grave déficit de capacités. La FAI devrait permettre à l’UA de réagir rapidement à des situations d’urgence. Quant au dispositif d’alerte précoce sur le continent (CEWS), il devrait devenir opérationnel en 2009.



