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Lesotho

Auteurs : Asha P. Kannan, Edirisa Nseera

  • L’économie du Lesotho est sur la voie de la reprise : la croissance du PIB, essentiellement tirée par l’essor du secteur tertiaire et les investissements miniers, ressort à 3.1 % en  2016 et elle devrait poursuivre sur sa lancée en 2017 et 2018. 
  • Malgré l’embellie économique, la pauvreté s’est accrue sous l’effet du chômage et des inégalités : elle touche actuellement 56.2 % de la population. Le Lesotho doit s’attaquer plus résolument à ce fléau pour parvenir à un développement plus inclusif. 
  • La politique actuelle lie entrepreneuriat et industrialisation, ce qui est essentiel pour créer des emplois. Elle pourrait être soutenue par une multitude de facteurs, dont l’entrepreneuriat technologique, qui est au coeur de tout processus de transformation structurelle significatif. 

La croissance du produit intérieur brut (PIB) du Lesotho, estimée à 3.1 % en 2016 contre 2.8 % en 2015, atteste de la reprise de l’économie résultant du dynamisme du secteur tertiaire, des investissements miniers en cours et d’une croissance régulière du secteur de l’électricité et de l’eau. À moyen terme, la croissance devrait s’accélérer et atteindre 3.5 % en 2017 et 4.6 % en 2018.

Cependant, la pauvreté, les inégalités et le chômage restent les principaux facteurs qui pèsent sur le développement du pays, malgré des taux d’alphabétisation élevés et d’importants investissements sociaux réalisés au fil des ans. Le taux de pauvreté national (à 1.25 USD par jour en parité de pouvoir d’achat) a augmenté et est actuellement de l’ordre de 56.2 %. La majorité des pauvres vivent en zone rurale. Plus de 50 % de la population est au chômage et les inégalités, mesurées par un indice de Gini égal à 0.5, sont jugées inacceptables.

Le Plan national de développement stratégique (2012-17) du Lesotho prévoit d’accroître la participation du secteur privé et de promouvoir l’entrepreneuriat pour stimuler l’industrialisation. À cette fin, il envisage de transformer les institutions de développement des compétences et d’élargir le socle de compétences et la base d’innovation. Bien que la politique actuelle relie l’entrepreneuriat et le cadre d’industrialisation, de nombreux facteurs empêchent de renforcer cette interaction : l’inadéquation des compétences, l’absence de transfert des compétences par les entrepreneurs étrangers qui craignent que les entrepreneurs locaux imitent leurs produits, le manque de compétences entrepreneuriales pour diversifier les produits, la faiblesse de l’entrepreneuriat technologique, qui est au coeur de tout processus de transformation structurelle significatif, et l’absence d’opportunités due au manque d’accès au financement, à l’information et aux infrastructures.

Le rapport sur les Perspectives économiques en Afrique insiste sur la nécessité d’adopter une stratégie agressive contre le chômage, la pauvreté et les inégalités, basée sur des politiques de croissance plus inclusives. Il suggère en outre que le Plan national de développement stratégique (PNDS), qui cherche à élargir le socle de compétences et la base d’innovation et à promouvoir l’adoption des technologies, incite les entreprises chefs de file à resserrer leurs liens avec les entrepreneurs locaux émergents, afin d’accroître l’offre. Il propose également d’intensifier le dialogue avec les entrepreneurs existants en vue de promouvoir le développement des compétences et leur transfert entre entrepreneurs étrangers et locaux.

Esotho

Kenya

Auteurs : Julius Chokerah, Walter Odero, Wilmot Reeves

  • La croissance du PIB réel a progressé, passant de 5.6 % en 2015 à 6.0 % en 2016 selon les estimations, et devrait progresser en 2017 et 2018, à la faveur d’investissements  importants et de l’expansion du secteur des services. 
  • L’environnement macroéconomique a été marqué par la stabilité, avec une inflation à un seul chiffre (autour de 6.0 % en 2016), dans le contexte du lancement de la campagne pour les élections législatives d’août 2017. 
  • Le Kenya possède un secteur de l’entrepreneuriat bien développé par rapport à ses voisins, mais pourrait lui donner plus d’importance sur la scène mondiale en accroissant les investissements dans les technologies de l’information.

La croissance du PIB a progressé pour s’établir à 6.0 % en 2016, contre 5.6 % en 2015, tirée par le BTP, l’industrie manufacturière, la finance et l’assurance, les technologies de l’information et de la communication (TIC), et le commerce de gros et de détail. Les perspectives sont bonnes, avec une croissance prévue à 6.1 % en 2017 et 6.5 % en 2018. Selon les projections de l’indice des prix à la consommation (IPC), l’inflation devrait rester légèrement au-dessus de 5.0 % sur la même période. Les projections pour le court et moyen terme se fondent sur les hypothèses suivantes : précipitations accrues qui devraient améliorer la production agricole ; stabilité de l’environnement macroéconomique ; maintien des cours mondiaux du pétrole à un niveau bas ; maintien de la stabilité du shilling kenyan (KES) ; amélioration de la sécurité qui devrait doper le secteur du tourisme ; et poursuite des réformes en matière de gouvernance et de justice.

Le paysage politique a été marqué en 2016 par la campagne pour les élections législatives d’août 2017. Deux coalitions se sont constituées, l’une centrée autour du Jubilee Party au pouvoir et l’autre autour du principal groupe d’opposition, la National Super Alliance (NASA). Les partis d’opposition ont mené une campagne énergique appelant à une remise à plat du cadre électoral. Par conséquent, la législation a été modifiée pour donner lieu à une révision des listes électorales et à une nouvelle organisation du calendrier et du financement des élections. Tous les membres de la Commission indépendante chargée des élections et du découpage électoral ont été remplacés en janvier 2017.

Le Kenya possède un secteur de l’entrepreneuriat bien développé au regard des normes régionales, mais pourrait lui donner plus d’importance sur la scène mondiale en accroissant les investissements dans les technologies de l’information. Le pays ambitionne de se doter d’un secteur manufacturier solide, diversifié et compétitif afin d’accompagner sa transformation en une économie industrialisée à revenu intermédiaire à l’horizon 2030. L’objectif global pour le secteur industriel est d’accroître sa contribution au PIB d’au moins 10 % par an et de faire du Kenya le carrefour industriel du continent africain.

Kenya

Guinée-Bissau

Auteurs : Yannis Arvanitis, Luca Monge Roffarello, Inacio Ie

  • La croissance du PIB réel, qui devrait selon les prévisions s’établir aux alentours de 5.0% en 2017 et en 2018, devrait contribuer à renforcer la reprise après la période de transition, mais l’incertitude politique demeure un frein à un réel décollage économique. 
  • Les perspectives économiques et sociales demeurent fragiles car fortement dépendantes du secteur de l’anacarde, de la continuité des réformes amorcées et du climat politique.
  • L’industrialisation du pays passe par la reconstruction d’infrastructures de base, notamment des transports et de l’énergie qui ne peuvent actuellement soutenir l’éclosion du  secteur secondaire, par une amélioration du climat des affaires, ainsi que par un renforcement du capital humain. 

L’année qui a suivi le retour à l’ordre constitutionnel en 2014, la Guinée-Bissau a connu une dynamique positive. Mais depuis, le pays connaît une période d’incertitudes. En effet, entre juin 2015 et décembre 2016, quatre Premiers ministres ont été limogés. Un blocage institutionnel s’est enclenché ne permettant pas au Parlement de se réunir au cours de l’année 2016. Malgré ce contexte politique délicat, la croissance du produit intérieur brut (PIB) est estimée à 4.9 % en 2016, tirée par une bonne campagne agricole. Les performances économiques demeurent ainsi fortement exposées à des chocs exogènes.

Porté par une campagne de commercialisation de la noix de cajou exceptionnelle et par une récolte agricole vivrière en nette augmentation (8.9 %), la reprise ayant suivi le retour à l’ordre constitutionnel se confirme. Cependant, le contexte politique incertain a pesé négativement sur le potentiel de croissance. L’administration publique a contribué négativement à la croissance du PIB (-0.5 %). Par ailleurs, le climat politique n’a pas été propice aux investissements, ce qui a pesé sur le potentiel et la qualité de la croissance. L’année 2016 a aussi été marquée par le gel des appuis budgétaires des bailleurs motivé par un sauvetage bancaire opaque effectué en 2015 par les autorités et ce pour un montant de 34.2 milliards XOF (Franc CFA BCEAO), représentant 5.6 % du PIB. L’année 2017 devrait voir un retour des appuis budgétaires, sur la base d’engagements pris par les autorités pour défaire ce sauvetage. Les taux de croissance pour 2017 et 2018 sont estimés à 4.8 % et 5.0 % respectivement, dans l’hypothèse de la résolution des tensions politiques actuelles, d’une pluviométrie égale à celle de 2016, d’un maintien du prix de la noix de cajou, du démarrage des investissements dans le secteur des phosphates dont la mise en production est prévue pour 2019, ainsi que du maintien du cap des réformes engagées.

Au niveau des réformes relatives à la gestion des finances publiques, la mise en place de certaines mesures en 2014-15 ont continué de porter leurs fruits, notamment dans le domaine fiscal. Pour 2017 et 2018, les réformes des recettes planifiées, comme la mise en place d’une facture unique mentionnant le numéro d’identification fiscale, devraient renforcer les perspectives et entraîner une hausse des recettes. Les dépenses ont été, elles, plus importantes qu’en 2015, notamment du fait du remboursement de la dette interne. Le taux de pression fiscale stagne à 9.6 % du PIB. Le solde budgétaire global se situe à -4.0 % du PIB et le solde primaire à -3.3 % en 2016. Enfin, l’inflation, est estimée à 2.6 % sur fond de reprise de la demande.

La situation sociale et du développement humain n’a pas connu de changements importants par rapport à l’année précédente et la situation globale demeure préoccupante. Le pays détient l’un des plus bas indicateurs de développement humain (IDH). Les carences sont néanmoins importantes et sont d’autant plus marquées concernant les femmes et les populations rurales. L’absence de budget pour l’année 2016 n’a pas permis de planification efficace dans les secteurs sociaux. Les difficultés fiscales devraient continuer de peser sur le sousinvestissement chronique et ne pas permettre d’amélioration marquante en termes de développement humain.

Guinee Bissau

Guinée

Auteurs : Olivier Manlan, Idrissa Diagne, Mamadou Sarifou Diao Diallo

  • En 2016, l’économie guinéenne a enregistré une croissance de 4.9 %. Ce rebond, impulsé par l’apaisement politique et la bonne tenue des secteurs minier et agricole, intervient après deux années de faible croissance (1.1 % en 2014 et 0.1 % en 2015) principalement dues au virus Ebola. 
  • Le défi de la cohésion sociale et de la réduction des inégalités reste prégnant, face à une pauvreté endémique, encore plus marquée dans les zones rurales. 
  • La transcription en progrès économique et social de la vision des autorités pour la transformation du pays est entravée par un déficit systémique de capacités de l’administration et une mise en oeuvre fragmentée et faiblement coordonnée des décisions et actions. 

En 2016, la fin de l’épidémie Ebola a mis un terme à l’isolement du pays et élargi les opportunités d’exportation. Dans ce contexte, l’accord politique qui a sanctionné les concertations nationales d’octobre 2016 a permis d’apaiser le climat. Le programme macroéconomique conclu en 2012, soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC) du Fonds monétaire international (FMI) et l’appui des autres partenaires, a enregistré une conclusion satisfaisante. Pour la première fois de son histoire, le pays a pu conclure un programme avec le FMI.

Le ralentissement de l’activité qui a marqué les trois années précédentes s’est infléchi. En 2016, la croissance a été de 4.9 %, contre 0.1 % en 2015. Le Plan national de développement économique et social (PNDES) 2016-20 met l’accent sur une vision axée sur la gouvernance, la transformation économique, le développement du capital humain et la gestion durable des ressources. Les projections du PNDES estiment la croissance médiane de la période 2016-20 à 6.5 %. Cette évolution sera impulsée par la relance du secteur secondaire (23.6 % du PIB) à travers un regain d’activité dans le sous-secteur minier (12.3 %).

Les réformes se sont poursuivies, à un rythme plus ralenti en raison de l’effort humain et financier pour lutter contre Ebola. Plus spécifiquement, l’on peut noter des documents fondamentaux que sont la Loi organique relative aux Lois de finances (LORF), et ceux régissant la gouvernance financière et celle des entreprises publiques et du cadre réglementaire des projets de partenariats public-privé (PPP). Par ailleurs, les conclusions de l’audit des marchés publics, une fois publiées, ont confirmé les mauvaises pratiques en matière de dépenses d’investissement en 2014 et 2016 dans les secteurs des infrastructures (routes, énergie etc.). En effet, moins de 14 % des marchés publics ont suivi les règles qui les régissent. Un regard plus attentif et rigoureux sur les dépenses en 2016 ainsi que le renforcement des procédures des marchés publics ont contribué à assainir les dépenses dans les infrastructures.

Le PNDES place au coeur des discussions politiques l’insuffisance et la dégradation des infrastructures, ainsi que leur financement. Le gouvernement sollicite ses partenaires en vue d’accroître leurs financements concessionnels dans les infrastructures. Cependant, les montants susceptibles d’être mobilisés restent limités. Aussi les autorités visent-elles à intensifier la mobilisation des ressources domestiques, tout en ayant recours à plus d’endettement non concessionnel. Un accord général se dégage toutefois sur la nécessité d’éviter la spirale du surendettement. Le gouvernement envisage, avant la tenue au cours du dernier trimestre 2017 d’un groupe consultatif pour le financement du PNDES 2016-20, de négocier et conclure un nouveau programme soutenu par le FMI et les autres partenaires, qui comprenne plus d’endettement non concessionnel pour financer l’ambitieux programme d’infrastructures du PNDES.

Guinee

Ghana

Auteurs : Radhika Lal, Eline Okudzeto, Kordzo Sedegah

  • On estime que la croissance du PIB réel a ralenti pour la cinquième année consécutive, notamment en raison du resserrement des politiques monétaire et budgétaire, mais elle devrait rebondir en 2017 et 2018 à la faveur d’une embellie de l’économie non pétrolière et de l’entrée en production de nouveaux puits de pétrole. 
  • Les élections de décembre 2016 ont installé au pouvoir le principal parti d’opposition, ce qui devrait se traduire par certains changements dans l’orientation des politiques, avec l’introduction notamment de mesures visant à stimuler le développement du secteur privé. 
  • Bien que l’industrie constitue le deuxième plus gros contributeur au PIB du Ghana, il serait possible d’accroître ses performances en ciblant mieux les politiques et programmes  l’aide à ce secteur, ainsi qu’en donnant la priorité à des mesures destinées à améliorer l’accès au financement et à s’attaquer aux problèmes de compétences et d’infrastructures. 

On estime que la croissance du produit intérieur brut (PIB) a ralenti pour la cinquième année consécutive, de 3.9 % en 2015 à 3.3 % en 2016, en raison de la mise en oeuvre de politiques monétaire et budgétaire strictes dans le cadre du programme de Facilité élargie de crédit (FEC) du Fonds monétaire international (FMI), ainsi qu’à la suite de problèmes techniques liés à la production de pétrole. La croissance devrait se rétablir à 7.1 % en 2017 et 8.0 % en 2018 si les conditions suivantes sont remplies : rétablissement de l’approvisionnement en énergie, entrée en production de nouveaux puits de pétrole et résolution rapide des problèmes techniques qui ont perturbé la production du champ pétrolier et gazier de Jubilee en 2016. La croissance devrait être plus soutenue si les fondamentaux macroéconomiques s’améliorent et ont des retombées positives sur l’économie non pétrolière.

Les autorités ont mené à bien la quatrième revue de la FEC du FMI, malgré des retards dans la réalisation de certains de ses critères de performances. Néanmoins, selon les estimations provisoires, le déficit budgétaire du Ghana s’établirait à 8.7 % du PIB, au-delà de l’objectif fixé à 5.3 %. Cette régression du pays vis-à-vis de son programme d’ajustement budgétaire suscite un certain nombre de craintes. Pour 2017, les principales priorités politiques consisteront à s’assurer que le programme d’assainissement des finances publiques est sur la bonne voie, que les politiques et mesures de relance de l’investissement privé et de l’investissement direct étranger (IDE) sont bien adoptées, et que les problèmes d’approvisionnement et de gouvernance qui pèsent sur le secteur de l’énergie sont réglés au plus vite.

Les élections de décembre 2016 ont installé au pouvoir le parti principal d’opposition, le Nouveau parti patriotique, qui a remporté le scrutin présidentiel avec 53.9 % des suffrages, contre 44.4 % pour le Congrès démocratique national qui était au pouvoir. Cette passation de pouvoir, après l’unique mandat du parti sortant, semble s’écarter du modèle selon lequel une alternance se produit après deux mandats de quatre ans, ce qui a été le cas depuis le début de la IVe République en 1992.

La politique industrielle du Ghana date de 2011. L’année 2016 a vu le lancement d’une politique de promotion du « Made in Ghana ». Le budget 2017 du nouveau gouvernement comporte également un certain nombre de propositions et d’initiatives politiques, comme un accent plus appuyé sur le contenu local, un nouveau Programme national de redynamisation industrielle (National Industrial Revitalisation Programme) assorti d’un plan de relance de l’industrie, un Plan national pour l’entrepreneuriat et l’innovation (National Entrepreneurship and Innovation Plan – NEIP), et la proposition « One District, One Factory » (« Un district, une usine ») pour promouvoir une industrialisation à ancrage local. La mise en oeuvre de la politique industrielle de 2011 via le Programme d’appui au secteur industriel (Industrial Sector Support Programme – ISSP, 2011- 15) a souffert du manque durable de ressources du secteur public, du coût élevé du– crédit et de l’accès limité aux financements initiaux pour les entreprises, en plus des problèmes fonciers et énergétiques. Les propositions du nouveau programme ciblent bon nombre de ces problèmes. Par ailleurs, les exportations du Ghana restent à ce jour principalement constituées d’un faible nombre de produits de base très sensibles aux fluctuations des marchés mondiaux, tandis que la création de valeur ajoutée dans les secteurs minier et agricole restait soumise à diverses contraintes. On assiste néanmoins à l’émergence d’un entrepreneuriat dynamique dans le secteur des nouvelles technologies. Celui-ci pourrait profiter de la mise en oeuvre du NEIP, qui devrait constituer le principal instrument d’aide intégrée aux entreprises en phase de démarrage (start-ups et petites entreprises), en se focalisant sur les services d’appui aux entreprises, les pépinières d’entreprises et le financement des entreprises détenues par des jeunes. Les objectifs à moyen terme du gouvernement comprennent également le développement d’une éducation de qualité, de l’entrepreneuriat et des compétences professionnelles, ce qui mérite d’être salué.

Ghana

Gambie

Auteurs : Adalbert Nshimyumuremyi, Yannis Arvanitis, Khadidiatou Gassama, Radhika Lal, Abdoulie Janneh

  • En 2016, la croissance gambienne s’est tassée à 2.1 %, sous l’effet de dérapages dans la mise en oeuvre des réformes et des incertitudes électorales, mais elle devrait remonter à 3.5 % en 2017, puis à 4.8 % en 2018, dans le contexte d’une transition politique pacifique. 
  • Les perspectives économiques dépendent de la capacité du nouveau gouvernement à opérer une transition rapide et sans heurts afin de mener les réformes qui s’imposent et de jeter les bases de la transformation structurelle. 
  • La politique industrielle pâtit du manque d’infrastructures essentielles et d’innovation technologique, mais aussi de l’insuffisance de l’intégration régionale, qui ne permet pas à l’économie gambienne de tirer profit d’un marché beaucoup plus vaste. 

La Gambie est une économie petite et ouverte, qui repose sur l’agriculture et le tourisme. Elle reste donc très vulnérable aux changements climatiques et aux chocs extérieurs. L’incohérence des politiques, les dépenses élevées et les conditions météorologiques défavorables de ces dernières années ont pesé sur le potentiel économique et la maîtrise budgétaire du pays. En outre, l’économie gambienne affiche une dette et des taux d’intérêt élevés. Selon les estimations, la croissance ressort à 2.1 % pour 2016, en baisse par rapport aux 4.4 % de 2015. Ce tassement s’explique principalement par des dérapages dans la mise en oeuvre des réformes, l’éviction de l’investissement privé, une saison agricole en demi-teinte et, en fin d’année, une situation politique qui a pesé sur le tourisme. Les perspectives pour 2017 et 2018 sont cependant favorables, les projections de croissance ressortant respectivement à 3.5 % et à 4.8 %, à condition que la transition politique se déroule dans le calme.

L’élection d’Adama Barrow à la présidence de la République en décembre 2016 représente le premier changement démocratique à la tête de l’État depuis l’indépendance de la Gambie. Son prédécesseur a dans un premier temps refusé de laisser le pouvoir, mais les efforts de médiation et les pressions militaires des autres pays d’Afrique de l’Ouest l’ont amené à quitter ses fonctions de manière pacifique. Les perspectives sont donc largement tributaires de la capacité du nouveau gouvernement à opérer une transition rapide et sans heurts, à assainir les finances publiques, à retrouver la confiance des partenaires, à stabiliser le pays pour faire revenir les touristes et à jeter les bases de la transformation économique. Sur le plan budgétaire, la reconstitution des coussins budgétaires devrait être une priorité absolue, notamment grâce à une meilleure gestion de la masse salariale, à un contrôle renforcé des dépenses, à un examen et à une restructuration des entreprises publiques et à la maîtrise des emprunts intérieurs.

Malgré une certaine transformation structurelle au cours des dix dernières années, la part du secteur industriel dans l’économie gambienne n’a pas augmenté sensiblement (15 % en 2013, contre 12 % en 2004), et la valeur ajoutée manufacturière ne s’est pas non plus accrue. Une intégration régionale insuffisante, le manque d’accès à une énergie fiable et bon marché, ainsi qu’une infrastructure et une formation sous-optimales font obstacle à l’industrialisation. De même, l’entrepreneuriat n’a pas encore réussi à décoller. Il pâtit d’une pénurie de compétences et de lacunes structurelles dans l’environnement des entreprises, notamment des difficultés d’accès au financement et à la terre, une fiscalité lourde et des procédures administratives imparfaites.

Gambie
 

Gabon

Auteurs : Dominique Puthod, Celestin Tsassa

  • La croissance du PIB réel a diminué, passant de 4.0 % en 2015 à 2.9 % en 2016, principalement à cause des prix bas du pétrole. 
  • La diversification économique devrait tenir compte du chômage important, notamment chez les jeunes (46 % des moins de 25 ans sont sans emploi) et d’un taux de pauvreté de 4.3 %. 
  • Afin d’encourager l’entrepreneuriat et l’industrialisation, l’État met un accent particulier sur le développement de compétences professionnelles de la jeunesse. 

L’année 2016 a été difficile pour le Gabon en raison d’une conjoncture économique défavorable, liée à un prix du pétrole bas. Le baril de Brent a été en moyenne de 42.6 USD en 2016. Ce faible cours a eu un impact défavorable sur les recettes fiscales pétrolières, mais aussi sur les recettes fiscales des autres segments de l’économie. En effet, le programme d’investissement public, largement dépendant des recettes pétrolières, a un rôle moteur dans la diversification économique. Une plus faible commande publique a ainsi des effets négatifs sur l’exécution du Plan stratégique Gabon émergent (PSGE). L’élection présidentielle du 27 août 2016 a également suscité l’attentisme de certains opérateurs économiques. Cependant, certains relais de croissance s’affirment, comme le montre la croissance relative de l’agriculture dans la part du PIB. Ainsi, les perspectives récentes indiquent que le secteur hors pétrole connaît une plus forte croissance que les hydrocarbures. Cependant, les prévisions convergent vers un prix du baril ne dépassant pas 60 USD dans les prochaines années. La diversification économique sera donc d’autant plus cruciale pour asseoir la croissance.

Dans ce climat difficile, les autorités ont cependant continué la mise en place de réformes importantes pour assainir les finances publiques, stimuler l’économie et assurer les prestations sociales prévues dans le cadre de la stratégie d’investissement humain. Les efforts principaux ont porté sur la maîtrise de la masse salariale, la rationalisation des dépenses de fonctionnement, et des arbitrages budgétaires importants, préservant ainsi les dépenses sociales et les dépenses d’investissement publics. Par ailleurs, la quasi-totalité des subventions publiques au prix de l’essence à la pompe a été éliminée en début 2016. Les investissements publics ont porté pour une grande part sur l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football de janvier et février 2017, qui devrait stimuler la croissance économique. Cependant, la priorité à court et moyen termes sera l’apurement d’arriérés intérieurs envers le secteur privé, estimés à 600 milliards XAF (Franc CFA BEAC), qui handicapent la croissance et la diversification économique. Ainsi, le Gabon a exprimé son intérêt à renforcer sa coopération avec le Fonds monétaire international (FMI) à partir de 2017.

L’entrepreneuriat et en particulier celui des jeunes et des femmes, est un secteur qui peine à se développer en raison, notamment, de : i) la faible culture entrepreneuriale (les jeunes porteurs de projets étant confrontés à un environnement socio-économique qui ne favorise pas l’esprit d’entrepreneuriat) ; ii) la difficulté d’accéder aux services financiers adéquats et à long terme ; et iii) le manque de main-d’oeuvre qualifiée pour la gestion de l’entreprise. Conscientes de ces défis, les autorités gabonaises ont fixé une feuille de route pour l’émergence et la diversification économique, appelée le PSGE. L’un des objectifs est de réduire progressivement la dépendance envers les ressources pétrolières, notamment à travers la diversification de l’économie gabonaise. Un autre objectif à très court terme est d’accroître la part de l’agriculture dans la richesse nationale. Par ailleurs, bien que le Gabon soit engagé dans un ambitieux programme de réformes pour faire face à la baisse des cours du pétrole, des actions importantes sont encore nécessaires en vue de promouvoir une croissance inclusive, la transformation structurelle et la diversification économique.

Gabon

Ethiopie

Auteurs : Edward Batte Sennoga, Admit Wondifraw Zerihun, James Wakiaga, Haile Kibret

  • La croissance du PIB réel s’est infléchie à 8.0 % en 2015/161, contre 10.4 % pour l’exercice précédent, et elle devrait se maintenir à 8.1 % en 2016/17 et 2017/18. 
  • Des manifestations de protestation contre la marginalisation politique et économique ont secoué les régions d’Oromia et d’Amhara en 2016. En octobre 2016, les autorités ont déclaré l’état d’urgence pour une durée de six mois et adopté une panoplie de mesures pour ramener le calme. 
  • Les plans nationaux de développement de l’Éthiopie mettent au premier plan la promotion d’une industrialisation tirée par les exportations, et misent en particulier sur l’industrie légère. La contribution du secteur industriel au PIB, à l’emploi et aux exportations est cependant encore faible. 

La croissance du PIB réel a été de 8.0 % en 2015/16, marquant un ralentissement par rapport à 2014/15 (10.4 %). Les principaux moteurs de la croissance ont été les secteurs des services et de l’industrie. La croissance du secteur agricole a été compromise par la sécheresse due au phénomène El Niño. Pour 2016/17 et 2017/18, la croissance devrait être tirée par des investissements dans l’énergie et les infrastructures de transport, les réformes en cours pour stimuler l’industrialisation (notamment la création de parcs industriels), et une progression constante des services. L’agriculture devrait rebondir et croître à un rythme régulier.

L’inflation globale devrait se maintenir sous la barre des 10 % en 2016/17, conformément à l’objectif fixé par la Banque nationale d’Éthiopie (BNE) pour garantir la stabilité des prix. Les pressions inflationnistes devraient s’atténuer grâce à la stabilité des prix des produits alimentaires. Les investissements dans des infrastructures publiques à forte intensité d’importation devraient être poursuivis à court terme car le gouvernement soutient la mise en oeuvre de projets d’infrastructure dans les secteurs de l’énergie et des transports routiers afin d’améliorer l’environnement des affaires. Le déficit de la balance des opérations courantes devrait rester supérieur à 10 % à court terme, étant donné que les recettes d’exportation représentent encore seulement 30 % des importations. Les principaux risques viennent des incertitudes qui planent sur les cours internationaux des produits de base et de la faiblesse de la demande mondiale.

La Stratégie de développement industriel de 2004 sert de guide à l’Éthiopie pour concrétiser son ambition qui est de parvenir à une industrialisation fondée sur l’agriculture et orientée vers l’exportation. Cependant, la part du secteur industriel dans le PIB reste faible, à 12.2 % en moyenne entre 2006/07 et 2015/16. L’expansion de l’industrie a été tirée par la construction, alors que la contribution de l’industrie manufacturière au PIB reste modeste, à 5.4 % en 2015/16. Le deuxième Plan de croissance et de transformation pour la période 2015/16 – 2019/20 (GTP II) donne la priorité à l’industrialisation orientée vers l’exportation. L’approche prônée par le GTP II pour promouvoir l’industrialisation s’inscrit dans le droit fil de l’Initiative pour un développement industriel inclusif et durable (Inclusive and Sustainable Industriel Framework – ISID). L’Éthiopie, qui est un des trois pays pilotes de cette initiative, a élaboré un Programme de partenariat-pays (Programme for Country Partnership – PCP) en collaboration avec d’autres partenaires, dont l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI), pour mettre en oeuvre l’ISID. La Stratégie de 2011 en faveur du développement des micro et petites entreprises a pour objet de renforcer le rôle des entrepreneurs d’Éthiopie dans l’industrialisation du pays. Elle est centrée sur l’amélioration de l’environnement des affaires, de l’accès au financement et des liens avec le marché. Des mesures visant à promouvoir le développement du secteur privé ont également été mises en oeuvre (privatisation d’entreprises publiques, réformes de la réglementation des affaires, développement des infrastructures, etc.).

Ethiopie

Erythrée

Auteurs : Nyende Magidu, Frederick Mugisha

  • La croissance du PIB réel a ralenti à 3.8 % en 2016, contre 4.8 % en 2015, reflétant les défis dans l’environnement des affaires et de l’investissement, et l’insuffisance des capacités dans les institutions publiques. 
  • Les pouvoirs publics ont décidé de recourir aux ressources d’appui supplémentaire de la Facilité d’appui à la transition de la BAfD, ce qui devrait renforcer la résilience du pays et améliorer les moyens de subsistance de la majeure partie de la population rurale.
  • L’Érythrée bénéficie d’une riche tradition entrepreneuriale qui, en dépit des contraintes telles que le déficit de l’offre d’énergie, l’inadéquation des compétences et la médiocrité de l’infrastructure de télécommunications, apporte un potentiel d’industrialisation et de croissance du secteur privé. 

La croissance du produit intérieur brut réel (PIB) devrait se tasser légèrement, passant de 4.8 % en 2015 à 3.8 % en 2016, en raison du manque de capacités des institutions publiques et de la faiblesse du secteur des exportations. Elle devrait encore se réduire en 2017, à 3.4 %. Concernant les perspectives à moyen terme, les pouvoirs publics tablent sur l’amélioration des échanges avec les pays du Moyen-Orient et de l’Asie, l’élargissement des activités extractives, un accroissement de la production vivrière et le développement de la pêche. L’Érythrée reste un pays doté d’un immense potentiel économique, mais doit entreprendre des réformes politiques et économiques pour relancer la croissance. La formation du PIB est largement dominée par les services (59 %), avec un secteur manufacturier très modeste (5.9 %). L’agriculture, la chasse, la foresterie et la pêche représentent 17.2 % du PIB.

Le déficit budgétaire s’est légèrement résorbé, passant de 14.2 % en 2014/15 à 13.9 % en 2015/16. Cette tendance devrait se maintenir en 2016/17 (12.7 %) grâce à de nouvelles dotations et ressources à conditions de faveur, à l’accroissement des recettes issues des projets miniers, et à la maîtrise des dépenses non productives. L’inflation est restée à 8.9 % en 2016, principalement à cause de l’insuffisance de l’approvisionnement alimentaire et du manque de devises étrangères pour financer l’importation de biens essentiels. Malgré l’absence de statistiques officielles, la production vivrière en 2016 devrait légèrement dépasser celle de 2015. La faiblesse des cours du pétrole et des produits de base en 2015 et 2016 devrait également contribuer à maintenir l’inflation à une moyenne annuelle autour de 9 % sur cette période. En dépit des conditions difficiles, les pouvoirs publics se sont attachés à protéger les populations les plus vulnérables et à mettre en oeuvre des politiques de développement à long terme. Ils préservent un vaste système de protection sociale et investissent dans trois domaines prioritaires : i) la sécurité alimentaire et la production agricole ; ii) le développement de l’infrastructure et iii) le développement des ressources humaines.

La croissance des exportations en 2015/16 devrait être tirée par l’expansion de la production de minerais dans le projet d’extraction d’Asmara, et celle de l’extraction d’or par la Zara Mining Share Company. D’après les prévisions, le déficit de la balance courante va réduire à 0.1 du PIB en 2016 contre 2.2 % en 2015 et ensuite deviendra un léger excédent en 2017 malgré un ralentissement de la croissance des exportations, de la baisse des transferts de fonds et d’une chute des recettes issues de la taxe à 2 %, communément appelée « taxe de développement et de reprise », ponctionnée sur les Érythréens de la diaspora. Les ressources d’appui supplémentaire, obtenues au titre du pilier 1 de la Facilité d’appui à la transition de la Banque africaine de développement (BAfD), serviront à accroître la productivité agricole et à améliorer la sécurité alimentaire par la mise en oeuvre du programme agricole intégré minimum de l’État, qui doit bénéficier à la population rurale et particulièrement aux foyers dirigés par des femmes. Ce programme permettra également de recueillir des données socio–économiques sur le niveau de bien-être de la population. L’État a conclu avec les Nations Unies un cadre de coopération pour le partenariat stratégique qui s’étendra de 2017 à 2021. Ce cadre comporte quatre piliers : services sociaux de base ; résilience et gestion du risque de catastrophe ; développement des capacités du secteur public ; et sécurité alimentaire et moyens de subsistance durables. Ces interventions renforceront la résilience, étofferont la base d’exportation et consolideront la sécurité alimentaire.

Au-delà des efforts consentis en faveur de la sécurité alimentaire, la BAfD fournit des ressources pour appuyer le ministère de la Terre, de l’Eau et de l’Environnement par le biais d’un projet de cartographie et d’évaluation des nappes d’eau souterraines. Ce projet conduira à l’élaboration d’autres projets visant à atténuer les effets du changement climatique et à promouvoir la résilience dans l’économie rurale. Financé par la BAfD, le projet de statistiques et de gestion des finances publiques est actuellement mis en oeuvre. Il insufflera rentabilité et efficacité dans la gestion du Trésor et l’élaboration du budget, tout en produisant des données indispensables au processus global de planification et de préparation budgétaire. En coordination avec d’autres parties prenantes, le Fonds monétaire international (FMI) apporte un soutien technique et des formations dans le cadre d’un programme pluriannuel spécifique de renforcement des capacités budgétaires et financières. L’appui obtenu par le biais de ce programme devrait se concentrer en particulier sur le cadre macroéconomique, la gestion du budget, des recettes et des finances publiques, les opérations monétaires, le contrôle bancaire axé sur les risques, et les statistiques macroéconomiques. Le secteur industriel de l’Érythrée reste modeste et l’entrepreneuriat stagne en raison d’un manque d’infrastructures de base et d’un climat des affaires et des investissements défavorable. À l’avenir, les pouvoirs publics devraient s’attacher à fournir les infrastructures nécessaires et à entreprendre d’importantes réformes institutionnelles afin d’attirer les flux de capitaux étrangers.

Erythree

Guinée équatoriale

Auteurs : Dominique Puthod

  • Le PIB réel s’est contracté de 8.2 % en 2016 et devrait de nouveau diminuer de 5.9 % en 2017. Cette récession est liée à une plus faible production dans les secteurs pétrolier et gazier.
  • Les importantes recettes tirées de l’exploitation des hydrocarbures ont permis de poursuivre en 2016 les grands changements structurels que connaît le pays depuis plus de 20 ans, tant sur le plan des infrastructures que du développement humain.
  • Un des défis majeurs pour stimuler l’entrepreneuriat est l’ouverture du marché, en particulier l’amélioration du climat des affaires et une meilleure intégration régionale.

En 2016, l’économie de la République de Guinée équatoriale (RGE) reste marquée par la prédominance des hydrocarbures, qui représentaient 85 % du produit intérieur brut (PIB) et plus de 94 % des exportations en 2015, selon le Fonds monétaire international (FMI). Les autres secteurs relativement importants sont la construction (7 % du PIB en 2015), l’agriculture, la foresterie et la pêche (2 % du PIB), ainsi que le commerce (1.6 %). Bien que ces secteurs progressent relativement par rapport au secteur des hydrocarbures, cette amélioration reste très marginale depuis 2013. La diversification économique, qui tarde à se matérialiser, demeure un objectif important pour la croissance et la stabilité économique du pays à moyen et long terme. Ces trois dernières années, la chute du prix du pétrole a affecté lourdement l’effort de développement du pays.

La chute des cours a des conséquences immédiates et durables sur le budget de la RGE, d’autant qu’elle s’accompagne d’un déclin de la production, estimé à 155 000 barils équivalent pétrole par jour en 2015, en baisse de près de 5 % en volume par an ces 10 dernières années. Cette chute des prix affecte également la structure de la balance des paiements, en raison de plus faibles recettes d’exportation. La baisse des recettes de l’État pèse directement sur le reste de l’économie, au vu de l’importance des commandes publiques dans la stimulation des secteurs hors hydrocarbure. Il est à noter que les dépenses d’investissements reflétées dans la Loi de finances 2015 (1 951 milliards de francs CFA) correspondent à 85 % des recettes prévues. La Loi de finances 2016, sur fonds de récession, indique que les autorités ont choisi de maintenir un fort niveau d’investissements, tout en préservant les grands équilibres.

Le secteur privé équato-guinéen ressemble à celui de beaucoup d’autres pays en développement, malgré des caractéristiques propres. Les grandes entreprises exploitent les matières premières et sont presque exclusivement étrangères. En face, se trouvent les petites entreprises locales, désavantagées par la faiblesse du climat des affaires. Le mouvement de réformes a été amorcé, mais le chantier avance lentement. La sortie de ce schéma grâce à la constitution d’une classe locale d’entrepreneurs nécessitera encore du temps et de l’engagement politique. C’est le défi à relever au cours des prochaines décennies. La Guinée équatoriale possède en effet d’importants atouts propices à l’entrepreneuriat et à l’industrialisation. Les infrastructures dont s’est doté le pays sont de classe mondiale, tant au niveau routier, portuaire que sur le plan de l’énergie. Un autre avantage majeur dans le développement de l’entrepreneuriat en Guinée équatoriale réside dans la diversité culturelle de sa population et le retour d’une diaspora bien formée et désireuse d’investir dans le pays. Cette frange de la population est formée essentiellement par des jeunes qui parlent plusieurs langues et qui représentent un atout propice à l’entrepreneuriat et à l’innovation, outils nécessaires à la relance de l’économie.
 

Guinee Equitoriale
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Communiqué de presse

Il faut libérer le potentiel des entrepreneurs africains pour accélérer la transformation industrielle du continent, selon les Perspectives économiques en Afrique 2017.

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