En Afrique, la formation initiale publique est essentiellement financée par le budget de l’État. La plus grande part des allocations budgétaires financeles dépenses de fonctionnement (et notamment lessalaires des enseignants), au détriment desinvestissements et de la maintenance des installations.C’est notamment le cas en Algérie et au Sénégal, où lapart des salaires des enseignants absorbe 90 pour centdu budget de l’État alloué à la formation.

L’inadéquation des allocations budgétaires de l’Étatempêche réellement les établissements publics de formation professionnelle de se maintenir au niveau duprogrès technologique et de la demande des marchésdu travail. Le fait que ces établissements soientpratiquement incapables d’établir un budget annuelaggrave encore la situation.

Dans son cadre de financement de l’ETFP, l’Éthiopieenvisage pour sa part, parallèlement à l’amélioration descapacités de gestion des établissements publics,d’introduire un système d’allocation budgétaire liée aumérite qui, associé à l’autonomie, pourrait inciter lesétablissements publics à améliorer leur qualité et leurréactivité aux demandes du marché du travail.

Par ailleurs, les activités de production des stagiairesou les services qu’ils peuvent rendre (conseil auxentreprises locales, par exemple) pourraient êtremonnayés et représenter une nouvelle source definancement. L’implication des stagaires dans le marchédu travail local leur offre une expérience professionnellepratique et leur permet de maintenir leurs compétencesà jour (encadré 37). C’est l’approche retenue par legouvernement éthiopien, qui entend récupérer unepart non négligeable des dépenses renouvelables desétablissements publics en systématisant la rémunérationde leurs activités. Il encourage notamment lesresponsables des établissements publics à concevoir desformations sur mesure pour l’industrie et les entreprises,et à nouer des relations plus étroites avec le secteurprivé.

Soucieux d’augmenter les allocations auxétablissements publics, plusieurs pays africains ontintroduit une taxe de formation professionnelle (TFP),qui représente entre 1 et 2 pour cent de la masse salarialedes entreprises et sert pour l’essentiel à améliorer l’offrede formation publique, en privilégiant la formationinitiale dans des établissements formels.