Botswana
Vue d'ensemble
La crise économique mondiale a eu un effet dévastateur sur l’économie botswanaise, principalement parce que celle-ci dépend en très grande partie du secteur minier, à hauteur de plus d'un tiers du produit intérieur brut (PIB), et tout particulièrement des exportations de diamants. L’effondrement de la demande de cette production a imposé la suspension des activités extractives fin 2008 et début 2009. Les branches non minières ont été moins touchées. Le secteur bancaire du pays, qui est relativement isolé du système financier international, a été protégé, dans une certaine mesure, des effets de la crise. D’autres segments du secteur privé ont bénéficié du relèvement des dépenses publiques. Néanmoins, l’écroulement de la production de diamants a provoqué un important recul du PIB au premier trimestre 2009. Lorsque cette production a repris au deuxième trimestre, l’économie du pays s’est redressée mais, en raison du net repli au trimestre précédent, on estime que le PIB s’est affaissé de 4 % en 2009 par rapport à 2008. En 2010, les mines devraient continuer de tirer parti de la reprise mondiale. Dans le même temps, l’État commence à comprimer ses dépenses pour assurer la soutenabilité de son budget sur le long terme. L’économie va donc renouer avec la croissance, avec un taux de 3.4 % en 2010 et de 3.1 % en 2011, grâce aux exportations de minerais et aux services.
Pour atténuer l’impact de la crise, les pouvoirs publics ont appliqué une politique monétaire et budgétaire modérément contracyclique. Sur le plan budgétaire, étant donné qu’environ les deux tiers des recettes publiques proviennent des diamants, la chute de la production de ce secteur a causé de substantielles pertes de revenus. Cependant, les excédents budgétaires enregistrés sur les exercices antérieurs et l’ampleur des réserves de change ont permis au pays de maintenir ses grands programmes de dépenses dans le budget 2009/10. Seuls quelques projets de développement ont été réduits ou différés du fait des tensions budgétaires. Ainsi, le Botswana a évité de mener une politique procyclique, qui aurait aggravé la récession, mais au prix d’un déficit, le premier depuis 2003. Le solde budgétaire s’est dégradé de quelque dix points de pourcentage du PIB : après un excédent de 5 % en 2008, il a affiché un déficit de 5.4 % en 2009. Soucieux d’étoffer son budget et de financer ses projets de développement, l’État a contracté en 2009 un prêt d’appui budgétaire général auprès de la Banque africaine de développement (BAfD) d’un montant de 1.5 milliard de dollars (USD).
Les pouvoirs publics ont assoupli la politique monétaire en abaissant le taux d’intérêt de référence et en augmentant le crédit, de façon à dynamiser les activités économiques non minières. Parallèlement, les autorités monétaires ont cherché à provoquer une baisse de l’inflation, dont le taux dépassait 10 %. La décrue des prix de l’énergie et de l’alimentation a facilité la réalisation de cet objectif, puisque l’indice est passé sous la barre des 6 % vers fin 2009, entrant ainsi dans la fourchette ciblée (entre 3 % et 6 %).
Parmi les dernières initiatives des pouvoirs publics figure la création d’un pôle transports (l’un des six organismes de coordination sectorielle, ou « hubs », destinés à encourager la diversification de l’économie et la croissance durable) visant à promouvoir la construction du pont de Kazungula, du port sec de Walvis Bay (en Namibie), de la ligne de chemin de fer Trans-Kalahari et d’autres projets. D’importants progrès sont également réalisés sur la voie des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), surtout dans la santé et l’éducation. En revanche, le plan directeur de l’agence d’évaluation et de privatisation des entreprises publiques (Public Enterprise Evaluation and Privatisation – PEEPA) a subi de nouveaux retards.
Concernant la mobilisation des ressources, le Botswana finance son développement économique sur ses ressources internes plutôt que par des entrées de capitaux ou d’aides de l’étranger. L’épargne nationale est relativement élevée et n’a cessé de progresser au fil des ans grâce à la robuste croissance des recettes tirées des diamants, jusqu’à la crise récente, et aux efforts soutenus accomplis par l’État pour accumuler des réserves grâce aux excédents du budget et de la balance courante. L’épargne nationale ne pèse donc pas sur le financement de l’investissement intérieur. À l’avenir, toutefois, les entrées de capitaux sont susceptibles d’augmenter, car le Botswana poursuit sa diversification économique en ne misant plus uniquement sur les activités minières. Il a récemment annoncé un relèvement de deux points de pourcentage de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), dans l’optique de stimuler ses recettes internes.
Outre le manque à gagner immédiat, l’économie botswanaise sera probablement confrontée à des difficultés économiques considérables dans les prochaines années. À brève échéance, les autorités devront soutenir la reprise tant que le marché mondial du diamant ne se sera pas pleinement rétabli. Il faudra remédier aux problèmes structurels afin de diversifier l’économie et d’exploiter le potentiel de croissance. Malgré les nombreuses tentatives déployées au fil des ans pour mettre à niveau le socle national de compétences, l’offre de main-d’œuvre qualifiée est inférieure à la demande, ce qui entrave fortement les efforts destinés à diversifier l’économie et à la placer sur une trajectoire de croissance plus vigoureuse. Le déficit de compétences empêche de pourvoir les postes qualifiés, et le chômage est élevé, surtout parmi les jeunes. En 2005/06, selon un rapport du bureau central des statistiques de 2008, le taux de chômage dépassait 60 % chez les 15-19 ans et avoisinait 45 % parmi les 20-24 ans. Ce document souligne également la grande vulnérabilité de ces tranches d’âge au VIH/Sida.
Figure 1 : Taux de croissance du PIB réel et PIB par habitant (USD en PPA à prix courants)
Tableau 1 : Indicateurs macro-économiques
| 2008 | 2009 | 2010 | 2011 | |
|---|---|---|---|---|
| Taux de croissance du PIB | 2.9 | -4.0 | 3.4 | 3.1 |
| Inflation IPC | 12.6 | 8.2 | 6.8 | 5.1 |
| Balance budgétaire % PIB | 5.0 | -5.4 | -4.9 | -4.8 |
| Balance courante % PIB | 6.3 | -4.2 | -4.4 | -3.2 |
Développements économiques récents et perspectives
Figure 2 : Ventilation sectorielle du PIB, 2008 (en pourcentage)
La structure de l’économie n’a quasiment pas évolué ces dernières années. Les activités minières restent prédominantes, suivies des services, et tous les autres secteurs n’apportent qu’une contribution minime.
L’industrie extractive génère plus d’un tiers du PIB total. Outre les diamants, principale matière première destinée à l’international, le Botswana exporte du cuivre et du nickel. C’est ce qui explique que, lors de la crise mondiale, son économie a été durement touchée par l’effondrement de la demande et des prix des matières premières, en particulier des diamants. Cette chute brutale avait commencé à peser sur le pays au second semestre 2008, et le choc a culminé au premier trimestre 2009, lorsque les exportations de diamants bostwanais ont été réduites d’environ 70 % et le PIB de quelque 20 % par rapport à l’année précédente.
Les branches non minières, surtout les services, ont bien résisté, avec une expansion de près de 12 % de leur production en 2009. Les banques, l’assurance et les services aux entreprises, l’administration publique générale, ainsi que les hôtels et restaurants, ont compté parmi les plus importants contributeurs à la hausse du PIB.
Au deuxième trimestre 2009, le Botswana a paru avoir surmonté sa période de croissance négative (même si ce rétablissement reste à confirmer sur le long terme) : les compagnies minières ont repris la production et le PIB trimestriel a affiché une progression voisine de 20 % par rapport au premier trimestre. D’après les estimations, le PIB s’est globalement contracté de 4 % en 2009, mais la reprise mondiale devrait inverser ce mouvement et permettre à l’économie botswanaise de gagner 3.4 % en 2010 et 3.1 % en 2011.
Cette croissance devrait essentiellement être tirée par les exportations de minerais et par les services, à supposer que la demande étrangère de produits miniers augmente avec le redressement de l’économie mondiale et que la dynamique de croissance des activités non minières se maintienne. Après avoir reculé en 2009, l’investissement va remonter à la faveur de la hausse des exportations et de la progression des services. En revanche, la consommation croîtra à un rythme modeste et le solde de la balance courante ne s’améliorera que légèrement en 2011.
Tableau 2 : Composantes de la demande
| 2001 | 2008 | 2009 | 2010 | 2011 | |
|---|---|---|---|---|---|
| Formation brute de capital | 25.8 | 47.9 | -2.2 | 3.1 | 2.2 |
| Formation brute de capital - Publique | 10.7 | 15.3 | 4.2 | 2.2 | 0.7 |
| Formation brute de capital - Privée | 15.0 | 32.6 | -6.4 | 0.9 | 1.5 |
| Consommation finale | 65.3 | 52.2 | 1.7 | 1.5 | 0.2 |
| Consommation finale - Publique | 19.9 | 17.6 | 1.6 | 1.2 | 0.2 |
| Consommation finale - Privée | 45.4 | 34.6 | 0.2 | 0.3 | 0.0 |
| Solde extérieur | 8.9 | -0.1 | -3.6 | -1.2 | 0.7 |
| Secteur externe - Exportations | 44.3 | 42.0 | -4.7 | 1.0 | 1.7 |
| Secteur externe - Importations | -35.4 | -42.1 | 1.1 | -2.2 | -1.1 |
| Taux de croissance du PIB, en volume | - | - | -4.0 | 3.4 | 3.1 |
Politiques macro-économiques
Politique budgétaire
La crise financière mondiale a frappé directement le budget du Botswana, sous la forme d’un repli des recettes d’exportation des matières premières, et en premier lieu des diamants. Au total, les recettes publiques ont chuté de quelque 18 % sur l’exercice 2009/10, avec, pour celles tirées des taxes et redevances sur les minerais, un recul représentant 5 points de pourcentage du PIB (leur part est ainsi tombée de 17 % à 12 % du PIB).
L’ensemble des recettes et dons s’est affaissé, passant de 37.2 % du PIB en 2008 à 34.8 % en 2009, tandis que la proportion des dépenses dans le PIB passait de 32.3 % à 40.2 %. Il en a résulté une dégradation du solde budgétaire de plus de 10 points de pourcentage : après un excédent d’environ 5 % en 2008, ce solde est devenu déficitaire de 5.4 % en 2009.
L’essentiel de ce déficit budgétaire a été financé sur les ressources intérieures, via la vente de titres obligataires à la Bourse du Botswana et l’utilisation d’une partie des réserves. En outre, l’État a emprunté 1.5 milliard USD à la BAfD, dans le cadre d’un appui budgétaire général. Pour combler ce manque à gagner et/ou financer de futurs volumes de recettes insuffisants, il a annoncé que le taux de la TVA serait porté de 10 % à 12 % au 1er avril 2010.
Du côté des dépenses, les autorités prévoient un certain nombre de mesures d’austérité, destinées à faciliter le processus d’ajustement imposé par le recul des recettes minières en 2009/10. Elles consisteront à limiter le développement de la flotte de véhicules et à ne pas augmenter les dépenses relatives aux déplacements et aux recrutements dans la fonction publique, à l’exception de quelques domaines critiques tels que la construction d’écoles primaires, l’édification ou la modernisation de structures de santé et le nouveau dispositif axé sur l’intégration des diplômés de l’université dans l’économie et sur le renforcement de leurs compétences (National Internship Programme).
Ces efforts de dynamisation des recettes et de compression des coûts ne devraient toutefois pas suffire à apaiser les inquiétudes quant à la pérennité des finances publiques. Étant donné que ses réserves de change ne couvrent que 20 mois d’importations et que son économie ne devrait se redresser que modérément, le Botswana restera confronté à un grave problème de viabilité budgétaire sur la durée.
Dans son projet de budget pour 2010/11, le gouvernement table sur une contribution de la taxe sur les recettes non minières à hauteur de 24.4 % des recettes totales, suivie des recettes minières (23.9 %) et des droits de douane et d’accise (18.9 %). Même si les recettes minières devraient remonter par rapport à leur bas niveau de 2009/10, elles n’atteindront pas le niveau de 2008/09. De surcroît, le flux des recettes provenant de l’Union douanière d’Afrique australe (Southern African Customs Union – SACU) devrait diminuer dans les prochaines années.
Tableau 3: Opérations financières de l'État (en pourcentage du PIB)
| 2001 | 2006 | 2007 | 2008 | 2009 | 2010 | 2011 | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Recettes totales (avec dons) | 32.4 | 40.2 | 37.2 | 34.8 | 32.6 | - | - |
| Recettes fiscales | 29.0 | 37.0 | 33.5 | 30.2 | 29.1 | - | - |
| Dons | 0.5 | 0.7 | 0.8 | 0.7 | 0.6 | - | - |
| Autres revenus | 2.8 | 2.5 | 3.0 | 3.9 | 2.8 | - | - |
| Dépenses totales (et prêts nets) (a) | 37.2 | 28.9 | 32.3 | 40.2 | 37.5 | - | - |
| Dépenses courantes | 25.7 | 23.4 | 24.3 | 27.2 | 26.0 | - | - |
| Sans les intérêts | 25.4 | 23.0 | 24.2 | 27.0 | 25.8 | - | - |
| Salaires | 8.2 | 8.5 | 8.7 | 9.1 | 8.6 | - | - |
| Biens et services | 13.6 | 11.4 | 12.6 | 14.4 | 13.6 | - | - |
| Intérêts | 0.2 | 0.3 | 0.2 | 0.3 | 0.3 | - | - |
| Dépenses en Capital | 11.8 | 5.9 | 8.3 | 13.1 | 11.7 | - | - |
| Solde primaire | -4.6 | 11.6 | 5.1 | -5.1 | -4.7 | - | - |
| Solde global | -4.8 | 11.2 | 5.0 | -5.4 | -4.9 | - | - |
Politique monétaire
En 2009, la politique monétaire de la Banque du Botswana (Bank of Botswana – BoB) a principalement eu pour finalité de ramener l’inflation du niveau à deux chiffres atteint fin 2008 à la fourchette cible de 3 % à 6 %, tout en donnant une impulsion à l’économie. L’objectif de désinflation a été atteint, pour l’essentiel grâce au repli des prix des carburants et des produits alimentaires. L’inflation était descendue à 5 % en novembre 2009, avant de remonter à 5.8 % en décembre. D’après les prévisions, elle se maintiendra à proximité de la fourchette cible, malgré des risques de hausse, compte tenu de la volatilité des prix du pétrole et de l’alimentation.
La BoB s’est efforcée d’atteindre son autre objectif, l’atténuation des effets délétères de la crise financière, en abaissant de 550 points de base son taux d’intérêt de référence entre décembre 2008 et décembre 2009. Grâce à la diminution du coût de l’emprunt et à une politique monétaire plus souple, le total des prêts aux secteurs public et privé affichait une augmentation d’environ 10 % en glissement annuel à l’automne 2009. La BoB espérait ainsi accélérer la demande intérieure en stimulant les dépenses de consommation et d’investissement, et, in fine, contrecarrer les répercussions de la crise.
En résumé, la BoB a poursuivi les buts énoncés dans sa déclaration de politique monétaire de février 2009, à savoir : réagir à toutes les évolutions économiques et financières de façon à stabiliser les prix à moyen terme, sans saper les bases d’une croissance économique durable. Globalement, en 2009, elle a atteint son objectif de désinflation, à la faveur de la décrue des prix de l’alimentation et de l’énergie. Elle a aussi atténué l’impact potentiel de la crise financière en procédant à un assouplissement monétaire.
Position extérieure
En 2009, la monnaie du Botswana, le pula (BWP), s’est appréciée de 12.7 % et de 11.1 % par rapport, respectivement, au dollar des États-Unis et aux droits de tirage spéciaux, mais elle a cédé 11 % face au rand sud-africain. Le taux de change effectif réel a modérément fléchi (2.7 %). Avec la baisse de l’inflation et la reprise économique, il devrait rester relativement stable et ne diminuer que marginalement en 2010 et 2011.
En 2009, après un important excédent en 2008, le solde de la balance courante a affiché un déficit, imputable au recul des exportations et à la légère hausse des importations. En conséquence, fin 2009, les réserves de change ne couvraient plus que 20 mois d’importations de biens et services. Tant la balance commerciale que la balance courante demeureront déficitaires sur la période couverte par les projections, ne s’améliorant que faiblement en 2011 grâce à la remontée des exportations.
Tableau 4 : Comptes courants (en pourcentage du PIB)
| 2001 | 2006 | 2007 | 2008 | 2009 | 2010 | 2011 | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Balance commerciale | 11.8 | 16.9 | 13.1 | 2.0 | -6.9 | -7.2 | -5.8 |
| Exportations de biens (f.o.b.) | 38.4 | 40.2 | 40.7 | 35.2 | 26.8 | 27.8 | 29.0 |
| Importations de biens (f.o.b.) | 26.6 | 23.2 | 27.6 | 33.3 | 33.7 | 35.0 | 34.8 |
| Services | -2.9 | -0.6 | -1.5 | -1.3 | -1.4 | -1.2 | -1.1 |
| Revenu des facteurs | -2.3 | -6.9 | -6.0 | -1.9 | -2.3 | -2.2 | -2.1 |
| Transferts courants | 3.3 | 7.7 | 9.0 | 7.6 | 6.4 | 6.3 | 5.8 |
| Solde des comptes courants | 9.9 | 17.2 | 14.7 | 6.3 | -4.2 | -4.4 | -3.2 |
Figure 3 : Part de l’encours de la dette extérieure dans le PIB et ratio du service de la dette sur les exportations (en pourcentage)
Questions structurelles
Développement du secteur privé
L’environnement d’affaires du Botswana est attrayant. Le taux de change est libéralisé, le fardeau fiscal qui pèse sur les entreprises privées est léger en comparaison du reste de la région, et diverses autres politiques sont favorables au marché. Dans le rapport Doing Business 2010 de la Banque mondiale, le pays est classé 45e sur 183 économies, ce qui correspond à la troisième place en Afrique, derrière Maurice (17e) et l’Afrique du Sud (34e). Le Botswana occupe un rang inférieur à celui de 2009 (39e) mais supérieur à celui de 2008 (52e). De même, dans l’indice de la gouvernance des pays africains établi par la Fondation Mo Ibrahim, il se place 4e, derrière Maurice, le Cap-Vert et les Seychelles, mais devant l’Afrique du Sud et la Namibie. Au vu de ces scores relativement favorables, le Botswana jouit d’un important potentiel pour attirer les investissements direct étranger (IDE), un potentiel qui, à l’heure actuelle, n’est pas pleinement exploité.
Dans le cadre de son programme de réformes, l’État cherche à faciliter l’accès du secteur privé au crédit. Cependant, malgré les tentatives de réforme et le bon classement du Botswana sur la scène mondiale, les sociétés du pays (en particulier les micro-entreprises et les petites et moyennes entreprises) peinent encore à obtenir un fonds de roulement pour financer leurs opérations, en raison des exigences très strictes des banques commerciales. Bien que le Botswana ait instauré certains organismes, tels que l’agence de développement de l’entreprenariat citoyen (Citizen Entrepreneurial Development Agency), visant à aider les entreprises à se financer, la pénurie de capitaux reste un problème. Le salon Global Expo Botswana fait partie des initiatives lancées par les autorités nationales afin de soutenir le secteur privé. Il offre à la fois aux exposants et aux visiteurs l’opportunité unique de promouvoir leurs activités et d’améliorer leurs perspectives, de façon à stimuler les échanges commerciaux intrarégionaux. Cette plateforme permet de drainer des IDE, de favoriser les co-entreprises entre investisseurs locaux et étrangers et de faciliter l’accès des firmes internationales au marché botswanais.
La sphère financière se développe au fil des ans, et l’État encourage son expansion, car il estime qu’elle peut devenir l’un des moteurs de la croissance du pays et une composante de l’effort de diversification. En septembre 2009, le groupe néerlandais ABN AMRO, première banque des diamantaires et 12e banque mondiale, a ouvert une succursale au Botswana. Ce groupe devrait ainsi apporter le financement indispensable à la dynamisation de cette branche. Son implantation au Botswana a constitué une étape importante dans la création du pôle diamantaire (Diamond Hub), une initiative gouvernementale qui vise à faire passer le pays du statut de simple producteur de diamants bruts à celui de centre diamantaire mondial participant également à la transformation et au commerce de ces produits.
Au deuxième trimestre 2009, la Bourse du Botswana (Botswana Stock Exchange – BSE) a engagé des discussions avec ABSA Capital (Afrique du Sud) dans l’optique de coter des fonds indiciels (exchange-traded funds – ETF) reposant sur l’or. ABSA Capital a ultérieurement organisé des présentations à l’intention de gérants de fonds, de courtiers et d’autres parties intéressées, pour les informer des avantages et des risques associés aux investissements dans des ETF. La BSE souhaite qu’ABSA Capital permette la double cotation d’un ETF or au Botswana et à la Bourse de Johannesburg. Elle poursuit également des négociations avec Capital Asset Management et Satrix Managers Pty Ltd. en vue de coter le fonds indiciel Satrix 40.
Autres développements récents
Bien que le Botswana n’ait pas déployé une politique de décentralisation intégrale, il a pris plusieurs initiatives pour déréglementer certaines fonctions et déléguer des pouvoirs aux échelons infra-nationaux. Néanmoins, malgré des avancées significatives, il doit encore surmonter différents obstacles pour rendre la décentralisation plus efficace, tout particulièrement en ce qui concerne la gouvernance locale. Les difficultés sont liées au manque de ressources humaines et financières, à la faible participation de la population, ainsi qu’à l’insuffisance de la coordination entre administration centrale et locale dans la planification et la gestion du développement.
L’un des grands problèmes structurels est l’absence de mécanisme efficace de suivi et d’évaluation des entreprises publiques, malgré une cellule de suivi de ces entités (Public Enterprises Monitoring Unit – PEMU), qui relève du ministère des Finances et de la Planification du développement. La PEMU est chargée d’observer les performances du secteur public, en collaboration avec l’agence d’évaluation et de privatisation des entreprises publiques (PEEPA).
La PEEPA rencontre des difficultés considérables depuis sa création, car elle n’a jamais été officiellement institutionnalisée. De plus, aucun texte de loi ni aucun cadre réglementaire n’a été instauré pour guider les privatisations. Le plan directeur de la PEEPA en la matière n’a cessé d’être retardé, et l’État a mis cinq ans à le valider. De fait, il suscite une très forte résistance. Ainsi, depuis dix ans que cet organisme existe, pas une seule entreprise publique n’a été privatisée.
Tant les privatisations que la décentralisation demeurent des préoccupations de premier plan pour les autorités botswanaises. Afin de faciliter ces deux processus, des lignes directrices relatives aux partenariats public-privé ont été approuvées en juin 2009, et le projet de budget pour 2010/11 appelle à poursuivre résolument les privatisations. L’opérateur de télécommunications Botswana Telecommunication Corporation figure sur la liste des privatisables.
S’agissant de l’infrastructure, les pouvoirs publics ont constitué le pôle transports (Transport Hub), destiné à renforcer la connectivité des transports, à la fois dans le pays et vis-à-vis de l’extérieur. Au nombre des projets actuels et planifiés pour ce pôle figurent le pont de Kazungula, le port sec de Walvis Bay (en Namibie), la ligne de chemin de fer Trans-Kalahari et les liaisons ferroviaires Mmamabula-Ellisras et Mosetse-Kazungula, ainsi que la remise en état des grands aéroports dans le cadre de la stratégie du « ciel ouvert », l’objectif étant d’attirer les transporteurs internationaux.
Le projet de fibre optique Trans-Kalahari a été achevé en 2008. Il devrait permettre aux principales villes et aux gros villages de disposer d’une excellente infrastructure de télécommunications, tout en assurant la connectivité du Botswana avec les pays voisins. Le projet Nteletsa II, déployé dans tout le pays, assurera l’accès des populations rurales aux services de télécommunications, Internet y compris. D’ici la fin de l’exercice budgétaire 2009/10, 100 villages supplémentaires, dans plusieurs districts (Central, Kgatleng, Kweneng, Sud et Kgalagadi), devraient être raccordés au réseau téléphonique.
L’État continue d’investir pour offrir des services de médias fiables et efficaces. Au total, 19 antennes-relais doivent être mises en service, ce qui devrait porter les taux d’accès à la radiodiffusion et à la télévision, respectivement, de 80 à 90 % et de 40 à 75 %.
Les principaux problèmes environnementaux du Botswana sont l’épuisement des ressources hydriques, la dégradation et la désertification des parcours pastoraux, la surexploitation des forêts et du veld (steppe du sud de l’Afrique), la diminution de la population de certaines espèces, l’assainissement et la gestion des déchets, et tout particulièrement la pollution (des sols, de l’eau et de l’air), et l’impact du changement climatique mondial.
Le Botswana s’attache à atteindre l’OMD 7, afin d’assurer sa viabilité environnementale à travers un certain nombre d’initiatives et de projets. Ainsi, l’initiative Green Scorpion (scorpion vert) dont la phase pilote s’est déroulée dans le cadre du neuvième plan de développement national, est désormais déployée au niveau des districts du pays. Des agents, les Green Scorpions, sont chargés de missions ayant trait à l’environnement : surveillance de la combustion des déchets et lutte contre les incendies dans le veld, contre les décharges sauvages et contre les risques sanitaires menaçant la sécurité publique et l’environnement. Le ministère de l’Environnement du Botswana poursuit le programme de plantation accélérée d’arbres, qui, depuis son lancement en 2008, a permis de planter 49 000 pousses dans tout le pays, avec la participation des populations et de 159 écoles. Cherchant à adopter une approche globale pour l’intégration du développement et de la gestion des ressources, le ministère a également établi un système d’information sur l’environnement.
Plusieurs projets visant à réduire la pollution des eaux souterraines et à améliorer la santé publique sont en cours. Ainsi, dans la ville de Gaborone, l’amélioration du réseau d’égouts devrait être achevée en août 2012, et la capacité de l’usine d’épuration relevée d’ici à février 2010. Parmi les autres grands programmes figurent l’infrastructure d’assainissement de Francistown, terminée en novembre 2009, et le réseau d’égouts de Selibe-Phikwe, dont l’achèvement est prévu pour mars 2010.
Il y a quarante ans, l’agriculture constituait le pilier de l’économie botswanaise, avec une contribution d’environ 30 % au PIB, mais cette part était tombée en deçà de 2 % en 2008. Les piètres performances de ce secteur sont imputables à des aléas naturels tels que des épisodes de sécheresse et des inondations, ou des épizooties, mais aussi au manque d’infrastructures de base et à un accès insuffisant aux marchés.
L’État a mis en place un pôle agricole (Agriculture Hub) pour promouvoir la commercialisation et la diversification de ce secteuret accroître la sécurité alimentaire. Les principaux projets de cette structure concernent la troisième phase du plan directeur pour le développement des cultures arables et de l’élevage laitier (National Agricultural Master Plan for Arable Agriculture and Dairy Development – NAMPAADD), le développement agro-commercial intégré autour du Zambèze (Zambezi Agro-Commercial Integrated Development Project) et les efforts d’amélioration du cheptel bovin du pays, avec, entre autres, la restructuration de la commission de la viande (Botswana Meat Commission) et la réorganisation de Banyana Pty Ltd.
La troisième phase du NAMPAADD a pour finalité de soutenir la viabilité commerciale des exploitations agricoles. Les objectifs de production fixés dans ce plan imposent aux paysans de couvrir 50 % des besoins du pays en sorgho et en maïs, 80 % de ses besoins en fruits et légumes frais et 45 % de ses besoins en lait sous forme liquide.
Le programme intégré de soutien aux cultures arables (Integrated Support Programme for Arable Agriculture Development – ISPAAD) a permis le quasi-triplement de la superficie cultivée, à 298 300 hectares, d’où des récoltes beaucoup plus abondantes. En 2009, la production céréalière a atteint 67 482 tonnes, en nette progression par rapport à 2008. L’ISPAAD sera donc maintenu en 2010. Le fonds des jeunes agriculteurs (Young Farmers Fund) se développe lui aussi, avec 251 autorisations de projets totalisant 97 638 millions BWP. Les projets entrepris dans le cadre de cette réforme ont notamment trait à l’élevage de bétail, à la production laitière et aux volailles.
Mobilisation des ressources publiques
Par le passé, le Botswana finançait son développement économique avec ses ressources internes plutôt qu’avec des capitaux ou de l’aide de l’étranger. L’épargne nationale est relativement élevée et, jusqu’à la crise récente, elle n’a cessé d’augmenter au fil des ans grâce à la robuste croissance des recettes tirées des diamants et aux efforts importants déployés par les autorités pour accumuler des réserves en gérant les excédents du budget et de la balance courante. En conséquence, l’épargne nationale ne fait pas obstacle au financement de l’investissement intérieur, et les flux financiers destinés au Botswana restent modestes. En 2007/08, la somme des entrées d’IDE, des envois de fonds des travailleurs émigrés et des emprunts publics à l’extérieur n’a constitué que 1 % du PIB, et le Botswana n’a reçu aucune aide publique au développement. De même, sur la période 2007-09, les dons sont entrés pour moins de 1 % dans le PIB. À l’avenir, cependant, les entrées de capitaux pourraient s’étoffer à mesure que le pays poursuivra sa diversification économique. En outre, le Botswana cherche à se vendre, via des campagnes comme « Brand Botswana », afin d’attirer à la fois des entrées d'investissements directs étrangers (IDE) et des investissements de portefeuille. Il a aussi sollicité des prêts pour compléter la mobilisation de ses ressources publiques.
Depuis quelques années, la politique budgétaire dégage des excédents, ce qui accroît l’épargne de l’État et contribue largement à l’épargne nationale. Par rapport à ses voisins, le Botswana engrange des recettes fiscales substantielles. Ainsi, sur 2006-08, le ratio des recettes fiscales sur le PIB y a atteint 36 % en moyenne, soit davantage qu’en Afrique du Sud (29 %) et nettement plus qu’à Maurice (18 %). Toutefois, ce chiffre a diminué depuis la crise récente, ce qui met en avant le principal problème auquel le pays se heurte pour mobiliser ses ressources internes : la difficulté à diversifier son économie. De fait, celle-ci reste fortement tributaire des activités minières, qui entrent pour une proportion considérable dans les recettes fiscales totales. Le budget public et le financement des dépenses courantes et des investissements d’infrastructure dépendent donc, eux aussi, largement du secteur minier. Cette vulnérabilité est, une nouvelle fois, devenue manifeste pendant la crise. Malgré les efforts d’amélioration du recouvrement, le ratio des recettes fiscales sur le PIB s’est contracté, tombant de 37 % en 2007 à 33.5 % en 2008 et à 30.2 % en 2009, car les recettes fiscales provenant de la branche minière sont en recul.
La fiscalité n’a guère évolué ces dernières années. Une taxe sur l’alcool et une autre sur la formation professionnelle, prélevée auprès des employeurs, ont été introduites en 2008. La première, fixée au taux de 30 %, vise principalement à réduire la consommation plutôt qu’à générer des recettes supplémentaires. Elle a néanmoins rapporté 180 millions BWP (0.21 % du PIB), un volume modeste mais suffisant pour procurer à l’État une marge de manœuvre lui permettant de financer des programmes sociaux. La seconde taxe est collectée par l’administration unifiée des impôts du Botswana (Botswana Unified Revenue Service – BURS). Au 1er octobre 2008, son taux était de 0.2 % pour les employeurs réalisant un chiffre d’affaires compris entre 250 000 et 2 milliards BWP, et de 0.05 % dans le cas d’un chiffre d’affaires supérieur. Cette taxe vise à récupérer certains des coûts supportés par les pouvoirs publics pour la formation supérieure, et à compenser une partie des sommes que l’État rembourse aux entreprises pour leurs charges de formation.
Le budget 2010/11 propose un certain nombre de mesures fiscales destinées à accroître la capacité de l’économie locale à générer des recettes publiques. Premièrement, le gouvernement a suggéré de relever de 2 points de pourcentage le taux de la TVA, en le faisant passer de 10 à 12 % à compter d’avril 2010. Il y a été encouragé par la forte rentabilité de cette taxe et par la nécessité d’atténuer les pressions sur le budget. Deuxièmement, les organismes commerciaux parapublics doivent désormais verser 25 % de leurs bénéfices à l’État. Troisièmement, le seuil d’assujettissement à la TVA va être porté de 250 000 BWP (environ 35 000 USD) à 500 000 BWP (environ 70 000 USD).
C’est au gouvernement, plus précisément au ministère des Finances, qu’il appartient d’élaborer la politique fiscale et de définir les taux d’imposition, et à la BURS de recouvrer les recettes. Créée par une loi de 2004, cette administration est chargée de tous les aspects relatifs aux divers impôts, taxes et droits de douane, y compris leur application et leur recouvrement. Des dispositifs ont été instaurés afin de centraliser la perception et d’alléger les procédures pour les contribuables, même si l’enregistrement électronique des déclarations n’est pas encore effectif.
La BURS vérifie l’assujettissement des contribuables d’après les déclarations de revenu des particuliers et des entreprises. Tous les contribuables sont recensés dans ses bureaux centralisés. Cette institution dispose d’une entière autonomie pour évaluer l’assujettissement, réaliser des contrôles et prendre des sanctions. Des mécanismes ont été mis en place afin d’assurer la perception et de limiter la fraude. Les employeurs, par exemple, doivent veiller à ce que leurs salariés paient leurs contributions. De plus, la BURS procède à de fréquents contrôles dans les entreprises, de façon à comparer l’impôt dû et le chiffre d’affaires.
La fraude fiscale et la corruption sont moins répandues au Botswana que dans de nombreux autres pays d’Afrique. Dans l’indice de perception de la corruption établi par Transparency International, il affiche le plus bas niveau de corruption en Afrique. À l’échelle mondiale, il est classé 37e sur 180 pays en 2009, devant Maurice (42e), le Cap-Vert (46e), les Seychelles (54e) et l’Afrique du Sud (55e).
En cas de soupçon de fraude fiscale, la BURS mène sa propre enquête, à laquelle est parfois associée la direction de la lutte contre la corruption et la délinquance économique (Directorate of Corruption and Economic Crime – DCEC). Bien que la DCEC n’ait pas été créée spécifiquement pour traiter des questions fiscales, elle est compétente pour toute affaire susceptible d’inclure des actes de corruption ou de fraude à l’intérieur des frontières du pays.
Le Botswana est membre de la SACU et a signé un accord de partenariat économique avec l’Union européenne (UE). Ces accords internationaux ont pour finalité de promouvoir le commerce en franchise de droits entre le pays et ces deux zones. À plus long terme, ces mesures de libéralisation des échanges devraient également contribuer à la diversification de l’économie, ce qui atténuera la vulnérabilité des recettes publiques aux fluctuations des cours des matières premières et améliorera la mobilisation des ressources.
Contexte politique
Le Botswana est politiquement très stable. D’après les indicateurs politiques (annexe statistique des Perspectives économiques en Afrique), c’est l’un des pays africains où aucun événement n’indique, en 2009, des tensions civiles (grèves, manifestations, violences, coups d’État…) ni de pressions politiques sur les libertés civiles (incarcération d’opposants, décisions mettant en péril la démocratie, telles que la dissolution de partis, des violences policières et l’interdiction de manifestations ou de débats publics). Le Botswana dispose d’une commission électorale indépendante, qui doit faciliter la formation de gouvernements démocratiquement élus à l’issue d’élections transparentes, libres et équitables, conformément au cadre juridique du pays et aux principes et normes internationalement reconnus. Bien que les scrutins soient libres et équitables, les partis d’opposition n’ont jamais réussi à menacer réellement la formation au pouvoir : depuis les premières élections démocratiques, qui datent de 1965, le pays est dirigé par le Parti démocratique du Botswana (Botswana Democratic Party – BDP).
En octobre 2009, le BDP a remporté 45 sièges parlementaires sur 57. Le Front national du Botswana n’en a obtenu que 6 (contre 12 en 2004), le Parti du Congrès du Botswana 4 (un seul en 2004) et le Mouvement de l’Alliance pour le Botswana un seul. Un candidat indépendant a aussi été élu. Étant donné que c’est le leader du parti majoritaire au parlement qui accède à la présidence du pays, le président Ian Khama a pu rester au pouvoir. Il a exercé son droit constitutionnel pour nommer 4 membres « spécialement élus », parmi eux 2 femmes, si bien que la nouvelle assemblée parlementaire compte 61 membres au total, dont seulement 4 femmes. On constate donc que les femmes restent très peu représentées dans la sphère politique et que le Botswana est loin d’atteindre sa cible associée à l’OMD 3 : au moins 60 % de femmes aux postes de direction, de gouvernance et de décision d’ici à 2016.
Figure 1 : Taux de croissance du PIB réel et PIB par habitant (USD en PPA à prix courants)
Tableau 1 : Indicateurs macro-économiques
| 2008 | 2009 | 2010 | 2011 | |
|---|---|---|---|---|
| Taux de croissance du PIB | 2.9 | -4.0 | 3.4 | 3.1 |
| Inflation IPC | 12.6 | 8.2 | 6.8 | 5.1 |
| Balance budgétaire % PIB | 5.0 | -5.4 | -4.9 | -4.8 |
| Balance courante % PIB | 6.3 | -4.2 | -4.4 | -3.2 |
Figure 2 : Ventilation sectorielle du PIB, 2008 (en pourcentage)
Tableau 2 : Composantes de la demande
| 2001 | 2008 | 2009 | 2010 | 2011 | |
|---|---|---|---|---|---|
| Formation brute de capital | 25.8 | 47.9 | -2.2 | 3.1 | 2.2 |
| Formation brute de capital - Publique | 10.7 | 15.3 | 4.2 | 2.2 | 0.7 |
| Formation brute de capital - Privée | 15.0 | 32.6 | -6.4 | 0.9 | 1.5 |
| Consommation finale | 65.3 | 52.2 | 1.7 | 1.5 | 0.2 |
| Consommation finale - Publique | 19.9 | 17.6 | 1.6 | 1.2 | 0.2 |
| Consommation finale - Privée | 45.4 | 34.6 | 0.2 | 0.3 | 0.0 |
| Solde extérieur | 8.9 | -0.1 | -3.6 | -1.2 | 0.7 |
| Secteur externe - Exportations | 44.3 | 42.0 | -4.7 | 1.0 | 1.7 |
| Secteur externe - Importations | -35.4 | -42.1 | 1.1 | -2.2 | -1.1 |
| Taux de croissance du PIB, en volume | - | - | -4.0 | 3.4 | 3.1 |
Tableau 3: Opérations financières de l'État (en pourcentage du PIB)
| 2001 | 2006 | 2007 | 2008 | 2009 | 2010 | 2011 | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Recettes totales (avec dons) | 32.4 | 40.2 | 37.2 | 34.8 | 32.6 | - | - |
| Recettes fiscales | 29.0 | 37.0 | 33.5 | 30.2 | 29.1 | - | - |
| Dons | 0.5 | 0.7 | 0.8 | 0.7 | 0.6 | - | - |
| Autres revenus | 2.8 | 2.5 | 3.0 | 3.9 | 2.8 | - | - |
| Dépenses totales (et prêts nets) (a) | 37.2 | 28.9 | 32.3 | 40.2 | 37.5 | - | - |
| Dépenses courantes | 25.7 | 23.4 | 24.3 | 27.2 | 26.0 | - | - |
| Sans les intérêts | 25.4 | 23.0 | 24.2 | 27.0 | 25.8 | - | - |
| Salaires | 8.2 | 8.5 | 8.7 | 9.1 | 8.6 | - | - |
| Biens et services | 13.6 | 11.4 | 12.6 | 14.4 | 13.6 | - | - |
| Intérêts | 0.2 | 0.3 | 0.2 | 0.3 | 0.3 | - | - |
| Dépenses en Capital | 11.8 | 5.9 | 8.3 | 13.1 | 11.7 | - | - |
| Solde primaire | -4.6 | 11.6 | 5.1 | -5.1 | -4.7 | - | - |
| Solde global | -4.8 | 11.2 | 5.0 | -5.4 | -4.9 | - | - |
Tableau 4 : Comptes courants (en pourcentage du PIB)
| 2001 | 2006 | 2007 | 2008 | 2009 | 2010 | 2011 | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Balance commerciale | 11.8 | 16.9 | 13.1 | 2.0 | -6.9 | -7.2 | -5.8 |
| Exportations de biens (f.o.b.) | 38.4 | 40.2 | 40.7 | 35.2 | 26.8 | 27.8 | 29.0 |
| Importations de biens (f.o.b.) | 26.6 | 23.2 | 27.6 | 33.3 | 33.7 | 35.0 | 34.8 |
| Services | -2.9 | -0.6 | -1.5 | -1.3 | -1.4 | -1.2 | -1.1 |
| Revenu des facteurs | -2.3 | -6.9 | -6.0 | -1.9 | -2.3 | -2.2 | -2.1 |
| Transferts courants | 3.3 | 7.7 | 9.0 | 7.6 | 6.4 | 6.3 | 5.8 |
| Solde des comptes courants | 9.9 | 17.2 | 14.7 | 6.3 | -4.2 | -4.4 | -3.2 |
Figure 3 : Part de l’encours de la dette extérieure dans le PIB et ratio du service de la dette sur les exportations (en pourcentage)
Tableau 5 : Résultats sommaires
| 2001 | 2002 | 2003 | 2004 | 2005 | 2006 | 2007 | 2008 | 2009 | 2010 | 2011 | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Taux de croissance du PIB en volume (incl.Stk) | 3.6 | 8.8 | 6.3 | 6.0 | 1.6 | 5.1 | 4.4 | 2.9 | -4.0 | 3.4 | 3.1 |
| Inflation IPC | 6.6 | 8.0 | 9.2 | 7.0 | 8.6 | 11.6 | 7.1 | 12.6 | 8.2 | 6.8 | 5.1 |
| PIB (échelle $) | 35243.9 | 38348.7 | 40766.6 | 43192.9 | 43899.4 | 46147.3 | 48192.7 | 49589.4 | 47559.6 | 49203.1 | 50736.6 |
| PIB en volume | 6033.7 | 6091.5 | 8086.8 | 10048.2 | 11187.9 | 11255.2 | 12335.9 | 13359.8 | 11808.2 | 12491.3 | 13125.6 |
| Taux de change | 5.8 | 6.3 | 4.9 | 4.7 | 5.1 | 5.8 | 6.1 | 6.8 | 7.2 | 7.5 | 7.7 |
Carte du pays





Contexte social et développement des ressources humaines
Les grands fléaux sociaux du pays sont la pauvreté, le sous-emploi et le VIH/Sida. Le taux de chômage élevé tient, premièrement, au fait que l’agriculture ne constitue plus une source d’emplois aussi importante qu’autrefois et, deuxièmement, aux problèmes que pose une économie non diversifiée, largement tributaire des activités minières, les autres secteurs étant très peu exploités. Étant donné la capacité limitée des mines à absorber la main-d’œuvre, le chômage reste substantiel, surtout lorsque la croissance économique est molle. Son taux a toutefois été ramené de 21.5 % en 1996 à 17.5 % en 2008. En janvier 2009, le ministère de l’Emploi et des Affaires intérieures a lancé le Programme national de stages en entreprise (National Internship Programme) pour améliorer l’employabilité des diplômés de l’université qui, par manque d’expérience, ne trouvent pas immédiatement de travail. À ce jour, il a permis de placer 3 007 stagiaires, dont une grande proportion a déjà obtenu un poste permanent, dans le public ou dans le privé.
Au Botswana, le premier employeur est le secteur privé (56.3 % du total). Vient ensuite l’administration centrale (30.1 %). Les autorités locales et les organismes parapublics emploient, respectivement, environ 9 % et 5 % des travailleurs. En 2009, l’emploi a progressé de 3 % dans l’économie formelle, mais de seulement 1.8 % dans le secteur privé, en raison de la récession. La croissance de l’emploi dans l’économie formelle résulte en partie des opportunités créées par l’État pour les stagiaires.
Malgré l’absence de données à jour disponibles, on peut penser que les avancées vers la réalisation des OMD risquent de pâtir de la crise économique. Ainsi, les problèmes budgétaires ont amené à comprimer certaines dépenses publiques sociales. Avant la crise, des progrès avaient été accomplis dans la lutte contre la pauvreté et dans les programmes sociaux (éducation et santé) : à 47 % en 1993, la proportion de Botswanais vivant sous le seuil de pauvreté avait été ramenée à 28 % en 2005. En outre, l’État a mis en place un filet de protection sociale qui cible les catégories particulièrement vulnérables, telles que les orphelins, les personnes âgées, les pauvres et les vétérans de la seconde guerre mondiale.
Le ministère de l’Éducation affirme avoir atteint l’objectif de la scolarité pour tous, conformément à l’OMD 2, mais des progrès supplémentaires seront nécessaires concernant la qualité de l’enseignement et les inégalités entre les sexes. Ainsi, d’après des données récentes, il y a encore davantage de garçons inscrits dans le primaire que de filles. On a toutefois constaté une légère augmentation (1.6 %) du nombre d’écoles primaires dans l’ensemble du pays en 2009. Le secteur de l’éducation a reçu 8.4 % des dépenses publiques totales dans le budget 2009, notamment pour la construction de quatre lycées à Mogoditshane, Nata, Mmadinare et Shakawe.
Grâce à l’amélioration des soins de santé, tant le taux de mortalité infantile que le nombre d’enfants âgés de moins de 5 ans souffrant d’insuffisance pondérale n’ont cessé de reculer entre 1996 et 2007. La mortalité maternelle a elle aussi nettement décru (326 décès pour 100 000 naissances vivantes en 1991 et 167 en 2006), mais elle fluctue depuis peu.
Ces indicateurs sanitaires plus favorables s’expliquent essentiellement par d’importantes avancées dans le secteur de la santé. En effet, le Botswana dispose d’une infrastructure bien établie, composée de 31 hôpitaux, 243 dispensaires et 340 postes de santé, ce qui facilite l’accès aux structures et aux soins. En 2007, 84 % de la population vivaient dans un rayon de 5 kilomètres de l’établissement le plus proche, et 95 % à 8 kilomètres au plus.
En 2007, quelque 96 % de la population avaient accès à un système d’adduction d’eau (raccordement privatif ou robinet de quartier). La ventilation des données par type de municipalité fait apparaître que 99.5 % des citadins disposent de ce mode d’alimentation en eau, mais seulement 84.1 % des habitants des villages (urbains et ruraux). Les barrages déjà en construction et les récents projets portant sur l’édification de trois nouveaux grands ouvrages hydrauliques devraient accroître nettement ces taux. L’accès à un dispositif d’assainissement in situ approprié a également progressé au fil du temps. La proportion des ménages équipés de toilettes à chasse d’eau ou de latrines améliorées à fosse ventilée est passée de 39 % en 2001 à 52 % en 2006.
Menée en 2008, la troisième enquête sur l’impact du VIH/Sida au Botswana fait apparaître un taux de prévalence de 17.6 % à l’échelle nationale (20.4 % pour les femmes et 14.2 % parmi les hommes). Parmi les différents types de municipalités, ce sont les villages urbains qui présentent le taux de contamination le plus bas (16.6 %), et les villes qui continuent d’afficher le plus élevé (22.1 %). L’agence nationale de coordination de la lutte contre le sida et ses partenaires travaillent sur le deuxième cadre stratégique national (National Strategic Framework – NSF), qui couvrira la période 2010-16. Le premier NSF a été internationalement reconnu comme une initiative offensive et bien coordonnée pour la gestion de la pandémie de VIH/Sida. Il vise à donner des orientations claires aux ministères, aux districts, aux organisations non gouvernementales et au secteur privé, afin que tous puissent œuvrer ensemble à la réalisation des objectifs du dispositif mis en place par le pays face au VIH/Sida.
En outre, le Botswana a été touché par la pandémie de grippe A (H1N1). Le premier cas a été détecté en juillet 2009, et 32 autres ont été signalés depuis. Même s’ils sont pour la plupart bénins, l’existence d’une forme virale plus sévère et potentiellement mortelle a conduit les autorités à poursuivre les préparatifs en vue d’éventuelles épidémies plus graves. Elles ont, par exemple, instauré un service sanitaire pour contrôler les points d’entrée du pays, afin de protéger la population contre les risques sanitaires liés aux mouvements transfrontaliers de personnes et de marchandises.
Tableau 5 : Résultats sommaires
Données des administrations nationales ; calculs des auteurs pour les estimations (e) et les prévisions (p).