La formation en secteur informel devrait, en liaisonavec d’autres instruments – politiques fiscales, octroide crédits, élargissement de la protection sociale et dela législation du travail – améliorer la performance desentreprises et l’employabilité des travailleurs. Il fauts’efforcer ainsi de transformer des activités de surviesouvent marginales en un travail décent pleinementintégré dans la vie économique du pays. La validationdes acquis et des compétences préalables par des systèmesde certification pourrait permettre aux travailleurs dusecteur informel d’accéder au marché formel del’emploi. 

Étant donné l’importance considérable du secteurinformel en Afrique et sa place dans le marché dutravail, la formation de ses travailleurs doit figurer enbonne place dans les ordres du jour politiques. Pourtant,les réformes pilotes en cours ne portent pas sur lesprogrammes de formation en secteur informel. Il fautque l’Afrique s’engage dans une réorganisation enprofondeur de ses législations, politiques et pratiquesafin d’appuyer et d’améliorer les systèmes d’apprentissageinformels47. Une refonte totale est indispensable pour relever la qualité, assurer un accès plus équitable,augmenter l’employabilité des bénéficiaires et améliorerle rendement des investissements publics et privés dans la formation.

Selon une étude de terrain de l’AFD48, certaines desréformes en cours tentent de moderniser les systèmesd’apprentissage informels en consolidant le cadreinstitutionnel et en instaurant des passerelles vers lessystèmes formels d’ETFP. Ces réformes cherchent àaméliorer la qualité de la formation en proposant auxpatrons artisans une remise à niveau de leurscompétences dans des établissements formels deformation (Mali, Niger et Ouganda par exemple) et eninstaurant un système d’examens et de certificationpour les compétences acquises sur le tas.Globalement,de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest (Bénin, Mali,Sénégal et Togo notamment) sont en train derestructurer les systèmes de FTP et d’intégrerl’apprentissage traditionnel en développant des systèmesen alternance où les ateliers qui acceptent des apprentissont responsables de la formation au même titre queles établissements. Parallèlement, des instrumentsréglementaires sont mis au point pour assurer laréalisation des objectifs politiques globaux, laconcrétisation des dispositifs spécifiques d’apprentissage– à l’image des différents types de contrat liant l’apprentiau patron et des règles régissant les qualificationsprofessionnelles. De même, l’Afrique du Sud etl’Éthiopie ouvrent leurs systèmes de DCTP aux besoinsdu secteur informel (encadré 27). Quant au Maroc età la Tunisie, ils ont mis en place des programmes pourintroduire des contrats d’apprentissage, offrir desincitations aux employeurs (exemptions de cotisationssociales notamment), fixer les niveaux de rémunérationet l’âge d’admission et introduire une formation enalternance entre le lieu de travail et des établissementsspécialisés.