Vue d'ensemble

Le Bénin est l’un des rares pays d’Afrique subsaharienne à avoir réussi une transition politique pacifique au début des années 90. Le pays a adopté une nouvelle constitution en décembre 1990, mettant ainsi fin au système marxiste-léniniste qui avait prévalu depuis 1974, au profit d’un système démocratique. Depuis lors, le pays connaît une situation socio-politique relativement stable. La dernière élection présidentielle, qui a porté au pouvoir le président Boni Yayi en avril 2006, a jeté les bases d’une relance de l’économie qui s’est poursuivie jusqu’en 2008. Toutefois, en raison de la crise financière mondiale, la croissance s’est ralentie en 2009 pour rester cantonnée à 3 %, contre une moyenne de 4.5 % au cours des trois années précédentes. 

La situation des finances publiques a été assez difficile en 2009 en raison des répercussions du ralentissement de la croissance sur les recettes fiscales. Le gouvernement a  pratiqué une politique contra-cyclique, qui a connu lors de son application quelques dérapages dans les procédures d’exécution budgétaire en raison notamment du recours excessif aux procédures exceptionnelles de dépenses par ordre de paiement. Par ailleurs, de fortes pressions sociales ont poussé les autorités à accorder des primes et autres avantages sociaux aux fonctionnaires en 2008 et au cours du premier semestre de 2009. La masse salariale a fortement augmenté en 2009, ce qui a aggravé le déficit budgétaire. Le gouvernement a dû recourir à divers emprunts et autres sources de financements intérieurs et extérieurs pour combler ses besoins de financements.

Appuyé par les services du Fonds monétaire international (FMI), le gouvernement a engagé dès août 2009 un certain nombre de mesures pour contenir le déficit budgétaire de 2009. Ces mesures, poursuivies en 2010, portent aussi bien sur les dépenses que sur les recettes. Elles consistent à limiter les avantages sociaux accordés aux fonctionnaires, à revoir à la baisse les dépenses de grands travaux publics, à réduire au strict minimum l’utilisation des ordres de paiement et à accélérer la mise en œuvre des plans d’urgence élaborés par la direction générale de la douane et la direction générale des impôts dans le but de faire baisser la fraude et l’évasion fiscale.

Sur le plan social, des résultats encourageants ont été notés au cours des trois dernières années avec la baisse de l’incidence de la pauvreté, qui est passée de 37.4 % en 2006 à 33.3 % en 2008. D’une manière globale, les services de santé et d’éducation se sont améliorés, même si des efforts restent à faire pour protéger les plus vulnérables contre les grandes endémies telles que le paludisme.

Les perspectives économiques et sociales à moyen terme sont relativement bonnes car les effets de la crise financière mondiale ne sont pour l’essentiel que conjoncturels. La reprise sera au rendez-vous au cours des deux prochaines années, mais à un niveau relativement faible, avec des taux de croissance de 3.5 % en 2010 et 3.8 % en 2011. Avec plus d’efforts dans la mise en œuvre de certaines réformes clés, notamment au niveau du port de Cotonou, de l’environnement des affaires et de l’énergie, la croissance devrait être plus forte à partir de 2012.

Figure 1 : Taux de croissance du PIB réel et PIB par habitant (USD en PPA à prix courants)

Tableau 1 : Indicateurs macro-économiques

 2008200920102011
Taux de croissance du PIB5.03.03.53.8
Inflation IPC7.94.13.33.0
Balance budgétaire % PIB-1.7-2.4-1.6-1.3
Balance courante % PIB-8.3-10.0-9.5-9.6

Développements économiques récents et perspectives

Figure 2 : Ventilation sectorielle du PIB, 2008 (en pourcentage)

Depuis l’alternance politique intervenue en 2006 avec l’avènement au pouvoir du président Boni Yayi, l’économie béninoise a retrouvé un certain dynamisme. Ce dernier s’est traduit par une croissance moyenne de 4.5 % entre 2006 et 2008. Cette reprise économique liée, entre autres, à la restauration de la confiance au niveau des opérateurs économiques, est également imputable à la relance de la production agricole, à la mise en œuvre de grands travaux par le gouvernement et à l’amélioration des relations commerciales avec le Nigeria.

L’économie béninoise, très peu diversifiée, repose essentiellement sur la production et l’exportation du coton, ainsi que sur les activités liées au transit de marchandises en direction du Nigeria et des pays de l’hinterland. Le pays est donc très sensible aux conditions climatiques et aux chocs exogènes. Pour remédier à cette situation, les autorités ont initié depuis 2006 plusieurs programmes visant à diversifier l’économie, notamment en renforçant la productivité agricole, en améliorant l’accès au marché et en développant les technologies de l’information et de la communication. Les résultats demeurent assez mitigés à ce jour en raison des lenteurs dans la mise en œuvre de ces programmes.

En 2009, le pays a fortement ressenti les effets de la crise financière mondiale. Selon une étude menée en août 2009 par la Commission nationale de gestion de l’impact de la crise financière et économique internationale sur le Bénin, cette crise aurait fait perdre 1.8 point de croissance au pays en 2009. En effet, elle a entraîné une contraction du commerce extérieur, en particulier le commerce de réexportation en direction du Nigeria, d’où les populations et l’État tirent des ressources non négligeables. Fin juillet 2009, les exportations étaient en baisse de 13 % par rapport à leur niveau de 2008. Cette situation s’est aggravée car la baisse de la production de coton s’est poursuivie. N’ayant pas suffisamment anticipé les effets de ces contraintes sur les recettes budgétaires, les autorités ont poursuivi une politique budgétaire expansionniste qui a entraîné de fortes tensions de trésorerie et un recours massif à l’emprunt sur le marché intérieur.  Cela a quelque peu érodé la confiance des opérateurs économiques et le rythme des activités a baissé.

Sur la base de l’évolution de la conjoncture au premier semestre 2009, le taux de croissance économique devrait atteindre 3 % en 2009 contre 5.1 % en 2008. La bonne tenue de la production vivrière et de l’agro-industrie ont permis d’atténuer le ralentissement de la croissance.  Le taux d’inflation, qui avait atteint un niveau record en 2008 (7.9 %) en raison de la crise alimentaire, a considérablement baissé (4.1 %), grâce à une bonne production vivrière dans le pays et à la baisse des prix mondiaux des produits alimentaires et pétroliers en 2009. 

 

Le rythme de croissance devrait sensiblement s’améliorer au cours des deux prochaines années avec des taux respectifs de 3.5 % et 3.8 %. Cela s’explique par la poursuite de la politique de grands travaux d’infrastructures, par l’augmentation de la capacité d’offre d’énergie électrique, par la relance de la production cotonnière, ainsi que par l’amélioration des exportations en direction du Nigeria.

Le secteur secondaire au Bénin demeure très embryonnaire (il représente 14 % du PIB) et dominé par l'informel (à plus de 60 %). Les produits béninois demeurent très peu compétitifs face à aux produits étrangers. Le tissu industriel est confronté à des difficultés d’approvisionnement en matières premières, à l’étroitesse du marché et à un environnement des affaires jugé peu attrayant. La production industrielle est dominée par l’industrie alimentaire, l’industrie textile et la cimenterie. Le Bénin dispose pourtant d’un important potentiel en ressources minières, notamment en or, en calcaire, en marbre, en fer et en phosphates. A ce jour, seul l’or est exploité, de manière artisanale. Afin d’accroître le tissu industriel du pays, les autorités ont décidé en 1999 de créer une zone franche industrielle. Depuis 2005, cette zone franche est opérationnelle. Sa plateforme principale est située à Sémè-Podji, à l’est de Cotonou, à environ 20 kilomètres du port et de l’aéroport. Elle est desservie par le réseau autoroutier le plus important du pays. Pour être éligibles à la zone franche, les entreprises doivent s’engager à satisfaire plusieurs conditions, notamment l’export d’au moins 65 % de leur production annuelle et le recrutement prioritaire pour les emplois permanents de ressortissants nationaux. Afin de donner un coup d’accélérateur aux activités de la zone franche, le gouvernement a décidé en 2009 d’élargir le champ d’application de la zone franche industrielle aux sociétés du secteur des TIC, aux centres d’appels et aux holdings d’institutions financières et bancaires.

Le secteur secondaire a enregistré en 2009 une hausse de sa valeur ajoutée de 5.4 %, contre 4.4 % en 2008. Sa contribution à la croissance est estimée à 0.5 point de pourcentage. Cette accélération de la croissance dans ce secteur est principalement imputable à la bonne tenue des industries agro-alimentaires, et de l’imprimerie en particulier, afin de satisfaire les demandes locales et sous-régionales. 

Le secteur tertiaire béninois contribue pour près de la moitié à la formation du PIB. Il est dominé par le commerce du coton, de l’anacarde et par la réexportation. La réexportation, qui représente un peu plus de la moitié de la valeur des exportations du pays, est à ce jour l’une des principales sources de revenu des populations. L’État en retire également d’importantes recettes. Les principaux produits réexportés vers le Nigeria et vers les pays de l’hinterland (Niger, Burkina Faso et Mali) sont les véhicules d’occasion, les carburants, les produits alimentaires (congelés, lait, riz, blé...) et les textiles. On y retrouve également plusieurs autres produits pondéreux qui ne peuvent être importés par voie aérienne. Il s’agit des produits de quincaillerie et des matériaux du bâtiment (tuiles, carreaux, fer à béton, sanitaires, vitrerie...). Le commerce demeure confronté à des difficultés liées  à l’insuffisance de textes législatifs et réglementaires et au développement de la contrebande. Par ailleurs, le transit routier est confronté à une insuffisance des infrastructures de transport. Certaines régions du pays sont complètement enclavées.

La crise financière a eu un impact significatif sur le secteur tertiaire en 2009. Sa valeur ajoutée n’a augmenté que de 0.9 %, contre 6.9 % l’année précédente. Sa contribution à la croissance ne se situe qu’à 0.4 point de pourcentage. Ce ralentissement est essentiellement imputable à la baisse des exportations, notamment avec le Nigeria, principal partenaire commercial du Bénin dans la sous-région. Selon les données officielles, les exportations et réexportations du Bénin en direction du Nigeria représentent 20 % des exportations totales. Cependant, cette part pourrait être réévaluée à plus de 50 % si l’on prend en compte les exportations et réexportations informelles. L’impact de la crise financière sur les revenus au Nigeria, couplé à la dépréciation du naira face à l’euro, ont freiné les importations de ce pays en provenance du Bénin. Par conséquent, les exportations du Bénin ont chuté de 13 %, de même que le trafic portuaire d’environ 12.1 %. La valeur des réexportations est passée de 274 milliards de francs CFA BCEAO (XOF) en 2008 à 246.6 milliards XOF en 2009, soit une baisse de 10 %. Cela s’est reflété sur les taxes sur le commerce extérieur qui sont passé de 9.3 % du PIB en 2008 à 8.3 % du PIB en 2009.

La morosité des activités commerciales a cependant été quelque peu atténuée par le dynamisme du secteur des télécommunications et du secteur bancaire. La valeur ajoutée à prix courants de la branche banque-assurance a augmenté de 8.5 % par rapport à 2008. A prix constants, l’augmentation est de 6.4 %.

La croissance économique est portée par la consommation des ménages qui constitue la principale composante des emplois du PIB (75.3 % en 2008). La consommation des ménages a augmenté de 5 % en volume en 2009. Elle a été en partie alimentée par les augmentations cumulées des salaires des fonctionnaires d’environ 54 % en 2008 et 2009

La contribution de la consommation à la croissance du PIB est estimée à 4.7 points de pourcentage dont 3.6 pour la consommation privée.

L’investissement représente 20.5 % du PIB en 2008. Au cours des trois dernières années, sa part dans la formation du PIB n’a cessé d’augmenter, en rapport avec les grands travaux publics initiés par le gouvernement à Cotonou et dans plusieurs autres villes du pays (Abomey, Parakou, Djougou, Adjohoun, etc.). A Cotonou, les travaux ont porté sur la construction de plusieurs voies, notamment : (i) Houéyiho-Place du Souvenir, (ii) Aéroport-Carrefour des trois banques et (iii) Boulevard de la Cen-Sad. Par ailleurs, plusieurs dizaines de bâtiments ont été construits dans le cadre de la tenue du 10e sommet de la Cen-Sad à Cotonou. En 2009, le volume des investissements publics a augmenté de 10.4 %, deux fois plus que la hausse de l’investissement privé, estimée à 5 %.

La situation du secteur extérieur, confronté à une baisse générale des exportations, s’est fortement dégradée en 2009. Le déficit du compte des transactions courantes s’est élevé à 10 % du PIB alors que le déficit n’était que de 8.3 % en 2008. Comme cela a été souligné plus haut, cette situation résulte avant tout de la baisse de la demande au Nigeria, pays fortement touché par la crise financière en 2009. La contribution de ce secteur à la croissance a été négative en 2009 (-3.1 points de pourcentage).

Durant les deux prochaines années, la consommation privée continuera de tirer la croissance. Au niveau de l’investissement, la poursuite de la politique de désengagement de l’État du secteur productif et le recours de plus en plus prononcé aux partenariats public-privé pour la mise en œuvre de grands ouvrages publics auront pour effet d’augmenter la part de l’investissement privé dans le PIB.

Tableau 2 : Composantes de la demande

 20012008200920102011
Formation brute de capital19.720.51.31.31.1
Formation brute de capital - Publique6.88.20.80.40.3
Formation brute de capital - Privée12.912.30.51.00.8
Consommation finale88.987.14.74.03.8
Consommation finale - Publique12.211.81.10.40.4
Consommation finale - Privée76.675.33.63.63.4
Solde extérieur-8.5-7.7-3.1-1.8-1.1
Secteur externe - Exportations22.319.8-1.91.11.0
Secteur externe - Importations-30.9-27.4-1.2-2.9-2.1
Taux de croissance du PIB, en volume--3.03.53.8

Politiques macro-économiques

La situation macro-économique au Bénin a connu une amélioration significative au cours de la période 2005-08 grâce à une mise en œuvre relativement satisfaisante d’un programme soutenu par la Facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance (FRPC) du FMI. Le taux de croissance est passé de 2.9 % en 2005 à 5.1 % en 2008. L’inflation a été globalement jugulée autour de 3 %, à l’exception de l’année 2008 où le pays a été confronté à une crise alimentaire et à la hausse des cours mondiaux du pétrole. La mise en œuvre de réformes structurelles dans les secteurs clés de l’économie a cependant été mitigée en raison des retards importants accumulés par les autorités dans la conduite des réformes au niveau de la filière coton, de la filière énergie, du secteur des télécommunications et au port autonome de Cotonou. L’accord triennal conclu avec le FMI en août 2005 s’est achevé en août 2009 après une prolongation d’un an. La dernière revue du programme effectuée par les services du FMI en juin 2009 a été satisfaisante : le Bénin a satisfait à tous les critères quantitatifs du programme à la fin 2008, à l’exception du critère relatif au financement intérieur net. Le gouvernement a dû, en effet, répondre à d’importants besoins de financements pour apurer des arriérés et consentir des avances à la compagnie d’électricité qui se trouvait en difficulté.

En 2009, la situation macro-économique s’est dégradée, essentiellement en raison du ralentissement de la croissance économique, mais également suite à des dérapages dans la gestion des dépenses publiques. Le gouvernement a réagi, à partir du mois d’août 2009, en prenant un certain nombre de mesures destinées à contenir les dépenses et à freiner l’utilisation abusive des procédures exceptionnelles d’exécution de dépenses. Il entend poursuivre l’application de ces mesures et les renforcer encore en 2010 afin de ramener le déficit budgétaire à des proportions acceptables. La situation macro-économique du pays devrait s’améliorer en 2010 et en 2011, de même que le rythme de croissance du PIB qui devrait atteindre 3.5 % et 3.8 % respectivement en 2010 et 2011.

 

Politique budgétaire

Depuis l’an 2000, le Bénin a engagé un processus visant à l’élaboration de budgets programmes, avec une allocation des ressources fondée sur des objectifs de performances et de résultats. La plupart des ministères disposent à présent d’un budget programme. Toutefois, le taux de réalisation des dépenses reste généralement en dessous des dotations initiales. Bien que le gouvernement ait adopté une politique budgétaire expansionniste en 2008, les engagements de dépenses se sont limités à seulement 70 % du budget voté, en raison de contraintes de trésorerie. Les dépenses du secteur social ont quant à elles été réalisées à hauteur de 65 %. Le gouvernement a dû reporter sur l’exercice budgétaire 2009 près de 81 milliards XOF de dépenses d’investissements programmées en 2008. Malgré ce report, le solde primaire s’est dégradé en 2008 avec un déficit de 1.4 % du PIB contre un excédent de 1.8 % du PIB en 2007.

Le gouvernement a maintenu en 2009 sa politique budgétaire expansionniste dans un contexte de ralentissement de l’activité économique et de contraction des recettes. Il entendait ainsi mener une politique contra-cyclique afin de soutenir la croissance. Toutefois, des dérapages au niveau de la masse salariale et l’utilisation abusive de la procédure de dépense par ordres de paiement ont entraîné des dépassements par rapport aux prévisions. Ces dépassements pourraient atteindre 4 % du PIB en 2009. Afin de contenir le déficit budgétaire, les tensions de trésorerie et l’accumulation d’importants restes à payer, le gouvernement a adopté en août 2009 un certain nombre de mesures, notamment la limitation des primes et autres indemnités qu’il avait accordées auparavant, la régularisation des ordres de paiement de 2006 à 2008 et la limitation au strict minimum du recours aux ordres de paiement pour les dépenses qui ont suivi. Il a par ailleurs adopté un plan d’action d’urgence, sur les conseils du FMI, pour améliorer les recettes fiscales. Il a également décidé du report de 50 milliards XOF de dépenses d’investissements sur l’exercice budgétaire 2010. Ces mesures n’ont toutefois pas permis de contenir la dégradation du solde primaire dont le déficit a atteint 2 % du PIB. Pour faire face à un tel déficit, le gouvernement a dû recourir à plusieurs sources de financement tant internes qu’externes, notamment la contrepartie de l’augmentation de l’allocation de droits de tirage spéciaux (DTS) accordée par le FMI (32.8 milliards XOF), des emprunts obligataires (36.5 milliards XOF) et le transfert au privé de 17.5 % des titres Sodeco (nouvelle société d’économie mixte dans le coton).

Cette fragilisation de la situation financière du pays s’est traduite par une dégradation de sa position vis-à-vis des critères de convergences de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).  Ainsi, sur les quatre critères de premier rang, le Bénin n’en a respecté que deux : le ratio de l’encours de la dette publique sur le PIB et la non accumulation d’arriérés de paiements. Les critères portant sur le solde budgétaire de base et l’inflation n’ont pu être respectés. S’agissant des critères de second rang, le Bénin n’a pu satisfaire au critère de la masse salariale et à celui relatif au solde du compte courant de la balance des paiements. En 2009, la masse salariale s’est élevée à 39 % du PIB contre un seuil fixé à 35 % par l’UEMOA. Quant au déficit du compte courant, il s’est établi à 10 % du PIB contre un maximum autorisé de 5 %.

La situation des finances publiques en 2010 devrait s’améliorer sensiblement malgré une situation économique toujours difficile, grâce à la poursuite des mesures adoptées au dernier trimestre 2009 pour contenir le déficit budgétaire. Outre l’impact de la mise en œuvre des plans d’action à la douane et à la direction générale des impôts, les recettes intérieures bénéficieront également de ressources exceptionnelles tirées de la vente des licences de troisième génération aux opérateurs de téléphonie mobile. Du coté des dépenses, les mesures prises par le gouvernement à la fin de l’année 2009 devraient se traduire par une limitation des dépenses en 2010, qui se maintiendront à leur niveau de 2009, à savoir 23.5 % du PIB. Au total, le déficit du solde primaire devrait être ramené à 1.3 % du PIB, pratiquement à son niveau de 2008. Il faudra attendre l’après 2011 pour retrouver un excédent du solde primaire.

 

Tableau 3: Opérations financières de l'État (en pourcentage du PIB)

 2001200620072008200920102011
Recettes totales (avec dons)17.819.223.721.321.221.822.2
Recettes fiscales13.515.416.917.216.516.717.1
Dons2.52.33.01.72.42.82.7
Autres revenus1.81.53.82.32.32.32.3
Dépenses totales (et prêts nets) (a)19.319.722.223.023.623.523.4
Dépenses courantes11.915.014.615.617.617.617.7
Sans les intérêts11.014.614.415.317.217.317.4
Salaires4.45.55.46.17.37.57.6
Biens et services3.33.83.73.94.14.04.0
Intérêts0.80.40.20.30.40.30.3
Dépenses en Capital7.44.67.55.96.05.85.7
Solde primaire-0.60.01.8-1.4-2.0-1.3-0.9
Solde global-1.4-0.51.6-1.7-2.4-1.6-1.3

Politique monétaire

Le Bénin est membre de l’UEMOA et à ce titre, sa politique monétaire est conduite par la banque centrale de l’union, à savoir la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). L’objectif principal de la politique monétaire de la BCEAO est de conserver un taux de couverture extérieur de la monnaie à un niveau satisfaisant et de soutenir la croissance économique dans l’union sans pression inflationniste.

La situation monétaire au Bénin s’est caractérisée en 2008 par un renforcement des avoirs extérieurs et une forte expansion du crédit intérieur, en particulier le crédit net à l’État. Il en a résulté une hausse de la masse monétaire de l’ordre de 29.3 %. En effet, L’État a massivement eu recours au système bancaire pour financer son vaste programme d’investissements, à travers l’émission de titres publics à hauteur de 70.1 milliards XOF. En outre, dans le cadre de l’apurement de la dette salariale, l’État a procédé à la titrisation de cette dette en émettant des certificats spéciaux de créances sur l’État (CSCE) qui ont été cédés aux banques par les salariés. Fin décembre 2008, l’encours des CSCE détenus par les banques s’élevait à 20.7 milliards XOF.

La politique monétaire conduite par la BCEAO en 2009 s’est inscrite dans le contexte de la relance de la croissance au sein de l’UEMOA, pour contrer les effets de la crise financière mondiale. Ainsi, profitant de la tendance à la baisse de l’inflation au sein de la zone, la BCEAO a renforcé ses injections monétaires et révisé à la baisse le 9 juin 2009 ses taux directeurs. Le nouveau taux en vigueur s’élève à 4.25 % contre un taux de 4.75 % auparavant. Par ailleurs, elle a décidé de la baisse du coefficient de réserves obligatoires. Ainsi, pour le Bénin, qui a le taux le plus élevé de l’UEMOA, le taux est passé de 15 % à 9 %.

Au Bénin, le recours massif au système bancaire constaté en 2008 s’est poursuivi en 2009. L’inflation a toutefois été maîtrisée grâce à un bon approvisionnement des marchés en produits alimentaires, mais également à la baisse des cours mondiaux du pétrole. Selon des données disponibles à fin juillet 2009, le crédit net du système bancaire à l’État a enregistré une hausse de 78.5 milliards XOF, en rapport avec les émissions des bons du trésor. Le niveau du crédit à l’économie à fin 2009 devrait atteindre 687.2 milliards XOF contre des prévisions de 591 milliards XOF. La masse monétaire, estimée à 1 199.3 milliards XOF, devrait également augmenter de 92.8 milliards XOF par rapport à décembre 2008. Il en résulterait une hausse des avoirs extérieurs nets de 10 milliards XOF par rapport à leur niveau de décembre 2008. Ces évolutions des agrégats monétaires, notamment des avoirs extérieurs, dans un contexte de contraction des exportations, s’expliquent d’une part par le recours massif de l’État au système bancaire pour le financement du déficit budgétaire, mais également par la bonne tenue de l’aide publique au développement (APD) et des investissements directs étrangers (IDE). Au total, l’APD et les IDE ont rapporté en 2009 respectivement 90.7  milliards XOF et 79.5 milliards XOF.

Pour l’année 2010, la politique monétaire restera conforme à l’objectif de stabilité des prix et au maintien des réserves officielles de change à un niveau acceptable. Compte tenu des évolutions macro-économiques attendues en 2010, la masse monétaire devrait ressortir à 1 264 milliards XOF à la fin décembre 2010, en progression de 5.4 % par rapport aux estimations de 2009. Les avoirs extérieurs nets devraient augmenter de 5 milliards XOF. L’inflation se situera quant à elle à 3.3 %.

Position extérieure

La position extérieure du Bénin, au regard des évolutions du compte courant, n’a pas connu d’amélioration au cours des trois dernières années. Le compte courant est resté structurellement déficitaire en raison de la faiblesse des exportations et de la forte dépendance du pays vis-à-vis de l’extérieur, notamment en fourniture de pétrole et d’électricité.

En 2009, le déficit du compte courant s’est accentué, passant de 8.3 % en 2008 à 10 % du PIB. Cette situation résulte essentiellement de la baisse du volume des exportations de coton (suite à la baisse de la production de la campagne 2008/09) et du ralentissement du commerce de transit, en particulier avec le Nigeria. L’incidence de la crise financière sur les transferts courants est pour l’instant assez faible au Bénin. Ces transferts rapportent chaque année environ 100 milliards XOF, soit 3 % du PIB. Selon les estimations de la Banque mondiale, les transferts de la diaspora béninoise n’auraient baissé que de 1 % en 2009.

Les exportations f.o.b. (free on board) sont estimées à 474.9 milliards XOF en 2009, contre 515 milliards XOF en 2008. La réexportation est estimée à 246.6 milliards XOF en 2009 contre 274 milliards XOF l’année précédente, soit une baisse de 10 %. Les importations estimées à 815.5 milliards XOF, sont en légère hausse comparé à leur niveau de 2008 (794.3 milliards XOF).

Ainsi le déficit de la balance commerciale est passé de 286.4 milliards XOF en 2008 à 340.6 milliards XOF en 2009, soit une détérioration de 54.2 milliards XOF résultant de la baisse des exportations. Outre la dégradation du solde commercial, les services ont également enregistré des contre-performances. Le déficit des services net est passé de 95.7 milliards XOF en 2008 à 116.5 milliards XOF en 2009, en raison de l’aggravation des déficits dans le secteur transport. Le solde global de la balance des paiements est toutefois ressorti positif grâce à l’afflux de l’aide extérieure et aux IDE. La situation du compte courant ne devrait pas s’améliorer significativement au cours des deux prochaines années. Lorsque les exportations en direction du Nigeria reprendront progressivement, le déficit du compte courant devrait passer de 10 % à 9.5 % du PIB en 2010 et 9.6 % en 2011.

Le Bénin a atteint le point d’achèvement de l’initiative PPTE renforcée en 2003. Il a bénéficié par ailleurs de l’allégement de sa dette extérieure au titre l’Initiative d’allégement de la dette multilatérale (IADM) en 2006. Depuis lors, sa dette est redevenue viable, le stock de sa dette extérieur ayant été ramené à 14.6 % du PIB en 2008, contre 47.7 % du PIB en 2002. Le service de la dette a également considérablement baissé pour se situer à 0.6 % du PIB en 2008. Une analyse menée en 2009 par les services du FMI et de la Banque mondiale a confirmé que le risque de surendettement du Bénin demeure modéré, au regard des indicateurs à la fin de l’année 2008. Tous les indicateurs de la dette extérieure sont en deçà des seuils indicatifs. Les autorités ont adopté une politique d’endettement extérieur prudente, en n’ayant recours qu’à des prêts concessionnels. Pour couvrir les besoins de financement du pays, les autorités font généralement appel au marché financier sous-régional. En 2009, une somme de 32.5 milliards XOF a ainsi été mobilisée par des emprunts obligataires sur le marché UEMOA.

Afin de maintenir la dette viable à long terme, le pays devra poursuivre sa politique prudente d’endettement et rechercher par ailleurs des niveaux de croissance plus élevés en diversifiant les sources de croissance.

Tableau 4 : Comptes courants (en pourcentage du PIB)

Figure 3 : Part de l’encours de la dette extérieure dans le PIB et ratio du service de la dette sur les exportations (en pourcentage)

Questions structurelles

Développement du secteur privé

Le secteur privé au Bénin bénéficie d’une situation politique stable et d’un cadre macroéconomique assaini grâce aux mesures prises par le gouvernement au cours de ces trois dernières années pour améliorer la gestion des finances publiques. L’appartenance du Bénin à plusieurs espaces régionaux d’échanges, de co-développement et de solidarité comme la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), l’UEMOA et la Cen-Sad font également de ce pays un pôle d’émergence et de développement. L’objectif majeur du gouvernement est d’aboutir à l’horizon 2025 à une économie émergente, en triplant le revenu par habitant, estimé à 610 USD en 2008. Cet objectif passe par une transformation de la structure de l’économie. Les autorités doivent favoriser une plus grande industrialisation et recentrer le rôle de l’État sur des services publics de qualité pour la promotion des entreprises privées. Cependant, le secteur privé demeure pour l’instant confronté à un environnement des affaires assez difficile, rendant difficile la création de richesse et d’emploi. Les entreprises dénoncent surtout la pression fiscale, les procédures complexes de création d’entreprise et les insuffisances dans la protection des investisseurs. Selon l’enquête Doing Business 2010 de la Banque mondiale, le Bénin est classé 172e sur 183 pays, soit le même rang que l’année précédente.

Afin d’accroître l’attractivité du Bénin auprès du secteur privé tant national qu’international, le gouvernement s’est engagé à mener des réformes avec l’appui de la Société financière internationale (IFC).

Les principales actions menées au cours de ces deux dernières années portent notamment sur le renforcement des capacités de dialogue des institutions privées, la révision à la baisse du taux d’imposition des bénéfices des entreprises, la restructuration et le renforcement du Centre d’arbitrage, de médiation et de conciliation et enfin l’appui aux PME à travers le fonds national pour la promotion de l’entreprise et de l’emploi des jeunes.

En 2009, le secteur bancaire au Bénin comportait 13 banques et un établissement financier. Il demeure très concentré : 84.3 % du total des actifs de l’ensemble des banques sont détenus par les cinq premières banques du pays. Le Bénin constitue la quatrième place bancaire de l’UMOA avec 12 % du total des bilans bancaires. Le taux de bancarisation (9.6 % en 2007), bien que supérieur à la moyenne de l’UMOA (6.1 %), est faible. Il en est de même du crédit à l’économie qui est estimé à seulement 19.7 % du PIB en 2009. Au cours de ces dernières années, la fragilité du système bancaire béninois a conduit la BCEAO maintenir pour le pays un taux d’escompte et un taux de réserves obligatoires relativement élevés. Les banques béninoises ont en effet connu des pertes cumulées de 4.7 milliards de francs CFA en 2005 et en 2006, en rapport avec des niveaux de coefficients net d’exploitation plus élevés que la moyenne au sein de l’UMOA. Quelques améliorations ont été observées en 2008 et 2009, les banques béninoises ayant fait beaucoup d’efforts pour renforcer leurs fonds propres. La Banque centrale a décidé en juin 2009 de baisser le taux de réserves obligatoires à 9 % contre un taux de 15 % en vigueur depuis août 2008. Le taux d’escompte est également redescendu à 4.75 % contre 6.75 % auparavant.

Le sous-secteur de la micro-finance au Bénin a connu une évolution significative au cours des cinq dernières années avec un doublement des clients desservis par les institutions de micro-finance (IMF). Le nombre de clients est passé de 366 678 en 2003 à 754 652 en 2007. En dépit de cette augmentation considérable de sa clientèle, le secteur est caractérisé par un ralentissement des activités de dépôt, une baisse considérable de l’encours de crédit et une augmentation des créances en souffrance. En effet, depuis 2004, l’encours de crédit n’a cessé de baisser, passant respectivement de 75 milliards XOF en 2004 à 52 milliards en 2007. Le niveau des créances en souffrance a augmenté aussi bien en volume qu’en ratio de l’encours de crédit. Ainsi, le volume des créances en souffrance est passé de 3 milliards XOF en 2003 (soit 4.8 % de l’encours de crédit) à 5 milliards XOF en 2007 (9.7 % de l’encours de crédit). Au nombre des causes de cette situation figurent les difficultés liées au commerce extérieur avec le Nigeria, la contre-performance de la filière cotonnière et des problèmes de gestion au niveau des IMF (notamment l’absence d’un système d’information et de gestion fiable ainsi que la faiblesse du système de contrôle interne).

Le gouvernement, qui a fait de la micro-finance l’un de ses principaux leviers de lutte surveillance des structures financières décentralisées (CSSFD) a été ainsi renforcée en personnel de qualité et en moyens matériels. En février 2007, le gouvernement a lancé un programme Microcrédit aux plus pauvres (MCPP) afin de permettre à une plus grande partie de la population d’accéder au financement. Ce programme offre principalement des produits non financiers (de la formation) et deux produits financiers (épargne et microcrédit), par le biais des IMF partenaires du programme. Les crédits offerts varient entre 30 000 XOF et 50 000 XOF. Deux ans après son lancement, plus d’un demi-million de microcrédits avaient ainsi été octroyés, pour un montant global d’environ 17 milliards XOF. Ces crédits ont essentiellement servi à financer le petit commerce. L’impact de ces microcrédits sur la réduction de la pauvreté n’a pas encore été mesuré.

Autres développements récents

Depuis plusieurs années, les autorités béninoises ont entamé une série de réformes visant à améliorer la gestion des finances publiques et à relancer l’économie. Au niveau de la gestion des finances publiques, des progrès ont été constatés. Cependant, au niveau des réformes structurelles, la situation est plus mitigée. En effet, en matière de gestion des finances publiques, plusieurs mesures ont été mises en application en 2008 et 2009, notamment, l’audit de la gestion informatique des dépenses publiques, l’adoption d’une stratégie à moyen terme de renforcement de la gestion des finances publiques et d’une stratégie d’amélioration de la situation financière du Fonds national de retraites du Bénin (FNRB).

En ce qui concerne les réformes relatives à la relance économique, le gouvernement a engagé avec tous les acteurs de la filière coton ainsi qu’avec les partenaires au développement la préparation d’une stratégie globale de réforme du secteur coton. Le gouvernement a poursuivi la réforme de la filière en transférant à la nouvelle société d’économie mixte Sodeco, créée en septembre 2008, l’ensemble des outils industriels de l'entreprise cotonnière d'État Sonapra. Par cette réforme, le gouvernement entend préserver l’efficacité du système d’approvisionnement en intrants agricoles. Ainsi, en décembre 2008, le gouvernement a mis en place la Centrale d’achat des intrants Agricoles (CAI). Par ailleurs, l’État béninois s’est désengagé de la Continental Bank-Bénin. En septembre 2008, le gouvernement a déclaré adjudicataire définitif la United Bank for Africa/UBA-PLC du Nigeria.

Dans le cadre du renforcement des installations portuaires pour améliorer la compétitivité du port de Cotonou, le gouvernement a accusé un retard dans la mise en œuvre des réformes qui prévoyaient entre autres la construction de deux nouveaux terminaux à conteneurs et une convention de concession de ces installations à un partenaire stratégique. En septembre 2009, la convention de concession a été signée avec le groupe Bolloré, grâce à l’assistance conseil de la Société financière internationale (SFI). Cela constitue une avancée majeure vers la construction effective des ouvrages sur financement du Millenium Challenge Account (MCA).

Dans le cadre de la politique de libéralisation du secteur des télécommunications, le gouvernement a décidé d’ouvrir le capital de Bénin Télécoms SA au secteur privé. Avec le soutien de la Banque mondiale, à travers le Projet de compétitivité et de croissance intégré (PRoCCI), l’appel à manifestation d’intérêt a été lancé en novembre 2009.

Le secteur énergie a également été retenu en vue d’une réforme en profondeur afin de garantir une offre d’énergie en adéquation avec les besoins du pays. Le gouvernement a entamé les démarches pour le recrutement d’un consultant pour l’assister dans la réforme du secteur et de la Société béninoise d’énergie électrique (SBEE). Il est envisagé, à terme, la scission de la SBEE en deux entités distinctes : d’une part une société publique de patrimoine, chargée de développer les infrastructures de production et de transport, d’autre part une société d’économie mixte pour la distribution de l’énergie électrique.

 

Mobilisation des ressources publiques

De 11.8 % du PIB en 1996, les recettes fiscales ont progressivement augmenté pour atteindre 17.2 % du PIB en 2008. Cette évolution s’explique par le renforcement de la lutte contre la fraude fiscale et par les capacités des régies financières. Les recettes non fiscales ont connu une évolution erratique sur la période 1996-2008 du fait des fluctuations liées aux dons. Hors dons, elles sont relativement stables et représentent en moyenne de 2 % du PIB. Les recettes fiscales constituent en moyenne 70 % des ressources publiques mobilisées.

Le cadre fiscal béninois est principalement régi par des dispositions légales : le code général des impôts et le code des douanes. Ces codes sont modifiés et approfondis par des dispositions réglementaires, notamment les lois de finances. Les recettes fiscales sont composées des droits à l’importation à hauteur de 52 % ; des impôts directs à hauteur de 27 % et des impôts indirects internes à hauteur de 21 %. Les droits à l’exportation sont quasi nuls. En pourcentage du PIB, les droits à l’importation représentent 9.4 %, les impôts directs 4.2 % et les impôts indirects internes 3.6 %.

Les droits à l’importation sont constitués entre autres des droits de douane et de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Dans le cadre du tarif extérieur commun (TEC) de l’UEMOA, le taux des droits de douane varie de 0 % à 20 %. La TVA est fixée à un taux unique de 18 %. Certains produits et secteurs d’activité bénéficient d’une exonération des droits à l’importation, notamment le secteur agricole, le matériel informatique, les autobus, les équipements des stations services, et naturellement les entreprises installées dans la zone franche industrielle.

Le taux de l’impôt sur les bénéfices industriels et commerciaux (BIC) est fixé à 25 %. Les sociétés agricoles, les sociétés de secours mutuel, les sociétés d’investissement pour la partie provenant des produits nets de leur portefeuille sont exonérées du BIC. Les impôts sur salaires sont composés de l’impôt progressif sur les traitements et salaires (IPTS) à la charge de l’employé, et du versement patronal sur salaires (VPS), au taux de 4 %, à la charge de l’employeur.

Enfin, les impôts indirects internes comprennent, outre la TVA, les taxes sur les services (contrats d’assurance, activités financières, jeux et spectacles), les droits d’accises sur les produits pétroliers, boissons alcoolisées, tabac et cigarettes, farine de blé, huiles et corps gras alimentaires, produits de parfumerie et cosmétiques dont les taux varient entre 1 % et 30 %.

En 2009, plusieurs mesures de politique fiscale ont été mises en œuvre dont la baisse de l’impôt BIC de 38 % à 25 %, l’exonération des entreprises nouvellement créées de l’impôt BIC au titre de leur première année d’activité et la réduction du taux du VPS de 8 % à 4 %.

Depuis 2007, la définition de la politique fiscale se fait sur la base d’un processus participatif associant l’administration fiscale, l’administration centrale et le secteur privé. Suite à ce processus, plusieurs réformes ont été mises en œuvre, dont la création du centre des impôts de Dantokpa et des autres marchés, et de la direction des centres des impôts des moyennes entreprises, puis la réduction du portefeuille de la direction des grandes entreprises et la poursuite de la mise en place du guichet unique.

Le budget affecté au recouvrement des recettes en 2008 représente 0.6 % des dépenses publiques et 0.1 % du PIB. Les salaires constituent 46.1 % de ce budget contre 30.2 % pour les dépenses d’investissement et les 23.7 % restant pour les achats de biens et services et les transferts. En ce qui concerne le personnel, l’effectif est globalement insuffisant, en particulier pour le contrôle fiscal. Le personnel a besoin d’un programme de renforcement de capacités. Par ailleurs, des efforts sont faits pour informatiser l’administration fiscale, mais le système de transmission électronique des déclarations fiscales n’a pas encore pu être expérimenté.

La difficulté majeure de l’administration fiscale pour améliorer la mobilisation des recettes demeure la faiblesse de la couverture du territoire fiscal, en raison de l’insuffisance des ressources humaines et matérielles, ainsi qu’en raison d’un système informatique embryonnaire, parcellaire et non intégré. On dénote également l’absence d’une véritable stratégie en matière de contrôle fiscal. Par ailleurs, le taux de respect des obligations fiscales reste relativement faible en raison du poids de l’économie informelle, 68 % du PIB, qui caractérise les entreprises individuelles. Enfin, les contribuables se plaignent d’un système fiscal complexe, inefficace, incohérent, avec des taux d’imposition confiscatoires, une application diversifiée de certaines dispositions du code général des impôts, un harcèlement fiscal des entreprises du secteur formel et de la corruption. Conscient de ces faiblesses du système fiscal, le gouvernement a entamé une révision du système fiscal en 2009 qui a abouti à quelques allègements. Le gouvernement entend poursuivre ces réformes sur la base des réflexions en cours sur une fiscalité au service du développement. Un groupe de réflexion a été mis sur pied par le chef de l’État à cet effet et les premières conclusions de leurs travaux seront rendues publiques en 2010.

Au cours des dernières années, l’assiette fiscale s’est progressivement élargie du fait de l’augmentation des sociétés créées et des réformes mises en œuvre pour renforcer le civisme fiscal. Ainsi, en 2009, on dénombrait 36 660 contribuables immatriculés. Toutefois, l’élargissement de l’assiette fiscale reste contraint par le développement du secteur informel, en rapport avec la complexité des procédures fiscales et avec la persistance de la corruption. Pour faire face à cette situation, le gouvernement a mis en place des mécanismes de prélèvement à la source (acomptes forfaitaires, prélèvement de 10 % sur les prestations de service) et un cadre de concertation pour la définition de la politique fiscale, créé le Centre de gestion agréée pour faciliter le passage de l’informel au formel, et développé l’éducation des contribuables.

Les pertes fiscales représentent une part non négligeable des recettes fiscales même si leur évaluation reste difficile. Pour réduire ces pertes, le gouvernement envisage de renforcer la collaboration entre les structures de l’administration fiscale pour améliorer la recherche du renseignement et sanctionner les manquements à l’éthique. Dans ce cadre, une brigade mixte impôt-douane sera mise en place et les effectifs de contrôle renforcés.

Les recettes fiscales, qui contribuent aux ressources publiques à hauteur de 70 %, ont connu ces dix dernières années une constante évolution pour s’établir à 17.2 % du PIB en 2008. Quant aux recettes non fiscales, elles sont restées relativement stables. Le cadre fiscal constitue un des maillons fragiles du climat des affaires car il est jugé trop complexe, inefficace et parfois incohérent. Le budget affecté au recouvrement représente 0.6 % des dépenses publiques. Ainsi, les réformes en cours visent à renforcer les ressources humaines et matérielles, le processus participatif de définition de la politique fiscale et à réduire le poids de l’économie informelle.

Contexte politique

Le contexte politique et social en 2009 au Bénin a été dominé par les préparatifs des prochaines élections présidentielle et législative prévues en avril 2011.

Le chef de l’Etat a lancé le 23 novembre 2009 le recensement éléctoral national approfondi (Rena) qui doit aboutir à la réalisation de la liste électorale permanente informatisée (Lepi). Cette liste focalise l’attention de toutes les couches sociales et de l’ensemble de la classe politique. Inscrite dans les textes depuis 1998, elle n’a pu être réalisée à ce jour faute d'un engagement consensuel de la classe politique. Sa réalisation contribuera à consolider la démocratie au Bénin par la mise en place d’un système électoral plus crédible et transparent. Depuis 1991, le pays s’est en effet engagé vers la voix de la démocratie et a ainsi connu un cycle électoral stable, avec quatre élections présidentielles (1991, 1996, 2001 et 2006) et cinq élections législatives (1991, 1995, 1999, 2003 et 2007). Malgré cette régularité, l’absence de la Lepi fragilise le processus électoral, ce qui pourrait constituer un risque à moyen terme pour cette jeune démocratie. Plusieurs partenaires se sont engagés à aider le Bénin dans la réalisation de cet outil de renforcement démocratique.

Sur le plan social, des dissensions entre le gouvernement et les centrales syndicales à propos des primes et autres avantages se sont soldées par la paralysie de plusieurs ministères suite à l’entrée en grève des salariés. Pour contenir la pression sociale, le gouvernement avait octroyé en 2008 et 2009 des primes de motivations à certains corps de la fonction publique. Il a dû les geler par la suite en raison de la forte pression qu'elles exerçaient sur la masse salariale et de leurs grandes disparités qui étaient de nature à créer une situation d’injustice au sein des salariés. Le gouvernement a mis en place un comité pour examiner la situation afin d’harmoniser ces primes. Toutefois, avec la proximité des prochaines élections, il est à craindre que les mouvements syndicaux ne durcissent leur position.

Contexte social et développement des ressources humaines

La valorisation des ressources humaines et le renforcement du capital humain constituent un des piliers majeurs de la stratégie de croissance pour la réduction de la pauvreté du pays. Conscient du fait que la pauvreté n’est pas seulement liée à la faiblesse des revenus mais résulte également du manque d’accès à certains services de base, le gouvernement s’est engagé à promouvoir un système éducatif de développement, une formation professionnelle en adéquation avec les besoins de l’économie et un système de santé de qualité. La pauvreté monétaire a quelque peu reculé entre 2006 et 2008, passant de 37.4 % à 33.3 % de la population. Les services sociaux de base ont également connu une amélioration sensible même si beaucoup d’efforts restent à faire pour assurer à chaque Béninois un service santé de qualité et une formation en adéquation avec les besoins du marché.

Au niveau de l’enseignement primaire, le gouvernement a augmenté les subventions afin de faire face à la hausse de la demande liée à la gratuité de l’école. Plus de 500 nouvelles salles ont été réceptionnées en 2008 et environ 1300 enseignants contractuels ont été recrutés et formés. Des actions ont également été menées à l’endroit de l’enseignement secondaire et de l’enseignement supérieur, notamment l’accroissement des capacités d’accueil et le renforcement de la formation des enseignants. Le taux brut de scolarisation est passé de 92.9 % en 2006 à 104 % en 2008 avec un taux de 99 % en ce qui concerne le taux brut de scolarisation des filles. Ces résultats ont été obtenus grâce notamment à l’implication des communautés (associations des mères), des ONG et autres partenaires extérieurs du pays. Si ces efforts se poursuivent, le Bénin pourrait résorber à moyen terme les disparités entre garçons et filles dans le domaine de l’enseignement primaire. Des efforts doivent par ailleurs être maintenus au niveau de la disponibilité et de la qualification des enseignants.

Dans le domaine de la santé, le gouvernement a poursuivi la mise en œuvre du plan national de développement de la santé adopté en 2007. L’objectif est d’atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement. Le gouvernement a mené des actions pour promouvoir la santé maternelle et faire reculer la mortalité infantile. Il envisage également la gratuité des soins de santé pour les enfants âgés de moins de cinq ans. Le taux de mortalité infantile est passé de 91 décès pour mille naissances vivantes en 2004 à un taux de 84 décès pour mille naissances vivantes en 2008. D’autres actions ont visé l’amélioration de l’approvisionnement en produits pharmaceutiques, la prévention du VIH/Sida et la lutte contre le paludisme et les maladies endémiques. La gratuité de l’accouchement par césarienne est devenue effective en 2009. En ce qui concerne le  paludisme, le gouvernement a poursuivi les actions spécifiques du programme Booster et de l’initiative de l’ancien président américain George W. Bush pour le paludisme. D’une manière globale, les indicateurs de santé indiquent des progrès au cours des trois dernières années. Le taux de fréquentation des services de santé est passé de 44 % en 2006 à 45.6 % en 2008, le taux de couverture vaccinal de 94.2 % en 2008 contre 92 % en 2006. Le taux de prévalence au VIH/Sida a par ailleurs baissé parmi les femmes enceintes. Des efforts cependant restent à faire au niveau des affections endémo-épidémiques, en particulier le paludisme qui est à l’origine de 40.5 % des consultations dans les centres de santé du pays.

Le domaine de l’eau et de l’assainissement a également bénéficié de l’attention du gouvernement. Une revue du Programme national du secteur de l’eau et de l’assainissement en mai 2008 a constaté que le Bénin était sur la bonne voie pour atteindre les OMD à l’horizon 2015 au niveau de l’accès à l’eau potable en milieu rural. Le taux de desserte est passé de 46.5 % en 2007 à 49.9 % en 2008. Dans les zones urbaines, la Société nationale des eaux du Bénin (Soneb) a mené plusieurs actions dans les villes secondaires, notamment la réalisation de trois nouveaux forages et l’extension des réseaux. Par ailleurs, ce secteur a développé son niveau de décentralisation. En effet, la planification des futurs ouvrages et la mobilisation de la population ont été entièrement confiées aux communes depuis janvier 2008, à travers des fonds mis à leur disposition par le gouvernement et plusieurs partenaires au développement du pays.

Tableau 5 : Résultats sommaires

 20012002200320042005200620072008200920102011
Taux de croissance du PIB en volume (incl.Stk)6.24.43.93.12.93.84.65.03.03.53.8
Inflation IPC4.02.51.50.95.43.81.37.94.13.33.0
PIB (échelle $)1832.11913.11987.32049.32108.12187.22288.42402.82477.52569.12671.0
PIB en volume2.52.83.64.14.44.75.56.66.47.68.2
Taux de change732.5696.0580.6528.0527.8522.6479.3447.8489.1440.8440.8

Figure 1 : Taux de croissance du PIB réel et PIB par habitant (USD en PPA à prix courants)

Tableau 1 : Indicateurs macro-économiques

 2008200920102011
Taux de croissance du PIB5.03.03.53.8
Inflation IPC7.94.13.33.0
Balance budgétaire % PIB-1.7-2.4-1.6-1.3
Balance courante % PIB-8.3-10.0-9.5-9.6

Figure 2 : Ventilation sectorielle du PIB, 2008 (en pourcentage)

Tableau 2 : Composantes de la demande

 20012008200920102011
Formation brute de capital19.720.51.31.31.1
Formation brute de capital - Publique6.88.20.80.40.3
Formation brute de capital - Privée12.912.30.51.00.8
Consommation finale88.987.14.74.03.8
Consommation finale - Publique12.211.81.10.40.4
Consommation finale - Privée76.675.33.63.63.4
Solde extérieur-8.5-7.7-3.1-1.8-1.1
Secteur externe - Exportations22.319.8-1.91.11.0
Secteur externe - Importations-30.9-27.4-1.2-2.9-2.1
Taux de croissance du PIB, en volume--3.03.53.8

Tableau 3: Opérations financières de l'État (en pourcentage du PIB)

 2001200620072008200920102011
Recettes totales (avec dons)17.819.223.721.321.221.822.2
Recettes fiscales13.515.416.917.216.516.717.1
Dons2.52.33.01.72.42.82.7
Autres revenus1.81.53.82.32.32.32.3
Dépenses totales (et prêts nets) (a)19.319.722.223.023.623.523.4
Dépenses courantes11.915.014.615.617.617.617.7
Sans les intérêts11.014.614.415.317.217.317.4
Salaires4.45.55.46.17.37.57.6
Biens et services3.33.83.73.94.14.04.0
Intérêts0.80.40.20.30.40.30.3
Dépenses en Capital7.44.67.55.96.05.85.7
Solde primaire-0.60.01.8-1.4-2.0-1.3-0.9
Solde global-1.4-0.51.6-1.7-2.4-1.6-1.3

Tableau 4 : Comptes courants (en pourcentage du PIB)

Figure 3 : Part de l’encours de la dette extérieure dans le PIB et ratio du service de la dette sur les exportations (en pourcentage)

Tableau 5 : Résultats sommaires

 20012002200320042005200620072008200920102011
Taux de croissance du PIB en volume (incl.Stk)6.24.43.93.12.93.84.65.03.03.53.8
Inflation IPC4.02.51.50.95.43.81.37.94.13.33.0
PIB (échelle $)1832.11913.11987.32049.32108.12187.22288.42402.82477.52569.12671.0
PIB en volume2.52.83.64.14.44.75.56.66.47.68.2
Taux de change732.5696.0580.6528.0527.8522.6479.3447.8489.1440.8440.8

Carte du pays

Grande carte de pays