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Burundi

Auteurs : Joel Tokindang, Ernest Bamou, Arthur Rushemeza

  • Après la récession enregistrée en 2015 par un recul du PIB de 3.9 %, le Burundi a renoué avec la croissance en 2016, mais à un rythme trop faible (0.9 %) pour améliorer les conditions de vie de la population.
  • Les dépenses liées à la crise socio-politique ont creusé le déficit budgétaire, qui a représenté 6.7 % du PIB en 2016, et provoqué un recours excessif à l’endettement intérieur, tandis que le gel de la coopération des bailleurs de fonds affecte les budgets sociaux.
  • L’économie burundaise est dominée par le secteur informel. Il compte de multiples micro et petites entreprises agroalimentaires orientées vers le marché local. 

La crise socio-politique qui agite le Burundi depuis 2015 a provoqué un net recul de l’activité économique et détérioré les conditions de vie de la population. En janvier 2016 le Fonds monétaire international (FMI) a suspendu son évaluation du programme soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC), puis, en mars 2016, les principaux bailleurs de fonds (Union européenne, Belgique, Pays-Bas, Allemagne et États-Unis) ont suspendu une partie de leurs aides directes.

La croissance du produit intérieur brut (PIB) qui s’était élevée à 4.5 % en 2014 s’est contractée de 3.9 % avant de connaître une légère reprise en 2016 (0.9 %). L’hôtellerie, le tourisme et la construction sont les secteurs les plus touchés, ainsi que les infrastructures.

La chute de l’activité a entraîné une diminution de 10 % des recettes publiques et fortement creusé le déficit budgétaire, qui a représenté 6.7 % du PIB en 2016 contre 3.2 % en 2014 (8.6 % en 2015). Pour couvrir l’impasse, le gouvernement a eu systématiquement recours aux avances statutaires de la Banque centrale. L’endettement intérieur a ainsi représenté 26 % du PIB en 2016 contre 12.4 % en 2014, tandis que le poids de la dette nationale a atteint 42 % du PIB.

En 2016, les dépenses ont baissé de 25 % par rapport à 2015. Le gouvernement a gelé les salaires des fonctionnaires et suspendu les recrutements dans tous les ministères hors l’Éducation et la Santé. Cette baisse a provoqué en 2016 un recul considérable de l’offre des services entraînant : i) une pénurie de médicaments et de vaccins ; ii) une insuffisance de matériels scolaires ; iii) l’exclusion de 80 000 élèves à l’entrée du secondaire ; et iv) des poches de famine dans certaines régions.

Le taux directeur de la Banque centrale est passé de 12.5 % en 2013 à 7.5 % en octobre 2016, avec un taux créditeur des banques commerciales inchangé, autour de 16.5 %. Les réserves officielles de change ont diminué de 30.1 %, soit 1.4 mois de couverture des importations.

La baisse des avoirs extérieurs nets et l’endettement de l’État se sont traduits par une détérioration du taux change officiel de 6 % entre 2015 et 2016 (1 dollar américain [USD] = 1 687 BIF [Francs burundais]) alors que le dollar s’échange à plus de 2 600 BIF sur le marché parallèle. L’inflation s’est élevée à 5.5 % en 2016.

En termes de perspectives, les autorités burundaises projettent un taux de croissance de 2 % en 2017. La Loi de finances 2017 prévoit une hausse des dépenses publiques de 5.2 % par rapport à 2016, et un déficit budgétaire égal à près de 3.8 % du PIB; mais ces prévisions paraissent peu réalistes au vu de la situation économique et des difficultés confrontées depuis 2015.

Une remobilisation des acteurs politiques suppose une solution politique aux tensions actuelles permettant d’éviter une dégradation plus grave encore de la situation socio-économique.

Burundi

Burkina Faso

Auteurs : Facinet Sylla, Amata Sangho Diabate, Alain Siri, Hervé Marie Patrice Kouraogo

  • Après la période de troubles sociopolitiques, une reprise vigoureuse de l’activité économique est attendue en 2017 avec un taux de croissance de 8.4 %, favorisée par le dynamisme de l’industrie extractive et l’investissement public.
  • Pour consolider la reprise, le Burkina doit relever deux défis : améliorer l’efficacité du taux d’absorption des dépenses d’investissement, et endiguer la menace djihadiste.
  • Les réformes économiques engagées dans la politique sectorielle de l’industrie, du commerce et de l’artisanat 2011-20 ont permis l’émergence de l’entrepreneuriat ;
  • toutefois, la création d’entreprises du secteur industriel s’est faite dans l’industrie extractive, peu dans l’agroalimentaire.

Après le ralentissement du rythme de croissance du PIB réel à 4.0 % en 2015, notamment en raison d’une pluviosité peu satisfaisante de la campagne agricole et des troubles sociopolitiques, les perspectives économiques du Burkina Faso sont favorables en 2017. Le taux de croissance projeté devrait atteindre 8.4 %, contre 5.4 % en 2016. Il devrait être soutenu par deux facteurs : la vitalité du secteur minier, avec l’entrée en production de deux nouvelles mines industrielles, et la mise en oeuvre d’un ambitieux programme d’investissements publics dans les domaines de l’énergie, des aménagements hydro-agricoles, des infrastructures routières et des télécommunications,  porté par le Plan national de développement économique et social (PNDES) 2016-20 adopté en juillet 2016. Par ailleurs, le maintien à des niveaux favorables des cours des principaux produits d’exportation du Burkina Faso, l’or et le coton, renforce les perspectives d’une reprise vigoureuse de la croissance économique. 

L’inflation ne devrait pas dépasser 2.1 % en 2017, en raison des résultats excédentaires de la campagne agricole 2016/17, des cours du pétrole et des prix à l’importation modérés. Quant à la gestion des finances publiques, elle reste tendue, subissant les répercussions des troubles sociopolitiques et des attaques extrémistes. La baisse de l’activité économique s’est traduite par une diminution des recettes fiscales, combinée à la hausse des dépenses sécuritaires et de celles engagées pour répondre à la demande sociale. L’ajustement budgétaire s’est fait au détriment des dépenses d’investissement qui ont subi une baisse drastique, passant de 13.7 % du PIB en 2013 à 8.6 % en 2016, puis à 10.3 % en 2017. Le déficit budgétaire global (base engagement) a atteint 3.1 % du PIB en 2016. Pour l’exercice 2017, le gouvernement envisage d’appliquer la même rigueur dans la gestion des finances publiques que l’année précédente. Il a ainsi décidé de reconduire pour neuf mois le programme soutenu par la facilité élargie de crédit (FEC), avec un décaissement à son terme. Le déficit budgétaire est projeté à 3.0 % du PIB.

Grâce à la mise en oeuvre rigoureuse des réformes économiques engagées dans le cadre de la politique sectorielle de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Posica) 2011-20, l’entrepreneuriat est en plein essor. En effet, sous l’impulsion des programmes favorables à la facilité d’entreprendre, le nombre moyen d’entreprises créées s’est élevé à 6 500 par an entre 2011 et 2015. Ce dynamisme, toutefois, a massivement concerné la création de très petites entreprises, principalement dans le secteur tertiaire. La création d’entreprises dans le secteur industriel est récente et s’observe surtout dans la branche extractive, peu dans l’agroalimentaire. On note une faible contribution du secteur manufacturier. Ainsi, les « autres industries manufacturières modernes », qui constituaient 1.5 % du PIB en 2011, n’en représentaient plus que 1.1 % en 2016. 

La Posica 2011-20 doit relever des défis de deux ordres pour poursuivre l’industrialisation : d’une part, créer un environnement favorable au développement industriel ; d’autre part, renforcer les infrastructures de soutien, notamment l’énergie, les infrastructures de transport, la technologie, et l’amélioration de la formation.

BF

Botswana

Auteurs : George J. Honde

  • L’économie s’est redressée en 2016, avec une croissance de 2.9 %, stimulée par le rebond du marché mondial du diamant.
  • Les perspectives de croissance restent favorables mais dépendent essentiellement de la poursuite du rebond du marché mondial du diamant, d’une meilleure fiabilité de l’approvisionnement en eau et en électricité, ainsi que de réformes.
  • Pour être moins vulnérable aux chocs, le pays devra accélérer le rythme de ses réformes visant à renforcer sa compétitivité et à améliorer le climat des affaires afin de promouvoir l’industrialisation et l’entrepreneuriat.

Le Botswana a connu plusieurs cycles de prospérité et de récession, dont deux depuis le tournant du siècle. L’économie s’est redressée en 2016, après un nouveau recul de la croissance en 2015 dû à une faible demande d’exportations de diamant et à des pénuries persistantes d’approvisionnement en eau et en électricité. La croissance intérieure a été stimulée en 2016 par l’expansion de l’activité minière, faisant suite à la reprise du secteur du diamant, et par les bonnes performances des secteurs non miniers.

Les perspectives économiques à moyen terme du Botswana restent favorables, avec une prévision de croissance modérée. Le maintien de la reprise dépend avant tout de la poursuite du rebond du marché mondial du diamant, du développement des activités de construction dans le cadre du Programme de relance économique (Economic Stimulus Programme – ESP) lancé par l’État, d’une plus grande fiabilité de l’approvisionnement en eau et en électricité, et des réformes visant à continuer à améliorer l’environnement des affaires. Les risques restent élevés, notamment en raison de la lenteur du redressement de l’économie mondiale et des répercussions de celle-ci sur la demande de diamants.

La situation budgétaire s’est dégradée. Après trois années consécutives d’excédents, le budget est devenu déficitaire au cours de l’exercice 2015/16 et devrait le rester en 2016/17. Cela s’explique par la baisse des recettes minières, le déclin des revenus issus de l’Union douanière de l’Afrique australe (SACU), particulièrement volatiles, ainsi que la poursuite des mesures de relance budgétaire. L’État reste engagé en faveur d’un retour rapide à une situation budgétaire excédentaire.

Les pressions inflationnistes se sont fortement affaiblies. L’inflation annuelle a fini en dessous de la limite inférieure de la fourchette-objectif de 3-6 % à moyen terme fixée par la Banque du Botswana en 2016. Ce recul s’explique principalement par la chute des prix internationaux des carburants et par la volonté des autorités de maintenir une politique monétaire prudente. L’inflation devrait rester conforme à la fourchette-objectif à moyen terme grâce à une faible demande intérieure et à l’évolution modérée des prix étrangers.

Pour diversifier son économie, le Botswana doit promouvoir l’industrialisation en accélérant sa transformation économique afin de passer du secteur primaire aux industries de pointe et aux services. Au cours des quatre dernières décennies, l’État a mis en oeuvre des politiques et initiatives efficaces pour soutenir le développement industriel et l’entrepreneuriat. Il a également intensifié ses efforts pour résoudre les diverses difficultés auxquelles les investisseurs et les entrepreneurs sont confrontés en adoptant des mesures visant à réduire le coût de la pratique des affaires et à accroître la compétitivité, ainsi qu’à renforcer le développement des compétences.

Botswana

Bénin

Auteurs : Daniel Ndoye, Ginette Patricia Mondongou Camara

  • En 2016, la croissance économique du Bénin a ralenti, passant de 5.2 % en 2015 à 4.0 % selon les estimations, principalement à cause du contexte électoral et de la croissance plus faible au Nigéria. 
  • Les années 2017 et 2018 devraient connaître une reprise de la croissance avec des taux attendus de 5.5 % et 6.2 % respectivement, en raison de la mise en oeuvre du Programme d’action du gouvernement 2016-21 qui prévoit un doublement du taux d’investissement sur la période.
  • Le soutien à l’entrepreneuriat dans la transformation des produits agricoles et la transition vers le secteur formel notamment peuvent contribuer à l’industrialisation de l’économie et permettre d’assurer une croissance durable et plus inclusive. 

En 2016, la croissance économique est estimée à 4.0 % contre 5.2 % en 2015 et 6.5 % en 2014. Le ralentissement de la croissance au cours des deux dernières années s’explique par le contexte électoral, les délestages électriques et la baisse de l’activité économique au Nigéria voisin. L’inflation reste faible en raison de la baisse des cours du pétrole et de la dépréciation du naira, la monnaie nigériane. Le déficit budgétaire qui s’était aggravé entre 2013 et 2015, a été réduit à 6.2 % du produit intérieur brut (PIB) en 2016, grâce aux économies réalisées par le gouvernement en place depuis avril 2016, sur le train de vie de l’État. Avec la mise en oeuvre du Programme d’action du gouvernement (PAG), intitulé « Bénin révélé », sur la période 2016-21, le taux de croissance économique devrait s’établir à 5.5 % en 2017 et à 6.2 % en 2018. Le PAG devrait induire une hausse du taux d’investissement, qui passerait de 18.8 % du PIB en 2016 à 34.0 % en moyenne annuelle sur les cinq prochaines années. Le déficit public, attendu à 9.4 % du PIB en 2017, devrait fléchir au cours des années suivantes. Il est important pour le gouvernement de s’assurer de la soutenabilité de la dette et d’améliorer la capacité d’absorption du pays pour une bonne exécution de son plan d’investissement. Les perspectives pour 2017 et 2018 se situent également dans le cadre de l’Agenda 2030 pour le développement, à travers les Objectifs de développement durable (ODD). La mise en oeuvre du PAG vise à consolider les progrès en matière sociale et à réduire significativement le niveau de la pauvreté, lequel a augmenté sur la période récente. Afin de renforcer le caractère durable et inclusif de la croissance, un accent particulier doit être accordé à l’industrie et à l’entrepreneuriat. Le tissu industriel du pays est en effet peu dense et peu diversifié. Le gouvernement devrait développer l’industrie en misant sur une exploitation accrue des potentialités agricoles et sur la position géographique du Bénin, pays de transit, voisin du Nigéria. L’appui à l’entrepreneuriat doit être consolidé notamment dans la transformation des produits agricoles. Le modèle de développement économique soutenu par le PAG, prônant un renforcement des partenariats public-privé, ainsi que la promotion de l’auto-emploi et de l’entrepreneuriat au Bénin, s’inscrit dans cette dynamique.

Benin

Angola

Auteurs : Glenda Gallardo, Joel Muzima

  • La croissance économique de l’Angola a progressé de 1.1 % en 2016, mais elle devrait remonter à 2.3 % en 2017 et 3.2 % en 2018, en raison de l’augmentation prévue des dépenses publiques et de meilleurs termes de l’échange avec le cours du pétrole qui se redresse.
  • L’Angola doit accroître ses investissements dans le capital humain et poursuivre sa diversification économique pour réduire sa vulnérabilité économique afin de passer à un statut de pays à revenu intermédiaire d’ici 2021.
  • Le développement des industries locales et le renforcement des compétences en matière d’entrepreneuriat sont des éléments cruciaux pour renforcer la reprise économique et favoriser une croissance inclusive. 

La chute vertigineuse et durable des cours du pétrole a nui aux performances économiques de l’Angola. La croissance du produit intérieur brut (PIB) est tombée à 1.1 % en 2016, ce qui s’explique par le ralentissement de l’activité non pétrolière, l’industrie, le bâtiment et les services ayant dû s’adapter au recul de la consommation privée et de l’investissement public ainsi qu’à une disponibilité plus limitée des devises. Cette situation a montré la nécessité de lutter avec plus de vigueur contre la dépendance au pétrole, de remédier aux facteurs de vulnérabilité et diversifier l’économie. En 2017 et 2018, la croissance du PIB devrait grimper respectivement à 2.3 % et 3.2 %, principalement en raison de l’augmentation prévue des dépenses publiques et de meilleurs termes de l’échange.

Les autorités ont pris des mesures pour atténuer les répercussions du choc pétrolier sur l’économie, avec notamment la rationalisation des dépenses publiques par le retrait des subventions sur le carburant, une hausse significative de la mobilisation des recettes non pétrolières et la dépréciation du taux de change en vue de préserver la compétitivité des exportations et de réduire la tendance à l’importation du pays. Toutefois, d’autres actions politiques sont nécessaires pour stabiliser l’environnement macroéconomique, répartir les richesses de manière plus équitable et offrir de meilleures prestations de services. L’une des priorités de l’Angola sera d’investir dans le capital humain, d’accélérer sa diversification économique et de réduire sa vulnérabilité économique afin qu’elle ne fasse plus partie des pays les moins développés (PMD) en 2021. En matière de capital humain, l’État doit impérativement accroître ses investissements dans la santé et l’éducation. Il doit également investir en faveur de la transformation agricole et des chaînes de valeur afin de diversifier les exportations, d’augmenter les sources de revenus et de limiter la dépendance au pétrole. L’expansion de l’infrastructure économique et surtout de l’accès à l’électricité, des routes et du transport, de l’approvisionnement en eau et l’assainissement, et le développement des compétences sont des éléments cruciaux pour améliorer l’environnement des affaires et renforcer le rôle du secteur privé dans la croissance économique. Le pays doit également promouvoir l’intégration régionale afin de libérer le potentiel de l’industrie manufacturière locale et de dynamiser le commerce.

L’Angola doit davantage soutenir l’entrepreneuriat et l’industrialisation. L’industrie manufacturière du pays en est à ses prémices, les denrées alimentaires et les boissons constituant les principaux secteurs. Le programme national d’industrialisation pour 2013-17 définit sept sous-secteurs clés, parmi lesquels le textile et l’habillement, les produits chimiques et du papier, et les roches ornementales. Néanmoins, la part de la valeur ajoutée de l’industrie manufacturière dans le PIB reste faible, à 8.6 %. Il en va de même pour le taux d’activité entrepreneuriale (21.5 %), freiné par des infrastructures défaillantes, des difficultés d’accès au crédit, des compétences en matière de gestion insuffisantes et un manque de stratégies intégrées pour stimuler l’entrepreneuriat. L’Angola doit impérativement lever ces obstacles structurels, s’il entend diversifier son économie et veiller au bien-être de tous.

Angola

Algérie

Auteurs : Tarik Benbahmed, Hervé Lohoues

  • En 2016, la croissance du PIB réel a atteint 3.5 % au lieu de 3.8 % l’année précédente, principalement à cause des prix bas du pétrole.
  • En juillet 2016, le gouvernement a adopté un nouveau plan de croissance économique (2016-30) axé sur le secteur privé et sur une stratégie triennale de stabilisation du budget.
  • L’industrie, hors secteurs pétrolier et gazier, ne représente plus que 5.0 % du PIB en 2016, contre 35 % à la fin des années 80, aussi les autorités envisagent une ré-industrialisation de l’Algérie.

Les performances économiques de l’Algérie continuent d’être affectées par la baisse des cours du pétrole, passés de 99 dollars américains (USD) en moyenne en 2014 à 53 USD en 2015, puis 45 USD en 2016. Couplé à une forte appréciation du dollar, ce choc externe s’est traduit, tout comme en 2015, par un creusement des déficits budgétaire et extérieur. L’impact sur le secteur réel reste cependant limité.

En effet, en 2016, la croissance du produit intérieur brut (PIB) s’est établie à 3.5 %, contre 3.8 % en 2015. Cette évolution fait suite à la reprise qui se confirme dans le secteur les hydrocarbures, grâce à une progression des activités de production, de raffinage et de liquéfaction.

L’inflation est repartie à la hausse pour s’établir à 6.4 % en 2016, contre 4.8 % en 2015, après deux années consécutives de baisse en 2013 et 2014. Cette poussée inflationniste résulte de l’augmentation des prix des biens manufacturés (+9.9 %) et des services (+7.4 %). Elle s’explique notamment par l’impact des restrictions aux importations, la hausse de 30 % des prix du carburant en 2016, de même que les hausses attendues en 2017 de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA).

Les finances publiques sont marquées par l’érosion de plus de 60 % des ressources du Fonds de régulation des recettes (FRR), dont le niveau plancher légal de 740 milliards de dinars algériens (DZD) sera levé dès 2017. Le FRR a servi entre autres à financer le déficit du budget général. Ce dernier, pour l’année 2016, s’est établi à 13 % du PIB, après un niveau record de 15 % en 2015.

Au niveau de la position extérieure, la balance courante a enregistré un déficit de 14 % du PIB en 2016, contre 17 % en 2015, tandis que les réserves officielles de change ont baissé de 20 % pour s’établir à 114 milliards USD à fin 2016. Cette évolution s’explique surtout par le déficit commercial de 11 % du PIB en 2016 et 8.0 % en 2015, année durant laquelle le solde de la balance commerciale est devenu négatif pour la première fois en 16 ans, autre conséquence directe de la chute des prix du pétrole.

L’Algérie s’est désindustrialisée au cours des trois dernières décennies. En effet, en 2015, l’industrie manufacturière hors hydrocarbures ne représentait plus que 5 % du PIB contre 35 % à la fin des années 80. En termes de valeur ajoutée, le secteur privé domine les branches suivantes : cuirs et chaussures (90 %), textile (87 %) ; agroalimentaire (87 %) ; chimie, caoutchouc et plastiques (78 %) y compris les produits pharmaceutiques) ; et matériaux de construction (52 %). L’Algérie compte près de 2.7 millions d’entrepreneurs privés dont 16 % opèrent dans l’industrie. Au fil des ans, l’entrepreneur algérien est devenu un partenaire incontournable des pouvoirs publics, qui le consultent dans la cadre de la Tripartite, un forum national où sont débattues les grandes orientations et décisions du gouvernement.

Alegrie 1.1

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Entrepreneuriat et industrialisation

AEO 2017

La promotion de l’industrialisation fait plus que jamais son retour dans l’ordre du jour économique de l’Afrique, avec une énergie décuplée. Les stratégies d’industrialisation du 21e siècle doivent se montrer innovantes et s’appuyer sur les atouts des 54 pays du continent. Il faut commencer par dépasser les approches traditionnelles se limitant aux seules industries manufacturières, pour couvrir tous les secteurs porteurs de croissance et créateurs d’emplois. Les stratégies d’industrialisation doivent par ailleurs intégrer les entrepreneurs offrant un réel potentiel, en s’appuyant sur les start-ups et les petites et moyennes entreprises capables d’étayer la croissance des grandes entreprises, pour accélérer l’industrialisation africaine. Enfin, elles doivent encourager une « industrialisation plus propre », moins coûteuse sur le plan environnemental. Les politiques industrielles doivent intégrer, en les adaptant à la spécificité du contexte africain, les enseignements venus de pays possédant une solide base industrielle. À cet égard, l’apprentissage innovant entre pairs sera essentiel dans cette nouvelle vague d’industrialisation.

Comment les gouvernements africains peuvent-ils concevoir et déployer des stratégies efficaces d’industrialisation ? Aujourd’hui, près de la moitié d’entre eux disposent d’une stratégie de développement industriel, visant surtout à promouvoir des activités à forte intensité de main-d’oeuvre créatrices d’emplois. Mais ces plans directeurs tiennent rarement compte des besoins des entreprises à fort potentiel de croissance. Les capacités de mise en oeuvre des politiques demeurent faibles, avec de fréquents conflits de compétence entre organismes gouvernementaux. Les politiques publiques doivent lever les contraintes pesant sur les entrepreneurs à fort potentiel. Déployer des stratégies de productivité exige un engagement total, sans faille et visionnaire de la part des responsables politiques, une coordination excellente au niveau du gouvernement et la participation active du secteur privé. L’implication des autorités locales peut contribuer à la définition de politiques industrielles adaptées aux besoins des entreprises. Enfin, l’évaluation des politiques publiques et de leurs effets est garante de la réussite des stratégies d’industrialisation.

Le dernier chapitre du rapport se concentre sur trois domaines de l’action publique qui permettraient de lever les obstacles auxquels se heurtent la plupart des entrepreneurs en Afrique. Premièrement, les politiques publiques doivent développer les compétences et, pour cela, donner la priorité à l’éducation formelle, l’apprentissage, la formation professionnelle et les capacités managériales, répondant ainsi aux besoins du marché du travail. Deuxièmement, des politiques de soutien aux regroupements d’entreprises (clusters) peuvent servir de catalyseur pour renforcer la productivité et le développement des entreprises, même de petite taille. Enfin, des politiques relatives aux marchés financiers peuvent améliorer l’accès des entreprises à des instruments de financement sur mesure et innovants.

Gouvernance politique et économique en Afrique

AEO 2017

Ce chapitre passe en revue les données les plus récentes en matière de gouvernance en Afrique, afin d’apprécier l’efficacité avec laquelle les institutions publiques soutiennent les performances de développement du continent. Il examine les attentes de la population et les difficultés rencontrées actuellement pour les satisfaire et met en exergue des initiatives susceptibles de montrer la voie.

Trois grandes interrogations sont au coeur de l’analyse : que savons-nous des attentes des citoyens sur le plan de la gouvernance économique et politique en Afrique ? Les institutions publiques parviennent-elles ou non à satisfaire ces revendications ? Quelles sont les initiatives en matière de politiques publiques susceptibles de produire des résultats satisfaisants en Afrique ?

Le chapitre commence par présenter les principales observations avant de détailler la manière dont elles ont été obtenues.

Les toutes dernières données disponibles sur la gouvernance en Afrique révèlent des attentes grandissantes pour de meilleures opportunités économiques et une mise en oeuvre plus responsable des politiques publiques, tandis que, du côté des entreprises, les priorités sont un meilleur accès à l’électricité, des financements plus adaptés et des politiques de concurrence plus efficaces. Dans la plupart des pays, l’élaboration des politiques publiques continue de poser de sérieuses difficultés.

  • L’engagement des principales instances politiques à rendre des comptes aux citoyens n’est toujours pas à la hauteur de leurs attentes. Le constat est similaire pour la performance des administrations publiques.
  • Les enquêtes d’opinion révèlent une confiance limitée dans les instances politiques clés et les principaux organismes chargés de l’élaboration des politiques publiques, notamment en matière de transparence.

Plusieurs initiatives récentes montrent qu’il est possible d’améliorer la qualité des services publics.

  • Les pays africains prennent au sérieux la réforme de leur environnement des affaires.
  • Les réformes réglementaires et l’innovation numérique permettent d’optimiser l’utilisation des ressources publiques tout en améliorant les services rendus.
  • On note également plusieurs initiatives réussies pour mieux répondre aux besoins des entreprises.

À terme, des processus plus solides de responsabilisation et de surveillance des politiques publiques seront indispensables pour repérer et résoudre les défis transversaux. Une meilleure surveillance peut également contribuer à réduire la fragmentation des institutions et les doublons dans les initiatives gouvernementales.

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Développement humain en Afrique

AEO 2017

Ce chapitre présente le développement humain en Afrique et ses liens étroits avec l’entrepreneuriat. Il souligne l’importance de l’investissement dans les personnes – y compris leur santé et leur nutrition, leurs connaissances et leurs aptitudes, ainsi que dans des emplois et des moyens de subsistance décents – afin de libérer l’activité entrepreneuriale à travers le continent. Il examine les mesures stratégiques qui pourraient être prises pour atténuer de manière significative les risques tels que le chômage, les inégalités et les facteurs de vulnérabilité, qui sont susceptibles de freiner les progrès futurs.

Le renforcement des capacités humaines est fondamental, à double titre, pour le développement économique – premièrement, en tant que partie intégrante du processus de développement en cours (comprenant la réduction de la pauvreté et des inégalités), et deuxièmement, comme plateforme pour promouvoir la productivité et l’entrepreneuriat. Étant donné le potentiel de cercle vertueux du développement humain et de la croissance économique, les investissements dans l’éducation et les compétences, la santé et la nutrition ainsi que la protection sociale sont également des investissements dans la croissance inclusive et le développement de l’entrepreneuriat. C’est uniquement avec l’appui d’une main-d’oeuvre productive, qualifiée et avec un esprit d’entrepreneuriat que l’Afrique pourra engranger son dividende démographique. Le développement humain consiste à créer des opportunités et à renforcer les aptitudes des populations à l’innovation et à l’entrepreneuriat. Les perspectives sont positives. Il existe une forte convergence vers un agenda commun et une volonté politique connexe au niveau des dirigeants africains et de leurs partenaires de prioriser le développement humain pour soustendre l’entrepreneuriat et la croissance économique. Avancer avec des politiques et des programmes novateurs contribuera à faire en sorte que le dividende  démographique soit libéré et que l’objectif de « ne laisser personne pour compte » soit atteint dans toute l’Afrique.

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Communiqué de presse

Il faut libérer le potentiel des entrepreneurs africains pour accélérer la transformation industrielle du continent, selon les Perspectives économiques en Afrique 2017.

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