Globalement, la stabilisation politique et sociale progresse sur le continent, les gouvernements étant tenus de rendre davantage de comptes à des populations de plus en plus sensibilisées. L’organisation périodique d’élections en témoigne, tout comme les réformes structurelles de l’administration publique, qui ont amélioré la gouvernance et renforcé la transparence. Pourtant, la capacité administrative des États reste faible, entravant la consolidation des institutions démocratiques (en particulier dans les États fragiles) et, dans plusieurs  pays, l’appareil judiciaire n’est pas considéré comme une priorité pour les hommes politiques. Les manquements dans l’application des réglementations sont monnaie courante et limitent ce faisant le respect de l’État de droit.

 Comme l’édition 2008 des PEA le signalait, la violence lors de manifestations ou de grèves, l’expression ordinaire du mécontentement populaire, reste typique de la vie politique dans plusieurs  pays en 2008. Depuis la fin de l’année 2007, où l’augmentation du coût de la vie a déclenché des troubles, les considérations de politique économique gagnent du terrain et les autorités ont dû naviguer entre des mesures indispensables pour mettre fin à la grogne et le souci d’éviter un autoritarisme délétère pour les droits civiques et, en particulier, la liberté de la presse. À quelques exceptions près, l’attitude des gouvernements confrontés à ces problèmes s’est révélée constructive. Toute la difficulté consistera à conserver ce cap alors même que les dépenses publiques s’amenuisent et que l’aide des bailleurs de fonds semble incertaine.