Quelque 36 millions d’Africains dans dix pays ont été appelés aux urnes en 2008, pour des élections législatives et présidentielles. Le taux moyen de participation s’est établi à 70 pour cent, contre 36 pour cent en 2007. Deux pays ont largement contribué à ce résultat : le Ghana – premier des dix en termes de population – où 70 pour cent des électeurs ont fait le déplacement, et l’Angola, avec un taux de 98 pour cent.

Globalement, les résultats sont positifs : l’Angola a tenu ses premières élections démocratiques depuis la fin de la guerre, et les deuxièmes depuis son indépendance. Le processus s’est déroulé dans le calme et les observateurs n’ont pas constaté d’irrégularités majeures. Le Ghana, le Rwanda et la Zambie ont eux aussi connu des élections pacifiques.

Au Ghana, le scrutin présidentiel a été remporté par le leader d’opposition, John Atta-Mills, du Congrès démocratique national (NDC). Au Rwanda, les femmes occupent désormais 56 pour cent des sièges au parlement, faisant de cette assemblée la première au monde à avoir une majorité de femmes. Mais des violences postélectorales ont éclaté au Zimbabwe, où la situation s’est envenimée au point d’entraîner des violences d’État à l’encontre des membres de l’opposition. Au Kenya, les incidents déclenchés par les élections de 2007 ont perduré.

Quinze consultations électorales sont prévues en 2009, notamment en Côte d’Ivoire, où elles ont été reportées à de multiples reprises, et en Afrique du Sud, où des tensions croissantes pendant la campagne ont entraîné une scission au sein du parti majoritaire. Les premières élections présidentielles démocratiques devraient aussi être organisées en Angola, même si une réforme de la constitution risque d’entraîner leur report à 2010.