Les recettes fiscales en Afrique

Le coefficient de pression fiscale est le total des contributions recouvrées exprimé en proportion du PIB. En moyenne, il augmente en Afrique depuis le début des années 1990, ce qui suggère que de nombreux pays ont réalisé des progrès considérables en matière de perception. Cette mesure est importante, car elle permet de savoir à quelle hauteur s’élèvent les recettes fiscales disponibles pour l’État en fonction de la taille de son économie. La figure 4 retrace l’évolution du coefficient moyen pondéré ou non pondéré pour le continent. La pondération est fonction de la taille de chaque économie.

La classification des pays africains en vertu du niveau de leurs recettes fiscales fait apparaître trois différentes tendances en matière de coefficient de pression fiscale [2]. La figure 5 retrace l’évolution du coefficient des pays du continent, classés en trois groupes de niveau de revenu par habitant. Les nations sont classées dans la catégorie « revenu intermédiaire de la tranche supérieure » si le revenu par tête se situe entre 3 856 et 11 905 USD en 2008. Le coefficient de ce groupe est en convergence avec celui des pays de l’OCDE, à près de 35 % (OCDE, 2009a). En effet, la moyenne non pondérée pour l’OCDE s’établit à 35.8 % en 2007 (Bird et Zolt, 2005). Les pays sont intégrés à la catégorie «  revenu intermédiaire de la tranche inférieure » si le revenu par tête se situe entre 976 et 3 855 USD en 2008. Le coefficient de cette catégorie est comparable à celui d’autres pays sur d’autres continents appartenant à la même fourchette de revenu, soit près de 22 %. À titre de comparaison, Bird et Zolt (ibid.) estiment que tous les pays dont le revenu par habitant est inférieur à 4 900 USD ont un coefficient de pression fiscale de 18.3 %. Les pays « à faible revenu » sont ceux dont le revenu par habitant en 2008 est inférieur ou égal à 975 USD. Leur coefficient est nettement inférieur, et s’établit à 15 %.