Vue d'ensemble

Deuxième plus petite économie d’Afrique australe après le Lesotho, le Swaziland va devoir relever de nombreux défis économiques à court et moyen termes. La faiblesse des investissements – sur laquelle viennent se greffer l’expiration du traitement préférentiel de l’Union européenne (UE) dont bénéficiaient les principales exportations du pays (sucre et textiles), le recul de la productivité, la détérioration des recettes commerciales, la faible mobilisation des ressources intérieures ainsi que les effets persistants de la crise économique mondiale – compromet sérieusement l’objectif d’une croissance soutenue. En effet, plusieurs années de croissance en berne ont aggravé la pauvreté et le chômage. En outre, le taux alarmant de prévalence du VIH/Sida de 32.4 % continue de peser lourdement sur les ressources publiques et plafonne la croissance démographique annuelle du pays à environ 0.4 % depuis 1997.

Le Swaziland est membre de la Zone monétaire commune (ZMC). Sa monnaie, le lilangeni (SZL) – dont le cours de change est fixé à parité avec le rand sud-africain (ZAR) – a souffert du ralentissement économique mondial puisque l’économie swazie est étroitement liée à l’économie sud-africaine. Le secteur manufacturier du pays a été le plus durement touché, la quasi-totalité des principales filières manufacturières (ciment, matériel agricole, équipement électronique, production de réfrigérateurs, chaussures, gants, matériel de bureau, confiserie, meubles, verre et briques) ayant pâti du ralentissement des échanges internationaux. L’industrie de la pâte de bois a de surcroît été pénalisée par des incendies de forêt qui ont détruit les sources d’approvisionnement. L’habillement, tributaire des accords commerciaux favorables conclus avec les États-Unis aux termes de la loi sur la croissance et les opportunités économiques en Afrique (African Growth and Opportunity Act – Agoa), a été également touché.

Depuis que l’UE a commencé à supprimer ses subventions sur le sucre en 2007, les exportations de sucre brut et raffiné du Swaziland n’ont cessé de diminuer en valeur. Comme les prix sont fixés aux termes du Protocole sucre avec l’UE, la hausse de près de 60 % des cours mondiaux du sucre en 2009, la plus importante depuis 28 ans (imputable aux mauvaises récoltes du Brésil), n’a eu que peu d’incidence sur la performance du secteur. En outre, l’appréciation du lilangeni a neutralisé la progression des recettes liées aux exportations de sucre. Dans une plus large mesure, les recettes douanières – première source de revenus pour l’État – ont été lourdement pénalisées par l’effondrement des échanges au sein de l’Union douanière de l’Afrique australe (Sacu).

Point positif cependant, l’économie a bénéficié d’une baisse de l’inflation à moyen terme et, partant, de coûts d’emprunt moindres. Véritable moteur de la croissance en 2009, le secteur agricole doit essentiellement son essor à la mise en place du Lower Usuthu Smallholder Irrigation Project (LUSIP – projet d’irrigation à l’intention des petits exploitants du bassin inférieur de l’Usuthu) ainsi qu’à des conditions climatiques favorables.

L’économie swazie a progressé de 2.4 % en 2008 avant de se replier aux alentours de 0.2 % en 2009. Selon les projections pour 2010 et 2011, la croissance devrait rebondir à respectivement 2.2 et 2.4 %, bien en-deçà des 5 % visés par les pouvoirs publics pour réduire la pauvreté de 30 % d’ici 2015. L’inflation a renoué avec un taux à un chiffre, à la suite de l’effondrement du prix des produits de base et grâce à la relative stabilité du lilangeni face au dollar américain (USD).

L’inflation ne devrait pas franchir la barre fatidique des 10 % avant 2011 et ce, malgré le regain de tensions inflationnistes engendrées par la nouvelle hausse des cours pétroliers : elle devrait ainsi passer de 4.6 % en 2009 à 6.9 % en 2010 puis à 10.2 % en 2011. Compte tenu du recul attendu de l’inflation en Afrique du Sud, l’inflation importée devrait rester modeste à moyen terme.

En 2010 et 2011, la croissance du pays – pénalisée par la mauvaise performance des exportations – sera subordonnée à la reprise durable et progressive de l’économie mondiale, la faiblesse des cours du pétrole et des produits de base mais aussi à la reprise des transferts de fonds des travailleurs expatriés, l’afflux d’investissements directs étrangers (IDE) et les versements d’aide publique au développement (APD).

Figure 1 : Taux de croissance du PIB réel et PIB par habitant (USD en PPA à prix courants)

Tableau 1 : Indicateurs macro-économiques

 2008200920102011
Taux de croissance du PIB2.40.22.22.4
Inflation IPC12.74.15.57.2
Balance budgétaire % PIB2.7-3.3-8.3-14.2
Balance courante % PIB-4.4-2.6-5.4-7.4

Développements économiques récents et perspectives

Figure 2 : Ventilation sectorielle du PIB, 2008 (en pourcentage)

La crise économique mondiale a largement pesé sur les résultats du Swaziland en 2009, la croissance du pays atteignant à peine 0.2 %. Les turbulences sur les marchés financiers internationaux ont considérablement freiné la consommation et ébranlé la confiance des investisseurs – deux facteurs qui ont affecté le secteur réel de l’économie swazie en raison du retrait des investisseurs des marchés émergents. La hausse du coût des intrants agricoles et de l’énergie s’est également répercutée sur les coûts de production et de transport.

À 42.3 % du produit intérieur brut (PIB), l’industrie manufacturière demeure le principal moteur de l’économie swazie. Ce secteur s’organise essentiellement autour de quatre filières tournées vers l’exportation : la production de pâte de bois, la transformation de boissons, les conserves de fruits et la transformation du sucre. Le secteur manufacturier aurait progressé de 0.5 % en 2008, avant de se contracter de 4 % en 2009. Les prévisions pour 2010 tablent sur une croissance marginale de 1.5 %, avant plusieurs tassements successifs au cours des années suivantes essentiellement imputables à la seconde onde de choc de la récession mondiale.

La crise mondiale a particulièrement affecté le sous-secteur du bois et de ses produits dérivés. Jusqu’à fin 2009, Usutu Pulp cumulait les titres de principale société de traitement de la pâte de bois et de premier employeur du Swaziland, avec une capacité de production annuelle de 220 000 tonnes de pâte kraft blanchie. En janvier 2010, la direction de Sappi, à Londres, a décidé de liquider Usutu Pulp avec, à la clef, la perte de 550 emplois. D’autres sociétés du secteur ont également été malmenées en 2009. La fermeture de Swazi Paper Mills s’est soldée par la suppression de 223 emplois et la société Peak Timbers s’est séparée de la moitié des 170 personnes qu’elle employait sur son site de plantation de Piggs Peak. D’autres suppressions d’emplois devraient suivre, la fermeture d’Usutu Pulp ayant des répercussions en cascade sur l’économie du pays. La plupart des 250 et quelque sociétés locales qui fournissaient l’usine sont pratiquement condamnées à fermer leurs portes. De même, les pertes de Swaziland Electricity Company auraient atteint quelque 15.6 millions SZL en 2009, alors que Swaziland Railway ainsi que d’autres prestataires de services de transport routier devraient respectivement perdre 7 et 6 millions SZL en 2009.

Pour sa part, la branche habillement et textile se serait séparée de quelque 3 000 emplois en 2009, de 15 000 postes en 2008 à 12 000 mi-2009. Le secteur est essentiellement victime du tassement de la demande mondiale et de la diminution de la production. Sans la dépréciation du lilangeni, qui a permis aux exportations de rester compétitives, les pertes d’emplois auraient pu être encore plus lourdes. En 2000, la branche habillement et textile du Swaziland est devenue éligible à l’Agoa et a bénéficié des dispositions applicables aux vêtements en 2001. Par conséquent, plus de 30 000 emplois ont été créés dans ce secteur, occupés essentiellement par des femmes. Toutefois, bien avant la crise mondiale actuelle, le secteur a connu de sérieux revers en 2005-06, sous l’effet conjugué d’un regain de la concurrence internationale avec l’expiration de l’Accord sur les textiles et les vêtements (ATV) début 2005 et d’un lilangeni fort, qui a pénalisé les exportations.

Si l’agriculture occupe 80 % de la superficie totale du Swaziland et draine 70 % des emplois, elle ne contribue au PIB qu’à hauteur de 7 % à peine. Ce secteur reste fortement lié à l’activité manufacturière. Les deux principales cultures du pays – la canne à sucre et le maïs – sont produites à des fins commerciales. La productivité agricole est largement tributaire du régime foncier dual du pays : d’un côté, les terres relevant du domaine public (Swazi Nation Land – SNL) et, de l’autre, les exploitations agricoles privées (Individual Tenure Farms – ITF). Les premières sont collectivement détenues, généralement non irriguées et la plupart du temps réservées à l’agriculture de subsistance, peu productive. Les principales cultures pratiquées sur les terres du SNL sont le maïs, le coton et le tabac, toutes pénalisées par de mauvaises conditions climatiques. À l’inverse, l’agriculture commerciale, correctement irriguée et à forte productivité, est généralement le fait de propriétaires privés qui se concentrent sur la canne à sucre, les agrumes, le bois d’œuvre et l’ananas. La production agricole des ITF représenterait près des trois quarts de la production totale du pays.

En décembre 2009, les pouvoirs publics ont élaboré une nouvelle politique agricole visant à garantir une meilleure sécurité alimentaire, à développer les moyens de production, les rendements agricoles et les installations d’entreposage, à diversifier les cultures vivrières et commerciales grâce à l’agro-industrie et, enfin, à soutenir la stabilisation des cours ainsi que les programmes pour un meilleur accès au marché.

Le secteur tertiaire, à près de 38 % du PIB, est dominé par la finance et les services bancaires suivis des transports. La branche du tourisme offre de belles perspectives et suscite l’intérêt général en tant que future source de croissance. Selon le Conseil mondial du tourisme et des voyages (WTTC), le tourisme a représenté 7 % du PIB en 2008 et ce, malgré le recul de 3 % cette année-là des voyages d’affaires et privés ainsi que du tourisme. En 2009, les voyages d’affaires et privés sont restés au même niveau. Toutefois, les perspectives 2010 sont bonnes, car le secteur devrait bénéficier de la Coupe du monde de football organisée en Afrique du Sud. Le WTTC table sur une croissance de respectivement 5 et 3 % pour 2010 et 2011. Les pouvoirs publics ont alloué des fonds pour la consolidation de diverses infrastructures afin que le pays puisse bénéficier à plein des retombées de la Coupe du monde.

Tableau 2 : Composantes de la demande

 20012008200920102011
Formation brute de capital22.311.40.91.21.1
Formation brute de capital - Publique6.06.00.40.40.3
Formation brute de capital - Privée16.25.40.50.80.8
Consommation finale91.4102.60.81.20.8
Consommation finale - Publique18.013.80.40.30.3
Consommation finale - Privée73.488.80.40.80.5
Solde extérieur-13.6-14.0-1.5-0.20.4
Secteur externe - Exportations89.360.8-1.01.91.5
Secteur externe - Importations-103.0-74.8-0.5-2.2-1.1
Taux de croissance du PIB, en volume--0.22.22.4

Politiques macro-économiques

Politique budgétaire

Les autorités du Swaziland comptent largement sur la politique budgétaire pour améliorer la stabilité macro-économique. Globalement, cette politique budgétaire vise à soutenir la hausse des taux de croissance, dynamiser l’emploi et fournir aux populations défavorisées et marginalisées les moyens et les infrastructures qui leur permettront de participer à l’économie organisée. Pour autant, la gestion du budget reste globalement mauvaise. Par ailleurs, la politique budgétaire du pays dépend largement des paiements de la Sacu, qui représentent presque 75 % des recettes publiques, en hausse par rapport aux 49 % de 2003/04 et aux plus de 70 % en 2008/09. Pendant plusieurs années, l’augmentation des recettes de la Sacu a permis aux pouvoirs publics de dégager d’importants excédents budgétaires et d’accumuler de considérables réserves de change. Mais depuis le début de la crise économique mondiale, le recul de ces mêmes recettes a grevé la viabilité des politiques budgétaires du Swaziland, exposé à davantage d’incertitudes.

Le ministère des Finances table sur un déficit budgétaire de 1.986 milliard SZL pour l’exercice 2009/10, soit 8 % du PIB. Cette contreperformance marque une dégradation brutale par rapport à l’excédent proche des 10 % de l’exercice 2006/07. Le déficit devrait encore se creuser à moyen terme avant de se stabiliser en 2012/13, avec un taux estimé d’au moins 14 % du PIB pour l’exercice 2010/11 et de 17 % pour 2011/12, principalement imputable au recul attendu des recettes de la Sacu.

Les pouvoirs publics envisagent de financer ces déficits en ayant recours à des sources internes (titres, bons et obligations du trésor) et en réduisant progressivement les réserves. À court terme, le gouvernement prévoit de relever le plafond actuel d’endettement hebdomadaire (10 millions SZL) à 40 millions SZL, pour dégager jusqu’à 520 millions SZL au cours de l’exercice 2010/11. L’émission d’obligations à 2-5 ans devrait en outre rapporter près de 500 millions SZL supplémentaires. Les autorités projettent également d’amender la législation régissant l’emprunt national, dans le but de relever le plafond annuel actuellement fixé à 1 milliard SZL.

Selon le Fonds monétaire international (FMI), le Swaziland devra impérativement s’atteler à réduire ses importants déficits publics à moyen terme. Leur financement par l’épuisement des réserves pourrait engendrer un niveau d’endettement insoutenable. La poursuite des dépenses actuelles compliquera un peu plus le financement du déficit 2010/11 (projeté à 14 % du PIB) à partir du revenu national disponible sans compromettre la croissance du secteur privé ni alourdir la dette.

L’épargne nationale reste modeste et c’est à peine si le pays peut supporter un déficit sans contrevenir aux conditions de réserves requises. Les dépenses de consommation n’ont cessé de progresser pour représenter 102.6 % du PIB en 2008, contre environ 85 % en 2003. Le revenu national disponible a oscillé dans une fourchette comprise entre 105 et 111 % du PIB entre 2003 et 2008, essentiellement soutenu par les transferts courants provenant en partie des recettes de la Sacu. Pour leur part, les investissements ont reculé en termes réels de 20.1 % du PIB en 2002 à 11.4 % en 2008 puis à 10.6 % en 2009.

La masse salariale de la fonction publique constitue l’un des principaux postes de dépenses, à près de 52 % du budget total, soit bien au-delà du seuil conventionnel fixé à 35 %. Les hausses générales de salaires en juillet 2009 (de 12 % en moyenne) sont en partie responsables du niveau intenable des dépenses courantes, avant même l’effondrement brutal et durable des recettes de la Sacu.

Pour le FMI, ces hausses jettent un doute sur l’engagement des pouvoirs publics à maîtriser leurs dépenses, surtout que cette mesure a conduit le ministre des Finances à requérir une enveloppe supplémentaire de 48 millions SZL, en plus des 247 millions SZL complémentaires demandés un peu plus tôt. Les sommes allouées à la fonction publique réduisent les marges de dépenses dans d’autres domaines et restreignent la flexibilité du budget, compromettant par là-même l’efficacité des pouvoirs publics.

Les dépenses en capital engagées au titre de l’exercice 2009/10 ont représenté 27 % des dépenses totales et les dépenses courantes 69 % (dépenses statutaires comprises). Selon le ministère des Finances, les pouvoirs publics ont alloué 44 % du budget aux dépenses sociales pour la santé, l’éducation, la sûreté de l’État et le développement des infrastructures.

Dans le même temps, les pouvoirs publics tablent sur une contraction des recettes de 9 points cumulés de pourcentage du PIB entre l’exercice 2009/10 et 2012/13, dernier exercice couvert par la déclaration de politique budgétaire à moyen terme du pays (Medium Term Budget Policy Statement – MTBPS).

Pour aller de l’avant, les pouvoirs publics devront mobiliser d’importantes ressources intérieures en renforçant le recouvrement des impôts et en élargissant la base d’imposition. Dans le même ordre d’idée, les pouvoirs publics doivent optimiser leur gestion des ressources publiques en concentrant leurs efforts sur une meilleure qualité des dépenses et sur l’allocation de ressources à des programmes sociaux essentiels, dont l’investissement dans le capital humain, afin de stimuler la croissance économique.

Tableau 3: Opérations financières de l'État (en pourcentage du PIB)

 2001200620072008200920102011
Recettes totales (avec dons)31.232.339.436.437.829.223.7
Recettes fiscales28.830.437.734.035.726.220.7
Dons1.11.00.80.80.61.41.5
Dépenses totales (et prêts nets) (a)28.835.730.633.741.137.537.9
Dépenses courantes23.127.423.824.931.028.128.5
Sans les intérêts22.526.323.024.130.027.227.1
Salaires10.214.112.712.416.114.113.8
Biens et services6.56.95.96.26.66.06.2
Intérêts0.61.10.80.81.01.01.4
Dépenses en Capital5.78.37.18.810.19.49.5
Solde primaire3.0-2.39.63.5-2.3-7.3-12.8
Solde global2.4-3.48.82.7-3.3-8.3-14.2

Politique monétaire

Le Swaziland est membre de la ZMC de l’Afrique australe. Comme près de 90 % de ses importations proviennent d’Afrique du Sud, l’inflation du pays est étroitement corrélée à celle de son grand voisin. De manière générale, la banque centrale (Central Bank of Swaziland – CBS) s’efforce de contenir l’inflation dans une fourchette comprise entre 3 et 6 % afin de maintenir la stabilité des prix. Cet objectif est devenu toutefois impossible à tenir depuis 2007, à la suite des tensions inflationnistes engendrées par la flambée des prix des céréales et du pétrole qui ont propulsé l’inflation au-delà du plafond de 6 %. L’inflation a atteint en moyenne 12.6 % en 2008, soit une progression de 4.5 points par rapport à 2007. Un léger fléchissement s’est amorcé au cours des derniers mois de 2008 parallèlement à la modération du prix des denrées alimentaires et des carburants.

L’exercice 2009 a confirmé cette tendance à la baisse, amplifiée par les efforts de la banque centrale sud-africaine (South African Reserve Bank – SARB) pour juguler l’inflation. Fin 2009, l’inflation affichait de nouveau un taux à un chiffre, de 4.1 % en moyenne sur toute l’année. L’inflation devrait remonter à 6.9 % en 2010 puis à 10.2 % en 2011, sachant que la volatilité des cours du pétrole et des denrées alimentaires, la flambée du coût de l’énergie ou un éventuel affaiblissement du rand sud-africain pourront constituer des facteurs inflationnistes supplémentaires.

Alors que l’inflation s’aligne grossièrement sur celle de l’Afrique du Sud, le renchérissement des transports dans ce pays enclavé ainsi que l’alourdissement des denrées alimentaires dans l’indice des prix à la consommation (IPC) du Swaziland tirent l’inflation vers des niveaux supérieurs à ceux de l’Afrique du Sud. À l’issue d’une révision opérée en août 2007, de nouvelles pondérations ont été introduites dans l’IPC du Swaziland : les denrées alimentaires et les boissons non alcoolisées comptent désormais pour 37.7 % (contre 24.5 % avant), suivies par le logement, l’eau, l’électricité, le gaz et les autres carburants qui ressortent à 14.3 % (contre 15.9 % précédemment).

La politique monétaire adoptée pour 2010/11 va très certainement continuer à refléter les développements de l’Afrique du Sud, la CBS fixant essentiellement son taux d’escompte sur le taux de mise en pension de la SARB. La CBS maintient également un différentiel de taux d’intérêt d’une cinquantaine de points de base afin de prévenir tout mouvement spéculatif de capitaux. La vague de baisses agressives opérées par la SARB sur ses taux semble être arrivée à son terme en 2009 alors que la marge de manœuvre de la banque se restreint. Pour sa part, la CBS a abaissé son taux d’escompte à 6.5 % au mois d’août 2009 et reste alignée sur la SARB, les deux institutions se réunissant tous les mois pour définir leur politique monétaire. Le taux d’escompte continuera d’avoisiner les 6.5 % et n’augmentera que modérément à moyen terme afin de contrer tout risque d’échappée inflationniste.

Une observation des fluctuations des principaux agrégats monétaires permet de constater que les crédits accordés au secteur privé ont progressé d’environ 8 % en 2009, tandis que les soldes nets des pouvoirs publics auprès des institutions de dépôt ont reculé de 13.3 %. D’octobre 2008 à octobre 2009, l’offre de monnaie au sens strict (M1) ainsi que les autres dépôts (quasi-monnaie) ont affiché des taux de croissance respectifs de 18.3 et 11.7 %. Enfin, le taux de liquidité bancaire est ressorti à 14.4 % fin 2009, sensiblement au même niveau que celui constaté en 2008.

S’agissant du taux de change, le lilangeni est rattaché à parité au rand sud-africain dans le cadre de la ZMC. Les fluctuations du taux de change sont dès lors essentiellement tributaires des facteurs sous-jacents qui affectent la performance du rand par rapport aux autres devises. Avec la crise économique mondiale, l’Afrique australe a connu des retraits massifs de capitaux, qui ont eu pour premier effet de faire plonger le cours du lilangeni (dans le sillage du rand) et d’amenuiser l’aptitude du pays à couvrir ses coûts d’importation – ce qui a creusé le déficit de la balance commerciale et pénalisé la balance des paiements. De la même manière, la dépréciation du lilangeni par rapport aux principales devises a contribué à alourdir les engagements extérieurs du Swaziland.

Stimulée par l’appréciation du rand – une des devises les plus performantes du marché émergent en 2009 – la position extérieure du Swaziland s’est toutefois redressée, comme l’attestent les chiffres de la dette en juin 2009. De fait, au dernier trimestre 2009, le rand/lilangeni ressortait 20 % plus fort que le dollar américain et a pris près de 15 % sur l’euro. Fin janvier 2010, le lilangeni s’échangeait à 7.6 SZL pour un dollar, contre en moyenne 8.30 SZL en 2008. Les faibles chances de voir significativement augmenter les IDE ainsi que les prévisions de déficit de la balance courante pèseront sur la monnaie pendant l’exercice 2010/11, laquelle devrait se déprécier pour passer en moyenne de 8.54 SZL pour 1 USD en 2009 à 9.34 SZL pour 1 USD en 2010 puis à 9.75 SZL pour 1 USD en 2011. Les deux devises resteront sujettes à d’importantes oscillations à court terme, essentiellement en raison de la frilosité des investisseurs et de l’exposition du lilangeni aux mouvements de capitaux à court terme. Le taux de change devrait encore se déprécier sur le long terme, mais à un rythme moins soutenu, sous l’effet de la reprise anticipée de l’économie américaine et, partant, du renforcement du dollar américain.

En 2009, le Swaziland est parvenu à maintenir sa position de réserves à un niveau supérieur au ratio de couverture des importations de trois mois recommandé au niveau international. De janvier à juin 2009, les réserves du pays ont reculé de 5.4 à 4.2 mois, à la suite de l’appréciation du lilangeni/rand par rapport aux principales devises. Les perspectives à moyen terme sont négatives, les recettes attendues pour les exercices 2009/10 et suivants devant chuter avec la disparition progressive des préférences commerciales octroyées en vertu de l’Accord de Cotonou, arrivé à échéance.

Position extérieure

Le déficit de la balance des paiements courants devrait se creuser pour s’établir à 5.4 % du PIB en 2010 et à 7.4 % en 2011, essentiellement sous l’effet de l’effondrement des recettes provenant de la Sacu et de la poursuite de la crise économique internationale. Les répercussions de cette dernière vont notamment continuer de pénaliser la demande d’exportations en 2010 et 2011, alors que les marchés internationaux ciblés par les biens et services swazis resteront attentistes. Sans surprise, l’Afrique du Sud constitue le principal partenaire commercial du Swaziland, en absorbant 70 % des exportations du pays. Suivent les États-Unis (14 % des exportations totales) et l’UE (15 %). Le Swaziland exporte des agrumes, du sucre et de la viande de bœuf vers l’UE, de la pâte de bois vers le Japon et des produits textiles vers les États-Unis. Compte tenu de la croissance limitée des exportations et du faible prix des produits de base, les comptes courants du pays devraient rester sous pression. De la même manière, le ralentissement persistant de la demande internationale va affecter les emplois, à mesure que les sociétés adopteront des mesures de réduction des coûts, impliquant également une réduction de la production.

En termes d’IDE, les plus importantes sociétés affiliées à des multinationales étrangères se concentrent dans l’industrie (production de denrées alimentaires, de boissons et de pétrole), le secteur tertiaire (BTP et commerce de gros) ainsi que dans la finance et l’assurance (services bancaires essentiellement). Les IDE proviennent traditionnellement de l’Afrique du Sud, du Royaume-Uni, des États-Unis, de l’Australie et de l’UE. Dernièrement, les pouvoirs publics ont tenté d’attirer les investisseurs d’autres pays, notamment de Chine, d’Inde et d’autres pays asiatiques. De manière générale, la crise internationale actuelle a détourné les investisseurs des marchés émergents et le Swaziland n’a pas fait exception.

L’Afrique du Sud compte parmi les pays les plus durement touchés par la récession économique mondiale en Afrique, ce qui a d’importantes répercussions sur ses voisins économiquement tributaires. À court terme, la croissance du PIB sud-africain devrait notamment rester inférieure aux dernières moyennes enregistrées, alors que les pénuries d’électricité et la faiblesse de la demande d’exportations contribuent à freiner la croissance. Néanmoins, les exportations du Swaziland en Afrique du Sud devraient repartir quelque peu au cours de la période 2010/11. Après s’être tassées en 2009, les importations du pays devraient reprendre modestement en 2010, stimulées par la reprise des industries exportatrices, puis se renforcer en 2011. Le déficit du compte des services, qui s’est contracté en 2009 après l’effondrement des coûts liés aux échanges commerciaux et ce, malgré la piètre performance du secteur des services financiers et du tourisme, devrait se creuser en 2010/11 avec l’accélération des importations. De la même manière, alors que les entreprises du textile et de l’habillement sous contrôle étranger voient leurs bénéfices repartir à la hausse, les sorties du compte des recettes devraient vraisemblablement augmenter, contrebalançant de ce fait les importantes entrées de capitaux liées à des investissements étrangers. L’excédent des transferts courants devrait se replier en 2010/11, avec la baisse des recettes de la Sacu.

Néanmoins, si la conjoncture mondiale ne montre aucun signe d’amélioration, toute nouvelle baisse des recettes d’exportation de l’Afrique du Sud, plus particulièrement dans les secteurs minier et manufacturier, aura de graves répercussions sur la croissance du Swaziland à moyen terme. Auquel cas, les secteurs liés, et notamment l’industrie manufacturière, le tourisme et le commerce de détail, seront probablement touchés.

Avec l’expiration de l’Accord de Cotonou en 2007, le Swaziland avait paraphé un accord de partenariat économique (APE) intérimaire avec l’UE, qu’il a fini par signer en juin 2009. L’APE complet, qui prévoit des réductions échelonnées des tarifs douaniers et des quotas d’importation pour l’ensemble des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), aurait dû initialement être finalisé en décembre 2008 au plus tard, mais il fait toujours l’objet de négociations. La conclusion de ces négociations encouragera les IDE en provenance de l’UE. En août 2008, les pays membres de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) ont instauré une zone de libre-échange dans le but de renforcer l’intégration de cette région à travers l’établissement d’une union douanière d’ici 2010. Néanmoins, ces évolutions devraient pénaliser les recettes de la Sacu dont le Swaziland est particulièrement dépendant.

Le Swaziland est par ailleurs également devenu membre signataire d’un accord commercial préférentiel conclu entre la Sacu et le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) en 2009. De même, il a pris part en 2009 au premier sommet tripartite réunissant le Marché commun d’Afrique australe et d’Afrique orientale (Comesa), la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) et la SADC. Le principal objectif de ce sommet est de fournir un cadre d’orientation stratégique et politique en termes de coopération commerciale et de libéralisation économique. Ce sommet tripartite s’est attelé notamment au traitement des pays adhérant simultanément aux trois communautés économiques régionales (17 des 26 pays sont concernés, dont le Swaziland).

La dette extérieure totale du Swaziland (dette privée non garantie incluse) a reculé pour s’établir à 3.39 milliards SZL en septembre 2009, contre 3.98 milliards SZL en septembre 2008, avec l’arrivée à échéance de deux prêts du gouvernement allemand octroyés pour la construction du barrage de Mnjoli et de l’axe routier Mpaka-Siteki. L’appréciation du lilangeni par rapport au dollar américain a également contribué à réduire la dette extérieure du pays. Les pouvoirs publics ont contracté trois nouveaux prêts pour un montant total de 358.9 millions SZL sur l’exercice 2009/10 auprès du Koweït, du fonds Opep et de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (Badea) afin de financer la construction des axes routiers Nhlangano-Sicunusa et Mbadlane-Sikhuphe. Si ces prêts vont certes grever le montant de la dette publique, le Swaziland s’attache à maintenir des niveaux d’endettement viables, bien en-deçà des seuils fixés par le FMI/Banque mondiale. Le ratio dette publique/PIB est ainsi ressorti à 15.7 % en juin 2009, largement en dehors de la fourchette modérée à grave comprise entre 50 et 80 %.

Tableau 4 : Comptes courants (en pourcentage du PIB)

Figure 3 : Part de l’encours de la dette extérieure dans le PIB et ratio du service de la dette sur les exportations (en pourcentage)

Questions structurelles

Développement du secteur privé

L’édition 2010 du rapport Doing Business de la Banque mondiale classe le Swaziland au 115rang sur 183 pays en ce qui concerne la facilité d’entreprendre dans le pays – soit un recul marginal par rapport à la 114place attribuée en 2009. La faiblesse du cadre réglementaire est l’un des principaux facteurs de blocage. Le secteur privé du pays reste freiné dans son développement par divers obstacles, dont l’absence de climat globalement plus propice pour stimuler les investissements et accroître la compétitivité, plus particulièrement pour les petites et moyennes entreprises (PME). Le classement dans l’indice de perception de la corruption établi par Transparency International s’est dégradé, le pays passant de la 72place en 2008 à la 79place en 2009.

Les PME représentent près de 33 % de l’industrie manufacturière et 56 % du commerce du Swaziland. Conscients de leur rôle majeur dans la reprise de la croissance ainsi que dans la création d’emplois, les pouvoirs publics ont élaboré une stratégie détaillée de promotion de développement des PME en 2009. Un des axes prioritaires vise les petits exploitants de la filière sucre, à travers la mise en place d’un fonds de garantie destiné à faciliter l’obtention de financements tout en limitant les risques de crédit pour les banques. Ce programme est financé par l’UE au titre de la stratégie nationale d’adaptation et le fonds est géré par Nedbank, Fincorp et SIDC. Par ailleurs, les pouvoirs publics travaillent en collaboration avec le Fonds international de développement agricole (Fida) à un système dédié pour le financement en zones rurales afin d’aider les PME à bénéficier de services bancaires formels dans le cadre d’un projet pilote, en cours, auquel participent plusieurs institutions financières. Enfin, les pouvoirs publics envisagent d’injecter de nouveaux fonds dans certains organismes spécialisés dans le financement du développement, comme Fincorp, pour mieux soutenir le secteur des PME.

L’agence nationale de promotion des investissements (Swaziland Investment Promotion Authority – Sipa) unit également ses efforts à ceux du ministère du Commerce pour lever certains freins administratifs, procéduraux et réglementaires spécifiques et stimuler les investissements, nationaux comme étrangers, ainsi que la croissance. En outre, les pouvoirs publics focalisent leur attention sur les industries à valeur ajoutée, avec l’instauration et la promotion de systèmes d’intégration verticale et en encourageant l’autonomisation au niveau local par l’entremise des PME. Dans le même ordre d’idée, les pouvoirs publics poursuivent leur objectif de développer des zones industrielles dans les villes de Matsapha, Mankayane, Ngwenya, Nhlangano et Sidvokodvo. Ils sont également en pourparlers avec plusieurs de leurs principaux partenaires économiques afin d’optimiser l’accès des produits swazis aux marchés.

Autres développements récents

Déterminées à s’attaquer à un secteur public inefficace ainsi qu’à la forte incidence de la pauvreté (près de 69 %), les autorités nationales suivent un programme de réformes ambitieuses du secteur public qui s’appuie sur la stratégie de développement national (National Development Strategy – NDS) et sur la stratégie et le plan d’action pour la réduction de la pauvreté (Poverty Reduction Strategy and Action Programme – PRSAP). Le PRSAP a pour principal objectif de réduire la pauvreté de plus de moitié d’ici 2015 pour, in fine, l’éradiquer d’ici 2022. Les pouvoirs publics ont adopté le PRSAP en 2005, un cadre de planification et de budgétisation jusqu’en 2015 ainsi que des documents de référence visant à améliorer l’efficacité et la prestation de services dans la fonction publique.

Le gouvernement reste le principal investisseur dans les infrastructures et envisage de consacrer 410.4 millions SZL à l’achèvement de la construction d’un aéroport international d’ici 2010/11. Les projets visant à achever la construction de la liaison routière entre Mbadlane et Sikhuphe et à rénover l’axe routier Manzini-Mbadlane sont également sur le point d’être finalisés. Par ailleurs, 110 millions SZL supplémentaires ont été alloués aux investissements dans le réseau routier du pays dans le cadre de la MTBPS. Parmi les autres programmes de grands travaux publics figurent également l’achèvement de la bretelle de contournement de Mbabane, la réhabilitation de l’immeuble abritant les services de diffusion et d’information du Swaziland (Swaziland Broadcasting and Information Services – SBIS) ainsi que de l’hôpital de Hlathikulu et la construction de stations de traitement d’eau à Siteki-Lomahasha et Nhlangano. Par ailleurs, la construction de l’axe routier reliant Sicunusa à Nhlangano ainsi que de l’hôpital régional de Lubombo devrait débuter en 2010.

Enfin, soucieux de mieux gérer les dépenses publiques et d’optimiser la mise en œuvre des projets, les pouvoirs publics ont inauguré dans le cadre d’une approche sectorielle des programmes pilotes à inscrire au budget de quatre secteurs, à savoir : la santé, l’éducation, l’agriculture et l’eau et l’assainissement. Des projets visant à élargir cette approche à d’autres secteurs sur le moyen terme sont en attente des évaluations de la phase d’essai. Une telle approche – actuellement défendue par d’importants donneurs dans les économies en développement – vise à mobiliser l’ensemble des parties prenantes concernées (organismes publics et semi-publics, partenaires au développement et autres organismes non gouvernementaux) aux fins d’engager le dialogue et de développer les programmes spécifiques qu’elles mettront en œuvre.

Mobilisation des ressources publiques

Si le Swaziland est parvenu ces dernières années à améliorer sensiblement la mobilisation de ses ressources publiques (comme en témoigne le montant total des recettes publiques), le pays se heurte toujours à certains obstacles d’ordre structurel. Cette situation est largement imputable aux recettes en provenance de la Sacu. Celles-ci ont culminé à 43 % du PIB en 2006/07, contre 33 % en 2005/06, et sont restées élevées en 2008/09, à pratiquement 40 %. Les autres taxes, dont l’impôt sur le revenu et la taxe à la consommation, ont également considérablement augmenté ces dernières années. Les recettes non fiscales, essentiellement composées des revenus immobiliers, des redevances, des amendes et des remboursements de prêts, n’ont contribué qu’à hauteur de 5 % environ aux recettes publiques totales.

Néanmoins, la récession mondiale a révélé la fragilité de la politique budgétaire actuelle du Swaziland, liée notamment à l’effondrement des recettes en provenance de la Sacu dû à des dérogations commerciales fluctuantes, à une proposition de révision du modèle de répartition des recettes ainsi qu’à l’établissement d’une union douanière dans le cadre de la SADC en 2010. En effet, la conjoncture actuelle dans le pays, marquée par la diminution des ressources alors que les besoins ne cessent d’augmenter, a incité les pouvoirs publics à explorer de nouveaux moyens de recouvrement des impôts. Au nombre des tentatives de diversification des recettes publiques figurent, entre autres, l’harmonisation et la consolidation des agences de recouvrement, l’introduction d’une taxe sur la valeur ajoutée (TVA), le déploiement d’un système douanier automatisé (Sydonia) ainsi que la conduite d’un réexamen général de la politique budgétaire du pays.

La dépendance du Swaziland à l’égard des droits de douane est l’une des plus fortes au monde. Le FMI estime que la mobilisation des recettes intérieures n’est pas aussi robuste qu’elle devrait l’être, dans la mesure où la part des recettes hors Sacu ne s’est pas calquée sur la croissance des recettes en provenance de la Sacu. En réalité, le ratio recettes hors Sacu/PIB s’est globalement tassé ces dernières années.

Depuis 2005 environ, la part des recettes de la Sacu dans le PIB du Swaziland a progressé d’environ 8 points de pourcentage. Cette hausse s’explique essentiellement par l’activité économique soutenue de l’Afrique du Sud, synonyme pour le Swaziland d’une assiette de recettes douanières élargie. En outre, l’introduction d’un dispositif de transfert fiscal dans la formule de répartition des recettes de la Sacu en 2005 a profité aux pays membres les moins développés de l’Union comme le Swaziland. Toutefois, avec les premiers effets de la crise économique mondiale, au milieu de l’exercice 2008/09, les recettes de la Sacu ont été immédiatement affectées à mesure que la consommation (et les importations) des produits pesant lourd dans le budget, comme les voitures, les chaussures et les appareils électriques, a amorcé un repli. Résultat, près de 17 % de la mise en commun projetée des recettes de la Sacu (soit 9.4 milliards SZL sur 53 milliards SZL) au début de l’exercice 2008/09 n’étaient pas réalisés. Ce réajustement à la baisse a contraint les États membres de la Sacu de reverser la différence dans le fonds commun, le Swaziland devant s’acquitter d’une facture de 1.4 milliard SZL. Les pouvoirs publics sont convenus d’un accord leur permettant d’engager les 437 millions SZL qui auraient dû leur être reversés à la suite de l’ajustement provoqué par les recouvrements excédentaires des exercices 2006/07 et 2007/08, afin de compenser partiellement cette obligation. Le solde restant de 987 millions SZL sera remboursé sur les parts de recettes de l’exercice 2010/11. Avec ce remboursement, le Swaziland devra notamment abaisser de 21.2 % ses prévisions de 4.8 milliards SZL de recettes en provenance de la Sacu pour 2010/11, à 3.7 milliards SZL.

La deuxième source de rentrées budgétaires du Swaziland provient de l’impôt sur les revenus. L’assiette d’imposition comprend quatre catégories fiscales (entreprises, particuliers, impôt dégressif et autres impôts). Le recouvrement de l’ensemble des recettes fiscales est assuré par la direction des impôts (Department of Taxes) aux termes de l’Ordonnance relative à l’impôt sur les revenus (Income Tax Order) de 1975. Après avoir augmenté, l’impôt sur les revenus devrait diminuer à moyen terme. Selon les prévisions des pouvoirs publics, il avoisinerait 6.1 % en moyenne du PIB par an, en baisse par rapport aux 6.5 % enregistrés en moyenne sur les trois derniers exercices fiscaux (2008/09 à 2010/11). En termes nominaux, les pouvoirs publics prévoient de collecter 1.71 milliard SZL d’impôt sur les revenus en 2010/11, contre 1.65 milliard SZL en 2009/10. Ils tablent également sur un tassement de 2.8 % des recettes fiscales en provenance des entreprises, à 632.6 millions SZL en 2010/11, à la suite du ralentissement économique mondial. Une croissance de 17.6 % est attendue en 2011/12, sous l’impulsion de la reprise économique escomptée et du nouveau service de recouvrement. Les pouvoirs publics prévoient une augmentation régulière du taux d’imposition des sociétés à compter de l’exercice 2012/13 à mesure que le service de recouvrement élargira son champ d’action. L’impôt sur les revenus des particuliers devrait permettre de collecter quelque 1.1 milliard SZL en 2010/11, un montant qui devrait lui-même progresser à moyen terme au taux moyen de 6 %.

La taxe à la consommation occupe également une place importante pour le Swaziland. Son recouvrement est assuré par le service des droits de douane et d’accise (Department of Customs and Excise). Elle s’applique au taux de 14 % sur les services spécialisés ainsi que sur certaines transactions, y compris les importations de marchandises et la vente de biens fabriqués localement. La plupart des alcools et le tabac sont taxés au taux de 20 %. Au cours de ces trois dernières années, la taxe à la consommation a généré des recettes assez soutenues, de 601 millions SZL en 2006/07 à 724.9 millions SZL en 2007/08 (+20.1 %) et 984 millions SZL en 2008/09 (+35 % en glissement annuel). Les pouvoirs publics prévoient d’engranger quelque 1 012.1 millions SZL de taxe à la consommation en 2009/10 et 1 122.5 millions SZL en 2010/11. Toutefois, ils envisagent de remplacer la taxe à la consommation par la TVA en 2012, une décision qui devrait participer à faire considérablement gonfler les recettes publiques puisque qu’elle frappera davantage de produits.

Outre ces sources de revenus, le Swaziland collecte toute une série d’autres taxes de moindre importance, dont les péages routiers, les taxes sur les loteries et les paris ainsi qu’une taxe sur les carburants. Jusqu’en septembre 2009, le pays prélevait également une taxe sur les exportations de sucre. Celle-ci a cependant été supprimée à la suite des changements de statut du sucre en Europe et les derniers paiements ont été effectués le 31 octobre 2009. Le Swaziland ainsi que 17 autres pays ACP exportaient du sucre vers l’UE en vertu du Protocole sucre de 1975 (annexé à l’Accord de Lomé et, ultérieurement, à l’Accord de Cotonou). Aux termes de ce protocole, l’UE s’est engagée à acheter des volumes spécifiques de sucre chaque année à un prix garanti, totalement exonéré de droits d’importation. Néanmoins, pour pouvoir se conformer aux exigences de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), l’UE a dû réajuster son marché intérieur. Le prix du sucre payé par l’Europe a ainsi fait l’objet de réductions progressives afin d’avoisiner les cours pratiqués sur le marché international. Le Swaziland, qui bénéficie d’un important quota d’exportations de sucre brut vers l’UE, a dès lors vu ses recettes reculer. Le pays est le quatrième plus gros fournisseur de sucre de l’UE parmi les pays signataires du Protocole sucre, après l’Île Maurice, les Îles Fidji et la Guyane.

Les pouvoirs publics prélèvent toujours un péage routier aux postes de frontière sur les véhicules et les camions immatriculés à l’étranger qui entrent dans le pays. Ce péage a rapporté quelque 23.8 millions SZL à l’État en 2007/08, avant de légèrement se tasser à 22.9 millions SZL en 2008/09. Les pouvoirs publics tablent toutefois sur une hausse de ces recettes de 17 % en 2009/10, avec l’arrivée massive de touristes. La période prévisionnelle de 2010/11 à 2012/13 devrait être marquée par une hausse de l’inflation de 7.5 %. Ces dernières années, l’État a également profité de la progression des recettes liées aux loteries et aux paris, qui se sont chiffrées en 2008/09 à 19.7 millions SZL, soit une hausse de 45 % par rapport aux 13.5 millions SZL enregistrés en 2007/08. Cette hausse tient principalement au surcroît de participation des joueurs en ligne domiciliés en Afrique du Sud. Toutefois, rien ne garantit le maintien de cette croissance à moyen terme, car l’Afrique du Sud devrait prochainement promulguer une loi visant à légaliser les sites de jeux en ligne. Les joueurs d’Afrique du Sud risquent alors de se détourner du secteur des jeux en ligne du Swaziland, en plein essor. La taxe sur les carburants a, quant à elle, rapporté 62.8 millions SZL en 2007/08, puis 73.9 millions SZL en 2008/09, soit une hausse de 18 % ; elle devrait encore générer quelque 83.2 millions SZL en 2009/10.

 

L’État swazi récupère également des recettes non fiscales, émanant principalement des revenus immobiliers, des remboursements de prêts, des redevances et des amendes lesquelles, une fois cumulées, contribuent à près de 5 % des recettes publiques. Les autorités tablent sur une progression de 7.8 % des recettes non fiscales qui devraient s’élever à 399 millions SZL en 2011/12 et à 431 millions SZL en 2012/13.

La dernière composante des recettes publiques repose sur l’aide des partenaires internationaux de développement, au nombre desquels figurent l’UE, le Taipei chinois, le système et les fonds spéciaux des Nations Unies comme le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (GFATM). Les pouvoirs publics tablent sur une hausse de 31 % de l’aide au développement qui devrait totaliser en 2010/11 quelque 441.2 millions SZL, essentiellement en raison du renfort des aides octroyées par la Commission européenne (CE) et les Nations Unies. Les agences des Nations Unies soutiennent principalement des programmes de lutte contre la pauvreté, un programme d’intégration des questions d’égalité hommes-femmes ainsi que le secteur agricole, par l’entremise d’un programme conjointement financé avec la CE.

Contrairement à de nombreux pays africains, le Swaziland ne dispose pas de direction centralisée du revenu. La décision de créer la Swaziland Revenue Authority, à un stade désormais avancé de mise en œuvre, a été motivée par la nécessité d’explorer d’autres sources de revenus. La loi portant création de cette direction a été adoptée en 2008 ; un inspecteur a été ensuite désigné pour veiller à ce que le service soit pleinement opérationnel d’ici juillet 2010. La direction du revenu, également financée par une subvention de la Banque africaine de développement (BAfD), ouvrira la voie à l’introduction de la TVA au cours de l’exercice fiscal 2011/12. Les pays voisins du Swaziland ayant introduit la TVA font tous état d’un gonflement de leurs recettes de l’ordre de 30 à 40 %. Les pouvoirs publics ont déjà approuvé le cadre politique censé régir l’introduction de la TVA et une équipe rédige actuellement la législation requise à cette fin.

Au nombre des autres avancées notables réalisées en matière de mobilisation des recettes publiques figure l’automatisation complète du service des droits de douane et d’accise, avec l’introduction du programme Sydonia. Ce programme, déployé à Ngwenya, dans les antennes de l’aéroport et de l’Agoa de Matsapha ainsi qu’à Lomahasha et Mhlumeni, devrait optimiser la saisie de données tout en réduisant l’incidence des importations non déclarées ou sous-déclarées à destination du Swaziland. Ce système sera également introduit aux postes-frontière de Lavumisa, Mahamba et Mananga, une fois leur construction et/ou leur rénovation achevée.

En ce qui concerne les recettes non fiscales, les pouvoirs publics ont introduit un guichet unique pour les autorisations d’exercer une activité commerciale, le Trading Licence Computerisation Management System. Ce système devrait améliorer le recouvrement de nombreuses redevances, puisqu’il est relié aux ministères des Affaires intérieures et du Commerce, de l’Industrie et des Échanges. Il oblige tous les demandeurs à produire l’ensemble des pièces nécessaires à leur dossier – document prouvant la nationalité ou permis de travail pour les non-Swazis, attestation justifiant de la régularité de la situation fiscale, justificatif des paiements effectués au titre des redevances d’entreprise, etc. Désormais plus difficiles à manipuler, les recettes générées informatiquement affichent déjà une certaine progression.

Le système de mobilisation des ressources publiques du Swaziland semble en passe de subir d’importantes réformes positives à moyen terme, en partie à cause de la conjoncture internationale plus sévère et de la situation fiscale dans laquelle se trouve le pays. L’assiette fiscale demeure restreinte et, en dépit de quelques améliorations en la matière, les faibles taux de recouvrement soulignent la nécessité d’optimiser de toute urgence l’administration du revenu. Les pouvoirs publics doivent également poursuivre leur exploration de nouvelles sources d’accroissement des recettes en axant plus particulièrement leurs efforts sur l’élargissement de l’assiette fiscale.

Contexte politique

En 2006, le Swaziland a ratifié une nouvelle constitution ayant pour vocation de soutenir la bonne gouvernance, l’État de droit et l’égalité hommes-femmes. Les pouvoirs publics entendent s’attaquer aux problèmes de gouvernance qui ternissent l’image du pays, pour renforcer la confiance des investisseurs. En 2008, le pays a organisé ses premières élections depuis l’adoption de la nouvelle constitution. Elles ont permis de renouveler le parlement, avec l’arrivée de plusieurs nouveaux membres. Le Premier ministre, S.B. Dlamini, a également été reconduit dans ses fonctions.

Pour autant, le pays a encore beaucoup à faire pour mettre en œuvre la constitution. Il doit notamment créer un certain nombre d’agences et d’organismes, réexaminer la législation existante en vertu de la nouvelle constitution et édicter de nouvelles lois. De la même manière, l’instauration des cadres juridiques, des institutions et autres structures nécessaires exigeront des ressources additionnelles. Les pouvoirs publics envisagent d’allouer ces ressources au déploiement de programmes spécifiques, tels qu’une éducation primaire universelle financée par l’État (le programme devrait entrer en vigueur en 2010), un projet de décentralisation, l’établissement de commissions et l’instauration d’un appareil judiciaire et législatif indépendant du gouvernement.

 

 

Contexte social et développement des ressources humaines

Bien que le Swaziland appartienne à la tranche inférieure des pays à revenu intermédiaire, avec un PIB par habitant de 2 251 USD, le pays est freiné dans son développement par divers obstacles, un grand nombre d’entre eux résultant de perspectives économiques pour le moins moroses. Le PIB en volume s’est notamment tassé au cours de ces dix dernières années en restant inférieur au taux annuel d’accroissement de la population, avec pour conséquence une détérioration de la qualité de vie des Swazis. Dans leur politique à moyen terme, les pouvoirs publics entendent mettre la priorité sur la création d’emplois ainsi que sur la revalorisation du revenu national, mais aussi sur l’éducation, les soins de santé, le VIH/Sida et l’éradication de la pauvreté. Les programmes mis en œuvre visent spécifiquement à approvisionner le pays en eau potable et à installer des systèmes d’assainissement mais aussi à garantir la sécurité alimentaire, la protection sociale, le bien-être ainsi que la sécurité nationale, dans le cadre d’une politique budgétaire prudente, de contrôles financiers sérieux et d’une gestion saine.

À ce jour, le Swaziland se situe à l’épicentre de la pandémie mondiale du VIH/Sida et connaît un véritable désastre social dont l’ampleur est considérable. Malgré une stratégie bien conçue, une institution nationale de lutte contre le VIH/Sida solide et un soutien important de la communauté internationale, le pays ne parvient toujours pas à contrôler la situation. Le Swaziland affiche aujourd’hui le plus fort taux de prévalence du VIH (32.4 %), le taux de décès le plus important et l’espérance de vie moyenne la plus faible au monde (31 ans) avec – si rien n’est fait pour enrayer la pandémie – des effets désastreux à long terme pour la survie même du pays. Un tiers des enfants swazis sont orphelins ou vulnérables. La thérapie antirétrovirale (ARV) est désormais dispensée dans les six hôpitaux publics du pays depuis 2006, ainsi que dans cinq centres de santé publique et six installations privées. Néanmoins, selon les Nations Unies, moins de 33 000 personnes auraient reçu des ARV fin 2008. La délivrance de soins adaptés se heurte en effet à l’insuffisance des infrastructures et des ressources humaines. Si près de 80 % de la population vit dans un rayon de 8 kilomètres d’un centre dispensant au moins des soins prénataux, l’accès des populations rurales demeure limité. Le Swaziland ne dénombre que deux médecins pour 10 000 habitants et une infirmière pour 356 personnes. Le recrutement et la fidélisation du personnel sont largement freinés par la médiocrité des conditions de travail ainsi que par les faibles primes et salaires proposés, si bien que la disponibilité de personnel soignant ne cesse de s’amenuiser, en raison des maladies et des décès liés au VIH.

Les pouvoirs publics ont augmenté leur allocation budgétaire au secteur de la santé à 17.2 % en 2009/10, au-dessus du taux de 15 % recommandé dans la Déclaration d’Abuja. Ils ont également engagé un certain nombre d’initiatives destinées à améliorer l’efficacité des soins, en poursuivant leurs efforts de renforcement des structures de santé : construction de nouveaux complexes, comme l’hôpital régional de Lubombo ; achèvement et aménagement de l’hôpital pour les tuberculeux ; construction de logements collectifs ; renforcement des procédures d’achat de matériel médical ; et réhabilitation de l’hôpital gouvernemental de Mbabane.

De manière plus générale, le Swaziland connaît une forte pauvreté chronique, qui se creuse un peu plus face aux inégalités criantes dans la répartition des revenus entre riches et pauvres. Pour autant, le pays n’est pas suffisamment pauvre pour bénéficier d’un programme du FMI. En outre, avec un taux de chômage estimé à 40 % et aucune réforme du marché de l’emploi prévue à court terme, le Swaziland doit s’extirper au plus vite ce qui s’apparente de plus en plus au piège de la croissance lente. Le programme de développement se heurte de surcroît à d’autres complications, dont le surpâturage, l’érosion des sols, les fréquents épisodes de sécheresse ainsi que des inondations occasionnelles.

Au début de l’exercice 2009/10, les pouvoirs publics ont alloué plus de 993 millions SZL à des programmes de lutte contre la pauvreté essentiellement axés sur l’approvisionnement en eau potable et la construction de systèmes d’assainissement, l’octroi d’allocations et de subventions ainsi que le développement de l’industrie agro-alimentaire. Le ministère de l’Agriculture a en outre élaboré un programme national détaillé pour la sécurité alimentaire visant à la fois à fournir des directives claires quant aux stratégies et autres mesures requises pour garantir la sécurité alimentaire du Swaziland et à compléter les initiatives déjà mises en place en matière de lutte contre la pauvreté, de production et de commercialisation des produits agricoles, de gestion de l’environnement, de planification préalable des catastrophes et d’accès à l’eau et à l’assainissement.

Tableau 5 : Résultats sommaires

 20012002200320042005200620072008200920102011
Taux de croissance du PIB en volume (incl.Stk)1.21.82.22.92.53.33.52.40.22.22.4
Inflation IPC6.911.77.43.44.85.38.112.74.15.57.2
PIB (échelle $)11110.611308.111561.411897.412190.512593.113034.413341.613368.813685.214038.1
PIB en volume1290.61174.11795.92281.62523.82947.93053.82933.02905.22987.83032.8
Taux de change8.610.57.66.56.46.87.08.38.58.99.4

Figure 1 : Taux de croissance du PIB réel et PIB par habitant (USD en PPA à prix courants)

Tableau 1 : Indicateurs macro-économiques

 2008200920102011
Taux de croissance du PIB2.40.22.22.4
Inflation IPC12.74.15.57.2
Balance budgétaire % PIB2.7-3.3-8.3-14.2
Balance courante % PIB-4.4-2.6-5.4-7.4

Figure 2 : Ventilation sectorielle du PIB, 2008 (en pourcentage)

Tableau 2 : Composantes de la demande

 20012008200920102011
Formation brute de capital22.311.40.91.21.1
Formation brute de capital - Publique6.06.00.40.40.3
Formation brute de capital - Privée16.25.40.50.80.8
Consommation finale91.4102.60.81.20.8
Consommation finale - Publique18.013.80.40.30.3
Consommation finale - Privée73.488.80.40.80.5
Solde extérieur-13.6-14.0-1.5-0.20.4
Secteur externe - Exportations89.360.8-1.01.91.5
Secteur externe - Importations-103.0-74.8-0.5-2.2-1.1
Taux de croissance du PIB, en volume--0.22.22.4

Tableau 3: Opérations financières de l'État (en pourcentage du PIB)

 2001200620072008200920102011
Recettes totales (avec dons)31.232.339.436.437.829.223.7
Recettes fiscales28.830.437.734.035.726.220.7
Dons1.11.00.80.80.61.41.5
Dépenses totales (et prêts nets) (a)28.835.730.633.741.137.537.9
Dépenses courantes23.127.423.824.931.028.128.5
Sans les intérêts22.526.323.024.130.027.227.1
Salaires10.214.112.712.416.114.113.8
Biens et services6.56.95.96.26.66.06.2
Intérêts0.61.10.80.81.01.01.4
Dépenses en Capital5.78.37.18.810.19.49.5
Solde primaire3.0-2.39.63.5-2.3-7.3-12.8
Solde global2.4-3.48.82.7-3.3-8.3-14.2

Tableau 4 : Comptes courants (en pourcentage du PIB)

Figure 3 : Part de l’encours de la dette extérieure dans le PIB et ratio du service de la dette sur les exportations (en pourcentage)

Tableau 5 : Résultats sommaires

 20012002200320042005200620072008200920102011
Taux de croissance du PIB en volume (incl.Stk)1.21.82.22.92.53.33.52.40.22.22.4
Inflation IPC6.911.77.43.44.85.38.112.74.15.57.2
PIB (échelle $)11110.611308.111561.411897.412190.512593.113034.413341.613368.813685.214038.1
PIB en volume1290.61174.11795.92281.62523.82947.93053.82933.02905.22987.83032.8
Taux de change8.610.57.66.56.46.87.08.38.58.99.4

Carte du pays

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