L’évolution des apports financiers vers l’Afrique depuis dix ans est impressionnante, en termes de volume comme de composition. Entre 2000 et 2010, les investissements directs étrangers (IDE), les investissements de portefeuille et l’aide publique au développement (APD) ont pratiquement quintuplé, passant de 27 milliards de dollars (USD) en début de période à un total estimé à 126 milliards USD en 2010 (CAD/OCDE, 2010 ; Cnuced, 2010a ; FMI, 2010a). Mais c’est la composition de ces apports qui traduit le mieux le nouveau dynamisme économique de l’Afrique : depuis 2005, le continent attire plus d’IDE que d’APD. Qui plus est, la part de l’Afrique dans les flux mondiaux d’IDE ne cesse d’augmenter depuis dix ans, passant de 0.7 % en 2000 à 4.5 % en 2010. Ces chiffres témoignent de manière éclatante de la nouvelle place qu’occupe l’Afrique dans le monde et de sa capacité grandissante à exploiter les opportunités liées à la mondialisation. Pour autant, un certain nombre de difficultés demeurent.

Les investissements directs étrangers en Afrique continuent d’être concentrés dans un nombre limité de pays et de secteurs, 15 pays exportateurs de pétrole attirant à eux seuls 75 % de ces flux. Ce constat souligne bien la nécessité de poursuivre la diversification. De nombreux gouvernements s’attaquent à ce problème et manifestent leur volonté d’améliorer les cadres institutionnels. En 2011, les flux d’IDE vers l’Afrique devraient rester soutenus, étant donné la reprise observée dans de nombreuses régions du monde et le redressement des cours des matières premières. Néanmoins, les incertitudes entourant la situation en Afrique du Nord compliquent les prévisions, cette région ayant été la destination privilégiée des IDE depuis cinq ans.

L’aide publique au développement a atteint un niveau global de 120 milliards USD en 2009, soit une augmentation de 0.7 % en termes réels par rapport à 2008. La crise financière et son impact profond sur les budgets des pays donneurs n’a donc pas provoqué de repli des apports d’APD. L’APD bilatérale nette des donneurs du Comité d’aide au développement de l’OCDE (CAD/OCDE) à l’Afrique s’est établie à 28 milliards USD en 2009, dont 25 milliards pour les pays d’Afrique subsaharienne. Cela représente une progression de 3 % en termes réels par rapport à 2008 pour la totalité du continent et une augmentation de 5.1 % pour l’Afrique subsaharienne.