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Analyse thématique : Transformation structurelle et ressources naturelles

Auteurs: Richard-Antonin Doffonsou, Lisa Simrique Singh, Denis Léopold Tankoua

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  •  Malgré la crise sécuritaire et humanitaire de la région, la croissance camerounaise reste soutenue, au-dessus de 5 %.
  • La baisse des cours du pétrole et la hausse des dépenses sécuritaires vont cependant peser sur les équilibres budgétaires.
  • La décentralisation et l’inclusion peuvent servir de levier à la restructuration de l’économie, pour traduire la croissance sur le terrain social.

La croissance est restée soutenue en 2014, avec un rythme de 5.3 %, mais elle demeure inférieure à l’objectif de 6 % en moyenne fixé dans le Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE 2010-20) dont l’objectif est d’inscrire le Cameroun dans le groupe des pays émergents à l’horizon 2035. L’économie camerounaise a fait preuve de résilience dans un environnement régional marqué par les crises sécuritaires et humanitaires aux frontières du nord avec le Nigéria et de l’est avec la République centrafricaine (RCA), et un contexte économique mondial marqué par la stagnation dans les pays de l’OCDE et le ralentissement de la croissance dans les pays émergents. La croissance camerounaise a été tirée par le secteur secondaire et par une offre accrue d’énergie et de produits agricoles. Le rythme de croissance du pays devrait se maintenir en 2015 et 2016 avec des projections respectives de 5.4 % et 5.5 %, sous l’impulsion d’une politique de diversification de l’économie à travers le développement de chaînes de valeur agricoles, du secteur de la construction et de l’offre d’énergie.

La politique budgétaire modérément expansionniste conduite par les autorités s’est accompagnée d’un effort de mobilisation des recettes fiscales et de rentabilisation des dépenses publiques. Des subventions mal ciblées sur les produits pétroliers ont ainsi été significativement réduites, et les projets mieux calibrés. Le budget-programme 2013-15 prévoit de maintenir l’orientation de la politique budgétaire en 2015. Mais la chute des cours du pétrole pendant le second semestre 2014 impose des mesures volontaristes de rééquilibrage budgétaire pour ne pas creuser le déficit, alors que s’accroissent les dépenses de sécurité et humanitaires en raison des crises au Nigéria et en RCA.

Le DSCE 2010-20 fournit un cadre au développement territorial, mais sa déclinaison en une politique volontariste d’inclusion spatiale tarde à se matérialiser. Or les tensions latentes et le sentiment d’exclusion de diverses communautés régionales sont exacerbés par les bouleversements démographiques engendrés par la présence des réfugiés fuyant des pays limitrophes. S’ajoutent les grands projets d’infrastructures qui, au-delà de leurs effets bénéfiques en termes d’aménagement du territoire et de développement, exercent une forte pression sur les terres arables et une mutation de la propriété du capital productif dans les zones rurales. Ces mutations sont lourdes de menaces pour le maintien de la paix et de la cohésion sociale séculaires au Cameroun. Sont notamment concernés les environs du barrage de Lom Pangar, du barrage de Memve’elé, du port en eau profonde de Kribi et des mines de fer à Mbalam, dans la région orientale.


Tableau 1 : Indicateurs Macroéconomiques

 20132014(e)2015(p)2016(p)
Croissance du PIB5.55.35.45.5
Taux de croissance du PIB réel par habitant32.82.93
Inflation2.12.22.42.2
Solde budgétaire (% PIB)-4.1-5.2-6.4-5.8
Compte courant (% PIB)-3.8-4.2-4.3-4.5

Source : Données des administrations nationales ; calculs des auteurs pour les estimations (e) et les prévisions (p).

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