Politiques d'innovation scientifique et technologique :
passer du bureau au terrain
La Suède soutient le renforcement des capacités de recherche dans les pays en développement depuis les années 1970. La Tanzanie est l’un des premiers bénéficiaires de l’aide suédoise à la recherche, avec un volume proche de 8 millions USD par an. Depuis 2007, la Suède met l’accent sur l’innovation scientifique et technologique (STI) dans ses discussions avec les partenaires au développement et les autorités tanzaniennes. De nombreux partenaires au développement ont des programmes d’appui à la recherche dans la région et dans le pays qui sont en général gérés et coordonnés depuis leur siège, et les questions liées à la STI sont rarement soulevées et intégrées au niveau local. Les multiples initiatives en cours, éparpillées, doivent être harmonisées et exploitées de manière plus efficace et en synergie.
Par suite de la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide, l’aide projet et l’aide programme ont été abandonnées au profit de l’appui budgétaire général (ABG). Mais le budget de la Tanzanie ne comporte pas encore de ligne spécifique pour la recherche, qui reste un secteur orphelin et diffus. Quatorze partenaires au développement assurent actuellement un ABG et, conformément à la stratégie d’assistance conjointe de la Tanzanie, ils ont réduit leur champ d’intervention à trois ou quatre secteurs. Mais aucun n’est exclusivement dirigé sur la recherche et les TIC. La stratégie de réduction de la pauvreté 2005-10 de la Tanzanie reconnait l’importance de la STI pour la croissance économique de même que la nécessité d’augmenter les financements tout en développant l’enseignement supérieur et l’innovation technologique ; pour autant, les mesures d’application restent vagues, et l’essentiel des priorités va à la promotion des TIC, thématique transversale par excellence.
Aujourd’hui, les STI sont au cœur de nombreux programmes de développement. Reste à passer de la reconnaissance à l’application et aux résultats. Seul un dialogue politique permettra de garantir que les activités de STI soient ouvertement intégrées dans les stratégies de réduction de la pauvreté et que les résultats atteints soient quantifiables. Devant l’immensité des défis rencontrés, les partenaires au développement pourraient commencer par fournir des directives claires et aider sur le terrain les responsables de programme.
Source : María Teresa Bejarano, Enseignement supérieur et recherche, Agence suédoise pour le développement international (ASDI), première secrétaire de l’ambassade de Suède en Tanzanie.
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