Vue d'ensemble

La Libye est l’un des pays les plus prospères d’Afrique. Troisième producteur de pétrole après l’Angola et le Nigeria, elle possède les plus grandes réserves prouvées du continent. La Libye n’a été que légèrement touchée par la crise économique et financière mondiale. Selon les prévisions, la croissance du produit intérieur brut (PIB) s’est toutefois ralentie à 2 % en 2009, en raison du repli des cours internationaux du pétrole et de la réduction des quotas de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP).

Le recul du prix des matières premières a également freiné l’inflation, la ramenant à environ 2.5 % sur les trois premiers trimestres de 2009, contre 10.4 % en glissement annuel. L’inflation devrait se stabiliser à moyen terme autour de 5.5 %. Le solde budgétaire et le solde des comptes courants sont retombés à respectivement 10.6 et 16.8 % du PIB en 2009, contre 26.9 et 40.7 % en 2008. Les perspectives de croissance tablent sur un retour au rythme d’avant la crise, soit 5.2 % en 2010 et 6.1 % en 2011, avec la reprise de la demande mondiale de pétrole et des cours.

En dépit d’efforts significatifs depuis les deux dernières décennies pour diversifier son économie, la Libye demeure très dépendante des hydrocarbures, qui représentent près de 70 % de son PIB et génèrent plus de 90 % de ses recettes publiques et 95 % de ses recettes d’exportation. Étant donné le peu d’emplois que nécessite ce secteur, la Libye est en butte à un taux de chômage de 20.7 % (recensement de 2006).

Pour atténuer sa dépendance envers le pétrole et sa vulnérabilité corollaire aux chocs provoqués par l’irrégularité des cours mais aussi pour traiter le problème aigu du chômage (qui frappe notamment les jeunes diplômés), la Libye s’est lancée dans une série de réformes visant à rationaliser un secteur public démesuré et peu efficace, à promouvoir le commerce et à attirer les investissements privés et étrangers. L’ouverture de l’économie libyenne a suscité l’intérêt des investisseurs étrangers attirés par les perspectives du secteur de l’énergie, du bâtiment et, dans une moindre mesure, par le secteur du tourisme, un nouveau venu prometteur. Selon l’édition 2009 du Rapport mondial sur l’investissement de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (Cnuced), les investissements directs étrangers (IDE) vers la Libye ont quadruplé entre 2005 et 2008.

Le pays souffre toujours d’un environnement des affaires que beaucoup qualifient d’imprévisible et de pesant ; il est mal organisé, le processus de décisions est complexe et les qualifications des ressources humaines et la main-d’œuvre ne correspondent pas aux besoins du nouveau secteur privé. Conjuguées à un cadre juridique et institutionnel opaque, ces contraintes structurelles entravent les efforts de diversification de la Libye.

Si l’extrême pauvreté est en bonne voie d’être éradiquée et si le revenu par habitant augmente, les systèmes de santé et d’éducation restent médiocres. Le pays doit impérativement engager des réformes s’il veut favoriser le développement d’une économie davantage tirée par le secteur privé.

Figure 1 : Taux de croissance du PIB réel et PIB par habitant (USD en PPA à prix courants)

Tableau 1 : Indicateurs macro-économiques

 2008200920102011
Taux de croissance du PIB3.82.15.26.1
Inflation IPC10.42.55.35.6
Balance budgétaire % PIB26.910.614.821.6
Balance courante % PIB40.716.832.637.3

Développements économiques récents et perspectives

Figure 2 : Ventilation sectorielle du PIB, 2008 (en pourcentage)

La faible exposition du secteur financier et la qualité de la politique macro-économique poursuivie ont protégé le pays d’un impact trop rude de la crise financière mondiale. Malgré le recul des cours pétroliers, la Libye a conservé une croissance certes ralentie mais positive, ainsi que des soldes très positifs du budget et de la balance des paiements.

Sous la pression de la chute de la demande de matières premières et de la réduction des quotas de production décidée par l’Opep (de 1.5 % dans le cas de la Libye), la croissance du PIB réel est retombée à environ 2 % en 2009, contre 3.8 % en 2008 et une moyenne de 6.4 % de 2005 à 2008. Les revenus pétroliers et fiscaux ont chuté. En revanche, le secteur non pétrolier a connu une croissance d’environ 6 % en 2009 et devrait conserver à moyen terme un rythme de croissance régulier de 7 à 8 % grâce au dynamisme renouvelé des secteurs non liés au pétrole et aux investissements publics et privés.

La production de pétrole a légèrement augmenté pendant les trois premiers trimestres 2009, avant le recul du quatrième trimestre lié à la réduction du quota de l’Opep. Sur l’année, la production a été comparable à celle de 2007, soit environ 1.78 million de barils par jour (b/j). Avec des réserves prouvées estimées à 43.66 milliards de barils (les plus importantes d’Afrique), la capacité de production pourrait être facilement passer d’ici trois à cinq ans à des niveaux qui feraient de la Libye le premier producteur de pétrole du continent. Selon les autorités, la production devrait atteindre 3 millions b/j à l’horizon 2012-13. La Libye est par ailleurs en train de diversifier résolument sa production d’énergie, à commencer par l’exploitation de ses réserves de gaz, largement inutilisées, et qui sont estimées à 154 000 milliards de mètres cubes. La production cumulative de gaz ne représente qu’environ 12 % des réserves prouvées (données du gouvernement américain, juillet 2009). Le pays s’intéresse par ailleurs aux énergies alternatives, comme le solaire et l’éolien. Un investissement de 1.5 milliard d’euros (EUR) financera la construction d’une centrale solaire d’une puissance de 200 mégawatts (MW) à Sebha, à 700 km au sud de Tripoli. Les hydrocarbures constituent la principale source de finances publiques et les recettes sont telles que l’État ne fait que faiblement appel à l’impôt et aux autres formes de recettes intérieures.

L’industrie du pétrole et du gaz reste largement propriété d’État malgré, en vertu des accords de partage de l’exploration et de la production (EPSA), la présence de plus de 50 compagnies pétrolières internationales, dont ENI, Repsol, Total, Shell et BP. En 2007, la Libye a demandé de renégocier les clauses des EPSA, provoquant une inquiétude chez la plupart des grandes compagnies quant aux termes et conditions de l’exploration et de la production. En septembre 2009, la démission du président de la Société nationale de pétrole (NOC) a suscité de nouvelles craintes, car cette personnalité était considérée comme un facteur de cohérence et de stabilité dans un environnement réglementaire capricieux et imprévisible. Ces craintes ont été rapidement apaisées avec l’annonce du retour du président, chargé de rationnaliser les méthodes administratives de la NOC, extrêmement pesantes.

Sans véritables effets durables sur les opérateurs pétroliers et gaziers, ces épisodes témoignent de la faiblesse des cadres législatifs et réglementaires du pays et nuisent aux efforts de mise en œuvre des réformes structurelles indispensables à la promotion de l’entreprise privée et de l’investissement étranger.

Pour tirer parti d’une croissance forte et réduire sa dépendance envers les revenus pétroliers, la Libye poursuit sa diversification économique et les privatisations, avec une attention particulière au secteur de l’énergie non pétrolière et aux autres secteurs à haut potentiel de croissance comme l’immobilier et le tourisme. La Libye s’est lancée dans un Plan d’investissement public (PIP) colossal pour la période 2008-12, qui mobilisera 270 milliards de dinars (LYD), soit environ 225 milliards de dollars (USD). Le PIP planifie des dépenses annuelles de l’ordre de 50 milliards LYD. L’ambitieux programme pour les seules infrastructures prévoit 140 milliards LYD (114 milliards USD) de dépenses pour le logement, les services publics, les transports, l’électricité et les technologies de l’information et de la communication (TIC), dont 40 milliards LYD (32 milliards USD) en édifices résidentiels, industriels ou commerciaux, 30 milliards LYD (24 milliards USD) pour l’eau, l’électricité et les services de santé et environ 20 milliards LYD (16 milliards USD) pour les routes, ports et aéroports, dans l’espoir de remédier aux déficits structurels du pays. Le commerce est également considéré comme un élément clé de l’ouverture de l’économie. Pour le stimuler, un Centre de promotion des exportations a été créé et placé sous la tutelle du Comité du peuple pour l’industrie et le commerce, afin d’élargir la base des activités non liées au pétrole en encourageant l’agriculture, l’industrie légère et d’autres secteurs encore négligés. De même, un centre des exportations a été créé à la frontière tunisienne pour faciliter les exportations des produits libyens vers les grands marchés régionaux.

En août 2009, le Bureau des privatisations et des investissements (BPI) a créé un guichet unique pour centraliser, standardiser, accélérer et clarifier l’attribution des licences d’exploitation. Toutes ces mesures devraient améliorer le climat des affaires et renforcer la confiance des investisseurs en la Libye. Selon le président du BPI, 110 sociétés ont été mises sur le marché depuis 2004, pour un volume total de 2 milliards USD. La liste comprend des industries de services publics et des industries chimiques. L’objectif visé à l’horizon 2015 est d’attirer 5 à 10 milliards LYD d’investissements étrangers. Globalement, le secteur non lié aux hydrocarbures, particulièrement concerné par le programme de privatisation, représente 20 % du PIB. Ses principales activités sont la pétrochimie, le fer, l’acier et l’aluminium, l’immobilier, le commerce, les transports, les communications et le bâtiment et travaux publics (BTP). Le secteur émergent du tourisme devrait profiter de la construction de nouveaux hôtels et complexes et de l’agrandissement prévu de plusieurs aéroports. Malgré des investissements dans le secteur agricole, la production reste faible et la Libye importe encore près des trois quarts de ses produits alimentaires.

Les perspectives à moyen terme paraissent prometteuses. La croissance devrait rester relativement alerte, grâce à une hausse des recettes pétrolières, un afflux d’investissements étrangers et un gonflement des dépenses publiques. L’excédent des paiements courants et l’excédent budgétaire devraient représenter respectivement 32 et 15 % du PIB en 2010. Malgré les efforts pour augmenter la participation au PIB du secteur non pétrolier, l’exploration et la production des hydrocarbures devraient continuer de tirer l’économie libyenne. La NOC veut doubler la production de pétrole à l’horizon 2012, en la portant à 3 millions b/j, et des investissements publics colossaux sont prévus pour moderniser et élargir les services publics et combler les retards des infrastructures et des services sociaux.

Sur le front social, le programme de prestations sociales lancé en mars 2008 par le chef de l’État, Mouammar Kadhafi, afin de redistribuer à la population une partie de la richesse pétrolière, n’a à ce jour approuvé que 4.6 milliards LYD (3.8 milliards USD) de dépenses sur l’unique budget 2008. Le programme a été suspendu en 2009 par crainte de retombées éventuelles sur l’inflation et les services publics de base. Selon les autorités, le programme sera relancé après la conclusion d’une étude, en cours, sur son mode d’exécution et son fonctionnement.

Tableau 2 : Composantes de la demande

 20012008200920102011
Formation brute de capital46.522.51.22.11.5
Formation brute de capital - Publique24.716.10.81.70.9
Formation brute de capital - Privée21.86.40.40.40.6
Consommation finale37.829.6-0.82.93.0
Consommation finale - Publique17.111.80.91.51.2
Consommation finale - Privée20.717.7-1.71.31.8
Solde extérieur15.747.91.60.21.6
Secteur externe - Exportations32.973.61.11.73.1
Secteur externe - Importations-17.2-25.70.5-1.5-1.4
Taux de croissance du PIB, en volume--2.15.26.1

Politiques macro-économiques

Politique budgétaire

L’excédent budgétaire, qui représentait environ 27 % du PIB en 2008, s’est contracté à environ 10 % du PIB en 2009, malgré un recul prévu des recettes pétrolières de 40 %. Les autorités s’efforcent par ailleurs de réduire la masse salariale en incitant financièrement les fonctionnaires confirmés à partir en préretraite ou à rejoindre le secteur privé. La politique budgétaire se base sur les paramètres macro-économiques pour jauger les décisions à court et long termes. Le léger repli des dépenses publiques en 2009 est une rupture avec les très fortes augmentations des années précédentes, qui avaient fait peser des doutes sur leur qualité. Les autorités révisent à la baisse le PIP, même si un examen du Fonds monétaire international (FMI) a conclu à sa soutenabilité. Les dépenses courantes ont augmenté de 25 % alors que les dépenses d’équipement ont reculé de 20 %, provoquant un léger repli des dépenses globales. Malgré la crise économique et financière mondiale, les incitations budgétaires à la demande ne se sont accrues que modérément en 2009.

L’essentiel de la richesse pétrolière transite par l’Autorité libyenne d’investissement (Libyan Investment Authority – LIA), le plus grand fonds souverain du pays. Créé en 2007 avec un capital de départ de 65 milliards USD, le LIA gère des fonds dans différents secteurs, dont l’agriculture, l’immobilier, les infrastructures, le pétrole et le gaz. Il intervient aussi sur les marchés mondiaux, par l’achat de titres et des participations en capital. La gestion globalement conservatrice et la stratégie prudente d’investissement du dernier exercice ont préservé la Libye de succomber à la crise et permis au gouvernement d’accumuler une masse considérable d’actifs étrangers nets, estimée à 86 milliards USD en 2008, sans compter ceux détenus par la banque centrale de Libye (Central Bank of Libya – CBL). Le LIA s’est engagé depuis dans une stratégie plus offensive et finalise plusieurs opérations d’investissement en Europe, en Afrique et en Amérique latine pour profiter des opportunités post-crise. En investissant à l’étranger, le LIA limite aussi les tensions inflationnistes d’une accumulation d’actifs et diversifie ses futures sources de revenu.

La dette extérieure de la Libye est relativement modeste et stable. Estimée à quelque 4 milliards USD, elle paraît minime au regard des 150 milliards USD et plus d’actifs étrangers (principalement réserves en devises et portefeuille du LIA). En raison de la baisse substantielle du PIB nominal et des recettes d’exportation en 2009, le ratio de la dette extérieure rapportée aux exportations est passé, selon les estimations de l’Institute of International Finance (2009), à près de 10 % en 2009 contre à peine plus de 5 % en 2008. L’aggravation de l’endettement global du pays, de 1.7 % en 2008 à 4.7 % en 2009, en raison notamment de la baisse des exportations, ne devrait cependant pas compromettre la solvabilité de la Libye à court ou moyen terme. Le pays s’est montré plus disposé à rembourser sa dette extérieure pour normaliser ses relations avec ses créanciers étrangers. En mars 2009, l’agence de cotation Standard & Poor’s a accordé la note A- pour la dette à long terme et la note de A-2 pour la dette à court terme, en devises et en monnaie nationale.

Les prévisions de dépenses sont à la hausse pour 2010, en ligne avec la poussée des recettes générées par la hausse annoncée des prix du pétrole et par l’élargissement des quotas de production de l’Opep. Les efforts de réduction des services publics ont été différés et une augmentation de la masse salariale est prévue, qui gonflera les dépenses. En revanche, celles-ci seront tempérées par les prévisions de suspension de divers projets et par des réductions de subventions.

Tableau 3: Opérations financières de l'État (en pourcentage du PIB)

 2001200620072008200920102011
Recettes totales (avec dons)38.362.460.469.959.064.467.9
Recettes fiscales10.02.52.93.43.73.23.0
Recettes pétrolières25.757.554.262.751.657.360.9
Autres revenus2.62.43.33.83.73.84.0
Dépenses totales (et prêts nets) (a)39.031.035.143.048.449.646.3
Dépenses courantes30.213.414.116.921.920.519.7
Sans les intérêts30.213.414.116.921.920.519.7
Salaires11.16.68.37.49.68.88.2
Biens et services4.23.73.42.73.33.23.1
Intérêts0.00.00.00.00.00.00.0
Dépenses en Capital8.816.818.524.830.328.526.5
Solde primaire-0.731.425.426.910.614.821.6
Solde global-0.731.425.426.910.614.821.6

Politique monétaire

La politique monétaire est menée par la CBL, qui s’est montrée prudente tout au long de l’exercice 2009. L’arrimage du dinar aux droits de tirage spéciaux du FMI offre un solide ancrage monétaire tout en permettant une certaine flexibilité du taux de change avec les grandes devises. Selon les estimations économétriques du FMI, le taux de change effectif réel du dinar a évolué, pour se retrouver légèrement surévalué en 2009 après avoir été légèrement sous-évalué en 2008. Cette évolution est cohérente avec les modifications des fondamentaux sous-jacents et, notamment, avec le recul des cours mondiaux du pétrole. Les réserves nettes internationales équivalaient en 2008 à 22 mois d’importations, au même niveau que les estimations pour 2009 et les prévisions pour 2010.

L’inflation a reculé, passant d’environ 10 % en 2008 à quelque 2.5 % en 2009, avec la baisse de la consommation et le fort recul du prix des marchandises et des biens importés. La CBL a réduit son taux d’escompte à 4 % pour tenter d’atténuer les effets de contagion de l’effondrement mondial du crédit. Le système bancaire et financier de la Libye a été relativement épargné par la tourmente financière, grâce pour une large part à la grande liquidité de ses banques commerciales. L’excès de liquidité du système a été absorbé par une réduction des allocations aux institutions spécialisées de crédit subventionnées par l’État pour éviter qu’elles ne vampirisent le crédit commercial bancaire avec leurs conditions bonifiées – absence de frais de dossier et faible taux d’intérêt – et pour améliorer la gestion des dépôts et des paiements publics.

En tant que principal régulateur, la CBL se doit de renforcer la direction des finances publiques et d’améliorer l’ensemble des dispositifs de programmation, de contrôle et de suivi des activités bancaires. Elle a entrepris un vaste programme de modernisation du cadre de la politique monétaire et de renforcement de l’encadrement des banques. Elle cherche à instaurer des règles conformes aux normes internationales mais aussi à améliorer la publication des comptes bancaires, la qualification des personnels et les procédures d’encadrement.

Ce programme comporte la publication d’un rapport sur l’équilibre des finances, prélude à un bilan horizontal de la stabilité et de la solvabilité du système bancaire libyen. Enfin, un bureau du crédit a été mis sur pied pour accompagner les efforts d’optimisation et de rationalisation de l’allocation des ressources financières.

Selon les prévisions, l’inflation remontera légèrement à une moyenne annuelle d’environ 5.5 % en 2010 et 2011, avec le retour de la confiance des consommateurs, les réductions effectives des subventions et l’augmentation de la liquidité intérieure provoquée par la hausse des revenus pétroliers. Un dinar un peu plus fort permettrait par ailleurs de contenir l’inflation importée pendant la même période. Le taux d’escompte de la CBL devrait se maintenir à 4 % à court et moyen termes, en attendant les signaux de la reprise mondiale et de la hausse des cours des hydrocarbures.

 

Position extérieure

L’excédent des comptes courants devrait avoir diminué en 2009, à environ 17 % du PIB contre 40 % en 2008, du fait de la baisse significative des exportations d’hydrocarbures et des recettes correspondantes. De leur côté, les importations ont augmenté par rapport à leur niveau d’avant la crise (38.4 % du PIB en 2009 contre 25.7 % en 2008), une évolution qui s’explique par une demande plus forte et par la stabilité relative du taux de change.

L’augmentation des importations et la chute des cours pétroliers après la crise financière a fait retomber l’excédent de la balance commerciale en 2009, à quelque 36.4 % du PIB, contre 47.9 % en 2008. Comme prévu dans le budget 2009, les dépenses publiques ont été marginalement réduites par rapport à l’exercice précédent, ce qui a clôturé trois années successives de forte augmentation du budget alimentant les inquiétudes tant sur la nature que sur la qualité des dépenses publiques.

Malgré la crise mondiale, la position extérieure de la Libye est restée relativement stable et les perspectives pour 2010 sont bonnes. Le total des actifs étrangers, à 136.1 milliards USD en 2008, devrait avoir augmenté en 2009 à 147.4 milliards et devrait encore croître en 2010 sous l’effet de la reprise prévue de l’économie mondiale, pour atteindre 166.1 milliards USD.

L’excédent commercial est confortable. Le pétrole, le gaz naturel et les produits à base de pétrole représentent 97 % des exportations. Le reste vient principalement de l’agriculture et de la pêche. Plus de 80 % des exportations concernent l’Union européenne (UE), avec l’Italie comme premier destinataire. La Libye importe un large éventail de produits industriels et agricoles, avec pour partenaires principaux l’Italie, l’Allemagne, la Chine, la Tunisie et la France.

Membre de la Grande zone arabe de libre-échange (Gafta) et de l’Union du Maghreb arabe (UMA), la Libye entretient des liens avec la Communauté des États sahélo-sahariens (CEN-SAD) et le Marché commun d’Afrique australe et d’Afrique orientale (Comesa). Elle a conclu des accords bilatéraux avec le Maroc et la Jordanie et a déposé en 2004 sa candidature à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). En 2008, le pays a entamé des négociations avec l’UE, son principal partenaire commercial, en vue d’un accord de libre-échange. Selon une étude de 2009 de la Commission européenne, cet accord pourrait, à l’horizon 2018, augmenter de 7.8 % les exportations totales de la Libye vers l’UE et de 15.3 % ses importations en provenance de l’UE.

Pour préparer son entrée à l’OMC et honorer les autres accords mais aussi pour ouvrir davantage son économie, la Libye a engagé plusieurs réformes commerciales ces dernières années, dont une baisse des subventions, une réduction du nombre des monopoles d’État dans le secteur des importations, une limitation du nombre de produits interdits à l’import et la suppression des tarifs douaniers et des licences sur la plupart des produits. Depuis l’ouverture de l’économie libyenne et des efforts entamés en 2003 pour promouvoir le secteur privé et attirer les investissements étrangers, les flux de capitaux privés se sont accrus, passant d’un peu plus de 1 milliard USD en 2005 à près de 3 milliards en 2008. En 2009, les IDE ont reculé à environ 2 milliards USD selon les estimations, à cause du ralentissement mondial, en particulier dans les secteurs du pétrole et du gaz, principaux destinataires des capitaux étrangers.

La dette de la Libye restera soutenable à court et moyen termes, en raison de sa modestie et du haut niveau de ses recettes en devises.

Tableau 4 : Comptes courants (en pourcentage du PIB)

Figure 3 : Part de l’encours de la dette extérieure dans le PIB et ratio du service de la dette sur les exportations (en pourcentage)

Questions structurelles

Développement du secteur privé

Avec la levée des sanctions économiques en 2003, la Libye a ouvert son économie et placé officiellement au premier rang des priorités les privatisations et la diversification. La détermination du pays à se diversifier a conduit à une spectaculaire réduction du ticket d’entrée des investissements, qui a été ramené de 50 millions USD à 4 millions en 2006. Par ailleurs, les investisseurs étrangers ont été autorisés à emprunter jusqu’à 50 % de leur capital d’investissement auprès des banques locales. En août 2009, le BPI a ouvert un nouveau guichet unique, avec une procédure rationalisée de demande d’autorisation de création d’entreprise. Toutes ces initiatives devraient améliorer le climat général des affaires et renforcer la confiance des investisseurs dans le secteur traditionnel pétrolier comme dans les secteurs non pétroliers.

Pourtant, le climat des affaires souffre toujours de délais administratifs, de goulets d’étranglement institutionnels et de règles inefficaces qui entravent la forte volonté politique de changement. Le seuil minimal d’investissement exigé pour créer une entreprise est relativement élevé ; le cadre réglementaire est opaque, arbitraire et appliqué au coup par coup ; et les milieux d’affaires manquent d’informations accessibles. Tous ces facteurs rendent très difficiles le commerce et l’investissement.

Le code du travail et le droit foncier ne contribuent guère à encourager les nouvelles entreprises et les sociétés privées. L’édition 2009 du rapport sur la compétitivité du Forum économique mondial classe la Libye à la 120e place sur 134 pays en termes de fixation des salaires et de gestion des ressources humaines. L’arsenal législatif de l’emploi fixe des minima salariaux et la durée du temps de travail et régule le travail de nuit et les licenciements. Il a souvent été accusé, notamment par Heritage Foundation, d’entraver l’emploi et la productivité. La fixation de quotas d’employés libyens dans les effectifs des sociétés étrangères est considérée de même comme un facteur limitant la productivité, sans aider par ailleurs à réduire un taux de chômage très élevé. Des réformes du code du travail et du droit foncier sont en cours, mais elles progressent lentement.

Le système bancaire libyen a relativement bien résisté au choc de la crise financière mondiale grâce à la bonne position financière des banques libyennes, considérée comme sûre selon les normes internationales. Le secteur, largement étatisé, est resté fidèle à son métier traditionnel de banque de dépôts. En fait, quand les sanctions internationales ont été levées en 2003, la Libye a compris qu’il fallait moderniser le secteur pour canaliser les fortes liquidités circulant dans le pays et pour fournir les fonds nécessaires aux investissements des projets d’envergure qui proliféraient. Les banques commerciales et les banques de dépôts sont très bien capitalisées et s’appuient sur la croissance du volume des dépôts des résidents pour financer le crédit à l’économie locale.

Autres développements récents

Ces dernières années, des progrès significatifs et importants ont été accomplis en matière de réformes financières, privatisations comprises. La restructuration des banques commerciales appartenant à l’État devrait améliorer l’intermédiation financière. En dehors de l’industrie pétrolière et gazière, le secteur bancaire est celui qui attire désormais le plus l’attention des décideurs.

La privatisation du secteur bancaire a commencé en 2007 et se poursuit résolument. Deux des cinq banques commerciales publiques sont passées aux mains de banques internationales de renom, qui ont pris immédiatement contrôle de leur direction avec une option pour l’acquisition de 51 % des parts dans un délai de trois à cinq ans. Deux des trois autres banques ont fusionné en avril 2008, un mouvement suivi par la plupart des banques régionales, regroupées en une seule entité. Pour la suite, les autorités prévoient de privatiser les dernières banques commerciales publiques en les plaçant sur le marché de la nouvelle bourse des valeurs. En outre, des accords ont été conclus avec des institutions financières des Émirats arabes unis et du Qatar pour la mise en place de deux nouveaux groupes bancaires. En permettant aux banques commerciales du pays de nouer des partenariats avec des banques étrangères, l’assouplissement des règlements devrait aider à élargir encore le secteur. Malgré les progrès accomplis, l’accès aux services financiers privés reste contraint par des problèmes structurels et des incitations biaisées, qui faussent le marché. L’accès au crédit passe généralement par des institutions spéciales de crédit soutenues par l’État. Mais l’on accuse ces organismes de concurrence déloyale avec les banques commerciales car ils ne demandent pas de frais de dossier, n’exigent pas les garanties d’usage et proposent de faibles taux d’intérêt.

Des progrès ont été réalisés dans la mise en œuvre des réformes si attendues. Toutefois, le caractère velléitaire des prises de décision politique a eu des effets négatifs sur le processus. En janvier 2009, le gouvernement a proposé de nationaliser l’industrie des hydrocarbures. Cette proposition, qui n’a pas été suivie d’effet, a agité le milieu des opérateurs du pétrole et du gaz en Libye. Autre exemple, la proposition faite par le gouvernement le mois suivant de démanteler les ministères – qui a finalement été rejetée par le Congrès général du peuple (CGP).

L’inefficacité et les incertitudes entourant les réformes ralentissent leur progrès. Dans le secteur social toutefois, quelques avancées positives ont ravivé l’espoir d’organisations non gouvernementales (ONG) d’être impliquées dans la vie nationale. Après des années de refus, Tripoli a finalement autorisé l’observatoire des droits de l’homme Human Rights Watch de publier un rapport sur le pays. En novembre 2009, le CGP a annoncé une nouvelle réforme qui, si elle est adoptée, autorisera des ONG à s’installer et à opérer dans le pays.

La qualité et la taille des infrastructures existantes ne peuvent pas satisfaire les besoins croissants de modernisation et de nouveaux chantiers. Mais le plan colossal d’investissement dans les infrastructures recouvre la gamme des priorités et des investissements nécessaires en matière de logement, de services publics, de transports, d’électricité et de TIC dans les prochaines années. De grands projets en matière de transport sont à l’étude ou ont vu le jour, notamment le nouvel aéroport international de Tripoli, qui devrait être achevé en 2011, pour un coût de 2.1 milliards USD. Cet aéroport renforcera la place de la Libye comme plateforme aéroportuaire en Afrique du Nord. Le projet de métro à Tripoli prévoit 73 stations et près de 100 km de voies. La promotion du tourisme culturel et historique implique elle aussi un développement du secteur aérien et il est prévu d’agrandir les aéroports de Benghazi et Sebha, sans autre information sur le calendrier ni le financement du projet.

 

Mobilisation des ressources publiques

Depuis la levée des sanctions internationales, la Libye a connu un boom économique. L’essentiel de ses revenus proviennent du pétrole et du gaz, qui ont représenté plus de 60 % du PIB au cours des cinq dernières années. Cependant, alors que les revenus des hydrocarbures se sont accrus globalement de façon régulière, les revenus hors hydrocarbures ont plus que triplé de 2005 à 2009, passant de 2.65 milliards LYD à plus de 10 milliards LYD. Leur contribution au PIB est passée de 4.5 % en 2005 à 13 % (estimation) en 2009. Tandis que les revenus des hydrocarbures suivaient la courbe des niveaux de production et des cours mondiaux dans le secteur du pétrole et le secteur des autres sources d’énergie émergentes, les revenus fiscaux ont augmenté avec l’ouverture de l’économie au secteur privé et la modernisation de la législation et de l’administration fiscales. La Libye reçoit très peu d’aide publique au développement (APD) et sa principale source de revenus non fiscaux a été le retour sur les investissements effectués par le LIA et sur les autres investissements à l’étranger.

Dans l’ensemble, la fiscalité ne pose pas de problèmes majeurs aux milieux d’affaires en Libye. Les autorités ont adopté ces dernières années de nouvelles lois fiscales et poursuivi des réformes pour clarifier la grille d’imposition et l’administration fiscale, dans le cadre des efforts d’ouverture de l’économie. Le rapport 2009 sur la compétitivité en Afrique accorde la note de 4 sur 7 pour l’indice de perception de la pression fiscale par les hommes d’affaires, ce qui place la Libye à la 37e place sur 134 pays examinés.

L’impôt progressif sur les salaires prélève 8 % des salaires annuels de moins de 4 800 LYD et jusqu’à 15 % des salaires annuels supérieurs à 9 600 LYD. Les employés versent en sus 1 % de leur salaire brut à un fonds de solidarité, prélevé à la source par l’employeur, et une taxe dite du jihad (la lutte), qui s’échelonne de 1 % des salaires mensuels inférieurs à 50 LYD à 3 % des salaires mensuels supérieurs à 100 LYD. Les charges sociales des employeurs s’élèvent à 11.25 % de la masse salariale et celles des employés à 3.75 % de leur salaire brut.

Les efforts de la Libye pour améliorer la mobilisation des ressources ont été guidés dans une large mesure par la volonté de stimuler la pression fiscale sur les revenus non pétroliers lorsque les cours du pétrole ont chuté. Cependant, cette pression devrait s’alléger dans les prochaines années puisque les cours pétroliers devraient repartir à la hausse, avec le rebondissement de la demande mondiale. Les informations sur le système fiscal libyen sont rares et peu détaillées.

Avec l’assistance du FMI, les autorités cherchent par ailleurs à élargir l’assiette fiscale et à améliorer le recouvrement. Les secteurs non pétroliers ont amélioré leurs revenus au fil des réformes. En 2006, le gouvernement a créé un grand service des contribuables pour tenter de consolider l’administration fiscale, de rationaliser les départements fiscaux et douaniers et de renforcer les contrôles.

Contexte politique

Depuis l’arrivée au pouvoir de Mouammar Kadhafi le 1er septembre 1969, la Libye a connu la stabilité politique malgré les transformations institutionnelles et les tensions et conflits avec des nations étrangères. Avec la levée des sanctions internationales, les relations avec le reste du monde se sont singulièrement améliorées et le pays a pris des mesures pour renforcer sa place sur la scène internationale. Le système politique ne s’est jamais inspiré du modèle de la démocratie multipartiste. La gouvernance se réclame de la Jamahiriya, la « chose des masses », une notion qui attribue le pouvoir au peuple par le canal de nombreux comités et congrès populaires.

Depuis la levée des sanctions des Nations Unies, les autorités ont fait montre d’une meilleure tolérance envers les commentaires et les critiques de leurs décisions politiques au sein des congrès populaires ou sur la scène publique. Cette tolérance nouvelle a été encouragée par l’assouplissement des tensions diplomatiques avec les États-Unis, l’UE ou d’autres États et par l’absence d’opposition islamiste à l’intérieur du pays.

Sur cette toile de fond de stabilité politique, l’année 2009 a été celle de nombreux changements. Un remaniement ministériel d’envergure au mois de mars a changé les ministres des Affaires étrangères, de l’Économie, des Finances, de la Santé, des Communications et de l’Éducation. Le Premier ministre Baghdadi Mahmoudi est resté en place. Un nouveau remaniement, plus restreint, est attendu au premier trimestre 2010.

Le calendrier politique du pays est dominé par les incertitudes concernant la succession au sommet de l’État, Seif Al-Islam paraissant le candidat le plus probable selon de nombreux analystes. Comme la constitution ne prévoit pas de processus spécifique en matière de succession, ces incertitudes sont naturelles. Les partisans radicaux du système de la Jamahiriya sont en conflit avec les partisans de l’introduction d’un système présidentiel avec des partis politiques.

Sur la scène internationale, la Libye a intensifié ses relations avec ses voisins et les pays subsahariens en vue de jouer un rôle plus important sur le continent africain, par le biais notamment des organisations économiques régionales existantes telle la CEN-SAD. La Libye accorde des aides à travers le Fonds libyen d’aide et de développement en Afrique (Flada), placé sous la tutelle du secrétariat du CGP aux relations et à la coopération internationales. Le Flada entend stimuler la croissance économique dans les pays africains en développement, en mettant l’accent sur les infrastructures de base, les projets concernant l’agriculture, l’électricité et l’eau et toutes autres initiatives en faveur du développement. Il intervient aussi en cas de crises humanitaires dans la région. Ce fut récemment le cas en Somalie et au Darfour soudanais.

La Libye a assuré la présidence tournante de l’Union africaine (UA) pendant un an à compter de février 2009 et poursuit sa stratégie de renforcement de l’unité du continent. La normalisation des relations avec l’UE et les États-Unis continue, malgré l’accueil réservé à son retour à Tripoli à l’auteur de l’attentat de Lockerbie (Écosse), en 1988, contre un avion commercial américain, qui a déclenché une vague d’indignation internationale. En janvier 2010, les relations avec l’UE se sont tendues lorsque la Libye a suspendu la délivrance de visas aux ressortissants des pays de l’espace de Schengen en représailles à la décision de la Suisse de refuser un visa d’entrée à certains ressortissants libyens. Mais la situation devrait se détendre, avec la levée réciproque des interdictions en mars 2010.

 

Contexte social et développement des ressources humaines

La population s’est accrue de 2.1 % en 2009 pour atteindre 6.3 millions d’habitants. La Libye est le pays africain qui présente le meilleur indice du développement humain (IDH) du Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud). Sa position dans ce classement s’est améliorée de 0.44 % en moyenne annuelle de 2000 à 2008, passant de 0.821 à 0.847. Suivant la même tendance, l’indicateur de la pauvreté humaine (IPH-1) du Pnud a reculé, de 13.6 % en 2008 à 13.4 % en 2009, malgré les retombées de la crise économique mondiale. Près de 78 % de la population est urbaine. L’âge médian est de 23.9 ans et l’espérance de vie dépasse 77 ans. Le taux d’alphabétisation moyen, de 82.6 %, place la Libye en bonne voie pour la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

Malgré ces bonnes performances sociales, la Libye reste confrontée à de graves lacunes de ressources humaines, notamment en matière d’éducation, de santé et d’égalité des sexes, qui risquent de ralentir sérieusement la transformation du pays et sa transition vers l’économie de marché.

Les habitudes culturelles cantonnent toujours les femmes en marge du marché du travail, avec l’un des plus faibles taux mondiaux de participation. Elles sont également largement absentes du monde des affaires ou de la classe politique. Cette situation contraste avec le soutien déclaré des dirigeants à l’implication des femmes dans les activités économiques et dans la société libyenne.

Le secteur de la santé tire profit de réformes visant à améliorer la qualité des soins dispensés dans les hôpitaux et cliniques publics, ce qui dissuade les patients d’aller se faire soigner dans les pays voisins, Tunisie et Égypte notamment. Il s’agit aussi de contenir l’exode des professionnels de santé libyens. Mais à ce jour, peu de progrès ont été constatés et le système de santé de la Libye continue de souffrir de déficiences provoquées par la faiblesse des capacités, les bas salaires des personnels de santé et le manque d’équipements. Le système ne s’est pas encore remis des sanctions des Nations Unies.

Le secteur de l’éducation a entrepris une réforme en profondeur pour tenter de promouvoir un développement humain durable. La Libye a instauré l’enseignement primaire universel et est en passe d’y parvenir dans le secondaire, avec des taux bruts de scolarisation (TBS) respectifs de plus de 100 % et de 94 %. La scolarisation dans l’enseignement supérieur plafonne, à 56.3 % en 2009, sans changement notable par rapport à l’année précédente. Malgré les taux de scolarisation globalement satisfaisants, les cursus doivent être révisés pour s’adapter aux besoins économiques du marché du travail. Dans le même temps, la Libye a considérablement investi dans une réforme de l’enseignement supérieur et de la recherche. Plusieurs programmes éducatifs d’échanges avec des établissements supérieurs américains ou européens ont été organisés. Plus de 1 000 étudiants libyens suivaient leurs études en 2008 dans des facultés américaines et ce nombre pourrait être multiplié par quatre en l’espace de trois à cinq ans.

Principale locomotive de l’économie, le secteur de l’énergie offre peu d’emplois. Il représente 70 % du PIB et seulement 5 % des emplois formels, alors que le pays est en butte au chômage. Réduire le chômage est un défi, notamment du fait que le secteur public et le secteur social emploient à eux seuls près de 61 % des travailleurs du secteur formel, au nombre de 1.64 million en 2009. Dans le même temps, les richesses du secteur de l’énergie sont redistribuées sous la forme d’emplois aidés dans le secteur public, ce qui le rend moins productif malgré le rôle qu’il a effectivement joué dans la réduction des inégalités depuis les années 1990. Les autorités fournissent de généreuses aides sociales par le biais de subventions et d’augmentations des retraites. Ces aides comprennent des subventions indirectes, qui permettent des tarifs bon marché de l’eau, de l’électricité, de l’essence et du gaz, facturés en dessous des prix internationaux.

Tableau 5 : Résultats sommaires

 20012002200320042005200620072008200920102011
Taux de croissance du PIB en volume (incl.Stk)-4.3-1.313.04.49.95.96.03.82.15.26.1
Inflation IPC-9.2-9.8-2.1-2.22.91.46.210.42.55.35.6
PIB (échelle $)20609.720351.922997.824010.326387.427944.229620.930746.531604.033797.536524.6
PIB en volume34062.021912.326236.133293.045451.455077.369746.383583.869986.785008.197091.7
Taux de change0.61.31.31.31.31.31.31.21.21.21.3

Figure 1 : Taux de croissance du PIB réel et PIB par habitant (USD en PPA à prix courants)

Tableau 1 : Indicateurs macro-économiques

 2008200920102011
Taux de croissance du PIB3.82.15.26.1
Inflation IPC10.42.55.35.6
Balance budgétaire % PIB26.910.614.821.6
Balance courante % PIB40.716.832.637.3

Figure 2 : Ventilation sectorielle du PIB, 2008 (en pourcentage)

Tableau 2 : Composantes de la demande

 20012008200920102011
Formation brute de capital46.522.51.22.11.5
Formation brute de capital - Publique24.716.10.81.70.9
Formation brute de capital - Privée21.86.40.40.40.6
Consommation finale37.829.6-0.82.93.0
Consommation finale - Publique17.111.80.91.51.2
Consommation finale - Privée20.717.7-1.71.31.8
Solde extérieur15.747.91.60.21.6
Secteur externe - Exportations32.973.61.11.73.1
Secteur externe - Importations-17.2-25.70.5-1.5-1.4
Taux de croissance du PIB, en volume--2.15.26.1

Tableau 3: Opérations financières de l'État (en pourcentage du PIB)

 2001200620072008200920102011
Recettes totales (avec dons)38.362.460.469.959.064.467.9
Recettes fiscales10.02.52.93.43.73.23.0
Recettes pétrolières25.757.554.262.751.657.360.9
Autres revenus2.62.43.33.83.73.84.0
Dépenses totales (et prêts nets) (a)39.031.035.143.048.449.646.3
Dépenses courantes30.213.414.116.921.920.519.7
Sans les intérêts30.213.414.116.921.920.519.7
Salaires11.16.68.37.49.68.88.2
Biens et services4.23.73.42.73.33.23.1
Intérêts0.00.00.00.00.00.00.0
Dépenses en Capital8.816.818.524.830.328.526.5
Solde primaire-0.731.425.426.910.614.821.6
Solde global-0.731.425.426.910.614.821.6

Tableau 4 : Comptes courants (en pourcentage du PIB)

Figure 3 : Part de l’encours de la dette extérieure dans le PIB et ratio du service de la dette sur les exportations (en pourcentage)

Tableau 5 : Résultats sommaires

 20012002200320042005200620072008200920102011
Taux de croissance du PIB en volume (incl.Stk)-4.3-1.313.04.49.95.96.03.82.15.26.1
Inflation IPC-9.2-9.8-2.1-2.22.91.46.210.42.55.35.6
PIB (échelle $)20609.720351.922997.824010.326387.427944.229620.930746.531604.033797.536524.6
PIB en volume34062.021912.326236.133293.045451.455077.369746.383583.869986.785008.197091.7
Taux de change0.61.31.31.31.31.31.31.21.21.21.3

Carte du pays

Grande carte de pays