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Analyse thématique : Transformation structurelle et ressources naturelles

Auteurs: Jean-Marie Vianney Dabire, Simplice G. Zouhon Bi

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  • La croissance malgache a été faible en 2014 (3 %) mais elle devrait se redresser en 2015 et 2016, grâce à des réformes sur la gouvernance et l’environnement des affaires, et au dynamisme de plusieurs branches dont l’industrie extractive, l’agriculture et le tourisme.
  • Le pays a normalisé sa situation politique à l’issue d’élections présidentielle et législatives, conduisant au lancement d’un plan national de développement.
  • Les tensions liées aux disparités spatiales sont un défi pour les politiques publiques, en termes de développement régional, d’aménagement du territoire et de décentralisation.

L’année 2014 a été décisive dans la résolution de la crise sociopolitique que Madagascar traverse depuis 2009, avec l’élection d’un nouveau président de la République, l’établissement d’une nouvelle Assemblée nationale et la formation d’un nouveau gouvernement, éléments qui ont permis au pays de réintégrer sa place dans le concert des nations.

Toutefois, ces avancées politiques ne se sont pas encore traduites par une amélioration des performances socio-économiques. Ainsi, la croissance économique est restée faible en 2014 (3 % contre 2.4 % en 2013), conséquence des progrès limités en matière de gouvernance, des pénuries d’énergie, des retards dans la mobilisation des financements extérieurs, mais aussi de la faiblesse des ressources internes et de l’investissement privé, liée à la dégradation de l’environnement des affaires.

La croissance a été tirée par les mêmes secteurs d’activité qu’en 2013, principalement les industries extractives, l’agro-industrie, les banques, le transport, l’élevage et la pêche. L’inflation, en moyenne annuelle, est ressortie à 6 %, tirée surtout par les prix de l’énergie et des biens importés. Le déficit budgétaire (base engagement) est estimé à 2 % du produit intérieur brut (PIB), contre 4 % en 2013. Le déficit du solde courant s’est amélioré, passant de 5.4 % du PIB en 2013 à 2.3 % du PIB en 2014, une performance due à la bonne tenue des exportations et à la stagnation des importations. Pour 2015, les perspectives de croissance font état d’une légère amélioration (4 %), compte tenu du contexte électoral, des contraintes de gouvernance, du déficit d’énergie ainsi que de l’impact des pluies diluviennes sur la production agricole et les infrastructures de base. La croissance pourrait atteindre 5.1 % à l’horizon 2016, et contribuer à la réduction de la pauvreté et du chômage, sous l’effet conjugué des progrès des réformes liées à la gouvernance, d’une amélioration de l’environnement des affaires, et du dynamisme des branches telles que les industries extractives, l’agro-industrie, la banque, le transport, le tourisme, les BTP, l’élevage et la pêche.

Conséquence directe d’une faible croissance pendant plusieurs années de crise, des problèmes de gouvernance ainsi que de déficits de capital humain et de services sociaux, les conditions de vie de la majorité de la population se sont détériorées. Avec un taux élevé d’extrême pauvreté (plus de 53 %) et des inégalités régionales, cette problématique représente un défi pour la consolidation de la stabilité et de la réconciliation nationale. La mise en oeuvre du programme de réduction de la pauvreté et de relance du développement au moyen de plusieurs outils – la politique générale de l’État et le Plan national de développement (PND), le processus des Objectifs de développement durables (ODD) ainsi que les consultations sur l’agenda post-2015 – permettra aux nouvelles autorités de relever ces défis et de placer Madagascar sur le chemin d’un développement plus inclusif et durable.

La géographie économique de Madagascar est caractérisée par une double disparité entre les villes et le milieu rural d’une part, et entre les régions d’autre part, qui se traduit par des opportunités économiques et des dotations inégales en matière d’infrastructures économiques et d’accès aux services sociaux de base. Madagascar n’est donc pas à l’abri de tensions spatiales liées à ces lignes de fracture entre milieu urbain et périphérie. Des politiques publiques ciblant le développement régional, l’aménagement du territoire et la décentralisation ont été adoptées ou sont en cours d’élaboration. Leur mise en oeuvre devrait permettre de réduire progressivement cet aspect de la fragilité du pays.

Tableau 1 : Indicateurs Macroéconomiques

 20132014(e)2015(p)2016(p)
Croissance du PIB2.4345.1
Taux de croissance du PIB réel par habitant-0.40.21.22.3
Inflation5.867.15.2
Solde budgétaire (% PIB)-4-2-2.1-2.9
Compte courant (% PIB)-5.4-2.3-3.7-3.6

Source : Données des administrations nationales ; calculs des auteurs pour les estimations (e) et les prévisions (p).

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