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Analyse thématique : Transformation structurelle et ressources naturelles

Auteurs: Pascal Yembiline, Bakary Traoré, Célestin Tsassa

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  • Amorcé en 2012, le nouvel élan économique de la Côte d’Ivoire s’est confirmé en 2014 avec un taux de croissance estimé à 8.3 % et la croissance devrait rester robuste en 2015 et 2016.
  • L’un des principaux défis pour rendre cette croissance inclusive porte sur le renforcement du rôle des collectivités locales, afin d’initier des projets structurants et d’accélérer l’accès des usagers à des services modernes qui leur permettraient de gagner en productivité et en efficacité.
  • Une meilleure mobilisation des ressources internes et externes pour le financement du développement et la stabilité sociopolitique seront nécessaires pour atteindre les objectifs d’émergence à l’horizon 2020.

La croissance économique en 2014 est restée forte, tout comme les deux années précédentes, avec un taux estimé à 8.3 % qui devrait rester à des niveaux similaires en 2015 et 2016. Cette croissance est soutenue à la fois par la demande intérieure et extérieure. Les investissements publics et privés dans le domaine des infrastructures et la consommation des ménages soutiennent la demande intérieure. La demande extérieure stimule de son côté les exportations des produits de base, grâce à des cours mondiaux orientés à la hausse. Cette croissance est aussi le résultat des efforts menés dans le cadre du Plan national de développement (PND) pour l’amélioration du cadre des affaires et l’accélération des réformes structurelles. Le pays est ainsi devenu plus attractif, notamment pour l’investissement direct étranger (IDE).

La situation budgétaire s’est nettement consolidée en 2014, dans le cadre du programme mené avec le Fonds monétaire international (FMI), sous l’effet de la hausse des recettes fiscales et la maîtrise des dépenses. Ces dernières ont été réalisées à un niveau moins élevé que prévu. Les effets conjugués de la progression des recettes et d’une meilleure gestion des dépenses ont conduit à une légère diminution du déficit budgétaire global (dons inclus) qui se situe à 2.2 % du PIB en 2014 contre 2.3 % en 2013. Les efforts appréciables qui ont été faits en matière de transparence et d’intégrité dans la gestion des finances publiques gagneraient à être renforcés.

La situation politique, en nette amélioration, reste encore marquée par la lenteur du dialogue entre les acteurs politiques. Après plusieurs hésitations, les partis d’opposition ont finalement fait leur entrée dans la Commission électorale indépendante (CEI). Le gouvernement a pris d’autres mesures en vue de la décrispation politique, à travers la libération des prisonniers pro-Gbagbo, le retour des réfugiés politiques de haut rang et le dégel de leurs avoirs dans les banques. La justice, qu’elle soit nationale ou internationale, reste perçue par une partie de la population comme n’étant pas impartiale et ne visant qu’un seul camp.

En matière d’inclusion spatiale, le véritable défi sera d’inscrire la croissance dans la durée et de renforcer son impact dans les zones rurales et les centres périurbains. La création d’emplois progresse mais demeure insuffisante au regard du besoin énorme d’insertion de nombreux jeunes sans emplois. Les femmes, qui ont longtemps été les principales victimes des conflits, éprouvent en outre des besoins colossaux pour relancer leurs activités. D’où l’importance de renforcer le pouvoir des collectivités locales, leur capacité managériale à initier des projets structurants et à accélérer l’accès des acteurs locaux à des services de qualité. Les régions ivoiriennes offrent a priori beaucoup d’atouts. Leur réseau routier est bien plus dense que la moyenne africaine. Plusieurs types de terres agricoles et de climats permettent de développer différents produits agro-industriels et alimentaires à forte demande mondiale.


Tableau 1 : Indicateurs Macroéconomiques

 20132014(e)2015(p)2016(p)
Croissance du PIB8.78.37.98.5
Taux de croissance du PIB réel par habitant6.36.55.66.2
Inflation2.60.62.52.1
Solde budgétaire (% PIB)-2.3-2.2-3.4-3.9
Compte courant (% PIB)-1.6-3.1-1.9-2.5

Source : Données des administrations nationales ; calculs des auteurs pour les estimations (e) et les prévisions (p).

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