Vue d'ensemble

Djibouti a connu en 2009 un ralentissement de sa croissance : elle reste toutefois soutenue avec un taux de 4.8 %. Ce ralentissement est principalement dû à la baisse des investissements privés, de nombreux investissements directs étrangers (IDE) ayant été reportés.

Toutefois, contrairement à celle des autres pays de la région, l’économie djiboutienne semble résister en raison notamment de la réalisation de projets d’investissement importants et de la réduction des prix des biens alimentaires et des carburants en 2009.

Le taux de croissance devrait encore baisser en 2010, à un niveau de 3.9 %, mais une reprise est attendue pour 2011 avec une croissance réelle qui serait de 5.7 %. La brusque chute des investissements devrait se poursuivre en 2010 : elle est liée à l’incertitude quant à la date et à l’ampleur de la reprise mondiale, le niveau élevé des capacités excédentaires des entreprises et la détérioration de leurs résultats.

Le pays a toujours maîtrisé le niveau de l’inflation. Mais comme dans d’autres pays importateurs de biens alimentaires et carburants, l’inflation a atteint un niveau record de 12 % en 2008. L’année 2009 a été marquée par une baisse substantielle de l’inflation qui s’est établie à 1.7 %. L’inflation devrait être modérée en 2010 et 2011, respectivement 3.8 et 1.9 %.

La dette extérieure a augmenté, atteignant 60.5 % du produit intérieur brut (PIB), sous l’effet du ralentissement de la croissance du pays et de la baisse de l’aide internationale, et ce malgré le contrôle des dépenses gouvernementales exercé en 2009.

Djibouti a réduit en 2009 son déficit de la balance des comptes courants à un niveau de 18.2 % du PIB contre 39 % en 2008. Cette baisse est le résultat du recul des prix mondiaux des produits importés par le pays, notamment les produits de l’alimentation et les boissons ainsi que les hydrocarbures et dérivés : ils ont représenté respectivement 32.4 et 33.3 % de la valeur totale des importations.

La baisse de la valeur des importations a atteint 27.2 % en 2009. La réduction du déficit de la balance des comptes courants devrait se poursuivre en 2010 et 2011 du fait de la maîtrise des importations ainsi que de la hausse des exportations des services.

L’ouverture du secteur bancaire à plus de concurrence a permis d’améliorer l’accès aux services financiers à travers une politique de bancarisation de la population, de facilitation de l’octroi de crédits et d’amélioration des services à la clientèle privée (services de banques islamiques, microcrédits, crédit pour consommation, etc.).

Djibouti a choisi une politique de développement économique de long terme ancrée sur l’ouverture de son marché à l’investissement et au commerce international. Cette politique se concrétise par la décision de prendre part à l’union douanière du Marché commun d’Afrique orientale et australe (Comesa).

L’adhésion au Comesa ne devrait intervenir qu’après une période transitoire de réformes profondes de la fiscalité directe et indirecte, pour éviter la superposition des droits et taxes en vigueur (TIC, TVA, TEC et surtaxes sur certains produits).

Dans le but de compenser les éventuelles pertes de recettes fiscales, des réformes sont envisagées à court et moyen terme afin de tenir compte de cette contrainte de long terme. Ainsi, au début 2009, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) est entrée en vigueur à Djibouti. En dépit de ces efforts, une réforme du système fiscal et des pratiques administratives (informatisation, e-Gouvernement, etc) est nécessaire pour améliorer la collecte des impôts et taxes : le système actuel est basé sur le principe déclaratif avec une absence quasi-totale de contrôle.

Le pays a entamé le programme de réduction de la pauvreté urbaine à Djibouti (Prepud) en 2009 dont les objectifs sont l’amélioration de l’accès aux infrastructures sociales et économiques de base et la promotion des opportunités de développement communautaire. Les principales composantes du Prepud sont : i) les infrastructures et équipements ; ii) le développement communautaire ; et iii) l’assistance technique et gestion du projet.

Figure 1 : Taux de croissance du PIB réel et PIB par habitant (USD en PPA à prix courants)

Tableau 1 : Indicateurs macro-économiques

 2008200920102011
Taux de croissance du PIB5.84.83.95.7
Inflation IPC12.01.73.81.9
Balance budgétaire % PIB1.3-1.8-0.1-1.7
Balance courante % PIB-39.0-18.2-8.4-7.8

Développements économiques récents et perspectives

Figure 2 : Ventilation sectorielle du PIB, 2008 (en pourcentage)

L'économie de Djibouti dépend largement de sa proximité avec le grand marché éthiopien et de la présence de contingents militaires étrangers. Ses principales activités économiques sont commerciales, avec le port de Djibouti, l'aéroport, le transport de marchandises entre Addis-Abeba (la capitale de l’Éthiopie) et Djibouti et aussi les transactions bancaires.

Djibouti a bien résisté à la crise financière mondiale malgré sa forte dépendance à l’évolution économique de ses partenaires régionaux. En effet, le pays a maintenu une croissance nettement positive, de 4.8 %, en faible baisse par rapport au taux de 5.8 % de 2008.

La croissance devrait encore légèrement baisser en 2010, avec un taux prévu de 3.9 %, mais une reprise est attendue en 2011, avec un taux de 5.7 %, à la suite de la relance des investissements privés et des exportations. Le revenu par tête est passé de 1 156 dollars US (USD) en 2008 à 1 205 USD en 2009, pour une population estimée à 874 000 habitants.

Le secteur primaire, qui ne représente que 3.9 % de la valeur ajoutée du pays, a connu une croissance soutenue de 7.4 % en 2009, toutefois en deçà des deux années précédentes (autour de 20 % de croissance).

Les conditions climatiques ont été moins favorables en 2009. Les zones rurales ont connu une sécheresse d’une gravité exceptionnelle avec des pertes de cheptel allant dans certaines localités jusqu’à 80 % des effectifs. Les éleveurs n’ont pas pu reconstituer leur cheptel dont ils tirent l’essentiel de leurs moyens de subsistance.

Cette situation risque d’accélérer la détérioration des pâturages, la baisse des nappes phréatiques et du niveau d’eau dans les retenues de surface et d’accentuer ainsi l’insécurité alimentaire des ménages ruraux. Par ailleurs, bien que les exportations de bétail aient augmenté de 500 % depuis l'ouverture d'un centre d'exportation de bétail en 2007, les exportations de bétail du port de Djibouti sont en déclin à la suite de la décision de l’Arabie saoudite de lever l’embargo sur le bétail somalien.

Avec une façade maritime longue de 372 km, la République de Djibouti dispose de ressources halieutiques estimées à près de 50 000 tonnes par an. Pourtant, en dépit d’un potentiel de développement considérable, le secteur de la pêche constitue le maillon faible du secteur primaire du pays.

Dans le secteur secondaire, les deux principales entreprises sont la Société d’électricité de Djibouti et l’Office national de l’eau et de l’assainissement.

La production nationale d’électricité permet de couvrir la demande. L’énergie produite est en hausse de 3.6 % entre 2008 et 2009, en raison notamment de la baisse des prix de 1.7 % sur une base annuelle. La production a été générée par les groupes électrogènes de la centrale de Boulaos. La situation de la production de l’eau reste difficile dans un contexte de rareté face à une demande en hausse de 3.8 % en 2009. Au vu des conditions climatiques plutôt rudes en 2009, la production de l’eau, entièrement prélevée de forages, a baissé de 2.5 %.

Le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) a connu une croissance positive, néanmoins moindre que celle enregistrée en 2008 qui avait atteint près de 10 %. En raison de son poids dans l’économie, le BTP a fortement pesé sur la croissance du secteur secondaire qui a été de 8.5 % en 2009. Ce taux de croissance est bien inférieur à celui que le pays a connu en 2008 (28.7 %), il était alors soutenu par l’achèvement de quelques projets majeurs.

Les principaux travaux dans ce secteur sont la réhabilitation du couloir Sud (Artya-Guélilé), l’extension de la centrale de Boulaos, la construction de la route Tadjourah-Obock et la construction de l’hôpital de Balbala.

Le secteur tertiaire détermine grandement l’évolution économique du pays avec une part dans la valeur ajoutée totale de 76.2 %. Il a connu une croissance de 8.5 % en 2009 contre 28.7 % en 2008.

Concernant le secteur du transport maritime, un fort rebond a été enregistré en 2009 malgré le recul des importations destinées au marché local. Le volume d’importations en marchandises sèches s’élève à 3 618 201 tonnes au troisième trimestre 2009, soit une hausse de 139.4 % en glissement annuel.

Les importations destinées au marché djiboutien s’établissent à 121 106 tonnes au troisième trimestre 2009 avec une baisse de 63.4 % par rapport à la même période de l’année précédente. Quant à celles prévues pour le marché éthiopien, elles ont atteint 3 477 388 tonnes et enregistré ainsi un taux de croissance positif de 226.7 % par rapport à l’année 2008.

L’activité de transbordement se marginalise de plus en plus dans le nouveau port de Doraleh : elle s’oriente plutôt vers les ports du Yémen. Les importations d’hydrocarbures ont atteint 595 350 tonnes au troisième trimestre, en baisse de 8.1 % sur un an, dont 42 % sont destinées à Djibouti. Les importations éthiopiennes en hydrocarbures ont enregistré une baisse de 25.3 %.

Finalement, les exportations en marchandises sèches se situent à 211 690 tonnes au troisième trimestre 2009 : elles enregistrent une baisse annuelle de 36.8 % tandis que les exportations éthiopiennes souffrent d’une baisse de 24.8 % sur une année.

Lié au transport maritime, le transport routier est marqué par une accélération de l’activité. Par rapport au troisième trimestre de 2009, le taux de croissance est de 27.8 % en glissement annuel. Cette évolution résulte de la reprise de l’économie éthiopienne. Pour le domaine des télécommunications, c’est à travers le service Internet que ce secteur a progressé en 2009 avec une hausse du nombre d’abonnés au troisième trimestre due à une promotion exceptionnelle d’une connexion ADSL à haut débit accompagnée d’un téléphone fixe à l’occasion du dixième anniversaire de Djibouti Telecom.

L’activité touristique a connu une forte hausse, de 35.5 % entre le troisième trimestre 2008 et le troisième trimestre 2009, avec un taux de remplissage des hôtels de 47 %.

Du coté de la demande, et avec une part importante de plus de 40 % du PIB, les investissements continuent à jouer un rôle moteur dans la croissance du pays. Le recul enregistré par rapport à l’année 2008 (-14.7 %) des investissements privés a toutefois négativement contribué à la croissance en 2009.

Les flux d’IDE sont passés de 234 millions EUR en 2008 à seulement 189 millions EUR en 2009. Cette tendance devrait se renverser sensiblement pour l’année 2010 si les difficultés rencontrées par les principaux bailleurs s’estompent (les entrepreneurs émiratis, notamment le groupe Nakheel).

Ce ralentissement s’est fait ressentir avec la réduction du nombre de créations d’activités et par une baisse significative du nombre d’entrepreneurs dans le secteur du BTP : leur effectif passant de 38 à 23 et ce seulement entre le deuxième et le troisième trimestre 2009.

 Une reprise des investissements est attendue pour 2010 avec la relance de l’économie mondiale et la reprise dans les pays du Golfe. En outre, dans le cadre des opérations de lutte contre la piraterie, le Japon a déployé une force inter-armées de 650 militaires à Djibouti et dans le golfe d’Aden : un détachement terrestre de 150 militaires prépare la construction d’une base dès 2010.

La consommation a augmenté en terme réel à la suite de la baisse des prix des principaux postes de dépenses des ménages puisque les habitudes de consommation sont sensiblement les mêmes. Ainsi les prix du pain et des céréales ont baissé de 3.6 % par rapport à 2008, ceux des légumes ont reculé de 17.3 % et les prix du logement, eau, électricité, gaz et autres combustibles ont diminué de 5.5 %.

La valeur des produits importés a baissé de 27.2 % pour un volume en hausse de 28.2 % en glissement annuel, en raison du repli des cours mondiaux des principales matières premières y compris le pétrole depuis la fin de 2008. Grâce à la bonne performance des exportations pour la même année avec une augmentation de 24.4 % en valeur, le commerce extérieur a contribué positivement à la croissance du PIB de 2009.

Tableau 2 : Composantes de la demande

 20012008200920102011
Formation brute de capital7.846.7-4.2-3.42.7
Formation brute de capital - Publique2.513.80.5-0.30.1
Formation brute de capital - Privée5.432.9-4.7-3.02.6
Consommation finale100.698.75.14.38.8
Consommation finale - Publique26.722.11.60.43.7
Consommation finale - Privée73.976.63.53.95.1
Solde extérieur-8.4-45.43.92.9-5.8
Secteur externe - Exportations37.039.70.61.7-0.2
Secteur externe - Importations-45.4-85.13.31.2-5.6
Taux de croissance du PIB, en volume--4.83.95.7

Politiques macro-économiques

Djibouti continue sa collaboration avec le Fonds monétaire international (FMI). La première revue de l'accord triennal au titre de la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) en faveur de Djibouti a été achevée en juin 2009. Un décaissement de 2.3 millions EUR a été réalisé : cela porte le total du montant décaissé au titre du programme à 8.2 millions EUR.

 

Politique budgétaire

Djibouti présente un faible déficit budgétaire qui atteint 1.8 % du PIB (incluant les arriérés de la dette domestique) en 2009. L’aide étrangère a décliné de 22 838 millions FDJ à seulement 10 635 millions FDJ entre 2008 et 2009.

 Ainsi, l’appui budgétaire, qui représentait 13.1 % du PIB en 2008, n’en représente plus en 2009  que 5.5 %. Le chiffre élevé de 2008 s’explique par le soutien exceptionnel de la communauté internationale pour aider le pays à éviter une crise alimentaire aiguë à la suite de la hausse spectaculaire des prix mondiaux des biens alimentaires en 2008.

Les recettes fiscales rapportées au PIB ont légèrement augmenté, passant de 22.7 % en 2008 à 23.1 % en 2009. De même, leur part dans les recettes totales est passée de 47.9 % en 2008 à  54.1 % en 2009.

Pour compenser la baisse de l’aide budgétaire internationale, le gouvernement a réduit la part de ses dépenses de 40.6 % à 37.3 % du PIB entre 2008 et 2009. Les dépenses en salaires sont restées presque inchangées (12.7 %). Mais la part des dépenses militaires a été réduite de près de deux tiers, s’établissant à 0.8 % du PIB.

Le déficit budgétaire devrait encore s’améliorer en 2010 (0.1 %) grâce à une réduction supplémentaire des dépenses et à une hausse prévue de l’aide internationale à 7.3 % du PIB.

Dans le cadre du programme d’investissement public de 2009, les tirages effectués par les projets en vigueur ont été de l’ordre de 25 637 millions FDJ (13.7 % du PIB) dont 78 %  financés de l’extérieur, soit une stagnation par rapport à l’année précédente due au non décaissement des tirages pour certains projets routiers et équipements publics.

Le secteur eau et énergie enregistre une hausse significative de 843 % des décaissements en glissement annuel, uniquement à travers  le projet d’interconnexion électrique avec l’Éthiopie. La totalité des paiements est de 2 385 millions FDJ en 2009 sous forme de dons de la Banque africaine de développement (BafD).

Les projets dans le domaine de l’éducation enregistrent 931 millions FDJ de décaissements en 2009. Pour le compte du secteur urbanisme et logements, le projet d’assainissement du quartier 4 vient d’enregistrer à lui seul un décaissement de 856 millions FDJ sur une totalité de 1 885 millions FDJ.

Le projet de construction de mille logements Phase II (Fades et Abu Dhabi) a mobilisé auprès de ses deux partenaires respectivement 353 millions FDJ et 307 millions FDJ. S’agissant du secteur de la santé, c’est la construction du nouvel hôpital de Balbala qui a bénéficié de la majorité des décaissements en 2009 (649 millions FDJ).

 Ainsi, afin d’améliorer les performances du système de santé, la part du ministère de la Santé dans le budget total de l’État est passée de 8.4 % en 2002 à 15.5 % en 2009.

Pour 2009, le gouvernement a gelé le nombre des employés dans le secteur public. Ainsi,  les postes budgétaires vacants à la suite du départ à la retraite des agents de l'État, à un licenciement, à un décès ou un abandon de poste n’ont pas bénéficié de remplacements numériques à l'exception des secteurs sociaux (dont éducation, santé et agriculture).

Djibouti a réussi à stabiliser la position de sa dette extérieure durant l’année 2007. Puis le pays a amélioré la situation en 2008 avec des taux respectifs de 63.6 % et 59.2 % du PIB. En 2009, Djibouti a vécu un accroissement brusque de sa dette extérieure qui est de l’ordre de 60.5 % du PIB. Ceci est principalement dû au ralentissement de la croissance du pays et à la baisse de l’aide internationale, et ce malgré le contrôle des dépenses gouvernementales. La hausse du stock de la dette extérieure est de 9.4 % en 2008 et 12.5 % en 2009. Compte tenu de la reprise économique prévue dès 2011, le ratio de la dette extérieure devrait à nouveau diminuer.

Tableau 3: Opérations financières de l'État (en pourcentage du PIB)

 2001200620072008200920102011
Recettes totales (avec dons)28.034.935.241.934.736.735.5
Recettes fiscales23.123.122.922.723.123.223.2
Dons4.93.95.013.15.57.36.2
Dépenses totales (et prêts nets) (a)29.437.437.740.636.536.737.2
Dépenses courantes27.029.926.626.824.125.126.0
Sans les intérêts26.729.426.226.423.724.525.5
Salaires15.614.613.812.713.213.914.1
Biens et services4.69.07.09.46.97.07.6
Intérêts0.30.40.40.30.50.50.5
Dépenses en Capital2.57.511.213.812.411.611.1
Solde primaire-1.1-2.0-2.21.6-1.30.5-1.2
Solde global-1.4-2.5-2.61.3-1.8-0.1-1.7

Politique monétaire

Les indicateurs d’inflation se sont révélés stables pour les derniers mois de 2009. Les attentes à court terme restent à des niveaux très bas à la lumière des fluctuations antérieures des cours de l’énergie et de l’alimentation. Vers la fin du quatrième trimestre 2009, les prix ont enregistré une nette baisse qui a contribué à réduire le niveau de l’inflation, atteignant seulement 1.7 % contre 12 % en 2008. L’inflation devrait se stabiliser en 2010 et 2011 à des niveaux raisonnables de 3.8 et 1.9 % respectivement.

Malgré le niveau toujours élevé des prix des matières premières ainsi que ceux des biens alimentaires, principalement importés, plusieurs facteurs ont contribué à la maîtrise de l’inflation dans le pays. La stabilité monétaire, la baisse des taxes sur les produits alimentaires et la campagne de sensibilisation qui a visé les commerçants de gros et de détail afin de maîtriser leurs marges ont joué un rôle primordial pour minimiser la transmission de la hausse des cours mondiaux vers les prix locaux.

En outre, le pays s’est prémuni contre les pénuries et les fluctuations de ces biens à travers la mise en place de stocks stratégiques de biens alimentaires et de produits pétroliers. La situation en Éthiopie, principal pays exportateur de fruits et légumes pour Djibouti, est venue amoindrir la hausse des prix locaux à travers la dépréciation de la valeur du birr sur le marché de change. Enfin, le pays s’est orienté vers des partenaires qui utilisent le dollar plutôt que l’euro, notamment les pays d’Asie, du Golfe, la Chine ainsi que les pays d’Amérique latine tels que le Brésil (par exemple pour farine et le lait).

La mission principale de la Banque Centrale du Djibouti consiste à surveiller l’évolution de la masse monétaire, des conditions de distribution du crédit et le maintien de la parité fixe du Franc-Djibouti avec le Dollar US ainsi que sa libre convertibilité vis à vis des autres monnaies. Le principal outil d’intervention de la Banque Centrale est bien évidemment l’offre monétaire. Celle-ci a enregistré en 2009 une progression de 16.9 % par rapport à 2008 en s’élevant à 172 111 millions FDJ à la fin décembre.

 Les avoirs extérieurs nets, qui s’établissent à 135 563 millions FDJ, ont connu en glissement annuel une hausse de 19.3 % par rapport à 2008. En outre, le système monétaire djiboutien a observé une augmentation des crédits intérieurs de 23.2 % en décembre 2009 : elle est due à une progression des créances sur les entreprises publiques (72.8 %) et des crédits au secteur privé (26.6 %).

Le total du bilan des banques commerciales de la place s’est chiffré à 183 914 millions FDJ en décembre 2009, contre 152 408 millions FDJ au même mois de 2008. En glissement annuel, la situation intégrée des établissements de crédit s’est renforcée de près de 20.7 %.

Les dépôts collectés par les banques commerciales se sont chiffrés à 158 951 millions FDJ en décembre 2009, soit une hausse de 19.3 % sur une base annuelle. Les dépôts à vue libellés en FDJ ont connu une progression annuelle de 34.8 % principalement induite par le nombre de nouveaux comptes ouverts en 2009 (près de 45 000) à la suite de la mise en pratique en avril d’une instruction visant à garantir le droit aux comptes pour les Djiboutiens. Tous les salariés djiboutiens des secteurs privés et publics se sont trouvés dans l’obligation d’ouvrir un compte courant lorsque leurs salaires dépassaient 40 000 FDJ. 

Avec ces résolutions qui visent aussi l’augmentation de l’accès des entrepreneurs et ménages au marché du crédit, Djibouti a atteint un niveau de bancarisation de 12 %. Avec l’inclusion du secteur informel dans les années à venir, le taux de bancarisation pourrait atteindre 20 % de la population.

Se chiffrant à 73 063 millions FDJ en décembre 2009, les dépôts en devises ont augmenté de 13.4 % par rapport à l’année précédente en partie grâce à l’entrée de nouvelles banques privées sur le marché jadis trop restreint.

L’octroi des crédits auprès des banques reste assez limité avec un ratio de crédits-dépôts qui n’est que de 33.5 % en décembre 2009. 70 % de ces crédits sont des crédits à court terme.

Position extérieure

Les autorités sont déterminées à maintenir le système actuel de libre-échange en éliminant toutes les restrictions de change sur le compte courant ainsi que sur les opérations du compte capital. En outre, le commerce est complètement libéralisé, les importations et les exportations ne faisant l'objet d'aucune interdiction. 

Par ailleurs, Djibouti a l'intention d'adopter le tarif extérieur commun (TEC) du Comesa dès qu'un accord sera conclu entre les États membres sur les tarifs applicables et sur les autres aspects techniques qui sont en cours de négociation.

Djibouti a réussi en 2009 à réduire son déficit de la balance des comptes courants à un niveau de 18.2 % comparativement à un niveau record de 39 % en 2008. Cette baisse est le résultat du recul des prix mondiaux des produits importés par le pays, principalement  les produits de l’alimentation et boissons et les hydrocarbures qui ont représenté respectivement 32.4 % et 33.3 % de la valeur totale des importations. La baisse de la valeur des importations a atteint 12 % en 2009.

Le pays reste un exportateur net de services avec un total de 73 398 millions FDJ pour 2009, soit une augmentation de 31.1 % par rapport à 2008. Ainsi, les exportations nettes liées aux activités portuaires et aux rentes des bases militaires française et américaine ont atteint 49 051 millions FDJ. Les transferts courants ont vu leur solde progresser de 177 millions FDJ entre 2008 et 2009.

Le compte des opérations financières s’est dégradé par rapport à l’année 2008 durant laquelle Djibouti a réalisé de grands projets (la construction du port de Doraleh et l’extension du Palace Hotel Kempinski).

Les investissements directs au titre de l’année 2009 ont baissé de près de 45 millions EUR en affichant un niveau de 189 millions EUR (18 % du PIB contre 23.8  % en 2008).

Ce ralentissement des investissements étrangers s’est principalement manifesté par le report de la deuxième phase des travaux de construction du port de Doraleh. Ce déclin devrait se poursuivre en 2010 principalement à cause des difficultés des groupes d’investissement des pays du Golfe fortement impliqués à Djibouti ainsi que ceux des pays européens, toutefois bien moins impliqués dans le pays.

A la fin de l’année 2009, l’encours de la dette extérieure du pays s’est élevé à plus de 118 milliards FDJ, contre 105 milliards FDJ en 2008, soit une progression de 12.5 %. Cette situation est imputable à l’accroissement du stock de la dette directe par l’État de 32.8 %. L’endettement du pays, mesuré par le rapport dette extérieure/PIB, se situe à plus de 60.5 % en 2009, contre 59.2 % en 2008.

 

Tableau 4 : Comptes courants (en pourcentage du PIB)

Figure 3 : Part de l’encours de la dette extérieure dans le PIB et ratio du service de la dette sur les exportations (en pourcentage)

Questions structurelles

Développement du secteur privé

Selon le rapport Doing Business 2010 publié par la Banque mondiale, Djibouti s’est classé 163e parmi 183 pays, en recul de six positions par rapport à l’année 2009. Ce recul est dû à la difficulté d’obtention des permis de construction, l’octroi de crédit, ainsi que la détérioration des conditions des échanges commerciaux avec les autres pays.

Par ailleurs, des efforts sont fournis pour l’amélioration des conditions d’investissement dans le pays à travers le nouveau code de commerce adopté en 2009. Il doit permettre la réalisation des objectifs majeurs de sécurisation des relations commerciales et de sécurité des transactions commerciales dans le respect de l’environnement économique national mais également des investissements étrangers.

Le premier volet du code définit le statut des commerçants ainsi que les obligations qui leur incombent afin, notamment, de pouvoir réintégrer toute une partie du secteur informel dans le champ de compétence de la règle de droit. Le second volet porte sur la définition du régime juridique des activités économiques. Si ce code est rigoureusement appliqué, il ne peut qu’améliorer les pratiques du secteur privé à Djibouti.

Un élément permettant de faciliter l’accès au crédit a été l’ouverture du secteur bancaire à plus de concurrence. En effet, depuis décembre 2008, deux nouvelles banques privées se sont rajoutées aux cinq existantes sur le marché djiboutien : elles ont offert de nouveaux services pour les clients ayant des besoins variées (services de banques islamiques, microcrédits, crédit pour consommation, microcrédits, etc.). Il s’agit de Salaam African Bank (banque islamique), Cooperative Agricultural and Credit Bank (banque de détail) et Dahabshiil Bank International  (banque islamique qui rentrera prochainement sur le marché) ayant des capitaux respectifs de 300 millions FDJ, 350 millions FDJ et 300 millions FDJ.

Ce nouveau schéma devrait certainement réduire l’hégémonie des deux plus anciennes banques : la Banque Indosuez Mer Rouge et la Banque pour le commerce et l'industrie mer Rouge : elles ont contrôlé pendant longtemps les dépôts ainsi que les crédits accordés pour les individus et les entreprises. Sachant que la plupart des placements de ces deux dernières étaient orientés vers l’étranger et très peu à Djibouti, l’entrée en fonction de ces nouvelles banques représente une vraie bouffée d’oxygène pour les entrepreneurs ainsi que les ménages djiboutiens en redirigeant quelques placements bancaires vers le marché local.

Sur le plan de la gouvernance, le projet de décret portant création d’un Comité national de suivi et d’évaluation de l’action gouvernementale a été approuvé en novembre 2009. Cet organe vise d’une part à évaluer les réformes entreprises et d’autre part à rédiger trimestriellement pour le gouvernement des rapports sur l’état d’avancement des actions et résultats réalisés. Il sera chargé de faire un suivi continu de l’exécution de toutes les actions gouvernementales.

Autres développements récents

L’Agence djiboutienne de développement social (ADDS) a bénéficié de l’appui technique du Pnud pour mettre en place la Caisse populaire d’épargne et de crédit en activité depuis janvier 2009 : cette fondation est intervenue dans le cadre de la mise en œuvre de l’initiative nationale pour le développement social (INDS), le nouveau cadre national de lutte contre la pauvreté. Cette caisse a regroupé 15 institutions de micro-finance dont 7 basées à Djibouti ville. Depuis le démarrage de ses activités, le nombre de membres de la CPEC est passé de 1 500 à 5 287 en l’espace de six mois. La grande majorité des membres sont des femmes.

Djibouti compte lancer dès 2010 l’e-Gouvernement, un projet qui porte sur l'utilisation des technologies de l'information et de la communication (NTIC) par les administrations publiques en vue de rendre accessibles les services publics à leurs usagers et d’en améliorer le fonctionnement interne.

 Ce projet prévoit dans sa première phase l’interconnexion des différents ministères par une liaison en fibre optique et la réalisation d’un datacenter ou centre de traitement de données pour l’hébergement de serveurs informatiques ainsi qu’une évaluation des besoins en infrastructures réseau. A terme, ce projet doit permettre aux usagers djiboutiens d’avoir accès en ligne, à travers le site web Djibouti.dj, à l’ensemble ou presque de toutes les prestations de services que peut fournir l’administration.

Sur le plan des infrastructures, la réhabilitation du chemin de fer reliant Djibouti à l’Éthiopie a connu de nombreux retards qui ont eu des répercussions néfastes sur le trafic en septembre 2009. Les travaux de réhabilitation avaient également fait l'objet d’une suspension de la part des autorités éthiopiennes, à la suite de la demande du contractant d’une extension de délai de 18 mois, ainsi que d’une requête pour un financement complémentaire de 27 millions EUR. 

Les deux parties, qui ont réaffirmé leur volonté de mener à son terme le processus de réhabilitation de la voie ferrée ont décidé de maintenir leur dialogue et de se retrouver lors d’une nouvelle réunion dans le courant de l’année 2010.

Djibouti a conclu un contrat avec l'Éthiopie en 2009 pour la location de 7 000 hectares de terres à 400 km au sud d'Addis-Abeba qui vont être utilisées pour la culture du blé. Une équipe d'experts a déjà commencé les travaux préliminaires afin de mettre en place une exploitation agricole moderne et mécanisée. Ce projet permettra au pays de se mettre à l’abri des risques répétés de crise alimentaire vu sa vulnérabilité climatique ainsi que sa grande dépendance vis-à-vis des fluctuations des cours mondiaux des prix des biens alimentaires.

Le  texte de loi portant adoption du bilan d’ouverture de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), arrêté à la date du 1er janvier 2009, a été adopté le 15 décembre 2009. La CNSS est constituée d’un actif d’une valeur de plus de 18 milliards FDJ, d’un fonds de dotation de plus de 15 milliards et des dettes et engagements de plus de 3 milliards FDJ. Ce nouvel établissement public à caractère administratif est issu de la fusion de l’Organisme de protection sociale et de la caisse nationale de retraités qui lui ont cédé leur actif net et leur patrimoine. Ainsi la CNSS sera chargée de gérer les allocations familiales, les allocations en cas de décès et des prestations à long terme notamment des prestations de soins, les pensions d’invalidité, de retraite, et de réversion.

Mobilisation des ressources publiques

Depuis quelques années Djibouti enregistre une croissance des recettes totales, mais avec une forte irrégularité. Les recettes totales ont ainsi augmenté de 2.2 %, puis de 11.6 et de 38 % en 2006, 2007 et 2008. L’année 2009 a été marquée par la baisse des recettes fiscales et dons de 7.4 %.

Ces fluctuations sont principalement dues au poids de l’aide internationale en dons pour l’investissement et le soutien budgétaire dans les recettes (près du tiers en 2008) : ils sont par nature très volatiles. Les recettes fiscales ont augmenté à un rythme assez stable, de près de 12 % en moyenne depuis 2006.

En 2009, l’évolution a été ralentie (4.6 %) à cause de l’impact de la crise financière sur la région. Les recettes non fiscales intérieures sont relativement stables dans le temps puisqu’elles proviennent principalement des revenus de location des bases militaires française et américaine : elles sont de l’ordre de 11 235 millions FDJ pour 2009. En outre, après avoir connu une augmentation de la part des recettes fiscales par rapport aux recettes totales (54 % en 2005 versus 58 % en 2006 et 2007), cette part a nettement baissé en 2008 atteignant 47.9 %.

Cette baisse s’explique par la fulgurante hausse de l’aide internationale pour le soutien contre les risques d’insécurité alimentaire et de  malnutrition. En revanche, les recettes fiscales ont commencé à revenir à leur niveau d’avant la crise avec un taux de 54.1 % des recettes totales en 2009 et un taux prévu de 58 % seulement en 2011.

Le droit fiscal est défini par le Code général des impôts, dont la dernière version a été publiée en 2009 par la Directions des impôts à Djibouti, ainsi que : i) les dispositions fiscales des lois de finances de 2003 à 2006 ; ii) la loi de finances complémentaire pour 2006 ; iii) la loi de finances pour 2007 ; iv) la loi de finances rectificative pour 2007 ; et v) les lois de finances rectificatives pour 2008.

Djibouti est moyennement classé dans le rapport Doing Business de la Banque mondiale pour le critère paiement des taxes : il occupe la 64e  position parmi 183 pays. Ce critère mesure l'imposition effective que les petites et moyennes entreprises doivent payer et les coûts administratifs de cette collecte.

La pression fiscale totale était de 23.1 % du PIB en 2009 contre 20.3 % en 2006. La contribution des différents impôts et taxes à cette pression est de 16.3 % pour l’impôt sur les traitements et salaires, 12 % pour l’impôt sur les bénéfices, 21.7 % pour la taxe intérieure de consommation, 10.9 % pour la TVA, et 11.6 % pour les accises.

Les multiples autres taxes sur l’investissement, incluant la patente et la taxe foncière ainsi que les taxes sur les prestations de services (hôtels et télécommunications), représentent 27.5 % des recettes fiscales.

Les taxes indirectes sont : i) la TVA; ii) les accises ; iii) la taxe sur les produits et services. Depuis le 1er janvier 2009, à la suite du vote de la loi de finances 2009, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) est en vigueur à Djibouti. Ainsi, les entreprises qui réalisent plus de 80 millions FDJ de chiffre d’affaires sont assujetties à la TVA et ce seuil devrait baisser progressivement dans les prochaines années. Le taux pour cette taxe a été fixé à 7 %.

Les accises s’appliquent sur un petit nombre de biens importés ou produits localement : elles sont assises principalement sur les quantités ; les taux incluent les surtaxes ainsi qu’une taxe spéciale de solidarité sur le khat (50 FDJ par kilogramme brut) et une redevance sur les produits pétroliers (32.13 FDJ par litre sur le super et 18.23 FDJ sur le gasoil), qui sert de composante variable du barème qui détermine les prix à la pompe.

Enfin, la taxe sur les produits et services (TPS) s’applique sur les activités hôtelières à un taux de 5 % et les activités de télécommunication à un taux de 7 %. L’application de la TPS sur les services hôteliers a débuté en 2007. Jusque là, la TPS s’appliquait seulement sur les services de télécommunication : elle était payée par une seule entreprise. La TPS a rapporté 187 millions FDJ en 2006, soit 0.1 % du PIB.

Les revenus du travail sont imposés selon un barème progressif dont le taux marginal maximum est de 30 % pour ceux qui gagnent au moins 5.4 fois le salaire moyen à Djibouti. La section du code fiscal qui s'y rapporte comprend 18 articles. 

Après la réforme de 2002, une seule section du code régit tous les types d'impôts sur les bénéfices des entreprises : ils restent fixés au taux de 25 %. Le revenu imposable est défini de manière standard, avec l'exclusion notable des revenus d'investissements passifs. Les bénéfices des entreprises sont assujettis à un impôt minimum (1 % du chiffre d'affaires ou au moins 120 000 FDJ).

Les professions libérales paient un impôt équivalant à 6.5 % de leur chiffre d'affaires. Les dividendes, les revenus d'intérêts et les plus-values sur actions et obligations ne sont pas imposées au niveau des particuliers, qu'ils soient reçus d'une source à Djibouti ou dans un pays étranger.

Cependant, compte tenu de l'imposition au niveau des entreprises, le taux effectif de l'impôt sur les dividendes et les plus-values immobilières pour les actifs situés à Djibouti est de 25 %, alors que le taux effectif appliqué aux revenus d'intérêts reste nul.

Le contenu et le calendrier des réformes sont conditionnés aux échéances des différents accords d’intégration régionale. L’union douanière du Comesa avec l’application du tarif extérieur commun a été réalisée courant 2009. L’accord de partenariat économique (APE) ne devrait être effectif qu’en 2018 et le désarmement tarifaire devrait être progressif jusqu’en 2033. Á cette date les pertes de recettes tarifaires pourraient être extrêmement importantes.

Les réformes envisagées à court et moyen terme tiennent compte de cette contrainte de long terme : elles permettront d’adapter sans difficulté le système fiscal au contexte de l’APE à partir de 2018. L’application du TEC prévue après une période transitoire de cinq ans devant permettre aux pays d’aligner leurs tarifs nationaux sur le TEC du Comesa et la suppression de la taxe intérieure à la consommation (TIC) impliquent une perte de l’ordre de 5 % des recettes fiscales selon des estimations officielles.

Des mesures visant à moderniser l'administration fiscale et à améliorer la collecte ont été recommandées par le FMI, notamment à travers l’augmentation du nombre d'employés au département fiscal, l’amélioration de la coopération des contribuables et la consolidation de la collecte par le renforcement des inspections et la restructuration de l'organisme de collecte de l'impôt. 

En outre, de nouvelles mesures seront adoptées afin de simplifier le système fiscal et élargir l'assiette fiscale tout en consolidant l'administration fiscale. Ces mesures comprennent les éléments suivants : i) la révision des listes de l'impôt sur le revenu des particuliers en vue de créer plus d'équité et de protéger les revenus dans le cadre de la réduction de la pauvreté ; ii) la révision de certaines dispositions de la loi qui gère la zone de libre-échange pour éviter des distorsions dans le système de sécurité sociale et dans l'imposition des salaires, et iii) la révision du code des investissements afin de rationaliser les exonérations fiscales et de renforcer les procédures et les ressources pour le suivi des projets exemptés. Enfin, des efforts devraient être entrepris pour recouvrer les impôts impayés durant les exercices antérieurs grâce à l'amélioration de la gestion technique de l'administration fiscale.

Contexte politique

Elu en 1999 puis réélu en 2005, Ismail Omar Guelleh, 62 ans, ne s’est jamais prononcé publiquement sur ses intentions de solliciter un troisième mandat présidentiel. Selon l'article 23 de la Constitution du 15 septembre 1992, le président de la République est élu pour six ans au suffrage universel direct et au scrutin majoritaire à deux tours. Il n'est rééligible qu'une seule fois.

 La campagne de mobilisation pour un troisième mandat a commencé à se faire entendre en 2009. Mais toute réforme de cette nature doit passer par un amendement de la constitution.

Un peu plus de sept mois après l’action militaire conduite par l’Érythrée contre Djibouti en juin 2008 à Ras Doumeira et dans l’île de Doumeira, le Conseil de sécurité des Nations Unies a exhorté les deux pays en janvier 2009 à « régler d’urgence leur différend frontalier pacifiquement et conformément au droit international ».

Le Conseil de sécurité par sa résolution 1862 (2009), adoptée à l’unanimité, exige de l’Érythrée qu’elle « retire ses forces et tout leur matériel sur les positions du statu quo ante ».

Le Conseil condamne le refus de l’Érythrée de  procéder au retrait de ses forces. Plus récemment, le 23 décembre 2009, le Conseil de sécurité a adopté des sanctions contre l’Erythrée pour son rôle déstabilisateur dans la région, son aide aux islamistes somaliens et son attitude hostile à l'égard de Djibouti.

Djibouti continue à jouer le rôle de terre de déploiement de forces étrangères dans des bases militaires régulières. Ainsi, le Japon a déployé une force interarmes de 650 militaires à Djibouti et dans le golfe d’Aden dans le cadre des opérations de lutte contre la piraterie.

La mer Rouge est le point de passage d’une grande partie des échanges commerciaux du Japon avec l’Europe. Près de 10 % des navires en transit dans la région proviennent du Japon. Cette nouvelle installation de base militaire étrangère est une source supplémentaire de revenus en devises.

Contexte social et développement des ressources humaines

L’initiative nationale pour le développement social (INDS) est mise en œuvre à travers les programmes de l’Agence djiboutienne de développement social (ADDS) dont les principaux objectifs sont : i) l’appui à l’emploi, ii) l’accès aux services, et iii) la stabilité macro-économique.

Le pays a entamé le programme de réduction de la pauvreté urbaine à Djibouti (Prepud) en 2009 dont les objectifs sont l’amélioration de l’accès aux infrastructures sociales et économiques de base et la promotion des opportunités de développement communautaire. Quatre projets ont été déjà lancés en 2009 avec des développements prévus en 2010 et 2011.

Le premier, Prepud-quartier 7, financé par la Banque mondiale pour un montant de 3 millions USD, cible l’encouragement des activités communautaires, l’alphabétisation, le renforcement de la formation des jeunes, les activités sportives, la formation professionnelle et la construction d’un centre de développement communautaire.

Le deuxième, programme de réduction de la pauvreté urbaine à Balbala (Prepub), touche un autre quartier pauvre de la capitale. Ce projet permettra la construction d’un nouveau centre de formation professionnelle et d’insertion en 2010 et 2011 grâce au financement de 8.27 millions USD provenant de la Banque islamique de développement dont 8.02 millions USD sous forme de prêt.

Le troisième projet, le programme de développement urbain intégré (PDUI), cible les quartiers 12, 14 et 15 de Balbala : il suit plutôt une approche intégrée et géographique, ce qui permettra en même temps de promouvoir les activités sociales et de former les habitants de ces quartiers dans le domaine des emplois manuels. Ce dernier coûtera environ 5 millions USD sous la forme d’aide accordée par l’Agence française de développement (AFD).

Enfin, le quatrième, financé par la BafD pour un coût estimé à 8.72 millions USD, a pour objectif de freiner l’exode rural qui engendre l’expansion des bidonvilles dans les alentours de la capitale : il s’agit de mettre en œuvre une politique de décentralisation et de lutte contre la pauvreté en milieu rural. Ce projet, pour lequel les travaux s’étendront de 2009 à 2013, vise à l’accroissement du développement économique de cinq chefs-lieux des régions de l’intérieur (Arta, Ali Sabieh, Dikhil, Obock et Tadjourah).

Dans le milieu rural, l’ADDS a aussi entrepris en 2009 le programme de développement rural intégré (PDRI). L’un des projets majeurs est celui du développement agricole (PDA) : il a un coût de 1.425 million USD principalement fournis par le Fonds arabe de développement économique et social. Il permettra l’acquisition d’équipements, la création des systèmes d’irrigation et le renforcement des capacités des agriculteurs.

En outre, le projet de construction de la route Djibouti-Loyada, qui a une composante développement rural, a été lancé. Il couvrira le corridor Djibouti-Somalie lors de son achèvement prévu en 2012. Ce projet est financé par la Banque islamique de développement grâce à un prêt de 2.75 millions USD.

Par ailleurs, l’ADDS a entamé un projet pilote d’électrification solaire du centre de santé et de l’école du village de Holl-Holl, avec une extension prévue  à une dizaine d’autres villages en 2010 grâce à un financement de l’OPEP.

En dépit de tous ces efforts, souvent financés par des partenaires étrangers, les programmes d’amélioration des conditions sociales des Djiboutiens sont souvent confrontés à la faiblesse des capacités des conseils régionaux ainsi que celle des représentants de la société civile comme les ONG, associations ou coopératives. D’ailleurs, peu d’ONG internationales sont présentes à Djibouti.

Djibouti accueille à la fois des migrants et des demandeurs d'asile victimes des conflits armés, de l'insécurité et des conditions économiques désastreuses des pays voisins. En effet, en 2009, les affrontements se sont poursuivis sans relâche dans le sud et le centre de la Somalie.

D’autre part, les problèmes sociaux et politiques en Érythrée ont contribué au déplacement de personnes en dehors du pays, beaucoup d’entre eux vers Djibouti, avec une population  estimée à 9 656 au début de 2009 (plus de 1 % de la population djiboutienne).

Quelques organisations humanitaires ont augmenté leur soutien aux populations délocalisées, notamment le Haut-Commissariat des Nations Unies  pour les réfugiés : il a déboursé 0.45 million USD en 2009. Par ailleurs, la sécheresse persistante est venue alourdir le bilan du désastre humanitaire conduisant à des taux de malnutrition alarmants à Djibouti : ce pays se classe parmi les plus touchés par la crise alimentaire mondiale survenue en 2008 et 2009. 

La flambée des prix des denrées alimentaires de base  a entraîné une réduction drastique du pouvoir d'achat de nombreux ménages et l'érosion de leurs mécanismes d'adaptation. Ceci explique la forte part de l’aide internationale qui est allouée à la préservation de la sécurité alimentaire et à la nutrition dans le pays : elle a atteint un peu moins de 5 millions USD. Mais elle représente près de 80 % de la totalité des fonds reçus en 2009 sous forme d’aide et provenant principalement de l'Unicef (2.5 millions USD), l’OMS (0.7 million USD) et le FAO (0.7 million USD).

Même si aucune étude récente sur les conditions de nutrition n’est disponible pour Djibouti, la situation demeure extrêmement précaire dans le Sud-Est et le Nord-Ouest des zones pastorales frontalières où les conditions climatiques ont été mauvaises en 2009.

 Selon un rapport de l'Unicef (L’État nutritionnel des enfants à Djibouti, décembre 2008), le statut nutritionnel des enfants à Djibouti reste grave en dépit des programmes d'intervention mis en place au cours des années précédentes. Selon l'Unicef, plus de 25 000 enfants de moins de cinq ans requièrent une nutrition supplémentaire ou thérapeutique.

Concernant l’éducation, l’accroissement du taux net de scolarisation primaire a été rapide, passant de 43 % en 2002 à 66 % en 2006 avec peu d’écart entre Djibouti ville (66 %) et les autres régions du pays (64 %). Cependant, le taux d’achèvement brut du cycle primaire était de moins de 50 % en 2006. Le taux net de scolarisation dans le secondaire se limite à 41 %. Il est encore plus faible en milieu rural : seulement 18 %.

Le taux de prévalence du VIH/Sida est estimé à 3 % de la population adulte (15-49 ans) en 2007. Le nombre de personnes vivant avec le VIH/Sida a été estimé à 15 909 dont 14 734 adultes, 8 707 femmes et 1 075 enfants. Les femmes représentant 55.1 % des personnes infectées. Le nombre de décès dus au sida a été estimé à 1 078 et le nombre d’orphelins à 5 161.

Par ailleurs, Djibouti a connu une amélioration notable de sa couverture vaccinale, son taux passant de 53 % en 2002 à 83 % en 2008 (pour l’antigène DTC/polio). Mais cette amélioration comporte de grandes disparités entre les différentes régions du pays : le taux est de 88 % à Djibouti ville et de 67 % dans les autres régions avec une faiblesse notable dans la région d’Obock (49 %).

Les Djiboutiennes sont victimes de nombreuses formes de violences. Le gouvernement est impliqué dans la lutte pour la répression des violences à l’égard des femmes. Il met en œuvre un certain nombre d’actions et de programmes pour la réduction et l’éradication de ces violences.

La plus importante forme de violence à leur égard est la mutilation génitale féminine : 93.1 % des femmes en sont victimes en milieu urbain et 95.5 % en milieu rural, selon une étude publiée par le ministère de la promotion de la femme, du bien-être familial et des affaires sociales. Ce ministère a mis en place en septembre 2006 une stratégie nationale d’abandon total de toutes formes d’excision en collaboration avec l'Unicef.

Tableau 5 : Résultats sommaires

 20012002200320042005200620072008200920102011
Taux de croissance du PIB en volume (incl.Stk)2.02.63.23.03.24.85.15.84.83.95.7
Inflation IPC1.80.62.03.13.13.65.012.01.73.81.9
PIB (échelle $)102633.3105301.7108671.4111898.9115446.1121022.2127194.3134571.6141116.9146688.9155153.7
PIB en volume577.5596.2627.6666.2708.6768.6847.9982.51061.11117.01215.3
Taux de change177.7177.7177.7177.7177.7177.7177.7177.7177.7177.7177.7

Figure 1 : Taux de croissance du PIB réel et PIB par habitant (USD en PPA à prix courants)

Tableau 1 : Indicateurs macro-économiques

 2008200920102011
Taux de croissance du PIB5.84.83.95.7
Inflation IPC12.01.73.81.9
Balance budgétaire % PIB1.3-1.8-0.1-1.7
Balance courante % PIB-39.0-18.2-8.4-7.8

Figure 2 : Ventilation sectorielle du PIB, 2008 (en pourcentage)

Tableau 2 : Composantes de la demande

 20012008200920102011
Formation brute de capital7.846.7-4.2-3.42.7
Formation brute de capital - Publique2.513.80.5-0.30.1
Formation brute de capital - Privée5.432.9-4.7-3.02.6
Consommation finale100.698.75.14.38.8
Consommation finale - Publique26.722.11.60.43.7
Consommation finale - Privée73.976.63.53.95.1
Solde extérieur-8.4-45.43.92.9-5.8
Secteur externe - Exportations37.039.70.61.7-0.2
Secteur externe - Importations-45.4-85.13.31.2-5.6
Taux de croissance du PIB, en volume--4.83.95.7

Tableau 3: Opérations financières de l'État (en pourcentage du PIB)

 2001200620072008200920102011
Recettes totales (avec dons)28.034.935.241.934.736.735.5
Recettes fiscales23.123.122.922.723.123.223.2
Dons4.93.95.013.15.57.36.2
Dépenses totales (et prêts nets) (a)29.437.437.740.636.536.737.2
Dépenses courantes27.029.926.626.824.125.126.0
Sans les intérêts26.729.426.226.423.724.525.5
Salaires15.614.613.812.713.213.914.1
Biens et services4.69.07.09.46.97.07.6
Intérêts0.30.40.40.30.50.50.5
Dépenses en Capital2.57.511.213.812.411.611.1
Solde primaire-1.1-2.0-2.21.6-1.30.5-1.2
Solde global-1.4-2.5-2.61.3-1.8-0.1-1.7

Tableau 4 : Comptes courants (en pourcentage du PIB)

Figure 3 : Part de l’encours de la dette extérieure dans le PIB et ratio du service de la dette sur les exportations (en pourcentage)

Tableau 5 : Résultats sommaires

 20012002200320042005200620072008200920102011
Taux de croissance du PIB en volume (incl.Stk)2.02.63.23.03.24.85.15.84.83.95.7
Inflation IPC1.80.62.03.13.13.65.012.01.73.81.9
PIB (échelle $)102633.3105301.7108671.4111898.9115446.1121022.2127194.3134571.6141116.9146688.9155153.7
PIB en volume577.5596.2627.6666.2708.6768.6847.9982.51061.11117.01215.3
Taux de change177.7177.7177.7177.7177.7177.7177.7177.7177.7177.7177.7

Carte du pays

Grande carte de pays