Tunisie
Vue d'ensemble
La récente révision à la baisse des prévisions de la croissance du produit intérieur brut (PIB) en 2008 et en 2009 laisse penser que l’économie tunisienne devrait subir les effets négatifs de la crise économique qui secoue les pays avancés, notamment européens. Le taux de croissance du PIB réel a enregistré une baisse significative, passant de 6.3 pour cent en 2007 à 5.1 pour cent en 2008. Il devrait de nouveau diminuer en 2009 à 4.1 pour cent, avant de remonter légèrement en 2010 à 4.2 pour cent. L’économie a néanmoins su résister aux chocs de la hausse des prix du pétrole et des produits alimentaires survenus durant l’année 2008. L’indice des prix à la consommation n’a crû que de 5 pour cent, résultat obtenu principalement grâce au maintien des subventions des produits alimentaires de base et des carburants.
Le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC) est en plein essor, soutenu par une politique volontariste en vue de faire de la Tunisie « une économie du savoir ». Sa valeur ajoutée a augmenté de 17.7 pour cent en 2008.
Malgré cette relative bonne conduite de l’économie face aux chocs extérieurs, la Tunisie continue d’être confrontée à plusieurs défis. En premier lieu, le chômage, qui a dépassé 14 pour cent en 2007 et touche une frange croissante des diplômés de l’enseignement supérieur. Le second défi demeure la convertibilité totale de la monnaie, qui nécessite un secteur financier robuste et une balance des paiements en bonne santé et permettra aux Tunisiens de déplacer librement des capitaux à l’étranger. Le troisième défi consiste à développer davantage le secteur privé et à améliorer le climat des affaires, des choix indispensables pour attirer l’investissement étranger. À cet égard, la Tunisie occupe la tête des pays africains dans le classement 2008 de la compétitivité établi par le Forum économique mondial de Davos. Elle a toutefois perdu quelques places et se classe au 36e rang mondial alors qu’elle était au 32e en 2007 sur un total de 134 pays.
Développements économiques récents
Jusqu’maintenant, la crise financière internationale n’a pas eu d’impact sur le secteur financier tunisien. Les crédits au logement ne dépassent pas 10 pour cent du total des crédits (contre environ 87 pour cent aux États-Unis). De plus, les institutions financières tunisiennes disposent d’une très faible proportion d’actifs à l’étranger et n’utilisent pas les techniques à l’origine de la crise, du décalage entre le réel et le financier, à l’instar des produits de titrisation structurés. Enfin, à la bourse de Tunis, la part des étrangers dans la capitalisation boursière est de l’ordre de 25 pour cent seulement et les investissements américains en Tunisie restent très faibles. Des mesures ont en outre été prises pour limiter les risques. Ainsi, la Banque centrale de Tunisie (BCT) a réduit la part des placements auprès des banques internationales de 75 pour cent, avant la crise, à 39 pour cent du total des réserves, en novembre 2008, et la BCT a cessé de recourir aux marchés financiers internationaux jusqu’à fin 2009. Les ressources nécessaires au budget de l’État de 2009, 17.2 milliards de dinars (TND), seront exclusivement puisées sur le marché local et auprès des institutions financières internationales.
La crise devrait faire subir ses effets surtout sur le secteur réel, notamment le tourisme et le textile, frappés par la chute de la demande mondiale. Cette situation a conduit à la création en octobre 2008 d’une commission nationale du suivi de la conjoncture économique internationale et de ses retombées éventuelles sur l’économie nationale. La croissance du PIB réel devrait atteindre 5.1 pour cent en 2008 contre 6.3 pour cent enregistrés en 2007 grâce à l’augmentation des revenus du tourisme et à la hausse des prix des hydrocarbures et des phosphates. Mais, en raison de la crise financière internationale et des perspectives de ralentissement de l’activité économique en Europe, les estimations chutent à 4.1 pour cent en 2009 et à 4.2 pour cent en 2010.
L’année 2008 a été caractérisée par un recul de la valeur ajoutée dans les activités utilisant de la main d’oeuvre non qualifiée. Il s’agit, en premier lieu, du secteur de l’agriculture et de la pêche (contribuant pour 9.6 pour cent au PIB) qui a enregistré en 2008, en raison de la sécheresse, une croissance négative de moins 0.5 pour cent contre plus 3.3 pour cent en 2007. Pour la campagne de céréales 2007/08, à cause d’un retard des pluies, la production a été de 12millions de quintaux contre 17 millions de quintaux durant la campagne précédente. La production d’huile d’olive n’a atteint que 150 000 tonnes pour la campagne 2008-09, en baisse de 25 pour cent sur 2007/08. La Tunisie est le quatrième producteur mondial d’huile d’olive (200 000 tonnes en moyenne chaque année) et le deuxième exportateur mondial derrière l’Union européenne (UE). La filière représente 44 pour cent des exportations agricoles et 20 pour cent des emplois dans l’agriculture. Les éleveurs ont pour leur part été confrontés à des problèmes de surproduction et de stockage du lait, ce qui impose d’accroître les efforts à l’exportation pour résorber les surplus.
En 2009, on s’attend à une reprise de l’activité agricole avec une croissance de 2.8 pour cent, suite aux mesures prises pour faire face à la flambée des prix des céréales. Ces mesures concernent : i) l’accroissement de la production par une hausse des prix des céréales de plus de 20 pour cent, l’assouplissement des critères d’allocation des prêts et l’octroi d’une première irrigation gratuite aux producteurs de céréales des zones publiques irriguées ; ii) l’incitation des agriculteurs à accroître les superficies consacrées à la céréaliculture et à augmenter les rendements à l’hectare, ainsi que la mise en place de nouveaux centres à l’écoute de leurs réclamations ; iii) le développement de la recherche scientifique pour la création de variétés de céréales et de légumineuses résistant à la sécheresse et aux maladies.
Le secteur des mines (1.1 pour cent du PIB) a également connu une croissance négative avec un taux de moins 3.8 pour cent en 2008 après deux années positives. Les difficultés du secteur s’expliquent par l’épuisement des réserves et la volatilité des cours mondiaux. L’État détient l’entière propriété de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), cinquième producteur dans le monde, qui exploite sept carrières à ciel ouvert et une mine souterraine pour une production annuelle de 8 millions de tonnes en moyenne.
Dans le secteur des hydrocarbures, contribuant pour 7.9 pour cent au PIB, le taux de croissance réel de la production est également négatif (moins 5.6 pour cent) en 2008. La Tunisie exporte 2.5 millions de tonnes de pétrole brut par an et en importe plus d’un million pour une production de 3millions. Les réserves d’hydrocarbures sont estimées à 838 millions de barils équivalent pétrole. La Tunisie ne couvre que 46 pour cent de ses besoins à cause de la faible capacité de raffinage du pays, mais l’exploration des gisements s’accélère. Durant le XIe plan (2007-11), l’État prévoit d’octroyer 44 nouveaux permis de prospection et le forage d’environ 75 puits de pétrole. En 2008, plusieurs sociétés étrangères ont bénéficié de l’octroi de permis. Ainsi, l’investissement en matière d’hydrocarbures est passé de 423millions de dollars (USD) en 2005 à plus de 2.1milliardsUSDen 2008. Le gouvernement table sur une production de 8.4millions de tonnes équivalent pétrole en 2009 contre 5.6millions en 2005, à laquelle s’ajoute une production de gaz estimée à 2 millions de tonnes équivalent pétrole en 2012. La Société tunisienne d’électricité et de gaz (Steg) prévoit le raccordement au réseau public de gaz de 340 000 nouveaux clients dans plusieurs régions et le remplacement du fuel lourd par le gaz naturel dans la région minière de Gafsa (sud-est tunisien).
L’activité du textile habillement et cuir (THC) continue de subir les retombées négatives du démantèlement des accords multifibres, de l’adhésion de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et de l’entrée des anciens pays d’Europe centrale et orientale dans l’UE. La valeur ajoutée de ce secteur a diminué de 1 pour cent en 2008 et le même taux est attendu en 2009. Toutefois, le THC résiste à la concurrence asiatique : la perte de production et d’emplois est moindre que prévue. Le secteur emploie plus de 200 000 personnes et à réalisé en moyenne environ 5 pour cent du PIB. Plus des trois-quarts des entreprises sont totalement exportatrices et près de 96 pour cent des exportations du textile sont destinés à l’Europe (2.9 milliards d’euros [EUR] en 2007), soit 36 pour cent du total des exportations de l’industrie manufacturière. Les professionnels du secteur ont misé sur la proximité avec l’Europe et le passage rapide à une production de qualité.
Au contraire de ces secteurs, d’autres branches de l’économie tunisienne ont réalisé des performances satisfaisantes en 2008. Les industries manufacturières ont enregistré un taux de croissance de 5.3 pour cent, grâce aux résultats des industries mécaniques et électriques (12 pour cent) et agroalimentaires (7.6 pour cent). En 2008, la contribution du secteur des industries manufacturières au PIB était de 18.5 pour cent, y compris la part du secteur THC (4.2 pour cent du PIB contre 4.6 pour cent en 2007).
Le secteur des services, qui contribue à environ 40 pour cent du PIB, a crû à un rythme soutenu en 2008 (8.5 pour cent). Cette évolution s’explique dans une large mesure par la bonne tenue (17.7 pour cent de croissance en 2008) des TIC et des institutions financières (9.6 pour cent de croissance en 2008). La contribution des TIC au PIB, de 10 pour cent en 2008, devrait passer à 13.5 pour cent en 2012, en accord avec l’objectif du gouvernement. Malgré l’émergence des TIC en tant que secteur stratégique du pays et l’explosion des centres d’appel francophones, le tourisme reste le secteur-clé de l’économie tunisienne avec une croissance de 4.5 pour cent en 2008 contre 3.5 pour cent en 2007. En 2008, 7 millions de touristes ont visité le pays, totalisant 1.78milliard EUR de revenus. Mais le tourisme risque d’être affecté en 2009 par la crise internationale.
La consommation des ménages demeure le principal moteur de la croissance et s’inscrit au centre de la stratégie de développement adoptée par la Tunisie. Elle représentait 62 pour cent du PIB en 2007 et en 2008 et devrait croître de 5.5 pour cent en 2009. Relativement élevée, la consommation publique devrait aussi continuer à augmenter conformément à l’objectif du gouvernement de combattre l’impact social négatif de la crise. Son taux de croissance devrait passer de 8.4 pour cent en 2008 à 5.1 pour cent en 2009, et 6.8 pour cent en 2010.
La formation brute de capital fixe devrait croître de 8.9 pour cent en 2009 avec la mise en place de mégaprojets immobiliers et touristiques de lancés par des groupes des Émirats arabes unis. La Banque de financement des petites et moyennes entreprises (BFPME) a prévu de financer plus de 200 projets durant l’année 2009. L’investissement étranger devrait se trouver encouragé par la suppression des autorisations préalables à l’acquisition des PME, à l’achat ou la location de terres et de locaux dans les zones industrielles et touristiques, ainsi que par l’augmentation de 20 à 30 pour cent du quota de production que les entreprises délocalisées peuvent écouler sur le marché national.
Politiques macro-économiques
Les politiques budgétaire et monétaire prudentes de laTunisie lui ont permis d’assurer la stabilité macroéconomique et d’attirer la confiance des investisseurs étrangers depuis plusieurs années.
Politique budgétaire
Le déficit budgétaire en pourcentage du PIB est estimé en 2008 à 3 pour cent et devrait continuer d’augmenter : 3.2 pour cent en 2009, 3.3 pour cent en 2010, alors qu’il était de 2.8 pour cent en 2007. En 2008, l’accroissement du déficit s’explique par la hausse, en raison des cours mondiaux élevés, des subventions aux biens de consommation de première nécessité et des carburants qui représentent environ 0.7 pour cent du PIB. La politique de subventions devrait se poursuivre en 2009même si les prévisions des prix du pétrole sont à la baisse. Mais ce sont les dépenses de fonctionnement destinées à atténuer les effets de la crise qui devraient surtout peser dans le déficit budgétaire.
Certains produits, tels que le lait, ne sont plus subventionnés depuis début 2008. Les droits de douane et les taxes sur les importations de produits comme les pâtes ou l’huile végétale ont été réduits, voire supprimés. Dans la même ligne, l’année 2008 a connu deux nouvelles hausses du prix à la pompe des carburants qui ont augmenté de près de 21 pour cent en moins de 30 mois, à la fois pour alléger la charge des subventions et encourager aux économies d’énergies. Les prix des hydrocarbures ont été subventionnés à hauteur d’un milliard TND (552millions EUR) en 2008, le budget de l’État ayant été établi sur la base du baril à 75 USD. Un programme d’économies d’énergie appliqué à tous les secteurs d’activité devrait permettre de réduire la consommation de 20 pour cent d’ici 2011.
La rationalisation des dépenses se révèle malaisée dans le contexte de crise et de chômage élevé. Ainsi, l’objectif visant à réduire la masse salariale de 12 pour cent à 10 pour cent du PIB, conformément aux recommandations des institutions de Bretton Woods, paraît difficile à atteindre en raison du niveau relativement élevé de l’inflation en 2008 et de l’objectif de création annuelle nette de 80 000 emplois.
Au total, les dépenses courantes représentaient 20.8 pour cent du PIB en 2008 contre 20.1 pour cent en 2007. Elles devraient se maintenir à un niveau élevé en 2009 (21 pour cent) en raison de l’aide octroyée à l’agriculture et des dépenses électorales. Le gouvernement ne souhaite pas réduire les dépenses courantes, indispensables selon lui à la stabilité sociale. Mais il a dû comprimer au fil des ans les dépenses en capital pour maintenir le déficit budgétaire dans une fourchette raisonnable.
S’agissant des recettes de l’État en pourcentage du PIB, elles reculent légèrement chaque année à cause des politiques de démantèlement tarifaire et de l’accord d’association avec l’UE qui entraînent la baisse des recettes douanières. De 23.9 pour cent du PIB en 2007, elles sont passées à 23.8 pour cent en 2008 et devraient baisser encore en 2009 puis en 2010 (23.2 pour cent). Pour compenser cette baisse, les autorités envisagent d’élargir la base d’imposition sur le revenu des entreprises tout en réduisant son taux, de simplifier la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et de revoir les incitations fiscales accordées aux activités prioritaires et délocalisées.
L’utilisation partielle des recettes de privatisation pour le remboursement de certains emprunts a permis de réduire le ratio de la dette publique de 53.7 pour cent du PIB en 2006 à 45.1 pour cent en 2008. Ce taux est appelé à décroitre en 2009 pour atteindre 44.7 pour cent. Malgré cette tendance, la dette publique reste relativement élevée par rapport à celle des autres pays émergents. Sa part exposée aux risques de taux de change et de refinancement s’est toutefois considérablement réduite ces dernières années grâce à une gestion efficace.
Politique monétaire
Le contrôle de l’inflation est la priorité des autorités monétaires qui s’orientent vers une politique de ciblage compatible avec la libéralisation progressive du compte de capital. Le taux d’inflation calculé sur la base de l’indice des prix à la consommation a augmenté entre 2007 et 2008 de 3.1 pour cent à 5 pour cent. Cette hausse s’explique par la récente augmentation des cours mondiaux des matières premières et du pétrole. Les pressions inflationnistes ont poussé la banque centrale à relever son taux de réserves obligatoires de 3.5 à 5 pour cent en novembre 2007 puis à 7.5 pour cent en avril 2008. Cependant, en janvier 2009, dans le contexte de la crise financière, la BCT a annoncé qu’elle baisserait son taux de réserves obligatoires afin de mettre à disposition des banques des liquidités supplémentaires. Les taux d’intérêt sont constants depuis la-mi-2006, donc en diminution en termes réels. Le taux d’inflation devrait s’établir à 2.9 pour cent en 2009 et à 3.1 pour cent en 2010 avec la baisse des prix du pétrole et de certaines matières premières.
Les autorités monétaires ont cherché, jusqu’à la fin des années 90, à cibler le taux de change effectif réel (TCER). Cependant, depuis l’an 2000, la banque centrale a limité ses interventions sur le marché des changes, conformément à son objectif à moyen terme de passer à un taux de change flottant. Cette plus grande souplesse du régime des changes s’est traduite par une dépréciation tendancielle du TCER alimentée par des chocs négatifs persistants sur les termes de l’échange et par la plus grande ouverture de l’économie à la faveur de l’accord d’association avec l’UE. Cette dépréciation a renforcé la compétitivité des exportations. Les autorités considèrent que cette phase de flottement dirigé est une étape intermédiaire qui devrait déboucher sur un régime de change flottant et la convertibilité totale du dinar. En glissement annuel, entre décembre 2007 et décembre 2008, le dinar tunisien s’est déprécié de 3.6 pour cent par rapport à l’euro mais il s’est apprécié de près de 11 pour cent par rapport au dollar.
Position extérieure
Selon l’accord d’association entre la Tunisie et l’UE signé en 1995, les produits industriels circulent librement entre les deux rives de la Méditerranée depuis le 1er janvier 2008.Des négociations sur la libéralisation des services et de l’agriculture, en prélude à l’instauration du libre-échange total en 2010, sont en cours. De même, la Tunisie a manifesté son intérêt pour le projet de création de l’Union pour la Méditerranée (UPM) qui devrait entraîner de nouveaux engagements en matière de commerce extérieur et de recherche scientifique. La Tunisie a accédé au statut de « partenaire avancé » de l’UE en décembre 2008. Après l’absorption du choc de la concurrence asiatique, la Tunisie s’active à accélérer le rythme de l’intégration commerciale et financière entre les pays du Maghreb et à rechercher de nouveaux marchés en Afrique. Elle mise sur cette intégration pour drainer des investissements directs étrangers (IDE) créateurs d’emplois.
À cet égard, la Tunisie pourrait profiter davantage l’accord de libre-échange d’Agadir, le premier associant des pays au sud de la Méditerranée (Égypte, Maroc, Jordanie, Turquie et Tunisie) et qui propose l’accès à un marché de 120millions de consommateurs. Quant à l’Union du Maghreb arabe (UMA) qui regroupe l’Algérie, la Libye, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie, son processus d’intégration est en panne depuis 1994. Néanmoins, les États membres ont fixé à 2009 le démarrage de leur banque régionale dont la concrétisation est vivement recommandée par le Fonds monétaire international (FMI). Plusieurs accords de coopération ont été signés entre la Tunisie et la Libye. Depuis 2007, leurs monnaies respectives s’échangent librement, les restrictions à la circulation des biens et des personnes ont été levées et les dessertes aériennes ont augmenté.
Le tarif douanier moyen au titre de la nation la plus favorisée devrait être réduit de 25.3 pour cent en 2008 à 15 pour cent en 2011, et le nombre de taux du tarif devrait passer de 9 en 2008 à 7 en 2009. Les barrières non tarifaires, tels que les contrôles techniques, sont en train d’être répertoriées pour être rationalisées. Les procédures douanières ont été simplifiées par le nouveau code des douanes de 2008, et les normes et réglementations sont en cours d’harmonisation sur les standards européens.
En 2008, les exportations ont augmenté de 3.6 pour cent en volume. L’augmentation des importations de biens et services a été de 6.7 pour cent. En valeur, l’accroissement des importations (21.2 pour cent) s’explique par le renchérissement de la facture énergétique et des produits alimentaires de base. Les exportations ont bénéficié des prix élevés des hydrocarbures et des phosphates, principaux produits d’exportation tunisiens. Les échanges de marchandises se font principalement avec l’UE, qui absorbe près de 80 pour cent des exportations tunisiennes, et avec les pays de l’UMA (7.7 pour cent des exportations). Le solde commercial avec les pays d’Asie non arabes (Chine, Inde, Japon, Indonésie, Hong-Kong) est de plus en plus déficitaire. Les importations chinoises sont en forte augmentation, notamment les appareils mécaniques et électriques. Au total, le déficit commercial représente 8.4 pour cent du PIB en 2008 mais devrait diminuer en 2009 (7.6 pour cent du PIB) avec la baisse relative des prix des importations.
Dans la balance courante, les transferts de fonds des Tunisiens vivant à l’étranger représentent une part croissante. En 2007, les migrants tunisiens ont rapatrié des avoirs estimés à 2.21 milliards TND (1.22milliard EUR), dont 1.7 milliard sous forme de transferts monétaires. Ces fonds transférés ont plus que doublé en sept ans. Ils représentaient 5 pour cent du PIB en 2007 et 23 pour cent de l’épargne nationale. Plus de 85 pour cent des transferts proviennent d’Europe, essentiellement de France, où sont établis près de 600 000 Tunisiens. En raison de l’appréciation continue de l’euro face au dinar tunisien, ces fonds représentent la quatrième source de revenus en devises de la Tunisie. Outre les transferts d’argent, les expatriés tunisiens ont investi près de 386millionsTND ces 20 dernières années, principalement dans les services. Avec la crise économique en Europe, les transferts de fonds pourraient connaître un ralentissement. En 2008, l’investissement direct étranger (IDE) devrait atteindre 1.6 milliard USD, en hausse par rapport aux 1.5 milliard USD enregistrés en 2007. De grands projets sont en chantier ou à l’étude pour un montant de 30 milliards USD. Ces capitaux proviennent principalement des pays arabes du Golfe, notamment de groupes émiratis engagés dans des mégaprojets immobiliers et d’infrastructures.
Dès 2005, le processus de libéralisation progressive du compte capital a commencé selon un plan en trois étapes. Actuellement, les autorités préparent la troisième phase qui devrait aboutir à la libéralisation totale des capitaux monétaires et à une convertibilité totale de la monnaie. Elle nécessite, d’une part, la libéralisation des investissements de portefeuille à l’étranger par les résidents et des crédits consentis par des résidents à des non-résidents et, d’autre part, la robustesse du système financier et une solidité de la balance des paiements. Dans le meilleur des cas, début 2010 les Tunisiens pourraient déplacer librement leurs capitaux vers le reste du monde. La crise risque toutefois de retarder le processus en incitant les autorités à la prudence.
Le ratio de la dette a connu une baisse entre 2007 et 2008, passant de 54.9 pour cent à 51.8 pour cent du PIB, et devrait continuer à baisser pour atteindre 51.2 pour cent en 2009. L’analyse de soutenabilité ne montre aucun signe de fragilité. La Tunisie n’a jamais rééchelonné sa dette ou accumulé d’arriérés auprès d’institutions financières. Le service de la dette (en pourcentage des exportations) est passé de 13 pour cent en 2007 à 9.9 pour cent en 2008. En 2009, on s’attend, selon les projections, à un ratio de 13.4 pour cent. Ces fluctuations du ratio de la dette s’expliquent par les changements des parités des monnaies étrangères.
Questions structurelles
Développement du secteur privé
Si les réformes structurelles engagées commencent à porter leurs fruits, l’amélioration du climat des affaires et la poursuite du renforcement du secteur bancaire restent des priorités, notamment pour encourager le développement du secteur privé. Celui-ci revêt en effet un caractère stratégique et les objectifs fixés en matière de croissance dans le XIe plan ne pourront être atteints qu’avec un secteur privé dynamique, capable de relever les défis de l’emploi, de l’investissement et de la mondialisation.
En 2008, la Tunisie se situait à la 36e place mondiale sur 134 pays pour la compétitivité globale et la compétitivité du climat des affaires dans le classement élaboré par le Forum économique mondial, soit un recul par rapport à 2007 où elle était classée 32e. En revanche, dans le classement de la Banque mondiale Doing Business sur la facilité de faire des affaires, couvrant un échantillon de 181 pays, la Tunisie a gagné 15 places en 2008 par rapport à 2007 (de la 88e à la 73e position). En dépit des progrès accomplis, le délai nécessaire pour la création d’une entreprise reste relativement élevé (11 jours) et le pays est mal classé pour l’embauche des travailleurs (113e) et, surtout, pour le paiement des impôts (106e) et la protection des investisseurs (142e). Pour améliorer le climat des affaires, une nouvelle loi relative à l’initiative privée a été promulguée en décembre 2007. Elle vise à favoriser la création d’entreprises en simplifiant les procédures, en facilitant le financement et en réduisant la fiscalité. De plus, les formalités douanières sont en train d’être considérablement simplifiées. Afin de développer l’initiative privée, les partenaires au développement multiplient l’ouverture de lignes de crédits aux banques commerciales dont les montants sont destinés aux projets de PME. Par exemple, la Banque européenne d’investissement (BEI) a approuvé 200 millions EUR fin 2007 et l’Italie, 36.5 millions EUR en juillet 2008 pour le secteur du textile habillement.
La qualité des bilans des banques continue de s’améliorer. Les prêts non performants représentaient 17.3 pour cent du total des créances fin 2007 contre 19.2 pour cent en 2006 et les provisions ont augmenté de 49.2 à 53.8 pour cent sur la même période. Le double objectif des autorités pour 2009 de réduire le ratio des créances classées à 15 pour cent et de relever le taux de provisionnement de ces créances à 70 pour cent sera vraisemblablement atteint. La réglementation prudentielle applicable à l’achat de biens immobiliers a d’autre part été resserrée. Les principes de Bâle I sont généralement respectés.
Autres développements récents
Le gouvernement tunisien a cédé 216 entreprises publiques ou semi-publiques depuis le lancement du programme de privatisation en 1987. Ces opérations ont rapporté à l’État 5.8 milliards TND (1.5 milliard EUR), dont environ 90 pour cent d’investissements étrangers. En 2008, Exxon Mobil Tunisie a été cédé à la Libya Oil Holding et un avis d’appel à manifestation d’intérêt a été lancé pour la cession de 51 pour cent du capital de la Compagnie tunisienne de forage (CTF).Dans le secteur de l’énergie, les travaux de construction du barrage sur l’Oued Al Kébir (près de Gafsa) commenceront en 2009 pour un coût total de 19 millions TND. Avec une capacité de rétention de 25 millions de mètres cubes, ce grand projet hydraulique bénéficiera à 250 agriculteurs disposant d’environ 5 000 hectares de terres. Pour l’électricité, la Banque islamique de développement (BID) a accordé à la Tunisie un prêt de 122 millions EUR pour la construction de deux centrales au centre ouest et au sud. D’une capacité de 126 mégawatts chacune, elles devraient être opérationnelles en 2010. Par ailleurs, la Tunisie a opté pour un programme nucléaire civil et entreprend actuellement une étude de faisabilité d’une centrale ayant une capacité initiale de 700 mégawatts. Elle pourrait être opérationnelle en 2020. En outre, la Tunisie a ratifié le traité de non-prolifération et autorise l’inspection inopinée des installations nucléaires.
Dans le domaine des transports, au niveau régional, la réalisation de l’autoroute maghrébine, et l’étude de faisabilité du train maghrébin à grande vitesse reliant Tripoli à Casablanca via Tunis et Alger sont en projet. Au plan national, le projet de réalisation de l’autoroute Sfax-Gabès (152 kilomètres) se concrétise. Les travaux de réalisation de l’aéroport à Enfidha (75 kilomètres au sud de Tunis) sont bien avancés. Sa mise en service se fera en 2009 avec une capacité de 5 millions de voyageurs et des recettes estimées à 67 millions USD. En plus de l’aéroport, le port en eaux profondes devrait être achevé en 2023 et 2 000 hectares seront consacrés à une grande zone d’activité économique. Un projet immobilier de 25 milliards USD est prévu sur les berges du lac Sud, un autre (Bled El Ward) de 10 milliards USD dans la banlieue nord de Tunis. La cité sportive de la capitale devrait être achevée en 2015. La Banque africaine de développement (BAfD) a annoncé le 3 mars 2009 qu’elle allait allouer à la Tunisie 500 millions USD supplémentaires pour ses projets publics programmés en 2009.
Neuf cents cités populaires ont bénéficié de la mise en place de 98 stations d’assainissement et d’un important réseau de canaux de gestion des eaux usées qui traitent plus de 250 millions de mètres cubes par an. Le taux de raccordement au réseau d’assainissement est estimé à 87 pour cent et le taux de détérioration environnementale ne dépasse pas les 2.1 pour cent, dont 0.6 pour cent relatif à la détérioration des ressources hydriques, soit un taux très proche de ceux des pays développés. La protection de l’environnement, et particulièrement la maîtrise de l’énergie, est devenue une priorité du gouvernement.
Dans le contexte d’une prochaine libéralisation des échanges agricoles avec l’UE, la Tunisie entreprend des réformes pour éviter qu’elle se fasse aux dépens des petits agriculteurs. En plus d’une meilleure mobilisation des ressources en eau, les autorités s’attachent à renforcer la sécurité alimentaire et la compétitivité. Le programme de mise à niveau concernera une centaine d’exploitations sur la période 2009-11 et environ 2 350 sur la période 2012-16.
Innovation et nouvelles technologies
La Tunisie a fait des technologies de l’information et de la communication (TIC), et plus particulièrement de l’industrie du logiciel, des services et du multimédia, l’un des principaux axes de sa stratégie de développement. Le pays occupe des places de premier plan à l’échelle mondiale en termes de promotion des nouvelles TIC ou d’importance des TIC dans la politique gouvernementale. En 2008, la Tunisie a été classée 35e par le Forum économique mondial de pour l’aptitude technologique, l’accessibilité et la réglementation. Elle arrive au 2e rang des pays du Moyen Orient après les Émirats arabes unis. Le tableau des indicateurs souligne le dynamisme récent de ce secteur. La part qu’occupent désormais les télécommunications dans le PIB est de l’ordre de 10 pour cent contre seulement 3.9 pour cent en 2001.
Les infrastructures de télécommunications en Tunisie sont parmi les plus modernes du continent. Le réseau de télécommunications est doté de commutateurs multifonctions à haut débit qui assurent en même temps le trafic téléphonique, de l’Internet et du multimédia. Le réseau de téléphonie est totalement numérisé et couvre la totalité du pays. Tunisie Télécom continue à opérer dans une situation de monopole sur la téléphonie fixe et à ne pas pratiquer de subventions croisées. Les deux opérateurs de téléphonie mobile (Tunisie Télécom, détenteur de 56 pour cent du marché, et Tunisiana) partagent certains pylônes mais les infrastructures de base restent la propriété de Tunisie Télécom. L’Instance nationale des télécommunications (INT) n’impose pas ce partage. La téléphonie rurale utilise une technologie Wireless local-loop (WLL) et Mobirif et fonctionne selon la norme GSM (environ 41 000 abonnés en 2007). La Tunisie est aussi dotée de deux passerelles internationales, de liaisons par câble sous-marin, de liaisons spatiales numériques et collabore à des projets de télécommunications par satellite.
Le réseau Internet couvre la totalité du pays et fonctionne avec 12 fournisseurs de services (sept publics et cinq privés). L’accès en ADSL (Asymetric Digital Suscriber Line, haut débit) est en train de se généraliser à tout le territoire ainsi que l’utilisation des technologies de communication par satellite VSAT. Le réseau Wimax a été introduit en 2007 de même que la transmission de la voix par le protocole IP. En 2008, les indicateurs relatifs à l’activité Internet étaient les suivants :
une bande passante internationale d’Internet ayant
une capacité de 3100 mégabits par seconde, 379200 abonnés au réseau Internet, 2 400 000 utilisateurs, et un réseau de transmission de données faisant appel à diverses technologies : RNIS, X25, Frame Relay, ADSL (167 300 abonnés en août 2008).
La radiotélédiffusion est marquée par un renforcement du taux de couverture des chaînes à plus de 99.5 pour cent, une amélioration de la qualité d’écoute de la radio et le démarrage des travaux d’installation d’un réseau hertzien numérique considéré comme le noyau du futur projet de télévision numérique dans le pays. Les autorités ont développé 30 cyberparcs et un programme d’assurance qualité des services (ISO, CMMI et autres certifications internationales) pour gagner les marchés de sous-traitance. Avec plus de 190 centres d’appels, européens en majorité, la Tunisie occupe la deuxième position après le Maroc sur le marché des centres d’appels francophones délocalisés. Ces centres, qui emploient actuellement environ 17 000 jeunes diplômés, bénéficient de tarifs de communications réduits et de l’exonération de l’impôt sur les sociétés conformément à l’objectif national de réduire le chômage des diplômés.
Le monopole sur la téléphonie fixe est un facteur qui ralentit la pénétration d’Internet dans les ménages et qui pèse sur la tarification. Le tarif national des lignes fixes à la minute varie de 14 à 20 millimes selon les heures contre 120 à 180 millimes pour la téléphonie mobile. Le tarif Internet haut débit (1 mégabit par seconde) appliqué pour l’utilisation des lignes fixes par Tunisie Télécom est de 30 TND par mois. Selon une étude publiée en janvier 2009, le prix de l’ADSL en Tunisie est avantageux comparé à celui pratiqué dans les autres pays arabes. Depuis 2005, au lieu d’augmenter ses tarifs, Tunisie Télécom a intégré la TVA de 6 pour cent dans le prix de la carte téléphonique.
Au plan législatif, la Tunisie a opté pour une ouverture du marché à la concurrence en attribuant une licence GSM à Orascom en 2002 et une licence de télécommunication satellite à Divona Télécom en 2004, en transformant l’Office national des télécommunications d’établissement public à caractère non administratif en société anonyme. En 2006, Tunisie Télécom a cédé 35 pour cent de son capital à Tecom-Dig et le gouvernement a lancé un appel d’offre pour l’attribution d’une seconde licence de téléphonie fixe et mobile combinée au deuxième trimestre 2009. Tunisie Télécom verse 5 pour cent de ses recettes au ministère des Technologies de la communication pour alimenter le fonds de développement des technologies de l’information et de la communication destiné à développer le secteur dans les entreprises, les écoles et les universités.
L’État et les entreprises publiques assurent plus de 80 pour cent du chiffre d’affaires total du secteur TIC. Ils en sont aussi les principaux promoteurs auprès du secteur privé grâce, notamment, au programme de mise à niveau qui accorde des subventions sur les logiciels et les services associés à hauteur de 70 pour cent et les équipements informatiques à hauteur de 25 pour cent. Néanmoins, les banques sont actuellement réticentes à financer le secteur car les sommes engagées sont importantes et le retour sur investissement n’est pas immédiat. Ainsi, la majeure partie du financement des investissements pour améliorer le réseau des larges bandes et des bandes passantes se fait par l’État via Tunisie Télécom. L’ajout de lignes ADSL est prévu à l’horizon 2009-10 ainsi que de nouveaux réseaux à large bande devant relier les installations internationales au nouveau câble sous-marin SEA-ME-WE 4 d’une longueur de 20 000 kilomètres entre la France et Singapour.
Plusieurs services en ligne du gouvernement ont permis d’améliorer la qualité des services fournis par l’administration, d’encourager les exportations et de créer une culture numérique. Parmi ces applications, le programme de l’administration électronique, les projets sectoriels en ligne, le commerce électronique, l’apprentissage à distance, les prestations de santé à distance, le système de gestion de l’état civil (Madania), le système de gestion administrative et financière des fonctionnaires de l’État et des collectivités locales (Insaf), le système de gestion et de suivi du budget de l’État (Adeb), le système informatique de la douane (Sinda) et le système de gestion des ordres de missions à l’étranger (Rached) couvrent de nombreuses prestations de services administratifs. D’autres projets ont été réalisés, à l’instar du système de la « liasse unique » dédié au commerce extérieur pour faciliter les transactions électroniques (les signatures et les paiements électroniques sont autorisés).
Malgré son expansion, la capacité à l’exportation du secteur des TIC reste limitée par l’étroite offre de services spécialisés (les applications pour la technologie mobile par exemple) et l’absence d’une main d’œuvre abondante et très qualifiée. De plus, l’exiguïté de la taille des entreprises du secteur des TIC (300 entreprises sur 345 ont moins de dix salariés) les empêche de mener à bien des projets d’envergure de développement de logiciels. La majorité d’entre elles est spécialisée dans la vente et la maintenance d’équipements informatiques (68 pour cent du marché total), ce qui restreint les ambitions de la Tunisie à s’imposer comme pôle stratégique d’investissement pour les grandes entreprises internationales de logiciels.
Selon la dernière enquête auprès des ménages datant de 2005, le Tunisien moyen dépense 66.787 TND dans l’utilisation des TIC, soit 3.67 pour cent de ses dépenses totales en biens et services. Afin de limiter les effets de la fracture numérique entre les pauvres et les riches et entre les milieux rural et urbain, plusieurs programmes ont été adoptés. Entre 2001 et fin 2007, le projet « ordinateur familial » a permis à 62 000 familles aux revenus modestes d’acquérir un ordinateur en bénéficiant de facilités de paiement. Les familles tunisiennes ont également la possibilité de s’abonner à Internet pour un prix modéré (le forfait mensuel pour 15 heures de connexion coûte 10 TND). Le projet « Tunis City Communications », d’un montant de 3 milliards USD, prévoyant une université de communication et un pôle technologique, a démarré en février 2009.
Contexte politique
Le Rassemblement démocratique constitutionnel (RDC) au pouvoir a la main mise sur les institutions et les services de l’État. Les partis de l’opposition sont désormais présents à la Chambre des députés, avec 20 pour cent des 189 sièges.
En vue de l’élection présidentielle d’octobre 2009, le président en exercice depuis 1987 a été choisi comme candidat du RDC. Son investiture pour un cinquième quinquennat a été rendue possible par un amendement à la constitution portant à cinq le nombre maximum de mandats consécutifs. Sur les neuf partis d’opposition légaux que compte la Tunisie, quatre ont également déjà désigné leur candidat.
Statistiques pays
| Statistic | 2008 | 2007 |
|---|---|---|
| Indicateurs de base | ||
| Taux de croissance du PIB en volume (%) | 5.1 | 6.3 |
| Produit intérieur brut (USD million, prix courants) | 42,457 | 35,485 |
| PIB par habitant ( USD courants) | 4,067 | 3,436 |
| PIB par habitant (PPP) | 8,742 | |
| Composition de la demande | ||
| Consommation finale totale (% du PIB) | 76.7 | 76.3 |
| Consommation privée (% du PIB) | 61.1 | 60.7 |
| Consommation publique (% du PIB) | 15.6 | 15.6 |
| Formation brute de capital total (% du PIB) | 27.9 | 27.3 |
| Formation brute de capital privée (% du PIB) | 20.1 | 22.9 |
| Formation brute de capital publique (% du PIB) | 7.8 | 4.4 |
| Balance commerciale (% du PIB) | -11.8 | -11.6 |
| Exportations (f.o.b) | 33.2 | 30.0 |
| Importations (f.o.b) | 45.0 | 41.6 |
| Opérations financiers de l'État | ||
| Recettes totals avec dons (% du PIB) | 23.8 | 23.9 |
| Recettes fiscales (% du PIB) | 20.7 | 20.9 |
| Dons (% du PIB) | 0.2 | 0.1 |
| Dépenses totales et prêts nets (% du PIB) | 26.9 | 26.8 |
| Dépenses totales et prêts nets (USD million) | 1,141,711 | 949,901 |
| Dépenses courantes (% du PIB) | 20.8 | 20.1 |
| Salaires (% du PIB) | 11.6 | 11.6 |
| Intérêts des dettes publiques (% du PIB) | 2.4 | 2.6 |
| PIB par habitant ( USD courants) | 4,067 | 3,436 |
| Dépenses en capital (% dépenses totales et prêts nets) | 0.2 | 0.2 |
| Solde primaire (% du PIB) | -0.6 | -0.3 |
| Solde global (% du PIB) | -3.0 | -2.8 |
| PIB monnaie locale (monnaie locale) | 54,134 | 45,564 |
| Solde fiscal (% du PIB) | -3.0 | -2.8 |
| Solde fiscal (USD) | -129,482 | -101,088 |
| Indicateurs monétaires | ||
| Inflation (%) | 5.0 | 3.1 |
| Taux de change (monnaie locale/USD) | 1.3 | 1.3 |
| Masse monétaire (milliards monnaie local) | 33.0 | |
| Masse monétaire (% du PIB) | 66.9 | |
| Réserves de change, or exclu. En fin d'année (USD million) | 8,471 | |
| Réserves (Eq. mois d'importation) | 4.7 | |
| Balance courante (USD million) | -1 764 | - 915 |
| Balance courante (% du PIB) | -4.2 | -2.6 |
| Indice de diversification | 75.4 | |
| IDE entrées | 1,618 | |
| IDE sorties | 20 | |
| Flux d'aide | ||
| APD nette totale, tous donneurs confondus (USD million) | 310 | |
| APD nette totale, pays CAD (USD million) | 194 | |
| APD nette totale, multilateral (USD million) | 126 | |
| Indicateurs de la dette extérieure | ||
| Dette extérieure totale (USD million) | 20,162 | |
| Dette extérieure totale (% du PIB) | 49.6 | 56.8 |
| Service de la dette (en % des exportations de biens et services) | 10.0 | 13.0 |
| Remises des travailleurs (USD million) | 1,669 |
Carte du pays
Statistiques pays
| Produit intérieur brut (USD million, prix courants): | 42,457 |
| PIB par habitant ( USD courants): | 4,067 |
| Balance commerciale (% du PIB): | -11.8 |
| Inflation (%): | 5.0 |
| Réserves (Eq. mois d'importation): | 4.7 |





Contexte social et développement des ressources humaines
Les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) devraient tous être atteints d’ici 2015. Le taux global de pauvreté dans ce pays de 10millions d’habitants atteignait 3.8 pour cent en 2007 contre 4.2 pour cent en 2000 et 6 pour cent en 1990. Cette évolution s’explique par l’indexation de l’objectif de réduction de la pauvreté sur l’objectif de croissance économique. Des études montrent que la croissance a favorisé le recul de la pauvreté dans la période 1980-2000. L’action publique joue aussi son rôle par le biais des transferts sociaux qui ont représenté 58.8 pour cent du budget, soit 19 pour cent du PIB en 2007. Cet effort soutenu a permis d’améliorer les conditions matérielles de vie des ménages, notamment en milieu rural. Les transferts sociaux pour chaque famille sont passés en moyenne de 278 à 302 TND entre 2006 et 2007.
Le chômage a reculé de 15 pour cent en 2001 à 13.9 pour cent en 2008. Mais les autorités devront faire face en 2009 à 80 000 demandeurs d’emploi supplémentaires dont deux tiers de diplômés de l’université. Pour absorber cette offre de travail, le gouvernement compte sur davantage de flexibilité et, surtout, sur une meilleure adéquation du système d’éducation et de formation aux besoins du marché en réorientant la main d’oeuvre qualifiée vers les secteurs à forte employabilité, tels que l’ingénierie, l’informatique, les télécommunications, les arts et métiers et les langues appliquées. Il s’agit également de simplifier la législation sur la création d’entreprises pour encourager les jeunes diplômés à choisir cette voie. Reste que la réglementation du travail, conçue pour protéger les salariés, est particulièrement rigide. En matière de respect des droits de la femme, le pays est l’un des plus avancés dans la région. La parité est respectée dans l’accès aux soins et la scolarisation. Mais les femmes ne constituent que 26 pour cent de la population active.
Le budget de l’éducation et de l’enseignement supérieur reste le plus élevé (28 pour cent des dépenses de fonctionnement de l’État), et ce depuis des années. Les taux brut de scolarisation sont de 96 pour cent pour le primaire, de 83.2 pour cent pour le supérieur. Mais les autorités sont maintenant confrontées à la baisse des effectifs dans les écoles primaires, dont certaines sont en train de fermer leurs portes, alors que la croissance du nombre d’étudiants est exponentielle. Selon les prévisions, il y aura 478 000 étudiants en 2011, contre 370 000 en 2008. En outre, l’enseignement supérieur est à l’heure de la réforme Licence, master et doctorat (LMD) qui vise à introduire une plus grande flexibilité et une meilleure prise en considération des exigences du marché de l’emploi.
Les soins de santé sont accessibles à tous à un prix raisonnable mais des efforts restent à faire pour améliorer la qualité des services rendus aux malades et désengorger le secteur public. Les indicateurs de santé et de sécurité sociale se sont améliorés entre 2006 et 2007 puisque l’espérance de vie à la naissance est passée de 73.6 à 74 ans et le taux de couverture sociale des salariés relevant des différents régimes de sécurité sociale de 90.4 pour cent en 2006 à 91.9 pour cent en 2007. Selon les mêmes tendances, la mortalité infantile a baissé de 21.1 à 19.5 pour 1 000 nouvelles naissances et le nombre d’habitants par médecin est passé de 1 043 en 2003 à 968 en 2007. En outre, les différents programmes de planning familial lancés dans les années 60 ont permis de limiter les naissances. Le taux de natalité est de 17 pour 1 000 habitants, stationnaire depuis 2003. Le rythme de croissance de la population s’est ralenti, passant de 1.08 pour cent en 2004 à 1 pour cent en 2006. Ce qui place la Tunisie en tête des pays arabes et africains. Enfin, la séroprévalence est faible (0.1 pour cent) de telle sorte que la Tunisie peut se concentrer sur la prévention du VIH/Sida et, notamment, distribuer gratuitement un traitement aux séropositifs.