Vue d'ensemble

Les performances économiques du Maroc sont restées bonnes en 2009, malgré la mauvaise conjoncture internationale. L’instabilité des marchés financiers, la flambée du prix du pétrole et l’essoufflement des grands partenaires commerciaux du royaume chérifien ont d’abord fait redouter le pire. Pourtant, les fondamentaux sont restés stables, témoignant d’une meilleure résistance face aux chocs externes. La croissance du produit intérieur brut (PIB) s’est élevée à 5 % en 2009, soutenue par une campagne agricole exceptionnelle, une demande interne vigoureuse et des mesures de soutien à l’économie. Ces dernières ont été mises en place pour contrecarrer les effets de la crise, ressentis dès le deuxième trimestre 2008.  

Cependant, l’économie marocaine souffre encore de certaines fragilités, que la crise internationale risque d’exacerber à court terme. Des inquiétudes persistent en effet sur l’équilibre de la balance commerciale, la compétitivité des exportations ainsi que leur forte concentration à destination des marchés européens. Par ailleurs, la crise a eu un impact négatif sur les recettes touristiques et les transferts des Marocains résidents à l’étranger. Ces deux principales sources de devises ont jusqu’à présent compensé le déséquilibre de la balance commerciale et permis de maintenir le solde du compte courant à un niveau positif. La croissance devrait donc marquer le pas en 2010 et ne pas dépasser 4.3 %.

Des réformes structurelles et sectorielles ont contribué, ces dernières années, à asseoir les fondements d’une économie moderne et ouverte sur l’extérieur. La crise a poussé les pouvoirs publics à redoubler d’efforts pour moderniser le secteur public, lancer de grands projets d’infrastructures, promouvoir le secteur privé et protéger l’environnement.  

Figure 1 : Taux de croissance du PIB réel et PIB par habitant (USD en PPA à prix courants)

Tableau 1 : Indicateurs macro-économiques

 2008200920102011
Taux de croissance du PIB5.65.04.34.9
Inflation IPC3.91.02.92.5
Balance budgétaire % PIB0.4-2.9-4.0-3.4
Balance courante % PIB-4.9-6.3-4.0-3.7

Développements économiques récents et perspectives

Figure 2 : Ventilation sectorielle du PIB, 2008 (en pourcentage)

Malgré la récession globale en 2009, l’économie marocaine a rempli son objectif de croissance, avec un taux de 5 % pour des prévisions initiales de 5.4 %.

L’agriculture, toujours importante, contribue à 14 % du PIB, mais l’économie dépend de plus en plus des services. Ce secteur a subi les revers de la crise, tout comme l’industrie, au dernier trimestre 2008. La croissance du PIB hors secteur primaire devrait se situer autour de 4.3 % en 2009, contre une moyenne annuelle de 6 % depuis 2003. 

Le secteur agricole a bénéficié de conditions climatiques très favorables durant la campagne 2008/09. Les premières estimations donnent une production record de blé dur, de blé tendre et d’orge. La récolte devrait atteindre 102 millions de quintaux, près du double de la campagne précédente. La valeur ajoutée agricole a augmenté de 24 % par rapport à 2007/08. 

Les céréales dominent, mais les primeurs et agrumes ne sont pas en reste. Leur production a augmenté de 10 % en 2008/09. En revanche, les exportations d’agrumes ont chuté de 17.1 % entre janvier et août 2009 par rapport à la même période en 2008, en raison du fléchissement de la demande extérieure. C’est en Russie que le déclin a été le plus fort, avec une baisse de 24.7 %. 

Les fortes pluies de 2009 ayant alimenté la nappe phréatique, l’agriculture devrait se montrer moins vulnérable aux aléas climatiques en 2010. Les prévisions officielles tablent cependant sur une contraction de 2.4 % en 2009 du secteur primaire, en raison des difficultés du sous-secteur de la pêche. La performance reste cependant moins mauvaise qu’en 2007, une année où la croissance agricole avait décliné de 20.8 %, faute de pluie. 

L’élevage a augmenté de 4.3 % en 2009, un rythme plus modéré qu’en 2008. La bonne pluviométrie a amélioré la qualité des pâturages et entraîné une baisse relative du prix des aliments du bétail. En revanche, la production de volailles a souffert de la vague de chaleur qui a touché le pays durant l’été 2009, provoquant des pertes de 1.5 %, en variation annuelle, dans la production du secteur entre janvier et août 2009.  

La pêche, une composante importante de l’agriculture, a mal démarré l’année 2009, mais s’est redressée à partir du deuxième trimestre. Les prises ont augmenté de 11 % en volume entre janvier et septembre 2009 par rapport à la même période en 2008. En revanche, leur valeur a baissé de 12.3 %, à cause d’une chute de 40 % des recettes générées par les ventes de poulpe liée à l’effondrement de la demande européenne. Or, ce produit représente à lui seul le quart de la valeur totale des débarquements. Les exportations de poissons et crustacés ont diminué de 19.9 %, entre janvier et octobre 2009 par rapport à la même période en 2008. 

Les activités non agricoles frappées par la crise ont, pour leur part, connu une reprise modérée au second semestre 2009. La croissance hors agriculture s’est établie à 2 % en variation annuelle au deuxième trimestre 2009, contre 1.9 % au dernier trimestre 2008 et 1.3 % au premier trimestre 2009. Les projections officielles prévoient néanmoins une reprise de 4.4 % du PIB non agricole en 2010, à la suite des mesures mises en place pour soutenir les secteurs les plus touchés par la crise. 

Le secteur minier a été durement frappé. Les cours mondiaux du phosphate ont en effet chuté de 74 % entre janvier et fin août 2009 par rapport à la même période en 2008. Les productions de phosphate brut et d’engrais phosphatés ont respectivement décliné de 52.3 et 42.4 % au cours de la période. La spirale négative s’est atténuée fin septembre 2009, avec une baisse respective ramenée à 18.7 et 7.3 % de la production de phosphate et d’engrais, par rapport à septembre 2008. Le chiffre d’affaires de l’Office chérifien des phosphates (OCP), porté par une conjoncture exceptionnelle en 2008, n’a que légèrement décliné au cours des neuf premiers mois de l’année 2009, s’élevant à 15 milliards de dirhams marocains (MAD). 

Après un ralentissement fin 2008 et début 2009, la production d’électricité a augmenté de 3.4 %, en variation annuelle, au cours des dix premiers mois de l’année. La consommation d’électricité a augmenté de 2.9 % sur la même période. 

L’industrie a également subi les effets de la crise internationale. Sa contribution à la croissance s’est dégradée en 2008, passant de 0.7 % entre janvier et mars 2008 à une contribution négative en valeur (- 0.5 %) entre mars et décembre. La valeur ajoutée des activités industrielles hors raffinage a régressé de 4 % au dernier trimestre 2008 et de 0.8 % au premier trimestre 2009, puis renoué avec une croissance positive de 0.2 % au second trimestre 2009 et de 2.1 % au troisième trimestre, en rythme annuel. 

Le textile et la confection, l’automobile et l’électronique ont été les plus touchés par la crise. Les suppressions de postes dans l’automobile, le textile et la confection ont frappé 10 % de la force de travail entre janvier et mai 2009, puis près de 7.5 % en juin et juillet. Les pertes cumulées dans le textile et la confection ont atteint 346 millions MAD entre janvier et août 2009, contre 2.2 milliards MAD pour le secteur automobile et 1.35 milliard MAD pour l’activité électronique.  

Les industries alimentaires et chimiques, relativement épargnées, ont progressé de 2.5 et 4.9 % au deuxième trimestre 2009 par rapport à la même période en 2008. L’industrie agroalimentaire a bénéficié d’une bonne tenue de la demande intérieure, notamment en conserves de poissons et produits laitiers. La bonne performance de l’industrie chimique s’explique par la plus forte demande locale en pesticides, insecticides et autres produits à usage agricole, en raison de la bonne campagne agricole. 

Après un début d’année difficile, les activités de BTP se sont redressées à partir du troisième trimestre 2009. Bon indicateur de la santé du secteur, les ventes de ciment ont progressé de 3.5 % entre janvier et octobre 2009 par rapport à la même période en 2008. L’encours des crédits immobiliers a augmenté de 18.4 milliards MAD entre janvier et octobre 2009, soit une progression de 10 % par rapport à la même période en 2008. 

La légère reprise enregistrée fin 2009 dans l’industrie a donné lieu à des prévisions de croissance optimistes pour l’année 2010. En effet, le secteur secondaire devrait croître de 4.5 % en 2010, après une baisse de 0.3 % en 2009, grâce au BTP, l’énergie et les mines. La mise en place du pacte national pour l’émergence industrielle devrait jouer, de même que les mesures prises pour sécuriser l’approvisionnement énergétique du pays. 

Dans le secteur tertiaire, le bilan est contrasté. Le tourisme n’a pas trop souffert de la crise. Les arrivées ont certes chuté de 10.5 % au premier trimestre 2009, puis de 6.5 % au second trimestre, par rapport aux mêmes périodes en 2008. Mais l’activité s’est ensuite redressée pendant l’été, permettant de rattraper les pertes du début de l’année. Fin juillet 2009, près de 5 millions de touristes avaient visité le Maroc, une augmentation de 8.3 % par rapport à la même période en 2008. Les recettes du tourisme ont représenté 7.2 % du PIB en 2009, tandis que les apports des Marocains résidents à l’extérieur se sont élevés à 6.8 % du PIB. Les visites au pays de ces émigrés ont augmenté de 14.8 % sur cette période. Les nuitées se sont légèrement redressées en juillet 2009 (en hausse de 4 %), après une forte baisse en début d’année. 

Toujours dynamiques, grâce à la téléphonie mobile et Internet, les télécommunications ont poursuivi leur essor en 2009. La téléphonie mobile compte désormais plus de 21 millions d’abonnés. Elle a connu une croissance de 12.5 % entre janvier et septembre 2009 par rapport à la même période en 2008. Les abonnements Internet ont augmenté de 52 %, grâce à l’engouement pour l’Internet 3G. Les abonnés Internet étaient 1.05 million en septembre 2009. Le parc d’abonnés à la 3G a affiché une progression record de 182.9 %, en glissement annuel, entre janvier et septembre 2009. Quant aux abonnements à la téléphonie fixe, ils ont augmenté de 19.7 %, pour atteindre 3.4 millions d’abonnés fin septembre 2009. 

Les transports ont souffert de la conjoncture internationale et de la baisse de la demande extérieure. Une reprise s’est amorcée au deuxième trimestre 2009, après deux trimestres de baisse dans le fret maritime et ferroviaire. La valeur ajoutée des transports a augmenté de 3.4 % au second trimestre, après une baisse de 2.9 % entre janvier et mars. Cette évolution favorable est portée par les exportations de phosphate et dérivés, ainsi que par le transport de voyageurs par train. Le transport aérien a été fortement perturbé par des mouvements de grève du personnel. Le trafic aérien a néanmoins augmenté de 2.5 % en glissement annuel, entre janvier et octobre 2009 par rapport à la même période en 2008. Les concessionnaires ayant cassé les prix, les ventes de véhicules neufs ont progressé de 32.3 % en glissement annuel au second trimestre de l’année 2009.  

La demande intérieure a augmenté de 6.8 % en 2009 et devrait encore croître de 7.7 % en 2010. Soutenue par une baisse de l’impôt sur le revenu et la revalorisation des salaires, elle a aussi été tirée par l’excellente campagne agricole, un taux de chômage inférieur à 10 % et une poussée du crédit à la consommation, en hausse de 19.3 % entre janvier et octobre 2009 par rapport à la même période en 2008. Du coup, la demande intérieure a en partie compensé le fléchissement de la demande externe. La demande des ménages devrait contribuer à 4.3 % de la croissance en 2009 et 4.6 % en 2010. Elle devrait être portée par une nouvelle baisse de l’impôt sur le revenu, prévue pour janvier 2010, par le dynamisme du marché du travail et le maintien de l’inflation autour de 2.9 % en 2010.  

L’investissement s’est maintenu, malgré un contexte assez incertain. En effet, les crédits à l’équipement ont augmenté de 24.8 % entre janvier et octobre 2009 par rapport à la même période en 2008. La formation brute du capital fixe à prix courant s’est appréciée de 9.1 % en 2009 et devrait croître de 6.3 % en 2010. Sa contribution à la croissance devrait passer de 3 % en 2009 à 2.2 % en 2010. Les investissements directs étrangers (IDE) ont représenté 3.6 % du PIB en 2009, la France demeurant le principal pays émetteur avec une part de 30 %, suivie par le Koweit et les États-Unis. 

Tableau 2 : Composantes de la demande

 20012008200920102011
Formation brute de capital26.136.33.02.22.7
Formation brute de capital - Publique3.33.30.30.20.1
Formation brute de capital - Privée22.833.02.72.02.5
Consommation finale76.578.18.03.85.7
Consommation finale - Publique18.618.51.40.70.9
Consommation finale - Privée57.859.76.63.04.8
Solde extérieur-2.6-14.5-6.1-1.6-3.5
Secteur externe - Exportations29.336.9-1.90.40.4
Secteur externe - Importations-31.9-51.3-4.2-2.1-3.9
Taux de croissance du PIB, en volume--5.04.34.9

Politiques macro-économiques

Politique budgétaire

L’impact de la crise internationale a perturbé la tendance à la hausse des recettes budgétaires, enregistrée depuis 2007. Le solde budgétaire, excédentaire de 0.2 et 0.4 % du PIB en 2007 et 2008, a renoué avec le déficit en 2009, à hauteur de 2.9 %. Le déficit devrait se creuser en 2010 et atteindre 4 %.

Les recettes fiscales ont décliné de 10.7 % en 2009, se limitant à 150 milliards MAD, en raison de la baisse de 12.5 % des recettes issues des impôts directs. Les recettes au titre de l’impôt sur le revenu devraient encore régresser en 2010 à la suite de la baisse du taux d’imposition, qui devait passer de 40 à 38 % en janvier 2010. Les recettes de l’impôt sur les sociétés ont baissé de 11.2 % en 2009, à cause de la crise. Quant aux recettes non fiscales, elles ont progressé de 5 % en 2009, grâce aux recettes de monopoles, en progression de 31.9 %. Un renversement de tendance est cependant attendu en 2010, avec des recettes non fiscales en recul de 2.8 %.

Les dépenses ordinaires ont augmenté moins vite en 2009 qu’en 2008, en raison du recul des dépenses de compensations. Ces dernières ont connu une hausse de plus de 90 % en 2008, avant de se contracter de 64.8 % en 2009. Elles devraient poursuivre leur recul en 2010 avec une contraction estimée à 51.6 %. De même, les dépenses en biens et services ont légèrement reculé, passant de 5.5 % du PIB en 2008 à 5.4 % en 2009, à cause de la baisse de 9.3 % des dépenses de matériel en 2009. Concernant les prévisions pour l’année 2010, les dépenses ordinaires devraient renouer avec une tendance haussière, atteignant 156.4 milliards MAD, soit une progression de 4.3 % par rapport à 2009. Enfin, les dépenses d’investissement ont augmenté de 13.3 % en 2009 par rapport à l’année précédente, pour atteindre 43.2 milliards MAD. Elles devraient poursuivre leur croissance à un taux de 20 % en 2010, confirmant la volonté des pouvoirs publics de maintenir leur soutien à l’économie nationale face à la crise mondiale, avec des projets à forte rentabilité économique et sociale.

La dette publique est passée de 53.5 % du PIB en 2007 à 47.3 % en 2008, puis 46.7 % en 2009. Ce déclin résulte en partie de la gestion active de la dette, entamée en 2008 avec des réformes visant à développer le marché des valeurs du trésor public. L’objectif qui consiste à ramener le déficit budgétaire à moins de 3 % du PIB en 2010 devrait contribuer à stabiliser le ratio de la dette et offrir une plus grande marge de manœuvre pour la conduite de la politique monétaire.

Tableau 3: Opérations financières de l'État (en pourcentage du PIB)

 2001200620072008200920102011
Recettes totales (avec dons)22.523.027.429.529.029.228.7
Recettes fiscales20.519.724.426.926.426.626.1
Recettes pétrolières0.10.50.50.30.30.40.3
Dépenses totales (et prêts nets) (a)26.925.027.229.131.933.232.1
Dépenses courantes22.622.123.224.125.127.925.4
Sans les intérêts18.218.820.121.522.223.023.0
Salaires11.210.910.710.211.011.111.2
Biens et services1.25.05.35.55.45.75.7
Intérêts4.43.23.12.62.84.92.4
Dépenses en Capital4.14.14.65.55.76.05.9
Solde primaire0.01.33.33.00.00.9-1.0
Solde global-4.4-2.00.20.4-2.9-4.0-3.4

Politique monétaire

Afin de préserver le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité de l’économie, l’inflation ne devrait pas excéder 2.9 % en 2010, après une croissance maîtrisée en 2009 (1 %). Le maintien de l’inflation à ce niveau résulte d’une politique monétaire prudente de ciblage de l’inflation et des mesures d’intervention continues de l’État à travers la caisse de compensation. En l’absence de pressions inflationnistes, la Bank Al-Maghrib (BM) a baissé son taux directeur de 25 points de base en mars 2009, pour le ramener à 3.25 %. La BM a ramené de 15 à 8 %, courant 2009, la réserve monétaire obligatoire des banques, tenant compte des besoins de liquidités qui ont résulté de la baisse des recettes en devises. Elle n’a pas modifié les taux d’intérêt, afin de contenir les pressions inflationnistes.

La masse monétaire a augmenté de 6.4 % de janvier à octobre 2009 par rapport à la même période en 2008. Cette augmentation résulte de la hausse moyenne de 10.5 % des crédits à l’économie, répartie différemment selon les types de crédit (pas moins de 19.3 % pour les crédits à la consommation, 24.8 % pour les crédits à l’équipement, 12.2 % pour les crédits à l’immobilier). Toujours indexé à un panier de devises dominé par l’euro, le taux de change du dirham marocain s’est établi à 11.4 MAD pour un euro en octobre 2009, contre 11.11 MAD en 2008. En revanche, le dollar a poursuivi sa dépréciation face au dirham, passant de 8.71 MAD pour un dollar en octobre 2008 à 7.73 MAD en octobre 2009, soit une baisse de 11.3 % en un an. 

Position extérieure

L’évolution des échanges a confirmé les craintes suscitées par la crise internationale et le ralentissement de l’activité économique dans les pays partenaires du Maroc. Les importations et les exportations marocaines ont diminué de 19.2 et 23.3 % en valeur, au cours des trois premiers trimestres 2009, en glissement annuel. Le taux de couverture a perdu 3.7 points de pourcentage sur cette période, passant de 73.9 % à fin octobre 2008 à 70.2 % un an plus tard. Quant au déficit commercial, il s’est chiffré à 122.2 milliards MAD sur les dix premiers mois de l’année, en recul de 14.8 % par rapport à la même période en 2008. Le déficit du compte courant extérieur a atteint 4.9 % du PIB en 2008 et devrait passer à 6.3 % en 2009 puis 4 % en 2010.

Les importations de produits énergétiques ont reculé de 34.4 % au terme des dix premiers mois de l’année 2009, à la suite de la baisse du volume importé de pétrole brut et du recul du prix moyen à l’import, passé de 5 886.5 MAD/tonne à 3 423.7 MAD/tonne d’une année à l’autre. Les importations de produits semi-finis et de produits bruts ont enregistré une tendance similaire à celle des produits énergétiques, s’inscrivant respectivement en baisse de 27.6 et 53.9 %, en valeur, par rapport à leur niveau d’octobre 2008. Par ailleurs, la bonne pluviométrie et de l’excellente campagne céréalière ont permis de réduire les importations de produits alimentaires de 24.8 % à fin octobre 2009 par rapport à la même période l’année précédente. 

Conformément aux prévisions liées à la crise mondiale, les exportations marocaines ont diminué de 28.2 % en valeur sur toute l’année 2009, après une progression de 36.2 % en 2008. Cette contreperformance s’explique en grande partie par la concentration des exportations vers un nombre restreint de pays ayant subi la crise de plein fouet, ainsi que par la baisse importante (66.5 %) des exportations de phosphates et dérivés.

Hors phosphates et dérivés, les exportations ont reculé de 13.9 % en valeur entre janvier et octobre 2009, moins pénalisées par la crise. Ce déclin va en se réduisant, passant ainsi de 19.1 % au second trimestre à 6 % au troisième trimestre, grâce à la reprise des exportations de poisson et de composants électriques. Dans le textile et le cuir, les exportations de vêtements ont baissé, mais celles de chaussures ont augmenté de 9.4 % entre janvier et octobre 2009, en glissement annuel.

Les échanges avec les pays de l’Union du Maghreb arabe (UMA) ont atteint près de 1 milliard de dollars (USD) en 2008. Ils progressent d’année en année, mais restent en deçà du potentiel régional. Le Maroc a par ailleurs multiplié les accords commerciaux avec l’Afrique subsaharienne[1].

 

Tableau 4 : Comptes courants (en pourcentage du PIB)

Figure 3 : Part de l’encours de la dette extérieure dans le PIB et ratio du service de la dette sur les exportations (en pourcentage)

Questions structurelles

Développement du secteur privé

Les bonnes performances du Maroc ces dernières années résultent des réformes structurelles et sectorielles mises en œuvre par le gouvernement. Ces politiques ont largement contribué à asseoir les fondements d’une économie moderne, ouverte sur l’extérieur. La crise internationale a amené les pouvoirs publics à accélérer différents plans sectoriels, parmi lesquels la modernisation du secteur public, le développement des infrastructures, du secteur privé et la protection de l’environnement. L’objectif consiste à renforcer la résilience de l’économie aux chocs externes et à maintenir de bonnes perspectives de croissance. 

Depuis 2007, des réformes visent à moderniser le secteur financier, pour faciliter l’accès des entreprises au crédit et améliorer le cadre légal et réglementaire des affaires. Le programme d’appui à la réforme du secteur financier (Padesfi) est soutenu par la Banque africaine de développement (BAfD) et la Banque mondiale. Il permettra de soutenir le financement des petites et moyennes entreprises (PME), à travers la réforme du système national de garantie et l’adoption d’un plan de développement de la caisse centrale de garantie.  

Dans le cadre du contrat pour l’émergence industrielle, signé entre l’État et le secteur privé, la création d’un comité public-privé était prévue en 2009. Ce comité est chargé d’identifier les mesures susceptibles d’améliorer l’environnement des affaires, de coordonner leur mise en œuvre et d’évaluer leur impact. Son action sera conduite en concertation avec les différents partenaires publics et privés. Les actions du comité cibleront, entre autres, les procédures d’octroi d’autorisations, de création d’entreprise, les procédures judiciaires, la diffusion des décisions de justice et la facilitation de l’accès au foncier pour les projets d’investissement. Ce dispositif vient renforcer l’effort de rationalisation de la fiscalité des entreprises, l’amélioration des procédures et délais de création des entreprises (création d’un guichet unique) et l’accélération du dédouanement des marchandises. Des efforts ont également été engagés pour aménager des zones dédiées à l’accueil des investissements. 

Le comité de veille stratégique, mis en place en février 2009, est chargé du suivi de la conjoncture internationale. Il a également pris des mesures importantes visant à accompagner les entreprises les plus touchées par la crise, dans les secteurs du textile, du cuir et des équipements automobiles. Ces mesures s’articulent autour de trois volets. Le premier, d’ordre social, voit les pouvoirs publics prendre en charge les cotisations patronales à la sécurité sociale, sur une durée de six mois renouvelable, de manière à préserver l’emploi. Le deuxième volet, d’ordre financier, renforce les garanties octroyées par l’État aux banques, pour le financement des fonds de roulement des entreprises. Le troisième volet, commercial, prend en charge les frais de prospection et des conditions préférentielles pour les assurances à l’export, de manière à trouver plus de débouchés. Au total, 1 098 entreprises ont été identifiées comme fortement touchées par la crise, dont 906 dans le secteur du textile et 115 dans les industries du cuir. Le coût de ces mesures est évalué à 1.3 milliard MAD, dont près de 800 millions consacrés aux cotisations patronales à la sécurité sociale. 

En dépit de ces avancées, il ressort des rapports Doing Business publiés par la Banque mondiale en 2009 et 2010 que le Maroc reste confronté à d’importants défis pour améliorer son environnement des affaires. Parmi ces défis figurent la modernisation du système judiciaire, la facilitation de l’accès des PME au crédit et la flexibilité du marché du travail. 

Le système financier marocain a bien résisté aux turbulences des marchés financiers, grâce aux réformes engagées depuis 2002 et à la faiblesse des échanges de capitaux avec l’extérieur. Les efforts de modernisation et de réforme du secteur financier se sont poursuivis en 2009 dans le cadre du Padesfi. Il s’agit de mettre le dispositif institutionnel, législatif et réglementaire à niveau, pour une meilleure conformité avec les standards internationaux. La réforme, en cours, est orientée sur le renforcement de la supervision bancaire et la protection de l’épargne, en application du dispositif de Bâle II. Elle vise aussi à améliorer la gouvernance du marché des capitaux à travers la transformation des statuts de la société qui gère la bourse de Casablanca. Enfin, elle entend rationaliser le système national de garantie, pour renforcer l’accès des PME aux financements. Ce dernier volet passe par la restructuration des associations de microcrédit et la modernisation des institutions financières publiques. Ainsi, le capital du Crédit agricole (CA) et celui de la Banque centrale populaire (BCP) ont été ouverts. De même, les services financiers de la Poste ont été professionnalisés, se soldant par la création d’une banque postale. La bancarisation devrait en sortir renforcée, de même que l’accès des PME et des particuliers aux services financiers.

Autres développements récents

La réforme du secteur public est un enjeu fondamental au Maroc. La modernisation de l’administration vise à assurer un cadre macro-économique viable, à travers une gestion rigoureuse et déconcentrée des ressources budgétaires. Les réformes sont en cours depuis 2002, dans le cadre du programme d’appui à la réforme de l’administration publique (Parap), soutenu par la BAfD, la Banque mondiale et l’Union européenne (UE) et dont la troisième phase a couvert la période 2008/09. Le gouvernement va mettre en œuvre, en 2010, une stratégie décennale visant à rendre l’administration plus proche des usagers. 

D’importants progrès ont été réalisés en matière de réforme administrative. D’une part, un dispositif de programmation budgétaire pluriannuelle par le biais d’un cadre de dépenses à moyen terme glissant a été mis en place. D’autre part, une nouvelle culture de gestion des ressources humaines, basée sur la compétence et le mérite, a été instaurée. Les emplois et les compétences sont référencés, de manière à assurer une visibilité à court et moyen termes, permettant de définir les besoins en emplois.  

En matière de développement des infrastructures, une stratégie nationale a été élaborée dans le domaine énergétique, pour remédier à la forte dépendance du royaume vis-à-vis de l’extérieur, à hauteur de 96 % de ses besoins. Cette stratégie s’articule autour de plusieurs axes portant, notamment, sur la construction d'un bouquet électrique optimisé et le développement des énergies renouvelables. Ces dernières doivent atteindre environ 10 % du bilan énergétique et 18 % du bilan électrique. Le gouvernement entend poursuivre la restructuration du secteur afin de piloter et réglementer les transformations du système énergétique national. L’accent sera mis sur l’efficacité dans les secteurs du bâtiment, du transport et de l'industrie. Dans le bâtiment, les autorités envisagent l’élaboration d’un code d'efficacité énergétique. 

Au plan de la logistique, le Maroc s’est engagé dans d’importants chantiers visant à développer et à mettre à niveau ses infrastructures. L’objectif est de se positionner, au niveau régional, comme une plateforme de production et d’échanges. Reposant sur un partenariat public-privé, la refonte de la chaîne logistique du pays passe par de nouvelles capacités en matière d’infrastructures de transport, mais aussi par le renforcement du cadre institutionnel des différents modes de transport. La meilleure compétitivité logistique du pays fait l’objet d’un plan d’action opérationnel et intégré pour le secteur. Ce plan d’action est soutenu par la création, en partenariat avec le secteur privé, d’outils de suivi et de veille sur le niveau d’efficacité des services logistiques, parmi lesquels l’Observatoire de la compétitivité logistique (OCL). 

Un vaste programme de modernisation du maillage des infrastructures de transport a été engagé. Le réseau autoroutier doit être étendu de 1 800 km à l’horizon 2015. Un complexe portuaire de Tanger-Méditerranée doit être érigé dans le détroit de Gibraltar, pour une capacité de 8.2 millions d’équivalent vingt pieds (EVP). Le plan d’action de renforcement des infrastructures de transport, prévu sur la période 2008-12, est en cours d’exécution à travers le lancement d’un ensemble de grands chantiers, parmi lesquels le train à grande vitesse (TGV) sur l’axe Tanger-Casablanca. Le volume des investissements prévus est estimé à plus de 120 milliards MAD (11 milliards d’euros [EUR]). 

Le Maroc s’est engagé, à l’instar de la communauté internationale, dans un processus de maîtrise des problèmes environnementaux. Tenant compte de son statut avancé auprès de l’UE, le Maroc a mis en place un plan de lutte contre le changement climatique avec ses partenaires de l’Union pour la Méditerranée (UM), afin de bénéficier de l’appui technique et financier nécessaire. Les principaux projets envisagés ont trait à la protection du littoral, à l’accès à l’eau et à la gestion efficiente des ressources en eaux, au secteur énergétique et aux infrastructures de transport. 

Des instruments incitatifs ont été mis en place, tels que le Fonds capital carbone Maroc (FCCM), créé en 2009, qui soutient le mécanisme de développement propre (MDP) issu du protocole de Kyoto. Avec le FCCM, le Maroc s'est doté de la première entreprise du genre sur le continent africain,  sous forme d'une société de crédits carbone dotée de 26 millions EUR. L’objectif est d’accompagner, sur la période 2009-17, les promoteurs marocains dans la réalisation de leurs projets reconnus conformes aux principes du MDP.  

Une stratégie intitulée « Maroc vert » a été engagée en 2009, pour développer une agriculture performante, compatible avec une gestion durable de l’environnement. Il s’agit de maîtriser le niveau d’utilisation des ressources non renouvelables et de restaurer la durabilité des écosystèmes locaux. L’accent est mis sur la gestion des ressources en eau, un défi majeur pour le royaume. Par ailleurs, les nuisances du tourisme sur l’environnement ont incité les pouvoirs publics à lancer l’opération « pavillon bleu », visant à réagir contre la pollution balnéaire, ainsi que le programme « clé verte », pour la protection de l’environnement.

Mobilisation des ressources publiques

La rigueur budgétaire suivie ces dernières années a permis d’adopter un cadre fiscal plus incitatif et une politique orientée sur la maîtrise des dépenses publiques. Les recettes ont augmenté, grâce à la simplification et l’amélioration de la transparence du système fiscal, conjuguées au renforcement de l’administration fiscale et à l’élargissement de l’assiette de l’impôt, notamment pour la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Du côté des dépenses, des économies importantes ont été faites sur la masse salariale de la fonction publique, grâce au programme de départs volontaires à la retraite engagé en 2005. Les recettes fiscales sont passées de 22.5 % du PIB en 2001 à près de 29 % en 2009, alors que sur la même période, le niveau des dépenses publiques a connu une évolution plus lente, passant seulement de 22.5 à 25.1 % du PIB.  

La structure des recettes fiscales révèle la prédominance des impôts indirects entre 2000 et 2004, avec une moyenne de 41 % du total des recettes fiscales, contre 38 % pour les impôts directs. À partir de 2005, les impôts directs ont progressé, passant à une moyenne de 45 % du total des recettes fiscales entre 2005 et 2008. Cette évolution traduit une sensibilité plus importante des recettes fiscales à l’activité économique, à cause d’une réforme de la fiscalité mise en œuvre en 2005, conjointement à la modernisation de l’administration fiscale. En 2008, les impôts directs ont représenté 11.8 % du PIB et 48.8 % des recettes fiscales, contre 36 % pour les impôts indirects. L’évolution des impôts directs reflète l’émergence de secteurs qui sont de gros contribuables (BTP, télécommunications, banque et assurance). Les droits de douane ont baissé dans le total des recettes fiscales, perdant près de 9 points sur la période 2000-08. Cette tendance traduit les effets du démantèlement tarifaire. Son impact sur les finances publiques reste toutefois modéré, en raison d’un effet de compensation, avec l’accroissement de la TVA à l’importation.  

Les recettes fiscales ont représenté 85 % des recettes publiques entre 2005 et 2009, contre 12.3 % pour les recettes non fiscales. Ces dernières ont baissé de 15 % en 2009, faute de privatisations. Le niveau des recettes non fiscales a beaucoup fluctué durant ces trois dernières années, passant de 12 % du total des recettes budgétaires en 2007 à 8.5 et 9.7 % respectivement en 2008 et en 2009. Le budget en dépend de moins en moins.  

L’impôt sur les sociétés a drainé 42 milliards MAD en 2009, contre 46.5 milliards en 2008. Les recettes tirées de cet impôt ont augmenté de 21.8 % en moyenne sur la période 2001-08. L’impôt sur les sociétés s’est élevé à 6.7 % du PIB en 2008 contre 2.7 % en 2001. Cette forte progression doit beaucoup aux performances de l’économie marocaine, mais aussi au renforcement des capacités de recouvrement. En 2007, seulement cinq secteurs fournissaient la moitié de l’impôt sur les sociétés : la finance, les télécommunications, le commerce, l’immobilier et les mines. 

L’impôt sur le revenu a généré des recettes de 32.9 milliards MAD en 2009, soit des recettes additionnelles de 5.3 milliards MAD et un taux de réalisation de 119.2 % des prévisions de la loi de finances 2008. Par rapport à 2007, le produit de l’impôt sur le revenu est en hausse de 17.3 %. La performance s’explique en partie par la bonne tenue du produit des cessions des valeurs mobilières cotées en bourse (1.9 milliard MAD contre 822 millions en 2007), le développement des recettes de la taxe sur les profits immobiliers (5.3 milliards MAD contre 3.8 milliards MAD un an auparavant) et le versement par l’OCP de 770 millions MAD, à la suite de son redressement. 

Adoptée par le Maroc en 1986, la TVA a été marquée par l’adoption récurrente, jusqu’en 2005, de mesures dérogatoires successives qui l’ont privée de son potentiel. Ses recettes ont malgré tout progressé à une moyenne annuelle de 11 % entre 1998 et 2007. Cette évolution doit beaucoup à la consommation des ménages et à la réforme de la TVA. Les recettes de la TVA ont représenté 8.1 % du PIB en 2007 contre 6.8 % en 2006. Leur part dans le total des recettes fiscales est passée de 31.2 % en 2006 à 33.1 % en 2007. Près de 65 % des recettes de la TVA proviennent aussi de cinq secteurs : le BTP (26.7 %), les télécommunications (10 %), l’industrie agroalimentaire (10 %), le tabac (10 %), l’industrie mécanique et métallurgique (9.5 %) et l’industrie du textile et du cuir (8.1 %). 

Dans le cadre des accords d’association signés avec l’UE, avec le démantèlement tarifaire douanier, le Maroc est entré dans une seconde phase de réforme fiscale qui a porté sur l’amélioration de la structure fiscale et de la gestion du système d’imposition. La réforme a mis l’accent à la fois sur l’équité et sur la nécessité de la convergence progressive du système fiscal vers les normes internationales et européennes, avec le double souci d’éviter une aggravation de la pression fiscale afin de renforcer la rentabilité et la compétitivité des entreprises. 

L’administration fiscale a été transformée pour un meilleur recouvrement, un plus grand contrôle et la résolution des contentieux. Au sein des directions régionales des impôts, des entités spécifiques ont été mises en place, chargées de la fiscalité des grandes entreprises, des personnes physiques et des personnes morales. La redistribution des rôles s’est opérée entre l’administration centrale, qui privilégie les missions stratégiques, alors que ses services extérieurs mettent l’accent sur des tâches de recouvrement.  

Contexte politique

Au Maroc, un pays stable du point de vue politique, la société civile se montre de plus en plus active. Les élections municipales de juin 2009 ont consolidé le processus de décentralisation. Avec une participation de 52.4 %, ce scrutin a plus mobilisé que les législatives de 2007 (37 % de votants). Le Parti authenticité et modernité (Pam), une nouvelle coalition de partis lancée en août 2008 par des amis du roi Mohammed VI, a remporté le meilleur score (21.7 %), devant les conservateurs de l’Istiqlal, crédités de 19.1 % des voix. Un quota de 12 % de femmes a été instauré dans les conseils municipaux, permettant pour la première fois à 3 428 femmes d’être élues. Auparavant, la proportion de femmes ne dépassait pas 0.56 % des élus dans les communes. 

La question du Sahara occidental continue à peser sur les relations entre le Maroc et l’Algérie, réduisant d’autant les synergies au sein de l’UMA. Les négociations en vue de trouver une issue à cette question se poursuivent, avec la nomination, début 2009, d’un nouvel envoyé spécial du secrétaire général des Nations Unies. Le Maroc reste favorable à l’organisation d’un référendum sur le statut du Sahara occidental, mais rejette l’hypothèse d’une indépendance totale. Au plan sécuritaire, la vigilance de la police continue à affaiblir les réseaux et les menaces terroristes à l’intérieur du royaume.

Contexte social et développement des ressources humaines

Le Maroc a fait des progrès en matière de développement humain, grâce à des programmes de lutte contre la pauvreté ainsi que des réformes structurelles, opérées dans la santé, l’éducation et la formation professionnelle. Ces réformes font partie de l’Initiative nationale de développement humain (INDH), qui génère depuis 2005 une dynamique favorisant l’implication de tous les acteurs, à travers la réalisation de projets. Ces projets visent notamment des personnes aux besoins spécifiques, comme les enfants des rues et les femmes en situation précaire. Le développement du microcrédit et des activités génératrices de revenus restent des instruments privilégiés de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion. La naissance d’un tissu associatif et la mise en place de structures publiques chargées de promouvoir l’économie sociale et solidaire ont fait de celle-ci une alternative appropriée au développement social au Maroc. Ce dispositif a permis de ramener le taux de pauvreté à 9 % en 2008, contre 14 % en 2001.  

Le système de santé reste une priorité pour le gouvernement. Un plan d’action stratégique a été lancé en 2008, pour quatre ans. Ce plan, soutenu par la BAfD et l’UE, devrait renforcer l’efficacité du système de santé, éliminer les inégalités et répondre aux attentes des citoyens, mais aussi des professionnels de la santé et des autres opérateurs dans ce domaine. Sa mise en œuvre s’articule autour de quatre axes stratégiques. Le premier porte sur le repositionnement des différents intervenants dans le système de santé. Le deuxième se focalise sur l’accroissement de l’offre de soins accessible, en quantité, en qualité et sur l’ensemble du territoire. Le troisième passe par la planification stratégique à moyen et long termes pour la mise en place de plans nationaux spécifiques et ciblés contre certaines maladies. Le quatrième se consacre à la prévention, la sécurité et la veille sanitaire.  

La prévalence du VIH/Sida reste très faible, avec un taux de 0.08 % en 2009 – un niveau stable depuis 2000. La politique de prévention et de traitement de la pandémie semble avoir porté ses fruits. 

Dans le cadre de la réforme de la caisse de compensation, des programmes visent un meilleur ciblage des populations défavorisées, par le biais du régime d’assistance médicale aux économiquement démunis (Ramed) et le programme «Tayssir » de transferts monétaires liés à l’éducation. Le Ramed constitue la seconde composante du système de couverture médicale obligatoire et vise les populations vulnérables, qui ne sont affiliées à aucun régime d’assurance maladie obligatoire (Amo) et ne disposent pas de ressources suffisantes pour faire face aux prestations médicales. En 2009, les bénéficiaires potentiels du Ramed ont été estimés à 8.5 millions de personnes, dont 4 millions sont considérées comme économiquement démunies.  

Dans l’éducation, un plan d’urgence baptisé « Najah » a été lancé en 2008, afin de mettre le pays à niveau avec les normes internationales de qualité de l’éducation. Soutenu par la BAfD, la Banque mondiale, l’UE, l’Agence française de développement (AFD) et la Banque européenne d’investissement (BEI), ce plan nécessitera un budget global estimé à 43.7 milliards MAD sur la période 2009-12, de manière à atteindre les objectifs de la Charte nationale d’éducation et de formation (Cnef). Le premier « contrat progrès » entre l’État et l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences (Anapec) est poursuivi, pour donner une nouvelle impulsion au marché de l'emploi et lutter contre le chômage des jeunes diplômés. Le chômage des jeunes est estimé à près de 23 % en 2009, avec des pointes dans les grandes villes, où il se situe à 26 %. Le gouvernement entend ramener ce taux à 7 % à l’horizon 2012, par le biais de différents programmes : « Taehil » pour la formation, « Idmaj » pour la promotion de l’emploi salarié et « Mokawalati » pour l’appui à la création de PME.

Tableau 5 : Résultats sommaires

 20012002200320042005200620072008200920102011
Taux de croissance du PIB en volume (incl.Stk)7.63.36.14.83.07.82.75.65.04.34.9
Inflation IPC0.62.81.21.51.03.32.23.91.02.92.5
PIB (échelle $)426.9441.0467.9490.3505.0544.4559.1590.4618.4643.7674.0
PIB en volume37.840.549.856.959.565.675.288.995.7102.2110.8
Taux de change11.311.09.68.98.98.88.27.88.18.07.9

Figure 1 : Taux de croissance du PIB réel et PIB par habitant (USD en PPA à prix courants)

Tableau 1 : Indicateurs macro-économiques

 2008200920102011
Taux de croissance du PIB5.65.04.34.9
Inflation IPC3.91.02.92.5
Balance budgétaire % PIB0.4-2.9-4.0-3.4
Balance courante % PIB-4.9-6.3-4.0-3.7

Figure 2 : Ventilation sectorielle du PIB, 2008 (en pourcentage)

Tableau 2 : Composantes de la demande

 20012008200920102011
Formation brute de capital26.136.33.02.22.7
Formation brute de capital - Publique3.33.30.30.20.1
Formation brute de capital - Privée22.833.02.72.02.5
Consommation finale76.578.18.03.85.7
Consommation finale - Publique18.618.51.40.70.9
Consommation finale - Privée57.859.76.63.04.8
Solde extérieur-2.6-14.5-6.1-1.6-3.5
Secteur externe - Exportations29.336.9-1.90.40.4
Secteur externe - Importations-31.9-51.3-4.2-2.1-3.9
Taux de croissance du PIB, en volume--5.04.34.9

Tableau 3: Opérations financières de l'État (en pourcentage du PIB)

 2001200620072008200920102011
Recettes totales (avec dons)22.523.027.429.529.029.228.7
Recettes fiscales20.519.724.426.926.426.626.1
Recettes pétrolières0.10.50.50.30.30.40.3
Dépenses totales (et prêts nets) (a)26.925.027.229.131.933.232.1
Dépenses courantes22.622.123.224.125.127.925.4
Sans les intérêts18.218.820.121.522.223.023.0
Salaires11.210.910.710.211.011.111.2
Biens et services1.25.05.35.55.45.75.7
Intérêts4.43.23.12.62.84.92.4
Dépenses en Capital4.14.14.65.55.76.05.9
Solde primaire0.01.33.33.00.00.9-1.0
Solde global-4.4-2.00.20.4-2.9-4.0-3.4

Tableau 4 : Comptes courants (en pourcentage du PIB)

Figure 3 : Part de l’encours de la dette extérieure dans le PIB et ratio du service de la dette sur les exportations (en pourcentage)

Tableau 5 : Résultats sommaires

 20012002200320042005200620072008200920102011
Taux de croissance du PIB en volume (incl.Stk)7.63.36.14.83.07.82.75.65.04.34.9
Inflation IPC0.62.81.21.51.03.32.23.91.02.92.5
PIB (échelle $)426.9441.0467.9490.3505.0544.4559.1590.4618.4643.7674.0
PIB en volume37.840.549.856.959.565.675.288.995.7102.2110.8
Taux de change11.311.09.68.98.98.88.27.88.18.07.9

Carte du pays

Grande carte de pays