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À propos

AfricanEconomicOutlook.org/fr

Le rapport Perspectives économiques en Afrique (PEA) dresse un état des lieux du développement économique et social de l’Afrique et propose des projections à deux ans. Il est le fruit d’un travail en collaboration de trois partenaires internationaux : la Banque africaine de développement (BAfD), le Centre de développement de l’OCDE et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

Le site Web offre des données et des analyses complètes et comparables pour 54 économies africaines. Une équipe internationale de chercheurs, d’économistes, de statisticiens et d’experts passe au crible des données économiques, sociales et politiques afin de les présenter au public de manière accessible. Le rapport s’appuie sur les statistiques les plus récentes recueillies auprès de différentes sources : bureaux nationaux de la statistique, ministères, institutions multilatérales de développement, investisseurs, société civile et médias.

AfricanEconomicOutlook.org est la seule source d’information sur les économies africaines qui utilise un cadre macro-économique commun à tous les pays couverts, permettant une analyse comparative dans le temps et d’un pays à l’autre. L’équipe du site analyse également en profondeur les secteurs qui comptent pour le développement du continent. Au-delà des perspectives par pays, vous y trouverez progressivement d’autres informations utiles sur les résultats de la recherche économique en Afrique, la mise à jour des projections ou encore les évènements importants.

Présentation des Perspectives économiques en Afrique

Évènements 19/04/2016

CEOE bureau à Madrid (C/ Diego de León, 50)

Zimbabwe

Auteurs : Amarakoon Bandara, Mary Manneko Monyau

  • En 2016, la croissance du Zimbabwe s’est réduite de plus de moitié par rapport à 2015, tombant de 1.1 % à 0.5 %. En réaction à l’environnement économique difficile, le gouvernement a promulgué un train de mesures, dont une interdiction provisoire des importations, l’émission d’obligations et l’introduction d’un système de planification centrale de l’agriculture.
  • La croissance du PIB zimbabwéen devrait grimper à 1.3 % en 2017 ; elle sera principalement tirée par les secteurs de l’agriculture (grâce aux précipitations favorables), du tourisme, de l’industrie manufacturière, de la construction et bancaire.
  • De profondes réformes seront nécessaires pour stimuler l’entrepreneuriat et l’industrialisation, en améliorant l’environnement des affaires et en favorisant la création d’emplois. 

La croissance du Produit intérieur brut (PIB) du Zimbabwe s’est ralentie, tombant de 1.1 % en 2015 à 0.5 % en 2016. Elle devrait rebondir à 1.3 % en 2017 à la faveur d’une embellie dans les secteurs de l’agriculture, du tourisme, de l’industrie manufacturière, de la construction et des finances. Des précipitations supérieures à la normale ont en particulier contribué à faire repartir l’économie à la hausse. L’insuffisance des recettes publiques dans un contexte de dépenses ordinaires élevées a fortement creusé le déficit budgétaire, estimé à 1.042 milliard USD, soit 7.3 % du PIB, alors que l’objectif était de 150 millions USD. L’économie continue d’être pénalisée par une pénurie de devises indispensables pour financer des intrants critiques dans la plupart des secteurs, ainsi que par des coûts de production élevés qui ont érodé sa compétitivité.

Selon l’Agence nationale de la statistique du Zimbabwe (ZIMSTAT), le pays a connu une inflation négative en 2016, oscillant entre -2.19 % en janvier 2016 et -0.93 % en fin d’année. L’inflation annuelle moyenne est remontée à -1.5 % en 2016, contre -2.4 % en 2015. Le retrait de certains produits de la Licence générale automatique d’importation en juin 2016, conjugué à une chute de la production agricole due à la sécheresse, a fait grimper les prix. Le Zimbabwe est sorti de la déflation en février 2017, avec un taux d’inflation mensuel de 0.06 %, en hausse de 0.71 point de pourcentage par rapport à janvier. L’inflation devrait rester positive en 2017 et osciller entre 1 % et 2 %, grâce à une augmentation attendue des cours mondiaux du pétrole et à une reprise de l’économie. À moyen terme, la faiblesse des exportations devrait continuer à exercer une forte pression sur la position extérieure du pays.

Selon la Déclaration de politique monétaire de 2017, les exportations de marchandises ont atteint 3 365.8 millions USD en 2016, soit un recul de 6.9 % par rapport à leur niveau de 2015 (3 614.2 millions USD). Les minéraux (or, nickel, platine et diamant) et le tabac ont dominé les exportations en 2016. Le tabac reste une importante source de devises ; en effet, selon les chiffres de l’Office de commercialisation du tabac (Tobacco Industry Marketing Board – TIMB), au 12 septembre 2016, 202 millions de kilogrammes (kg) de tabac avaient été vendus, contre 198.9 millions de kg en 2015. Les ventes totales ont atteint 593 millions USD, au prix moyen de 2.94 USD le kg, contre 586.4 millions USD, au prix moyen de 3 USD le kg en 2015. Les principaux marchés d’exportation sont l’Afrique du Sud, le Botswana, les Émirats arabes unis, le Mozambique, et la Zambie.

Les importations de marchandises ont en revanche reculé de 11.7 %, tombant de 6 062.3 millions USD en 2015 à 5 350.9 millions USD en 2016, principalement en raison du texte réglementaire n° 64 qui interdit l’importation de certains produits de base. Les principaux produits importés ont été le carburant diesel, l’essence sans plomb, l’énergie électrique, le soja, le riz, les boissons non alcoolisées et les médicaments. Les carburants ont représenté 27.2 % du total des importations de marchandises, contre 11.8 % pour les produits alimentaires. Les principaux pays fournisseurs ont été l’Afrique du Sud, Singapour, la Chine, l’Inde, le Mozambique, le Japon, le Botswana et les Émirats arabes unis.

Le secteur extérieur risque encore de freiner la reprise à court terme, principalement en raison de la faiblesse des exportations qui crée un déficit commercial insoutenable, malgré la baisse des importations.

Les restrictions budgétaires ont eu des répercussions négatives sur les dépenses de développement et la fourniture des services sociaux, si bien que la pauvreté s’est aggravée en zone urbaine comme en zone rurale. Selon l’édition 2015 de l’Atlas de la pauvreté au Zimbabwe (Zimbabwe Poverty Atlas) publié par ZIMSTAT, la prévalence de la pauvreté reste élevée dans tout le pays, en particulier dans le Matabeleland Septentrional (85.7 %). Les taux de prévalence les plus faibles ont été observés dans les provinces de Harare (36.4 %) et de Bulawayo (37.2 %), alors que dans les autres provinces, ils se situaient entre 65 % et 76 %. Selon la ZIMSTAT, en 2016, le minimum vital correspondant au seuil de la pauvreté était de l’ordre de 478.90 USD, contre 491.26 USD en 2015.

L’économie a été confrontée à des pénuries de liquidités dues à différents facteurs : croissance des activités informelles, insuffisance des recettes budgétaires, baisse des entrées de capitaux et des recettes d’exportation, niveau élevé du déficit budgétaire et de l’endettement public, déséquilibres extérieurs et fuite des capitaux. Pour remédier à ce problème, le gouvernement a émis en novembre 2016 des obligations alignées à la parité sur le dollar américain. Si leur introduction a tout d’abord suscité une certaine appréhension, elles sont maintenant largement acceptées comme moyen d’échange. L’activité économique à court terme dépendra dans une large mesure de la rapidité à laquelle les mesures introduites par le gouvernement seront mises en oeuvre.

Zimbabwe

Zambie

Auteurs : Elda Chirwa, Peter Engbo Rasmussen, Colleen Zamba

  • Même si les douze prochains mois s’annoncent plus prometteurs pour la Zambie, le pays s’est heurté à des difficultés économiques en 2016, pâtissant, pour la deuxième année consécutive, de la faiblesse des prix du cuivre et d’importantes pénuries d’électricité qui ont entravé l’activité économique. 
  • Après son entrée en fonction en septembre 2016, le nouveau gouvernement a procédé à la mise en oeuvre de son programme de réformes économiques qui vise à améliorer la croissance et à rétablir la crédibilité de son budget, tout en réduisant le déficit des finances publiques 
  • Guidée par une stratégie d’industrialisation, la création d’emplois est l’un des objectifs prioritaires du gouvernement : les emplois formels en Zambie demeurent peu nombreux, ne représentant que 11 % de l’emploi total.

L’économie zambienne a essuyé de nouveaux revers en 2016, malgré l’esquisse d’un redressement par rapport à 2015. La croissance est restée modérée, loin de pouvoir assurer un taux de croissance positif par habitant. Le cuivre a souffert, pendant la majeure de l’année, d’une demande et de perspectives mondiales atones, ce qui a pesé sur les cours de ce métal qui se sont établis en moyenne à 4 860 USD la tonne. Cette baisse des prix a nui à la rentabilité des exploitations minières et à l’activité globale dans la province de Copperbelt, secteur minier par excellence. Cependant, dans la province de North-Western, l’activité minière a été soutenue, en raison d’une structure de coûts plus faibles. Grâce aux nouvelles exploitations minières lancées en 2016, la production totale de cuivre a augmenté de 8.4 %. Malgré la sécheresse en Afrique australe, des pluies tardives ont permis une récolte satisfaisante, suffisante pour assurer la sécurité alimentaire, mais pas assez abondante pour contribuer à la croissance générale. La production de maïs a fait un bond de 9.7 % pour s’établir à 2.9 millions de tonnes, alors que pour d’autres cultures le rendement agricole reculait. À moyen terme, les performances économiques devraient s’améliorer. La production de cuivre devrait progresser de 16 % en 2017 et de 8 % en 2018. La saison agricole a commencé avec une bonne pluviométrie. Si l’on en croit les prévisions, l’approvisionnement en électricité sera suffisant pour intensifier la production cuprifère et les récoltes seront bonnes, du fait de conditions météorologiques favorables, peu affectées par les chenilles légionnaires.

Le président Edgar Lungu a été réélu lors des élections générales d’août 2016. La première tâche majeure de son gouvernement a été de lancer un programme de redressement économique en cinq points, intitulé Zambia Plus. Celui-ci vise à équilibrer le budget pour revenir à des niveaux soutenables après l’accumulation de déficits budgétaires, qui ont atteint environ 10 % du PIB en 2016. Une part importante du budget est consacrée à des dépenses incompressibles telles que les traitements, le service des intérêts des prêts nationaux ou étrangers contractés et les subventions. Seul un tiers des recettes intérieures peut être utilisé pour les biens et services, les transferts ou autres dépenses. Les principales orientations gouvernementales ont pour ambition d’améliorer la mobilisation des ressources intérieures et la gouvernance budgétaire, tout en apportant plus de responsabilité et de transparence, ce qui devrait rétablir la crédibilité budgétaire et renforcer la confiance du secteur privé.

En 2013, le gouvernement a lancé sa Stratégie emploi et industrialisation (Jobs and Industrialisation Strategy), une initiative importante destinée à diversifier l’économie et la rendre moins dépendante de l’exploitation minière. Soulignons que sur la décennie écoulée, l’investissement étranger direct dans l’industrie manufacturière a pour la première fois dépassé celui dans les mines en 2015, ce qui pourrait indiquer que les investisseurs non miniers s’intéressent à la Zambie en raison de l’environnement stable qu’elle offre aux investissements par rapport aux autres pays de la région.

Zambie

Ouganda

Auteurs : Vera Kintu Oling, Yemesrach Workie, Simon Peter Nsereko

  • La croissance de l’économie ougandaise a ralenti pour s’établir à 4.8 % en 2016 contre 5.5 % l’année précédente, mais devrait augmenter considérablement en 2017 à 5.1 % et 5.8 % en 2018. 
  • L’Ouganda n’a pas réussi à améliorer nettement ses indicateurs du développement humain. Le Plan national de développement (PND II) prévoit toutefois des investissements substantiels, susceptibles de faire progresser le développement du capital humain. 
  • Avec une part importante de sa population active (35.5 %) composée d’entrepreneurs, l’Ouganda est l’un des pays du monde où l’entrepreneuriat est le plus présent. Pourtant, il lui  manque une stratégie ou une politique spécifique pour apporter un réel appui à ces entrepreneurs. 

L’économie ougandaise se montre extrêmement résiliente. La croissance du produit intérieur brut (PIB) s’est établie à 4.8 % en 2016, contre 5.5 % en 2015. Selon les projections réalisées dans le cadre des Perspectives économiques en Afrique 2017, le PIB progressera de 5.1 % en 2017 et de 5.8 % en 2018. L’inflation non corrigée devrait légèrement s’accentuer, pour passer de 5.3 % en 2017 à 5.8 % en 2018, sous l’effet de la hausse des prix des denrées alimentaires imputable à des conditions météorologiques défavorables.

En 2016, afin d’appuyer sa gestion macroéconomique, le pays a continué à déployer de vastes programmes d’infrastructure, parallèlement à une politique budgétaire prudemment expansionniste et à une politique monétaire avisée afin de maintenir la stabilité des prix et du taux de change, ainsi que la soutenabilité de la dette. Il a essentiellement cherché à relever de 0.5 % par an le ratio recettes fiscales/PIB dans le but de stimuler la croissance. Cependant, des capacités institutionnelles toujours insuffisantes pour mettre en oeuvre les projets d’investissements publics empêchent la croissance du PIB d’atteindre tout son potentiel, en la maintenant en deçà de 7.0 %.

Le compte d’opérations courantes devrait se dégrader, pour passer de 6.5 % du PIB en 2015 à 8.4 % en 2016, et demeurer fragile, notamment en raison des importations de facteurs de production nécessaires aux grands projets d’infrastructure et d’une réduction de la demande mondiale d’exportations. Selon la Banque d’Ouganda, l’encours des réserves de change à la fin de 2016 équivalait à 4.3 mois d’importations.

Le déficit budgétaire du pays devrait se creuser légèrement, à 4.8 % du PIB en 2015/16, contre 4.3 % du PIB en 2014/15, et osciller entre 4.9 % et 5.0 % sur 2015-18. D’après la Banque d’Ouganda, les faibles niveaux d’absorption des dépenses de développement financées par des fonds extérieurs ont entraîné, sur l’exercice 2015/16, un déficit budgétaire sensiblement inférieur aux 7.0 % de PIB prévus dans le budget 2015/16. Le niveau d’absorption des aides publiques et prêts à l’appui de projets est faible, à respectivement 58 % et 73 % selon les estimations.

Dans le but d’accélérer la croissance et de la rendre plus inclusive, l’Ouganda a intégré l’industrialisation dans sa stratégie globale de développement sur la période couverte par le Plan national de développement NPD II. Le secteur industriel est émergent dans le pays. Durant l’exercice 2015/16, il a représenté environ 18.0 % du PIB. Sur la période 2011-15, il était encore largement dominé par l’activité manufacturière (47% du PIB sectoriel, en moyenne). Venaient ensuite la construction (37 %), l’électricité (6.0 %), l’eau (2.0 %) et les industries extractives (8.0 %). La part relative de l’industrie et de l’activité manufacturière n’a guère évolué au cours des dix dernières années. Une proportion importante de la population active est constituée d’entrepreneurs, principalement dans les services. Cependant, le pays n’a pas adopté de politique ou stratégie globale pour améliorer la croissance de l’entrepreneuriat. Il a intégré le développement de l’entrepreneuriat dans certaines de ses politiques et stratégies, telles que la politique relative aux microentreprises et petites et moyennes entreprises (MPME).

Ouganda

Tunisie

Auteurs : Philippe Trape

  • La croissance du PIB réel de 1 % est en-dessous des 2.6 % annoncés dans le budget de 2016, mais devrait augmenter de nouveau grâce à la mise en oeuvre accélérée du Plan de développement stratégique 2016-20 (PDS). 
  • Le nouveau gouvernement qui a pris fonction le 31 août 2016 à la suite d’élections s’est prononcé pour une intensification des réformes. 
  • La Tunisie a mobilisé 34 milliards TND (dinars) de promesses de financement public et privé, dans le cadre de la Conférence Internationale sur l’Investissement Tunisie 2020 de novembre 2016, pour soutenir la création de davantage de richesse et d’emplois. 

La croissance du PIB de la Tunisie s’est établie à 1.0 % en 2016 bien en deçà de la prévision de 2.6 % contenue dans la Loi de finances 2016. Compte tenu de la révision récente de la croissance 2015 à la hausse par l’Institut national des statistiques (INS) à 1.1 % contre 0.8 % en raison d’une croissance du PIB agricole plus importante que prévu, l’économie tunisienne est, de fait, en stagnation depuis 2015. La croissance de l’économie a été affectée par la contrainte sécuritaire mais également par la fragilité du climat social. À l’instar des années précédentes, la croissance en 2016 a été principalement tirée par le secteur des services, la consommation intérieure publique et privée soutenue par les augmentations de salaire dans la fonction publique demeurant le principal moteur de croissance de l’économie tunisienne. Le taux d’investissement est demeuré en dessous du « seuil psychologique » de 20 % en raison du repli des investissements directs étrangers (IDE) (-25.4 % au cours du premier semestre de l’année 2016) et des contraintes de financement.

La faiblesse de la croissance, la persistance d’importants déséquilibres macroéconomiques en matière de gestion des finances publiques et le retard pris dans la mise en oeuvre concrète des réformes structurelles stratégiques (réforme fiscale, réforme de la fonction publique, réforme du marché du travail, réforme des entreprises publiques, notamment) n’auront pas permis en 2016 de répondre au principal défi auquel la Tunisie fait face depuis 2011 consistant dans la persistance d’un chômage structurel élevé. Le taux de chômage moyen en 2016 a atteint, en effet, 15.6 % de la population active contre 15.1 % en 2015 malgré les importants recrutements effectués dans le secteur public depuis 2011. Il est en moyenne plus important chez les femmes (23.2 %) que chez les hommes (12.5 %) et frappe particulièrement les diplômés de l’enseignement supérieur (31.9 %). En 2016, le taux de chômage toutes catégories confondues est demeuré supérieur en moyenne de 50 % par rapport à la moyenne nationale dans les régions défavorisées de l’intérieur du pays. La croissance devrait cependant rebondir en 2017 et 2018 compte tenu de l’accélération escomptée de l’investissement, liée au démarrage des grands projets prévus dans le Plan de développement stratégique (PDS) 2016-20 et de l’accélération du rythme de mise en oeuvre des réformes structurelles notamment celle relative à la réforme de la fonction publique dans le cadre du programme mis en oeuvre par le Fonds monétaire international (FMI) avec l’appui des partenaires au développement. Les tensions sur les finances publiques devraient cependant demeurer significatives en 2017 et 2018. De son côté, l’inflation devrait légèrement augmenter en 2017 avant de refluer à nouveau en 2018.

La Tunisie présente en 2016 toutes les caractéristiques d’une économie duale avec, d’un côté, un tissu industriel moderne regroupant 5 600 entreprises de plus de dix salariés et de l’autre côté un tissu de petites entreprises sous-capitalisées, majoritairement unipersonnelles et concentrées à plus de 80 % dans le secteur des services en particulier le commerce, le transport et l’entreposage.
 

Tunisie

Togo

Auteurs : Carpophore Ntagungira, Ginette Patricia Mondongou Camara, Jeanne Bougonou

  • Le taux de croissance de l’économie est passé de 5.3 % en 2015 à 5 % en 2016 suite à une contraction des investissements publics et à la baisse du trafic portuaire. 
  • Le programme économique du Togo pour 2017-19 vise à baisser la dette publique de 76.0 %  du PIB en 2016 à 56.4 % à l’horizon 2021. 
  • Le gouvernement mobilise des financements pour un programme industriel (2016-18) qui a pour objectif la promotion de l’agro-industrie et la mise en place d’un fonds pour l’entrepreneuriat.

Le taux de croissance réel de l’économie a atteint 5.0 % en 2016 contre 5.3 % en 2015. Cette diminution de la croissance de 0.3 point en 2016 s’explique par la contraction des investissements publics et le détournement du trafic portuaire vers d’autres ports de la région en raison de la stricte application au Togo du règlement numéro 14 de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) sur le contrôle de la charge à l’essieu. En 2016, une bonne pluviométrie a permis à l’agriculture de contribuer à hauteur de 1.2 point à la croissance contre -1.5 point en 2015. Avec une participation négative de la production du phosphate (-0.3 point) et un faible apport de la production du clinker (0.2 point), l’apport de l’industrie extractive à la croissance a été peu significatif. Malgré plusieurs programmes visant à dynamiser l’entrepreneuriat, l’industrie manufacturière n’a contribué à la croissance du PIB qu’à hauteur de 0.2 point en 2016, inférieur à son niveau de 2015 de 0.7 point. La part de la branche bâtiment et travaux publics (BTP) de 0.5 point a aussi été inférieure aux performances antérieures de 2015 (0.8 point). Le secteur tertiaire n’a pas fait mieux avec 0.9 point, une contribution légèrement inférieure à celle de 2015 (1.1 point).

Dès 2017, le gouvernement du Togo compte intensifier les discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) et engager des réformes au titre de la facilité élargie de crédit (FEC). Ces réformes devraient conduire à une consolidation de la croissance, projetée à 5.1 % en 2017. Le secteur primaire se porterait mieux avec une contribution à la croissance de 1.9 point en 2017 suivi du secteur tertiaire avec 1.7 point et en dernière position le secteur secondaire avec 0.9 point. Ainsi, la projection 2017 de la contribution au PIB des branches non marchandes est de -0.9 point contre 0.8 point pour la TVA et 0.7 point pour les droits de douane.

Après un cycle quinquennal 2012-16 marqué par d’importants investissements publics et une croissance soutenue, la dette publique du Togo, est passée de 48.6 % du PIB en 2011 à 76.0 % du PIB en 2016. Ce niveau d’endettement est au-dessus de la norme communautaire de l’UEMOA fixée à 70 % du PIB. Le programme (2017-19) envisagé au titre de la FEC avec le FMI vise à garantir la viabilité de la dette à long terme. Depuis janvier 2017, l’accord au titre de la FEC considère que l’État ne peut plus contracter de nouveaux emprunts non concessionnels sachant que les emprunts concessionnels sont encadrés. Avec cette nouvelle orientation budgétaire, la dette publique du Togo pourrait baisser de 76.0 % du PIB en 2016 à 56.4 % à l’horizon 2021.

La structure productive du Togo repose principalement sur l’agriculture. La population active est composée d’environ 51 % d’agriculteurs indépendants, 39 % de travailleurs indépendants dans le secteur non agricole et 10 % de salariés formels. Ces derniers représentent 88 000 emplois en 2016 répartis entre le secteur public (67 %) et le secteur privé (33 %). L’économie togolaise est faiblement représentée par le secteur industriel avec seulement 19.7 % du PIB dont 5.5 % pour les industries manufacturières en 2016. Les compétences fournies par l’enseignement supérieur profitent faiblement à l’entrepreneuriat.
 

Togo

Tanzanie

Auteurs : Prosper Charle, Rogers Dhliwayo, Chidozie Emenuga

  • La croissance du PIB réel est estimée à 7.2 % en 2016 avec le même taux prévu pour 2017, principalement grâce à de solides performances dans l’industrie, la construction, les services de l’information et les secteurs de la communication.
  • La situation budgétaire est restée saine et l’État poursuit ses efforts pour améliorer la mobilisation des recettes ainsi que l’efficacité des dépenses publiques, ce qui contribuera au maintien de ces bons résultats. 
  • Le niveau d’industrialisation de la Tanzanie est faible, mais les autorités ont affiché leur détermination à mener à bien leur programme de développement à moyen terme, qui a pour objectif principal d’encourager l’industrialisation afin que le pays réussisse sa transformation économique. 

Le taux de croissance de 7.0 % enregistré en 2014 s’est maintenu en 2015 et a même, selon les estimations, progressé en 2016 pour atteindre 7.2 %. Ce chiffre fait de la Tanzanie l’une des économies les plus performantes et les plus stables d’Afrique. Les principaux moteurs de croissance sont les secteurs des services, de l’industrie, de la construction, et de l’information et de la communication. L’aide extérieure a été l’une des principales sources de financement des projets de développement. À moyen terme, la croissance devrait rester solide grâce aux mêmes secteurs. La chute des cours internationaux du pétrole a eu des répercussions positives, faisant baisser le prix de l’essence et de l’huile industrielle à la pompe. Elle a également réduit le prix de l’électricité et ainsi stimulé la production industrielle.

La croissance devrait se maintenir autour de 7.0 % à moyen terme dans la mesure où les résultats des principaux secteurs devraient rester stables et être renforcés par l’accroissement des investissements publics dans les infrastructures. Grâce au gazoduc de Mtwara, achevé en 2015, le pays dispose de gaz pour la production d’électricité, ce qui permettra aux industries de bénéficier d’une alimentation électrique plus régulière et moins coûteuse.

En 2015, la Tanzanie a montré l’exemple enviable de démocratie avec des élections générales nationales pacifiques, qui ont placé Président John Magufuli à la tête du gouvernement actuel et renouvelé les membres du parlement national. Les pouvoirs publics ont lancé un programme de développement sur cinq ans qui a pour objectif d’industrialiser tout le pays d’ici à 2025. En matière de gouvernance la Tanzanie se classe en permanence dans la première moitié des pays d’Afrique. Les grandes forces du pays dans ce domaine sont la sûreté et l’État de droit, la sécurité nationale, la participation, ainsi que les droits de l’homme et l’égalité hommes-femmes. Ses points faibles concernent le développement humain (dans le domaine de la santé et de l’éducation) et l’infrastructure.

Sur le plan du développement humain, la Tanzanie se classe 151e sur 188 pays, avec un indice de développement humain (IDH) de 0.521 en 2014. Cette valeur reste peu élevée et place le pays dans la catégorie inférieure. Les disponibilités caloriques au sein des foyers ont peu progressé depuis 1997 et l’on estime que la malnutrition chronique est à l’origine de plus d’un décès sur trois chez les enfants de moins de cinq ans (Rapport sur le développement humain en Tanzanie, 2014). L’un des défis majeurs reste le secteur de l’éducation, qui souffre d’une faible qualité d’enseignement, d’un décrochage en hausse, ainsi que d’un manque de compétences et d’une baisse du moral et de la motivation chez les enseignants.

Après une longue période de stagnation, le taux de pauvreté a baissé, passant de 34.4 % en 2007 à 28.2 % en 2012. Le taux d’extrême pauvreté est lui passé de 11.7 % à 9.7 % (Enquête sur le budget des ménages, 2011/12). Le recul de la pauvreté est plus significatif si l’on se réfère au seuil international de pauvreté, qui est de 1.90 USD par personne et par jour. Sur cette base, le taux de pauvreté a reculé de 59.9 % à 48.8 % entre 2007 et 2012. Les bons résultats du pays en matière de croissance économique et de réduction de la pauvreté se sont accompagnés d’une baisse de l’inégalité : l’indice de Gini est passé de 0.39 à 0.36 entre 2007 et 2012. Les éléments réunis pour établir l’indicateur de prospérité partagée suggèrent que cette baisse de l’inégalité est principalement due à une augmentation plus importante de la consommation dans les quintiles inférieurs. L’État soutient les ménages défavorisés par le biais du Programme de protection sociale productive (PSSN) du Fonds d’action sociale de Tanzanie (TASAF), de transferts conditionnels de fonds et d’un programme de travaux publics. Ces programmes devraient contribuer à faire reculer la pauvreté à moyen terme.

Tanzanie

Swaziland

Auteurs : Peninah Kariuki, Asha P. Kannan

  • La croissance économique continue de ralentir : elle s’est infléchie à -0.6 % en 2016, principalement en raison d’une grave sécheresse et des pressions budgétaires, et les perspectives restent moroses pour 2017 et 2018.
  • La situation politique reste relativement stable depuis les élections de septembre 2013, mais le classement du pays laisse encore à désirer dans le domaine de la participation et des droits de l’homme. 
  • Le Swaziland a un secteur industriel de premier plan, mais un entrepreneuriat limité qui pourrait être renforcé par une politique industrielle intégrée pour développer les entreprises locales et créer des emplois productifs dans le pays. 

L’économie du Swaziland continue de tendre vers la baisse : la croissance s’est infléchie à -0.6% en 2016 contre 1.7 % en 2015. Ce ralentissement reflète un effondrement du secteur primaire imputable à un recul de la production agricole résultant d’une sécheresse provoquée par le phénomène El Niño. Les rendements des cultures pluviales, en particulier le maïs et le coton, et des cultures irriguées, principalement la canne à sucre, ont considérablement baissé. Par ailleurs, une forte diminution des recettes provenant de l’Union douanière de l’Afrique australe pèse lourdement sur le budget. Dans ce contexte, une politique budgétaire expansionniste a amplifié l’impact négatif de ces chocs. On prévoit pour 2017 et 2018 une lente reprise, avec une croissance qui restera contenue à 1.4 % et 2.3 % respectivement, sur la base d’une amélioration des rendements agricoles due à des conditions météorologiques plus clémentes, notamment à des pluies normales ou supérieures à la normale pendant la saison des semis de la campagne 2016/17. Le principal risque vient de la situation budgétaire, en particulier de l’évolution des recettes provenant de l’Union douanière de l’Afrique australe, ce qui souligne la nécessité d’accélérer la promulgation et la mise en oeuvre de la loi amendée sur la gestion des finances publiques.

Le Swaziland est toujours en butte à des défis sociaux majeurs, tels que les taux de pauvreté et d’inégalité élevés, le chômage de masse notamment parmi les jeunes, les inégalités hommes-femmes et la forte prévalence du VIH/sida. Bien que le Swaziland soit classé dans la catégorie des pays à revenu faible et intermédiaire, environ 63 % des habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté. Par ailleurs, les inégalités sont prononcées, comme en témoigne le coefficient de Gini de 0.51. Le Swaziland est toujours aussi mal classé sur l’Indice du développement humain (IDH) (150e sur 188 pays), avec un score de 0.531 pendant quatre années d’affilée (2011-15). En ce qui concerne le taux de réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), les OMD liés à la pauvreté et à la santé sont au point mort. Les futurs plans relatifs au développement humain devront intégrer les OMD non atteints dans le programme de développement des Nations Unies pour l’après 2015, qui propose 17 Objectifs de développement durable (ODD), assortis de cibles et d’indicateurs bien définis.

Le secteur industriel est le deuxième du pays, en termes de contribution au PIB (42 % en 2014), derrière le secteur tertiaire (51 %) et loin devant le secteur agricole (6 %). L’industrie manufacturière demeure le premier sous-secteur (36 % du PIB), couvrant diverses activités de transformation agroindustrielle basées sur le sucre (en particulier le concentré pour les boissons Coca-Cola), les agrumes, les ananas, la viande, la production de pâte à papier, l’habillement et le textile. Reconnaissant le lien entre l’industrialisation et l’entrepreneuriat, l’État a mis en place diverses initiatives pour développer et promouvoir un entrepreneuriat local swazi, en mettant l’accent sur les petites et moyennes entreprises (PME). Selon l’Enquête intégrée sur la population active 2013-14, l’entrepreneuriat reste cependant limité, puisque les travailleurs indépendants ne représentent que 20 % de la population active totale. D’après les données sur les caractéristiques des entrepreneurs, 56% des PME sont gérées par des hommes et 44 % par des femmes. Par ailleurs, les jeunes entrepreneurs, de la tranche d’âge des 22-35 ans, possèdent 33 % des petites entreprises du pays et les petites entreprises opèrent désormais principalement dans le secteur des services. Conscient du fait que l’entrepreneuriat peut contribuer à résorber le chômage des jeunes, le gouvernement prend différentes mesures, consistant notamment à inclure une formation entrepreneuriale dans les programmes d’études, à maintenir son appui à des programmes spécifiques offrant une expérience pratique aux niveaux secondaire et tertiaire, et à remanier le Fonds autorenouvelable en faveur des jeunes entrepreneurs. Le Swaziland doit se doter d’une politique industrielle intégrée pour promouvoir la diversification de son économie, développer un vivier d’entrepreneurs locaux et promouvoir l’industrialisation sur l’ensemble de son territoire.

Swaziland

Soudan

Auteurs : Suwareh Darbo, Yousif Eltahir

  • La croissance économique devrait ralentir en 2016 pour atteindre 3.0 % en raison de la baisse de la production pétrolière et des déséquilibres macroéconomiques. Elle devrait monter à 3.4 % en 2017 et 3.6 % en 2018, suite à une meilleure performance dans le secteur non pétrolier et à la levée temporaire des sanctions américaines.
  • Les efforts déployés par les pouvoirs publics pour élargir l’espace démocratique à travers le dialogue national sont de bon augure pour les performances économiques et la stabilité politique.
  • La proportion d’entrepreneurs soudanais en dehors du secteur agricole est assez importante, mais en raison du nombre limité de programmes en faveur de l’entrepreneuriat, du manque de formations techniques et d’un environnement des affaires difficile, une stratégie nationale cohérente est nécessaire pour stimuler et exploiter l’énergie et le talent des entrepreneurs, et promouvoir une croissance inclusive.

La croissance économique du Soudan a été freinée par un certain nombre de facteurs, dont l’effondrement des relations de correspondance bancaire pendant la période 2014-16, la baisse des recettes pétrolières résultant de la chute des prix à l’exportation, le vieillissement des champs pétrolifères et la diminution des droits de transit payés par le Soudan du Sud pour l’acheminement du pétrole. La croissance du produit intérieur brut (PIB) est estimée à 3.0 % en 2016, contre 4.9 % l’année précédente, mais elle devrait remonter à 3.4 % en 2017 et à 3.6 %, en 2018. À court et moyen termes, la croissance dépendra de l’évolution des secteurs de l’agriculture et des minéraux, du développement des compétences, et de la mise en oeuvre de politiques macroéconomiques prudentes et de réformes structurelles visant à améliorer le climat des affaires. La guerre civile qui continue de sévir dans certaines régions du pays et les faibles cours mondiaux des produits de base exportés représentent des risques majeurs.

Les déséquilibres macroéconomiques, qui ont creusé de 2 points de pourcentage le déficit budgétaire en 2016, continuent de freiner la croissance. Bien que le déficit de la balance des opérations courantes se soit réduit de 1.1 point de pourcentage en 2016, il sera plus important en 2017 (4.9 % du PIB selon les prévisions) et devrait continuer de se creuser pour atteindre 5.6 % en 2018. Combler le déficit budgétaire et celui de la balance des opérations courantes est une priorité absolue pour le gouvernement, compte tenu en particulier des faibles recettes fiscales, de la diminution des recettes issues de l’exportation du pétrole et des difficultés à obtenir des financements à des conditions de faveur. Cependant, la levée partielle et conditionnelle des sanctions commerciales des États-Unis début 2017 devrait favoriser la stabilité économique et stimuler l’investissement direct étranger (IDE) et les envois de fonds des travailleurs émigrés dans les pays du Golfe, au profit des plus vulnérables.

Sur la période 2009-11, la proportion d’entrepreneurs soudanais en dehors du secteur agricole a reculé de 56.8 % à 47.3 %, tandis que celle des entrepreneurs urbains progressait de 46.3 % à 49.8 % et que celle des femmes entrepreneures passait de 14.9 % à 17.3 %. Il faut donc améliorer l’environnement des affaires, d’autant que l’indice global du Soudan sur le score de la distance de la frontière de la Banque mondiale s’est dégradé, tombant de 49.3 en 2009 à 44.8 en 2017. D’une manière générale, l’entrepreneuriat n’est pas encouragé dans le pays comme débouché professionnel, en témoignent l’absence de plan national pour développer l’entrepreneuriat et le petit nombre d’établissements secondaires d’enseignement technique (98) par rapport aux établissements secondaires d’enseignement général (3 128).

Soudan

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Communiqué de presse

Il faut libérer le potentiel des entrepreneurs africains pour accélérer la transformation industrielle du continent, selon les Perspectives économiques en Afrique 2017.

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