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Analyse thématique : Transformation structurelle et ressources naturelles

Auteurs: Tarik Benbahmed, Hervé Lohoues

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  •  Avec une croissance réelle de 4 % en 2014, essentiellement tirée par la reprise du secteur des hydrocarbures, les perspectives économiques de l’économie algérienne, projettent un accroissement du PIB réel de 3.9 % en 2015 et de 4.0 % en 2016.
  • Face à la chute des cours du pétrole observée depuis juin 2014, les autorités ont engagé une série de mesures au nombre desquelles l’option d’un recours au financement bancaire national des investissements publics.
  • Pays le plus vaste d’Afrique (2.38 millions km²), avec d’importantes disparités en termes de distribution spatiale, l’Algérie poursuit une politique d’inclusion spatiale incluant notamment, un renforcement des collectivités territoriales et une stratégie d’aménagement du territoire.

L’économie algérienne a enregistré, en 2014, une croissance du produit intérieur brut (PIB) réel estimée à 4 %, contre 2.8 % en 2013 et 3.3 % en 2012. Ce rebond est essentiellement dû à la reprise du secteur des hydrocarbures, dont la valeur ajoutée en termes réels s’est accrue de 0.5 % en 2014, en progression pour la première fois depuis huit ans. En revanche, la croissance du PIB hors hydrocarbures a ralenti avec un taux estimé à 5.5 % en 2014, contre 7.1 % en 2013. Le taux de chômage a atteint 10.6 % en 2014 contre 9.8 %, en 2013, avec des taux relativement plus élevés chez les femmes (17.1 %) et chez les jeunes de 16 à 24 ans (25.2 %).

En 2014, le taux d’inflation en Algérie s’est établi à 3 %, indiquant une décélération, suite aux pressions inflationnistes de 2012. La hausse généralisée des prix observée au second semestre 2012 avait amené la Banque d’Algérie à intervenir, dès 2013, pour résorber l’excès de liquidités du marché monétaire. Cette action, couplée aux efforts gouvernementaux pour contenir les dysfonctionnements des circuits de distribution de produits de large consommation, et accroître l’offre desdits produits, semble avoir porté ses fruits dont les effets se poursuivent en 2014.

La position extérieure de l’Algérie reste solide, même si elle montre des signes d’essoufflement, avec une érosion continue de sa balance courante qui, pour la première fois depuis 15 ans, enregistre un déficit équivalant à 4 % du PIB. La position financière extérieure reste toutefois solide, avec un niveau des réserves de change estimé à 185 milliards USD à fin 2014, équivalant à 32 mois d’importations de biens et services non facteurs (BSNF), et consolidée par une faible dette extérieure, estimée à 4 milliards USD à 2014, soit 1.9 % du PIB.

L’année 2014 a été surtout marquée par la baisse drastique des cours du pétrole (-44 % entre juin et décembre 2014), qui a eu des effets induits immédiats sur l’économie algérienne, fortement dépendante du secteur des hydrocarbures (98 % des exportations, 58 % des recettes budgétaires et 28 % du PIB). Si cette conjoncture défavorable pour l’Algérie perdurait en 2015, les équilibres  macroéconomiques en seraient affectés. Le débat sur la soutenabilité des finances publiques ainsi que sur la viabilité de financements à long terme pour de grands projets structurants pourrait être au coeur des politiques publiques de même que celui de la nécessité et l’urgence de la diversification de l’économie algérienne.

Les autorités algériennes ont déjà engagé des mesures pour juguler les effets de cette baisse des prix du baril, tout en poursuivant les projets sociaux et d’investissement inscrits dans le plan quinquennal 2015-19. Au nombre de celles-ci figurent : i) le gel du recrutement des fonctionnaires (hors éducation et santé) en 2015 ; ii) le report des grands projets d’investissement (chemins de fer, tramways, etc.) non prioritaires ; iii) le financement bancaire des projets du plan quinquennal non pris en charge par le budget d’équipement ; et iv) la réintroduction des licences d’importation afin de les rationaliser et les réduire, sans renoncer à la libéralisation du commerce extérieur, etc.

Tableau 1 : Indicateurs Macroéconomiques

 20132014(e)2015(p)2016(p)
Croissance du PIB2.84.03.94.0
Taux de croissance du PIB réel par habitant0.92.12.12.4
Inflation3.33.04.04.0
Solde budgétaire (% PIB)-1.5-7.0-9.5-8.2
Compte courant (% PIB)0.4-4.0-7.7-8.2

Source : Données des administrations nationales ; calculs des auteurs pour les estimations (e) et les prévisions (p).

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