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Soudan du Sud

Auteurs : Frederick Mugisha, Guy Blaise Nkamleu

  • Les performances macroéconomiques ont continué de se détériorer en raison de la situation fragile du pays et du niveau encore faible des cours mondiaux du pétrole, alors que la croissance a reculé de 0.2 % en 2015 et que les déficits du budget et de la balance courante se sont fortement creusés.
  • Le 14 décembre 2016, le président a annoncé le lancement d’une initiative de dialogue national dans le but de protéger le peuple du Soudan du Sud et de préserver son unité en mettant fin à ses souffrances, en relançant l’économie et en mettant au premier plan la construction de l’État et de la Nation.
  • Le Soudan du Sud n’a pas d’expérience assez large et significative du développement du secteur privé sur laquelle s’appuyer pour promouvoir une culture de l’entrepreneuriat.

Les performances économiques ont continué de se détériorer en raison de la guerre civile, de la forte chute de la production pétrolière et de l’effondrement des cours mondiaux du pétrole. Il s’ensuit que le gouvernement n’est pas en mesure de lever les ressources indispensables au financement des dépenses liées à la consolidation de la paix. En effet, même le financement du budget ordinaire 2015/16, tel qu’approuvé par l’assemblée, représente un défi considérable. Le Soudan du Sud est le pays le plus dépendant du pétrole au monde ; un produit qui représente la quasi-totalité de ses exportations, environ 60 % de son produit intérieur brut (PIB) et plus de 95 % des recettes publiques durant les exercices financiers précédents. Les cours mondiaux du pétrole se sont effondrés, tombant de 110 USD en 2014 à 30 USD pour ensuite remonter à environ 50 USD le baril début 2017. En 2015/16, les recettes pétrolières nettes devraient atteindre à peine 17 % de celles de l’exercice précédent, ce qui a eu un impact négatif sur les performances économiques. La croissance du PIB réel a reculé de 0.2 % en 2015. Le déficit budgétaire et le déficit de la balance courante se sont considérablement creusés, sous l’effet d’une forte chute des réserves de devises, d’une augmentation de l’endettement intérieur et extérieur, de la dépréciation du taux de change parallèle de la monnaie nationale et d’une inflation galopante des prix à la consommation. Le PIB était en chute libre (-13.1 %) en 2016. Les perspectives économiques restent sombres et elles dépendront du succès de la mise en oeuvre de l’accord de paix, d’une remontée significative des cours mondiaux du pétrole et de la mise en oeuvre des mesures économiques et budgétaires annoncées en septembre 2016.

Le 14 décembre 2016, le président Salva Kiir a annoncé le lancement d’une initiative de dialogue national dans le but de protéger et de préserver l’unité du peuple du Soudan du Sud, de mettre fin à ses souffrances, de relancer l’économie et de mettre au premier plan la construction de l’État et de la Nation. Ce dialogue est à la fois un processus et une tribune à travers laquelle le peuple du Soudan du Sud est censé redéfinir les fondements de son unité nationale, mieux cerner les questions de citoyenneté et d’appartenance, contribuer à la restructuration de l’État et renégocier le contrat social, et ranimer ses aspirations au développement en lien avec son nouveau statut de nation. Le dialogue national n’est pas contraire aux dispositions de l’Accord pour le règlement du conflit en République du Soudan du Sud. La situation politique reste tendue. En août 2015, les parties au conflit civil du Soudan du Sud ont signé un accord de paix, négocié sous les auspices de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD). Une étape clé de cet accord de paix a été la formation d’un gouvernement d’unité nationale, enfin annoncée le 29 avril 2016. Le 7 juillet de la même année, de nouveaux combats ont cependant éclaté entre l’Armée populaire de libération du Soudan (APLS) et l’Armée populaire de libération du Soudan dans l’opposition (APLS-DO), ce qui a ouvert la voie à une nouvelle vague de violences. Depuis, il règne un calme précaire dans le pays.

La situation humanitaire globale continue de se détériorer de façon alarmante. En novembre 2016, l’effectif de déplacés internes était encore estimé à 1.67 million de personnes, alors que plus d’un million de personnes avaient trouvé refuge dans des pays voisins et que 201 997 cherchaient refuge auprès des Nations unies. D’après un rapport des Nations Unies, de nombreuses régions sont au bord de la famine, en particulier certaines zones de l’État d’Unité. On estime que 4 .8 millions de personnes sont au stade « crise » ou « urgence » sur l’échelle de de l’insécurité alimentaire. Or, la crise alimentaire et les déplacements de populations ne peuvent que s’aggraver si l’insécurité persiste.

Soudan du Sud

Somalie

Auteurs : Salome Kimani, Richard Walker

  • Estimée à 3.7 % pour 2016, la croissance du PIB réel de la Somalie devrait, d’après les projections, régresser à environ 2.5 % en 2017, sous l’effet d’un recul de la production agricole, puis remonter autour de 3.5-4.5 % en 2018-19.
  • En matière de développement, les principaux défis auxquels le pays doit faire face dans l’immédiat sont la création d’emplois pour les jeunes, la prestation de services sociaux, notamment dans les domaines de l’éducation et de la santé, et la création de moyens d’existence durables.
  • L’entrepreneuriat privé est un des principaux atouts de la Somalie et le secteur privé est un partenaire majeur des acteurs du développement. 

Avec un secteur manufacturier et industriel quasiment inexistant, l’économie somalienne demeure fragile car elle repose essentiellement sur l’agriculture et l’élevage, les envois de fonds des travailleurs émigrés et les télécommunications. La petite industrie qui existait avant la guerre civile a totalement disparu et les machines ont été vendues à la ferraille. Les produits de l’agriculture et de l’élevage exportés ou consommés dans le pays ont une très faible valeur ajoutée. La dépendance à l’égard des matières premières, principale source de devises du pays, constitue une contrainte structurelle reflétant sa base économique étroite et sa vulnérabilité à la dynamique du marché, aux fluctuations des prix et aux chocs environnementaux.

Selon le Fonds monétaire international (FMI), la croissance du produit intérieur brut (PIB) réel devrait régresser à environ 2.5 % en 2017, et l’inflation devrait ressortir à 1-2 %. Ce ralentissement résultera d’une baisse de la production agricole imputable à une saison des pluies inférieure à la normale. En revanche, les secteurs de la construction, des télécommunications et des services devraient continuer d’afficher une croissance satisfaisante. Le déficit du compte courant extérieur devrait rester élevé, mais il sera probablement comblé par les envois de fonds des travailleurs émigrés et par des subventions. Le taux de change du shilling somalien (SOS) par rapport à un dollar américain (USD) devrait rester dans la fourchette de 22 200 à 23 000, dans laquelle il se situe depuis janvier 2015. Le cadre budgétaire pour 2017 cible une situation à l’équilibre avec un déficit zéro, sur la base de projections réalistes et de nouvelles mesures concernant les recettes, ainsi que des dépenses prudentes.

Selon la Banque mondiale, les niveaux de pauvreté sont extrêmement élevés en Somalie où environ la moitié de la population (51.6 %) vit en dessous du seuil de pauvreté. Ce phénomène est aggravé par un État en déliquescence, l’insécurité généralisée et des catastrophes naturelles comme les inondations ou la sécheresse. Avec un revenu par habitant de 435 USD d’après les estimations de la Banque mondiale, la Somalie est la cinquième économie la plus pauvre du monde. Environ 70 % de la population (qui compte environ 12 millions d’habitants) a moins de 30 ans. Le taux de chômage des jeunes, estimé à 67 %, est un des plus élevés de la planète. Les jeunes n’ont guère de perspectives d’avenir, ce qui accroît leur vulnérabilité et peut les pousser à rejoindre des groupes militants ou à sombrer dans la délinquance.

La mise en oeuvre du nouveau Plan national de développement (PND) 2017-19 nécessite un environnement plus propice à un développement durable et des améliorations significatives de la situation politique, des conditions de sécurité et de la gouvernance du pays. Le PND reposera également sur un dialogue constant entre le gouvernement, les citoyens et le secteur privé.

Le secteur privé est un atout majeur de la Somalie, où les entrepreneurs locaux prospèrent dans une économie privée d’État et déchirée par les conflits. Les envois de fonds de la diaspora ont financé des investissements du secteur privé dans les domaines de l’élevage, du commerce, des services de transfert d’argent, des transports et des télécommunications. Comme indiqué dans le PND 2017-19, le gouvernement fédéral cherche à renforcer l’économie nationale en instaurant les cadres réglementaires nécessaires pour soutenir l’entrepreneuriat et un secteur privé dynamique.

Afrique du Sud

Auteurs : Wolassa Lawisso Kumo, Fatou Nyang Leigh, Arthur Minsat

  • La croissance économique a ralenti, à 0.3 % en 2016, mais devrait rebondir à 1.1 % en 2017 et maintenir cette trajectoire ascendante les années suivantes.
  • Les perspectives de croissance seront tirées par une croissance mondiale un peu plus forte, des conditions météorologiques plus favorables, un approvisionnement électrique fiable, un climat social plus stable, le retour de la confiance des entreprises et des consommateurs, et la stabilisation des prix des produits de base.
  • La stratégie d’industrialisation est orientée vers la promotion de l’entrepreneuriat, ce qui contribuera à créer des emplois.

À 0.3 % en 2016, la croissance économique devrait rebondir à partir de 2017 grâce à l’élimination progressive de plusieurs facteurs limitants, qui ouvre la voie à un nouveau cycle de croissance. Les principaux goulets d’étranglement structurels sont en voie de résolution, en particulier les pénuries d’électricité. Eskom, le réseau sud-africain de production d’électricité, est passé d’une production déficitaire de 3 000 MW, qui a provoqué une série de coupures de courant en 2015, à un excédent de 3 000 MW en 2016. En outre, le gouvernement maintient son engagement de travailler avec le secteur privé, les travailleurs et la société civile pour promouvoir une croissance inclusive et une transformation de l’économie. En 2017, la croissance devrait remonter à 1.1 %.

Le taux de change effectif réel du rand s’est apprécié de 23.6 % entre janvier et décembre 2016. Bien que cela ait eu un effet négatif sur la compétitivité des producteurs locaux sur les marchés étrangers, dernièrement la monnaie était encore en dessous de sa valeur moyenne des 15 dernières années, en termes réels. L’inflation a atteint 6.4 % en 2016, un niveau supérieur à la fourchette fixée par la politique monétaire. Stimulée par la hausse des prix alimentaires, des cours mondiaux du pétrole et des prix intérieurs du carburant, l’inflation mesurée par l’indice général des prix à la consommation devrait à nouveau dépasser la fourchette cible en 2017, pour s’établir à 6.1 %. La politique monétaire a été durcie pour restreindre l’inflation et les anticipations inflationnistes dans le contexte d’un resserrement de la politique budgétaire par la Réserve fédérale américaine. Les autorités monétaires ont relevé le taux d’intérêt directeur à 7 % en mars 2016. La hausse des taux d’intérêt et la baisse de la confiance des investisseurs ont entraîné un ralentissement de la croissance de la demande de crédit émanant du secteur privé (5.11 % en décembre 2016, contre 10.17 % en décembre 2015).

Les recettes publiques ont progressé de 11.6 % durant l’exercice budgétaire 2015/16 pour s’établir à 1 069 milliards ZAR, soit 26.1% du PIB, sous l’effet combiné d’une augmentation de la plupart des catégories d’impôts et de taxes, notamment les impôts fonciers et les taxes sur le commerce et les transactions à l’international, et d’une hausse des recettes non fiscales.

Le chômage demeure un problème social majeur en Afrique du Sud, où la proportion des jeunes sans emploi est une des plus élevées du continent. Des progrès remarquables ont été accomplis pour lutter contre la misère au cours de la dernière décennie, principalement grâce à des programmes de protection sociale de grande ampleur. Néanmoins, les pouvoirs publics ont toujours du mal à apporter les services économiques et sociaux de base dans les zones rurales et les townships.

La stratégie sud-africaine d’industrialisation et de création d’emplois vise à encourager l’entrepreneuriat. Elle n’a cependant rencontré qu’un succès limité en raison des compétences techniques et entrepreneuriales inadéquates ; du manque de personnes expérimentées pour guider les entrepreneurs ; des barrières à l’entrée et des difficultés d’accès aux financements.

afrique du sud

 

Sierra Leone

Auteurs : Milton Korseh-Hindowa, Moses Sichei, Jamal Zayid

  • Sous l’effet des répercussions délétères de l’épidémie d’Ebola et de l’effondrement du cours du minerai de fer depuis 2014, l’économie de la Sierra Leone a reculé de 21.1 % en 2015.
  • Le pays a introduit des mesures d’austérité dans son budget 2017, et s’oriente manifestement vers un régime commercial plus restrictif, avec l’instauration de nouveaux droits de douane.
  • Lancée à la fin de 2016, la Stratégie nationale d’inclusion financière (2017-20) vise à remédier aux problèmes d’accès des PME au crédit.

Au cours de la période qui a suivi la guerre civile, la Sierra Leone a affiché des taux de croissance économique remarquables, qui ont culminé à 20.7 % en 2013 avec le lancement de son Programme pour la prospérité (Agenda for Prosperity, A4P) 2013-18. Cette croissance à deux chiffres persistante s’explique par la reprise de la production de minerai de fer, couplée à des investissements publics dans l’infrastructure, ainsi que par le dynamisme de l’agriculture, du tourisme et des services. Cette expansion impressionnante a toutefois subi un double choc : i) la chute sans précédent du cours international du minerai de fer à partir de la fin de 2013 ; et ii) la flambée de la maladie à virus Ebola (MVE) en 2014, deux facteurs qui ont entraîné une contraction du produit intérieur brut (PIB) de 21.1 % en 2015. Le pays reste essentiellement une mono-économie souffrant de goulets d’étranglement côté offre et tributaire de quelques matières premières pour la production et l’exportation. Ces chocs ont amené les autorités nationales, en étroite concertation avec les donneurs et d’autres acteurs, à donner la priorité à des interventions stratégiques immédiates dans le cadre du Plan de relèvement après Ebola (Post-Ebola Recovery Plan, PERP), qui constitue un recentrage de l’A4P mis en place à la fin de 2015.

Avec un PIB réel qui devrait ressortir à 22 690 milliards SLL (Leone) en 2016 (projection du FMI à 4.289 milliards de dollars pour 2016), l’économie de la Sierra Leone occupe la
154e place mondiale et la 38e en Afrique, mais offre de grandes opportunités. Elle se remet du double choc qu’elle a subi, et la croissance du PIB réel est remontée à 4.3 % en 2016, après être tombée à -21.1 % en 2015. Ce rétablissement est dû, dans une large mesure, à la contribution de secteurs autres que celui du minerai de fer : agriculture, bâtiment et travaux publics (BTP), électricité et autres services. Même si le cours du minerai de fer s’est légèrement redressé, la reprise de l’extraction n’a encore qu’un effet limité.

Sierra-Leona

Seychelles

Auteurs : Tilahun Temesgen, Roland Alcindor

  • La croissance est tombée à 4.8 % en 2016, alors qu’elle s’établissait à 5.7 % en 2015 après une période de croissance solide qui a permis aux Seychelles d’accéder à la catégorie des pays à revenu élevé.
  • Les perspectives à moyen terme sont modérées : les prévisions de croissance du PIB s’établissent à 3.5 % pour 2017 et à 3.3% pour 2018, sous l’effet du tourisme, des TIC et de la pêche. 
  • En mettant davantage l’accent sur l’entrepreneuriat, le développement des compétences et une meilleure inclusion financière, les Seychelles pourront parvenir à une croissance plus inclusive et durable, avec une diversification renforcée.

L’économie des Seychelles a poursuivi sa croissance en 2016, principalement grâce au tourisme, mais le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) réel a reflué à 4.8 % d’après les estimations, contre 5.7 % en 2015. Les perspectives à moyen terme sont modérées : les prévisions de croissance du PIB réel ressortent à 3.5 % pour 2017 et à 3.3% pour 2018. L’archipel est entré dans la catégorie des pays à revenu élevé en 2015. Les secteurs traditionnels de la pêche et du tourisme devraient rester les principaux moteurs de la croissance, avec les Technologies de l’information et de la communication (TIC). Des politiques budgétaires et monétaires prudentes, couplées à la stabilité politique, ont renforcé la solidité macroéconomique de l’archipel, et l’inflation devrait rester à un chiffre en 2017.

Le pays pâtit de son manque de diversification économique et de sa vulnérabilité aux chocs extérieurs. Il convient de verdir la croissance et de la rendre plus inclusive pour protéger l’environnement naturel fragile des Seychelles contre les conséquences délétères du changement climatique et faire en sorte que la croissance profite à tous les habitants. Le développement du secteur privé est primordial pour diversifier l’économie, mais doit bénéficier d’un cadre plus favorable pour exploiter tout son potentiel et englober de nouveaux secteurs d’activité.

En mettant davantage l’accent sur l’entrepreneuriat, le développement des compétences et une meilleure inclusion financière, les Seychelles pourront atteindre une croissance plus inclusive et durable, avec une diversification renforcée. Malgré une population peu nombreuse et une accession récente à l’indépendance, les Seychelles disposent de ressources naturelles uniques et d’une population immigrée d’une grande diversité culturelle qui valent au pays d’être porté sur l’innovation et l’entrepreneuriat. Pour autant, il semble que de nombreux obstacles empêchent encore d’exploiter tout le potentiel entrepreneurial du pays, notamment le manque de motivation entrepreneuriale chez les jeunes, l’absence de formations à l’entrepreneuriat et à la création d’entreprises, et le décalage entre le niveau de compétence des demandeurs d’emploi et les besoins du secteur privé. Le gouvernement constitué à l’automne 2016 a mis en place de nouveaux organismes pour le développement de l’entrepreneuriat et de l’industrie, avec pour objectif d’aider les jeunes à créer leur entreprise.

Seychelles

Sénégal

Auteurs : Khadidiatou Gassama, Toussaint Houeninvo, Isiyaka Sabo

  • Le taux de croissance est estimé à 6.7 % en 2016 ; il est projeté à 6.8 % en 2017 et 7.0 % en 2018. 
  • L’indice Ibrahim de la gouvernance africaine (IIAG) classe le Sénégal 10e sur 54 en 2016 et parmi les 3 pays ayant amélioré leurs performances dans les 4 catégories de l’indice.
  • Le parc industriel sénégalais est dominé par les petites et moyennes entreprises (PME), qui représentent 92.5 % du parc, mais les grandes entreprises (7.5 % du parc) contribuent à 90 % de la valeur ajoutée.

Le taux de croissance a poursuivi sa tendance haussière et devrait atteindre 6.7 % en 2016, contre 6.5 % en 2015, tiré principalement par le sous-secteur agricole, l’activité des industries et la relance des services. La croissance est projetée à 6.8 % et 7.0 % respectivement pour 2017 et 2018. Les risques sur les perspectives de croissance tiennent notamment aux lenteurs dans la mise en oeuvre des réformes et aux chocs climatiques. À cela s’ajoute l’insécurité dans la sous-région, liée aux groupes djihadistes.

L’année 2016 correspond à la deuxième année de mise en oeuvre des projets phares du Plan Sénégal Émergent (PSE) et des grandes réformes qui doivent accélérer l’exécution des investissements publics prévus dans le cadre des projets du PSE.

L’entrepreneuriat et l’industrialisation sont perçus comme des opportunités pour la création de valeur ajoutée et d’emploi, notamment dans le secteur manufacturier et l’agroalimentaire. Le gouvernement dispose d’une stratégie nationale d’entrepreneuriat et d’une politique de développement industriel, mais leur mise en oeuvre reste limitée. En conséquence, l’entrepreneuriat et l’industrialisation sont encore à une étape embryonnaire. Le nombre de grandes entreprises est resté stable, passant de 79 en 2009 à 80 en 2013. La part du secteur industriel moderne a connu une progression marginale, passant de 9.9 % du produit intérieur brut (PIB) en 2009 à 10.3 % en 2013. Avec une proportion d’entrepreneurs individuels estimée à 59.5 % en 2014 par l’enquête nationale sur les PME, l’entrepreneuriat est susceptible d’attirer encore plus de personnes si les conditions d’exercice des activités sont favorables. En effet, les difficultés structurelles que rencontrent les entreprises, comme l’accès au financement, et les obstacles liés à l’environnement des affaires freinent les évolutions en matière d’entrepreneuriat. Dans le souci de dynamiser l’industrialisation, le gouvernement a entrepris la révision de la politique de redéploiement industriel (2005-15). Le gouvernement envisage de promouvoir le développement industriel dans les régions à fort potentiel économique par le biais d’une politique de réalisation d’équipements et d’infrastructures d’envergure, ainsi que de création de zones économiques spéciales et de parcs industriels.

Senegal

Sao Tomé-et-Principe

Auteurs : Idrissa Sanoussi, Flavio Soares Da Gama

  • Selon les estimations, l’économie de Sao Tomé-et-Principe a progressé de 5.0 % en 2016, essentiellement sous l’impulsion des investissements dans l’agriculture et du tourisme, et la croissance devrait se poursuivre en 2017 et 2018 à un rythme de 5.5 % en moyenne. 
  • Le pays a connu des progrès selon l’indice Ibrahim de la gouvernance africaine, passant de la 13e place en 2015 à la 11e place en 2016, ce qui reflète les efforts déployés pour améliorer la bonne gouvernance. 
  • L’économie est tributaire des technologies et intrants venus de l’étranger, et l’écosystème industriel est très limité, mais le gouvernement n’a pas défini de stratégie d’industrialisation.

Le produit intérieur brut (PIB) réel a augmenté de 5.0 % en 2016, contre 4.0 % en 2015, stimulé par les investissements dans l’agriculture et par le tourisme. La croissance devrait atteindre 5.6 % en 2017, puis 5.4 % en 2018, tirée principalement par les investissements étrangers directs dans la construction et le tourisme. La baisse de 0.2 point prévue pour 2018 anticipe une légère diminution de l’aide financière de donneurs. L’indice des prix à la consommation a poursuivi sa tendance à la baisse, malgré une légère hausse de 0.3 % à la fin de 2016.

La mobilisation de ressources suffisantes à l’échelon national pour financer les dépenses de l’État présente un défi majeur que met en évidence l’encours élevé de la dette publique, estimé à 75 % du PIB en 2015. Le gouvernement envisage plusieurs réformes en 2017 dans le but de collecter davantage de recettes. La première d’entre elles consiste à instaurer une taxe de 25 % sur les boissons alcoolisées produites localement. En deuxième lieu, le gouvernement prévoit de réglementer le système de facturation. En troisième lieu, il envisage la création d’un tribunal régional des impôts. Enfin, il entend mettre à jour le Code des impôts afin d’inclure, entre autres mesures, une taxe sur la prestation de services pour les non-résidents.

Dans le même temps, le secteur financier fait face à des contraintes liées à la demande. Il s’agit notamment de la pénurie de capitaux au niveau des entreprises, du manque de projets pouvant être financés par les banques et de l’amenuisement des réserves en devises étrangères. Les politiques budgétaires du gouvernement s’avèrent également douloureuses pour le secteur privé encore embryonnaire du pays. De surcroît, la cherté de l’énergie, de l’entretien et du capital humain renchérit les coûts pour les entreprises. Les nouvelles entités ont souvent du mal à décoller et à prospérer en raison des taux d’intérêt élevés, de la difficulté à obtenir des financements à long terme et de la faiblesse du système judiciaire.

Selon les données du dernier recensement, en 2012, le taux de chômage était de 13.6 %, et touchait toujours les jeunes et les femmes de manière disproportionnée. Le problème du chômage rend d’autant plus souhaitable le lancement de nouvelles initiatives pour stimuler l’esprit d’entreprise.

Afin de favoriser l’entrepreneuriat, l’industrie et les investissements étrangers, le gouvernement devrait adopter une série de réformes, notamment une réduction des impôts et des mesures permettant d’obtenir plus facilement des prêts.

Sao Tome et Principe

Rwanda

Auteurs : Bernis Byamukama, Yemesrach Workie

  • La croissance du PIB réel a ralenti pour se chiffrer à 6.0 % en 2016, et l’inflation globale a augmenté de 7.2 %, atteignant le plus haut niveau depuis 2012. 
  • Le Rwanda connaît toujours la paix et la stabilité. Les préparatifs pour l’élection présidentielle d’août 2017 ont débuté et la Constitution a été révisée afin de modifier l’encadrement du nombre de mandats présidentiels. 
  • La stabilité macroéconomique et un climat d’investissement de plus en plus attractif créent un environnement favorable aux start-ups, aux entrepreneurs et à d’autres acteurs du secteur privé.

La croissance du produit intérieur brut (PIB) réel a ralenti pour se chiffrer à 6.0 % en 2016 contre 6.9 % en 2015 ; elle devrait remonter à 6.2 % en 2017 si la conjoncture s’améliore.

L’inflation globale est passée à une moyenne annuelle de 7.2 % en 2016 contre 2.5 % en 2015, sous l’effet conjugué de mauvaises récoltes et de l’incidence limitée de la dépréciation du taux de change. Ce chiffre est au plus haut niveau depuis 20 ans et supérieur au plafond de 5.0 % fixé par la Banque nationale du Rwanda. L’amélioration de l’approvisionnement alimentaire lors de la nouvelle saison agricole ainsi qu’une politique d’austérité monétaire devraient endiguer la hausse des prix et ramener l’inflation à une moyenne de 5.5 % en 2017.

Le déficit de la balance des opérations courantes devrait se creuser, à 13.2 % du PIB en 2016 contre 13.1 % en 2015. Il est en grande partie imputable à l’importation de produits alimentaires, à cause de la sécheresse qui sévit actuellement, ainsi qu’à l’achat de deux avions par RwandAir. Néanmoins, le déficit devrait augmenter à moyen terme, malgré une diversification des exportations.

D’après les estimations, le déficit budgétaire s’est réduit, à 3.2 % du PIB en 2015/16, contre 5.3 % en 2014/15, mais devrait refluer à 5.0 % sur 2017/18. Cette évolution s’explique par les mesures de contention budgétaire visant à minimiser l’impact des chocs extérieurs dus à une contraction de l’aide et des recettes d’exportation.

Grâce à sa stabilité macroéconomique et à son climat d’investissement de plus en plus attrayant, le Rwanda offre un environnement propice aux start-ups, aux entrepreneurs et à d’autres acteurs du secteur privé. Le développement de l’entrepreneuriat fait partie des priorités de l’action publique. Il est notamment inscrit dans la politique de l’emploi de 2007, la politique pour les petites et moyennes entreprises (PME) de 2010 et la Stratégie de développement du secteur privé de 2013. Cependant, des facteurs structurels continuent de freiner la croissance des PME : difficultés d’accès à un crédit abordable, problèmes de gestion des entreprises, déficit de compétences et manque d’intégration de la promotion des PME dans des programmes plus larges (urbanisation, développement des infrastructures et intégration régionale).

Rwanda

Nigéria

Auteurs : Robert Asogwa, Barbara Barungi, Ojijo Odhiambo

  • En 2016, pour la première fois depuis plus de deux décennies l’économie du Nigéria est entrée en récession en raison des chocs économiques négatifs, des politiques économiques incohérentes et des problèmes de sécurité dans les États du nord-est et du Delta. 
  • Une reprise économique modérée est attendue pour 2017, et le PIB réel devrait croître de 2.2 %, sous l’effet combiné d’une progression des dépenses d’infrastructure et d’un retour de la production pétrolière à ses niveaux antérieurs. 
  • Le gouvernement a mis en place un plan-cadre intégré pour des programmes de développement dans le nord-est, soutenu par des interventions de protection sociale ciblées dans tout le pays. L’investissement privé est en tête des priorités pour promouvoir la diversification de l’économie grâce à l’entrepreneuriat et à l’industrialisation dans les principaux secteurs qui sont ceux de l’agro-industrie, de l’industrie manufacturière et des activités extractives.

L’économie nigériane continue d’affronter des défis macroéconomiques majeurs et pour la première fois depuis des décennies, elle est en récession. Le Produit intérieur brut (PIB) a enregistré une croissance négative, estimée à -1.5 %, en 2016, et une reprise modérée est attendue en 2017. La récession est imputable à une série de chocs, dont la baisse persistante des prix du pétrole, les pénuries de devises, les perturbations dans l’approvisionnement en carburant et la chute de la production pétrolière, la pénurie d’électricité, l’insécurité qui règne dans certaines régions du pays et le faible taux d’exécution du budget d’investissement (51 %). Diverses politiques monétaires, budgétaires et de change ont été mises en oeuvre pour faire face à la récession.

La Banque centrale du Nigéria (BCN) a poursuivi une politique d’austérité monétaire. En 2015, elle a relevé ses taux de 11 % à 14 % pour attirer des capitaux et juguler la montée de l’inflation. Pour protéger les secteurs prioritaires de la hausse des taux, le coefficient de réserves obligatoires a été abaissé et le montant dégagé a été mis de côté pour prêter aux secteurs prioritaires à des taux d’intérêt inférieurs à 10 %. Cette mesure a entraîné une augmentation de la masse monétaire au sens large qui, ajoutée aux facteurs de pression sur les coûts résultant des pénuries de carburant, d’électricité et de devises, a contribué à une hausse de l’inflation globale, passée de 9.1 % en 2015 à 15.7 % en moyenne en 2016. Les autorités budgétaires, de leur côté, ont poursuivi une politique expansionniste en vue de relancer l’économie en allouant près de 30 % du budget à des dépenses d’investissement. Ce budget expansionniste a été prévu grâce à un assainissement des finances publiques reposant sur la mobilisation de ressources intérieures et sur une rationalisation des dépenses. En outre, les réserves de change ont sensiblement diminué, puisqu’elles étaient estimées à 25.8 milliards USD à la fin de l’exercice 2016, contre
28 milliards USD un an plus tôt. Cette baisse est imputable à un déficit du compte courant résultant de la faiblesse des recettes pétrolières, d’une augmentation des sorties de capitaux causée par la situation des marchés financiers nationaux et internationaux et l’utilisation accrue de réserves de change pour soutenir le naira (NGN). Une foule de mesures administratives ont été introduites pour gérer la demande de devises et la politique a été réorientée de façon à rendre le régime des taux de change plus flexible.

Une lente reprise économique est attendue pour 2017. La croissance devrait s’établir à 2.2% grâce aux réformes qui commencent à produire leurs effets et à la mise en oeuvre d’un ensemble cohérent de mesures visant à remédier aux problèmes macroéconomiques et aux déséquilibres structurels. À cet égard, le gouvernement fédéral a élaboré un plan pour le redressement et la croissance économiques du Nigéria pour la période 2017-20, centré sur cinq domaines clés, à savoir : i) amélioration de la stabilité macroéconomique ; ii) croissance et diversification de l’économie ; iii) renforcement de la compétitivité ; iv) promotion de l’inclusion sociale ; et v) gouvernance et sécurité. Certaines réformes essentielles ont été déployées, parmi lesquelles l’initiative de prestations sociales conditionnelles ciblée sur les groupes de population les plus pauvres et les plus vulnérables, l’amélioration du taux d’exécution du budget d’investissement et le renforcement de la gestion des finances publiques, au niveau fédéral et au niveau des États.

Malgré les progrès accomplis dans la lutte contre Boko Haram dans le nord-est et l’intensification du dialogue avec les militants dans le Delta du Niger, l’insécurité reste un défi. En plus d’une solution militaire, le gouvernement fédéral s’est engagé à mettre en oeuvre des interventions axées sur le redressement économique et le développement, pour remédier à la fragilité et à la vulnérabilité croissantes des régions du nord-est et du Delta du Niger touchées par le conflit. Le Comité présidentiel pour l’initiative du nord-est, mis en place fin 2016, est chargé de coordonner l’ensemble de l’assistance et des projets ciblés sur les États les plus durement touchés de la région. Par le biais de l’initiative de transfert d’espèces conditionnel de son programme d’investissement social, le gouvernement fédéral a commencé à verser une allocation mensuelle de 5 000 NGN aux plus pauvres et aux plus vulnérables.

Il est impératif d’accélérer la mise en oeuvre du Plan pour la révolution industrielle du Nigéria pour promouvoir l’industrialisation. Les secteurs prioritaires sont les mines et les carrières, qui ont représenté 7.1 % du PIB global en 2016 ainsi que l’industrie manufacturière qui a vu sa part reculer de 2.6 % en un an en raison d’une augmentation des coûts de fonctionnement des entreprises résultant principalement des restrictions de change. En 2016, le secteur manufacturier a enregistré une baisse générale, avec la fermeture de 272 entreprises et une chute significative de l’utilisation des capacités industrielles, tombée de 51.4 % en 2015 à 35.4 % en 2016.

Nigeria

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Auteurs : Facinet Sylla, Amata Sangho Diabate, Moctar Seydou

  • L’activité économique s’est redressée en 2016 avec un taux de croissance de 5.2 % contre 3.5 % en 2015, portée notamment par la production agricole ; pour 2017, une  consolidation de la croissance est attendue, avec un taux de 5.6 %. 
  • Les actions terroristes et les menaces sécuritaires provenant de pays voisins (Mali, Libye et Nigéria), la chute des cours internationaux du pétrole et de l’uranium, associées à une croissance lente de l’économie nigériane, continuent d’affecter la situation économique du Niger. 
  • L’entrepreneuriat au Niger s’exerce principalement dans le secteur informel ; quant à l’industrialisation, elle reste faible et confrontée à plusieurs défis, notamment des difficultés d’approvisionnement en électricité. 

La reprise de la croissance économique amorcée en 2016, avec un taux de croissance de 5.2 %, devrait se poursuivre en 2017 et 2018. La croissance devrait ainsi s’établir à 5.6 % en 2017 et 6.7 % en 2018. Cette évolution est essentiellement imputable à la bonne campagne agricole d’hivernage 2016 ainsi qu’au relèvement de la production pétrolière. La reprise aurait pu être plus robuste si l’économie du Nigéria voisin n’était pas entrée en récession à la fin du troisième trimestre de 2016. Les perspectives économiques sont également portées par la poursuite d’importants travaux d’infrastructures routières, par la reprise attendue du projet de mine d’uranium à ciel ouvert d’Imouraren, ainsi que par le début des travaux de construction de l’oléoduc pour l’exportation du pétrole brut. Ces perspectives sont toutefois soumises à des risques liés aux chocs climatiques, aux chocs sur les prix du pétrole, à de possibles retards dans le projet de construction de l’oléoduc ainsi qu’aux tensions sécuritaires. L’agriculture continue d’être le principal moteur de la croissance du pays, en dépit des aléas climatiques qui induisent une forte vulnérabilité de l’économie.

Les chocs sécuritaires et humanitaires liés à l’intensification des attaques de Boko Haram ont eu un impact négatif sur la gestion des finances publiques. Ces chocs pourraient affecter le rythme des réformes et la mise en oeuvre de programmes de développement importants pour le Niger, tels que prévus dans le Programme de développement économique et social (PDES) 2017-21. Ainsi, cette situation a eu des conséquences sur l’exécution du budget 2016, avec des moins-values de recettes et un dépassement des objectifs de dépenses, notamment au niveau de la masse salariale et des investissements au profit des forces de défense et de sécurité.

La prévalence de l’entrepreneuriat demeure très faible au Niger, en raison de l’importance du secteur informel. Toutefois, la tendance s’améliore grâce à une promotion de l’entrepreneuriat chez les jeunes. Cette promotion se fait via le Cadre stratégique national de promotion de l’entrepreneuriat au Niger (CSNPEN), et son impact reste encore limité. Quant à l’industrie, sa contribution au produit intérieur brut (PIB) se situe en moyenne à 15.1 % du PIB sur la période 2013-16. La promotion de l’industrialisation est limitée par de nombreux défis, notamment : i) l’absence, pendant longtemps, d’une politique de développement soutenue par une vision orientée vers la transformation ; et ii) la faiblesse de la production d’électricité. La promotion de l’entrepreneuriat et de l’industrialisation du Niger s’appuiera sur les secteurs pétrolier et minier, qui présentent chacun un fort potentiel. À titre illustratif, entre le troisième trimestre 2015 et le troisième trimestre 2016, l’indice de la production industrielle et minière a enregistré une hausse de 39.5 %, portée notamment par la production minière (+14.6 %) et manufacturière (+160.2 %).

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Communiqué de presse

Il faut libérer le potentiel des entrepreneurs africains pour accélérer la transformation industrielle du continent, selon les Perspectives économiques en Afrique 2017.

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