Vue d'ensemble

Tout au long de 2008, la situation économique du Nigeria a été affectée par la chute des cours du pétrole au deuxième semestre et le quasi-effondrement du système financier national précipité par la crise financière mondiale. Pendant toute l’année, les troubles ont perduré dans la région de production pétrolière du delta du Niger.

Les autorités nigérianes ont pris des mesures en vue d’améliorer la croissance et la stabilité macro–économique. En 2008, elles ont poursuivi une stratégie sectorielle à moyen terme (Medium-Term Sector Strategy [MTSS]) pour la croissance couvrant la période 2009–11. Depuis 2006, la MTSS a permis de préparer le budget national, en précisant aux institutions dirigées par l’État les objectifs à moyen terme du gouvernement fédéral. Le gouvernement a également donné la priorité au développement de sept secteurs clés, notamment l’agriculture, l’emploi, les transports et l’éducation. Dans cette perspective, le Nigeria a dû renforcer sa diversification économique, en dépit de la pauvreté de son économie dépendante du pétrole. L’amélioration de la fourniture d’électricité reste le problème le plus urgent à résoudre.

L’effondrement des cours du pétrole au deuxième semestre de 2008 et les troubles actuels dans la région du delta du Niger ont entraîné la baisse de la production de pétrole. En dépit de ce recul, les très bons résultats du secteur non pétrolier ont permis d’atteindre une croissance globale de 6.1 pour cent en 2008.

La monnaie locale, le naira, s’est considérablement dépréciée en fin d’année et les réserves de change ont été énormément mises à contribution. En 2009, le budget de l’État et la balance des comptes courants devraient enregistrer un déficit au lieu des importants excédents actuels. Cette dégradation pourrait compromettre la stabilité financière du pays et la lutte contre la corruption.

La crise du système financier nigérian résulte de la crise économique mondiale, de la dépendance excessive du pays vis-à-vis du pétrole, de la fragilité du système financier national et des défaillances des contrôles réglementaires.

Figure 1 - Taux de croissance du PIB en volume et PIB par habitant

Développements économiques récents

Figure 2 - Ventilation sectorielle du PIB

La croissance de la production non pétrolière est passée de 7.8 pour cent en 2007 à 9.6 pour cent en 2008, tandis que la production de pétrole a chuté de 8.2 pour cent, entraînant une croissance économique globale de 6.1 pour cent en 2008. Ce chiffre est en léger recul sur les 6.2 pour cent enregistrés en 2007. La production de pétrole a baissé en raison des troubles qui agitent en permanence la région du delta du Niger et de l’obsolescence des infrastructures pétrolières. Les cours du pétrole sont en baisse depuis juillet 2008. Après avoir atteint un niveau record de plus de 140 dollars (USD) en début d’année, ils sont tombés à 40 USD en décembre 2008.

Le secteur des services a enregistré une croissance de 8.0 pour cent en 2006 et de 9.8 pour cent en 2007. On estime que les services de télécommunications et postaux ont fait un bond de 34 pour cent en 2008, dans la lignée des taux de croissance supérieurs à 30 pour cent enregistrés en 2007 et en 2006. Le commerce de gros et de détail, qui représente 18.8 pour cent du Produit intérieur brut (PIB), a augmenté de 15.3 pour cent environ et le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) de 13.1 pour cent. Le secteur de l’hôtellerie et de la restauration, lui, s’est accru de 13.0 pour cent. Enfin, le secteur financier et des assurances a enregistré une croissance approximative de 5.0 pour cent (estimations).

Les industries manufacturières ont progressé de 9.2 pour cent en 2008, mais ne représentent que 2.7 pour cent du PIB, chiffre très faible, y compris au regard des normes africaines. L’agriculture, qui représente 31.2 pour cent du PIB et occupe à peu près les deux tiers de la main-d’œuvre du pays, a enregistré une croissance de 7.4 pour cent environ en 2008, en très léger recul par rapport aux 7.7 pour cent enregistrés en 2007. Les pluies tardives ont été abondantes et régulières dans l’ensemble du pays.

La demande intérieure a contribué à la croissance en 2008, tandis que le secteur externe a réduit sa demande avec la forte hausse des importations. On estime que la formation brute de capital s’est considérablement accrue, de 16.3 pour cent en 2008. La hausse devrait se poursuivre autour de 7.3 pour cent environ en 2009 et 2010, dopée par les investissements publics et privés. La consommation elle aussi devrait contribuer à la croissance du PIB. La baisse de la production et des cours du pétrole entraînera un ralentissement de la demande extérieure et continuera de peser sur le PIB en volume du Nigeria.

Le taux de croissance du PIB en volume devrait tomber à 4.0 pour cent en 2009 du fait de la baisse continue de la production et des cours du pétrole ainsi que de l’impact de la crise mondiale sur le Nigeria. La chute des recettes publiques résultant de l’effondrement des cours pétroliers se traduira par la réduction des dépenses et des investissements publics. Les investissements privés pourraient également souffrir de l’effondrement des cours de la bourse nigériane et de la perte de confiance dans les banques. Le taux de croissance devrait de nouveau augmenter légèrement à 4.4 pour cent en 2010, lorsque les cours pétroliers auront récupéré partiellement leur valeur et que les marchés financiers auront commencé à se stabiliser.

Tableau 1 - Composantes de la demande

Politiques macro-économiques

La politique budgétaire du Nigeria repose sur la stratégie budgétaire à moyen terme (Medium-Term Fiscal Strategy [MTFS]) 2008-10, qui constitue une feuille de route pour la stabilité macro–économique. La MTFS est en phase avec la Stratégie nationale de maîtrise et de développement économiques (National Economic Empowerment and Development Strategy [NEEDS]), qui vise à faire reculer la pauvreté et dont il existe des équivalents aux niveaux étatique et locaux. Le Nigeria espère se hisser parmi les 20 premières économies mondiales à l’horizon 2020. Pour atteindre cet objectif, le gouvernement a mis en place un Programme en sept points. La stratégie NEEDS, le Programme en sept points et l‘initiative Vision 2020 visent en gros à promouvoir une croissance rapide et générale du PIB, à réduire la pauvreté, à créer des emplois, à garantir la stabilité macro–économique et à assurer la diversification de l’économie. Le Fonds monétaire international (FMI) apporte une assistance technique au service fédéral de perception des impôts (Federal Inland Revenue Service) et au bureau fédéral de comptabilité générale (Office of Accountant General of the Federation).

Les récentes réformes budgétaires, notamment la meilleure gestion des recettes pétrolières, qui représentent 80 pour cent des recettes totales, se sont traduites par une amélioration du budget. En 2004, le Nigeria a introduit une règle budgétaire qui prévoit le transfert de l’excédent des recettes pétrolières dans un compte spécial, l’ECPA (Excess Crude Proceeds Account). Le gouvernement puise dans cette source de financement en cas de baisse des cours pétroliers, ce qui s’est produit, ces derniers s’étant effondrés en juillet 2008.

Les recettes et les dépenses en pourcentage du PIB ont reculé en 2008, passant respectivement, selon les estimations, à 27.3 pour cent et 26.4 pour cent. L’excédent budgétaire a légèrement augmenté à 0.9 pour cent du PIB. La baisse des recettes traduit la chute de la production pétrolière, en partie compensée par la croissance des recettes non pétrolières, dopées par les améliorations apportées à la perception des impôts.

Selon les estimations, les recettes pétrolières devraient enregistrer une forte baisse, passant de 21.0 pour cent du PIB en 2008 à 12.4 pour cent en 2009 et en 2010. Le déficit budgétaire se creuserait davantage que prévu pour atteindre plus de 10 pour cent du PIB en 2009 et en 2010. L’endettement tant intérieur que vis-à-vis des institutions étrangères serait ainsi accentué. Les pouvoirs publics devraient rapidement et largement puiser dans le fonds ECPA d’un montant de 20.1 milliards USD à la fin de novembre 2008.

Le ratio dette/PIB intérieur a chuté de 21 pour cent en 2000 à environ 10.2 pour cent en 2008. Une proportion croissante de la dette intérieure est composée d’obligations à échéance plus longue, qui représentaient 58 pour cent de l’encours total de la dette intérieure à la fin de 2008. En conséquence, l’augmentation de l’endettement intérieur associé à l’important déficit budgétaire prévu en 2009 et 2010 devrait être gérable.

Politique budgétaire

La politique budgétaire du Nigeria repose sur la stratégie budgétaire à moyen terme (Medium-Term Fiscal Strategy [MTFS]) 2008-10, qui constitue une feuille de route pour la stabilité macro–économique. La MTFS est en phase avec la Stratégie nationale de maîtrise et de développement économiques (National Economic Empowerment and Development Strategy [NEEDS]), qui vise à faire reculer la pauvreté et dont il existe des équivalents aux niveaux étatique et locaux. Le Nigeria espère se hisser parmi les 20 premières économies mondiales à l’horizon 2020. Pour atteindre cet objectif, le gouvernement a mis en place un Programme en sept points. La stratégie NEEDS, le Programme en sept points et l‘initiative Vision 2020 visent en gros à promouvoir une croissance rapide et générale du PIB, à réduire la pauvreté, à créer des emplois, à garantir la stabilité macro–économique et à assurer la diversification de l’économie. Le Fonds monétaire international (FMI) apporte une assistance technique au service fédéral de perception des impôts (Federal Inland Revenue Service) et au bureau fédéral de comptabilité générale (Office of Accountant General of the Federation).

Les récentes réformes budgétaires, notamment la meilleure gestion des recettes pétrolières, qui représentent 80 pour cent des recettes totales, se sont traduites par une amélioration du budget. En 2004, le Nigeria a introduit une règle budgétaire qui prévoit le transfert de l’excédent des recettes pétrolières dans un compte spécial, l’ECPA (Excess Crude Proceeds Account). Le gouvernement puise dans cette source de financement en cas de baisse des cours pétroliers, ce qui s’est produit, ces derniers s’étant effondrés en juillet 2008.

Les recettes et les dépenses en pourcentage du PIB ont reculé en 2008, passant respectivement, selon les estimations, à 27.3 pour cent et 26.4 pour cent. L’excédent budgétaire a légèrement augmenté à 0.9 pour cent du PIB. La baisse des recettes traduit la chute de la production pétrolière, en partie compensée par la croissance des recettes non pétrolières, dopées par les améliorations apportées à la perception des impôts.

Selon les estimations, les recettes pétrolières devraient enregistrer une forte baisse, passant de 21.0 pour cent du PIB en 2008 à 12.4 pour cent en 2009 et en 2010. Le déficit budgétaire se creuserait davantage que prévu pour atteindre plus de 10 pour cent du PIB en 2009 et en 2010. L’endettement tant intérieur que vis-à-vis des institutions étrangères serait ainsi accentué. Les pouvoirs publics devraient rapidement et largement puiser dans le fonds ECPA d’un montant de 20.1 milliards USD à la fin de novembre 2008.

Le ratio dette/PIB intérieur a chuté de 21 pour cent en 2000 à environ 10.2 pour cent en 2008. Une proportion croissante de la dette intérieure est composée d’obligations à échéance plus longue, qui représentaient 58 pour cent de l’encours total de la dette intérieure à la fin de 2008. En conséquence, l’augmentation de l’endettement intérieur associé à l’important déficit budgétaire prévu en 2009 et 2010 devrait être gérable.

Tableau 2 - Opérations financiers de l'État

Politique monétaire

La masse monétaire M2 est passée d’une croissance de 30.9 pour cent en 2007 à 58.0 pour cent en 2008 (estimations). L’augmentation enregistrée en 2008 serait largement due à la hausse de 59.5 pour cent du crédit accordé au secteur privé, contre 161.6 pour cent en 2007. Pour l’instant, cette rapide expansion de la masse monétaire n’a pas entraîné de poussée en flèche de l’inflation et a coïncidé avec le relèvement des taux d’intérêt réels.

Pour compenser l’impact de la crise financière mondiale au Nigeria, la Banque centrale du Nigeria (Central Bank of Nigeria [CBN]) a abaissé son taux directeur de 50 points de base, le ramenant à 9.75 pour cent en septembre, afin de faciliter le crédit. Les réserves en espèces obligatoires ont également été réduites de 4 à 2 pour cent et le ratio de liquidité est passé de 40 à 30 pour cent. La CBN a aussi étendu les emprunts d’urgence de 12 heures à 360 jours et a diversifié les instruments financiers associés en y incluant les titres non gouvernementaux. La CBN semble compter sur le taux interbancaire nigérian (Nigerian Interbank Offered Rate [NIBOR]) pour contenir les principales pressions inflationnistes. Le NIBOR a augmenté de 13.0 pour cent fin juillet 2008 à 18 pour cent à la mi-septembre, avant de retomber à 14.2 fin septembre.

La CBN est parvenue à réduire l’inflation de 17.9 pour cent en 2005 à 8.2 pour cent en 2006, et à 5.4 pour cent en 2007. En 2008, l’inflation a enregistré une forte hausse, estimée à 11 pour cent, en raison de l’augmentation des prix des denrées alimentaires et de l’assouplissement de la politique monétaire pour faire face à la crise financière. L’inflation devrait se maintenir aux alentours de 10 pour cent en 2009 et en 2010.

La CBN se préoccupe du taux de change autant que de l’inflation. Après avoir fluctué dans une marge étroite par rapport au dollar américain jusqu’à la fin de 2008, le naira s’est déprécié. L’écart entre le taux de change officiel et le taux de change en vigueur sur le marché parallèle est tombé en dessous de 5 pour cent. Cet écart pourrait néanmoins se creuser davantage du fait de la grande instabilité des marchés financiers nigérians.

Position extérieure

Après s’être opposé à la proposition de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) visant à instaurer des tarifs douaniers extérieurs communs, dont le maximum serait fixé à 20 pour cent, le Nigeria a fini par accepter un taux de 35 pour cent sur la nouvelle « cinquième tranche » des tarifs. Le pays ayant aussi conservé une longue liste de marchandises dont l’importation est interdite, il est difficile d’évaluer l’impact qu’a eu la libéralisation sur la contrebande.

Les exportations de pétrole du Nigeria représentaient 92.3 pour cent des exportations totales en 2007. Malgré la hausse des cours, ces exportations ont chuté de 55.7 milliards USD en 2006 à 51.0 milliards USD en 2007 du fait de l’instabilité qui règne dans la région du delta du Niger. Les recettes pétrolières se sont élevées à environ 70 milliards USD grâce à la hausse des cours au premier semestre 2008, mais elles risquent de s’effondrer durant les prochaines années si les cours restent très inférieurs au niveau record atteint au milieu de 2008.

L’excédent de la balance commerciale a baissé à environ 14.5 pour cent du PIB en 2008. Il devrait se contracter davantage jusqu’à atteindre 4.4 pour cent en 2009, et ne se rétablir que légèrement à 4.6 pour cent en 2010 si les cours pétroliers restent nettement inférieurs aux pics atteints au début de 2008 et si la production demeure faible. Les comptes de produits liés aux services et aux investissements présentent un déficit structurel. Celui-ci devrait s’améliorer en 2010 en raison de la baisse des bénéfices des compagnies pétrolières internationales opérant au Nigeria. L’excédent des transferts courants devrait baisser de façon marginale à 1.6 pour cent du PIB en 2008, et se maintenir à ce niveau en 2009 et en 2010, reflétant le recul des envois de fonds des expatriés nigérians à cause du ralentissement économique mondial. L’excédent global des comptes courants devrait passer de 3.5 pour cent en 2007 à 3.2 pour cent du PIB en 2008 consécutivement à la baisse des cours pétroliers au deuxième semestre 2008. L’effondrement de ces cours devrait se poursuivre et creuser le déficit courant, qui devrait atteindre 9.1 pour cent du PIB en 2009. Ce déficit devrait s’améliorer légèrement et remonter à 6.4 pour cent du PIB en 2010, lorsque les cours du pétrole se seront en partie rétablis.

Le Nigeria est aujourd’hui le principal bénéficiaire des investissements directs étrangers (IDE) en Afrique subsaharienne, tant en termes de dollars que de pourcentage du PIB. D’autres pays émergents multiplient leurs investissements dans le pays, notamment la Russie et le Brésil. Les dernières tendances montrent une plus grande diversification des investissements dans les secteurs non pétroliers. La Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED) estime que les IDE ont augmenté au Nigeria de 5 milliards USD en 2005 à 14 milliards USD en 2006 (soit 9.4 pour cent du PIB) et se sont maintenus à un niveau élevé en 2007, soit 12.5 milliards USD (7.5 pour cent du PIB). Les IDE devraient rester importants au cours des prochaines années, en continuant à mettre l’accent sur la diversification dans les secteurs non pétroliers, notamment les infrastructures, et en réactivant le secteur pétrolier et du gaz naturel liquéfié.

Au milieu de 2008, avant l’effondrement des cours pétroliers, les réserves de devises du Nigeria s’élevaient à 67 milliards USD, soit l’équivalent de 10 mois d’importations environ, ce qui incitait les investisseurs à la confiance. Avec la chute des cours du pétrole, les réserves se sont contractées, tombant à 53 milliards USD à la fin de l’année.

Au cours des dernières années, la forte hausse des cours du pétrole a permis au pays d’apurer sa dette extérieure, la réduisant ainsi de 18.2 pour cent du PIB en 2005 à 1.7 pour cent en 2008. Cette tendance devrait se maintenir en 2009 et en 2010. En conséquence, le ratio des paiements au titre du service de la dette extérieure par rapport aux exportations a fortement chuté, passant de 31.8 pour cent en 2005 à 2.5 pour cent en 2008, selon les estimations. Ce ratio devrait augmenter légèrement à 2.9 pour cent en 2009 et à 3.1 pour cent en 2010 du fait du recul des exportations par rapport au PIB.

Tableau 3 - Comptes courants
Figure 3 - Part de l’encours de la dette extérieure dans le PIB et ratio du service de la dette sur les exportations

Questions structurelles

Développement du secteur privé

Dans le rapport 2009 Doing Business de la Banque mondiale recensant 180 pays, le Nigeria figurait au 118e rang. En 2007, il occupait le 108e rang, et le 114e en 2008. Il est en mauvaise place pour l‘obtention des permis de construire. En revanche, ses résultats sont satisfaisants en termes de flexibilité du marché du travail.

Dans le cadre du Programme en sept points et de sa stratégie NEEDS-2, les autorités font une priorité de l’expansion financière, en particulier du crédit aux micro, petites et moyennes entreprises. Le nombre des banques nigérianes a chuté de 89 en 2006 à 24 en 2008 à la suite d’une multiplication de fusions contrôlées par la CBN. Le minimum de capitaux requis a augmenté. Les restructurations ont notablement réduit la proportion des emprunts non productifs. La plupart des banques possèdent des liquidités, sont rentables et présentent un ratio capitaux/actifs de 18 pour cent en moyenne. L’explosion du marché immobilier nigérian a incité certaines banques à emprunter excessivement. Dans la mesure où les banques nigérianes ont un accès plus restreint aux lignes de crédit en dollar américain, elles ont dû faire appel à la CBN pour se procurer des devises.

Les banques nigérianes sont devenues des acteurs majeurs sur les marchés financiers mondiaux, créant des filiales et des succursales dans les pays de la CEDEAO, en Afrique méridionale (Zambie), en Afrique centrale (Congo, République démocratique du Congo [RDC]), en Europe et en Amérique du Nord. En 2008, Intercontinental Bank Plc a été désignée banque de l’année au Nigeria par les Banker Awards de Londres

Le marché boursier nigérian a enregistré une formidable croissance en 2007 et au début de 2008, avec un taux de rendement de 74.7 pour cent, chiffre nettement supérieur à celui réalisé en Afrique du Sud et au Ghana. Ce marché a toutefois dévissé au deuxième semestre 2008 consécutivement à l’effondrement des cours pétroliers et à l’extension au Nigeria de la crise financière mondiale. En janvier 2009, l’indice boursier du pays était tombé à 50 pour cent de la valeur record atteinte au début de 2008. On assure que les mesures prises par la commission de contrôle des marchés financiers (Securities and Exchange Commission [SEC]), la bourse nigériane (Nigerian Stock Exchange [NSE]) et la CBN en vue de maîtriser le boom ont accéléré la chute. Ces mesures de réglementation comprenaient l’imposition de restrictions sur les placements privés et les transactions hors marge, la politique d’harmonisation bancaire annuelle et une règle interdisant à toute entreprise d’émettre de nouvelles actions avant une année après sa cotation en bourse. Après l’effondrement du marché, la SEC et la CBN ont abandonné ces mesures, choisissant plutôt de baisser les coûts et d’assouplir la politique monétaire. La débâcle du marché a été éclipsée par l’impact de la crise financière mondiale et de l’effondrement spectaculaire des cours pétroliers mondiaux sur la balance des paiements et le solde budgétaire du Nigeria.

Autres développements récents

La réforme du secteur public au Nigeria est au point mort. Les programmes de privatisation de la production et de la distribution d’électricité, des bureaux de commercialisation, des oléoducs et gazoducs et des installations aéroportuaires accusent aussi du retard.

Les infrastructures en mauvais état et inadaptées, que la stratégie NEEDS espère rénover, sont un frein à la croissance économique au Nigeria. Les fréquentes coupures générales de courant entravent le fonctionnement des industries manufacturières. Le ministre des Finances a récemment annoncé que 40 à 60 milliards USD environ seraient nécessaires pour remettre en état les infrastructures au cours des six prochaines années. Le gouvernement recherche auprès du secteur privé, notamment dans le cadre de partenariats entre secteur privé et secteur public (Public-Private Partnerships [PPP]), les investissements nécessaires au financement de ces projets. Il a également mis en place une institution de réglementation des concessions des infrastructures (Infrastructure Concession Regulatory Institution).

La production d’électricité au Nigeria n’est pas performante et tombe parfois en dessous du seuil minimal en raison de dysfonctionnements techniques et du faible niveau des eaux. Le volume actuel de 6 300 mégawatts, dont 75 pour cent environ fonctionnent, est insuffisant par rapport aux 10 000 mégawatts nécessaires à une population de 150 millions d’habitants. Au milieu de 2008, la production d’électricité est passée de 3 850 MW/h à 2 500 MW/h en l’espace de trois mois. Ce recul était dû à la baisse du taux de remplissage des réservoirs d’eau alimentant les stations hydroélectriques ainsi qu’à la perturbation de l’alimentation en gaz des centrales électriques d’Egbin, du Delta et de Geregu.

Les autorités estiment qu’approximativement 5 milliards USD sont nécessaires pour relever le niveau de la production d’électricité actuelle à 6 000 mégawatts pendant les 18 prochains mois, et 80 milliards USD pour parvenir aux 10 000 mégawatts requis d’ici 2011. Entre-temps, le gouvernement prévoit de puiser 5 milliards NGN (soit environ 40 millions USD) dans le fonds ECPA pour effectuer les mises à niveau et les réparations les plus urgentes.

La commission de réglementation de l’électricité nigériane (Nigerian Electricity Regulatory Commission) a lancé sa nouvelle grille de tarifs en juillet 2008. Les pouvoirs publics subventionneront les prix à la consommation pendant les trois premières années. Le coût budgétaire de cette mesure est estimé à 177 milliards NGN et décroîtra progressivement. Les prix payés par les consommateurs compenseront ensuite cette dépense budgétaire. Un fonds d’assistance à la consommation d’électricité (Power Consumer Assistance Fund) sera créé pour aider les populations à faible revenu. En 2008, 64 milliards NGN sur un total de 177 milliards du budget supplémentaire ont été réservés à cette subvention. Il est prévu d’affecter à celle-ci 77 milliards NGN en 2009 et 36 milliards NGN en 2010.

Les projets de modernisation des réseaux de transports à travers le Nigeria sont gelés dans l’attente des demandes de réformes par les hauts fonctionnaires avant la signature de contrats. Il est prévu de privatiser le réseau ferré nigérian, qui est en piteux état, en vue d’améliorer ses services et ses bénéfices en octroyant des concessions de 30 ans à des compagnies privées. Les autorités prévoient également de remettre en état les lignes de chemin de fer existantes entre les ports maritimes du Nigeria et les entrepôts de conteneurs à l’intérieur du pays. Elles se sont engagées à achever la voie à écartement standard reliant Ajaokuta-Itakpe-Warri et s’étendant sur 19 kilomètres. Dans son offre de semi-privatisation des ports, le gouvernement a octroyé des concessions à des opérateurs privés et a lancé un appel d’offre pour huit ports, dont Bonny, Calabar, Koko, Port Harcourt et Sapele.

Le Nigeria est le premier producteur de pétrole africain. Son économie dépend principalement des secteurs pétrolier et gazier depuis le boom pétrolier des années 70. Il possède des réserves de pétrole qui dépassent 36 milliards de barils et on estime ses réserves de gaz naturel à plus de 100 trillions de pieds cubes. Malgré la forte croissance du secteur non pétrolier ces dernières années, la production de pétrole représente toujours près de 21.5 pour cent du PIB, 90 pour cent des exportations totales et environ 80 pour cent des recettes publiques. Le Nigeria n’a pas eu recours aux recettes pétrolières pour son développement en raison de sa mauvaise gestion et de sa mauvaise politique des dépenses publiques. Ces carences ont provoqué des troubles sociaux et compromis la production dans les régions riches en pétrole, comme le delta du Niger, où les populations locales n’ont pas profité du boom pétrolier. En conséquence, la production du pays a chuté en-deçà du quota fixé par l‘Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Début 2009, le pays exportait 0.9 million de barils par jour (bpj), soit à peine la moitié de son quota. Les exportations de pétrole nigérianes ont reculé de 1.89 million de barils par jour en 2003 à 1.78 million en 2006, pour tomber à 1.70 million en 2007.

Mis à part le projet de gazoduc ouest-africain (West African Gas Project [WAGP]) et le projet de gaz naturel liquéfié (GNL), la commercialisation du gaz n’a pas bénéficié de nombreux investissements. Le projet WAGP porte sur un gazoduc s’étendant sur 678 kilomètres et qui va de la région des réserves de gaz à Escravos, dans le delta du Niger, jusqu’au Bénin, au Togo et au Ghana. Il devrait permettre d’alimenter en gaz les centrales électriques et les industries des quatre pays d’Afrique de l’Ouest. Il constituerait le premier réseau de distribution de gaz naturel d’Afrique subsaharienne. Bien que ce projet mené par la CEDEAO soit prévu depuis 1982, sa mise en oeuvre n’a commencé qu’en 2005, après la signature en 2003 de l’accord lui donnant cadre légal. Ce gazoduc a été mis en service le 13 mai 2008 et devrait commencer à convoyer du gaz prochainement. Nigeria LNG Ltd appartient conjointement à Nigerian National Petroleum Corporation (49 pour cent), Shell (25.6 pour cent), Total LNG Nigeria Ltd (15 pour cent) et Eni (10.4 pour cent). Cette entreprise a été créée sous forme de société à responsabilité limitée le 17 mai 1989 afin d’exploiter la richesse des ressources en gaz naturel du Nigeria et produire du gaz naturel liquéfié et des liquides de gaz naturel en vue de leur exportation. Ces projets à eux seuls ne peuvent pas absorber les vastes ressources en gaz du Nigeria. L’absence d’investissements dans les infrastructures de traitement et de transport a ralenti l’élimination du brûlage à la torche.

En 2008, l’État a élaboré une nouvelle politique nationale sur le pétrole et le gaz en vue d’améliorer la gestion de ces deux ressources nationales conformément aux meilleures pratiques internationales. La Nigeria National Petroleum Corporation (NNPC) sera divisée en cinq organisations de manière à décentraliser les secteurs pétrolier et gazeux et optimiser leurs performances. Ces organisations seront les suivantes : National Petroleum Directorate, National Petroleum Company of Nigeria, Petroleum Inspectorate Commission, Petroleum Products Distribution Authority et National Oil and Gas Assets Holding and Management Services Company. La National Petroleum Company of Nigeria remplacera la NNPC actuelle par sept directions: Amont, Raffineries et pétrochimie, Marchés et investissements, Gaz et électricité, Ingéniérie et technologiee, Finances et comptabilité, Services généraux. La nouvelle entreprise fonctionnera comme une société commerciale à but lucratif, qui s’efforcera de recueillir des fonds et n’assumera plus de fonctions de réglementation ou de gestion des ressources nationales.

Pour atténuer l’impact de la crise alimentaire mondiale qui a éclaté début 2008, les autorités ont réservé 80 milliards NGN à un plan d’urgence pour l’importation de riz et le développement du secteur agricole. Bien qu’elles aient refusé de lever définitivement les droits de douane élevés sur les importations de riz, elles les ont suspendus momentanément le temps de remédier à la pénurie. Le gouvernement a également subventionné des denrées alimentaires et mis en place différentes mesures visant à développer l’agriculture. L’institut de recherche agricole, le National Roots Crops Research Institute, en collaboration avec le gouvernement fédéral, a encouragé l’augmentation de la production d’igname, qui est passée de 27 millions à 30 millions de tonnes. Malgré la baisse des prix mondiaux des denrées alimentaires au quatrième trimestre 2008, la réforme agricole à long terme au Nigeria reste un défi majeur.

L’entreprise privée Global Biofuels Ltd a installé dans l’État d’Ekiti une ferme de 20 hectares sur un terrain de 11 000 hectares en vue d’y cultiver du sorgho sucrier et de produire de l’éthanol. La société a également lancé la construction d’une raffinerie d’éthanol, dont le coût est estimé à environ 12.5 milliards NGN. Celle-ci devrait être prête à fonctionner en 2010 et sa capacité de production devrait s’établir à 1.5 million de litres.

Innovation et nouvelles technologies

Dans le classement mondial des marchés des télécommunications enregistrant la croissance la plus rapide, le Nigeria figure au huitième rang. Il est en tête du classement africain. Depuis 2000, le taux de croissance annuel moyen du nombre d’abonnés à la téléphonie fixe et mobile a été de 125 pour cent. Divers opérateurs ont enregistré une croissance mensuelle de 1.1 million d’abonnés. En octobre 2008, le secteur des télécommunications nigérian comptait 59 millions de lignes actives et présentait la télédensité la plus élevée d’Afrique, soit 42.3 pour cent.

Au Nigeria, plus de 90 pour cent des lignes téléphoniques utilisent la technologie GSM (Global System for Mobile Communications). Le pays compte six réseaux mobiles : MTN Nigeria, Globacom, Zain, Etisalat, M-tel et Visafone. En 2001, MTN, qui appartient au groupe leader africain MTN, est devenu le premier opérateur GSM du pays.

Deuxième opérateur national (Second National Operator [SNO]) au Nigeria Globacom, qui possède un segment mobile baptisé Glo Mobile, s’est introduit sur le marché en 2002. Zain a été fondé en 2000 par un groupe d’investisseurs institutionnels et privés et trois États. Etisalat, dernier entrant sur le marché GSM, est une entreprise nigériane créée par Mubadala Development Company et Etisalat des Émirats arabes unis. Mobile Telecommunications Limited (MTel), filiale mobile de l’opérateur national NITEL, était le premier réseau mobile du Nigeria, qui existait longtemps avant l’avènement de la technologie GSM. La Commission des communications nigériane (Nigerian Communications Commission [NCC]) lui a accordé une licence de service d’accès unifié en tant qu’opérateur de télécommunications en août 2007.

La couverture cellulaire est disponible dans à peine 20 pour cent du pays, principalement en zones urbaines. Sur 59 millions de téléphones mobiles actifs au Nigeria, à peine 13 millions sont utilisés en zones rurales, alors que 80 pour cent de la population vit dans ces régions. Pour combler cet écart, la NCC prévoit d’offrir des licences de téléphonie sans fil fixe aux populations résidant dans les zones sans couverture.

La NCC est responsable de la réglementation des télécommunications. Ce secteur a attiré plus de 12 milliards USD d’investissements entre janvier 2001 et octobre 2008. Entre 2006 et 2007 seulement, les investissements étrangers sont passés de 8.2 milliards USD à 11.5 milliards USD, soit une hausse de 41.1 pour cent. L’État a réalisé plus de 2.5 milliards USD de recettes sur les adjudications de spectre. Les droits de douane sur les importations et les taxes sur les entreprises de télécommunications constituent également une large part des recettes publiques.

La concurrence sur l’industrie du marché des télécommunications a entraîné la baisse du prix des services. En 2001, l’abonnement à une ligne GSM coûtait 20 000 NGN. À la fin de 2008, ce prix était quasiment tombé à zéro. Le tarif des appels sur le réseau GSM est passé de 50 NGN par minute en 2001 à moins de 25 NGN par minute en 2008.

Le Nigeria possède le marché de technologies de l’information et des communications (TIC) le plus concurrentiel d’Afrique, et les fournisseurs de services s’y livrent une lutte acharnée pour dégager leur part de marché. Garantir la qualité de service optimale reste un défi. La faible capacité des réseaux a empêché les opérateurs d’étendre leurs réseaux suffisamment vite pour satisfaire le nombre croissant d’abonnés. Par ailleurs, le mauvais état des infrastructures de télécommunications a ralenti le lancement rapide de ressources réseau, qui permettraient d’améliorer la qualité des services TIC.

Les pouvoirs publics ont mis en place le programme national d’éradication de la pauvreté (National Poverty Eradication Program) par le biais de son programme de communication en milieu rural (Rural Communication Program) afin de garantir aux populations rurales du Nigeria de ne jamais être à plus d’une journée de marche d’un téléphone. Dans les zones présentant une télédensité inférieure à 1 pour cent, la NCC a aussi proposé une nouvelle catégorie de licences pour les services de ligne fixe dans les zones de facturation à courte distance. Des investisseurs privés pourraient être séduits par cette option. La NCC compte sur le projet Wire Nigeria (WiN) et l’initiative State Accelerated Broadband Initiative (SABI) pour étendre l’accès haut débit dans l’ensemble.du pays Le projet WiN prévoit la mise en place d’un réseau central de fibre optique de haute capacité, tandis que l’initiative SABI vise à rendre l’infrastructure haut débit disponible dans les 36 États du pays, ainsi que dans les zones urbaines et semi-urbaines.

À la fin de 2007, le Nigeria comptait 117 fournisseurs de services Internet et 1.52 abonnés et 6.75 utilisateurs pour 100 habitants. En 2008, le prix moyen d’un accès Internet haut débit était compris entre 52.95 NGN chez Globacom et 35.56 NGN chez GS Telecom. Les TIC ont révolutionné les modes de travail, en en optimisant la rentabilité, en contribuant au développement des marchés financiers et en favorisant l’e-formation, notamment l’enseignement à distance et l’apprentissage ouvert. Les efforts déployés par les pouvoirs publics, les universités et les entreprises TIC locales et internationales en vue de développer les établissements pédagogiques semblent porter leurs fruits aujourd’hui. Malheureusement, la cyber criminalité pose un véritable défi au développement des TIC.

Contexte politique

Les troubles dans la région du delta du Niger reste un enjeu politique et économique majeur. Les miliciens, qui visent principalement les compagnies pétrolières étrangères, prennent régulièrement des otages et détruisent des propriétés. L’augmentation des attaques contre les compagnies pétrolières depuis la fin de 2005 a entraîné un recul de la production de pétrole du Nigeria de 20 pour cent. En 2008, le gouvernement a créé le ministère du Delta du Niger pour promouvoir la paix et le développement économique dans cette région. Il a également installé un comité chargé de mettre fin à la violence dans le delta du Niger. L’organisation de nouvelles élections a entraîné un regain de violence à Jos (État de Plateau), qui s’est soldée par des morts et la destruction de propriétés.

Le 26 février 2008, le tribunal des Référés pour l’élection présidentielle a confirmé la validité de l’élection du président Yar’Adua, un jugement à son tour confirmé par la Cour suprême plus tard la même année. Bien que les partis d’opposition aient contesté avec succès les résultats de certaines élections législatives et locales qui avaient été réorganisées, le Parti populaire démocratique (PDP) a remporté la plupart des nouvelles élections de 2008. Le gouvernement fédéral a réduit le nombre de ministères afin de faciliter l’élaboration et la mise en œuvre de ses politiques. Il a également procédé au remaniement des principaux ministères fédéraux et désigné de nouveaux hauts responsables militaires.

Le Nigeria est ravagé par la corruption depuis de très nombreuses années, bien que cette question ne soit vraiment prise au sérieux que depuis très récemment. La Commission contre les délits économiques et financiers (Economic and Financial Crimes Commission [EFCC]) a désigné Farida Mzamba Waziri, haut fonctionnaire de la police à la retraite, pour lutter contre la corruption. Dans son indice de perception de la corruption 2008, Transparency International classe le Nigeria au 121e rang sur 180 pays, en hausse de 26 places par rapport au classement 2007. Les travaux de l‘EFCC et les procès intentés à des hauts fonctionnaires expliquent cette amélioration du classement du Nigeria.

Contexte social et développement des ressources humaines

La grande richesse des ressources pétrolières du Nigeria et son dynamisme économique n’ont malheureusement pas profité au progrès social et au développement durable. Les indicateurs de développement humain révèlent que le pays n’a pas encore atteint les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Dans le Rapport sur le développement humain des Nations unies, l’indice de développement humain du Nigeria classe le pays au 154e rang sur 179 pays, en dessous de la moyenne des pays d’Afrique.

Quelques progrès ont été réalisés dans le secteur de la santé. La mortalité infantile a reculé de 140 pour mille dans les années 70 à 108.7 pour mille en 2008, mais elle reste supérieure à la moyenne du continent, qui est de 81.8 pour mille, et des pays en développement (57.3 pour mille). De même, le taux de mortalité pour mille naissances vivantes des enfants âgés de moins de cinq ans, qui représente 50 pour cent des décès en Afrique subsaharienne, a baissé de 265 à 186 pendant la même période. Ce chiffre est relativement élevé par rapport à la moyenne africaine et à celle des pays en développement, qui s’établissent respectivement à 134 et 80.8. L’espérance de vie est de 47.9 ans seulement, par rapport à 54.3 ans pour l’Afrique et 65.4 ans pour les pays en développement.

En 2007, 3.1 pour cent de la population âgée de 15 à 19 ans était atteinte du VIH/Sida, tandis que 615 sur 100 000 souffraient de tuberculose et étaient séropositives. En 2003, le paludisme frappait à peine 2 pour cent de la population. Au vu des statistiques les dépenses publiques de santé ne représentent que 4.1 pour cent du PIB, contre 4.6 pour cent pour la moyenne africaine et plus de 6.3 pour cent dans les pays en développement. Le petit nombre d’infrastructures sanitaires, et leur mauvaise qualité, posent aussi problème.

Le système éducatif nigérian manque de fonds. En 2004, les autorités éducatives fédérales ont annoncé des améliorations à la loi sur l’éducation universelle gratuite (Universal Basic Education Act) afin d’adapter l’enseignement de base aux besoins du pays. Le taux brut de scolarisation en primaire s‘élève approximativement à 92.5 pour cent, alors qu’il est de 96.4 pour cent en Afrique et 91 pour cent dans les pays en développement. Le taux brut de scolarisation en secondaire s’élève environ à 74.5 pour cent, contre à 44.5 pour cent en Afrique et 88 pour cent dans les pays en développement.

Quarante-sept et 30 pour cent de la population ont accès respectivement à l’eau et aux installations sanitaires. L’accès à l’eau et aux installations sanitaires de la population nigériane est inférieur à la moyenne des pays d’Afrique, qui s’établit respectivement à 63.6 pour cent et 37.3 pour cent. En revanche, l’accès des Nigérians aux installations sanitaires est supérieur à la moyenne africaine, qui est de 45.8 pour cent. Une enquête récente révèle que la part de la population vivant sous le seuil de pauvreté est passée de 70 pour cent en 2000 à 54.4 pour cent en 2004. La pauvreté en milieu rural est toujours supérieure à 63 pour cent. L’inégalité des revenus est plus grande en zone urbaine qu’en zone rurale, l’indice de Gini s’établissant respectivement à 0.554 et 0.529.

Statistiques pays


Statistic 20082007
Indicateurs de base   
Taux de croissance du PIB en volume (%) 6.16.2
Produit intérieur brut (USD million, prix courants) 216,755165,475
PIB par habitant ( USD courants) 1,4311,117
PIB par habitant (PPP) 2,085
Composition de la demande   
Consommation finale totale (% du PIB) 66.365.5
Consommation privée (% du PIB) 47.046.7
Consommation publique (% du PIB) 19.318.8
Formation brute de capital total (% du PIB) 24.524.0
Formation brute de capital privée (% du PIB) 16.316.0
Formation brute de capital publique (% du PIB) 8.28.0
Balance commerciale (% du PIB) 14.516.3
Exportations (f.o.b) 36.439.4
Importations (f.o.b) 21.923.1
Opérations financiers de l'État   
Recettes totals avec dons (% du PIB) 27.328.3
Recettes fiscales (% du PIB) 5.55.6
Dons (% du PIB) 0.00.0
Dépenses totales et prêts nets (% du PIB) 26.427.8
Dépenses totales et prêts nets (USD million) 5,716,4284,606,225
Dépenses courantes (% du PIB) 9.69.4
Salaires (% du PIB) 4.04.2
Intérêts des dettes publiques (% du PIB) 0.81.0
PIB par habitant ( USD courants) 1,4311,117
Dépenses en capital (% dépenses totales et prêts nets) 0.30.2
Solde primaire (% du PIB) 1.71.4
Solde global (% du PIB) 0.90.4
PIB monnaie locale (monnaie locale) 25,537,10920,818,065
Solde fiscal (% du PIB) 0.90.4
Solde fiscal (USD) 195,62772,332
Indicateurs monétaires   
Inflation (%) 11.05.4
Taux de change (monnaie locale/USD) 117.8125.8
Masse monétaire (milliards monnaie local) 7,398
Masse monétaire (% du PIB) 28.9
Réserves de change, or exclu. En fin d'année (USD million) 62,083
Réserves (Eq. mois d'importation) 15.7
Balance courante (USD million) 6,9175,873
Balance courante (% du PIB) 3.23.5
Indice de diversification 1.3
IDE entrées 12,454
IDE sorties 261
Flux d'aide   
APD nette totale, tous donneurs confondus (USD million) 2,042
APD nette totale, pays CAD (USD million) 1,385
APD nette totale, multilateral (USD million) 656
Indicateurs de la dette extérieure   
Dette extérieure totale (USD million) 3,654
Dette extérieure totale (% du PIB) 1.72.2
Service de la dette (en % des exportations de biens et services) 2.53.4
Remises des travailleurs (USD million) 3,329

Carte du pays

Grande carte de pays

Statistiques pays

Produit intérieur brut (USD million, prix courants): 216,755
PIB par habitant ( USD courants): 1,431
Balance commerciale (% du PIB): 14.5
Inflation (%): 11.0
Réserves (Eq. mois d'importation): 15.7

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