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Analyse thématique : Transformation structurelle et ressources naturelles

Auteurs: Alexandre Nshue Mokime, Ernest Bamou

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  • La RDC a connu en 2014 une évolution macroéconomique globalement favorable, marquée par une consolidation de la croissance (8.9 %), une maîtrise de l’inflation (1.2 %) et un glissement quasi nul du taux de change (0.1 %).
  • Dans le court et moyen terme, la croissance devrait se poursuivre compte tenu d’un contexte extérieur porteur, d’une résorption progressive du déficit infrastructurel, et d’un taux d’investissement en progression grâce à l’approfondissement des réformes.
  • Malgré ses performances macroéconomiques, la RDC reste marquée par une forte pauvreté, des écarts importants de développement entre provinces, et une faible inclusion spatiale liée à la lenteur du processus de décentralisation et aux retards dans la construction de certaines infrastructures.

La croissance de plus de 8 % affichée par la RDC en 2014 tient au dynamisme des industries extractives et manufacturières, de l’agriculture, du commerce, et de la construction. Elle a profité d’un contexte extérieur marqué par une demande relativement soutenue et un niveau assez élevé des cours des matières premières. Aussi, elle a bénéficié des efforts d’amélioration du climat des affaires et de réduction du déficit infrastructurel. En 2015 et 2016, la tendance à la hausse de la croissance se poursuivra si le climat politico-sécuritaire intérieur demeure serein et si le contexte extérieur lui reste favorable. Elle sera impulsée par les industries extractives et l’agro-alimentaire qui attirent l’essentiel des investissements d’envergure.

Quoiqu’étant encore peu développé, le secteur privé congolais est en progression avec un taux d’investissement en augmentation quasi permanente depuis 5 ans. Les perspectives de son développement s’améliorent progressivement avec la suppression des taxes redondantes, l’assouplissement des procédures de création des entreprises et de dédouanement des marchandises, l’amélioration des infrastructures, et l’adhésion à l’Organisation pour l’harmonisation du droit des affaires en Afrique (OHADA).

Malgré les pressions sur les prix mondiaux des produits alimentaires et pétroliers au premier semestre, la situation macroéconomique a été maîtrisée en 2014. L’inflation s’est maintenue à 1.2 % contre un objectif de 3.7 %. Le taux de change du franc congolais (CDF) contre le dollar américain (USD) a connu un glissement de 0.1 %. Ces résultats résultent d’une politique macroéconomique prudente et d’un rebond des recettes d’exportation.

À un an de l’échéance fixée pour l’atteinte des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), les indicateurs montrent que la RDC a avancé mais ces progrès restent insuffisants. Ses performances économiques ont des effets limités sur le bien-être collectif. Le marché du travail offre peu  d’opportunités d’embauche, surtout pour les jeunes. La pression démographique ne permet pas de lutter efficacement contre la faim. C’est la raison pour laquelle le gouvernement a mis en place un cadre accéléré du premier OMD qui vise à réduire la faim. Il s’est aussi engagé à soutenir les petits exploitants agricoles et construire des parcs agro-industriels. Les secteurs éducation et santé ont enregistré des progrès mais les capacités d’accueil et la qualité des services doivent être encore améliorées.

Le débat politique a été dominé par la question de la révision constitutionnelle et le calendrier électoral proposé par la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Sur le plan de la sécurité, des avancées significatives ont été enregistrées grâce aux opérations militaires menées par les Forces armées de la RDC (FARDC) avec l’appui de la Force de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation
en RDC (MONUSCO).

Fortement enclavée de par sa situation géographique et l’état de ses infrastructures, la RDC est  caractérisée par de fortes inégalités socio-économiques entre provinces et entre milieu urbain et milieu rural. Depuis 2007, le gouvernement cherche à les réduire grâce à un processus de décentralisationdont l’évolution est assez lente. Pour valoriser le potentiel économique du pays, il s’est aussi lancé dans un programme de construction des infrastructures pour assurer une plus grande connectivité entre territoires sans disposer d’un véritable plan-directeur d’aménagement. 

Tableau 1 : Indicateurs Macroéconomiques

 20132014(e)2015(p)2016(p)
Croissance du PIB8.58.998.2
Taux de croissance du PIB réel par habitant66.46.65.7
Inflation0.81.21.84.7
Solde budgétaire (% PIB)-1.7-3.7-3.9-4.6
Compte courant (% PIB)-10.2-8.4-4.1-4.4

Source : Données des administrations nationales ; calculs des auteurs pour les estimations (e) et les prévisions (p).

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