Dans ce chapitre, nous présentons une série de faits indicatifs des principales tendances de la mobilisation des ressources publiques sur le continent. L’accent est mis sur les recettes fiscales, le montant de l’impôt par habitant, l’impôt direct et indirect, les taxes commerciales et la capacité contributive. Cette analyse s’appuie sur l’ensemble des données rassemblées au cours de l’enquête des Perspectives portant sur 50 pays. Au moment de la mise sous presse, les données pertinentes s’étalent jusqu’à 2007.

Les impôts perçus en Afrique ont augmenté, puisqu’ils représentent 27 % du PIB en 2007, contre 22 % en 1990. La figure 3 illustre cette tendance, ainsi que l’écart qui se creuse entre recettes fiscales et APD. Toutefois, après examen, il apparaît que cette évolution est essentiellement due à des recettes fiscales liées aux ressources naturelles dans les pays pétroliers. Les résultats des autres types de contributions sont nettement plus modestes, comme nous le montrons dans ce chapitre. Les recettes des taxes commerciales diminuent depuis la fin des années 1990, mais ce déclin est en grande partie compensé par les impôts indirects, les impôts sur les entreprises et les taxes sur les ressources naturelles. L’impôt sur le revenu (essentiellement des particuliers et des sociétés, hors ressources naturelles) a stagné sur la période.

La croissance moyenne des recettes fiscales africaines au cours des vingt dernières années masque également des différences importantes d’un pays à l’autre. On observe une dichotomie prononcée entre producteurs et importateurs de pétrole, tant en termes de recettes que de structures fiscales. La capacité de certains gouvernements à générer des recettes à partir de l’or noir peut les détourner d’autres formes de taxation plus difficiles à faire passer au plan politique, comme les impôts sur les bénéfices d’autres secteurs, l’impôt sur le revenu des personnes physiques, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et les droits de douane, en comparaison d’autres pays dont l’administration fiscale dispose de moyens équivalents.