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Egypte

Auteurs : Angus Downie

  • Les perspectives économiques pour 2017 restent d’un optimisme prudent, et reposent dans une large mesure sur la capacité du gouvernement à maintenir le programme de réformes à mettre en oeuvre efficacement la stratégie de développement durable. 
  • Si les réformes des politiques économiques et structurelles sont mises en oeuvre, la croissance devrait s’accélérer avec le retour de la confiance des investisseurs, malgré les problèmes intérieurs et les turbulences économiques mondiales qui persistent. 
  •  Globalement, l’Égypte peut s’appuyer sur le potentiel des secteurs industriel et entrepreneurial pour inverser la tendance de fond, à savoir une croissance faible et non inclusive et des perspectives d’emploi médiocres.

La « feuille de route politique » officielle est achevée, et maintenant les pouvoirs se concentrent sur la gestion du programme de réforme et sur la voie à suivre pour stimuler la croissance en 2017 et à l’avenir. Les disponibilités de devises se sont améliorées depuis que la Banque centrale d’Égypte (BCE) a libéralisé le taux de change en novembre 2016 et les perspectives pour 2017 sont plus optimistes. Si la mise en oeuvre des réformes se poursuit, la croissance pourrait remonter légèrement grâce à une évolution positive du secteur du gaz, des activités manufacturières et de l’immobilier ainsi qu’à une reprise de l’activité touristique mise à mal par les récents problèmes de sécurité. Toutefois, il sera difficile de contenir le déficit budgétaire et celui de la balance courante en 2017 et au-delà.

Pour parvenir à stabiliser l’économie et à stimuler la croissance, il faudra réduire le déficit budgétaire, augmenter les dépenses en faveur des pauvres, veiller à la stabilité des prix dans un contexte de taux de change flexible, créer des emplois et améliorer l’environnement des affaires, les conditions de sécurité et la justice sociale. Les efforts d’assainissement budgétaire seront poursuivis pendant l’exercice 2017/18, et ils reposeront sur une rationalisation des dépenses au titre de la Loi sur la fonction publique (approuvée début octobre 2016) ainsi que sur une augmentation des recettes grâce à la loi sur la TVA introduite au milieu de l’année 2016. Il est également prévu d’utiliser d’autres outils de gestion des recettes et des dépenses, comme la Loi d’août 2016 sur le règlement des différends fiscaux et de déployer des efforts supplémentaires pour réduire les subventions à l’énergie afin de dégager de l’argent à réinjecter dans des mesures de protection sociale. Une nouvelle loi sur l’investissement en cours de discussion au Parlement devrait permettre d’améliorer l’environnement des affaires, de soutenir le secteur privé et de stimuler l’emploi. Grâce à la libéralisation du taux de change, la CBE pourra plus facilement endiguer les tensions inflationnistes et stimuler la croissance puisqu’elle n’aura plus à se préoccuper du maintien de la stabilité du taux de change.

L’économie est relativement bien diversifiée, mais en dépit d’une industrialisation à grande échelle, les investissements réalisés n’ont pas réussi à impulser une véritable dynamique et à favoriser la création d’emplois. Les réformes sont censées contribuer à améliorer la productivité et l’efficience pour stimuler l’emploi et sortir du piège de l’économie informelle. Pourtant, la croissance de l’industrialisation et de l’entrepreneuriat dépend non seulement d’un contexte politique solide et porteur mais aussi d’un élargissement de l’accès aux ressources naturelles, au capital, aux technologies améliorées et à une main-d’oeuvre plus qualifiée.

Egypte

Djibouti

Auteurs : Guy Blaise Nkamleu

  • Tirée par de grands projets d’investissement, la croissance s’est maintenue à 6.3 % en 2016, et devrait atteindre 6.7 % en 2017 et 6.8 % en 2018.
  • Après s’être creusé au cours de deux années consécutives, le déficit budgétaire s’est amélioré en 2016, mais le niveau d’endettement du pays demeure critique, avec une économie de services centrée sur les transports.
  • La faible densité du tissu économique et sa faible diversification appellent à une transformation structurelle de l’économie en vue de permettre au pays de réaliser son potentiel.

L’économie de la République de Djibouti connaît depuis quelques années une expansion continue avec des taux de croissance supérieurs à 5 %. Cette embellie est pour l’essentiel à mettre à l’actif des projets d’investissement en infrastructures ferroviaires, portuaires (port multi-usages de Doraleh, port de Tadjourah) et hydroélectriques. Dans les années à venir, le gouvernement entend poursuivre son ambitieux programme d’infrastructures, soutenu par des investissements étrangers, notamment en provenance de la Chine. Les entreprises chinoises sont engagées dans le lancement d’une importante zone franche industrielle et commerciale, mais également dans l’exploitation des ressources naturelles (poisson, sel, énergie), et enfin le développement du tourisme. Ces investissements pourront à l’avenir modifier la structure de l’économie, qui reste axée sur les services, notamment les transports et services connexes, en raison de la position géostratégique du pays dans le Golfe d’Aden, au carrefour de corridors maritimes importants pour l’acheminement de biens et de pétrole. Le gouvernement souhaite renforcer cet atout par rapport aux pays riverains en transformant le pays en plateforme et hub régional pour les services logistiques, commerciaux, et financiers.

Tirée par ces grands projets d’investissement, la croissance des dernières années, 6.3 % en 2016 contre 6.5 % en 2015, va se poursuivre avec des projections de 6.7 % en 2017 et 6.8 % en 2018. Malgré cette embellie, l’extrême pauvreté et le chômage restent endémiques. Le chômage affecte plus de 48 % des actifs, tandis que la pauvreté extrême, qui n’a pas régressé depuis 2002, touche environ 23 % d’une population de moins de
1 million d’habitants. De plus, l’endettement devient de plus en plus critique. Les nombreux investissements publics en infrastructures sont financés en partie par des emprunts non concessionnels importants. Le niveau d’endettement s’est aggravé, atteignant 79.6 % du PIB en 2016 et devrait dépasser 81.5 % en 2017, plaçant le pays en risque élevé de surendettement.

Pour amorcer la transformation structurelle de l’économie et propulser l’entrepreneuriat, le gouvernement a adopté, en mars 2014, un nouveau cadre de référence qui définit un cap sur le long terme pour le pays : la Vision Djibouti 2035. En outre, le gouvernement a lancé en 2015 un nouveau document de stratégie quinquennale, la Stratégie de croissance accélérée et de promotion de l’emploi (Scape), première déclinaison à moyen terme de la Vision Djibouti 2035. L’objectif à long terme est de faire passer Djibouti au statut de pays émergent à l’horizon 2035, et à court terme d’accélérer la croissance et promouvoir l’emploi.

Djibouti

Côte d’Ivoire

Auteurs : Pascal Yembiline, Idrissa Diagne, El Allassane Baguia

  • La croissance économique continue d’être forte, mais repose encore sur l’exploitation et l’exportation de matières premières principalement agricoles, soumises aux aléas des cours mondiaux et du climat. 
  • Des avancées importantes ont été observées en termes d’accès aux soins de santé, d’accès à l’éducation et de protection sociale, néanmoins, la croissance des cinq dernières  années s’avère insuffisante au regard d’une demande sociale importante. 
  • Des réformes politiques importantes ont été conduites en 2016 dans un contexte encore marqué par une faiblesse de l’opposition et d’importants mouvements sociaux. 

Dans un contexte marqué par un ralentissement de la production agricole, la Côte d’Ivoire enregistre en 2016 sa cinquième année consécutive de croissance forte, tendance qui devrait se poursuivre en 2017 avec un rythme moins important même si les perspectives restent bonnes jusqu’en 2020. Cette croissance, estimée à 8.4 % en 2016 par la Banque africaine de développement (BAfD), serait de 7.3 % en 2017 dans un contexte de recul des exportations agricole même si la demande intérieure reste importante. Les investissements publics et privés, mais également la robustesse de la consommation, ont permis de maintenir le rythme soutenu de la croissance économique en 2016. Bien que forte, la croissance économique repose encore sur l’exploitation et l’exportation de matières premières avec un faible taux de transformation locale de la production. L’économie ivoirienne reste donc vulnérable aux chocs extérieurs, comme ce fût le cas en 2016 avec, notamment, l’évolution défavorable des cours mondiaux des prix des principaux produits d’exportation (cacao, pétrole), mais également les conditions climatiques qui ont affecté la production agricole.

Le gouvernement met en oeuvre un nouveau Plan national de développement (PND) 2016-20, qui met l’accent sur la diversification de l’appareil productif en capitalisant sur les avantages comparatifs de la Côte d’Ivoire, notamment l’amélioration du taux de transformation des matières premières, ainsi que le développement de chaînes de valeurs complètes des filières agricoles. Le coût du PND est estimé à 30 000 milliards XOF (Franc CFA BCEAO) – soit 60 milliards USD – dont 62 % seront financés par les investissements privés, principalement sous forme de partenariats publics-privés (PPP), et 38 % par les ressources publiques nationales et internationales. Le PND 2016-20 a reçu un soutien très fort des partenaires au développement de la Côte d’Ivoire qui se sont engagés, lors du groupe consultatif de mai 2016 à Paris, à y apporter un soutien financier de 15 milliards USD.

Sur le plan social, les dépenses en faveur des pauvres sont en nette progression, mais demeurent insuffisantes au regard d’une demande sociale importante d’amélioration des conditions de vie des agents de l’État. L’environnement des affaires est en constante amélioration. Le contexte politique est marqué par des reformes importantes, matérialisées par l’adoption d’une nouvelle Constitution, la nomination d’un viceprésident et la création d’un Sénat. Les échéances électorales ont été respectées avec les élections législatives et la mise en place d’une nouvelle Assemblée nationale et d’un nouveau gouvernement. Les défis majeurs de l’actuel quinquennat seront : i) la poursuite des efforts de réconciliation de la classe politique avec une opposition affaiblie par des dissensions internes ; ii) des réponses appropriées aux demandes sociales fortes et pressantes ; iii) l’intensification des efforts en matière de justice, encore perçue comme non impartiale par une partie de la population ; et iv) le règlement des questions conflictuelles de longue date que sont la nationalité et le foncier. Le renforcement du cadre sécuritaire reste aussi un défi dans un contexte régional et national marqué par des attaques terroristes dont les causes sont en grande partie exogènes à la Côte d’Ivoire.

Cote D'Ivoire

 

Congo

Auteurs : Nouridine Kane Dia, Francis Jony Andrianarison

  • Dans un contexte international difficile, marqué par le net repli des cours du pétrole, la croissance a fléchi à -2.4 % en 2016 contre 2.6 % en 2015 et devrait atteindre 0.5 % en 2017. 
  • Bien que la pauvreté soit passée de 50.2 % à 37 % de la population entre 2005 et 2011, les performances sociales du Congo demeurent mitigées, avec des indicateurs sociaux en contradiction avec son statut de pays à revenu intermédiaire (PRI). 
  • Malgré un fort potentiel, le secteur industriel ne s’est pas développé pour devenir la force motrice de l’économie et de sa transformation structurelle. 

La baisse des cours mondiaux du pétrole a continué à fortement affecter l’économie congolaise en 2016. La croissance a été négative à -2.4 % contre 2.6 % en 2015. Cette récession s’explique par le contrechoc pétrolier, qui a entraîné une contraction des activités pétrolières et le ralentissement de la croissance du secteur non pétrolier, lui-même induit par la baisse des investissements publics. La forte dépendance au pétrole rend pressants les efforts nécessaires pour bâtir une économie plus diversifiée et résiliente. Le taux d’inflation, à 4.3 % en 2016, devrait rester légèrement supérieur au critère de convergence de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC), fixé à 3 % en 2017-18. La baisse marquée des revenus du secteur pétrolier a entraîné un déficit de 15.9% du PIB en 2016, malgré un resserrement de la politique budgétaire, ainsi qu’un creusement du déficit du compte courant de la balance des paiements, passé de -20 % à -24.2 % du PIB entre 2015 et 2016.

La croissance devrait atteindre 0.5 % en 2017 et 3.3 % en 2018, soutenue par le rebond de la production pétrolière, grâce à l’entrée en activité de nouveaux puits, ainsi que l’augmentation des productions de ciment et agricole. Cependant, la volatilité des prix du pétrole, la réduction de la marge de manoeuvre du gouvernement pour soutenir la croissance et l’affaiblissement de la stabilité macroéconomique constituent autant de risques majeurs. La réalisation de ces perspectives dépendra aussi de la capacité à mettre en oeuvre un ajustement ordonné et suffisant pour une sortie de crise ainsi que de l’accélération du rythme des réformes structurelles pour la diversification de l’économie.

Malgré les progrès constatés au Congo, les indicateurs sociaux restent inférieurs à ceux d’autres pays africains ayant un niveau de revenu similaire. Selon le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Congo occupe la 136e place sur 188 pays en 2016 avec un indice de développement humain (IDH) de 0.591, en légère hausse par rapport à 2015. La pauvreté est passée de 50.2 % en 2005 à 37 % en 2011, mais reste supérieure à la moyenne des PRI comparables. Avec un coefficient de Gini de 0.465 qui classe le pays 90e sur 105 au niveau mondial, l’inégalité et la répartition des revenus restent des défis majeurs. Par ailleurs, le chômage affecte une part importante de la population active, notamment 30 % des 15-29 ans et 19 % des femmes.

En dépit des efforts de la dernière décennie, l’industrialisation n’est pas encore effective. Malgré le contrechoc pétrolier, qui s’est traduit par une diminution du PIB pétrolier, l’or noir demeure le moteur de l’économie, à hauteur de 40 % du PIB, contre 7 % seulement pour le secteur secondaire. L’industrie congolaise reste très peu diversifiée, ses exportations se limitant à trois catégories de produits qui ne représentent que 6.5 % des exportations totales en 2016. Afin de favoriser le développement industriel et entrepreneurial, le pays s’est doté d’une politique ambitieuse de diversification et d’industrialisation, via le Programme national de développement (PND) 2012-16 et la lettre de politique d’industrialisation du Congo. Dans le cadre du PND, des programmes visent à promouvoir un environnement favorable à l’entrepreneuriat et l’investissement privé. Cependant, leurs résultats restent faibles. L’intensification des efforts du gouvernement sera essentielle pour accélérer la construction d’une économie diversifiée et plus résiliente.

Congo

République démocratique du Congo

Auteurs : Jean Marie Vianney Dabire, Ernest Bamou, Jean Amisi Mutumbi Kalongania

  • Le taux de croissance de l’économie congolaise a décliné en 2016, passant de 6.9 % en 2015 à 2.5 %, mais pourrait repartir à la hausse pour atteindre 4.0 % en 2017 et 5.2 % en  2018 avec la remontée anticipée des prix des matières premières du pays. 
  • La RDC a enregistré quelques progrès en matière de développement humain en 2016, mais les acquis restent fragiles. 
  • Des efforts importants sont à déployer pour une opérationnalisation des cadres stratégiques en matière d’entrepreneuriat et d’industrialisation du pays.

L’économie congolaise a subi en 2016 les effets néfastes du déclin des cours mondiaux de ses principaux produits d’exportation et d’un climat politique et sécuritaire volatile. La croissance, impulsée par les industries manufacturières, le commerce, l’agriculture et les transports et télécommunications, s’est contractée passant de 6.9 % en 2015 à 2.5 % en 2016. Le ralentissement de l’activité économique et le recul des exportations ont réduit l’espace fiscal national, dans un contexte de rigidité des dépenses. Les réserves de change ont chuté occasionnant une dépréciation notable du franc congolais (CDF) de 26 % en une année et une poussée inflationniste préoccupante atteignant 11.24 % en fin 2016. Si les tendances récentes de reprise des cours du cuivre se confirment, la croissance économique pourrait s’établir à 4.0 % en 2017 et 5.2 % en 2018. Pour consolider ces performances, un environnement politico-sécuritaire stable est essentiel, de même qu’un engagement ferme des autorités à mettre en oeuvre les mesures adoptées en janvier 2016 pour la stabilisation et la relance économique, en particulier celles visant l’accroissement des recettes internes et la diversification économique.

La RDC a enregistré quelques progrès en matière de développement humain en 2016, malgré le contexte politico-sécuritaire fragile. Le gouvernement a adopté de nouveaux programmes sectoriels dans les domaines de la santé et de l’éducation, en lien avec son Programme national stratégique de développement (PNSD) en cours d’adoption. Suite à l’extension progressive de la mesure de gratuité scolaire dans le primaire et au développement du programme de construction des écoles, les taux de scolarisation, d’alphabétisation et d’achèvement ont légèrement progressé en 2016, même si la qualité des enseignements n’a pas encore atteint un niveau satisfaisant. La situation sanitaire n’a cependant pas connu d’améliorations en 2016. Ces avancées, bien qu’encore insuffisantes, ont induit une amélioration de l’indice de développement humain (IDH), qui, suivant les données brutes du Questionnaire unique d’indicateur de base de bien-être (QUIBB), serait passé de 0.443 en 2014 à 0.464 en 2016, soit une progression de 4.7 % en deux ans. La situation sociale pourrait se détériorer en 2017, en cas de dégradation poussée de la situation économico-financière du pays, dans un contexte où l’organisation des élections serait au centre des priorités.

La volonté politique de promouvoir l’entrepreneuriat et l’industrialisation est réelle en RDC qui a adopté à cet effet une stratégie nationale de développement des petites et moyennes entreprises (PME), un Document de politique et des stratégies d’industrialisation (DPSI) et un programme national d’implantation des incubateurs en vue de favoriser la création d’emplois par la formation et l’encadrement des petits et moyens opérateurs privés. Toutefois, la mise en oeuvre de ces stratégies et programmes reste limitée en raison notamment de l’insuffisance de moyens financiers. Davantage d’efforts devraient être déployés pour : i) le renforcement de l’entrepreneuriat par l’éducation et le développement des compétences ; ii) la facilitation des échanges de technologies et de l’innovation ; iii) l’amélioration de l’accès au financement pour les entrepreneurs ; iv) l’amélioration de l’environnement réglementaire à l’entrepreneuriat ; v) la création des liens entre les PME nationales et les sociétés étrangères ; et vi) le renforcement du dialogue public-privé.
 

Congo rep. dem.

Comores

Auteurs : Issa Attoumane Boina, Alassane Diabate, El Hadji Ndji Mamadou Fall

  • La croissance économique s’est élevée à 2.1 % en 2016, en raison d’une crise de l’électricité persistante, mais les efforts du nouveau gouvernement pour la résoudre et assainir les finances publiques laissent présager d’une croissance de 3.4 % en 2017 et 4.1 % en 2018. 
  • Les élections de 2016 ont débouché sur une alternance politique, avec l’élection d’un nouveau président et des gouverneurs des trois îles de l’archipel, tous issus de l’opposition.
  • Avec une base économique très étroite et une prédominance du secteur informel, les Comores restent faiblement industrialisées (10 % du PIB) et envisagent de se doter d’une stratégie en ce sens, dans un cadre régional. 

L’année 2016 a été marquée par une légère reprise de la croissance à 2.1 % (un niveau inférieur à la croissance démographique, 2.4 %), contre 1 % en 2015. La croissance attendue serait de 3.4 % en 2017 et 4.1 % en 2018, en raison des efforts faits par le nouveau gouvernement pour résoudre la crise d’électricité et améliorer la gestion des finances publiques. Le secteur de l’électricité a été érigé en priorité en juin 2016, et la capacité de production de la société nationale d’eau et électricité (Mamwe) renforcée. Le secteur industriel, principal moteur de la croissance, est suivi par les services et l’agriculture. Parmi les sous-secteurs les plus dynamiques figurent la pêche, l’énergie, les technologies de l’information et de la communication (TIC), ainsi que les autres services. Avec l’arrivée du deuxième opérateur téléphonique (Telma) en décembre 2016, et surtout la volonté du gouvernement de résoudre définitivement la crise d’électricité avec l’inauguration officielle d’une nouvelle centrale électrique en février 2017, les perspectives économiques pour 2017 et 2018 s’annoncent bonnes.

Par ailleurs, depuis sa prise de fonction en juin 2016, le nouveau gouvernement a montré sa détermination à assainir les finances publiques, en prenant des mesures rigoureuses pour réduire les effectifs de la fonction publique et mieux mobiliser les ressources fiscales intérieures en vue de financer la politique d’investissements publics. Dans la Loi de finances 2017, le gouvernement entend doubler le taux de pression fiscale à 22.1 % contre 11.1 % en 2016. Les dépenses d’investissement sont évaluées à 33.02 % du PIB en 2017 contre 14.6 % en 2015. Pour rappel, les difficultés budgétaires de ces dernières années se sont traduites par une contraction du Programme d’investissements publics (PIP), passé de 26 % à 14.6 % du PIB entre 2012 et 2015.

Le tissu industriel reste embryonnaire (moins de 10 % du PIB). Les autorités ont lancé en 2013 une stratégie visant à améliorer l’environnement des affaires, en renforçant les droits et recours des investisseurs et des créanciers, en instaurant un dialogue public-privé structuré, et en formant les entrepreneurs aux logiciels de gestion Business Edge. En dépit de ces efforts, le faible niveau des investissements et initiatives d’entrepreneuriat viables indique que de nombreux autres obstacles demeurent, notamment institutionnels. S’y ajoutent le coût élevé des facteurs de production, le difficile accès aux marchés, la faible gouvernance économique et le rôle de l’État dans l’activité économique.

Conscient du rôle du secteur privé dans la création d’emplois et la croissance inclusive, le gouvernement poursuit ses efforts dans l’amélioration de l’environnement des affaires, afin de promouvoir la transformation structurelle et la diversification de l’économie.

Comores

Tchad

Auteurs : Claude N'Kodia, Daniel Gbetnkom

  • En raison des dépenses engagées dans la lutte contre les mouvements djihadistes et de la faiblesse persistante des cours mondiaux du pétrole, la croissance économique, négative en 2016, devrait également l’être en 2017.
  • Dans un environnement économique, financier et sécuritaire particulièrement difficile, l’amplification des réformes structurelles apparaît indispensable afin de préserver la stabilité macroéconomique en 2017.
  • Promouvoir une économie entrepreneuriale peut contribuer à une plus grande résilience économique grâce à la diversification des sources de la croissance, des revenus et des emplois qu’elle pourrait générer. 

Fortement dépendante de l’activité pétrolière, l’économie tchadienne a continué d’être affectée par la baisse des cours mondiaux du pétrole et par les risques sécuritaires que font peser sur elle les actions des mouvements djihadistes et de la secte Boko Haram. La persistance de ces facteurs d’instabilité a encore davantage affaibli sa situation budgétaire, sa position extérieure et ses perspectives de croissance à court terme. Le coût financier de son engagement militaire et celui lié à la prise en charge des réfugiés continuent de peser sur ses finances publiques. La contraction de son activité enregistrée en 2016 pourrait ainsi se poursuivre en 2017, en raison notamment d’un net fléchissement de l’activité dans les secteurs pétrolier et non pétrolier.

En dépit de ce contexte économique et financier peu favorable, la mise en oeuvre du programme soutenu par une Facilité élargie de crédit (FEC) s’est poursuivie avec satisfaction. L’approbation des conclusions des troisième et quatrième revues de ce programme a permis au Tchad de bénéficier d’un concours financier en novembre 2016. Cette aide budgétaire est venue s’ajouter à celles octroyées la même année par la Banque africaine de développement, par l’Union européenne, par la coopération française et par la Banque mondiale. Face à la baisse drastique des recettes de l’État et à la crise financière qui en a découlé, le gouvernement a aussi adopté un train de mesures en vue de renforcer l’assainissement et la consolidation budgétaires, notamment par un effort soutenu dans la collecte des recettes non pétrolières et par leur plus grande sécurisation. Les syndicats poursuivent toutefois leurs contestations face à ce plan d’urgence gouvernemental et en dénoncent les effets négatifs sur le bien-être des populations. Dans ce contexte économique et financier incertain, une gestion prudente de l’endettement apparaît indispensable afin d’en préserver la viabilité au regard de la forte volatilité actuelle des cours du pétrole.

Le Tchad est fortement dépendant de l’exploitation de ressources naturelles limitées et doit envisager la diversification de ses sources de croissance et de revenus. Il entend mettre successivement en oeuvre trois plans nationaux de développement qui permettront à son économie d’être émergente à l’horizon 2030. L’industrialisation occupe ainsi une place de choix dans cette stratégie qui permettra de procéder à une transformation et à une diversification sectorielles progressives de l’économie, tout en favorisant l’intégration sociale et une plus grande accumulation de capital grâce au développement de l’entrepreneuriat, notamment celui des femmes et des jeunes. Pour garantir le succès de cette stratégie, le pays devrait disposer de ressources financières importantes, cependant difficiles à mobiliser dans le contexte actuel.

Tchad

République centrafricaine

Auteurs : Kalidou Diallo, David Tchuinou

  • Malgré une révision à la baisse, le PIB réel devrait augmenter de 5.1 % en 2016, porté par la reprise des industries extractives. 
  • Alors que le pays connaît une certaine stabilité macroéconomique et tente de mettre en oeuvre des réformes structurelles, les autorités ne contrôlent toujours pas l’ensemble du territoire et les populations sont encore victimes de violences. 
  • En raison des crises politiques récurrentes qui surviennent dans le pays, le développement de l’entrepreneuriat, de l’industrie et du secteur privé est extrêmement risqué et peu attractif, même pour les Centrafricains. 

La reprise économique timide entamée en 2014 se consolide progressivement, avec un taux de croissance du PIB réel qui devrait atteindre 5.1 % en 2016. Cette embellie trouve d’abord ses racines dans la reprise du secteur des industries extractives, qui enregistre un bond de 22.8 % à la suite de la levée de la suspension partielle du processus de Kimberley. Les pressions inflationnistes, fortes pendant la crise, devraient s’atténuer en 2017 et 2018 en raison de la reprise du transport sur le corridor Douala-Bangui, et notamment grâce à l’amélioration de l’offre des denrées alimentaires.

Le pays fait toujours face à des violences entre les anciennes factions de l’ex-Seleka, notamment pour le contrôle des zones minières. Des coupeurs de route et d’autres individus armés sévissent également en établissant des barrières illégales pour collecter des taxes auprès des commerçants ou en s’opposant aux éleveurs pour les dépouiller de leur bétail. Les organisations non gouvernementales (ONG) ne sont pas épargnées, alors qu’elles apportent leur aide aux populations. La situation ne pourra pas se calmer tant que les politiques appropriées et le programme de désarmement, démobilisation et réintégration des ex-combattants (DDR) ne seront pas mis en place. La République centrafricaine (RCA) a cependant maintenu une certaine stabilité macroéconomique et a progressé dans la mise en oeuvre des réformes structurelles. Avec l’appui des partenaires au développement, elle a achevé le plan national de relèvement et de consolidation de la paix pour un coût total de 3.16 milliards de dollars (USD), et l’a présenté à la communauté internationale le 17 novembre 2016 à Bruxelles. Son plaidoyer a été un succès et a produit des annonces venant pour l’essentiel des bailleurs traditionnels.

Les crises récurrentes en RCA empêchent le développement du secteur privé et minent les bases de l’industrialisation et du développement du pays. Elles présentent un environnement à très haut risque, au point que même les nationaux s’abstiennent d’investir. Ce contexte défavorable a tendance à encourager l’expansion des activités entrepreneuriales « destructrices », sur fond de développement du trafic et de fraude, notamment dans le secteur des ressources naturelles telles que les mines, les forêts, etc. En plus de la perspective de la disparition de ses entreprises, la RCA fait face à la désindustrialisation et à une paupérisation de sa population. Le processus ne peut être inversé qu’avec une politique de retour à une sécurité durable et avec la mise en oeuvre des réformes adéquates.
 

Republique Centrafricain

Cameroun

Auteurs : Richard Antonin Doffonsou, Francis Jony Andrianarison

  • La croissance se situe à 4.7 % en 2016 mais elle baisse d’un point par rapport à 2015 en raison du recul du secteur secondaire et plus particulièrement des industries extractives.
  • Une politique de diversification accrue de l’économie dans le secteur primaire et la rationalisation des choix d’investissement en infrastructures permettent d’atténuer les déséquilibres budgétaire et du compte courant.
  • Dans une perspective d’industrialisation, la valorisation des productions agro-sylvopastorales et l’exploitation judicieuse des ressources minières, minérales, énergétiques se prêtent à une montée dans les chaînes de valeurs, sous réserve de réformes sectorielles et de l’amélioration de l’environnement des affaires. 

La conjoncture internationale et régionale a influencé les performances de l’économie camerounaise en 2016. Le choc pétrolier et la crise sécuritaire régionale qui touche l’extrême Nord du pays ainsi que les dévaluations compétitives de la monnaie nigériane ont eu un impact sur les activités économiques et les échanges de biens et services. Cependant, l’économie a été résiliente. La croissance est estimée à 4.7 % en 2016, en recul par rapport à 2014 et 2015 lorsqu’elle flirtait avec les 6.0 %. La politique budgétaire a été modérément expansionniste, marquée par la conduite des grands projets d’infrastructures. Le déficit budgétaire s’est creusé atteignant 3.3 % du PIB en 2016 contre 2.5 % en 2015. La diversification de l’économie dans les chaînes de valeurs agricole et de la sylviculture s’est poursuivie.

Quant à la politique monétaire, elle est demeurée modérément expansionniste, à l’instar des années précédentes, en lien avec l’orientation de la politique budgétaire. Ceci a induit un accroissement de la masse monétaire de 9.2 %, passant de 3 635.3 milliards XAF (Franc CFA EAC) en août 2015 à 3 969.8 milliards en août 2016. L’atonie de la reprise économique dans les principales zones d’échanges au sein de l’Union européenne (France, Allemagne), en Asie (République populaire de Chine) et en Afrique de l’Ouest (Nigéria), qui concentrent 80.4 % des partenaires commerciaux du Cameroun, n’a pas soutenu le solde courant dont le déficit est estimé à 4.8 % du PIB en 2016 contre 4.2 % en 2015. Ainsi, les avoirs extérieurs nets ont connu une diminution en glissement annuel de 5.5 % passant de 1624.6 milliards XAF en août 2015 à 1 535.4 milliards en août 2016, correspondant à environ cinq mois d’importation. Le taux d’inflation en 2016 se situe à 2.2 % contre 2.7 % en 2015. À moyen terme, ce taux se maintiendrait en deçà du seuil de convergence fixé à 3.0 % en zone de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC). Les perspectives de croissance à moyen terme continueront d’être favorables avec une prévision de 4 à 5 %. La croissance sera tirée par le secteur non pétrolier en bénéficiant des dividendes des politiques de diversification économique et des incitations à l’investissement. Les performances économiques enregistrées par le pays depuis quelques années ont un impact positif sur la pauvreté dont le taux a baissé de 2.4 points entre 2007 et 2014. Mais la croissance devra être plus inclusive pour réduire les inégalités.

Cameroun

Cabo Verde

Auteurs : Adalbert Nshimyumuremyi, Yannis Arvanitis, Luca Monge Roffarello

  • Après avoir subi l’impact des crises financières qui ont frappé l’Europe et le monde, l’économie du Cabo Verde est repartie à la hausse de plus de 3.2 % en 2016. Cette tendance devrait se poursuivre, et le PIB enregistrer une hausse de 3.7 % en 2017 et de 4.1 % en 2018.
  • Le Cabo Verde est à la croisée des chemins : après cinq années de politique budgétaire contracyclique visant à compenser une période de faible croissance et une accumulation rapide de la dette, un changement de paradigme s’impose désormais pour que le secteur privé devienne le moteur de la croissance. 
  • S’il veut lever les obstacles actuels à son industrialisation (difficultés d’accès au marché, cherté de l’énergie et insuffisance du transport interinsulaire), le Cabo Verde doit  coordonner ses politiques sectorielles, améliorer son environnement des affaires et renforcer son intégration régionale. 

Ces dernières années, le produit intérieur brut (PIB) réel du Cabo Verde a affiché une croissance atone. Entre 2000 et 2008, le taux de croissance moyen ressortait à 6.6 %, avant la récession de 2009 sur fond de crise européenne. Sur la période 2010-15, le Cabo Verde a enregistré une croissance moyenne de 1.3 % seulement, malgré une politique contracyclique s’accompagnant d’investissements massifs. Ces dépenses d’investissement ont fait exploser la dette publique, qui est passée de 71.9 % du PIB en 2010 à 125.9% en 2015. En 2016, toutefois, l’économie a enregistré des signes de reprise positifs. Bien que toujours globalement bas, le crédit au secteur privé a progressé de 2.1 % sur les huit premiers mois de 2016. De même, la tendance des indicateurs de la confiance dans l’économie s’est inversée. Après avoir présenté une politique budgétaire expansionniste, le nouveau gouvernement a revu ses plans afin de cibler un déficit équivalant à 3.3 % du PIB, soit 1.9 point de pourcentage de moins que le budget initialement approuvé. Selon les estimations, le PIB a affiché une hausse de 3.2 % en 2016, contre 1.5 % en 2015. Pour 2017 et 2018, la croissance devrait ressortir respectivement à 3.7 % et à 4.1 %, sous l’effet d’un regain de confiance, de la vigueur de la production agricole et du tourisme, ainsi que des efforts déployés par les pouvoirs publics pour maintenir le cap de la réforme.

Les principaux problèmes qu’a rencontrés le Cabo Verde sur le plan de la politique publique en 2016 risquent de perdurer en 2017 et 2018. Le pays doit notamment stabiliser sa position budgétaire, et surtout réduire le fardeau financier que représentent certaines entreprises d’État. Si l’on considère que le Cabo Verde importe sa politique monétaire du fait de l’arrimage de sa monnaie à l’euro, la politique budgétaire est le seul moyen dont il dispose pour absorber les chocs. Toutefois, avec une dette publique à 125.9 % du PIB (hors passifs éventuels) et en augmentation constante, il a peu de marge de manoeuvre. En 2017 et 2018, le Cadre de dépenses à moyen terme (CDMT) devrait conférer aux pouvoirs publics une certaine latitude pour faire face aux chocs potentiels. Les indicateurs sous-jacents de la viabilité de l’endettement étant inférieurs aux seuils fixés par le Fonds monétaire international (FMI), le pays doit agir de toute urgence pour endiguer l’accumulation de la dette.

Vu son niveau d’endettement, l’État cherche à changer le paradigme de croissance, qui, jusqu’ici, repose largement sur le secteur public. Les pouvoirs publics doivent s’engager résolument à améliorer encore l’environnement des affaires, et promouvoir l’industrialisation et l’entrepreneuriat. Toutefois, pour améliorer l’environnement des affaires, il est impératif d’éliminer, grâce à des politiques sectorielles bien coordonnées, les obstacles actuels : problèmes d’accès au marché, cherté de l’énergie et insuffisance du transport interinsulaire.

Cabo Verde

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Communiqué de presse

Il faut libérer le potentiel des entrepreneurs africains pour accélérer la transformation industrielle du continent, selon les Perspectives économiques en Afrique 2017.

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