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Analyse thématique : Transformation structurelle et ressources naturelles

Auteurs: Philippe Trape, Mickaelle Chauvin

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  • Dans un environnement économique international incertain, caractérisé par les problèmes économiques et la faible croissance de la zone euro, principal client de la Tunisie, la croissance économique devrait légèrement progresser pour s’établir à 2.4 % en 2014 contre 2.3 % en 2013.
  • L’année 2014 a marqué la fin de quatre années de transition politique avec l’aboutissement des processus constitutionnel et électoral, ainsi qu’une vigilance renforcée pour rétablir la sécurité sur l’ensemble du territoire. Les réformes structurelles et de relance de l’investissement se font attendre, pour soutenir la transformation de l’économie et sortir le pays de la crise.
  • Les disparités régionales continuent de se creuser, malgré les politiques mises en oeuvre depuis l’Indépendance, rendant nécessaire une stratégie globale à moyen et long terme.

La croissance économique est estimée à 2.4 % en 2014, contre 2.3 % en 2013. Les autorités avaient tablé sur une prévision initiale de 4 % lors de la préparation de la Loi de Finances 2014. Cette dernière a été ramenée à 2.8 % en mars, deux mois après la formation du gouvernement du nouveau Premier ministre Mehdi Jomâa. Cette contre-performance s’explique notamment par une conjoncture difficile au premier semestre 2014, liée aux difficultés importantes du secteur du phosphate et des hydrocarbures. La production de phosphates s’est établie à 3.79 millions de tonnes en 2014, en hausse de 20 % par  rapport à 2013, mais en deçà de l’objectif de 5 millions de tonnes fixé par la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG). La production de pétrole a, quant à elle, diminué de 70 000 à 58 000 barils/jour. L’activité et la productivité de l’industrie non manufacturière demeurent entravées par des contraintes techniques, l’obsolescence de certains équipements et un mauvais climat social (grèves, manifestations, etc.). Les difficultés des secteurs des mines et des hydrocarbures depuis 2011 ont un coût important, estimé par les autorités à environ 1 % du PIB annuel. Dans ce contexte, la croissance en 2014 a été essentiellement tirée par les services, l’industrie manufacturière et l’agriculture.

Certains indicateurs économiques se sont améliorés. Le déficit budgétaire devrait rester contenu en 2014, grâce à une meilleure mobilisation des recettes et au contrôle des dépenses. L’inflation devrait également refluer. Une légère amélioration a été enregistrée sur le front du chômage, grâce aux politiques de soutien à l’emploi public mises en oeuvre depuis 2011. Le taux de chômage moyen, 15.2 % en 2014, affiche un recul de -0.1 % par rapport à 2013. Le chômage des diplômés a quant à lui baissé de 0.5 % pour s’établir à 31.4 %, un niveau qui reste préoccupant. Ce taux élevé résulte à la fois de la faible croissance, d’un mauvais climat des affaires et de la qualité inégale de l’offre de travail, en décalage avec les besoins réels des entreprises. La dette publique (extérieure et intérieure), estimée à 51.7 % du PIB en 2014, devrait atteindre 53 % du PIB en 2015. Sa progression s’avère régulière depuis 2011, en raison de la politique de relance par la demande menée par le gouvernement.

Plusieurs facteurs pourraient soutenir la croissance, prévue à 3 % en 2015 et 4.1 % en 2016. L’apaisement du climat politique et social grâce à la tenue des élections générales et la nomination d’un nouveau gouvernement en février 2015 sont de nature à contribuer à rassurer les investisseurs, mais l’attentat perpétré le 17 mars 2015 contre le musée du Bardo à Tunis pourrait remettre en cause le retour de la confiance. La baisse des prix du pétrole autour d’un prix moyen de 65 dollars (USD) le baril de brut devrait se maintenir en 2015 et jouer de manière positive au moins à deux niveaux. D’un côté, cette baisse devrait améliorer la balance énergétique, dont le déficit a atteint 3.6 milliards de dinars tunisiens (TND) en 2014. De l’autre, elle devrait permettre une stabilisation de l’économie par une diminution du déficit commercial, du déficit courant et une amélioration du déficit budgétaire. Cette baisse des cours du pétrole devrait également contribuer à l’amélioration de la compétitivité et de la situation économique dans la zone euro, déjà favorisée par la baisse de la monnaie européenne par rapport à l’USD. Ce contexte favorable, porté par des mesures de soutien à la demande et par une politique monétaire accommodante d’assouplissement quantitatif de la part de la Banque centrale européenne (BCE) devrait bénéficier à la Tunisie, notamment sur le plan des exportations et de l’investissement direct étranger (IDE).

Au niveau domestique, la poursuite de la consolidation budgétaire amorcée en 2014 devrait permettre de contenir le déficit budgétaire en 2015 et 2016 à travers un contrôle strict des dépenses, tout en générant de nouvelles recettes susceptibles d’être affectées à la relance de l’investissement public. Le secteur privé devrait bénéficier de ce cycle vertueux. Le gouvernement pourrait par ailleurs profiter du contexte favorable créé par la baisse des prix du pétrole pour accélérer la réforme des subventions à l’énergie et obtenir de nouvelles marges de manoeuvre budgétaires. Sur le plan des réformes structurelles, l’existence d’une majorité parlementaire devrait permettre le vote des lois stratégiques demeurées en suspens durant la période de transition (2011-14) dans le domaine de la réforme du secteur financier, de la concurrence, de la faillite et des partenariats publics privés (PPP). L’amélioration attendue de la balance énergétique (26.7 % du déficit commercial en 2014) devrait contribuer à la limitation du déficit commercial et à l’amélioration du solde du compte courant. L’inflation devrait également refluer en 2015 et 2016.

Tableau 1 : Indicateurs Macroéconomiques

 20132014(e)2015(p)2016(p)
Croissance du PIB2.32.434.1
Taux de croissance du PIB réel par habitant1.21.41.93.1
Inflation6.15.554.4
Solde budgétaire (% PIB)-4.6-4.7-4.5-4.2
Compte courant (% PIB)-8.4-7.9-6-5.5

Source : Données des administrations nationales ; calculs des auteurs pour les estimations (e) et les prévisions (p).

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