Les jeunes âgés de 15 à 25 ans représentent plus de60 pour cent de la population du continent et 45 pourcent de sa main-d’oeuvre totale. À l’inverse d’autresrégions en développement, la population de l’Afriquesubsaharienne rajeunit, grâce à une croissancedémographique soutenue par un taux élevé de fertilité :d’ici 2015, les jeunes devraient représenter plus de75 pour cent de la population. Ce rajeunissementdevrait se poursuivre pour au moins une vingtained’années.

On estime à 133 millions environ le nombre dejeunes Africains illettrés (soit plus de 50 pour cent dutotal). La plupart n’ont que peu ou pas de compétenceset sont donc pratiquement exclus de la vie économiqueet sociale. Ceux qui ont été plus ou moins formés ontacquis des compétences devenues inutiles pour le marchédu travail, alors même que les exigences en compétencesthéoriques et pratiques réduisent des millions de jeunessans qualifications au chômage ou en situation de sousemploi.L’incidence du chômage des jeunes en Afriquesubsaharienne pourrait, selon les estimations, dépasserles 20 pour cent.

Trop souvent, la formation professionnelle estconsidérée comme un moyen de « ramener à l’école »les jeunes pour lesquels le système éducatif de base aéchoué (d’où cette idée de la deuxième chance) ou decompléter les acquis de base pour les préparer à répondreaux besoins immédiats du monde du travail (d’où cettenotion d’adaptation et de réadaptation permanente àun environnement professionnel en constanteévolution). Ce type de formation professionnelle doitêtre remplacé ou complété par un système qui assureaux jeunes un maximum de compétences durables(maîtrise de la lecture, de l’écriture et du calcul), deconnaissances élémentaires et de compétences pourl’apprentissage tout au long de la carrière. La formationprofessionnelle poursuit aussi un objectif bienspécifique : améliorer les compétences liées à des technologies précises et les développer par la suite sur le lieu de travail.

Pourtant, la formation professionnelle seule nesuffira pas pour remédier au fort chômage des jeunes,eu égard aux graves problèmes d’insertion sur le marchédu travail, surtout s’ils ont quitté l’école en cours deroute. La faiblesse des niveaux de compétences n’est eneffet qu’un des multiples facteurs alimentant le chômagedes jeunes. Pour contrer ce phénomène et rendre leDCTP efficace, de nouvelles réformes – concernantnotamment les politiques du marché du travail pourles jeunes travailleurs – devront intégrer la formationdans une offre ciblée qui les aidera à franchir les obstaclesjusqu’à l’entrée sur le marché du travail. C’est là unecondition indispensable pour rendre les programmesde formation efficaces. Les jeunes se heurtent à desdifficultés plus ou moins importantes pour décrocherun emploi et notamment : une création d’emploisinexistante, leur vulnérabilité à un essouflement de lacroissance car ils seront les premiers licenciés, des coûtsdu travail élevés ou des demandes de salaire non réalistesde la part des jeunes, la discrimination (attitudesnégatives à l’encontre des jeunes inexpérimentés), unaccès médiocre à l’apprentissage de base (le peu dequalifications en l’absence d’expérience professionnellecompromet l’accès à une formation sur le tas), despolitiques publiques qui découragent le travail, le rapidechangement économique et la difficulté à trouver unemploi qui s’aggrave avec la pauvreté .

Il faut bien identifier ces causes fondamentales duchômage des jeunes avant de se lancer dans desinvestissements coûteux en faveur du DCTP. Ce quiexplique sans doute pourquoi une grande part desformations proposées aux jeunes chômeurs sont jugéesdécevantes lors des évaluations rigoureuses de leursprogrammes, parce qu’elles ont généralement étéincapables de provoquer des augmentations de salaireou de déboucher sur des offres d’emploi.

C’est dans le secteur informel que la plupart desélèves trouvent un emploi à la sortie de l’école – surtouts’ils ont décroché en cours de route. Les expériences du Bénin et du Sénégal témoignent des efforts consentispour élargir et mettre à niveau l’apprentissage informelafin d’augmenter l’employabilité des jeunes. L’OIT abeaucoup oeuvré pour appuyer la transition des jeunesvers l’emploi. Elle soutient notamment les systèmesd’apprentissage en alternance, en plus des initiatives pouraméliorer l’accès à la formation des filles, des handicapéset des autres groupes défavorisés et de l’introductionde systèmes de protection sociale pour les apprentis– sans parler de l’appui post-formation pour accéder àla microfinance et à d’autres formes d’aide pour s’installerà son compte.

Le Nigeria a été le théâtre d’une initiative visant àcréer des emplois pour les jeunes chômeurs, grâce à desprogrammes de développement des compétencesprofessionnelles.