Vue d'ensemble

LA CROISSANCE DE L’ÉCONOMIE égyptienne a été de 7.2 pour cent pendant l’exercice 2007/08. Les principaux moteurs de cette vigoureuse croissance ont été l’industrie, le tourisme et les revenus du canal de Suez. Les entrées d’investissements directs étrangers (IDE) ont atteint un nouveau record avec un montant de 13.2 milliards de dollars (USD), plus du triple qu’en 2004/05. Selon l’édition 2008 du rapport sur l’investissement dans le monde, l’Égypte est le premier bénéficiaire d’IDE en Afrique du Nord et le deuxième en Afrique. Au chapitre de la demande, sa croissance a été tirée par une hausse significative de la consommation et de l’investissement. En 2007/08, les investissements engagés ont connu une croissance de 15.5 pour cent, tandis que la consommation globale, publique et privée, s’accroissait de 5.3 pour cent. La hausse des prix des produits pétroliers et alimentaires a accéléré brutalement l’inflation et réduit les revenus réels, mais elle a dopé les exportations de pétrole et de gaz naturel.

Avec les turbulences financières dans le monde et la détérioration des perspectives internationales de l’économie, la croissance devrait ralentir en Égypte, avec un rythme prévu de 4.3 pour cent en 2008/09 et de 4 pour cent en 2009/10. La récession globale va affecter le pays en contractant les exportations, les recettes du tourisme, les revenus du canal de Suez et les transferts des expatriés.

La fermeté de la croissance égyptienne est le fruit d’un ambitieux programme de réformes inspirées par le marché et marquées par la libéralisation d’une large gamme de prix et par la privatisation d’entreprises publiques. La crise internationale pourrait toutefois retarder certaines réformes. L’Égypte a déployé d’énormes efforts pour réduire la pauvreté, mais les inégalités régionales posent un problème majeur au regard de la pauvreté, de même que la situation reflétée par les autres indicateurs sociaux.

Figure 1 - Taux de croissance du PIB en volume et PIB par habitant

Développements économiques récents

Figure 2 - Ventilation sectorielle du PIB

La hausse mondiale en 2007 et 2008 des prix de l’énergie, des produits miniers et des denrées alimentaires de première nécessité a eu des effets mitigés sur l’économie égyptienne, étant donné que le pays est un exportateur net de pétrole, de gaz naturel et de quelques produits agricoles. Mais si les revenus des exportations ont gonflé, la cherté des prix a affecté la majorité de la population, notamment les foyers à faible revenu. La croissance réelle du PIB a poursuivi sa tendance à la hausse jusqu’à 7.2 pour cent en 2007/08, contre 6.8 pour cent en 2005/06 et 7.1 pour cent en 2006/07. Les principaux moteurs de cette croissance ont été les produits manufacturiers, l’industrie extractive, les revenus du canal de Suez et le tourisme.
La crise financière mondiale devrait ralentir la croissance de l’Égypte et devrait atteindre le rythme de 4.3 pour cent en 2008/09 et de 4 pour cent en 2009/10. On s’attend à un déclin des entrées d’IDE et à une plus grande frilosité des investisseurs nationaux. Les recettes du tourisme et les transferts des travailleurs expatriés risquent d’être également affectés, tandis que les revenus du canal de Suez devraient se contracter avec le ralentissement des échanges, la chute des prix pétroliers et la piraterie dans les eaux somaliennes. Les sources de la demande, aussi bien nationales qu’étrangères, vont probablement se tarir. Pour stimuler l’activité, les autorités prévoient d’augmenter les dépenses de travaux d’infrastructures, tout en évitant une augmentation des dépenses de fonctionnement.

La production industrielle a représenté le principal moteur de la croissance, et elle a contribué à hauteur de 33 pour cent du PIB en 2007/08. L’industrie manufacturière représente près de la moitié de cette contribution, l’autre moitié provenant de l’industrie extractive, notamment du pétrole et du gaz naturel. La production industrielle a augmenté de 8 pour cent en 2007/08, marquant un progrès par rapport à l’exercice précédent. Les investissements dans ce secteur ont parallèlement augmenté de 3.5 pour cent, pour un montant de 43 milliards de livres égyptiennes (EGP), soit 22 pour cent de l’investissement total. Selon l’Autorité du développement industriel, qui supervise les programmes officiels « Mille usines » et « Marché d’affaires », des investissements d’un montant de 19.7 milliards EGP ont permis l’installation de 700 usines employant 81000 travailleurs depuis le lancement de ces programmes en 2005 et jusqu’en juin 2008. Pendant l’exercice 2007/08, 6.8 milliards EGP ont été investis pour installer ou améliorer 160 usines employant 24 000 personnes. Les statistiques du foncier industriel indiquent que 1320 hectares ont été affectés à de petites industries dans 16 villes, et que 160 hectares supplémentaires sont en cours d’affectation. 

L’industrie extractive a contribué pour 17 pour cent du PIB en 2007/08. Le rythme de croissance du secteur s’est maintenu à 4 pour cent, tiré par une augmentation de 8.4 pour cent de l’activité de raffinage. L’Égypte est à la fois exportateur et importateur de produits pétroliers, mais avec un excédent global. En 2007/08, la production totale de condensats de pétrole brut, de gaz en bonbonnes et d’autres gaz a augmenté de 3.4 pour cent pour atteindre 75.8 millions de tonnes. La production de gaz naturel s’est accrue de 4 pour cent pour s’élever à 43 millions de tonnes, et celle de produits pétrochimiques a augmenté de 7 pour cent pour s’élever à 37.2 millions de tonnes. Les investissements dans le secteur pétrolier ont représenté 17.6 pour cent du total des investissements en 2007/08. Toutefois, la consommation de produits pétroliers et de gaz naturel a également augmenté (de 8 pour cent pour un volume de 29.8 millions de tonnes en ce qui concerne le pétrole, et de 6 pour cent pour un volume de 29.7 millions de tonnes de gaz naturel), mais sans modifier le volume des exportations. Néanmoins, grâce à la hausse des cours, les excédents commerciaux de pétrole et de gaz naturel ont augmenté en valeur d’environ 70 pour cent pour un montant de 10.2 milliards USD en 2007/08, contre 6 milliards USD en 2006/07.

Si l’agriculture n’a représenté que 13 pour cent du PIB en 2007/08, la terre joue un rôle important en termes de revenu et d’emploi ruraux ainsi que de revenus d’exportations. Le secteur agricole a représenté environ 27 pour cent du total des emplois en 2006/07, et les exportations agricoles 4 pour cent du total des exportations. La production globale a augmenté de 6.5 pour cent en 2006/07, et les superficies exploitées se sont étendues de 4.8 pour cent. En 2007/08, la production de blé a atteint 8 millions de tonnes, couvrant ainsi 55 à 60 pour cent de la consommation nationale. Le 2 mars 2008, les pouvoirs publics ont augmenté le prix des engrais de près de 90 pour cent
– première étape vers la libéralisation complète des prix. En avril, en réaction à la pénurie mondiale, un embargo de six mois sur les exportations de riz a été décrété afin de diriger l’offre sur le marché national et faire baisser le prix du riz produit dans le pays. La production moyenne de riz est de 4.6 millions de tonnes par an. La consommation locale en absorbe environ 3.2 millions, libérant 1.4 millions de tonnes pour l’exportation. Les autres principales exportations agricoles comptent le coton, les pommes de terre, les agrumes, les plantes médicinales, les arachides, les oignons et les légumes secs ou en conserve.

La part des services dans la formation du PIB a légèrement augmenté, passant de 51.6 pour cent en 2005/06 à 52.4 pour cent en 2007/08. Les recettes du canal de Suez ont augmenté de 22.5 pour cent pour un montant de 5.1 milliards USD ; le nombre des navires en transit, 5 371, a augmenté de 7.6 pour cent, et le tonnage du fret a augmenté de 10.5 pour cent pour s’élever à 226.1 millions de tonnes. Le tourisme a représenté 19.3 pour cent des recettes en devises étrangères et 7 pour cent du PIB. Ce secteur est de plus en plus dynamique, avec un taux de croissance accéléré, passant de 13 pour cent en 2006/07 à 24 pour cent en 2007/08. Le nombre des touristes a augmenté d’environ 25 pour cent pour se monter à 12.3 millions en 2007/08. La moyenne de durée des séjours s’est rallongée également, passant de 9.8 nuitées en 2006/07 à 10.4 nuitées en 2007/08, si bien que le ratio touristes/nuitées s’est amélioré de 32 pour cent. Les investissements dans le secteur du tourisme ont bondi de 47.4 pour cent en 2007/08 pour atteindre 5.6 milliards USD.

La contribution des technologies de l’information et de la communication (TIC) au PIB a été de 3.9 pour cent en 2007/08, avec un taux de croissance de 14.2 pour cent. Les investissements dans les TIC sont passés de 9.6 milliards EGP en 2006/07 à 14.7 milliards en 2007/08, soit une augmentation de 53 pour cent. Pour une population d’environ 82 millions de personnes, le nombre des abonnés au téléphone fixe se montait à 11.3 millions en juin 2008, pour une capacité portée à 13.9 millions de lignes. Le nombre d’abonnés au téléphone mobile s’est élevé à 35.1 millions au cours de l’exercice 2007/08, avec un rythme de croissance de 14 pour cent en 2007/2008. Les usagers de l’Internet sont passés à 9.7 millions, soit une croissance de 39 pour cent. En juin 2008, l’Égypte comptait 1 747 clubs de technologie, tandis que 2 519 sociétés opéraient dans le secteur des TIC, avec un total de 164 900 employés.

Le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) a contribué à hauteur de 4 pour cent du PIB en 2007/08, après un bond de leur croissance de 15.8 pour cent en 2006/07 puis de 14.8 pour cent en 2007/08. Ce boum a provoqué une hausse des prix des matériaux de construction, notamment de l’acier et du ciment. Les autorités ont réagi pour contenir ces prix : en mars 2008, elles ont imposé des taxes à l’exportation de 160 EGP par tonne de fer et de 65 EGP par tonne de produits en acier et de ciment. En mai 2008, elles ont instauré une taxe supplémentaire de 27 EGP par tonne de ciment exporté et exigé des aciéries qu’elles publient un décompte hebdomadaire de leurs tarifs et de leurs ventes. Ces taxes sur les exportations de ciment et d’acier ont été supprimées en octobre 2008.

Le total des investissements est passé de 155 milliards EGP en 2006/07 à près de 200 milliards en 2007/08, soit une croissance de 28.5 pour cent en valeur nominale ; le ratio de l’investissement rapporté au PIB s’est élevé à 22.3 pour cent (20.9 pour cent en 2006/07). L’investissement public a compté pour un tiers dans la formation du capital en 2007/08 et il a augmenté de 12.7 pour cent, reflétant les investissements publics dans les infrastructures, dans les ressources humaines et dans le développement social. L’investissement privé s’est accru de 34.2 pour cent en 2007/08. Le secteur des matières premières a capté la plus large part des investissements engagés (53 pour cent), suivi par la production de services (26 pour cent) et par les services publics et sociaux (21 pour cent). La ventilation des investissements par secteur a été la suivante en 2007/08 : 22 pour cent pour l’industrie manufacturière ; 20 pour cent pour les services sociaux ; 17 pour cent pour le secteur pétrolier ; 13 pour cent pour les transports et l’entreposage ; 11 pour cent pour le tourisme et les communications ; 8 pour cent pour l’eau et l’électricité ; 4 pour cent pour l’agriculture ; 3 pour cent pour les services financiers et le commerce ; et 2 pour cent pour les BTP. Le total des investissements devrait continuer de croître, mais à un rythme moins soutenu qu’en 2007/08 ; la croissance prévue pour 2008/09 est de 10.4 pour cent, puis de 9.4 pour cent en 2009/10.

Tableau 1 - Composantes de la demande

Politiques macro-économiques

Politique budgétaire

En 2007/08, le déficit du budget s’est creusé à 6.8 pour cent du PIB, contre 5.6 pour cent en 2006/07, suite à la hausse internationale des prix des produits alimentaires et pétroliers et aux augmentations conséquentes des subventions et des dépenses sociales pour amortir son impact sur les consommateurs à faible ou moyen revenus. En moyenne, les Égyptiens ont consacré 45 pour cent de leur revenu à leurs besoins alimentaires, voire 60 pour cent pour le quintile des revenus les plus bas. L’Égypte a tenté de limiter ces subventions, notamment celles sur les produits pétroliers.

Les recettes totales (avec dons) ont augmenté de 22.9 pour cent pour atteindre 221.4 milliards EGP en juin 2008, avec une augmentation de 20 pour cent des recettes fiscales (137.2 milliards) et de 27.8 pour cent des recettes non fiscales (82.7 milliards EGP). Les dépenses totales ont augmenté de 27 pour cent pour se monter à 282.3 milliards EGP (soit 31.5 pour cent du PIB). Le coût des subventions publiques a bondi de 56 pour cent pour monter à 84.2 milliards EGP. Les plus fortes subventions sont allées aux produits pétroliers, pour un montant de 72.1 milliards EGP en 2007/08, soit une hausse de 68 pour cent. Les autres dépenses ont également augmenté, toutes catégories confondues : la masse salariale de la fonction publique de 20.5 pour cent (pour un montant de 62.8 milliards EGP), les paiements d’intérêts de 5.9 pour cent (pour un montant de 50.5 milliards EGP) et les investissements publics de 34.1 pour cent (pour un montant de 34.2 milliards EGP).

Le gouvernement a annoncé une augmentation de 30 pour cent du salaire de base1 des fonctionnaires. D’autres mesures compensatoires sont venues grossir le salaire minimum perçu par 3.4 millions de fonctionnaires des collectivités locales2, qui sont parmi les plus mal payés des agents de la fonction publique. Un coup de pouce de 20 pour cent des retraites mensuelles (plafonnées à 100 EGP) a également été décidé. Le système de tickets de rationnement pour la distribution de riz, de sucre et d’huile alimentaire a été élargi à de nouveaux ayants droit. Les critères d’éligibilité ont été élargis au profit de 15 millions de personnes supplémentaires. C’est la première fois que de nouveaux titulaires de cartes de rationnement ont été enregistrés depuis 1988.

Dans un souci de respect de la discipline budgétaire, des dépenses ont été supprimées à compter du 5 mai 2008 : les subventions à l’énergie ont été ré­dui­tes de 7.5 milliards EGP, les taxes sur les cigarettes augmentées, tout comme les redevances sur les véhicules et les sablières, tandis que quelques niches fiscales ont été supprimées. Ces suppressions d’exemptions fiscales portent sur les intérêts des bons du trésor, les bénéfices des établissements scolaires, et ceux des entreprises grandes consommatrices d’énergie des zones franches3 (producteurs d’engrais, de produits chimiques et d’acier ou entreprises de la filière du gaz naturel, de la production à la liquéfaction et au transport).

Pour contrecarrer le ralentissement attendu de l’économie résultant de la récession mondiale, les pouvoirs publics vont amorcer un plan de relance de 15 milliards EGP afin de stimuler la croissance. Les dépenses publiques seront notamment augmentées pour des projets d’infrastructures (notamment la distribution d’eau, l’assainissement et les transports) et des subsides aux exportations.

Le gouvernement reste déterminé à réduire le déficit budgétaire au niveau de 3 pour cent du PIB à la fin de l’exercice 2010/11, mais ce sera chose difficile si le ralentissement de l’économie mondiale se poursuit. Le déficit budgétaire devrait équivaloir à 7.1 pour cent du PIB en 2008/09 et à 7 pour cent en 2009/10. Pour 2008/09, les recettes totales devraient représenter 25 pour cent du PIB, et les dépenses totales 32.1 pour cent. Une nouvelle taxe sur la valeur ajoutée (TVA) applicable en 2008/09 devrait augmenter les recettes publiques de l’équivalent de 2 pour cent du PIB par an. La collecte fiscale devrait, par ailleurs, s’améliorer, si des amendements à l’imposition du revenu direct destinés à encourager le civisme des contribuables sont effectivement introduits. En 2008, le parlement a approuvé des modifications à la taxation immobilière qui devraient doper les recettes publiques.

En 2007/08, la dette intérieure se montait à 537.7 milliards EGP (soit environ 60 pour cent du PIB), contre 493.9 milliards à la fin de l’exercice 2006/07 (66.3 pour cent du PIB). La dette extérieure, calculée en dollars, a atteint 33.9 milliards USD en 2007/08, contre 29.9 milliards USD à la fin de l’exercice précédent. Rapportée au PIB, la dette extérieure n’en représentait plus que 20.1 pour cent en 2007/08 contre 22.8 pour cent en 2006/07.

Tableau 2 - Opérations financiers de l'État

Politique monétaire

L’indice des prix à la consommation s’est monté à 11.7 pour cent en moyenne annuelle en 2007/08 contre 11.2 pour cent lors de l’exercice précédent. Mais, en un an, le taux de l’inflation est passé de 8.6 pour cent en juin 2007 à 20.2 pour cent en juin 2008, avant un pic de 23.6 pour cent en août 2008 qui a reflété l’augmentation des prix des produits de base (notamment des produits énergétiques) et la pression d’une vigoureuse demande domestique.

L’inflation a commencé à décélérer en septembre 2008 (21.5 pour cent) pour retomber à 14.3 pour cent en janvier 2009, quand la récession mondiale a fait chuter les prix des produits de base. La baisse des prix des importations, associée au ralentissement de la croissance, pourrait ramener le taux de l’inflation à 13 pour cent à la fin de l’exercice 2008/09.

La Banque centrale d’Égypte (BCE) a resserré sa politique monétaire en 2007/08. À partir de février 2008, la BCE a relevé son taux au jour le jour et son taux créditeur à six reprises, de 50 points de base à chaque fois, pour les porter, respectivement, à 11.5 pour cent et 13.5 pour cent en septembre 2008. En novembre, la BCE a cessé d’augmenter ses taux, puis, après le recul effectif de l’inflation à 14.3 pour cent en janvier 2009, elle a décidé, en février , d’adopter une politique monétaire moins contraignante et elle a abaissé son taux au jour le jour de 100 points de base, le ramenant à 10.5 pour cent.

Position extérieure

En 2007/08, la balance globale des paiements a enregistré un excédent de 5.4 milliards USD contre 5.3 milliards, l’exercice précédent, grâce à des rentrées nettes de 7.1 milliards USD sur le compte de capital et d’opérations financières et à un excédent de 0.9 milliard sur le compte des opérations courantes. Malgré le creusement du déficit commercial, cet excédent des opérations courantes a été obtenu grâce à la balance excédentaire des services et à des transferts nets sans contrepartie. Le déficit commercial a augmenté de 43.7 pour cent en 2007/08 pour un montant de 23.4 milliards. Les exportations de marchandises se sont accrues de 33 pour cent pour atteindre 29.4 milliards USD, avec une hausse de 43.2 pour cent des exportations pétrolières et de 25 pour cent des exportations non pétrolières (principalement des produits finis et des matières premières). Les importations de marchandises ont augmenté de 37.8 pour cent pour se monter à 52.8 milliards, avec des importations pétrolières qui ont plus que doublé pour atteindre 9.6 milliards US.

L’excédent des échanges de services a atteint 15 milliards USD en 2007/08 contre 11.5 milliards en 2006/07. Les recettes de services ont augmenté d’environ 33 pour cent, avec l’envolée de 32.3 pour cent des revenus touristiques, pour un montant de 10.8 milliards USD, et de 23.6 pour cent des revenus du canal de Suez, pour un montant de 5.2 milliards.

Les transferts nets ont augmenté de 32.2 pour cent en 2007/08 pour atteindre 9.3 milliards USD. Les transferts de fonds privés (notamment les envois des expatriés) ont augmenté de 33.8 pour cent pour s’élever à 8.3 milliards, et les transferts publics de 20 pour cent, pour un montant de 1 milliard USD.

Selon l’édition 2008 du rapport sur l’investissement dans le monde de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced), l’Égypte est le premier bénéficiaire d’IDE en Afrique du Nord et le deuxième de toute l’Afrique. Les rentrées d’IDE ont augmenté pour se porter à 8.5 pour cent du PIB sur les deux derniers exercices, avec un montant de 13.2 milliards USD en 2007/08 (le secteur pétrolier a représenté 31.1 pour cent des IDE, pour un montant de 4.1 milliards USD). Les investissements étrangers de création ont totalisé 6.4 milliards USD (48.5 pour cent des rentrées nettes), les IDE d’acquisitions 2.3 milliards USD (17.4 pour cent) et les IDE dans l’immobilier 0.4 milliard USD (3 pour cent).

À l’avenir, la balance des comptes courants devrait se contracter et être déficitaire en 2009/10 et 2010/11 après le léger excédent de 2007/08, en raison du déclin des exportations dû au ralentissement de l’économie mondiale. Les rentrées d’IDE ne vont sans doute pas empêcher un repli modéré des réserves de change. Et, compte tenu de l’effervescence des marchés financiers, il existe aussi un risque d’augmentation des sorties de capitaux.

Les réserves de change équivalaient à 8.9 mois d’importations en 2006/07 ; elles n’en représentaient plus que 7.9 mois en 2007/08, la facture des importations augmentant plus vite que les réserves. Les réserves nettes de change ont augmenté de plus de 21 pour cent de 2006/07 à 2007/08, passant de 28.6 milliards USD à 34.6 milliards. Mais les importations ont augmenté dans le même temps de 38 pour cent, passant de 38.3 milliards USD à 52.7 milliards.

L’Égypte recourt à un système de changes flottants depuis le 29 janvier 2003. En 2007/08, la livre égyptienne s’est appréciée de 5 pour cent par rapport au dollar américain (5.68 livres pour un dollar en juillet 2007 et 5.35 livres pour un dollar en juin 2008). Mais l’appréciation a été plus large en termes réels, compte tenu de l’inflation relativement forte dans le pays.

La dette publique extérieure a augmenté de 13.4 pour cent pour atteindre 33.9 milliards USD en juin 2008 (soit 20.1 pour cent du PIB) contre 29.9 milliards USD (22.8 pour cent du PIB), un an plus tôt. Les obligations avec une maturité à court terme ne représentent que 7.4 pour cent de la dette extérieure totale. La dette extérieure globale ne représentait que 63.9 pour cent du total de la dette étrangère à la fin du mois de juin 2008.

Tableau 3 - Comptes courants
Figure 3 - Part de l’encours de la dette extérieure dans le PIB et ratio du service de la dette sur les exportations

Questions structurelles

Développement du secteur privé

Les autorités se sont efforcées de réduire les obstacles à la création d’entreprises en allégeant le capital obligatoire de plus de 80 pour cent et en automatisant l’enregistrement fiscal. En outre, le parlement a voté la création de tribunaux du commerce au dernier trimestre de l’exercice 2007/08. Ces tribunaux auront à arbitrer rapidement les contentieux relatifs aux investissements et les contentieux commerciaux. En mai 2008, pour renforcer les prérogatives de l’Autorité égyptienne de supervision des assurances, la loi sur les assurances a été amendée afin d’autoriser les banques à s’impliquer dans la commercialisation des produits des assurances et de demander aux compagnies d’assurance de se spécialiser, soit dans l’assurance vie, soit dans l’assurance dommages.

Au cours des quatre dernières années, l’Égypte a engagé une politique de réforme du secteur bancaire pour encourager les fusions-acquisitions, restructurer les banques du secteur public, s’atteler au problème des prêts improductifs et développer le rôle de régulation et de supervision de la BCE. Des progrès significatifs ont été réalisés en matière de désinvestissement de l’État du capital des banques et dans la consolidation du système bancaire ; le nombre des banques s’est réduit de 57 en 2004 à 33 en 2008. En 2006, le gouvernement a vendu sa part majoritaire dans le capital de la Banque d’Alexandrie, naguère l’une des quatre principales banques appartenant à l’État. En 2007, il a annoncé la vente d’une autre banque publique, la Banque du Caire, mais la mise sur le marché de plus de 67 pour cent de ses parts a été annulée en juin 2008, les soumissions étant trop basses. Début 2009, la crise financière mondiale n’avait eu que des effets limités sur le système bancaire égyptien. La bourse, en revanche, a souffert d’une forte effervescence et, à l’instar d’autres marchés émergents, a chuté lourdement (moins 31.7 pour cent).

Autres développements récents

La croissance égyptienne doit en partie sa vigueur à la libéralisation déterminée de l’économie, avec son lot de privatisations et de coupures de subventions. Plusieurs mesures ont été engagées dans les dernières années afin de réduire les subventions aux produits énergétiques. En septembre 2007, les prix des carburants ont été doublés et portés à 1 000 EGP la tonne, et le prix du gaz naturel consommé par les industries énergivores a été aligné sur les cours internationaux en trois étapes, dont la dernière s’achèvera en 2009 (les entreprises peu gourmandes en énergie bénéficieront de subventions jusqu’en 2013). Les pouvoirs publics ont décidé de maintenir les tarifs de l’énergie (gaz naturel et électricité) facturés à la plupart des industriels au même niveau jusqu’à la fin de l’année 2009. Mais les tarifs des secteurs particulièrement gourmands en énergie (les engrais, le ciment, l’acier, l’aluminium et la céramique) ont déjà été augmentés en juillet 2008 : de 22 pour cent pour les utilisateurs de très haut voltage (soit 0.217 EGP le kWh), de 18 pour cent pour les utilisateurs de haut voltage (soit 0.255 EGP le kWh), et de 13 pour cent pour les utilisateurs de moyen voltage (soit 0.334 EGP le kWh).

Les résultats n’ont guère été probants dans le cas des subventions des produits alimentaires : le quintile inférieur de revenu ne reçoit que 17 pour cent du total de ces subventions, alors que le quintile supérieur en cumule 21 pour cent. Le gouvernement entend mieux cibler les groupes à faible revenu, introduire des mécanismes d’ajustement automatique pour les prix administrés et renforcer les programmes de redistribution pour venir en aide aux groupes les plus vulnérables.

Innovation et nouvelles technologies

L’Égypte dispose pour ses infrastructures de télécommunication de technologies de pointe. Le réseau fixe recourt aux lignes en cuivre, au SDH (Synchronous Digital Hierarchy – hiérarchie numérique synchrone) et au DWDM (Dense Wavelength Division Multiplexing – multiplexage par répartition en longueur d’onde dense), et aux câbles sous-marins. Le réseau mobile recourt au GSM (Global System for Mobile communications – système mondial de communications mobiles), au 3G (troisième génération), au Wi-Fi, au WLL (Wireless Local Loop – boucle locale sans fil) et aux technologies satellitaires. Pour l’Internet, on recourt aux antennes satellitaires (Very Small Aperture Terminal – VSAT), à l’ADSL (Asymmetric Digital Subscriber Line – ligne d’abonné numérique à débit asymétrique), au câble, à la fibre optique et aux transmissions sans fil. Le titulaire du réseau fixe, Telecom Égypte (TE), est tenu de partager ses infrastructures avec les autres opérateurs sur la base d’accords de location et d’interconnexion. Telecom Égypte est propriété d’État à 80 pour cent.

TE comptait 11.3 millions d’abonnés au téléphone fixe en juin 2008. Le nombre des abonnés au mobile s’est envolé de 7 millions en 2005 à 35.1 millions en 2008, pour un taux de pénétration de 47 pour cent. L’initiative « Internet gratuit » et des programmes de connexions à haut débit ont facilité l’accès à Internet, et à un prix plus abordable. Le nombre d’usagers est ainsi passé de 650 000 en 2000 à 11.3 millions en juin 2008, tandis que le taux de pénétration d’Internet passait, dans le même temps, de 1 à 15 pour cent. Le haut débit remplace de plus en plus le modem téléphonique, pour un abonnement de 8 USD par mois dans le cas de l’ADSL. Le nombre d’abonnés à l’ADSL s’élevait à 536290 en juin 2008, pour 3.8 millions d’usagers. La bande passante des liaisons Internet internationales s’est élargie de 107 pour cent en 2008, passant à 24 522 mégaoctets par seconde, fin juin.

Depuis la fin des années 90, le gouvernement a considéré comme une priorité la dérégulation et le développement du secteur des télécommunications. La libéralisation des services de téléphonie mobile en 2006 a permis l’existence de deux opérateurs, et un troisième a été autorisé en 2007. Trois licences de troisième génération (3G) ont été accordées, et des services 3G ont été lancés en 2007, portés par la technologie de haut débit mobile intégré (High-Speed Packet Access – HSPA) qui offre des débits plus rapides que le service ADSL classique. Une loi sur la protection des données et de la vie privée et sur la cybercriminalité est en cours de rédaction.

En 2007, le ministère des Technologies, de la Communication et de l’Information (MTCI) a annoncé la mise aux enchères d’une seconde licence de réseau fixe incluant la fourniture de services vers l’international, mais celle-ci a été différée en raison de la crise financière mondiale. Trois opérateurs se disputent le segment de la téléphonie cellulaire digitale : Vodafone, Mobinil et Etisalat. TE détient 44.95 pour cent de Vodafone Égypte.

Une Autorité nationale de réglementation des télécommunications (ANRT) a été instaurée en 2003 par la loi de régulation des télécommunications. En mars 2005, l’ANRT a créé un « fonds de service universel » doté d’un budget initial de 50 millions EGP. Ce fonds est destiné à indemniser les opérateurs de télécommunications et les fournisseurs d’accès pour « les différences entre le prix basé sur les critères économiques d’un service donné et le tarif que le gouvernement fixe en faveur de l’usager ». Le fonds doit aussi financer la fourniture d’un service universel dans les zones mal desservies. L’ANRT veut porter à 20 pour cent le taux moyen de pénétration du réseau de la téléphonie fixe (15.1 pour cent actuellement) dans l’ensemble des 29 gouvernorats.

La politique des technologies de l’information et de la communication (TIC) prévoit aussi de porter à 1.5 million le nombre de foyers disposant d’une connexion Internet à haut débit et de porter le taux de pénétration de la téléphonie mobile à 70 pour cent avant la fin de l’année 2011. Elle cherche à mobiliser vers le secteur des TIC, chaque année, 1 milliard USD d’investissements et à augmenter, chaque année, de 15 pour cent le nombre des entreprises du secteur.

Le MTCI entend poursuivre la modernisation technologique en matière de connectivité des réseaux régionaux et internationaux, de bandes passantes, de convergence des médias et de sécurité numérique, en agrandissant le « Smart Village » du Caire et en créant d’autres parcs technologiques sur ce modèle à Damiette et à Maadi.

L’opération « Nation en ligne – PC 2010 » équipe les familles et les établissements scolaires en ordinateurs bon marché et payables par des mensualités démarrant à 7 USD. Le principal objectif est de porter à 25 pour cent la proportion de foyers disposant d’un ordinateur. Les autorités encouragent aussi la création de clubs des technologies de l’information en partenariat avec les ONG (organisations non gouvernementales) locales pour la formation aux TIC, et la création de points d’accès dans les zones reculées, à l’intention des femmes notamment. Fin juin 2008, il existait 1 747 clubs de ce genre dans tout le pays.

L’index mondial des services Kearney 2007 classe l’Égypte à la 13e place sur 40 pays en termes de fourniture de services extraterritoriaux (offshore). En 2008, l’Égypte a remporté le prix du site extraterritorial de l’année décerné par l’Association nationale britannique de l’externalisation. En 2008, une enquête du cabinet de conseil en services mondiaux Tholons a classé Le Caire parmi les 50 premiers sites émergents d’externalisation au monde.

En juillet 2008, les frais d’installation d’une nouvelle ligne filaire ont été réduits de 50 pour cent pour les particuliers et les usagers commerciaux. Les tarifs des appels entre téléphones fixes et mobiles ont été réduits de 33 pour cent. Les tarifs interrégionaux par le réseau fixe en heure de pointe (comme celui des appels longue distance entre gouvernorats) ont baissé de 20 pour cent. Les tarifs du téléphone filaire sont fixés par Telecom Égypte, mais il se rapprochent peu à peu du prix de revient, en raison de la concurrence des opérateurs du mobile. Les tarifs du téléphone mobile sont fixés par les opérateurs et soumis à l’agrément de l’ANRT.

En 2007, le MTCI a totalement honoré ses engagements auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en supprimant les tarifs douaniers sur les produits des TIC, avec pour résultat de réduire de près de 30 pour cent par rapport à 2004 les coûts des investissements nécessaires au déploiement de nouvelles infrastructures sans fil.

De nombreuses applications des TIC ont été introduites dans le système éducatif, le système de santé et divers services de l’administration.

L’Égypte développe une initiative en faveur de l’éducation dans quatre directions : l’enseignement pré-universitaire, l’éducation supérieure, la formation tout au long de la carrière et le développement de l’industrie des TIC. Son objectif principal est de connecter en haut débit toutes les écoles préparatoires à l’horizon 2012 et de former les enseignants à intégrer les TIC dans leurs programmes. L’initiative a prêté son concours à 2 000 écoles, notamment celles du réseau des « écoles Smart », et modernisé le réseau universitaire, en équipant en haut débit nombre de ces établissements. Les programmes de formation ont concerné plus de 80 000 enseignants de tous niveaux. Un programme de lutte contre l’illettrisme a été introduit pour enseigner au moyen des TIC et de l’informatique les bases de l’arabe et les mathématiques élémentaires. L’Institut national des télécommunications, l’Institut des technologies de l’information et le Centre de formation par Internet développent des programmes spécialisés de formation aux TIC. Le MTCI s’est fait l’avocat de la création de l’Université du Nil, institution de recherche et développement (R&D) à but non lucratif qui propose des formations de management général à l’intention des cadres exécutifs moyens et supérieurs. L’Alliance égyptienne de l’information, des télécommunications, de l’électronique et des logiciels se préoccupe de la collaboration entre l’université et les entreprises du secteur des TIC, en aidant les jeunes talents à acquérir pratiques et compétences par des programmes éducatifs. Le Fonds en fidéicommis des TIC, institué par un partenariat entre le MTCI et le Pnud, veut faire prendre conscience du potentiel des TIC pour le développement, en aidant à les rendre plus accessibles aux citoyens. Les initiatives de ce fonds comptent le Club itinérant de technologie de l’information et le portail du site de développement « Kenana » ; le fonds soutient également la lutte contre l’illettrisme au moyen des TIC.

Les autorités ont lancé sur Internet une série de programmes de santé destinés aux zones mal desservies, tels le réseau de télémédecine et le programme de santé informatisé, et elles ont créé des centres d’appels médicaux d’urgence.

Le MTCI prépare une autre opération, dite « contenu arabe en ligne » et qui prendra, dans une première phase, la forme d’un portail proposant en ligne 2 000 livres et 300 logiciels ; ce portail est impliqué dans plusieurs autres projets comme le site d’information en arabe Egynews.net, édité en association avec l’Union égyptienne de radio-télévision (ERTU, l’association professionnelle des diffuseurs nationaux). Le Centre égyptien de documentation pour le patrimoine culturel et naturel fournit ses données en utilisant des technologies du dernier cri.

Dans le domaine de l’administration en ligne, de nombreux projets sont en préparation pour numériser toutes les cartes du pays, dans le but de simplifier les procédures d’enregistrement cadastral. Le MTCI va faciliter la coopération entre les agences publiques de transports et de commerce (aviation, transports terrestres, services financiers et services de financement), la régie des douanes, la poste égyptienne, les opérateurs privés et d’autres parties prenantes afin de créer la première zone postale dérégulée de la région.

Des centres d’excellence en recherche et développement (R&D) virtuels ont également vu le jour. Une pépinière d’entreprises a été installée dans le village des technologies Smart, pour servir d’interface entre les jeunes entreprises locales, les multinationales et les associations d’expatriés égyptiens. Des centres de recherche spécialisés dans des niches cruciales, comme le secteur minier ou les technologies sans fil, ont été créés, tandis qu’une société à capitaux privés encourage les transferts de connaissances et de technologies des universités et centres de recherche vers les entreprises. Il existe également des programmes visant à développer l’usage des TIC dans les petites et moyennes entreprises.

Contexte politique

Le président Hosni Moubarak, qui exerce son cinquième mandat consécutif, est le chef du Parti national démocratique (PND), majoritaire au parlement. Le PND demeure le parti le plus influent, face à des partis d’opposition faibles. Aucune réforme politique essentielle n’a été engagée en 2008. En 2007, en revanche, le parlement avait approuvé 34 amende­ments à la constitution, dont certains ont mis en œuvre une nouvelle procédure permettant aux partis de l’opposition de désigner des candidats à la présidence. Ces candidats devront recueillir 250 signatures de soutien auprès d’élus parlementaires ou municipaux. Mais la révision constitutionnelle ne limite pas le nombre de mandats que peut exercer un président, et elle a interdit la création de partis politiques sur la base de préceptes religieux. Le prochain scrutin présidentiel est prévu en 2011.

Contexte social et développement des ressources humaines

L’Égypte a déjà accompli les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) préconisant la réduction de moitié de la population en situation d’extrême pauvreté, à l’horizon 2015, mais les disparités régionales demeurent un problème majeur. Le pourcentage global de la population vivant sous le seuil national de pauvreté a augmenté, passant de 16.7 pour cent en 2000 à 19.6 pour cent en 2005. Les plus fortes concentrations de pauvres se rencontrent dans les régions rurales (39.1 pour cent) et dans les zones urbaines (18.6 pour cent) de la Haute-Égypte, et les plus faibles dans la zone métropolitaine de la Basse-Égypte (5.7 pour cent). Les 100 villages les plus pauvres sont tous situés en Haute-Égypte. Selon l’enquête 2004-05 sur la consommation et les dépenses des ménages, 3.4 pour cent des Égyptiens vivaient avec moins de un dollar par jour en 2005, alors qu’ils étaient encore 8.2 pour cent en 1990. Mais, si l’on prend comme critère de la pauvreté un revenu de moins de deux dollars par jour, la pauvreté a en réalité augmenté, passant de 39.4 pour cent en 1990 à 42.8 pour cent en 2005.

Un plan à cinq ans (2007-12) prévoit de réduire de 15 pour cent la pauvreté à l’horizon 2012 et à réduire les disparités entre la Haute et la Basse-Égypte comme entre les zones rurales et urbaines. Une « carte de la pauvreté » a été récemment dressée pour localiser les zones et les groupes les plus vulnérables. Sur la base de cette carte, les autorités ont adopté deux programmes pour orienter les ressources vers les villages et les communautés les plus nécessiteuses : le programme dit de ciblage géographique et le programme d’aide aux familles les plus vulnérables. La croissance enregistrée en 2007/08 n’a eu que peu de retombées positives pour les pauvres, en raison de l’envolée des prix des produits alimentaires et de l’énergie.

Le taux brut de scolarisation dans l’enseignement primaire est passé de 91 pour cent en 2000/01 à 94 pour cent en 2005/06. Le taux d’alphabétisation des 15-24 ans a augmenté de 73 pour cent en 1996 à 87 pour cent en 2005. Le plan éducatif 2007-12 vise à améliorer le taux de scolarisation, à augmenter le nombre des écoles, à réduire le nombre d’élèves par classe et à développer l’aide à la prime enfance.

L’Égypte est parvenue à éliminer la disparité des sexes au niveau de l’enseignement secondaire et elle est sur le point d’y parvenir à l’école primaire. Mais cet OMD ne sera peut-être pas réalisé dans l’enseignement technique. La participation des femmes au monde du travail, hors le secteur agricole, est assez faible (17.7 pour cent en 2005). Les femmes sont également sous-représentées dans l’arène politique : il n’y avait en 2008 que 1.8 pour cent de députées au sein de l’Assemblée du peuple, et 7 pour cent au conseil de la Choura. En dépit de l’inscription d’objectifs de parité des sexes dans l’actuel plan de développement socio-économique (et cela, pour la première fois), ou de la mise en place en 2005 d’un Conseil national des femmes, il reste à l’évidence à promouvoir une plus grande participation des femmes dans l’économie formelle et dans le monde politique.

La mortalité natale et la mortalité infantile ont été réduites de près de 50 pour cent entre 1990 et 2006, et la vaccination contre la rougeole a notoirement progressé. Toutefois, les disparités de la mortalité natale et infantile selon les régions, les classes sociales et le sexe représentent toujours un problème majeur. La mortalité maternelle s’est réduite à 84 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2000 contre 174 décès en 1992. L’OMD correspondant a donc déjà été réalisé.

La prévalence au VIH/Sida est faible en Égypte, concernant moins de 1 pour cent de la population en 2007. Le pays est parvenu à contrôler le paludisme, et la tuberculose comme la schistosomiase régressent. L’hépatite B et l’hépatite C, cependant, demeurent des menaces mortelles. Elles sont la cause de sévères lésions hépatiques, de carcinomatose hépatique et de mortalité. Le ministère de la Santé et de la Population prépare une réforme du système d’assurance santé dans le cadre global d’un plan national de réforme du système de santé, avec pour objectif d’assurer une couverture universelle à l’horizon 2012. À ce jour, 52 pour cent seulement de la population sont couverts par une assurance maladie via la caisse nationale d’assurance maladie.

En 2006/08 et 2007/08, la population au travail a augmenté de 3.1 pour cent à 22 millions de personnes, rythme de croissance plus rapide que celui de l’augmentation de la population active (2.3 pour cent). Le taux du chômage a décliné en conséquence, passant de 9.5 pour cent en 2005/06 à 8.4 pour cent en 2007/08. Le chômage affecte davantage les femmes et les nouveaux venus sur le marché du travail. L’incapacité du système éducatif à dispenser les qualifications requises par le marché du travail demeure un problème majeur.

Statistiques pays


Statistic 20082007
Indicateurs de base   
Taux de croissance du PIB en volume (%) 7.27.1
Produit intérieur brut (USD million, prix courants) 166,019132,077
PIB par habitant ( USD courants) 2,1611,749
PIB par habitant (PPP) 5,914
Composition de la demande   
Consommation finale totale (% du PIB) 85.883.8
Consommation privée (% du PIB) 74.772.9
Consommation publique (% du PIB) 11.110.9
Formation brute de capital total (% du PIB) 22.322.3
Formation brute de capital privée (% du PIB) 15.115.0
Formation brute de capital publique (% du PIB) 7.27.3
Balance commerciale (% du PIB) -16.2-14.1
Exportations (f.o.b) 13.817.7
Importations (f.o.b) 30.031.8
Opérations financiers de l'État   
Recettes totals avec dons (% du PIB) 25.024.7
Recettes fiscales (% du PIB) 14.714.8
Dons (% du PIB) 0.50.2
Dépenses totales et prêts nets (% du PIB) 32.131.5
Dépenses totales et prêts nets (USD million) 5,335,2074,158,843
Dépenses courantes (% du PIB) 28.027.2
Salaires (% du PIB) 7.27.0
Intérêts des dettes publiques (% du PIB) 5.25.6
PIB par habitant ( USD courants) 2,1611,749
Dépenses en capital (% dépenses totales et prêts nets) 0.10.1
Solde primaire (% du PIB) -2.0-1.2
Solde global (% du PIB) -7.1-6.8
PIB monnaie locale (monnaie locale) 896,500744,800
Solde fiscal (% du PIB) -6.8-5.6
Solde fiscal (USD) -1,127,519-741,479
Indicateurs monétaires   
Inflation (%) 11.711.2
Taux de change (monnaie locale/USD) 5.45.6
Masse monétaire (milliards monnaie local) -
Masse monétaire (% du PIB) -
Réserves de change, or exclu. En fin d'année (USD million) 32,907
Réserves (Eq. mois d'importation) 7.4
Balance courante (USD million) 8892,269
Balance courante (% du PIB) 0.51.7
Indice de diversification 17.2
IDE entrées 11,578
IDE sorties 665
Flux d'aide   
APD nette totale, tous donneurs confondus (USD million) 1,083
APD nette totale, pays CAD (USD million) 787
APD nette totale, multilateral (USD million) 214
Indicateurs de la dette extérieure   
Dette extérieure totale (USD million) 30,906
Dette extérieure totale (% du PIB) 17.523.4
Service de la dette (en % des exportations de biens et services) 5.66.6
Remises des travailleurs (USD million) 5,865

Carte du pays

Grande carte de pays

Statistiques pays

Produit intérieur brut (USD million, prix courants): 166,019
PIB par habitant ( USD courants): 2,161
Balance commerciale (% du PIB): -16.2
Inflation (%): 11.7
Réserves (Eq. mois d'importation): 7.4

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