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Analyse thématique : Transformation structurelle et ressources naturelles

Auteurs: Alassane Diabate, Riad Meddeb

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  • La grave crise énergétique que connaissent les Comores depuis plusieurs années pénalise les activités économiques avec, comme conséquence, une quasi-stagnation de la croissance.
  • L’augmentation de la masse salariale et le financement des élections législatives, municipales et des conseillers ont accentué les tensions budgétaires, mais la position extérieure reste confortable avec plus de 5.6 mois de réserves d’importations, grâce aux transferts des migrants.
  • Petit État insulaire composé de quatre îles (Mayotte est restée sous administration française) et densément peuplé, les Comores sont confrontées à une forte disparité spatiale,économique et démographique qui engendre des mouvements migratoires importants, provoquant de fortes tensions politiques et sociales.

Malgré un taux de croissance positif moyen d’environ 3 % depuis 2011, l’économie comorienne
ne parvient pas à enclencher sa transformation structurelle. Celle-ci est pourtant indispensable pour réduire la pauvreté et absorber le chômage des jeunes – notamment celui des diplômés –, qui a enregistré un taux de plus de 50 % en 2014. La composition sectorielle du produit intérieur brut (PIB)  en 2014 a été dominée par le secteur de l’agriculture, forêt et pêche (34.5 %), suivi du secteur du commerce, y compris hôtels et restaurants (28.9 %), et du secteur des administrations publiques (13.1 %). De son côté, le secteur de la production (eau, électricité, construction et fabrication) n’a représenté que 11.0 % du PIB. Les principaux moteurs de la croissance sont les secteurs de l’agriculture (4.2 %), du bâtiment et des travaux publics (5.2 %), du commerce et de l’hôtellerie (4.9 %), des administrations publiques (8.2 %) et des autres services (8.3 %).

La situation politique relativement stable et la reprise de financements extérieurs importants –  multilatéraux et surtout bilatéraux arabes – ont favorisé la croissance. Toutefois, en 2014, le pays a connu une accumulation d’arriérés intérieurs (salaires, paiements aux fournisseurs, etc.) et extérieurs, avec pour résultat une détérioration des principaux soldes budgétaires. Le solde budgétaire global  base caisse est ainsi passé de 18.2 % en 2013 à -0.6 % en 2014. Cette tendance devrait s’inverser en  2015, avec un solde de 1.5 % en 2015.

Le budget de l’État en 2014 a été affecté par une  augmentation des dépenses courantes, en particulier des salaires qui ont crû de 10 % par rapport à 2013. Par ailleurs, la crise de l’énergie a conduit les grandes entreprises à recourir aux groupes électrogènes, ce qui a augmenté leurs coûts de production et réduit leurs chiffres d’affaires imposables. Une situation qui explique la difficulté pour l’État à mobiliser les ressources internes, ainsi que la tension de trésorerie.

Les réformes structurelles, en particulier dans les secteurs clés de l’énergie et des télécommunications, se font à un rythme lent, en dépit de l’engagement des autorités. Cette situation s’explique notamment par la faiblesse des capacités institutionnelles du pays. Du coup, le pays peine à créer les bases d’une croissance économique durable, porteuse d’emplois. La crise énergétique qui a débuté en 2010 perdure, pénalisant lourdement les activités économiques. Elle touche particulièrement le secteur du commerce des produits alimentaires importés, qui fournit l’essentiel des recettes fiscales. Les tensions de trésorerie de l’État ainsi engendrées ont amené le gouvernement à réduire significativement les subventions à l’entreprise publique d’électricité et d’eau (Mamwe), qui n’est plus en mesure d’assurer la maintenance des moyens de production et l’achat de carburant. En conséquence, la fourniture d’électricité a été réduite à quelques heures dans la capitale, et beaucoup moins dans les autres régions du pays.

Toutes les activités économiques sont touchées, en particulier les secteurs où se concentrent les populations vulnérables, notamment les femmes : transformation de produits agricoles, conservation et commerce de produits halieutiques, artisanat. Si la croissance a pu se maintenir à 3.5 %, c’est grâce à une demande intérieure soutenue par les ressources extérieures. L’aide étrangère finance les investissements, et les transferts des migrants la consommation des ménages. Les activités de production intérieures génératrices d’emploi ne participent que faiblement à la croissance.

Le taux de chômage, estimé à 14 % en 2003, ne cesse d’augmenter. Il a grimpé à 24 % en 2012 et touche  notamment 52 % des jeunes de 15 à 24 ans. Face à cette situation préoccupante, le gouvernement a réagi en mettant en oeuvre la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCA2D) 2015- 19, conçue comme un instrument de relance de la croissance et de création d’emplois. Ses ambitions, toutefois, ne pourront être réalisées que si la crise énergétique trouve une solution durable à très court terme.


Tableau 1 : Indicateurs Macroéconomiques

 20132014(e)2015(p)2016(p)
Croissance du PIB3.53.53.63.6
Taux de croissance du PIB réel par habitant1.11.21.31.4
Inflation1.61.62.52.6
Solde budgétaire (% PIB)18.2-0.61.51.6
Compte courant (% PIB)-5.7-7.8-6.9-8.5

Source : Données des administrations nationales ; calculs des auteurs pour les estimations (e) et les prévisions (p).

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