Vue d'ensemble

L’économie égyptienne a ralenti en 2008/09, avec une croissance de 4.7 % (figure 1), en baisse à cause de la crise mondiale. La consommation intérieure de produits finis a résisté et l’augmentation des investissements publics a permis de compenser, en partie, le déclin des investissements privés. Parmi les secteurs les plus dynamiques figurent les industries extractives, les technologies de l’information et de la communication (TIC), la construction et le commerce de gros et de détail. Toutefois, tous les domaines liés à l’international ont été affectés par la crise, particulièrement le tourisme, le canal de Suez et les fonds envoyés par les travailleurs émigrés. Les investissements directs étrangers (IDE) ont baissé de 38.7 % en 2008/09.

L’Égypte a bien supporté le choc, lors des premiers effets de la crise financière mondiale, grâce à son secteur bancaire réformé et en raison de sa faible intégration aux marchés financiers mondiaux. L’agence Moody’s a relevé en septembre 2009 la notation de la dette souveraine du pays, passée de la catégorie négatif à la catégorie stable. L’Égypte a progressé de dix rangs, elle se classe 106e sur 183 dans le rapport Doing Business 2010 de la Banque mondiale. Elle a également progressé de dix places dans le classement 2009/10 du Global Competitiveness Report du Forum économique mondial, se positionnant 70e sur 133 pays.

Le déficit budgétaire global s’est stabilisé à 6.9 % du PIB en 2008/09, le même niveau que l’année précédente. On estime que le déficit devrait atteindre 7.5 % du PIB en 2009/10. L’inflation s’est élevée à 16.2 % en 2008/09, contre 11.7 % l’année précédente. Les cours internationaux se maintenant à un niveau plus faible, l’inflation devrait retomber à 13.2 % en 2009/10.

Pour contrer les effets de la crise, le gouvernement a pris une série de mesures visant à soutenir la croissance. Les politiques budgétaire et monétaire ont permis de relancer l’activité, et des programmes ciblés ont amorti les effets de la crise sur les secteurs les plus exposés (manufactures, tourisme, commerce).

La balance des paiements accuse un déficit pour la première fois depuis cinq ans en raison de la baisse des rentrées de la balance courante, de la chute des envois de fonds par les travailleurs émigrés et du recul des investissements étrangers. L’impact de la crise économique mondiale commence à s’estomper et, avec l’amélioration des perspectives économiques globales, on s’attend à ce que le taux de croissance de l’économie égyptienne progresse, pour atteindre 5.4 % en 2009/10 et 6.1 % en 2010/11. Le déficit de la balance des paiements devrait diminuer. Parmi les grands défis figurent la montée du chômage, la baisse des investissements et les disparités de revenus. Plus de 40 % de la population est proche du seuil de pauvreté. Les maladies comme l’hépatite B et C nuisent fortement à l’amélioration de la santé et de la productivité, de même que l’éventualité d’une épidémie de grippe A H1N1 ou de grippe aviaire.

Le principal objectif de la réforme fiscale consiste à augmenter les recettes. Au cours de la dernière décennie, plusieurs réformes administratives et législatives ont permis de faire des progrès. Les efforts restent à poursuivre, pour alléger le fardeau de la réglementation fiscale et formaliser le secteur informel, sans perdre de vue l’impact social de nouvelles taxes envisagées, comme la taxe foncière ou une nouvelle taxe sur la valeur ajoutée (TVA).

L’Égypte doit relever de nombreux défis : baisse de l’épargne, des investissements et des IDE, hausse du chômage, lutte contre la pauvreté, amélioration nécessaire des services de la santé et de l’éducation. Le tout, dans un contexte politique imprévisible, à l’approche des élections législatives et présidentielle de 2010 et 2011.

Figure 1 : Taux de croissance du PIB réel et PIB par habitant (USD en PPA à prix courants)

Tableau 1 : Indicateurs macro-économiques

 2008200920102011
Taux de croissance du PIB7.24.75.46.1
Inflation IPC11.716.213.211.0
Balance budgétaire % PIB-6.8-6.9-7.5-6.6
Balance courante % PIB0.8-2.6-2.2-1.8

Développements économiques récents et perspectives

Figure 2 : Ventilation sectorielle du PIB, 2008 (en pourcentage)

La réforme du secteur bancaire, entreprise ces dernières années et la faible intégration du pays aux marchés internationaux ont permis à l’Égypte de bien résister aux premiers effets de la crise mondiale. En revanche, l’onde de choc ultérieure a affecté le pays. La croissance, dont la moyenne se situait à 7 % les trois années précédentes, n’a pas dépassé 4.7 % en 2008/09. Ce taux a été soutenu par la résistance de la consommation intérieure, qui a représenté 81.5 % du PIB, et l’augmentation des investissements publics cette année-là, à 83.5 milliards de livres égyptiennes (EGP). Pour atténuer les effets de la crise, le gouvernement a mis en place un plan de sauvetage, de manière à préserver la demande et soutenir les secteurs les plus directement affectés. Ce dispositif de relance budgétaire s’est élevé à 15 milliards EGP (1.5 % du PIB) en 2008/09. Les dépenses d’investissement public supplémentaires sont allées vers les infrastructures et les services publics fondamentaux (distribution d’eau et assainissement).

En 2008/09, le montant total des investissements est resté stable, à 200 milliards EGP. Toutefois, en pourcentage du PIB, ces investissements ont diminué, passant de 22.5 % en 2007/08 à 19.5 % en 2008/09. La part des investissements privés sur l’investissement total a beaucoup régressé, passant de 64.3 % en 2007/08 à 56.8 % en 2008/09 (proche du niveau de 2005/06). La part des investissements publics a, elle, augmenté, passant de 35.3 % en 2007/08 à 42.4 % en 2008/09.

Les secteurs ayant le plus contribué à la croissance en 2008/09 sont les TIC, (14.9 % de croissance), la construction (11.4 %) et le commerce de gros et de détail (5.8 %).

En revanche, les recettes générées par le canal de Suez ont été affectées, de même que le tourisme et les transferts d’argent des travailleurs émigrés. Les recettes en devises étrangères ont diminué de 20 milliards EGP, par rapport à 2008. Les exportations de gaz et de pétrole ont diminué de 24 %, à cause de la fluctuation des cours. Les recettes du canal de Suez ont baissé de 8.4 % à cause du ralentissement du commerce maritime mondial et du risque grandissant de piraterie au large de la Somalie. Les revenus du tourisme se sont légèrement détériorés, baissant de 3.1 %, avec la baisse du nombre de nuitées. Les envois de fonds des travailleurs émigrés se sont érodés de 11.7 % en 2008/09 par rapport à l’année précédente, reflétant la hausse du chômage des Égyptiens à l’étranger et la baisse de leurs salaires.

Le gouvernement a pris plusieurs mesures pour contrer les effets de la crise mondiale. Les politiques macro-économiques ont été assouplies et des programmes ciblés sont venus atténuer l’impact de la récession sur les secteurs vulnérables, comme les industries manufacturières et le tourisme.

Dans le secteur manufacturier, l’État a adopté les mesures suivantes : suspension de la taxe sur la vente des machines, équipements et biens de production pendant un an à partir de janvier 2009, report d’un an sur 75 % des sommes dues à l’État pour les terrains à usage industriel ; fixation du prix du gaz naturel et des énergies pour toutes les usines en opération jusqu’à la fin de l’année 2009 ; rééchelonnement des tarifs du raccordement au réseau énergétique sur trois ans. Les autres mesures incluent l’amélioration des services proposés par le Conseil de formation industrielle (CFI), les centres de technologie industrielle et le Centre de modernisation industrielle (CMI), en diminuant de moitié les contributions des entreprises qui en bénéficient ; hausse des subventions versées aux services fournis par les centres technologiques à diverses industries ; décentralisation du processus d’attribution des permis industriels et des permis d’exploitation délivrés aux conseils de directions des zones industrielles au niveau du gouvernorat, et rationalisation des procédures de renouvellement de l’inscription au registre des industries ; réduction à une journée du temps nécessaire à l’obtention des approbations requises pour tout projet industriel à faible intensité énergétique.

Dans le secteur touristique, les mesures suivantes ont été prises : rééchelonnement de la dette en souffrance et attribution de prêts pour des projets dans ce domaine ; intensification des campagnes de marketing conjointes avec des agences de voyages internationales ; concentration des efforts de marketing auprès des économies émergentes à fort potentiel ; soutien des programmes de vols charters et introduction des compagnies low-cost sur le marché égyptien.

Afin de promouvoir le commerce international, les mesures suivantes ont été adoptées : réduction des tarifs douaniers sur certains équipements de production et composants nécessaire à cette dernière pour lesquels il n’existe pas de substitut local ; accroissement du budget des programmes d’exportation de 50 % ; réduction de 50 % des frais de participation aux salons et foires internationales et doublement du nombre d’entreprises participantes.

Les investissements directs étrangers ont été sévèrement touchés et ont diminué de 38.7 %, passant de 13.2 milliards de dollars (USD) en 2007/08 à 8.1 milliards USD en 2008/09. Ce déclin a touché tous les secteurs, à l’exception du pétrole et du gaz, en augmentation. Les deux tiers des IDE ont été consacrés au pétrole et au gaz, le reste se répartissant entre l’industrie manufacturière, d’autres secteurs non-pétroliers (28.4 %), la construction (1.2 %) et des fusions et acquisitions (3.7 %). Les portefeuilles d’investissement étranger ont diminué, car les investisseurs ont vendu leurs bons du trésor ainsi que leurs actions et obligations d’entreprises égyptiennes au début de la crise financière.

La croissance économique devrait reprendre graduellement, pour atteindre 5.4 % en 2009/10 et 6.1 % en 2010/11. Toutefois, il est probable que les flux entrants d’IDE, les fonds envoyés par les travailleurs émigrés et les revenus du canal de Suez restent inférieurs à leur niveau d’avant la crise. Les politiques monétaires et budgétaires de promotion de la croissance économique devront donc être maintenues.

La crise économique mondiale a eu un impact négatif sur l’industrie égyptienne. Sa contribution au PIB a décliné, à 31.5 % en 2008/09 contre 33 % en 2007/08 (figure 2). En 2008/09, la part des industries manufacturières dans le PIB s’est élevée à 16.6 %, et celle des industries extractives à 14.9 %.

La croissance de la production manufacturière a ralenti, pour s’établir à 3.7 % en 2008/09, contre 8 % l’année précédente, résultat d’une baisse de 43 % des investissements dans ce secteur (30 milliards EGP en 2008/09, contre 43 milliards EGP en 2007/08). La part des investissements consacrée à ce secteur a diminué, se situant à 15 % en 2008/09 contre 21 % l’année précédente. Selon l’Autorité du développement industriel (Adi), qui supervise les 1 000 programmes publics consacrés depuis 2005 aux usines et aux marchés d’affaires, les 62.7 milliards EGP d’investissements ont conduit à la création de 2 700 usines dotées d’une capacité totale d’absorption de 277 000 travailleurs, en juin 2009. Durant l’exercice 2008/09, 371 entreprises ont été créées ou agrandies, pour un investissement de 9.6 milliards EGP et une capacité d’emploi supplémentaire de 37 000 personnes.

Les industries extractives ont participé au PIB à hauteur de 14.9 % en 2008/09. Pourtant, le taux de croissance de ce secteur a progressé de 6 %, notamment à cause de l’augmentation du raffinage du pétrole. L’Égypte est à la fois importateur et exportateur de pétrole, mais la balance générale est excédentaire. En 2008/09, la production totale de condensats de pétrole brut, de butagaz et de gaz a augmenté de 6.5 %, pour atteindre 81 millions de tonnes. La production de gaz naturel a progressé de 7 %, à 46 millions de tonnes. La production pétrochimique a, en revanche, diminué de 4 % en 2008/09, pour atteindre 35.6 millions de tonnes. Les investissements dans le secteur pétrolier ont représenté 19.2 % du total des sommes investies en 2008/09. Leur augmentation a conduit à plusieurs découvertes de champs pétrolifères et gaziers en 2008/09, portant les réserves respectives de pétrole et de gaz naturel du pays à 4.4 milliards de barils et 77 200 milliards de mètres cubes. La consommation de produits pétroliers et de gaz naturel a aussi augmenté de 5 %, avec 63 millions de tonnes dans le cas du pétrole. Les volumes d’exportation restent donc quasiment inchangés. Néanmoins, du fait de la baisse de la demande et des cours mondiaux du pétrole, l’excédent commercial a diminué, passant de 4.9 milliards USD en 2007/08 à 4 milliards USD en 2008/09.

L’agriculture ne dépasse pas 13.7 % du PIB en 2008/09, mais reste un grand fournisseur d’emploi (27 % de la population active en 2006/07). Les matières premières agricoles représentent 4 % du total des exportations. La production a augmenté de 3.2 % en 2008/09. Durant l’exercice 2007/08, la production de blé a atteint 8 millions de tonnes, couvrant entre 55 et 60 % de la consommation intérieure. En avril 2008, une interdiction des importations de riz de six mois a été instaurée, pour diversifier l’approvisionnement du marché intérieur et faire baisser les prix face à la pénurie mondiale. Elle a été prolongée jusqu’à octobre 2010. Les exportateurs sont autorisés à vendre une partie de leur production à l’étranger, à condition d’en proposer une quantité égale à l’entité publique chargée de l’achat du grain. La production de riz s’élève en moyenne à 4.6 millions de tonnes par an. La consommation du pays est d’environ 3.2 millions de tonnes, laissant 1.4 million de tonnes disponibles pour l’exportation. Parmi les autres cultures de rente figurent le coton, les pommes de terre, les agrumes, les plantes médicinales, l’arachide, les oignons et les légumes secs ou en conserves.

La contribution des services au PIB est restée stable, à 52 % en 2008/09. Les recettes du canal de Suez ont diminué de 7.2 %, pour s’établir à 4.7 milliards USD en 2008/09, le nombre de navire qui l’empruntent ayant diminué de 8.2 %, à 19 354, et leur tonnage net s’étant réduit de 9 % à 811.2 millions de tonnes.

Le tourisme représente 19.3 % des recettes en devises étrangères et 3.5 % du PIB. Ce secteur a été affecté par la crise, et son taux de croissance a diminué de 24 % en 2007/08, pour atteindre 1.1 % en 2008/09. Le nombre de touristes est resté le même que l’année précédente, avec 12 millions de personnes. Cependant, le nombre total de nuitées a diminué de 3 %, passant à 123.4 millions en 2008/09. Les investissements ont baissé de 2 % en 2008/09, à 5.2 milliards EGP.

Le secteur des TIC est l’un de ceux qui enregistrent la croissance la plus forte en 2008/09, à 15 %. Il représente 3.8 % du PIB. Les investissements ont atteint 13.9 milliards EGP en 2008/09, contre 13.3 milliards l’année précédente, soit une hausse de 5 %. Dans un pays comptant près de 82 millions d’habitants, le nombre d’abonnés à la téléphonie fixe a atteint 11.7 millions de personnes en juin 2009, et la capacité téléphonique a augmenté pour atteindre 14.3 millions de lignes. Le nombre total d’abonnés à la téléphonie mobile atteint 48.5 millions, croissant au rythme de 38 % l’an en 2008/09, alors que le nombre d’utilisateurs d’Internet a progressé de 20 % pour atteindre 13.5 millions. En juin 2009, l’Égypte comptait 1 892 cafés Internet 3 211 sociétés informatiques en activité.

Le secteur de la construction a bien résisté à la crise. Sa contribution au PIB a été de 4.5 % en 2008/09, en forte croissance de 11.4 %, un taux qui reste toutefois inférieur à l’année précédente (15.7 %). Le prix annuel moyen de l’acier a baissé de 49 %, alors que celui du ciment a augmenté de 6.8 %.

Au total, les investissements se sont élevés à 200 milliards EGP en 2008/09, contre 200.5 milliards l’année précédente. En termes réels, ils ont baissé de 9 %. Leur part dans le PIB, qui s’élevait à 22.3 % en 2007/08, s’est réduite à 19.3 % en 2008/09 (tableau 1). L’investissement public a représenté près de 42 % de la formation de capital en 2008/09, grace aux investissements dans les infrastructures et le développement humain et social. L’investissement public a crû de 28 %, alors que l’investissement privé a diminué de 12 % en 2008/09. Plus de la moitié des investissements réalisés l’ont été dans le secteur des matières premières (52 %), les services sociaux et les services publics de base (25 %) et les services de production (23 %). En 2008/09 la répartition des investissements par secteur est la suivante : 15 % pour la production manufacturière ; 20.9 % pour les services sociaux ; 16.4 % pour le pétrole ; 11 % pour les transports et le stockage ; 9.7 % pour le tourisme et les communications ; 18.3 % pour l’eau et l’électricité ; 3.4 % pour l’agriculture ; 2.5 % pour le commerce et la finance et 1.9 % pour la construction. Les prévisions tablent sur une croissance des investissements à 8.6 % en 2009/10 et 12.4 % en 2010/11.

Tableau 2 : Composantes de la demande

 20012008200920102011
Formation brute de capital18.322.4-1.61.72.5
Formation brute de capital - Publique9.07.3-0.50.60.7
Formation brute de capital - Privée9.315.0-1.11.01.7
Consommation finale86.683.24.36.74.5
Consommation finale - Publique11.310.90.90.80.4
Consommation finale - Privée75.372.33.35.94.1
Solde extérieur-4.9-5.62.0-3.0-0.9
Secteur externe - Exportations17.533.0-2.9-0.21.2
Secteur externe - Importations-22.3-38.64.9-2.7-2.1
Taux de croissance du PIB, en volume--4.75.46.1

Politiques macro-économiques

Politique budgétaire

Malgré la crise, le déficit budgétaire global s’est stabilisé à 6.9 % du PIB en 2008/09 – proche du niveau de l’année précédente, 6.8 % (tableau 2). Les recettes et les dépenses représentent respectivement 26.8 % et 33.5 % du PIB en 2008/09.

Les recettes totales ont progressé de 25.8 % en 2008/09, pour atteindre 278.6 milliards EGP, les recettes fiscales ayant augmenté de 18.9 %, à 163.2 milliards, tandis que les recettes non fiscales ont progressé de 37 %, à 115.4 milliards. Cette augmentation des recettes fiscales vient de l’augmentation de l’impôt sur le revenu (19.6 %, pour un total de 80.2 milliards EGP), et à celle des taxes sur les biens et services (26.1 %, 62.7 milliards EGP). Du côté des recettes non fiscales, les donations ont été multipliées par un peu plus de cinq, atteignant 7.6 milliards EGP. Les autres recettes ont crû de 30.2 %, à 107.7 milliards EGP.

Les dépenses totales ont progressé de 23.2 %, à 347.7 milliards EGP en 2008/09, en raison de plusieurs facteurs, parmi lesquels l’augmentation des subventions de 11.4 %, à 93.8 milliards (63 milliards pour les produits pétroliers, 21 milliards pour les subventions alimentaires et 10 milliards pour d’autres secteurs comme le transport et le logement). La multiplication des prestations sociales par un facteur supérieur à sept a également joué, pour atteindre 28.5 milliards, de même que l’augmentation importante des salaires, de 19.7 %, à 75.2 milliards EGP et l’augmentation des paiements des intérêts de 4.5 %, à 52.8 milliards. Il faut ajouter à cette liste les achats d’actifs non financiers, qui ont crû de 23.2 % pour s’établir à 42.1 milliards, du fait du plan de relance de 15 milliards EGP, lancé pour soutenir la croissance. Les dépenses publiques ont été essentiellement consacrées à l’investissement public (10,8 milliards), notamment les infrastructures (eau et assainissement), le reste ayant été utilisé pour les dépenses courantes (2.7 milliards) et le manque à gagner sur les recettes fiscales (1.5 milliard).

Le déficit budgétaire global devrait atteindre 7.5 % du PIB en 2009/10, à cause de la baisse attendue des recettes fiscales et l’éventuelle nécessité de dépenses publiques supplémentaires pour stimuler l’économie nationale. Le gouvernement compte poursuivre une politique budgétaire de lutte contre la crise en 2010. Le budget élaboré pour l’année fiscale allant de juin 2009 à juin 2010 comprend 5.5 milliards à 6 milliards EGP, qui pourraient servir à un second plan de relance. Sur cette somme, 2.5 à 3 milliards sont des dépenses d’investissement supplémentaires ou avancées, supérieures aux augmentations normales du budget annuel. La plupart des dépenses supplémentaires serviront à financer des projets d’investissement, ainsi qu’à promouvoir les exportations, à développer les marchés intérieurs et à finir de compenser l’abattement fiscal d’un an de la taxe sur les ventes de biens d’équipement, accordé dans le cadre du premier plan de relance. En janvier 2010, le Premier ministre a requis l’approbation du parlement pour un troisième plan de relance de 11.2 milliards EGP. En fonction des perspectives mondiales, il se pourrait que l’État égyptien injecte de l’argent frais dans l’économie, tout en essayant de ne pas compromettre l’équilibre budgétaire et la soutenabilité de la dette publique à moyen terme.

En décembre 2009, les entreprises et particuliers devaient avoir remis leur déclaration, dans le cadre de la nouvelle loi relative à la taxe foncière de 2008. L’échéance a ensuite été repoussée à mars 2010. On s’attend à ce que cette nouvelle rentrée fiscale augmente les recettes de 3.5 milliards EGP par an. Parmi les mesures potentielles visant à assouplir les contraintes budgétaires à court terme figure l’encouragement des partenariats public-privé dans les secteurs sociaux comme l’éducation, le traitement de l’eau et les installations d’assainissement. Des réformes sont aussi envisagées, comme la réduction graduelle des subventions à l’énergie (ou la mise en place de taxes), notamment pour les industries à forte consommation, tout en prenant en compte l’effet d’une telle mesure sur l’inflation.

En 2008/09, la dette intérieure brute a atteint 640.6 milliards EGP (61.7 % du PIB), contre 537.9 milliards en 2007/08 (60 % du PIB). La dette extérieure brute a diminué pour s’établir à 31.5 milliards USD en 2008/09, contre 33.9 milliards l’année précédente. En pourcentage du PIB, la dette extérieure brute a reculé, passant de 20.1 % en 2007/08 à 17 % en 2008/09.

La dette publique totale (intérieure et extérieure) s’est stabilisée à 81 % du PIB en juin 2009, en dépit de la décision de la Banque centrale égyptienne de requalifier 4.3 milliards USD de dettes des « autres secteurs » en dette des autorités nationales et locales.

Tableau 3: Opérations financières de l'État (en pourcentage du PIB)

 2001200620072008200920102011
Recettes totales (avec dons)-24.224.727.127.026.5-
Recettes fiscales-14.814.815.415.314.9-
Recettes pétrolières-8.39.210.710.710.8-
Dons-0.50.20.70.60.5-
Dépenses totales (et prêts nets) (a)-29.831.534.034.533.1-
Dépenses courantes-26.427.729.730.529.1-
Sans les intérêts-20.022.124.624.823.8-
Salaires-7.07.07.37.26.9-
Biens et services-2.32.12.42.42.2-
Intérêts-6.45.65.35.65.3-
Dépenses en Capital-3.43.84.24.14.0-
Solde primaire-0.8-1.2-1.6-1.8-1.4-
Solde global--5.6-6.8-6.9-7.5-6.6-

Politique monétaire

L’augmentation des prix des produits de première nécessité, y compris de l’énergie, a propulsé l’inflation non corrigée de 10.5 % en janvier 2008 à un pic de 23.6 % en août de la même année. Cela a conduit la Banque centrale égyptienne (BCE) à adopter une politique monétaire plus restrictive durant le second semestre 2008. Elle a augmenté plusieurs fois les taux des dépôts au jour le jour et des prêts, pour atteindre respectivement 11.5 % et 13.5 % en septembre 2008.

À la suite de la crise financière mondiale, les cours internationaux se sont effondrés et les pressions inflationnistes se sont atténuées. La BCE a donc adopté une politique expansionniste pour relancer l’activité économique. Elle a réduit six fois le taux des dépôts au jour le jour et des prêts, entre février et septembre 2009, les faisant respectivement passer de 8.25 % et 9.75 %. L’inflation a atteint son plus bas niveau en juin 2009, avec 9.9 %, après un pic à 23.6 % en août 2008. Il convient de noter qu’il a fallu plusieurs mois avant que la baisse des cours internationaux soit répercutée au niveau national, du fait de la résistance à la baisse des prix sur les marchés intérieurs. 

L’inflation a atteint 16.2 % en 2008/09, contre 11.7 % en 2007/08. Compte tenu du ralentissement de l’activité, et de la baisse des prix à l’international qui devrait se poursuivre en 2010, l’inflation devrait s’établir à 13 %, à condition que les prix du pétrole sur le marché intérieur restent stables. Dans le cas contraire, l’inflation sera de nouveau en hausse.

L’objectif de la BCE vise la stabilité des prix. De nouveaux instruments monétaires sont développés pour permettre de définir un taux cible. Le 25 octobre 2009, la BCE a lancé son « indice d’inflation sous-jacente », dérivé de l’indice des prix à la consommations (IPC) non corrigé. Cet indice exclut les éléments dont la volatilité des prix est inhérente à leur nature, comme les fruits et légumes, qui représentent 8.8 % du panier de l’IPC non corrigé, ainsi que ceux dont les prix sont administrés, les « éléments régulés », qui constituent 19.4 % du panier de l’IPC non corrigé. L’indice d’inflation sous-jacente va compléter l’indice non corrigé, et non se substituer à ce dernier.

Le total des dépôts auprès du secteur bancaire (à l’exclusion de la banque centrale) a progressé, pour atteindre 823 milliards EGP en juillet 2009, contre 763 milliards en juillet 2008 (une hausse de 8 %), et 87.5 % des dépôts sont non-gouvernementaux. De manière similaire, le montant total des prêts accordés par les banques (à l’exclusion de la banque centrale) a atteint 428 milliards EGP en juillet 2009 contre 407 milliards en juillet 2008 (une hausse de 5 %). Le ratio de solvabilité des banques était de 55.6 % en 2008/09, semblable à celui de l’année précédente, à 55.4 %. La dollarisation du total des dépôts a diminué et s’établit à 25.3 % en juillet 2009, contre 25.7 % en juillet 2008.

En réponse à la crise économique mondiale, la BCE a pris plusieurs mesures. Au début de la crise financière, elle a affirmé son rôle en garantissant tous les dépôts du secteur bancaire. Ceci a permis de prévenir une éventuelle panique et des retraits massifs. Pour relancer l’économie, l’institution a adopté une politique monétaire moins restrictive. De plus, elle a décidé d’exempter les dépôts des banques de la réserve légale de 14 %, à laquelle elles sont soumises, en fonction du niveau des prêts accordés aux petites et moyennes entreprises (PME). Cela a facilité le financement des PME, dont l’activité est souvent à forte intensité de main-d’œuvre, et a stimulé l’activité économique et l’emploi. De même, la BCE a interdit aux banques d’investissement d’investir dans des instruments dont l’échéance était supérieure à trois ans, afin d’encourager le secteur privé à réinvestir dans les entreprises

Depuis janvier 2003, le taux de l’EGP suit un flottement administré. En 2008/09, la monnaie s’est dépréciée de 4.7 % par rapport à l’USD, passant de 5.33 à 5.59 EGP pour 1 USD entre juin 2008 et juin 2009. Cette dépréciation s’explique surtout par le ralentissement de l’économie mondiale et le déficit de la balance courante.

Position extérieure

La crise financière mondiale a fait baisser la demande extérieure, d’où le ralentissement des exportations. La balance des paiements accuse un déficit pour la première fois depuis cinq ans, à cause de la baisse des recettes à l’exportation, mais aussi des transferts de fonds des travailleurs émigrés et des investissements étrangers. La balance des paiements, en excédent de 5.4 milliards USD en 2007/08, affiche un déficit de 3.4 milliards USD en 2008/09. En 2008/09, le déficit de la balance courante a atteint 4.4 milliards, alors que le compte de capital et d’opérations financières affiche un excédent de 1.4 milliard USD – à rapprocher d’un excédent de la balance courante de 0.9 milliard USD et de 7.6 milliards USD pour le compte de capital et des opérations financières en 2007/08.

Le déficit de la balance courante en 2008/09 vient en partie du creusement du déficit commercial, couplé à la baisse des excédents dégagés sur la balance des services et les transferts sans contrepartie nets. Les exportations et les importations ont diminué respectivement de 14.3 % et de 4.6 %. Les exportations de marchandises ont chuté pour atteindre 25.2 milliards. Les exportations de pétrole ont chuté de 24 % suite à la baisse des prix du pétrole, alors que les exportations non pétrolières ont diminué de 4.8 %. Les importations de marchandises ont baissé, atteignant 2.4 milliards USD, à cause de la diminution des importations de pétrole de 26 %, à 7 milliards USD en 2008/09. Les importations non pétrolières, qui représentent 86 % du total, sont restées proches des niveaux de l’année précédente, à 43.3 milliards USD.

Durant l’exercice 2008/09, l’excédent des services a diminué pour atteindre 12.5 milliards USD, contre 15 milliards l’année précédente. Ce fort déclin est imputable à la baisse de 8.4 % des recettes générées par le canal de Suez et de 3 % des recettes touristiques, qui est venue s’ajouter au recul de 41 % des rendements des investissements à l’étranger, du fait de la baisse des taux d’intérêts et du ralentissement de l’économie mondiale. Les transferts nets ont chuté de 12 % pour atteindre 8.2 milliards USD en 2008/09, contre 9.3 milliards l’année précédente. Cette diminution est attribuée à la réduction des transferts publics et privés nets. Les transferts privés nets ont reculé de 8.9 %, principalement à cause de la baisse des envois de fonds des travailleurs émigrés de 8.8 %. Les transferts publics nets ont aussi diminué avec la baisse des subventions et donations versées à l’État égyptien.

En 2008/09, le compte de capital et d’opérations financières a décliné, pour atteindre 1.4 milliard USD, contre 7.6 milliards l’année précédente, à la suite de sorties de fonds du portefeuille et d’une diminution substantielle des IDE de 38.7 %.

Les entrées d’IDE ont diminué pour s’établir à 8.1 milliards en 2008/09, contre 13 milliards en 2007/08. Sur cette somme, le secteur pétrolier représente 66.7 %, soit 5.4 milliards USD. Les IDE greenfield (sur terrain vierge) représentent un montant total de 2.3 milliards USD (28.4 % des entrées nettes), les acquisitions s’établissent à 0.3 milliard USD (3.7 % des entrées nettes) et les achats dans le secteur immobilier s’élèvent à 0.1 milliard USD (1.2 % des entrées nettes).

Le portefeuille des investissements a enregistré des sorties de fonds nettes de 9.2 milliards USD en 2008/09, dont les ventes de bons du trésor égyptiens représentent 7.1 milliards USD. Ceci reflète un désinvestissement substantiel de l’étranger. Les ventes nettes des investisseurs étrangers sur le marché des valeurs mobilières égyptien se sont élevées à 1.1 milliard USD. Les transactions nettes portant sur les obligations souveraines et les obligations en EGP émises à l’étranger ont généré des sorties de 1 milliard USD.

À l’avenir, le solde de la balance courante externe devrait continuer d’afficher un déficit, en 2009/10 et en 2010/11 (mais moins qu’en 2008/09), les exportations demeurant inférieures à leur niveau d’avant la crise. Les recettes touristiques et du canal de Suez et les envois de fonds des travailleurs émigrés ne devraient pas progresser par rapport à 2008/09. Les entrés d’IDE devraient prévenir un déclin modéré des réserves internationales. Il existe aussi un risque d’augmentation des sorties de capital, compte tenu de la volatilité des marchés financiers.

Le ratio de couverture des importations par les réserves de change a diminué pour s’établir à 7.3 mois en 2008/09, contre 7.9 mois en 2007/08. La facture des importations est restée au même niveau que l’année passée, alors que les réserves de change ont diminué. Elles atteignent 31.3 milliards USD en 2008/09, contre 34.6 milliards USD en 2007/08 – une diminution de 11 %. Il convient de noter que les réserves de change nettes ont progressé, pour atteindre 33.5 milliards en septembre 2009. Cette hausse est principalement due à l’attribution générale par le FMI de droits de tirage spéciaux (DTS) aux pays membres. De ce fait, la part des DTS de l’Égypte a progressé de près de 1.2 milliard USD.

La dette extérieure publique a diminué de 8 % pour s’établir à 31.5 milliards USD en juin 2009 (17 % du PIB), contre 33.9 milliards USD (20.1 % du PIB) l’année précédente. Cette diminution est le résultat de deux facteurs. D’une part, la dépréciation de la plupart des devises face au dollar, qui a provoqué une diminution de la dette extérieure de 1.3 milliard USD. D’autre part, le remboursement net de 1.1 milliard USD.

La position de la dette extérieure conserve son profil favorable, puisqu’elle n’est composée qu’à 6.8 % de dettes à court terme. Le secteur public est le principal débiteur, puisqu’il représentait 94.2 % du total de la dette extérieure à la fin juin 2009.

 

Tableau 4 : Comptes courants (en pourcentage du PIB)

Figure 3 : Part de l’encours de la dette extérieure dans le PIB et ratio du service de la dette sur les exportations (en pourcentage)

Questions structurelles

Développement du secteur privé

Pour la quatrième année consécutive, l’Égypte se classe parmi les dix pays les plus réformateurs du classement Doing Business 2010 de la Banque mondiale. Sur le plan du climat des affaires, l’Égypte se positionne 106e sur 183, en progression de dix places par rapport à l’année précédente. Les domaines d’amélioration portent sur plusieurs points, parmi lesquels l’octroi des permis de construire, grâce aux articles de la loi de 2008 sur la construction et à l’élimination de la quasi-totalité des approbations préalables. En outre, la création de tribunaux commerciaux a permis d’accélérer l’exécution des contrats. L’accroissement de l’accès aux informations relatives au crédit a aussi joué, avec l’ajout des détaillants dans la base de données des bureaux de crédit privés. Enfin, l’exigence d’un capital minimal a été supprimée pour la création d’entreprise. Les domaines de mauvais classement restent le paiement des impôts (140e sur 183), l’embauche des travailleurs (120e) et les fermetures d’entreprises (132e).

L’Égypte a également progressé dans le Global Competitiveness Report 2009/10 publié par le Forum économique mondial, progressant de 11 places, au 70e rang sur 133 pays. Les raisons de cette amélioration sont la réduction des droits de douane, l’amélioration des infrastructures (notamment l’électricité et les télécommunications), et la sophistication accrue des marchés financiers.

L’Égypte à bien résisté à la première vague des effets de la crise financière mondiale grâce à la réforme de son secteur bancaire et à sa faible intégration aux marchés financiers en général. Le système bancaire est resté à l’abri des turbulences mondiales, dans la mesure où les banques égyptiennes étaient très peu exposées aux institutions financières en difficulté ou en faillite. Leur exposition aux actifs à risque est également marginale dans la mesure où elles n’investissent pas dans les produits de crédit structurés ou autres produits dérivés. La prudence manifestée par les autorités de régulation et la bonne supervision du secteur, renforcée par la réforme de 2004, ont assuré la stabilité du système. Les banques sont bien pourvues en liquidités et bien capitalisées. Le ratio de solvabilité global avoisine 55 %, une forte proportion des actifs étant à court terme et liquide.

La crise financière mondiale a eu un impact négatif sur la place boursière égyptienne. La capitalisation a diminué, passant de 813 milliards EGP en juin 2008 (91 % du PIB) à 464 milliards (52 % du PIB) en juin 2009. La Bourse égyptienne devrait lancer un nouvel indice contenant les 30 firmes respectant le plus les règles de gouvernance des entreprises, et notamment aux critères de publication des informations financières et de responsabilité sociale des entreprises.

Diverses réformes ont été lancées, visant les institutions financières non bancaires, dans le but d’approfondir le marché des capitaux, de restructurer le secteur des assurances, de développer le marché des prêts hypothécaires et d’activer le crédit-bail et les services d’affacturage. Parmi les réformes engagées en 2009, la plus significative est peut-être la loi n° 10 de 2009, qui a abouti à la création de l’Autorité de supervision financière égyptienne (Egyptian Financial Supervising Authority – EFSA), en juillet 2009, en remplacement de l’Autorité des marchés de capitaux. L’EFSA est chargée de superviser les instruments et marchés financiers non bancaires, dont, entre autres : les marchés de capitaux, les marchés des produits dérivés basés sur les produits financiers et les matières premières, les activités en lien avec l’assurance, la finance hypothécaire, le crédit-bail, l’affacturage et la titrisation.

Autres développements récents

Au cours des dernières années, l’Égypte a pris diverses mesures pour réduire les subventions à l’énergie. En septembre 2007, l’État a doublé le prix du fioul, qui a atteint 1 000 EGP par tonne. Le prix du gaz naturel a été ajusté pour les industries à forte intensité énergétique, en fonction des cours internationaux. Ce processus s’est fait en trois phases, la dernière ayant eu lieu en 2009. Les subventions aux industries qui ne sont pas à forte intensité énergétique se poursuivront jusqu’en 2013. Le gouvernement a décidé de maintenir à leur niveau les prix de l’énergie (électricité et gaz naturel) pour les industriels jusqu’à la fin 2009. Le prix de ces deux types d’énergie devrait augmenter courant 2010 pour les industries qui ne sont pas à forte intensité énergétique.

Le ciblage des subventions à l’alimentation a manqué d’efficacité : la proportion du total des subventions alimentaires perçues par le quintile le plus bas de la population est de 17 %, alors que le quintile le plus haut en perçoit 21 %. Le gouvernement compte améliorer le ciblage des subventions aux groupes à faibles revenus. Il entend introduire des mécanismes d’ajustement automatique pour les prix régulés et renforcer les programmes de transfert vers les groupes les plus vulnérables.

Le ministère de l’Industrie et du Commerce a fixé des objectifs ambitieux pour la période 2009-13 : doublement des exportations de produits manufacturés, augmentation de 60 milliards EGP des investissements dans l’industrie manufacturière et création de 200 000 emplois supplémentaires. Il a proposé des mesures incitatives pour le développement du sud du pays, où l’industrie est en retard. Si elles sont approuvées par le parlement, ces mesures cibleront certains secteurs de cette région pour réaliser des investissements dans le textile, le prêt-à-porter, les meubles, les produits alimentaires, les industries chimiques, l’électronique, la pharmaceutique, le cuir et les matériaux de construction.

Mobilisation des ressources publiques

Les objectifs de la politique budgétaire égyptienne portent sur une croissance économique équilibrée, la promotion de la soutenabilité de la dette et du budget, la création d’un espace budgétaire générant suffisamment de ressources pour financer des investissements aux fortes composantes sociales.

Entre 2001 et 2009, les recettes fiscales ont augmenté en moyenne de 20 % par an, grâce à trois facteurs : la réforme du code des impôts et des méthodes de recouvrement, la restructuration de l’autorité fiscale et l’élargissement de l’assiette. En moyenne, les recettes fiscales représentent 63 % de l’ensemble des recettes et 15 % du PIB. Les recettes non fiscales, elles, représentent 33 % du total et 8 % du PIB. Les donations représentent environ 1 % du PIB et à peine 3 % du total des recettes.

Les recettes non fiscales ont progressé, passant de 23.4 à 111.3 milliards EGP en 2008/09, grâce à une hausse importante des revenus immobiliers, de la vente de biens et services et de recettes diverses.

Au cours de la période étudiée, la part des impôts directs sur l’ensemble des recettes fiscales s’élève à 46 % en moyenne. En pourcentage du PIB, les impôts directs ont augmenté, passant de 6 % entre 2001 et 2004 à 8 % du PIB pour la période 2005-09 (suite à l’introduction de la loi sur l’impôt sur le revenu en 2005). Les impôts indirects (taxes sur les biens et services) représentent en moyenne 39 % du total des recettes fiscales et 6 % du PIB. Les impôts sur le commerce international représentent en moyenne 39 % du total des recettes fiscales, (9 % en 2008/09) et près de 2 % du PIB (1 % en 2008/09).

Entre 2001 et 2009, une réforme législative s’est ajoutée à la restructuration de l’Autorité fiscale et une amélioration du recouvrement. La législation la plus importante dans ce domaine inclut les lois n° 17 de 2001 et 11 de 2002 sur la taxe générale sur les ventes (TGV) ; la loi relative à l’impôt sur le revenu n° 91 de 2005 ; et la loi n° 196 de 2008 relative à la taxe foncière. Les droits de douane ont été réformés plusieurs fois. Les derniers amendements sont incorporés dans la loi n° 11 de 2009.

En vertu de la loi n° 91 de 2005 relative à l’impôt unifié sur le revenu des particuliers et des entreprises, toutes les entreprises paient un impôt de 20 % sur leurs bénéfices, au lieu des taux appliqués précédemment (32 % ou 40 % en fonction de l’activité), plus 2 % de droit pour le développement. De nouvelles exonérations temporaires et exemptions spéciales ont été supprimées, tout comme le droit pour le développement de l’État. Le régime imposé aux multinationales s’est amélioré. L’Égypte utilise désormais la définition de l’établissement permanent, sur la base de la convention des Nations Unies. De nouvelles règles concernant les prix de transfert et la sous-capitalisation sont en vigueur.

La retenue d’impôt sur les intérêts et royalties a diminué, passant de 32 % à un taux unique de 20 %. Le calcul de la dépréciation des actifs est spécifié par la loi, ce qui supprime la confusion née des différentes méthodes comptables, qui donnaient beaucoup de marge à l’inspecteur des impôts.

La même loi est venue modifier l’impôt sur les revenus des personnes physiques. Le taux le plus haut a été abaissé de 32 à 20 %. Tous les contribuables bénéficient d’une exemption annuelle de 4 000 EGP. Les avantages en nature comme les assurances médicales sont exemptés. L’assiette a été élargie pour inclure les résidents travaillant à l’étranger et les non-résidents travaillant en Égypte.

L’application de cette loi relative à l’impôt sur le revenu a nécessité une évolution de l’état d’esprit des percepteurs, tout comme des contribuables. Les employés de l’administration fiscale ont reçu une formation extensive, et des campagnes de sensibilisation des contribuables ont été organisées. Du coup, les recettes ont augmenté à partir de 2005/06. Le nombre de contribuables est passé de 1.7 millions en 2005 à plus de 2.5 millions en 2007, et devait atteindre 3.5 millions en 2008/09. Ce chiffre de 3.5 millions peut paraître faible pour une population de plus de 80 millions d’habitants, mais tous les contribuables n’ont pas à remplir de déclaration. Si la seule source de revenus est le salaire, l’impôt est retenu à la source. Les contribuables non salariés doivent remplir une déclaration à la fin de l’année pour leurs revenus supplémentaires. La plupart des 3.5 millions de déclarants sont des entreprises, et quelques rares salariés qui gagnent un revenu complémentaire. Il est nécessaire de garantir le tirage au sort des échantillons soumis à contrôle et d’accroître le rôle des percepteurs dans le recouvrement de taxes, dans les domaines où l’évasion fiscale est importante, notamment chez les professions libérales (médecins, ingénieurs, avocats, etc.).

En mai 2006, les services de l’impôt sur les ventes et de l’impôt sur le revenu ont fusionné pour former l’Autorité fiscale égyptienne (Egyptian Tax Authority – ETA). Cette autorité fiscale propose aux PME un service dédié et des incitations spéciales. Il existe également un service spécial pour les besoins des gros contribuables. Des projets de décentralisation existent, mais sont encore loin d’être réalisés.

Le pays a été touché par l’augmentation des cours internationaux de 2007/08. Le choc a été particulièrement prononcé pour les Égyptiens à revenu faible ou moyen, qui dépensent en moyenne 45 % de leur revenu pour se nourrir, et 60 % pour le quintile au revenu le plus faible. Afin d’alléger leur fardeau, le parlement a voté la loi n° 114 en 2008, qui vise à atténuer les effets de la crise sur les niveaux de revenu les plus faibles, tout en garantissant des ressources durables permettant de maintenir la soutenabilité du budget. Par mesure de discipline budgétaire, des mesures de réduction des coûts ont été introduites le 5 mai 2008. Elles ont consisté à réduire partiellement les subventions à l’énergie, de 7.5 milliards EGP, à accroître les taxes sur les cigarettes, à augmenter les frais sur le permis de conduire et les carrières de ciment et à éliminer certaines exemptions au paiement de l’impôt sur le revenu. L’élimination des exemptions fiscales comprend : les intérêts sur les bons du trésor, les bénéfices des institutions d’enseignement, les bénéfices des entreprises à forte intensité énergétique implantées en zone franche, comme les producteurs de produits pétrochimiques, d’engrais et d’acier, ainsi que les compagnies spécialisées dans la production, la liquéfaction et le transport de gaz naturel liquéfié (GNL).

En 2008, la loi n° 196 relative à la taxe foncière a été votée par le parlement. La taxe foncière s’applique aux propriétés résidentielles et commerciales depuis mars 2010. Les maisons et appartements d’une valeur inférieure à 500 000 EGP sont exemptés, alors que les maisons estimées à 1 million EGP sont taxées à hauteur de 660 EGP par an. Les particuliers et les entreprises doivent soumettre leurs registres immobiliers avant la fin mars 2010. Les unités seront évaluées tous les cinq ans et les propriétaires peuvent faire appel de l’estimation de leurs biens dans les 60 jours suivant la décision. Cette nouvelle taxe foncière fait l’objet d’un intense débat, notamment quant à l’exactitude et à l’objectivité des estimations. Elle devrait générer 3.5 milliards EGP par an.

La réforme des douanes se poursuit, pour répondre aux exigences de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). La restructuration des droits de douane a réduit le nombre de catégories de 27 à 6, et le taux moyen de 14.6 % à 8.9 %. Les plus importantes réductions concernent les biens de première nécessité. La loi n° 11 de 2009 a encore abaissé les droits de douane sur les biens d’équipement essentiels à la production, certains produits finis médicaux, et les équipements et produits générant des économies d’énergie. Cette réforme n’a pas couvert que la loi et la structure tarifaire, mais aussi les questions procédurales et administratives, les évaluations en douane et le délai de mainlevée, l’automatisation, la mainlevée des biens ex-ante, et le guichet unique.

À ce jour, il y a sept guichets uniques entièrement automatisés et interconnectés, desservant les douanes le plus rapidement et le mieux possible. En plus, de nouveaux centres logistiques pilotes sont en place, comme El Dekheila. Ils permettent aux clients d’enregistrer leurs informations, de payer les droits et frais et de finaliser la libération des produits importés ou exportés au centre.

Afin de réduire l’impact de la crise économique mondiale sur les niveaux d’investissement, tous les biens d’équipement ont été exemptés de la taxe sur les ventes pour l’année 2009.

Selon le rapport Doing Business 2010 de la Banque mondiale, l’Égypte se classe 140e sur 183 pays en ce qui concerne le paiement de l’impôt – en hausse de deux rangs par rapport à l’année précédente. En termes de nombre de paiements d’impôts par an, l’Égypte est 93e, alors qu’elle est 163e pour le temps, en nombre d’heures, consacré au respect des obligations fiscales. En ce qui concerne le total à payer (pourcentage du bénéfice brut) l’Égypte se classe 102e. Comme le montrent les composantes de l’indice relatif à l’impôt, le plus mauvais classement obtenu concerne le temps nécessaire au respect des obligations fiscales. Cette question problématique doit être prise à bras-le-corps par l’Autorité fiscale. Elle fait peser un lourd fardeau sur les entreprises et peut donc constituer un frein à l’investissement et un facteur majeur d’incitation à rester dans le secteur informel. Le classement de l’Égypte pour le paiement de l’impôt devrait s’améliorer dans les prochaines années, avec des réformes importantes en matière de perception, de contrôle et de sensibilisation.

Une marge de manœuvre existe, pour augmenter l’assiette fiscale et limiter l’évasion fiscale. Avec 8.2 millions de personnes dans le secteur informel, soit 37 % de la main d’œuvre, il est possible d’augmenter l’assiette et les recettes. Il est prévu d’introduire une taxe sur les terres agricoles et de transformer la taxe sur les ventes en une véritable TVA. Bien que des efforts soient en cours pour automatiser le système fiscal, il est possible de procéder à des améliorations et nécessaire de rendre de nouveaux services opérationnels.

Si l’Égypte veut entreprendre les réformes sociales qu’elle a prévues, notamment en ce qui concerne la santé, l’assurance sociale et les retraites, qui vont faire pression sur le budget, il paraît fondamental d’augmenter les recettes fiscales.

Contexte politique

L’avenir politique de l’Égypte reste incertain. Des élections législatives et présidentielle ont été prévues pour 2010 et 2011, représentant un test pour le Parti national démocratique (PND), majoritaire au parlement. En 2009, le PND a organisé sa sixième conférence annuelle au Caire, avec comme slogan « Rien que pour vous ». L’occasion d’insister sur diverses politiques économiques et sociales, notamment le soutien aux plus vulnérables.

L’année 2009 a été marquée par une vague de manifestations. Les syndicats et associations professionnelles des pharmaciens, avocats, enseignants, médecins, ouvriers, chauffeurs routiers, étudiants et journalistes ont manifesté contre la hausse des impôts ou pour des augmentations de salaire. La grève des pharmaciens contre la hausse des taxes a été couronnée de succès. Le gouvernement a accédé à leurs exigences. Ce mouvement a été déclenché en réaction à la décision du ministère des Finances d’appliquer la loi de 2005 de manière rétroactive. Le ministère a annoncé qu’il percevrait les arriérés datant de 2005 et que les pharmacies ne seraient plus considérées comme des PME en matière fiscale, et seraient donc soumises à l’impôt au taux unique de 15 %, au lieu de 7 % précédemment. Les habitants de la région d’El Alamein, sur la côte méditerranéenne, ont protesté contre la présence de mines terrestres datant de la Seconde Guerre mondiale, qui causent la mort de civils. Les manifestants ont exigé que les nations développées apportent leur aide financière au déminage de la zone.

Contexte social et développement des ressources humaines

L’Égypte a déjà atteint certains des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), dont la réduction de moitié de sa population vivant dans une extrême pauvreté. Cependant, les disparités régionales demeurent importantes. Le pourcentage d’Égyptiens vivant en dessous du seuil de pauvreté a augmenté, passant de 19.6 % en 2005 à 21.6 % en 2009. En zone rurale, la pauvreté atteint des pics de 28.9 %. Ce taux est plus élevé en Haute Égypte, où sont situés les cent villages les plus pauvres. Le coefficient de Gini a diminué, passant de 0.31 à 0.30 en 2009, dénotant une légère amélioration de la répartition des richesses.

Le plan socio-économique du gouvernement pour 2007-12 vise à réduire la pauvreté de 15 % et à atténuer les disparités entre la Haute et la Basse Égypte, ainsi qu’entre les zones urbaines et rurales. À cette fin, une « carte de la pauvreté » a été dessinée, pour identifier les groupes et les régions les plus vulnérables. De cette carte dépendent deux programmes innovants, mis en place pour acheminer les ressources vers les villages et les habitants qui en ont le plus besoin : le ciblage géographique et le soutien aux familles les plus vulnérables. En 2009, le gouvernement a mis en place le ciblage géographique pour aider les 1 000 villages les plus pauvres, en améliorant les infrastructures et les services de santé, en luttant contre l’illettrisme, en augmentant l’offre d’emploi et en introduisant des cartes de rationnement.

De nouvelles institutions ont été créées en 2009, parmi lesquelles le ministère de la Famille et de la population, ainsi que le Fonds de développement des bidonvilles. L’urgence est au traitement de la crise démographique et des problèmes liés à l’habitat insalubre. Les zones de bidonville ont progressé, passant de 1 174 en 2004 à 1 210 en 2006. Sur la même période, la part de la population vivant dans ces zones a augmenté de 3.5 %. Si cette tendance persiste, elle limitera la capacité de l’Égypte à atteindre l’OMD qui consiste à améliorer de manière significative la vie d’au moins 100 millions d’habitants des taudis d’ici à 2020.

Le ratio de scolarisation dans le cycle primaire est passé de 91 % en 2000/01 à 94 % en 2005/06. Le taux d’alphabétisation des 15-24 ans a progressé, passant de 73 % en 1996 à 87 % en 2005. L’illettrisme a décru, passant de 28.8 % en 2007/08 à 27.8 % en 2008/09. Toutefois, la différence entre le taux d’illettrisme des filles et celui des garçons pose problème. Le plan quinquennal 2007-12 vise à faire progresser le taux de scolarisation, le nombre des établissements, à réduire la densité des classes et à venir en aide au développement précoce de l’enfant.

L’Égypte a réussi à supprimer les différences entre les sexes dans le secondaire, et s’en approche dans le primaire. Cependant, cet OMD risque de ne pas être atteint dans l’enseignement technique. La part des femmes salariées hors agriculture reste faible, à 17.7 % en 2005. Leur représentation dans le monde politique est aussi limitée : elles n’étaient que 1.8 % à l’Assemblée du peuple en 2005, et 7 % dans le Conseil de la Choura en 2008. Malgré les objectifs ciblés par genre, dans le plan socio-économique actuel, et l’établissement, pour la première fois en Égypte, d’un Conseil des femmes en 2000, il est très clairement nécessaire de promouvoir leur plus grande participation à l’économie formelle et à la vie politique.

La mortalité infantile et des enfants de moins de 5 ans a décliné de près de 50 % entre 1990 et 2006. Cette tendance se poursuit, la mortalité infantile a reculé : elle est passée de 8.4 % en 2007 à 7.9 % en 2008. Celle des enfants de moins de 5 ans également, passant de 19.2 % en 2007 à 18.3 % en 2008. De plus, on constate de nets progrès en matière d’immunisation contre la rougeole. Il reste cependant un problème fondamental à régler : celui de la disparité des taux de mortalité infantile et des moins de 5 ans selon les régions, les classe sociales et le sexe. La mortalité périnatale a reculé, passant de 174 décès pour 100 000 naissances vivantes en 1992 à 84 en 2000. L’OMD est donc atteint dans ce domaine.

La prévalence du VIH/Sida est faible en Égypte, avec moins de 1 % de la population atteinte en 2007. Le pays est parvenu à contrôler la malaria, tandis que la tuberculose et la bilharziose sont en recul. Les hépatites B et C restent une menace de première importance. Elles figurent parmi les principales causes de graves atteintes du foie, de carcinome hépatocellulaire et de mort en Égypte. Le ministère de la Santé et de la population prévoit de réformer le système d’assurance santé, l’objectif étant la couverture universelle pour tous les Égyptiens d’ici à 2012. Pour le moment, une part de 52 % de la population bénéficie d’une assurance santé via l’Autorité de l’assurance santé. Le ministère de la Santé et celui des Finances finalisent le projet de la nouvelle loi en la matière. Il devrait être soumis au parlement lors de la prochaine session. Ce nouveau système vise à réduire le montant du revenu disponible consacré à la santé à seulement 35 %.

L’épidémie de grippe A H1N1 a probablement constitué l’un des principaux défis sanitaires à relever en 2009. Le ministère de la Santé a adopté plusieurs mesures pour empêcher la propagation de la grippe A H1N1. Il a été particulièrement difficile d’obtenir des vaccins en nombre suffisant et de sensibiliser la population pour lutter contre la maladie. À court terme, cette épidémie devrait avoir des conséquences négatives sur les résultats d’apprentissage et la productivité du travail. Dès qu’un cas était confirmé, des classes, et parfois des écoles entières, sont restées fermées durant des périodes très longues.

Moins d’emplois ont été créés, à cause de la crise : seulement 600 000 en 2008/09, contre 690 000 en 2007/08 (soit une diminution de 13 %). Le taux de chômage a progressé, pour atteindre 9.4 % en 2008/09, contre 8.4 % en 2007/08. C’est parmi les femmes et les jeunes qu’il est le plus élevé. L’incapacité du système éducatif à enseigner les compétences requises sur le marché du travail demeure une préoccupation majeure.

Tableau 5 : Résultats sommaires

 20012002200320042005200620072008200920102011
Taux de croissance du PIB en volume (incl.Stk)3.23.24.14.56.87.17.24.75.46.1-
Inflation IPC2.43.212.98.84.111.211.716.213.211.0-
PIB (échelle $)370124.6381931.6397552.6415323.2443731.3475236.3509453.3533397.6563061.5598086.7-
PIB en volume84828.471356.878321.793185.0107741.4132077.0164841.2186585.0227901.6265690.4-
Taux de change4.55.96.25.85.75.65.45.65.55.6-

Figure 1 : Taux de croissance du PIB réel et PIB par habitant (USD en PPA à prix courants)

Tableau 1 : Indicateurs macro-économiques

 2008200920102011
Taux de croissance du PIB7.24.75.46.1
Inflation IPC11.716.213.211.0
Balance budgétaire % PIB-6.8-6.9-7.5-6.6
Balance courante % PIB0.8-2.6-2.2-1.8

Figure 2 : Ventilation sectorielle du PIB, 2008 (en pourcentage)

Tableau 2 : Composantes de la demande

 20012008200920102011
Formation brute de capital18.322.4-1.61.72.5
Formation brute de capital - Publique9.07.3-0.50.60.7
Formation brute de capital - Privée9.315.0-1.11.01.7
Consommation finale86.683.24.36.74.5
Consommation finale - Publique11.310.90.90.80.4
Consommation finale - Privée75.372.33.35.94.1
Solde extérieur-4.9-5.62.0-3.0-0.9
Secteur externe - Exportations17.533.0-2.9-0.21.2
Secteur externe - Importations-22.3-38.64.9-2.7-2.1
Taux de croissance du PIB, en volume--4.75.46.1

Tableau 3: Opérations financières de l'État (en pourcentage du PIB)

 2001200620072008200920102011
Recettes totales (avec dons)-24.224.727.127.026.5-
Recettes fiscales-14.814.815.415.314.9-
Recettes pétrolières-8.39.210.710.710.8-
Dons-0.50.20.70.60.5-
Dépenses totales (et prêts nets) (a)-29.831.534.034.533.1-
Dépenses courantes-26.427.729.730.529.1-
Sans les intérêts-20.022.124.624.823.8-
Salaires-7.07.07.37.26.9-
Biens et services-2.32.12.42.42.2-
Intérêts-6.45.65.35.65.3-
Dépenses en Capital-3.43.84.24.14.0-
Solde primaire-0.8-1.2-1.6-1.8-1.4-
Solde global--5.6-6.8-6.9-7.5-6.6-

Tableau 4 : Comptes courants (en pourcentage du PIB)

Figure 3 : Part de l’encours de la dette extérieure dans le PIB et ratio du service de la dette sur les exportations (en pourcentage)

Tableau 5 : Résultats sommaires

 20012002200320042005200620072008200920102011
Taux de croissance du PIB en volume (incl.Stk)3.23.24.14.56.87.17.24.75.46.1-
Inflation IPC2.43.212.98.84.111.211.716.213.211.0-
PIB (échelle $)370124.6381931.6397552.6415323.2443731.3475236.3509453.3533397.6563061.5598086.7-
PIB en volume84828.471356.878321.793185.0107741.4132077.0164841.2186585.0227901.6265690.4-
Taux de change4.55.96.25.85.75.65.45.65.55.6-

Carte du pays

Grande carte de pays