Cap-Vert
Vue d'ensemble
L’économie du Cap-Vert a été durement touchée par la crise financière mondiale. Le rythme de croissance de son produit intérieur brut (PIB) s’est contracté à 3.9 % en 2009, contre 5.9 % en 2008. La croissance a ralenti avec le recul du tourisme, du bâtiment et des travaux publics (BTP) et des investissements directs étranger (IDE). Mais, fin 2009, le tourisme et le BTP sont repartis à la hausse et les entrées d’IDE se sont stabilisées. Les envois de fonds des travailleurs expatriés sont restés quasiment constants, progressant même de 1.7 % en 2009.
Pour contrecarrer les conséquences de la crise, le gouvernement a accru son programme d’investissements publics de 45.5 %. L’investissement privé et public devrait progresser en 2010/11, alors que la croissance du PIB renouera avec son rythme de 2008. L’inflation a considérablement reflué en 2009, tombant à 2.2 %, contre 6.8 % en 2008. Elle devrait légèrement remonter en 2010/11 sous l’effet de la hausse des prix internationaux et des importations, avec la reprise du tourisme.
Le déficit budgétaire global s’est fortement creusé, passant de 1.1 % du PIB en 2008 à 6 % en 2009, et devrait rester substantiel en 2010, sans pour autant s’écarter de la cible fixée par l’instrument de soutien à la politique économique (ISPE) du Fonds monétaire international (FMI). Les réserves internationales demeurent supérieures à la cible de l’ISPE, le déficit étant entièrement financé par l’emprunt extérieur, pour l’essentiel à des conditions préférentielles. Le Cap-Vert a également bénéficié d’une allocation de droits de tirage spéciaux (DTS). Le soutien budgétaire accordé par les donneurs reste élevé, à 8.5 % du budget en 2009.
En 2008, le Cap-Vert avait été requalifié de la catégorie des pays les moins avancés (PMA) à celle des pays à revenu intermédiaire (PRI), selon la classification de l’Organisation des Nations Unies (ONU). La Banque africaine de développement (BafD), qui utilise la même classification, a pris en compte cette décision en 2009. Ce changement de statut oblige le Cap-Vert à transformer ses relations donneurs-bénéficiaires avec ses partenaires étrangers traditionnels en un cadre de coopération économique et à diversifier ses partenariats, en particulier avec les autres pays en développement. Les perspectives de financement à court terme sont positives. En décembre 2009, le FMI a achevé le septième examen de l’ISPE et approuvé la politique publique du pays : il s’agit d’un important signal pour les donneurs, les banques de développement et les marchés. En 2009, le Cap-Vert est parvenu à un accord portant sur de nombreux prêts à conditions préférentielles, auxquels il ne pourra plus prétendre après 2013.
Le reclassement du Cap-Vert soulève des problèmes à surmonter pour ce pays fortement tributaire de l’aide publique au développement (APD) et des prêts à conditions préférentielles. Il lui faudra mener de profondes réformes structurelles et réaliser des investissements massifs pour rendre son économie pérenne. Il ambitionne de devenir une plateforme internationale dans différents domaines : dans les transports, en raison de sa position stratégique entre l’Amérique, l’Europe et l’Afrique et de ses liaisons aériennes entre le Sénégal et la Guinée-Bissau : dans la délocalisation de services financiers et de technologies de l’information et de la communication (TIC) ; dans les services maritimes à travers ses ports et ses usines de transformation du poisson ; dans la culture, avec sa musique, ses festivals de théâtre, ses danses traditionnelles, et le patrimoine historique de la Cidade Velha, qui a été inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco en juin 2009. Le gouvernement s’est lancé dans un vaste programme d’investissements publics à moyen terme qui, dans le deuxième document de stratégie pour la croissance et la réduction de la pauvreté 2008-11 (DSCRP-II), prévoit de porter le budget de 16 milliards d’escudos capverdiens (CVE) en 2008 à 24 milliards en 2009 et à 31 milliards en 2010.
Les autorités capverdiennes encouragent le secteur privé en facilitant le processus de création d’entreprises et les procédures de règlement des impôts et taxes. Elles ont réduit la fiscalité directe pour les entreprises et mettront en place, à compter de 2010, une réduction des taxes sur les importations. Celles-ci diminueront progressivement jusqu’à devenir nulles en 2018, conformément aux recommandations de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Le Cap-Vert est très favorable à l’administration électronique et diversifie sa production énergétique en faveur des sources d’énergie renouvelables afin de réduire sa dépendance vis-à-vis du pétrole.
Bien que le pays ait réalisé des progrès en termes d’expansion des routes et des ports, du transport maritime et de la distribution de l’électricité, le principal obstacle au développement de son économie tient à la mauvaise qualité des infrastructures d’une île à l’autre et sur chaque île.
Le contexte politique et social du pays reste favorable. Le Cap-Vert a atteint un grand nombre d’objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) : le pourcentage de pauvres a été quasiment divisé par deux entre 1990 et 2007. Les efforts destinés à élaborer des plans coordonnés pour l’enseignement, l’emploi et la formation professionnelle cherchent à faire correspondre les formations avec les emplois à pourvoir et, partant, à faire baisser le chômage, qui avoisine 17.8 %. Chez les jeunes, il atteint le taux inquiétant de 31 %.
Figure 1 : Taux de croissance du PIB réel et PIB par habitant (USD en PPA à prix courants)
Tableau 1 : Indicateurs macro-économiques
| 2008 | 2009 | 2010 | 2011 | |
|---|---|---|---|---|
| Taux de croissance du PIB | 5.9 | 3.9 | 5.1 | 6.4 |
| Inflation IPC | 6.8 | 2.2 | 2.5 | 2.7 |
| Balance budgétaire % PIB | -1.1 | -6.0 | -9.5 | -9.3 |
| Balance courante % PIB | -11.7 | -12.0 | -10.2 | -11.0 |
Développements économiques récents et perspectives
Figure 2 : Ventilation sectorielle du PIB, 2008 (en pourcentage)
En 2009, le PIB en volume a affiché un rythme de croissance de 3.9 %, contre 5.9 % en 2008, après avoir culminé à 10.8 % en 2006. Le taux de croissance 2009 a pâti de la crise financière mondiale qui a touché le tourisme, le BTP et les entrées d’IDE. Mais le repli s’explique aussi, en partie, par une exécution des investissements publics inférieure aux prévisions en 2007 et par la cherté des denrées alimentaires et des carburants en 2007 et 2008. Cependant, l’expansion de 45.5 % du programme d’investissements publics a limité le repli en 2009.
En 2009, la production agricole a bénéficié de précipitations abondantes, et couvrait un tiers des besoins alimentaires nationaux, les deux tiers restant étant importés. Seuls 10 % des terres du Cap-Vert sont en effet cultivables, soit 48 000 hectares, dont l’essentiel sert déjà à la culture de blé, de céréales, de fruits, ainsi qu’à l’horticulture. Le secteur agricole entre pour moins de 10 % dans le PIB. Les pouvoirs publics ont proposé d’accroître la productivité en développant la production intensive, en adoptant la culture sous serre et en exploitant davantage les terrains situés dans les montagnes à l’intérieur des îles. Le plan national pour l’environnement 2004-14 (Pana-II), mis en œuvre grâce aux financements massifs apportés par les Pays-Bas, cherche à promouvoir l’agriculture en encourageant la désalinisation de l’eau et le reboisement des zones menacées de désertification.
Le 12 novembre 2009, le Cap-Vert a signé le Pacte régional sur les politiques agricoles dans la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Ce pacte de 900 millions de dollars (USD) a pour objectif de concevoir et de mettre en œuvre des stratégies de sécurité alimentaire afin de réaliser le premier objectif des OMD, c’est-à-dire réduire de moitié la pauvreté d’ici à 2015. C’est important pour le Cap-Vert qui souffre de déficit vivrier. Avant le pacte, il n’existait aucun programme structurel sur la sécurité alimentaire, seulement des allocations budgétaires ponctuelles. Le secteur de la pêche affiche un fort potentiel au Cap-Vert, mais sa petite taille et ses techniques de transformation dépassées l’empêchent de concurrencer les entreprises étrangères qui opèrent dans sa zone maritime. En outre, le Cap-Vert peine à contrôler les volumes pêchés par ces entreprises étrangères. En conséquence, il développe une pêche de subsistance. Ce secteur n’entre toujours que pour 1 % environ dans le PIB.
Fin 2008, le Cap-Vert était en négociations avec l’Espagne pour la reconstruction de l’installation de stockage à froid, Interbase, sur l’île de São Vicente, grâce à un don de 14 millions d’euros (EUR), mais aucun accord n’a encore été trouvé. La ville de Mindelo, également sur l’île de São Vicente, possède une petite usine de transformation de poisson, Cabnave, qui pourrait être transformée en plateforme pour les flottes chinoises dans l’Atlantique grâce à des investissements chinois. Le secteur peut aussi bénéficier du soutien d’entreprises espagnoles pour développer la mise en conserve de poisson. Les investissements réalisés dans le secteur ont permis de multiplier les exportations de poissons par trois en 2008.
Le Cap-Vert est une économie de services. En 2008, le BTP, le commerce, les transports et les communications, les services financiers et les services publics représentaient en effet 80.6 % du PIB. Parmi les services, le tourisme arrive nettement en tête et attire la plupart des entrées d’IDE, mais il s’est contracté de 13 % en 2009, après une croissance de 7.8 % en 2008. L’île de Sal a été la zone la plus touchée par cette contraction, mais aussi la première à présenter des signes de reprise fin 2009. Le BTP, étroitement lié au tourisme, a lui aussi donné des signes de rétablissement fin 2009.
Au cours des dix prochaines années, d’après les prévisions du Conseil mondial du voyage et du tourisme (World Travel and Tourism Council – WTTC), les recettes du tourisme progresseront de 7.9 % par an et ce secteur emploiera 5.3 % de la population active au Cap-Vert. Le secteur doit toutefois remédier à des problèmes considérables. En effet, le tourisme reste concentré dans de vastes complexes hôteliers et les biens de consommation courante sont en grande partie importés. Les retombées pour la population sont limitées par la mauvaise qualité de l’infrastructure.
Le tourisme au Cap-Vert est largement tributaire de la situation économique en Europe. Pour réduire les risques inhérents, les autorités encouragent la diversification des pays d’origine. Il encourage aussi le tourisme haut de gamme, avec le soutien d’entreprises espagnoles situées aux Canaries, tout en limitant l’expansion immobilière afin d’éviter le tourisme de masse qui caractérise l’île de Sal. Les autorités capverdiennes souhaitent développer l’écotourisme sur les îles de Fogo, São Antonio et São Tiago.
Le ralentissement de la croissance en 2009 s’explique par la réduction de la demande extérieure et intérieure. Les exportations et l’investissement privé ont diminué en 2009, ce qui a pesé que la croissance du PIB. Les autorités nationales ont répondu au ralentissement en augmentant l’investissement public de l’ordre de 45.5 % et la consommation publique de 8 %. L’investissement public devrait afficher une croissance de 20 % en 2010.
La consommation privée a commencé à repartir en 2009, se rapprochant du niveau de 2007, sous l’effet du reflux de l’inflation, d’améliorations sur le marché du travail et de l’accès au crédit, ainsi que de l’expansion du programme d’investissements publics. La stabilisation des IDE et le redémarrage de plusieurs chantiers de construction, grâce à la reprise du tourisme, ont également contribué à la croissance de la consommation privée. L’investissement privé devrait suivre une tendance haussière en 2010.
La croissance en volume des exportations de services s’est fortement contractée en 2009 en raison de la situation économique mondiale. Elle devrait reprendre en 2010, et afficher un taux supérieur à celui de 2008, mais plus faible qu’en 2007. La croissance des importations a été plus forte sur l’année sous l’effet de la remontée du tourisme au dernier trimestre et, partant, de la demande, une tendance positive qui devrait se poursuivre en 2010.
Tableau 2 : Composantes de la demande
| 2001 | 2008 | 2009 | 2010 | 2011 | |
|---|---|---|---|---|---|
| Formation brute de capital | 31.7 | 48.2 | 2.7 | 5.4 | 5.2 |
| Formation brute de capital - Publique | 3.5 | 7.4 | 3.5 | 2.2 | 0.6 |
| Formation brute de capital - Privée | 28.1 | 40.8 | -0.9 | 3.2 | 4.6 |
| Consommation finale | 105.4 | 91.0 | 6.7 | 3.3 | 4.6 |
| Consommation finale - Publique | 17.3 | 18.9 | 1.3 | 0.0 | -0.0 |
| Consommation finale - Privée | 88.2 | 72.0 | 5.4 | 3.3 | 4.6 |
| Solde extérieur | -37.1 | -39.1 | -5.5 | -3.6 | -3.4 |
| Secteur externe - Exportations | 18.9 | 16.6 | -2.4 | 1.2 | 1.9 |
| Secteur externe - Importations | -56.0 | -55.8 | -3.0 | -4.9 | -5.3 |
| Taux de croissance du PIB, en volume | - | - | 3.9 | 5.1 | 6.4 |
Politiques macro-économiques
Politique budgétaire
Le cadre de dépenses à moyen terme (CDMT) pour 2008/10 est fixé en fonction des priorités identifiées dans le DSCRP-II 2008/11 et soutenu par l’ISPE 2006-09 du FMI, qui a été étendu à 2010. En 2010, les autorités nationales négocieront un nouvel ISPE pour 2011-2013.
La crise a durement affecté les recettes budgétaires en 2009 du fait de la contraction des flux d’IDE. Les recettes fiscales se sont repliées de 2 %, à la suite du recul des bénéfices des entreprises et des ventes de terrains. En conséquence, certaines dépenses publiques, telles que celles liées à l’embauche de personnel, ont été temporairement réduites ou suspendues. Cependant, les autorités ont poursuivi leur politique expansionniste, relevant les dépenses totales de 15.5 % en 2009.
La population a beaucoup souffert en 2008 du renchérissement des denrées alimentaires et des carburants. Si les prix des carburants ont été alignés sur les prix à l’importation, l’État a temporairement subventionné l’électricité et l’eau (environ 0.2 % du PIB en 2008) afin de protéger les plus défavorisés grâce à une grille tarifaire ajustée à cet objectif. Les autres mesures qui ont accru les dépenses en 2009 visaient à améliorer le pouvoir d’achat des familles. Ainsi, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur les céréales a été supprimée et le montant de la retraite minimum relevé de plus d’un quart en 2009. Cette même année, l’État a également soutenu la compétitivité des entreprises en réduisant les taxes à l’importation et la fiscalité directe de dix points de pourcentage.
Le déficit budgétaire devrait se creuser en 2010, avant les élections législatives de janvier 2011 et la présidentielle de février 2011. En particulier, les dépenses d’investissement devraient largement progresser : expansion des capacités portuaires, production d’électricité et construction de routes sur Brava, Boa Vista et Santiago, édification de trois barrages. Par ailleurs, les dépenses courantes devraient refluer avec le repli des dépenses relatives aux traitements des fonctionnaires et le gel des embauches dans le secteur public. De plus, les recettes devraient reculer en 2010 du fait de baisses d’impôts modérées. En 2011, le déficit budgétaire se tassera légèrement avec le ralentissement des dépenses publiques.
Les déficits substantiels de 2009 et de 2010 sont intégralement financés par l’emprunt extérieur, ce qui limite l’incidence sur les réserves. En 2009, l’exécution du budget a été très élevée (99 %), dépassant celle de 2008 (93 %). Le gouvernement s’est lancé dans un vaste programme d’investissements publics, portant le budget du DSCRP-II de 16 milliards CPV en 2008 à 24 milliards en 2009, et à 31 milliards en 2010.
En 2009, l’endettement total du Cap-Vert s’est accru, passant à 4.7 % du PIB, ce que l’on peut attribuer à une augmentation substantielle de l’endettement intérieur pour financer un déficit budgétaire qui se creuse. Grâce à la prudence dont a fait montre le gouvernement dans la gestion des finances publiques, il existe un espace budgétaire pour supporter cette augmentation sans nuire à la solvabilité du pays. En 2010, la perspective des élections de 2011 risque de faire peser des pressions supplémentaires sur les dépenses budgétaires.
Tableau 3: Opérations financières de l'État (en pourcentage du PIB)
| 2001 | 2006 | 2007 | 2008 | 2009 | 2010 | 2011 | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Recettes totales (avec dons) | 26.9 | 29.1 | 28.9 | 29.9 | 30.3 | 28.2 | 26.6 |
| Recettes fiscales | 18.7 | 21.6 | 21.9 | 22.6 | 22.0 | 21.9 | 21.8 |
| Recettes pétrolières | 0.0 | 0.0 | 0.0 | 0.0 | 0.0 | 0.0 | 0.0 |
| Dons | 5.9 | 5.5 | 4.6 | 4.9 | 5.9 | 4.0 | 2.5 |
| Autres revenus | 2.2 | 2.0 | 2.4 | 2.4 | 2.3 | 2.3 | 2.3 |
| Dépenses totales (et prêts nets) (a) | 32.3 | 33.9 | 29.8 | 31.1 | 36.3 | 37.8 | 35.8 |
| Dépenses courantes | 21.3 | 21.8 | 19.4 | 18.6 | 20.0 | 19.1 | 17.8 |
| Sans les intérêts | 19.3 | 20.0 | 17.9 | 17.2 | 18.3 | 17.4 | 16.1 |
| Salaires | 9.5 | 10.9 | 10.4 | 10.3 | 11.0 | 10.8 | 9.9 |
| Biens et services | 0.8 | 1.1 | 1.5 | 1.6 | 1.6 | 1.5 | 1.4 |
| Intérêts | 2.0 | 1.8 | 1.6 | 1.5 | 1.7 | 1.7 | 1.7 |
| Dépenses en Capital | 10.6 | 11.8 | 10.1 | 12.4 | 16.5 | 18.7 | 18.3 |
| Solde primaire | -3.4 | -3.0 | 0.6 | 0.3 | -4.3 | -7.8 | -7.5 |
| Solde global | -5.4 | -4.8 | -0.9 | -1.1 | -6.0 | -9.5 | -9.3 |
Politique monétaire
On s'attend à ce que la Banque centrale du Cap-Vert (Banco de Cabo Verde – BCV) maintienne le rattachement de l’escudo à l’euro. La chute de l’IDE et du tourisme en 2009 a fait baisser les réserves et mis sous pression ce rattachement monétaire. Le repli des réserves a toutefois été couvert par une allocation de droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI à la mi-2009. Dès la fin de 2008, la BCV avait déjà relevé son taux d’intérêt afin d’attirer une plus grande proportion de dépôts de la diaspora. Le relèvement du taux d’intérêt a maintenu le différentiel nécessaire par rapport à l’Euribor. La BCV entend conserver des taux relativement élevés en 2010 jusqu’à la reprise de l’économie.
La plupart des prêts au Cap-Vert sont libellés en dollars et la dépréciation de la monnaie des États-Unis entre 2006 et 2008 a réduit le service de la dette de 2 millions CVE. Les autorités nationales négocient avec différents partenaires pour réduire le risque de change associé au service de la dette. Les prêts en dollars se termineront en 2013.
En 2009, le taux d’inflation s’est établi à 2.3 %, en baisse par rapport aux 6.7 % de 2008, sous l’effet de la baisse des prix des denrées alimentaires et des carburants, ainsi que du tourisme. Des précipitations abondantes et une augmentation substantielle des zones irriguées y ont aussi contribué. L’inflation devrait progresser légèrement en 2010/11, en raison du renchérissement des produits de base et des carburants et d’une activité économique plus robuste.
Position extérieure
La balance des comptes courants du Cap-Vert est structurellement négative en raison de la forte dépendance du pays vis-à-vis des importations de biens manufacturés et de denrées alimentaires. Parmi les raisons de cette légère dégradation en 2009 figurent également le repli du tourisme et de l’IDE, ainsi qu’un niveau élevé d’investissements publics dans les infrastructures. Cette baisse a été compensée par une nette expansion des dons et des envois de fonds des travailleurs expatriés. Ces envois, qui représentent environ 9 % du PIB, ont progressé de 1.7 % au troisième trimestre 2009. La plupart des fonds envoyés proviennent du Portugal, de France et des États-Unis, où se concentre l’essentiel du million de Cap-Verdiens établis à l’étranger, qui sont deux fois plus nombreux que la population actuelle du pays.
Le compte courant s’améliorera en 2010/11 avec la reprise du tourisme et l’essor des exportations, notamment la réexportation de carburants. Le poisson, le textile et la chaussure continuent de prédominer dans les exportations, celles de poissons ayant été multipliées par trois en 2007/08 pour atteindre 60 % du total. Cela étant, les exportations de marchandises contribuent de façon marginale au compte courant (à peine 2.7 % du PIB en 2009).
Les relations commerciales avec l’Union européenne (UE), principal partenaire commercial du Cap-Vert, s’améliorent. En 2008, les exportations en direction de l’UE représentaient 88.5 % du total, et les importations depuis l’UE 80.6 %. Le Portugal demeure le partenaire commercial le plus important, avec 43.3 % des exportations et 45.6 % des importations en 2008. Le commerce avec les autres pays africains reste faible : seulement 8.7 % des exportations et 2.7 % des importations en 2008.
Les réserves internationales ont progressé de 8.5 %, à 278.5 millions EUR en 2008, soit l’équivalent de 4.1 mois d’importations. En 2009, elles se sont toutefois contractées durant le premier semestre, pour ne plus représenter que 3 mois d’importations. À la suite d’une allocation de DTS, elles sont à nouveau remontées fin 2009 et devraient rester stables, se situant entre 3,5 et 4 mois d’importations, jusqu’en 2012.
En 2009, le Cap-Vert restait tributaire des flux d'aide publique au développement (APD). Les dons ont progressé, passant de 69.2 millions USD en 2007 à 84.5 millions en 2008 et à 94.5 millions en 2009. Ils devraient retomber à 69.6 millions USD en 2010. Les principaux créanciers multilatéraux du pays sont la Banque mondiale et la BafD, auxquelles le Cap-Vert devait, en 2009, respectivement 331.8 millions et 151.1 millions USD. Le Portugal est de loin le principal créancier bilatéral, l’encours de la dette qui lui est due se chiffrant à 89.3 millions USD en 2009.
Le reclassement du Cap-Vert en PRI incite les autorités nationales à chercher activement à obtenir des prêts à des conditions de faveur, car elles n’y auront plus accès à compter de 2013. En 2009, le Cap-Vert a ainsi signé plusieurs de ces prêt avec la BafD (10 millions USD), le Portugal (8 millions USD), la Chine (9.1 millions USD) et le Japon (1.49 million USD). Le Cap-Vert s’efforce aussi de diversifier ses partenaires économiques en favorisant la coopération Sud-Sud avec l’Inde, l’Égypte, le Maroc et l’Argentine.
La part de la dette totale dans le PIB est restée à peu près constante, à 57.2 % en 2008 et 56.5 % en 2009, après une baisse qui l’avait ramenée de 71.2 % en 2001 à 62.3 % en 2007. La dette extérieure dans le PIB est, elle aussi, restée constante, à 38 % en 2009 après 38.1 % en 2008.
Malgré la crise, l’État a continué d’honorer dans les délais ses obligations au titre du service de sa dette. La dette extérieure est essentiellement à long terme, avec une échéance moyenne de 26 ans et un taux d’intérêt moyen de 1.82 %. Le volume des prêts commerciaux dans le portefeuille de l’État est très faible (2 %). Ces prêts ont essentiellement été obtenus auprès de banques portugaises, comme Banco Espíritu Santos et Caixa Géral Depósito. En 2009, l’encours de la dette auprès du secteur privé se chiffrait à 11.9 millions, en baisse par rapport aux 14.8 millions de 2008.
À la suite de la crise du crédit sur les marchés internationaux, les entrées d’IDE ont fortement diminué en 2008, progressant au rythme de 4 %, contre 33 % en 2007. En 2009, la chute des flux d’IDE a été spectaculaire : moins 44 %, principalement du fait du recul du BTP. Quasiment tous les projets ont été arrêtés, à l’exception de celui portant sur un grand complexe hôtelier détenu par le groupe RIO à Boa Vista. Fin 2009, les flux d’IDE se sont stabilisés et des signes de reprise ont été observés dans le BTP.
Le 23 juillet 2008, le Cap-Vert est devenu le 153e membre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Le 12 mai 2009, le Conseil du commerce des marchandises de l’OMC a accédé à la demande du Cap-Vert en lui accordant une dérogation lui permettant de repousser jusqu’au 1er janvier 2010 la mise à exécution de son engagement à libéraliser ses droits de douane. Le Cap-Vert avait en effet demandé cette dérogation en raison des conséquences de la crise économique mondiale sur le niveau des rentrés des droits de douane. L’adhésion à l’OMC n’offre pas de possibilités commerciales importantes pour le Cap-Vert car ce dernier exporte principalement des services. Il dispose déjà d’un accès préférentiel aux marchés américains et européens par le biais de la loi sur la croissance et les opportunités économiques en Afrique (Agoa) et de l’accord de Cotonou.
Le Cap-Vert a signé avec l’UE un accord de partenariat pour 2007-12, qui prévoit une contribution financière de 385 000 EUR destinée à soutenir sa politique de pêche. Cet accord autorise les navires communautaires, venant principalement d'Espagne, du Portugal et de France, à pêcher dans les eaux du Cap-Vert. Il fait partie du réseau d'accords sur la pêche au thon couvrant l'Afrique de l'Ouest.
Après la conclusion d’accords provisoires avec le Ghana et la Côte d’Ivoire, des négociations ont eu lieu en 2008 et 2009 en vue d’un accord de partenariat économique (APE) régional entre l’UE et la Cedeao, mais elles n’ont pas abouti. L’élaboration d’une liste régionale de produits sensibles et de règles d’origine s’est révélée difficile. Elle a toutefois progressé lors des négociations qui se sont tenues, respectivement, les 4 et 5 août 2008 à Dakar et du 8 au 11 juillet 2009 à Cotonou. Parmi les questions à régler figurent l’adoption d’un tarif extérieur commun pour la Cedeao et le commerce des services.
Le Cap-Vert souhaiterait voir les services inclus dans l’APE car son économie est orientée sur le secteur tertiaire. Le niveau du tarif commun pose un problème particulier pour le Cap-Vert : il risque en effet d’induire des pertes budgétaires significatives. Le Cap-Vert se verrait ainsi imposer une taxe de 0.5 % sur tous les biens et services importés depuis les pays hors Cedeao.
La région Cedeao est en train d’élaborer un programme de développement pour l’APE (Paped) afin de répondre aux besoins de développement qui émanent de cet accord. Le Paped vise à analyser les moyens de compenser la perte de recettes en instaurant d’autres mécanismes douaniers, en adaptant la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et en développant les infrastructures.
Tableau 4 : Comptes courants (en pourcentage du PIB)
| 2001 | 2006 | 2007 | 2008 | 2009 | 2010 | 2011 | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Balance commerciale | -36.9 | -43.0 | -47.2 | -44.7 | -41.9 | -42.2 | -42.2 |
| Exportations de biens (f.o.b.) | 4.2 | 3.5 | 2.2 | 2.9 | 2.7 | 2.5 | 2.3 |
| Importations de biens (f.o.b.) | 41.1 | 46.5 | 49.4 | 47.5 | 44.7 | 44.7 | 44.6 |
| Services | 4.3 | 13.1 | 16.7 | 17.3 | 15.5 | 20.8 | 21.8 |
| Revenu des facteurs | -1.1 | -3.7 | -1.8 | -2.7 | -3.1 | -3.5 | -4.0 |
| Transferts courants | 23.0 | 24.2 | 20.6 | 18.4 | 17.6 | 14.6 | 13.4 |
| Solde des comptes courants | -10.7 | -9.5 | -11.7 | -11.7 | -12.0 | -10.2 | -11.0 |
Figure 3 : Part de l’encours de la dette extérieure dans le PIB et ratio du service de la dette sur les exportations (en pourcentage)
Questions structurelles
Développement du secteur privé
Selon l’édition 2010 du rapport Doing Business de la Banque mondiale, l’environnement des affaires au Cap-Vert reste stable, le pays étant classé à la 146e place. Si la création d’entreprise et le paiement des impôts et taxes ont gagné en rapidité et en facilité, grâce aux initiatives en faveur de l’administration en ligne prises par le Groupe opérationnel pour promouvoir la société de l’information (Núcleo Operacional de la Sociedad de la Información – Nosi), d’autres aspects posent toujours problème. En particulier, le Cap-Vert est classé à la 183e et dernière position pour ce qui est de la fermeture d’une entreprise. Il partage cette 183e place avec 26 autres pays n’ayant ni législation efficace ni information sur les faillites. En outre, si l’on veut permettre au secteur privé de se développer, il est impératif de poursuivre les efforts visant à faciliter l’accès à la terre.
L’agence pour le développement des entreprises et l’innovation (Agência para o Desenvolvimento Empresarial e Inovação – ADEI), créée en mai 2009, vise à aider les petits entrepreneurs à élaborer des plans d’activité solides et à faciliter leur accès au crédit. Une nouvelle banque, Novo Banco, et un organisme d’aide au financement mutuel doivent être créés en 2010, dans le but de rendre plus aisé l’accès aux moyens de financement. Le microcrédit présente un important potentiel, mais il reste sous-développé (75.5 % des chômeurs ne savent pas que des organismes de microcrédit existent et ce secteur ne compte actuellement que 50 000 clients).
Étant peu intégré aux marchés des capitaux internationaux et disposant de règles prudentielles, le système financier du Cap-Vert résiste bien à la crise internationale, Le faible niveau de liquidités de ses places boursières limite l’utilisation d’instruments financiers novateurs, ce qui a protégé le pays de la crise mondiale. Si celle-ci a durement frappé le secteur du BTP en 2009 c’est qu’il n’est en général pas financé par les banques locales du Cap-Vert.
Le financement à long terme passe principalement par les IDE et les préventes, en particulier dans l’immobilier. En effet, les banques locales ne peuvent pas financer un projet au-delà de 25 % de leurs fonds propres. Cependant, cette contrainte légale sera moins pesante car, en 2009, les deux banques les plus importantes ont étoffé leurs fonds propres via le marché boursier. La Bourse du Cap-Vert se développe de façon régulière et fournit 94 % du crédit privé. Depuis janvier 2010, le Cap-Vert applique les normes comptables internationales (IFRS).
Autres développements récents
Le programme de réforme de l’État préconise une approche intégrée pour tous les services de l’administration dans le but de consolider la démocratie, de renforcer les droits des citoyens, de moderniser et de décentraliser la fonction publique, d’améliorer le fonctionnement de l’État et d’accroître la transparence. En 2009, 8.58 % du budget national ont été alloués à la mise en œuvre de ce programme.
La centralisation de l’information et la décentralisation de la gestion des affaires publiques enregistrent des progrès impressionnants grâces aux initiatives du Nosi. Avec un guichet unique, les entreprises et les ménages peuvent gérer tous les aspects de leurs relations avec l’État : enregistrements, certificats, impôts et taxes, licences, élections, soins de santé, éducation, protection sociale. Ce guichet est accessible non seulement à la Maison des citoyens (Casa do Cidadão), mais aussi sur les téléphones mobiles et une plateforme web (environ 25 000 comptes enregistrés).
Un prêt à des conditions de faveur accordé par la Chine finance un projet de développement de la gouvernance électronique visant à renforcer la connectivité et à l’étendre à toutes les îles, ainsi qu’à encourager l’éducation et la santé sur supports électroniques. La première phase (17 millions USD) finance en partie la participation de l’entreprise chinoise Huawei, fournisseur d’équipements de réseaux et de télécommunications. Une deuxième phase (13 millions USD) est en cours de négociation.
Outre la modernisation de son administration publique, le Cap-Vert a investi 47 % de son budget 2009 dans les infrastructures. L’amélioration du réseau routier et de la distribution d’électricité, de même que la modernisation des ports et du transport maritime sont au cœur du programme d’investissements publics 2010. Le transport subventionné de voyageurs et de marchandises d’une île à l’autre reste lent et peu fiable, mais une nouvelle société, la Cabo Verde Fast Ferry, devrait commencer à opérer en juin 2010.
Si le prix du pétrole est plafonné depuis août 2009, la structure oligopolistique du marché facilite la coordination des prix, et ceux du pétrole n’ont donc pas baissé. Les efforts déployés par le Cap-Vert pour renforcer sa production énergétique suivent une stratégie de centralisation de la production au niveau des îles, avec une seule centrale thermique sur chaque île, et de renforcement de la fiabilité de l’accès à l’électricité. Un programme de restructuration destiné à améliorer son efficacité et à limiter les pertes de l’entreprise nationale Electra est à l’étude avec le soutien de la Banque mondiale, dont le but, in fine, est la privatisation. Praia, la capitale, devrait bénéficier, d’ici fin 2011, de deux nouvelles centrales d’une capacité de 10 mégawatts (MW) chacune. Elles s’ajouteront aux quatre qui produisent actuellement 26 MW au total.
Une ligne de crédit de 100 millions EUR accordée par le Portugal est destinée à réduire la dépendance énergétique du pays vis-à-vis du pétrole. Une centrale photovoltaïque de 5 MW, avec une capacité de secours en énergie thermique, devrait entrer en service sur les îles de Saõ Tiago et de Sal d’ici la mi-2010. En outre, une nouvelle ferme d’éoliennes devrait produire 28 MW d’ici la fin de 2010, qui viendront s’ajouter aux 27 MW déjà produits par les trois fermes éoliennes existantes. À Praia, les énergies renouvelables devraient représenter 25 % de la production d’énergie en 2011 et 50 % en 2015.
Le réseau énergétique national a été rénové et étendu, permettant une diminution des pertes techniques et des vols d’électricité. L’accès à l’électricité s’est nettement amélioré, passant de 49.5 % des ménages en 2000 à 73.6 % en 2007, en particulier dans les zones urbaines (89.8 %). Un programme d’électrification rurale de 5 millions EUR et concernant 10 000 personnes supplémentaires (28.6 % de la population rurale s’éclaire à la bougie) est en cours de mise en œuvre et vise à porter le taux de pénétration à 95 % d’ici la fin de 2010. La construction d’un réseau à haute tension de 60 kilowatts (KW) à Praia a longtemps été repoussée, mais elle est désormais en cours. De plus, un projet d’électricité prépayée est en phase d’expérimentation.
Le secteur des télécommunications évolue rapidement. Le Cap-Vert ambitionne d’être relié, d’ici à 2011, au réseau international via deux câbles, Atlantis 2 et WACS, afin de répartir les risques de coupure accidentelle des câbles sous-marins à fibre optique. Le taux de pénétration de la téléphonie fixe s’est légèrement accru, passant de 13.8 à 15 % en 2009, tandis que celui de la téléphonie mobile atteint 65 %. En 2011 ou 2012, le pays devrait investir dans l’infrastructure de réseau à fibre optique, 3G et WiMAX. L’accès à Internet s’est déjà amélioré, mais il pourrait progresser encore lorsque l’accès Internet haut débit sera inclus dans la loi sur le service universel.
La disponibilité de l’eau constitue un problème persistant au Cap-Vert, en particulier sur l’île de Saõ Tiago. Depuis mai 2009, deux désalinisateurs produisent 7 400 m3 d’eau par jour pour la consommation de la capitale. On est encore loin des 50 litres minimum nécessaires par personne selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), mais un désalinisateur supplémentaire devrait produire 5 000 m3 d’ici la fin de 2010, portant la fourniture d’eau à 80 litres par personne. L’eau souterraine ne servira alors plus qu’à l’irrigation.
Quelque 6.61 % du budget 2009 ont été alloués à des programmes de modernisation et d’encouragement à l’esprit d’entreprise dans le secteur agricole, dans le cadre des efforts déployés par les autorités nationales pour diversifier l’économie. Ainsi, l’accès au crédit a été facilité pour les agriculteurs qui investissent dans des systèmes d’irrigation au goutte à goutte. La pêche présente elle aussi un potentiel, mais elle reste essentiellement une activité de subsistance et seuls 0.9 % du budget 2009 y ont été investis.
Le tourisme n’entrait que pour 0.8 % dans le budget 2009, qui a notamment financé les projets suivants : un observatoire du tourisme, un système d’information pour rassembler des données sur les établissements et les activités, l’élaboration d’une marque touristique pour le pays, ainsi que d’autres initiatives visant à diversifier et améliorer le tourisme.
Mobilisation des ressources publiques
Les recettes fiscales ont progressé au cours des dix dernières années. Le produit des impôts directs a plus que doublé et le produit des impôts indirects était en 2009 environ six fois plus élevé qu’en 2000. À elles seules, les recettes de la fiscalité indirecte représentent près de la moitié du total des rentrées fiscales de 2009. Elles sont néanmoins en repli par rapport à 2008, probablement parce que les entreprises cherchent autant que possible à conserver des liquidités et à retarder leurs paiements de la TVA.
Les recettes issues des taxes sur les échanges se sont accrues de 30 % au cours des dix dernières années. Elles s’étaient toutefois considérablement réduites en 2004 sous l’effet du remplacement par la TVA de diverses taxes sur les échanges. Si l’on tient compte de toutes les catégories de recettes fiscales, on ne constate toutefois aucune perte, car les gains sur la TVA cette année-là ont été supérieurs à la perte de recettes sur les taxes sur les échanges.
Dans l’ensemble, les recettes non fiscales ont plus que doublé en valeur absolue par rapport à 2000, même si elles n’ont pas suivi une trajectoire ascendante sur l’ensemble de la période. Elles représentaient autrefois environ 30 % du total des recettes et les dons y prédominaient traditionnellement. Cependant, avec le reclassement du Cap-Vert en PRI on s’attend à une baisse des dons, qui devraient devenir minoritaires dans les recettes non fiscales à compter de 2010.
Le code des impôts actuel date de 1996 et ne peut être révisé que par une majorité parlementaire des deux tiers. Les deux principaux partis conviennent qu’une majorité simple devrait suffire, ce qui permettrait de faire voter les réformes plus facilement. Avec l’aide du FMI, une nouvelle législation fiscale conforme au système de comptabilité standard national a été élaborée. Elle rationalise les incitations fiscales et se décline en quatre volets : procédure, judiciaire, fiscalité des personnes physiques et fiscalité des entreprises. En particulier, elle prévoit la réduction des taxes à l’importation et la possibilité, pour l’administration fiscale, d’accéder aux informations relatives aux comptes bancaires. Elle devait être adoptée en juin 2009, mais le vote au parlement a été reporté.
Le taux des impôts directs sur les grosses sociétés a d’abord été ramené de 35 à 30 %, puis à 25 %, rétroactivement, pour 2008. Pour les petites et moyennes entreprises (PME), la réduction était de 10 points de pourcentage (de 25 à 15 %). Le taux des impôts sur le revenu culminait à 45 %, mais depuis janvier 2009, le taux maximum a été ramené à 35 %, tandis que les tranches de revenus et les dépenses déductibles ont été révisées. L’État s’est engagé à réduire encore la pression fiscale sur les ménages en 2010. L’impôt sur le revenu des travailleurs indépendants correspond à leurs revenus déclarés ou, en l’absence de déclaration, est calculé sur la base de grilles types.
Un nouveau code des droits de timbre est entré en vigueur en janvier 2009, afin d’éviter la double imposition avec la TVA. Les timbres sont désormais réservés aux établissements financiers, à la création d’entreprises, aux transactions immobilières et aux procédures judiciaires.
Les taxes sur les échanges s’appliquent à la plupart des produits importés (les denrées alimentaires et les matériaux de construction en sont en général exemptés), alors que les exportations ne sont plus taxées depuis les années 1980. Le Cap-Vert étant membre de l’OMC, il est prévu que ses taxes sur les importations baissent progressivement à compter de 2010 pour être supprimées d’ici 2018.
Le processus de taxation des importations a été simplifié au fil du temps, mais reste lourd. Les quelque 80 agents qui sont officiellement habilités à effectuer les opérations de dédouanement peuvent déclarer en ligne les biens importés, mais doivent toujours se rendre à la douane pour payer. En 2009, une mesure controversée a été adoptée : les sommes collectées par les douanes sont transférées au Trésor avant le dédouanement final, puis l’écart est remboursé avec les sommes perçues par les douanes dans la journée.
Une taxe spéciale sur la consommation s’applique aux produits de luxe ou polluants (l’alcool est par exemple taxé à 50 %). Enfin, les municipalités lèvent un impôt de 3 % sur les terrains, les logements et les automobiles.
Les titres bénéficient en général d’une fiscalité très favorable. Les dividendes, les parts dans des sociétés, et les bénéfices réalisés sur plus d’un an, ainsi que les bons du trésor à court et à long terme sont exonérés. Les bénéfices réalisés sur moins d’un an sont imposés à 15 %, et les obligations de sociétés à 5 %, mais il est question de porter ce dernier taux à 20 %. Les sociétés cotées en bourse bénéficient d’une réduction d’impôt de 50 % pendant les trois premières années. Les plus-values sur les dépôts bancaires sont imposées à 20 %. Les Cap-Verdiens vivant à l’étranger bénéficient d’exonérations et leurs dépôts bancaires sont mieux rémunérés que ceux des résidents, afin de les inciter à rapatrier leurs fonds. Enfin, les taux ad valorem pour les opérations mobilières et immobilières ont été réduits en 2010 et pourraient devenir uniformes à l’avenir.
Les douanes emploient 250 agents, contre 241 pour les autres services de l’administration fiscale et les services de perception. La quantité et la qualité des ressources humaines posent problème. Il y a quelques années, le FMI a recommandé une augmentation de 20 % des effectifs. Seul un quart du personnel possède un diplôme du niveau baccalauréat. Les inspections et la complexité de certaines questions, comme la double imposition, nécessitent un personnel plus nombreux et spécialisé. Dans tous les services de l’administration fiscale, les agents perçoivent des traitements supérieurs à ceux des autres fonctionnaires, mais de moitié inférieurs aux salaires du secteur privé, et n’ont que peu d’incitations aux résultats.
Le Cap-Vert a introduit la fiscalité électronique en 2008. À Praia, la capitale, 13 % des ménages et 15 % des entreprises seulement l’ont utilisée en 2009, mais le pourcentage devrait augmenter à mesure que la confiance se renforcera et que l’accès à Internet s’améliorera. Les entreprises bénéficient également d’incitations, comme les remboursements prioritaires, si elles s’enregistrent avec le système électronique. Le fait que le Cap-Vert utilise la fiscalité électronique et intègre des données de différents systèmes (système fiscal, douanes, Trésor et licences) incite au respect des obligations fiscales. La fiscalité électronique devrait faire considérablement augmenter les recettes issues des impôts indirects, en particulier de la TVA.
Le recoupement des données de la fiscalité électronique devrait aussi encourager certaines activités informelles à devenir formelles dans un pays où plus de la moitié de l’économie serait informelle et où même les grandes entreprises pratiquent souvent des activités informelles. Depuis 2010, des déductions ont été introduites pour les entreprises qui déclarent employer des travailleurs locaux. L’allègement de la pression fiscale peut également favoriser la régularisation des activités. En 2009, une campagne a été menée pour encourager l’établissement de reçus pour les factures acquittées afin d’obliger les prestataires de services à payer les taxes afférentes.
Contexte politique
Sur le plan politique, le Cap-Vert reste assez stable. Le 5 février 2010, le parti au pouvoir, le Parti africain pour l’indépendance du Cap-Vert (Partido Africano da Independência de Cabo Verde – PAICV), et le principal parti d’opposition, le Mouvement pour la démocratie (Movimento para a Democracia – MPD), ont voté une révision de la constitution. Les principaux changements portent sur les élections et les tribunaux.
L’intervalle entre les élections parlementaires et l’élection présidentielle sera allongé. Les élections parlementaires sont prévues pour janvier 2011 et l’élection présidentielle se tiendra probablement six mois plus tard. Une cour d’appel sera créée. L’accès à la Haute cour de justice et au Conseil supérieur de la magistrature judiciaire et leur fonctionnement ont été réformés. Le Conseil supérieur de la magistrature judiciaire a reçu une entière autonomie.
Figure 1 : Taux de croissance du PIB réel et PIB par habitant (USD en PPA à prix courants)
Tableau 1 : Indicateurs macro-économiques
| 2008 | 2009 | 2010 | 2011 | |
|---|---|---|---|---|
| Taux de croissance du PIB | 5.9 | 3.9 | 5.1 | 6.4 |
| Inflation IPC | 6.8 | 2.2 | 2.5 | 2.7 |
| Balance budgétaire % PIB | -1.1 | -6.0 | -9.5 | -9.3 |
| Balance courante % PIB | -11.7 | -12.0 | -10.2 | -11.0 |
Figure 2 : Ventilation sectorielle du PIB, 2008 (en pourcentage)
Tableau 2 : Composantes de la demande
| 2001 | 2008 | 2009 | 2010 | 2011 | |
|---|---|---|---|---|---|
| Formation brute de capital | 31.7 | 48.2 | 2.7 | 5.4 | 5.2 |
| Formation brute de capital - Publique | 3.5 | 7.4 | 3.5 | 2.2 | 0.6 |
| Formation brute de capital - Privée | 28.1 | 40.8 | -0.9 | 3.2 | 4.6 |
| Consommation finale | 105.4 | 91.0 | 6.7 | 3.3 | 4.6 |
| Consommation finale - Publique | 17.3 | 18.9 | 1.3 | 0.0 | -0.0 |
| Consommation finale - Privée | 88.2 | 72.0 | 5.4 | 3.3 | 4.6 |
| Solde extérieur | -37.1 | -39.1 | -5.5 | -3.6 | -3.4 |
| Secteur externe - Exportations | 18.9 | 16.6 | -2.4 | 1.2 | 1.9 |
| Secteur externe - Importations | -56.0 | -55.8 | -3.0 | -4.9 | -5.3 |
| Taux de croissance du PIB, en volume | - | - | 3.9 | 5.1 | 6.4 |
Tableau 3: Opérations financières de l'État (en pourcentage du PIB)
| 2001 | 2006 | 2007 | 2008 | 2009 | 2010 | 2011 | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Recettes totales (avec dons) | 26.9 | 29.1 | 28.9 | 29.9 | 30.3 | 28.2 | 26.6 |
| Recettes fiscales | 18.7 | 21.6 | 21.9 | 22.6 | 22.0 | 21.9 | 21.8 |
| Recettes pétrolières | 0.0 | 0.0 | 0.0 | 0.0 | 0.0 | 0.0 | 0.0 |
| Dons | 5.9 | 5.5 | 4.6 | 4.9 | 5.9 | 4.0 | 2.5 |
| Autres revenus | 2.2 | 2.0 | 2.4 | 2.4 | 2.3 | 2.3 | 2.3 |
| Dépenses totales (et prêts nets) (a) | 32.3 | 33.9 | 29.8 | 31.1 | 36.3 | 37.8 | 35.8 |
| Dépenses courantes | 21.3 | 21.8 | 19.4 | 18.6 | 20.0 | 19.1 | 17.8 |
| Sans les intérêts | 19.3 | 20.0 | 17.9 | 17.2 | 18.3 | 17.4 | 16.1 |
| Salaires | 9.5 | 10.9 | 10.4 | 10.3 | 11.0 | 10.8 | 9.9 |
| Biens et services | 0.8 | 1.1 | 1.5 | 1.6 | 1.6 | 1.5 | 1.4 |
| Intérêts | 2.0 | 1.8 | 1.6 | 1.5 | 1.7 | 1.7 | 1.7 |
| Dépenses en Capital | 10.6 | 11.8 | 10.1 | 12.4 | 16.5 | 18.7 | 18.3 |
| Solde primaire | -3.4 | -3.0 | 0.6 | 0.3 | -4.3 | -7.8 | -7.5 |
| Solde global | -5.4 | -4.8 | -0.9 | -1.1 | -6.0 | -9.5 | -9.3 |
Tableau 4 : Comptes courants (en pourcentage du PIB)
| 2001 | 2006 | 2007 | 2008 | 2009 | 2010 | 2011 | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Balance commerciale | -36.9 | -43.0 | -47.2 | -44.7 | -41.9 | -42.2 | -42.2 |
| Exportations de biens (f.o.b.) | 4.2 | 3.5 | 2.2 | 2.9 | 2.7 | 2.5 | 2.3 |
| Importations de biens (f.o.b.) | 41.1 | 46.5 | 49.4 | 47.5 | 44.7 | 44.7 | 44.6 |
| Services | 4.3 | 13.1 | 16.7 | 17.3 | 15.5 | 20.8 | 21.8 |
| Revenu des facteurs | -1.1 | -3.7 | -1.8 | -2.7 | -3.1 | -3.5 | -4.0 |
| Transferts courants | 23.0 | 24.2 | 20.6 | 18.4 | 17.6 | 14.6 | 13.4 |
| Solde des comptes courants | -10.7 | -9.5 | -11.7 | -11.7 | -12.0 | -10.2 | -11.0 |
Figure 3 : Part de l’encours de la dette extérieure dans le PIB et ratio du service de la dette sur les exportations (en pourcentage)
Tableau 5 : Résultats sommaires
| 2001 | 2002 | 2003 | 2004 | 2005 | 2006 | 2007 | 2008 | 2009 | 2010 | 2011 | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Taux de croissance du PIB en volume (incl.Stk) | 6.1 | 5.3 | 4.7 | 4.3 | 6.5 | 10.8 | 7.8 | 5.9 | 3.9 | 5.1 | 6.4 |
| Inflation IPC | 3.7 | 1.9 | 1.2 | -1.9 | 0.4 | 4.8 | 4.4 | 6.8 | 2.2 | 2.5 | 2.7 |
| PIB (échelle $) | 69380.3 | 73045.3 | 76466.2 | 79738.9 | 84939.6 | 94116.4 | 101447.9 | 107433.3 | 111244.1 | 116438.2 | 123284.5 |
| PIB en volume | 563.4 | 621.8 | 814.7 | 924.8 | 1005.7 | 1202.2 | 1497.5 | 1732.6 | 1937.0 | 2243.7 | 2444.6 |
| Taux de change | 123.1 | 117.0 | 97.6 | 88.8 | 88.7 | 87.9 | 80.6 | 75.4 | 79.3 | 74.1 | 74.1 |
Carte du pays





Contexte social et développement des ressources humaines
L’indice du développement humain (IDH) du Cap-Vert, calculé par les Nations Unies, ne cesse de progresser, passant de 0.589 en 1990 à 0.708 en 2007, ce qui classe le pays à la 121e place sur 182, malgré des périodes de ralentissement de la croissance et des inversions de tendances.
Le Cap-Vert est l’un des rares pays d’Afrique susceptibles d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). La première cible du premier OMD, qui consiste à réduire de moitié la proportion de pauvres entre 1990 et 2015, est déjà en passe d’être atteinte par le pays : le taux de pauvreté a reculé de 49 % en 1990 à 26.6 % en 2007.
L’enveloppe budgétaire accordée à la lutte contre la pauvreté représentait 3.84 % du budget 2009. Le développement du tourisme est considéré comme étant susceptible d’offrir des possibilités aux pauvres par la délocalisation des activités touristiques vers l’intérieur des îles, le développement des établissements, de l’artisanat et des produits agro-alimentaires locaux.
Les résidents pauvres âgés de plus de 60 ans (environ 23 000 personnes) sont couverts par un régime non contributif et perçoivent une retraite sociale mensuelle. Cette dernière a été augmentée, passant de 3 500 à 4 500 CVE en 2009, puis à 5 000 CVE en 2010. Depuis 2009, le régime contributif procure une couverture (retraites et maladie) à 38 % de la population. Les travailleurs déclarant gagner au moins 80 % du traitement d’un fonctionnaire (environ 11 000 CVE) et versant 19 % de cotisations peuvent choisir d’y adhérer.
Le Cap-Vert n’a pas encore atteint la deuxième cible du premier OMD : assurer le plein emploi. En 2008, le taux de chômage s'établissait à 17.8 % en raison des rigidités du marché du travail. Le chômage touche davantage les zones urbaines (22.7 %) que les zones rurales (13.1 %), les femmes (22 %) que les hommes (13.8 %), et est particulièrement élevé chez les 15-24 ans (31 %). Même si un plus grand nombre d’hommes que de femmes ont un travail, le taux de chômage des hommes est passé de 11.1 % en 2000 à 13.8 % en 2008, tandis que celui des femmes a reculé de 23.8 % à 22 %. Parmi les nombreux chômeurs ayant fait des études secondaires, 53 % sont des hommes et 45 % des femmes. Le chômage constitue un obstacle pour la réduction de la pauvreté, 17 % des pauvres étant sans travail. Le Premier ministre, José Maria Neves, a annoncé qu’un salaire minimum légal de 16 000 CVE (sauf pour les employés de maison et ceux travaillant dans le commerce de détail) sera introduit à la fin de 2010. Reste, enfin, un grave problème : plus de 16 000 enfants travaillent au Cap-Vert, pour la plupart sur l’île de Saõ Tiago.
Les deuxième et troisième OMD sont presque atteints. En effet, le taux de scolarisation net moyen dans le cycle primaire avoisine 88 % pour les garçons et 89 % pour les filles dans les zones urbaines, et 90 % pour les garçons et 87 % pour les filles dans les zones rurales. En outre, le taux de scolarisation est relativement élevé dans l’enseignement préscolaire (60 %) et dans les établissements secondaires (82 % pour les garçons et 89 % pour les filles dans les zones urbaines, et respectivement 77 et 81 % dans les zones rurales). Quelque 8 000 étudiants sont inscrits dans les universités capverdiennes (3 000 à l’université publique), tandis que 6 000 étudient à l’étranger, notamment parce que certaines disciplines, comme la médecine, ne sont pas enseignées dans les universités locales.
Le taux d’abandon de l’école est faible dans le primaire (environ 2 %), mais atteint 8 % dans le secondaire, tandis que le taux de redoublement s’établit respectivement à environ 10 et 25 % pour le primaire et le secondaire. Le taux d’alphabétisation ressortait à 79.6 % en 2007, mais il est nettement plus faible pour les femmes que pour les hommes. Chez les jeunes de 15-24 ans, il s’établit à 96 % sans différences majeures entre les sexes ou la situation géographique.
Le système éducatif capverdien souffre principalement d’un problème de qualité de l’enseignement préscolaire et primaire. Dans le préscolaire, seuls 20 % des enseignants ont suivi une formation adaptée et, dans le primaire, 13 % ne disposent pas de formation. Dans l’enseignement tertiaire, le principal défi consiste à accroître les capacités d’accueil. Depuis septembre 2009, toutes les écoles primaires enseignent le français et l’anglais. Certaines écoles primaires et certains établissements secondaires essaient de mettre en place des programmes révisés et une évaluation de la qualité de l’apprentissage. Le programme Mundo Novo est destiné à favoriser l’apprentissage électronique et à assurer la connectivité à Internet à tous les étudiants à l’université et aux élèves du secondaire, ainsi qu’à la majorité des écoliers du primaire.
Une part non négligeable et constante du PIB (environ 7 %) est consacrée à l’enseignement, principalement primaire. On observe des efforts visant à développer des plans coordonnés pour l’éducation (représentant 5.87 % du budget 2009), l’emploi et la formation professionnelle (4.24 %, financé par les Pays-Bas et le Luxembourg) afin de remédier au décalage entre compétences professionnelles et postes à pourvoir, et, partant, de faire progresser l’emploi. La première étape consiste à uniformiser les diplômes et à adapter les qualifications afin qu’elles valident des compétences pratiques. Les nouveaux programmes cherchent à pallier le manque de travailleurs qualifiés intermédiaires en renforçant l’enseignement secondaire par une formation professionnelle dans les secteurs de l’hôtellerie, de la banque et des énergies renouvelables.
Le Cap-Vert a déjà atteint l’OMD relatif à la réduction de la mortalité infantile. Le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans est passé de 56 pour 1 000 en 1990 à 25.7 pour 1 000 en 2007. En outre, en 2007, 73.2 % des enfants âgés de 0 à 11 mois étaient vaccinés, un taux qui devrait être porté à 85 % en 2010. L’accès à la santé génésique est quasiment universel (couverture de 97.5 % pour les femmes enceintes), mais le ratio de mortalité maternelle est actuellement supérieur à la cible fixée par les OMD, qui prévoit un maximum de 17.3 pour 1 000 d’ici 2015.
En 2007, on recensait 2 329 cas d’infection au VIH/Sida, avec 319 nouveaux cas cette année-là (taux de prévalence de 0.8 %), mais on estime qu’il ne s’agit que de la moitié des cas réels. Le nombre de tests de dépistage du VIH/Sida a fortement progressé, passant de 3 069 en 2003 à 8 159 en 2005.
Le paludisme affiche une faible endémicité au Cap-Vert (taux de prévalence de 3.7 pour 100 000 en 2007), tandis que 294 nouveaux cas de tuberculose ont été enregistrés en 2007 (taux de prévalence de 51.9 pour 100 000).
En 2009, le pays a connu une épidémie de rubéole et de dengue. C’est la première fois qu’une épidémie de dengue sévissait au Cap-Vert, le pic épidémique ayant été atteint le 4 novembre 2009, avec 1 000 nouveaux cas. Dans l’ensemble, environ 20 000 cas suspects de dengue ont été enregistrés fin 2009. L’efficacité de la mobilisation nationale pour l’élimination des vecteurs de transmission et la réaction rapide du système de santé national, avec le soutien de médecins venus de l’étranger, ont permis de faire face à l’urgence. De plus, grâce au système de médecine électronique et à la connectivité entre les hôpitaux l’épidémie a bénéficié d’un suivi efficace.
Les soins de santé sont en général gratuits, sauf la fraction calculée en fonction des revenus et qui va d’un minimum de 50 CVE à un maximum de 1 000 CVE. La santé représentait 4.31 % du budget 2009. L’enveloppe budgétaire a principalement servi à améliorer les ressources humaines et les infrastructures pour les soins primaires, y compris la vaccination, la prévention et la rééducation. Bien qu’environ 60 % de la population ait moins de 25 ans, l’amélioration constante de l’espérance de vie (estimée à 72.7 ans en 2009) se traduit par une augmentation de la fréquence des maladies liées à l’âge, ce qui vient mettre en lumière le nombre insuffisant de médecins spécialisés dans le pays.
La cible du septième OMD : réduire de moitié, d’ici à 2015, le pourcentage de la population qui n’a pas accès à un approvisionnement en eau potable ni à des services d’assainissement de base, a été en partie atteinte. La proportion de la population ayant accès à l’eau potable est passée de 42 % en 1990 à 89.5 % en 2007. Des inégalités persistent toutefois au niveau local, avec un accès de 98.6 % pour les zones urbaines, contre 75.8 % seulement dans les zones rurales.
Dans le même temps, en 2007 seuls 40.8 % des ménages (57.4 % des ménages urbains et 15.9 % des ruraux) avaient accès à des fosses septiques ou à un réseau d’égouts. En outre, en 2007, 53.3 % des ménages ruraux et 22.7 % des ménages urbains ne disposaient pas de toilettes ou de latrines. Toujours en 2007, environ 63 % des ménages avaient accès à certaines formes de ramassage des déchets solides, mais il existe des différences marquées entre zones urbaines et rurales (88.5 % contre 24.3 %). L’assainissement représentait 3.93 % du budget 2009 (et 3.38 % pour l’eau), mais il reste à élaborer une stratégie nationale pour l’assainissement de base.
Tableau 5 : Résultats sommaires
Données du FMI et des administrations nationales ; calculs des auteurs pour les estimations (e) et les prévisions (p).